Archives quotidiennes : 27-novembre-2013

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Rire à perdre ses yeux!

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Visiter sa première demeure

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Huile de palme : cartes sur table avec les marques

Par Greenpeace

Il ne reste plus que 400 tigres de Sumatra dans les forêts indonésiennes. Et ils sont en sursis. Leur habitat est grignoté, jour après jour, par d’immenses plantations de palmiers à huile. D’après les cartes officielles du ministère indonésien des Forêts, l’Indonésie a perdu au moins 1 240 000 hectares de forêts entre 2009 et 2011, soit 620 000 hectares par an. L’expansion des plantations de palmier à huile est le principal moteur de cette déforestation.

Les grandes marques ont des responsabilités envers nous en tant que consommateurs. Greenpeace a analysé les politiques d’approvisionnement de 8 grandes firmes multinationales, qui sont toute clientes de la firme Wilmar International, premier négociant en huile de palme du monde et contributeur notoire à la destruction des forêts indonésiennes. La plupart de ces entreprises se retranchent encore derrière le label de durabilité RSPO, qui est pourtant insuffisant à garantir des achats d’huile responsable. D’autres ont enfin pris la mesure de l’enjeu lié à la présence d’huile de palme dans leur produits, tels Nestlé et tout récemment Ferrero ou encore Unilever !Voir la totalité des réponses des marques sur le site du “Tiger Challenge

12 entreprises françaises contactées

Enseignes de la grande distribution, industriels de l’agroalimentaire ou des cosmétiques, membres de la Roundtable for Sustainable Palm Oil (RSPO, Table ronde pour une huile de palme durable) ou importantes utilisatrices d’huile de palme, Greenpeace les a contactées. Dans la grande distribution française, les mauvais élèves sontSystème U et Casino, qui n’ont aujourd’hui communiqué aucune information à Greenpeace. Le cas de Casino est tout particulièrement ironique. Côté pile, cette enseigne s’est saisie de longue date de la controverse sur l’huile de palme, en lançant une campagne de communication sur la substitution d’huile de palme dans des produits alimentaires. Pur opportunisme marketing ? Car côté face, Casino ne donne aucun signe montrant qu’elle prend sérieusement en compte le problème de sa contribution à la déforestation dans ses produits non alimentaires.

Aux actes !

Carrefour, Auchan, Intermarché et Leclerc ont déclaré avoir contacté certains de leurs fournisseurs pour qu’ils garantissent à terme une huile de palme “zéro déforestation”. Mais si cette demande n’est pas assortie d’une échéance et de sanctions éventuelles (et notamment des sanctions économiques, voire une suspension de contrat), on peut s’interroger sur la sincérité de leur résolution.

Carrefour en particulier est très investi au sein de la RSPO. La crédibilité des engagements du distributeur dans ce dossier est donc étroitement liée à celle de la table ronde… sérieusement écornée ces derniers temps. Près de dix ans après sa création, le bilan de la RSPO est en demi-teinte. Alors que l’organisation aurait dû contribuer à briser le cercle vicieux entre fabrication d’huile de palme et déforestation, les résultats ne sont pas là… (lire notre billet : Huile de palme : vous avez dit “durable” ?)

Carrefour vient toutefois de reconnaître la nécessité d’aller au-delà du “socle RSPO” pour “préserver tourbières et forêts naturelles”. Il lui faut maintenant joindre les actes à la parole, rendre public un engagement zéro déforestation et établir un plan d’action avec ses fournisseurs. Côté entreprises consommatrices d’huile de palme,L’Oréal a entamé un dialogue avec ses fournisseurs en leur indiquant sa volonté de ne plus travailler, à terme, qu’avec des fournisseurs garantissant une huile de palme zéro déforestation. C’est un signal significatif donné au secteur par le leader mondial des cosmétiques, mais là encore L’Oréal doit assumer jusqu’au bout cette démarche,s’engager publiquement auprès du public à ne plus contribuer à la déforestation tropicales par ses achats d’huile de palme, et établir un plan d’action à échéance rapide pour y parvenir. L’Oréal doit en particulier signifier clairement à Wilmar International, dont Greenpeace vient de dénoncer les pratiques conduisant à la déforestation tropicales (voir en anglais, le rapport Permis de tuer), qu’il perdra des clients importants si Wilmar ne s’engage pas vers le “zéro déforestation”.

Danone s’est engagé à 100 % d’huile certifiée RSPO et physiquement tracée d’ici 2015, mais cela ne constitue qu’une première étape vers la responsabilité environnementale. Danone doit impérativement s’engager à aller au-delà des critères RSPO, largement insuffisants ! Car les déboisements et incendies catastrophiques qui affectent l’Indonésie continuent d’impliquer des plantations certifiées “durables et donc, de fait, des membres de la RSPO… CommeDanoneLa palme de l’hypocrisie revient à Bongrain (St Morêt, Elle et Vire, etc.), Lactalis (Président, Nesquik, La Laitière parmi beaucoup d’autres) et Pasquier(brioches), qui sont des groupes membres de la RSPO et fiers de l’être… Mais qui n’ont pas daigné répondre au questionnaire !

Nous estimons, comme de plus en plus de citoyens, qu’il est légitime de savoir si les produits que nous utilisons au quotidien sont liés à la disparition des forêts et des tigres. Des mesures doivent être prises de toute urgence pour arrêter la destruction des forêts liée à l’huile de palme, produite pour fabriquer les produits que nous consommons. Des alternatives existent : il est possible de cultiver des palmiers à huile sans détruire l’environnement.

Si les grandes marques veulent cesser de faire partie du problème, elles doivent appliquer des normes plus strictes que celles de la RSPO, faire le ménage dans leurs chaînes de production et choisir des fournisseurs qui respectent l’environnement.

forets.greenpeace.fr

VIA

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article24582

Pont Champlain: Montréal se pratique pour les bouchons de circulation

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Pour ceux qui parlent d’économie d’essence, combien en coûte-t-il pour des milliers de voitures qui passent deux heures à traverser un pont?

En écoutant la radio…. Au chaud…

 

Un accident à la sortie du pont Champlain,... (PHOTO: RÉMI LEMÉE, ARCHIVES LA PRESSE)

 

 

Matt Damon: Vrai ou faux?

Les terres de l’Argentine en vente libre

Les terres de l’Argentine en vente libreL ‘Argentine est aux enchères : c’est le cri d’alarme lancé à Buenos Aires par des économistes et des écologistes, mais aussi par l’Eglise catholique. Le plus grand propriétaire terrien de l’Argentine est un groupe familial italien et multinational de la mode : les frères Benetton ont débarqué en Patagonie dans les années 1990. Ils possèdent 900 000 hectares et sont devenus les plus grands éleveurs de moutons et producteurs de laine de l’Argentine. Ils se consacrent également à la reforestation, avec une grande variété d’arbres dont le bois est utilisé pour la fabrication de meubles.
Christine Legrand

L ‘Argentine est aux enchères : c’est le cri d’alarme lancé à Buenos Aires par des économistes et des écologistes, mais aussi par l’Eglise catholique. Le plus grand propriétaire terrien de l’Argentine est un groupe familial italien et multinational de la mode : les frères Benetton ont débarqué en Patagonie dans les années 1990. Ils possèdent 900 000 hectares et sont devenus les plus grands éleveurs de moutons et producteurs de laine de l’Argentine. Ils se consacrent également à la reforestation, avec une grande variété d’arbres dont le bois est utilisé pour la fabrication de meubles.

L’Eglise a publié, en septembre 2006, un document intitulé « Une terre pour tous », dans lequel elle critique la concentration de la propriété de la terre et la vente massive à des étrangers de terres productives et de ressources naturelles. L’Eglise réclame une politique fédérale pour résoudre un problème qui affecte les communautés indigènes et les petits paysans chassés de leurs terres.

Depuis quinze ans, les étrangers sont de plus en plus nombreux à acheter de vastes étendues de terres, déplaçant les traditionnelles familles de l’oligarchie argentine. « Nous avons de la terre en trop », affirmait dans les années 1990 l’ancien président Carlos Menem, invitant corporations étrangères et particuliers à investir. Depuis 2002, la dévaluation du peso, autrefois arrimé au dollar, a entraîné un change favorable (1 euro vaut 4 pesos) accélérant le processus de vente effrénée et sans contrôle.

« Dans les provinces de Santiago del Estero et du Chaco (nord), l’hectare vaut le prix d’un hamburger », dénoncent les journalistes Andres Klipphan et Daniel Enz, auteurs de Tierras S.A., une enquête menée pendant trois ans à travers l’Argentine. Ils soulignent qu’il y a « trente projets pour réguler ces ventes, au Parlement ou au niveau des provinces, mais ils restent tous dans des tiroirs ».

Quelque 300 000 kilomètres carrés (10 % du territoire argentin) sont entre les mains d’étrangers, selon la Fédération agraire argentine. Ce chiffre peut paraître minime par rapport à la superficie de l’Argentine (2 780 000 kilomètres carrés), mais équivaut à plus de la moitié de la France. « On peut acheter ce que l’on veut dans n’importe quel endroit, si on a le capital suffisant, même dans les parcs nationaux », assure Gonzalo Sanchez, auteur de La Patagonia vendida (La Patagonie vendue), qui s’est entretenu avec la plupart des étrangers qui ont acheté des terres dans le Sud.

La Patagonie est en effet une des régions les plus convoitées. A peine 5 % des 37 millions d’Argentins vivent en Patagonie, qui représente néanmoins le tiers du territoire national et détient ses principales richesses : énergie hydroélectrique, 80 % du pétrole et du gaz naturel et une des grandes réserves d’eau douce de la planète. Ce légendaire bout du monde est devenu le paradis de milliardaires étrangers qui, selon les auteurs de Tierras S.A., « ont bénéficié d’attitudes flexibles de différents gouvernements nationaux et provinciaux, pour pouvoir acquérir des millions d’hectares et de ressources naturelles non renouvelables, sans restrictions, et à des prix modiques ».

Outre les Benetton, d’autres milliardaires étrangers ont acheté des terres en Patagonie pour leur plaisir personnel. Ancien homme d’affaires converti à l’écologie, l’Américain Douglas Tompkins, qui a fait fortune avec les vêtements sportifs North Face et Esprit, possède quelque 4 500 kilomètres carrés dont 20 % sont consacrés à la production et le reste fait partie d’un projet de conservation de la nature. Il est également propriétaire de 179 000 hectares dans la province de Corrientes et de 300 000 hectares dans le sud du Chili, soit l’équivalent du parc national Yosemite en Californie. Certains l’accusent de vouloir s’approprier l’une des plus grandes réserves d’eau douce du monde. Le philanthrope répond qu’il veut juste protéger l’environnement et qu’il a cédé à l’Etat de grandes extensions de terres, à condition qu’elles soient classées réserves naturelles.

Vice-président de AOL Time Warner et fondateur de la chaîne CNN, Ted Turner possède 45 000 hectares dans la région, où il aime pêcher la truite. Joseph Lewis, un des hommes les plus riches de Grande-Bretagne, passe l’été austral sur ses 14 000 hectares, qui encerclent le lac Escondido. Le Belge Huber Grosse a acheté 11 000 hectares dans la province de Rio Negro, où les riches touristes viennent jouer au polo et au golf.

« La Patagonie me rappelle le Texas des années 1950 », affirme Ward Lay, magnat de la pomme de terre frite et ami de George Bush, qui s’est acheté des milliers d’hectares en Patagonie et des vignobles à Mendoza (ouest). Tombé amoureux du Sud argentin et d’une Argentine, le chanteur Florent Pagny vit une partie de l’année entre ses deux estancias de la province de Chubut.

Ces nouveaux propriétaires terriens ont régulièrement des démêlés avec les communautés indigènes – les Mapuches – qui les accusent de s’être appropriés la terre de leurs ancêtres. Les habitants de la Patagonie se plaignent également de ne plus avoir un libre accès à certains lacs ou sentiers de montagnes qui se trouvent dans les propriétés privées.

D’autres provinces sont convoitées. Les acteurs Robert Duvall, Richard Gere et Matt Damon sont propriétaires de plusieurs estancias dans les provinces de Tucuman, Salta ou Jujuy (nord). De grands groupes viticoles français, espagnols et italiens se sont installés dans la province de Mendoza, aux pieds de la cordillère des Andes, qui offre des terres et un climat exceptionnels pour la culture du vin. L’hectare y vaut dix fois moins cher qu’en Californie. De grands groupes miniers, en majorité canadiens, exploitent les mines d’or et d’argent des provinces de San Juan, La Rioja et Santa Cruz. Parmi les investisseurs : Bill Gates, l’homme le plus riche de la planète.

La ruée sur la terre n’est pas exclusive des étrangers. De nouveaux riches argentins, vedettes du spectacle et du sport, mais aussi hommes politiques, constituent à leur tour une nouvelle bourgeoisie terrienne. Le joueur de basket, étoile des Spurs, Emanuel Ginobili, a investi plus de 2 millions de dollars dans des projets touristiques de grand luxe sur les côtes de Rio Negro et sur les rives du lac Correntoso, en Patagonie. Le footballeur Gabriel Batistuta, ancien buteur de la Fiorentina, est devenu un des grands propriétaires terriens de la fertile province de Santa Fe.

Selon une enquête publiée par le quotidien Clarín, neuf Argentins sur dix s’inquiètent de voir les ressources naturelles du pays entre les mains d’étrangers. Six sur dix estiment que cela porte atteinte à la souveraineté nationale.

Source

Mettre chaque chose à sa juste place

Marc Lafontan

Break dans ma lecture des actualités et du raz de marée d’interprétations diverses rigolotes ou apocalyptiques selon les conditionnements des uns ou des autres … respiration, senteur de notre jardin de fleurs, l’oiseau qui passe …

Est ce que tout est à jeter dans ce qu’on lit face au déferlement d’interprétations, d’hyper-sensibilité face à ce qu’on ne contrôle pas, donc ultimement face à nos peurs ?

Bien sûr que non, il existe autant de manière de se libérer que de chemins pour le faire que de personnes qui vont les suivre … des outils qui servent à comprendre, et à avancer …la Vérité est éparpillée comme des milliers de semences d’étoiles dans toutes les vérités , faut chercher, faut tamiser, faut faire le boulot soi même, la compréhension intellectuelle ne donnera qu’un exemple de clarté, pas la sortie …

Mais une chose est sûre, quand on tourne en rond dans le cirque du quotidien, en projetant nos peurs sur notre couple, nos amis ou ceux qui ne nous rejoignent pas dans notre croisade du moment, quand on se limite comme cheminement à ce qui est dés le départ une des raisons de notre arrêt de cheminement, quand on parle de haine et de division, quand on s’érige comme avocat et juge des autres alors que sa propre cour n’est pas balayé, quand on utilise des termes donnés par ses  geoliers, ben faut pas s’étonner que le chemin résonne avec notre vision …

Avec les modifications ( terrestres, planétaire, économique, culturelle..) et les manifestations se produisant actuellement, et allant se produire, de plus en plus, selon ma perception, le plus important n’est ni la réaction ni l’absence de réaction mais, bien plus, de vous situer vous-même par rapport à cela.

Qui pose la question de quoi ? celui qui a peur, ou celui qui observe  ? le réactif ou le témoin ?

Je vous propose la lecture d’un bon texte là dessus :

La pensée et la peur sont liées, elles ne sont pas séparées.

Qu’est-ce que la pensée ? En quoi consiste le processus de notre pensée, la nature même de la pensée — pas ce que je pense ou ne pense pas, mais l’acte même par lequel pense l’homme ? Assurément, c’est une réponse, une réaction de la mémoire, l’écho de l’expérience devenue savoir. L’homme a accumulé un vaste savoir ; cette accumulation est issue de l’expérience, stockée dans le cerveau sous forme de mémoire. Et la réponse de cette mémoire, c’est la pensée. Sans mémoire, il n’y aurait pas de processus de la pensée. Ce serait l’amnésie totale.

Mais la pensée, étant basée sur le savoir, ne peut être que fragmentaire ; il ne peut y avoir de pensée complète, totale, puisqu’elle est la résultante du savoir, qui est stocké dans le cerveau ; or ce savoir, c’est le passé. C’est tout simple. La pensée est toujours limitée parce qu’elle est issue du savoir, et que le savoir, si vaste, si profond soit-il, est limité. On ne peut posséder le savoir absolu, la connaissance totale dans aucun domaine, quel qu’il soit.

La pensée, donc, est la réponse de la mémoire, et la mémoire est le produit du savoir, c’est-à-dire du passé, emmagasiné dans le cerveau. La pensée peut imaginer l’infini, l’illimité, mais elle reste limitée parce que, soit-elle même appliquée à penser l’illimité, la pensée reste limitée.

C’est l’homme qui a créé Dieu, et a décrété son omnipotence, son universalité, son amour éternel, sa compassion — donnant à cette chose qu’il a créée certains attributs ; mais cette chose, c’est toujours le mouvement de la pensée, que ce Dieu appartienne à la religion hindoue, musulmane, chrétienne ou autre. Dans l’incapacité de résoudre ce problème de la peur, la pensée invente une entité, un agent extérieur — Dieu, l’autorité, le spécialiste, le psychanalyste, le prêtre, etc., etc.— pour m’aider à résoudre le problème. La pensée est limitée et, quelles que soient les circonstances, elle ne peut jamais être libre car elle est issue du connu.

Le connu est toujours le passé, et reste par conséquent prisonnier de ses limites.

Quelle relation y a-t-il donc entre la pensée et la peur ? La peur, c’est le temps. Le temps c’est le mouvement. La pensée c’est le mouvement. La pensée, c’est le temps.

N’acquiescez pas à mes propos ; je vous en prie, faites vous-même ce constat. Pour faire quelque chose, je dois penser, réfléchir, et ensuite j’agis. Le temps signifie le mouvement entre ici et là-bas, et la pensée est aussi un mouvement, qui part du connu, modifié par le présent, et qui se poursuit. C’est le même mouvement, c’est donc le temps. La pensée et le temps ne font qu’un, or nous disons que la peur est essentiellement de l’ordre du temps. On a peur de ce qui pourrait arriver demain, ou on craint que ce qui s’est déjà produit dans le passé ne risque de se répéter dans l’avenir.

On a éprouvé une douleur physique enregistrée par la mémoire sous forme de souvenir,et voilà que la pensée dit : « J’espère que je ne vais pas subir à nouveau la même souffrance demain ». Ce genre d’évènement arrive quotidiennement. Ainsi, l’incident passé, douloureux ou agréable, est enregistré dans le cerveau. L’espoir de ne pas voir resurgir la douleur est une forme de peur.

La pensée et la peur sont donc étroitement liées. La racine de la peur est la nature de la pensée. La pensée engendre la peur. La peur de perdre, la peur de ne pas avoir la sécurité intérieure, la peur de la solitude, la peur de l’isolement, tout cela provient de la pensée. Si le temps sous forme de pensée est la racine de la peur, alors de quelle façon la pensée peut-elle prendre fin ? Ou plutôt, le cerveau peut-il ne pas enregistrer un incident qui est douloureux ou agréable ? Je suis sûr que, pour la plupart, vous avez déjà énormément souffert chez le dentiste. Cette douleur est enregistrée, et la pensée dit : « J’espère ne plus souffrir ». Il y a toujours cette appréhension de voir revenir la douleur. Pouvez-vous aller chez le dentiste, souffrir, et, dès que vous quittez le cabinet dentaire, mettre fin à cette souffrance, ne pas la perpétuer ? Avez-vous déjà essayé ?

Il est capital de saisir ce point. Ce qui constitue votre conscience, c’est son contenu, votre avidité, votre envie, vos expériences, votre nom, votre forme, vos souvenirs, vos croyances, vos angoisses, vos peines, vos opinions, vos jugements, vos valeurs — c’est cela et bien plus encore qui constitue votre conscience. Cette conscience est conditionnée. Et les actes issus de cette conscience ne peuvent mener qu’à la confusion, puisque le contenu est lui-même confus.

Si la pensée engendre la peur, alors quelle place revient à la pensée dans l’action ? Si nous agissons mûs par la peur, ce qui est le cas pour la plupart des gens, alors cette action ne peut que susciter la confusion. Car la peur est une chose terrible : elle entraîne un retrait, un rétrécissement, et pas seulement physique : le repli est aussi intérieur, psychologique. Et quand l’action s’effectue sur ces bases, elle est inévitablement source de confusion, de conflit, de malheur.

Il importe donc de découvrir si la peur peut prendre fin de manière définitive, absolue, afin que la délivrance de ces peurs psychologiques ne soit pas seulement occasionnelle, mais qu’il en soit fini d’elles de manière absolue. Si, psychologiquement, on est affranchi de la peur, alors il est très facile d’affronter la peur physique. Mais quand la peur psychologique est puissante et que la douleur physique apporte aussi sa propre peur, alors je suis en proie à la confusion totale.

Quelle est donc la juste place de la pensée si la peur est le résultat de la pensée ? Vous savez que le sens originel du mot « art » est : mettre chaque chose à sa juste place. Il faut donc trouver quelle est la juste place de la pensée. La pensée est nécessaire, mais elle doit rester à sa juste place, sinon elle prend le contrôle de tout le mouvement de la vie et devient source de formidable chaos, de malheur, de confusion, de division, parce qu’elle est limitée.

Tablant toujours sur une sécurité psychologique, nous nous rendons dépendants de l’autre ; mais quand on découvre qu’il n’y a de sécurité à attendre ni dans la croyance, ni en Dieu, ni dans cette dépendance à l’autre, cette perception même est l’intelligence.

Et de là découle un affranchissement complet, absolu par rapport à la peur.

Krishnamurti à Ojai le 14 avril 1979.

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