Archives quotidiennes : 15-octobre-2013

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Alerte aux gaz

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La guerre est la projection spectaculaire et sanglante de notre vie quotidienne

La guerre est la projection spectaculaire et sanglante de notre vie quotidienne. C’est un précipité de nos vies de tous les jours. Et sans une transformation de nous-mêmes il y aura forcément toujours des antagonismes nationaux et raciaux, de puériles querelles idéologiques, une multiplication de soldats, les saluts aux drapeaux et les brutalités sans nombre qui concourent à créer le meurtre organisé. L’éducation dans le monde entier a fait faillite, elle a produit des destructions et des misères de plus en plus grandes. Les gouvernements sont en train de dresser les jeunes à devenir les soldats et les techniciens dont ils ont besoin ; l’enrégimentement et les préjugés sont imposés et entretenus.

Prenant ces faits en considération, nous devons nous interroger sur le sens de l’existence, ainsi que sur la signification et le but de nos vies. Il nous faut découvrir des moyens bénéfiques pour créer un nouveau milieu ; car le milieu peut faire de l’enfant une brute, un spécialiste insensible, ou l’aider à devenir un être humain sensible. Il nous faut créer un gouvernement qui sera radicalement différent de tous ceux que nous avons, qui ne sera pas basé sur le nationalisme, sur des idéologies, sur la force.

Tout cela exige que nous comprenions notre responsabilité les uns envers les autres, dans nos relations mutuelles. Il faut de l’amour dans nos coeurs ; nous n’avons pas besoin de tant d’érudition et de savoir. Plus grand sera notre amour, plus profonde sera son influence sur la société.Mais nous sommes tout cerveau et privés de coeur ; nous cultivons l’intellect et méprisons l’humilité. Si nous aimions réellement nos enfants, nous voudrions les sauver et les protéger, nous ne permettrions pas qu’ils soient sacrifiés dans des guerres.

Je crois qu’en réalité nous voulons des armes ; nous aimons le spectacle de la force militaire, les uniformes, les rituels, les boissons, le bruit, la violence. Notre vie quotidienne est le reflet en miniature de cette même brutalité superficielle et nous nous détruisons les uns les autres par envie et irréflexion.

Nous voulons être riches ; et plus nous le sommes, plus nous devenons brutaux, même lorsqu’il nous arrive de donner de grosses sommes d’argent à des oeuvres de charité et d’éducation. Ayant volé la victime, nous lui rendons un petit peu du butin et appelons cela de la philanthropie. Je ne sais pas si nous nous rendons compte des catastrophes que nous préparons.

– Krishnamurti, De l’éducation

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Le travail rend l’homme semblable à l’arbeit

Il y a un couple, dernièrement, qui a gagné 50$ millions au loto.
On jubilait.
On venait d’échapper à la crucifixion du travail.
J’ai commencé à connaître les joies du travail en passant des journaux à 13 ans. Le vieux frustré avait trouvé sa copie trop basse pour la ramasser. Je me suis fait poivrer pas à peu près.
Puis, plus tard, j’ai « planté des quilles ». 5 cents la partie.
Pendant qu’un « athlète »  lançait des tites boules à l’autre bout de l’allée,  tentant d’en jeter dix à terre. Avec une seule boule.
Un athlète…
De sorte qu’on en recevait sur les genoux. Pas les boules, les quilles.
Mais le plus beau job je l’ai eu à 16 ans : projectionniste dans un cinéma. Pendant deux ans j’ai visionné le même film ad nausée âme.
Surtout les Elvis Presley. Puis suivit, Joselito, le chanteur à la voix d’or.
Mais le plus grand succès fut celui de Madame X :

Holly Parker, d’origine modeste, épouse Clayton Anderson un homme politique ambitieux, issu d’une famille aisée et respectable. Le couple vit heureux et donne naissance à un garçon Clayton Jr. Mais la belle-mère d’Holly, Estelle, qui vit avec eux ne l’aime pas à cause de ses origines. Souffrant de solitude, Clayton étant souvent absent, Holly devient la maîtresse de Phil, un ami de la famille. Au retour de son mari, elle comprend qu’elle n’aime que lui et décide de rompre avec son amant qu’elle est venue rejoindre chez lui. Au cours d’une discussion houleuse, Holly qui se débat, le pousse accidentellement dans les escaliers et Phil trouve la mort. Sa belle-mère qui la faisait suivre par un détective, est vite au courant de la situation. Pour sauver la réputation de la famille, Estelle promet de ne rien dire si Holly disparaît immédiatement sous un nom d’emprunt et sans jamais revoir son fils et son mari. La jeune femme part et erre dans plusieurs pays sombrant dans la déchéance et l’alcoolisme. Bien des années plus tard, elle est accusée du meurtre d’un maître chanteur. Elle signe sa déposition sous le nom de Madame X. Le procès débute à New York où elle est défendue par un jeune avocat dont c’est la première affaire et qui n’est autre que son fils qu’elle n’a jamais revu. Madame X

Plus de bancs. On a ajouté des chaises.
J’aimerais bien avoir un psy pour m’expliquer ce goût pour la tristesse infinie. Faut croire que les gens travaillaient dans le bonheur et puisaient leur besoin de tristesse dans les films.
***
Plus tard, je découvris la tristesse du travail : celui qui tue un peu, ou beaucoup.
Aujourd’hui, on vend des carrières.
Tu ne vas pas au ciel, tu vas à la compagnie.
« J’ai passé 35 ans dans cette usine »
C’était durant la période de temps où les choses duraient. Les compagnies ont maintenant une durée de vie équivalente à un lave-vaisselle : 12 ans. Max.
Il y a les gurus et les « suiveux ».
Le guru vend des carrières, et les « suiveux » y croient.
Comme dans Madame X : plus de bancs, on a ajouté des chaises musicales.
?
Avec la mallette à roulettes. Le cellulaire. La cellulite. Ils sont à genoux de l’esprit. On leur brasse de l’avenir et on leur présente du savon comme du ciment.
Ils sont coulés dans le ciment.
J’ai jamais cru à la carrière. Pourtant j’étais de la génération de la « carrière » . Ces baby-boomers qui ont tout eu. Sauf des parents qui n’avaient rien. Ils écrivaient leur nom : parfois en X.
J’ai essayé 20 métiers, je me suis fait crucifier 20 fois. Pas assez à genoux.
C’est l’ère des lavettes qui se font rincer dans les universités. Ils en sortent imbibés de savoirs inutiles, le plus souvent.
Ils disent que c’est de la culture.
Si on cultive un chou avec des mots, on mange des mots.

On dirait que le « monde » est devenu une histoire compliqué de Madame X.
C’est comme Cendrillon dans un monde parallèle : alcoolique, malheureuse, incertaine…
Elle déboule l’escalier.
Ce doit être un hasard : les escaliers ont toujours 13 marches.
Le monde du travail?
Il ne se résume plus qu’à une seule carrière : pelleter de l’argent pour les atrophiés de la vie.
Ils sont gros, vont au gym après Noël, et bouffent des aliments de par leur parure.

Et quand ils votent, ils font un X.
C’était vraiment un bon film. Je commence à comprendre pourquoi il n’y avait plus de bancs et qu’il a fallu rajouter des chaises.
Faut croire que le monde est un grand cinéma et qu’on est tous un peu givrés par la grandeur des écrans.
P.S. : En fait, j’adore travailler. Sauf que ramer avec des types qui fouettent, après quelques années, et après avoir demandé au capitaine où on va, il ne sait pas que répondre.
Je pense que le capitaine aussi travaille pour quelqu’un.
Si ce quelqu’un travaillait un peu pour nous, sans doute serions nous tous dans la joie du travail et bien rentable.
Ça fait des années que je cherche le nom du vrai patron. C’est monsieur X.
Son fils est avocat, mais il ne sait pas que c’est son père.
Alors, il sombre dans le McDo et le Gymn.
Beurk!
Le travail rend l’homme semblable à l’arbeit…

Gaëtan Pelletier