Archives quotidiennes : 28-novembre-2013

Les U.S.A dénoncent la nouvelle arme d’Al Quaïda

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Brzezinski : “La résistance populiste empêche le nouvel ordre mondial’

Brzezinski

Corbis

Un mouvement mondial de résistance au contrôle externe impulsé par « l’activisme populiste » menace de faire « dévier » la transition vers un nouvel ordre mondial, déclare l’ex conseiller de Sécurité Nationale des E.U., Zbigniew Brzezinski.

Le stratège politique étasunien signale que « l’augmentation de l’activisme populiste dans le monde se montre préjudiciable à la domination externe comme celle qui prévalait à l’époque du colonialisme et de l’impérialisme »

Brzezinski arrive à la conclusion que « la résistance populiste persistante et hautement motivée de la part de peuples politiquement réveillés et affectés de ressentiment historique[i] contre le contrôle externe se montre chaque fois plus difficile à supprimer »

Quoique le politicien ait présenté ses observations d’un ton neutre, le contexte dans lequel il les a prononcées joint à ses déclarations antérieures démontre qu’il ne s’agit pas d’une acclamation de cette « résistance populiste” mais d’une lamentation et d’un avertissement aux élites concernant l’impact qu’elle a sur le dit “contrôle externe »

Ici même, l’ex conseiller de Sécurité nationale disqualifie l’idée que le 21ème siècle est le siècle des E.U. « d’espoir[ii] partagé » et affirme que la domination étasunienne n’est déjà plus possible à cause d’un changement social accéléré provoqué par les « communications de masses comme la radio, la télévision et Internet », qui ont stimulé de manière cumulative « un réveil universel de la conscience politique de masse »

Brezinski a fait ses déclaration dans le cadre du Forum Européen pour les Nouvelles Idées (Euopean Forum For New Ideas, EFNI),une organisation qui plaide pour la transformation de l’Union Européenne en un super-état fédéral, autrement dit « du même type de contrôle externe bureaucratique » mentionné par Brzezinski dans son discours. Dans ce contexte, selon le politicien, « la résistance populiste » pourrait être un grand obstacle pour l’imposition d’un nouvel ordre mondial.
Traduction Anne Wolff

Source originale en espagnol :
http://actualidad.rt.com/actualidad/view/111579-brzezinski-resistencia-populista-orden-mundial

[i] Pour ceux qui l’ignore, la notion de « ressentiment social », une sorte de maladie qui affecte les âmes dévoyées du bas peuple. C’est la version ultra-droitière du concept de « lutte de classe », expliquant mécontentement populaire et la cause de la résistance des peuples, comme s’il s’agissait de quelque vilain trait de caractère particulier aux « basses classes » qui les poussent à en vouloir toujours plus. La jalousie, l’insatisfaction et le ressentiment sont parmi les composantes de ce concept.

[ii] Ilusión : désigne aussi bien un enthousiasme au sens de foi (qui déplace les montagne) et illusion au sens de mirage, de faux espoir

Commentaire de lecture

Ce n’est pas la première fois que je publie des déclarations de Brzezinski (je passe sur les qualificatifs applicables à ce « monsieur », il n’y a pas de mot pour décrire ce niveau de perversité, sinon peut-être dans les lexiques des psychiatres). Et pourtant ce grand malade jouit d’un pouvoir démesuré dont personne en toute bonne logique, tant de souveraineté populaire que de démocratie bourgeoise ne devrait disposer sur cette planète.

Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que le Nouvel Ordre Mondial en question ici, n’a jamais été envisagé comme une hégémonie étasunienne, mais bien comme une gouvernance mondiale des Corporations Marchandes Apatrides.

Pour que cette gouvernance puisse s’installer, la faillite tant politique que financière des Etats, Etats-Unis compris est un préalable nécessaire. Malade oui, mais pas stupide (malheureusement). Brzezinsky est un fin stratège, il fut aussi le mentor d’Obama (son fabricant pourrait-on dire), on peut donc se poser légitimement la question… la chute d’Obama, une conséquence de la sénilité de Brzezinsky, ou une étape nécessaire du démantèlement des Etats-Unis ?

Ce texte peut-être pris comme une sorte de communiqué d’un état de guerre. Nous les gênons. Nous connaissons leurs pratiques de longue date, ceux qui les gênent doivent être neutralisés ou éliminé par n’importe quel moyen de la corruption à l’assassinat. Donc nous sommes prévenus.

Nous les gênons ? Très bien. Mais largement insuffisant, la question devient comment poursuivre en si bon chemin pour les mettre hors d’état de nuire avant qu’ils ne nous aient mis hors d’état d’agir ? Cette question est marquée par l’état d’urgence !

 

Autres citations du même pour compléter les précédentes :

“[…] la société sera dominée par une élite de personnes libres de valeurs traditionnelles qui n’hésiteront pas à réaliser leurs objectifs aux moyens de techniques épurées avec lesquelles ils influenceront le comportement du peuple et contrôleront la société dans tous les détails, jusqu’au point où il sera possible d’exercer une surveillance quasi permanente sur chacun des habitants de la planète ».

A un autre moment, il dit ;

«[…] cette élite cherchera tous les moyens pour parvenir à ses fins politiques, comme de nouvelles techniques pour influencer le comportement des masses, ainsi que pour obtenir le contrôle et la soumission de la société »

 Brzezensky in Les 4 lieutenants des Rockefeller

Anne Wolf, Les états d’Anne 

Les fantômes des armoires

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Je les regardais depuis des mois, ces armoires. Elles me faisaient souffrir… Car il fallait les nettoyer. Les vider de leur contenu et passer au torchon mouillé chaque menue pièce,  chaque tasse, chaque cuillère. Je ne pensais pas souffrir autant en regardant des armoires. En fait, la vraie souffrance était de regarder les armoires et de penser que j’allais souffrir en les lavant.

J’ai pris trois jours à me faire à l’idée : lundi, les armoires.

Quand j’ai ouvert le premier panneau, j’étais déjà mort : ce qu’on ramasse et ce qu’on garde est le poids écrase. Il y avait une telle multitude de petits objets, qu’en en faisant la somme, ils auraient pu écrabouiller une  auto. De là sans doute vient l’expression : Ça m’écrase. On est juste écrasés par le poids de ses pensées…

J’ai pris mon courage d’une main et mon torchon de l’autre.

Tranquillement, à petit pas de paresseux, j’ai vidée la première. Puis j’ai lavé le fond comme un chat fait sa toilette.

C’est en frottant chaque petit, voire infime objet que le calme s’est installé. L’esprit est un grenier qui nourrit trop de fantômes. En plus, il les crée. On ne souffre que d’être hantés.

Plus j’avançais, plus les gestes se mutaient en un dynamisme qui se renouvelait. La tristesse des pensées empoisonnées s’est transformée lentement en la joie de l’artisan. Quand on fait le tour des objets avec un linge mouillé, on le regarde, on le retourne, on y réfléchit. La pensée infernale, passe par une sorte d’église… Les pensées nous construisent.

Et tout dépend comment on travaille sa petite demeure. Car peu importe où l’on est, on est toujours dans la demeure de soi. De sorte qu’il n’existe qu’un seul château, qu’une seule richesse : celle qu’on construit. Et plus la douceur et l’amour de faire est grand – même dans l’apparente insignifiance d’une armoire à nettoyer – plus la demeure du corps est agréable.

J’y ai passé des heures. J’ai jeté des minuscules objets rouillés. Rouillées comme des idées reçues. Rien de pire que les idées reçues : ils encombrent les âmes comme tous ces «oubliés», jamais remis en question dans les tiroirs. On les garde par peur de manquer de quelque chose. On les garde par conviction que les posséder nous déleste de la peur.

Au bout de deux heures, j’étais dans une sorte de monastère. J’égrenais mes objets comme des petits grains roses et douillets.

On trouve des trésors dans l’ablution d’infimes bibelots  : j’ai sorti du tiroir un petit éléphant sculpté aux Indes. Souvenir qui avait été donné à ma mère par une amie lors d’un voyage.

J’ai souri.

Je l’ai frotté, retourné, examiné. Ce n’était pas la beauté de l’objet qui me fascinait. Non, c’était tout simplement le souvenir de ma mère qui collectionnait les minuscules éléphants pour la chance qu’ils sont supposés représenter. C’était d’ailleurs le plus petit bibelot de l’appartement de ma mère… Pourtant, c’était lui que je regardais toujours quand, assis sur les causeuses, nous parlions de la vie. Je me demande si à travers le temps la petite sculpture ne savait pas qu’un jour je la découvrirais et qu’elle allait me permettre de découvrir un peu un sens et une beauté ajoutée à cette vie. Que savons- nous du rapport entre les objets et nous? Le bois et la pierre sont peut-être des pièces emmagasinant les souvenirs dans une éternité figée. Alors que nous, nous allons tout frileux dans les petits pas du temps.

J’ai terminé le débarbouillage des armoires hier. Chaque objet a été une histoire, un conte.

J’en suis sorti comme si j’avais lu en lavant.

Puis je me suis reculé, les ai regardé, fier. Fier de mon travail, fier de mon voyage, fier de constater qu’il n’y a rien à nettoyer dans les armoires.

Le grand lavage, c’est celui de l’esprit   toujours trop petit pour affronter les faux fantômes des armoires.

La peur est un éléphant qui nous écrase tous.

Gaëtan Pelletier

23 avril 09