Archives quotidiennes : 25-octobre-2013

Time on my hands…

Les villes poubelles

 

Plusieurs villages-décharges subsistent à la périphérie du Caire (25 millions d’habitants), le plus important étant Mokattam , où les zabaleen trient 1200 tonnes d’ordures ménagères par jour. Ce sont près de 350 000 personnes, coptes pour la plupart, qui vivent du ramassage et du tri des ordures. Parmi eux, on compte 180 000 enfants. Le quartier croule sous les ordures.

Zabaleen désigne un groupe ethnique (chrétiens coptes) qui assure de longue date la collecte des Ordure ménagère (OM), au Caire en Egypte, et qui effecte un tri poussé des matériaux récupérables : papier-cartons, verre, plastique, …

L’histoire des villages-décharges remonte au début des années 40, avec l’arrivée massive dans les faubourgs du Caire de paysans pauvres et illettrés. Pour subsister, ces migrants se sont faits éboueurs ou chiffonniers (zabaleen en arabe).

Tous les matins, ils font le tour du Caire sur une charrette tirée par un âne, s’arrêtant à chaque porte pour ramasser les ordures ménagères.
Chaque foyer paye une somme tous les mois, qui va presque intégralement dans la poche des intermédiaires contrôlant et assignant les tournées de ramassage. Mais les zabaleen ramènent les ordures chez eux et trient tout ce qui était récupérable (papier, plastique, bois, métal, verre, tissu) pour le vendre aux centres de recyclage.

Les déchets organiques et les reliefs des repas servent de pitance à leurs cochons et leurs chèvres, qui nourrissent à leur tour les familles. Presque tous les zabaleen du Caire sont chrétiens. La majorité musulmane d’Égypte répugne à manger du porc, un des rares animaux domestiques qui mange des ordures.
En 50 ans, ce système de recyclage a peu changé. Certains zabaleen ont remplacé leur âne par un véhicule et se sont équipés d’une machine à découper les plastiques.

L’APE estime que les zabaleen manipulent près de 3 000 tonnes de déchets par jour.

La suite des photos sur: Au bout de la route, Marc Lafontan