Archives quotidiennes : 22-octobre-2013

Estie de bécik/Putain de vélo!

Estie de bicik! Ou putain de vélo, en « Français ».

Je fais du vélo quand personne ne sort. Je suis parti vers 13h45. La petite blonde de la météo avait prédit qu’il y aurait des vents et de la pluie.

Pas de vent, pas de pluie. Les météorologistes de Wall-Street disent toujours qu’il y aura de l’austérité dans l’air. On l’a…

Je pars donc! Habillé comme un phoque en Alaska. Au diable les vents et la pluie! Les arbres commencèrent à se déplumer, jaunâtres, et voleter comme des hirondelles qui auraient vu passer Jane Birkin.

Photo à l’appluie

J’étais, disais-je, dans une belle tourmente de vent, au temps où les arbres courent les cimetières pour s’accrocher aux monuments, à faire de la bicyclette. Alors, moi qui rêvait d’une bicyclette électrique, je fus tout d’un coup emporté par des tourbillons de 60 km heures. Direction Nord: c’était comme avoir un moteur. Une bicyclette à vent! OUah! Vitesse 15 km heure. Et comme disait le capitaine du bateau dans le film Master and commander: De l’autre côté du monde, pour faire avancer le navire plus vite: « Sortez vos mouchoirs ».

Master and commander: De l'autre côté du monde (2003) Poster

Puis ce fut la douche. Ne manquait plus qu’une barre de savon pour en profiter. Pas de mouchoir, pas de savon. Irish Spring Home.  Je filais à toute allure, habillé pingouin. J’ai donc décidé de rebrousser chemin. J’appris le verbe « pédaller » et l’autre: jurer! En deux minutes, j’avais des jeans d’eau. Un nouveau tissus… Je tenais mon chapeau pour ne pas qu’il aille danser avec les feuilles, …et il tint bon! Pour ce qui est de la vue, je voyais des phares, des phares, et de temps en temps des phares.

C’Est dieu qui me sauva la vie. À moins que ce ne fut ce jeune homme en costume d’hommes d’affaires, sans doute Témoin de Jéhovah, qui me fit rire: le ciel s’ouvrit d’une brèche et le soleil jeta un oeil sur nous.

Sauvés!

Je suis contre le porc (sic) du casque! Quoi de mieux que de mourir en brûlant la chandelle par les deux bouts, la tête écrabouillée sur une borne-fontaine, avec comme dernière vision un témoin de Jéhovah, une bible, et une pensée pour Jane.

Le sourire fendu jusqu’au crâne.  » J’ai échappé à l’hôpital ». Et un petit message à George W.  » God blesse you ».

I m’ gonna buy you a bike!

To take your last ride…

Viva la bicicleta!

GP

22 oc-bbrrrrrr-tobre! deux milles

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Sumatra : comment l’huile de palme a chassé des centaines de paysans de leurs terres

Ce sont partout les mêmes schémas, une éviction planétaire de la petite paysannerie, expulsée de ses terres, mise en errance indéfinie, mise en quasi esclavage sur ses propres terres au service de multinationales, répression, assassinat des meneurs de la résistance, famille réduite à la plus noire misère.

Sumatra : comment l’huile de palme a chassé des centaines de paysans de leurs terres

par Patrick Piro 21 octobre 2013

 

Alors qu’en France, un projet de surtaxe de l’huile de palme fait toujours débat, que se passe-t-il chez le premier producteur mondial de palme, l’Indonésie ? Expropriation de communautés locales, soumissions contraintes des petits agriculteurs aux grandes firmes contrôlées par l’Etat… La culture d’huile de palme n’y est pas vraiment « responsable ». A Sumatra, des centaines de familles se sont lancées dans une « guérilla » agricole pour se réinstaller sur les plantations dont ils ont été chassés. Reportage.

Rustan, Sultan et Masri-Zainal baissent la voix. Ils nous expliquent qu’ils vont envahir « leur » terre afin d’en reprendre possession. Environ 1 500 hectares que leur communauté occupait il y a près de trois décennies, à la suite de leurs ancêtres, et dont ils ont été chassés dans les années 1980 par l’armée. Dans une campagne reculée de la commune de Jorong, dans l’Ouest de Sumatra [1], l’opération de nettoyage avait pour but d’installer une plantation de palmiers à huile, exploitée par une entreprise gouvernementale, la PTPN 6 [2].

Les trois paysans, de la tribu des Minang Sikumbang, se sont rendus à Jakarta en juin dernier, à l’occasion d’une grande rencontre internationale du réseau la Via Campesina (lire notre reportage), venus mettre au point l’opération avec les conseils de leur syndicat SPI, principal regroupement paysans d’Indonésie – l’équivalent de la Confédération paysanne en France.

L’éviction a eu lieu à l’époque du dictateur Sukarno, mais sa chute en l’an 2000 n’a rien changé pour la communauté. « Le gouvernement ne nous a prêté aucune attention. Il a même expliqué qu’il était en droit de récupérer ces terres, au prétexte qu’elles auraient été exploitées auparavant par les Pays-Bas (l’ancienne puissance coloniale, ndlr). » L’argument retors est régulièrement servi pour contester le droit coutumier des populations locales — non écrit et non enregistré —, et qui entrave les grands projets. Justification : l’État agirait dans une continuité de gestion, les Indonésiens ayant pris la suite du colonisateur à l’indépendance… « La spoliation n’est donc pas reconnue », explique Masri-Zainal, un des meneurs de la contestation.

Sous la tente précaire qui leur sert de quartier général, Mastum, meneur des paysans floués par la PTPN 7, explique qu'ils sont prêt à tout pour retrouver de la terre à cultiver.

Le moratoire [3] sur la déforestation en vigueur depuis 2011 en Indonésie n’a en rien affecté la croissance de la production. Les anciennes concessions ne sont pas concernées et l’agro-industrie contourne le moratoire en exploitant des terres occupées par d’autres cultures. La production indonésienne qui représente 54 % de l’huile de palme mondiale, a récemment rattrapé, puis largement dépassé celle de son grand concurrent malaisien (33 % du total mondial) [4]. Le pays entend bien poursuivre son expansion pour accompagner l’explosion de la demande mondiale dans l’agroalimentaire et les agrocarburants. Les surface couvertes en palmeraies — près de 9 millions d’hectares aujourd’hui, l’équivalent du Portugal —, pourraient croître de 40 % d’ici à 2020 [5].

« Association » ou servage ?

Le syndicat SPI a recensé des centaines de conflits similaires dans toutes les grandes îles de l’archipel. Dans le but de les prévenir, les autorités proposent depuis des années aux déplacées des solutions de compromis épargnant les intérêts agro-industriels : l’installation sur des lopins en périphérie de la plantation, ou plus loin, en échange d’un abandon de toute revendication concernant l’accaparement de leurs anciennes terres. Une procédure dénommée inti-plasma.

L’entreprise a ainsi obligation de proposer aux paysans de s’associer à son projet. La terre reste attribuée à la plantation industrielle, mais les multiples lopins (en général deux hectares) sont « offerts » en compensation aux familles expropriées. Celles-ci doivent cultiver la palme, avec obligation d’en vendre la cueillette à l’entreprise. Cette dernière est tenue d’accompagner les paysans jusqu’à la maturité de leurs palmiers (environ trois ans après plantation), en échange de la récolte pendant cette période. Elle promet aussi en général de construire des écoles, des routes, ou des centres de santé.

Engagements non respectés

Mais les bénéfices potentiels de cette « association » n’apparaissent souvent que sur le papier. Ce système, d’inspiration très libérale, piège trop souvent les paysans dans un statut d’auto-entrepreneur sous contrat, très éloigné de leur culture ancestrale. Le cadre inti-plasma prévoit certes que le projet doit être négocié avec les représentants des communautés. Mais ces dernières contestent cette délégation forcée, qui réduit leur capacité de peser collectivement. « Les villageois sont toujours en position de faiblesse », constate Polong, directeur de l’antenne de l’association écologiste Walhi dans la province de Sud Sumatra.L’entreprise a la main sur toutes les données comptables, et c’est elle qui fixe le prix d’achat des récoltes des terres. Les plaintes des paysans sont fréquentes car les malversations sont aisées ! », commente Polong.

À Lais, une centaine de famille de paysans s'est mobilisée pour réclamer de la terre auprès de la compagnie PTPN 7.

L’une des plus communes : la firme apprend au paysan qu’il est en dette à son égard. La spirale de la ruine s’amorce. « À court de solutions, il ne reste aux familles qu’à vendre leur lopin… à l’entreprise, déplore Rahman, responsable Sumatra Sud du SPI. Les conflits se multiplient aujourd’hui parce qu’elles constatent aussi, dix ans plus tard, que les équipements promis ne sont jamais venus. Alors qu’il était généralement admis, dans la perception commune, que l’Indonésie disposait de terres en suffisance, les paysans floués s’aperçoivent que ce n’est pas le cas. »

Amorce d’une révolte

Dans cette province, des centaines de paysans de la commune de Lais ont aussi connu l’éviction de leur terre pour laisser place à des milliers de rangées de palmiers filant vers l’horizon. Mastum explique que l’entreprise PTPN 7, autre firme agro-industrielle, n’a jamais été claire avec eux. Plus d’une centaine de familles auraient été exclues de l’accord inti-plasma initial, et survivent sur de maigres bandes de terre en bordure de la plantation. Au début des années 2000, avec la chute du dictateur, ils sont revenus à la charge pour réclamer à bénéficier… de l’inti-plasma.

« Nous avons connaissance des inconvénients, mais n’avons pas d’autre issue, il nous faut de la terre », avoue Mastum. Disposant même d’une lettre d’accord signée de la main du directeur régional de la firme, les paysans se sont lassés d’être menés en bateau. Ils ont installé il y a quelques mois une sorte de campement de bataille précaire quelques mètres à l’intérieur de la palmeraie. L’atmosphère est électrique, des jeunes font le guet pour repérer les vigiles en civil qui circulent à moto. En mai dernier, les paysans avaient brûlé du matériel appartenant à la PTPN 7, promettant de tenir bon jusqu’à obtenir satisfaction.

Guérilla agricole

À Jorong, dans l’Ouest de Sumatra, plusieurs tribus ont accepté de jouer le jeu de l’inti-plasma quand les guichets se sont ouverts, en 2001. Mais quelque 450 familles ont refusé l’offre et se sont tout bonnement retrouvées sans terre.« Nous voulons revenir où nous vivions, justifie Sultan, autre meneur de la résistance. Un site boisé à flanc de colline où tout poussait à petite échelle, riz, fruits, légumes… Nous avions là notre cimetière, des sites dédiés à nos traditions. La firme a tout effacé, délibérément. »

Une majorité de ces paysans sans-terre se sont dispersés pour tenter de retrouver des moyens de subsistance. Restent sur place 180 familles très mobilisées et appuyées par le SPI. Quelques-unes, dont celles de Rustan, Sultan et Masri-Zainal, mènent une « guérilla » agricole, cultivant de petites bandes entre les rangées de palmiers et ont même creusé des mares pour élever des poissons.

En 2004, le dirigeant régional de la PTPN 7 avait promis par écrit que la compagnie attribuerait des terres aux paysans de Lais. Ils attendent toujours.

L’espoir avec la fin des concessions

Les paysans entretiennent cependant un espoir sérieux. À force de pressions, d’occupation de terres et de manifestations, le SPI de la province a obtenu en 2012 une belle victoire : le vote d’une résolution stipulant que les terres, dont les autorités locales ont revendiqué la propriété au détriment des communautés paysannes, reviendraient à ces dernières à l’échéance des concessions accordées aux firmes qui les exploitent. Pour les Minang Sikumbang, la date butoir est 2017.« Cependant, nous nous sommes refusés à patienter encore quatre années, défend Masri-Zainal. Nous connaissons la versatilité des gouvernements, et nous pouvons redouter un renversement de situation après 2015, quand le gouverneur local qui a porté cette loi arrivera en fin de mandat. »

Surtout, les familles rebelles ont trouvé le moyen d’exercer une pression efficace sur l’entreprise. D’ici peu, elle va devoir rajeunir sa plantation, processus périodique destiné à remplacer les vieux arbres devenus moins productifs. « C’est le moment où jamais de nous réinstaller sur le bord de la rivière, d’y construire un petit barrage pour démarrer des cultures irriguées et des mares à poissons, confie le paysan. C’est une manière de convaincre de notre détermination. Car notre but n’est pas de revendiquer l’illégalité mais d’ouvrir les yeux aux autorités sur la réalité de notre situation, de faire réfléchir sur le statut de la terre, puis d’obtenir la reconnaissance officielle de notre droit sur cette terre. »

La firme a tendance à faire profil bas dans la perspective d’échapper à la date couperet de 2017, constate le paysan, qui estime que l’invasion pourrait se dérouler sans violence. « Enfin, je suppose. La police va sûrement intervenir. En général, il n’y a pas de morts… » Tout cela n’a pas empêché la « Table ronde pour l’huile de palme responsable » (Roundtable on Sustainable Palm Oil) de conclure des partenariats avec des grosses exploitations indonésiennes [6].

Texte et photos : Patrick Piro
Plantation de palmiers à huile de la compagnie PTPN 7 dans la commune de Lais, Sumatra Sud.Légendes :
- Photo Une : plantation de palmiers à huile de la compagnie PTPN 7 dans la commune de Lais, Sumatra Sud. La noria des camions qui évacuent les fruits vers l’usine d’extraction d’huile.
- Sous la tente précaire qui leur sert de quartier général, Mastum, meneur des paysans floués par la PTPN 7, explique qu’ils sont prêt à tout pour retrouver de la terre à cultiver.
- À Lais, une centaine de famille de paysans s’est mobilisée pour réclamer de la terre auprès de la compagnie PTPN 7.
- En 2004, le dirigeant régional de la PTPN 7 avait promis par écrit que la compagnie attribuerait des terres aux paysans de Lais. Ils attendent toujours.
- Plantation de palmiers à huile de la compagnie PTPN 7 dans la commune de Lais, Sumatra Sud.

Notes

[1] Sumatra est la plus ancienne et la plus importante zone de culture de palme.

[2] Quinze firmes sont détenues par l’État, numérotées de I à XIV, plus une autre. Elles sont dédiées à la culture en grandes plantations de matières premières (palmiers à huile, cacao, sucre, thé, café, hévéa…).

[3] Ce moratoire a été mis en place sous la pression internationale de la Norvège, chef de file des financeurs de la protection des forêts.

[4] Sur 2012-2013, l’Indonésie a ainsi exporté 20,3 millions de tonnes d’huile de palme, contre 17 millions de tonnes pour la Malaisie.

[5] Source : USDA-FAS

Laissez-vous regarder

desert-dreamer:

Evenk (Russian minority) shaman with a collection of shamanic objects, including images of helper spirits, early 1900s.

http://royal-flame.tumblr.com/

The desert dreamer

The « motorist » ,1906

The Motorist 1906 W.R. Booth Silent Film Era

Si vous trouvez que c’est trop long ( 🙂 ) Voici le « tourne en rond » autour de Saturne.

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Le Pow Wow hypothermique occidental

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Un pow-wow est un rassemblement de Nord-Amérindiens. Il s’agissait traditionnellement d’un événement religieux (chamanisme) ou de la célébration d’exploits guerriers. Aujourd’hui, il existe un véritable « circuit » des pow-wow qui sont devenus des manifestations festives et une occasion pour les Amérindiens de faire vivre leur héritage culturel. Le pow-wow représente une fête de la rencontre et est vu par les Amérindiens comme un moment privilégié pour chacun de se rapprocher du noyau et d’échanger en famille. /Pow wow

Survivre

Tout le monde devrait visionner le film Le naufrage , dans lequel un marin Islandais nage pendant six heures dans des eaux glacés, à 5 degrés C. Une histoire vraie des années 80… On tente de trouver un explication « scientifique » au phénomène… La seule: sa graisse est ressemblante à celle des phoques. Ce qui n’explique rien. Mais dû au fait que nous vivons dans un monde dans lequel tout s’explique, c’est une « bonne » explication.

Le naufrage de Lampedusa  n’est que le « fruit » du progrès, des guerres falsifiées, concoctées par le « Paon-tagone ». Les migrants ne sont pas seulement extérieurs aux pays, ils sont maintenant à l’intérieur des pays. L’acier a « remplacé » la peau. « Business » est le gouvernail affolé au gré de l’avoir … Les enfants s’en vont, quittent leur petit village – on dirait une chanson de Ferrat – et vont là où décident les empoisonneurs mondiaux du « libre marchés » qui menottent les citoyens. Le travail est là où nous déciderons où il sera.

Et les pays se défibrent par des guerres « classiques » ou économiques les tissus sociaux.

Équilibre 

On a totalement déséquilibré les petites cellules humaines. Déséquilibré l’essence même de ce « petit  dieu » enfermé dans un corps malmené. Le beau désamour de la frigidité. Là où « comprendre » n’est qu’expliquer. Plus rien pour l’amour des vaches, des pissenlits, des feuilles d’automne. Non. Le carriérisme et la culture du culmen. 

Dans le grand brasier, en nageant dans cette eau trouble, notre lambda finira par s’habituer au déséquilibre. Tout le monde doit faire une pirouette pour le cirque des élus et des conglomérats avec son nouveau fouet: la peur de manquer de tout. Mais elle est réelle: on lui a tout enlevé de primaire. Plusieurs  se cassent  la gueule dans son nouveau rôle d’intello qui n’est en fait que l’image du film de Chaplin Les temps moderne.

Simplement dit: tout être humain a le droit de perpétuer sa culture dans le pays où il vit. La pauvreté le déménage là où une autre forme d’indigence l’attend.

La vie est une soupe constituée de 99%  de nouilles qui nagent en surface et de quelques légumes qui bricolent le fond. Et les fonds…

C’est la dérive et l’affolement, autant intérieur qu’extérieur.

Rien ne va plus, faites vos Zeus.

Il reste la parade du « réussisme » social, laissant de côté tous les travailleurs,  petits salariés de Walmart ou autre serviteur certifié « inférieurs » par les métiers qu’ils accomplissent.

À force de nager dans la froideur et en parallèle au réel, on finira par créer la crise de la 2025: les supermarchés seront là, mais les champs n’y seront plus. Et tout le monde se demandera ce qui se passe.

C’est tordu. Tu lance une bombe sur une maison, mais tu te dis que c’est bien de la détruire pour « créer de l’emploi ». Le « génie » des hypodermiques est de nous faire avaler le serpent en le rétrécissant en couleuvre.

On a tellement aimé comprendre qu’on ne peut plus s’en passer. C’est une drogue bien pire que celles vendues dans les rues.  C’est une drogue qui nous fait oublier que la diversité des cultures humaines est la richesse ultime. Le reste est un plat de cuisinier fêlé.

Élu.

Élu.

Élu.

Chef.

« Nous sommes ce que nous mangeons ». Notre nourriture « intellectuelle » a fait de nous des  anémiés mondiaux. Je dis « nourriture intellectuelle »… C’est une formulation délirante. La spiritualité est sous le tapis, la poussière au dessus, et l’humain « sandwiché » entre les deux.

Souvenirs d’enfance 

vivre avec les abeilles

danser dans un carré de terre

se rappeler la grosse poitrine de nos tantes

voir nos amis mourir à dix ans

fêter l’automne et l’arrivée de la fraîcheur

avoir 50 cousins et cousines vivants

pouvoir réciter une fable de Lafontaine

nager dans une rivière  ( sans chlore)

faire des arbres des cabanes oubliées au fond des bois

regarder les éclairs pendant les orages

frémir à la première fille rencontrée à 13 ans, sans trop savoir ce qui se passe

lire le plus beau livre du monde: Robinson Crusoé 

manger de la neige

embrasser la petite dodue, là où le réverbère s’est éteint

écouter brasiller les feux de camps

écouter à en frémir une première chanson des Beatles

n’avoir pas de montres

dormir sans penser que la vie est un agenda de 10o ans

s’aimer en sachant que s’aimer est également aimer les autres

L’eau froide 

La planète se réchauffe, mais les sociétés nous refroidissent.

C’est bien le progrès, le vrai… Mais je n’échangerais pas une bonne cueillette de fraises sauvages  par un jour de juillet, ni les jeux dans la neige, ni mes orteils gelés. Rien, rien , rien.

Je me souviens des vieilles maisons dans lesquelles nous gelions en hiver et crevions de chaleur en été. Le progrès a réparé tout ça… Il nous a donné une certaine forme de liberté mais l’a reprise plus tard. Le « progrès », le seul maintenant réel, est l’énorme bulldozer de l’ère du gigantisme.

Heureusement, ou malheureusement, il y a la grande capacité d’adaptation de l’être humain. Parfois pour son bien, parfois pour les figurines sataniques qui sont au pouvoir: les nouveaux dieux sont nés.

Que la « dé-fête » finisse au plus vite…

Gaëtan Pelletier

Octobre 2013

LA LUPOSUCCION CERVICALE

C’est drôle, hein! Je n’ai jamais eu d’admiration – les grandes, les quasi agenouillées, pour les gens qui avaient le QI plus haut que le cochon d’Inde.

J’en ai trop connus qui ont été de grands brûlés de la matière grise : ils en avaient tellement qu’ils auraient pu en vendre sur Ebay. Pour certains, la vie a été belle… Du moins en dehors. Par en dedans, ils pourrissaient et se rongeaient les ongles comme s’ils avaient voulu déterrer l’être qu’ils étaient vraiment.

Ils ont inventé l’art de se suicider en utilisant leur outil gris. À la fin de leur vie ils étaient plus amers qu’un zeste de citron.

So! What’s the use?

Le génie de la distorsion : fondre ( par l’esprit) et refaire.

Historiquement, je peux me tromper… Mais c’est un certain Léonardo Da Vinci, un gay qu’un QI qu’on aurait évalué à 220. À lui seul, Léonardo était un cirque du soleil : il a comme fondu les formes et les a retracés à sa manière, dans une optique pratique.

«la Science est le capitaine, la pratique est le soldat »[

Ses carnets présentent un grand nombre d’« inventions », à la fois pratiques et réalistes, notamment des pompes hydrauliques, des mécanismes à manivelle comme la machine à tailler les vis de bois, des ailettes pour les obus de mortier, un canon à vapeur, le sous-marin, plusieurs automates, le char de combat, l’automobile, des flotteurs pour « marcher sur l’eau », la concentration d’énergie solaire, la calculatrice, le scaphandre à casque, la double coque ou encore le roulement à billes. Leonardo Da Vinci

Ce ne fut pas le premier à «fondre par l’esprit» et à créer des mécanismes.

Mais sa descendance fut… Le reste de l’humanité jusqu’à maintenant.

Sa descendance est celle qui nous tue tous un peu…

Car notre monde «mécanique» se veut le plus grand fabricant de petits Léonardo.

On en veut comme de l’or. On en bave…

La Joconde a un beau sourire narquois.

On dirait qu’elle se moque de nous.

J’aime mieux les cochons…

Je ne me souviens plus du grand auteur qui a dit que l’Homme est un singe appliqué.

Je pense qu’il voulait signifier par là qu’il se tue à essayer d’être «intelligent».

J’ai bien appris d’un cochon.

C’est enseignant un cochon…

J’ai passé une partie de mon enfance – quelques mois – à jouer avec un porc.

Il m’a dit bien des secrets.

Entre autres, que si les humains un jour, transmettaient à ses semblables un virus quelconque qu’il n’hésiterait pas à mettre le feu à une porcherie…. Il voulait dire une ville…

Il n’a pas précisé.

Les cochons sont tassés parce qu’ils sont obligés. On les élèves, et l’espace coûte cher. Alors, plus les humains deviennent avides, plus les cochons sont tassés. Chacun le cul dans la face de l’autre.

Et mon cochon m’a confié :

«Un jour, tu vas voir, ils vont nous mettre sur 108 étages…»

Les sentiers du ciel

Avant… Et encore aujourd’hui, c’étaient les religions qui vendaient des diktats au prix d’un chinois crevant de faim. Je pense qu’on s’est dit qu’il y avait trop de dieux… Alors, on s’est forcé un peu pour ramener ça à un.

Sauf que le UN n’avait pas le même nom…

Orange écrivit un livre saint. Et tous s’agenouillèrent.

Pomme écrivit un livre saint. Et tous s’agenouillèrent.

Navet écrivit un livre saint. Et tous s’agenouillèrent.

Les livres sont beaux. Mais les Hommes ont vu des couleurs chez les autres. Un noir qui n’a pas d’orange ni de pomme… Ça n’a pas d’âme…

Alors ceux qui lisaient Pomme décidèrent un jour de se débarrasser d’Orange.

Au grand marché, Pomme et Orange, vendaient et achetaient des hommes de couleur.

Pour tester leur santé, on les encageait dans  des cages à sardines. Ils voyageant en bateau. Pour savoir jusqu’« a quel point ils pouvaient survivre à la douleur, à la misère…

C’était la période de l’humanité où les vendeurs du temple essayaient de vendre de la qualité…

Sinon, ils auraient fait l’inverse : ils auraient vendu ceux qui ne résistaient pas pour qu’ils durent moins longtemps…

De vrais crétins…

La matière grise à Wall-Street

C’est un fait que la matière grise est une marchandise. On creuse le Klondike à la recherche de pépites pour non plus améliorer le sort de l’humanité, mais pour ce creuset quasiment alchimique qui transformera les «résidus» en or des fous.

Dans la grande rivière des humains qui passent sur la Terre,  on laisse l’eau, le sable, les poissons, les petits crustacés, les minimes…

On crible.

L’appétence pour cette pépite d’or.

La vie?

On s’en contrecrisse.,.

On veut la roche.

Le mariage de la Pomme et de l’Orange

Enfin réunis sous un même toi…

La raison et l’économie.

Et tous les faux-prêtres à soutanes de cravates.

L’école est une industrie de mariages afin de procréer des Léonardo. On ne croise plus les doigts pour savoir si la combinaison gagnante sortira.

On veut créer la combinaison.

Et on a besoin de Léonardo.

On nomme cela … «une orientation de société».

Beau terme!

Loto-Pascal

J’avais 14 ans quand j’ai découvert le pari de Pascal. Pas en lisant, en vivant. Deux jeunes de 13 ans s’étaient noyées dans la petite rivière où nous allions nous baigner l’été.

13 ans.

Je me suis dit que la vie était courte. Et tous les pièges inventés par les vendeurs du Temple bleu n’étaient que des chevaux de Troie.

Et après la «vie»?

Qu’est ce qu’on fait de sa vie quand on a quelques 13 ans? Combien de 13 ans?

J’ai passé ma vie à scruter les vendeurs de Pommes et d’Oranges.

J’ai vu pousser des Léonardo frustrés.

J’en ai vu mourir frustré.

Ces petits génies qui croient que l’humain n’est qu’une visse pratique.

Au fond de l’eau, il n’y a pas qu’un petit poussin d’or.

C’est pour ça que j’ai gardé mon cerveau.

Il est tout petit, c’est un mica au fond de l’eau.

Il est pratique – parce que libre – de ne pas être aveuglé. Libre de voir le reste qui habite l’invisible dans le translucide.

Les cuisiniers à mille-feuilles

Les Léonardo sont fiers de ne plus voir que des êtres qu’on disait sans «âmes», car c’était l’époque de la culture des âmes. Aujourd’hui, dans leur univers «d’esprits ouverts» ils sacrifient cette «âme» en se contentant de leur matière grise. Entre le blanc cassé et le noir riche…

Nos sociétés sont devenues des états athées, qui répandent la bonne nouvelle à travers une bible de chiffres, qui se targue de ne pas être raciste, ni homophobe…

La société est une cuisinière spécialisée dans les gâteau mille-feuilles :

Le rang social.

Où vous situez-vous dans le grand gâteau? On ne se gêne pas pour vous talocher du regard ou de reproches de ce que vous êtes. À moins de vouloir un vote…

Sauf que dans celui-ci, on se fout royalement de votre couleur, pourvu qu’elle soit grise.

Et tous ceux qui pourront inventer une visse, morale ou amorale, destructrice plutôt que constructive, sont les artisans d’un monde adulé du vide.

Et le paradis et l’enfer sont entre votre naissance et votre mort.

La pomme et l’orange sont enfermés dans une cage étroite de temps.

L’esclave est prêt pour la vente.

Gaëtan Pelletier