Archives quotidiennes : 20-août-2013

Le paysan des mots

Il en est qui cultivent la terre, d’autres l’âme, certain les deux.

Il faut voir la musique, entendre l’âme, écouter le recueil silencieux et  parfois si incompréhensible des autres. Car les autres ne sont pas seulement différents de nous, mais nous sommes le résultat des « autres ».

Cultiver les autres, en amour, en empathie, c’est se cultiver également.

S’adonner à un art ne fait rien de nous d’exceptionnel et de « différent ». Le « UN » est une illusion issue de l’ego.

Je n’ai jamais pu faire de différence entre un type qui répare votre tuyauterie et un philosophe. Ni un poète…

Le singe macaque japonais est probablement la créature la plus sociétaire sordide: elle choisit ceux qui peuvent se baigner dans cette zone thermale, laissant les autres geler sur les banquises. Il y a des paliers de couches sociales, de chefs, tout cela bien organisé.

Le choix humain, conscient de cette différence, peut choisir de partager la zone thermale.

Au contraire – supposément « intelligents » – nous affermissons cet état d’être de pauvreté et de misère, mais consciemment… C’est là l’étrangeté de la nature humaine animale. Il pense qu’il pense… Mais il est pensé, ou se sert de cette capacité, un tantinet supérieure, plus habile,  pour reproduire la même société que le singe macaque.

Nous sommes assis sur une incompréhension totale de notre univers. Nous sommes rivés à notre incompréhension totale de ce que nous sommes.

Le singe – ou les singes – qui ont inventé l’ordinateur se croient supérieurs. Hélas! le but de tout progrès réel est d’échapper à cette conduite animale inconsciente.

Semer des mots est justement tenter de réintroduire l’âme humaine. Il n’y a rien de supérieur à ce fait, il n’y a qu’une écoute inconsciente de ce filet de lumière qui dort en nous.

Je ne sais – ni ne savons, avec une fermeté d’honnêteté – si nous descendons du singe. Ça n’a guère d’importance… Les fourmis ont aussi leurs rangs, leurs organisations…

Échapper à l’animal en nous…

C’est déjà une révolution.

Gaëtan Pelletier

20 août 2013

Prohibé

picasso

La femme qui pleure – Picasso

Il y a cette dame qui lutte contre chacune de ses rides en étalant le rayon des cosmétiques sur chaque cellule de sa peau, confiante que ses chaussures tendances et ses vêtements dernier cri (le même qu’a eu son conjoint en la voyant) lui épargnent l’outrage d’être elle-même.

ENFANT ORDINATEUR

Il y a ces enfants qui avant de grimper aux arbres savent formater un ordinateur, installer Windows et contourner le contrôle parental.

Il y a ces polliticailleux tous mus par une soif d’atteindre une rente viagère confortable, confiant l’honneur et le mérite à un distributeur de médailles qui une fois l’an pique la curiosité des médias et la poitrine des récipiendaires en les marquant du sceau: Government approveed!.

 

pancartes1

La rue, la butte de terre, le poteau électrique sont autant de vitrines de propagande pour les rois de la pub munis de cloueuses électriques et de contrats juteux: on va te la vendre l’idée! Squatage de biens publics pour la gloire des «un-jour-je-régnerai». Foi de poteau!

bourse tokyo

La finance n’en finit plus de tenir les statistiques de ses statistiques et d’émettre quelques communiqués sur sa progression aux effets rouleau compresseur sur l’économie: des trimestres tous plus chiffrés que les précédents, statistiquement à la hausse, inversement proportionnels à la réalité commune.

Les publicités sont toujours plus efficaces: 89% des gens utilisent un produit et sont satisfaits. On ne dit pas que 100% croient qu’ils sont dans le 11% qui l’ignoraient. Le syndrome du bonnet d’âne effraie. On peut miser sur ses effets.

Il y a le courant social qu’un vent de folie rythmée au « bling bling tchiqua ching » scande. Appuyez sur F1 pour dérégler l’harmonie et s’entame le karaoké des esclaves qui chantent pour oublier leurs chaînes.

Que penser de la tendance mots-clefs:  rôle social. Mieux que la conscience qui demeure un choix de libre-arbitre, le rôle social peut pour sa part s’armer contre lui-même, faire le travail ingrat des décideurs à court d’idées et de volonté. Si on lui laisse l’illusion qu’il est puissant, ces derniers s’embêteront moins à devoir sauver les apparences, l’important étant d’avoir l’air de collaborer jusqu’à ce qu’un autre puissant rôle social aille butiner ailleurs et que les choses reprennent la même place inchangée. On aura greffé deux ou trois nouveaux intervenants et autant en emporte le vent.  On dirait presque du home staging et le camion qui ramasse le décor attend prêt à partir en tournée ailleurs. Sale p’tin d’banques et clowns riches au QI ravagé par des pirouettes mentales devront suivre la foule qui les réclame vers d’autres lieux, d’autres vents.

Il y a cette lubie de citoyens soucieux que les travailleurs qui se promènent sur le trottoir (ils précisent le rôle des gens lésés car on ne peut pas être simple promeneur dans l’histoire) devraient pouvoir respirer autre chose que la fumée de cigarette provenant des terrasses. Peut-être sont-ils en manque d’émanation d’essence, le prix de cette dernière ne permettant plus que les effluves soient aussi perceptibles et enivrantes qu’aux jours d’antan.  Quoi qu’il en soit, si le rôle social parvient à brimer ses propres droits, on ne saurait ne pas l’y encourager.  Il y aura moins de boulot à  faire pour empiéter sur les droits et libertés.

La charte des droits et liberté, qui sera bientôt imprimée sur les rouleaux de «PQ» aura toujours son utilité. Il suffira de savoir par quel bout la consulter. D’ailleurs je m’étonne que ces fameux outils promotionnels incontournables n’aient pas été plus exploités. Je lance l’idée. Je sais j’aurais pu devenir riche en la faisant moi-même. Riche à rien, comme il y en a beaucoup: un brassage d’inutile et un rinçage d’inutilisable. On alterne.

 

les labours

La Leçon de labourage (1793-98) – François-André Vincent

Quand tout est prohibitif peut-on dire qu’il y a prohibition? Il y aurait donc des effets sans cause: Il faudra une médecine pointue pour soigner tout ça. La médecine de profil client a de l’avenir.

Lorsque l’habitant tirait la charrue et le boeuf et que le tout basculait dans une ornière, il n’y avait pas de puissante machine pour les en extirper. Elle n’était pas inventée et à l’époque où elle le fut l’habitant n’a plus eu besoin d’elle. A croire qu’il faille toujours courir après le progrès au cas où un jour nous serions en parfaite synchronicité, pas derrière ni devant mais dedans. Et roule l’inutile dans un désordre alarmant où se côtoient folie et développement durable dans une cacophonie bling bling digne de Picasso IV. Personne n’a les moyens d’y échapper.  Esprit censuré, volonté prohibée.

Un chausson aux pommes avec ça?

ELYAN

http://centpapiers.com/prohibe/

Le « sein-bombe » d’Al-Quaïda

Seins-bombe

Les services de sécurité de l’aéroport d’Heathrow à Londres redoutent une attaque d’un genre nouveau. Al-Qaïda aurait mis au point un type d’explosif injectable dans les implants mammaires et les cavités de ses kamikazes.( Les moutons enragés

 

On dirait davantage une « idée » en provenance des États-Unis  pour mousser  le terrorisme… L’expression consacrée, « Cette femme est une bombe! »,  vient de prendre un sens quasi neuf.

Ça m’a sauté au  visage…

Sans doute aura-t-on des modèles réduits pour ne pas trop attirer l’attention. Serena Williams pourrait faire sauter tout un quartier, si jamais Al-Quaïda décidait de construire un clone de la tenniswoman…

Serena-Williams-1

Oui, pourquoi pas un clone? Une réplique en silicone « valley », plaquée plastique et peinte en noir?

À partir des deux tours du WTC, le 21e siècle aura été celui de la sublime imbécillité de l’Occident atteint de la maladie de Parkinson : il tremble, mais il s’est lui-même injecté de ces infectes  affabulations à la Goebbels, ce bêtisier génial.  Le gâtisme a maintenant un nom en trois lettres : USA. Une fragrance aux saveurs des charniers de « l’autre siècle ». Comme à l’accoutumée, les nouveaux charniers seront virtuels. Tout est virtuel maintenant. Tout est avalé par une sorte d’étanchement de liberté d’esprit par l’architecturale montée de la fabulation illimitable. Toutefois, elle ne mène qu’à un but, l’avoir. Oui, vous avoir, vous et vos avoirs. Des menottés illettrés de l’Histoire.

Et nous voilà d’infimes Pinocchio inversés : la chair et l’âme réduite au bois brut.

La chimie de la peur  

Adonnons –nous à un  peu de SF : qu’inventeront-ils de « nouveau » pour nous faire cracher notre avoir et le livrer à la pantagruélique machination de ces Molochs à la G.H. Wells enfermés dans leur tour à bureaux?

La chimie de la peur c’est de s’écarter – ou de nous écarter de la vie réelle – pour s’agenouiller, une nouvelle arme terroriste  sur la tempe.

Les « pays-Titanic » n’ont plus d’étanchéité.

Ils coulent tous.

La Terre est un petit navire dans l’espace. Le voilà troué par des rats de cales, sans humanisme, retors, roublards, nous mitraillant d’idées saugrenues pour « détournement de fonds ».

La Vie n’a plus d’importance : la ruse empoisonnée est en train de prendre toute la place.

Les Étasuniens sont sans réfutation  les meilleurs « pushers » de drogues  de la planète. Des drogues nouvelles  qui encagent  l’esprit : la frousse qui mène à l’affolement, la peur, l’angoisse. Les pays, de par le biais des énormes industries, nous vendent désormais un produit bouclier : l’assurance. La pseudo assurance….  Sans doute une nouvelle industrie « créatrice d’emploi ». La rassurance…

Je me souviens d’une phrase d’un de mes billets :

« Les Chinois ont inventé la poudre à canon, et les Américains la poudre aux yeux ».

L’arme que l’on a plaquée sur le crâne, c’est cette armée de fonctionnaires abêtis… À se demander si les pays ne sont pas devenu des sectes « nouvel-âge ».

P.-S. Pour vivre « attentifs, il faut que rien ne nous échappe. Comme cette phrase cocasse dans l’article sus  mentionné : « Au sein du personnel de l’aéroport londonien, on confirme l’information ».

 

Gaëtan Pelletier

19 avril 2013

Mon dieu que c’est dur d’étre humble …

La chanson country a vraiment de « drôles » d’idées… Mais il en est plusieurs qui en vivent… J’ai copier-coller le texte, à la suite de la vidé, fautes incluses …

C’est Narcisse qui chante… Une blague ou une chanson « sérieuse »? Je l’ai classée dans HUMOUR.

PAROLES :

Mon Dieu que c’est dur d’être humble quand t’ai parfait de toutes les façons
Chaque matin je me regarde dans la glace ah ce que je peux être beau garçon

Me connaître, c’est m’aimé, je dois être tout un amoureux
Mon Dieu que c’est dur d’être humble mais je vous jure que je fais tout ce que je peux

J’avais une petite amie mais elle a dû démissionner
A cause de toutes ces filles qui viennent se traîner à mes pieds
Je pourrais m’en trouver une autre mais je ferais de la peine à des centaines
Je m’en fous je ne peux pas m’ennuyer car j’aime beaucoup de parler

Oh Dieu que c’est dur d’être humble (quand t’ai parfait)
T’ai parfait de toutes les façons
Chaque matin je me regarde dans la glace
Ah! ce que je peux être beau garçon
Me connaître c’est m’aimé (c’est ce que ma mère disait)
Je dois être tout un amoureux
Mon Dieu que c’est dur d’être humble
Mais je vous jure que je fais tout ce que je peux

Vous pouvez dire je suis un solitaire, un type renfermé, tête enflée
Je pourrais avoir beaucoup d’amis, mais je manque rais de temps pour m’admirer
Les gens disent je suis égocentrique je ne sais même pas ce qu’ils veulent dire
Je crois qu’ils sont jaloux du fait que je remplisse si bien mes jeans

Tout le monde ensemble les belles voix

Oh Dieu que c’est dur d’être humble (quand t’ai parfait)
Quand t’ai parfait de toutes les façons
Chaque matin je fais quoi
Chaque matin je me regarde dans la glace (ah ce que je peux être)
Ah ce que je peux être beau garçon
Me connaître c’est quoi
Me connaître c’est m’aimé (je dois être tout un)
Je dois être tout un amoureux (mon Dieu)
Mon Dieu que c’est dur d’être humble mais je vous jure que je fais tout ce que je peux
Mais je vous jure que je fais tout ce que je peux
Mais je vous jure que je fais tout ce que je peux
Mais je vous jure que je fais tout ce que je peux

Incluso por la sencilla de vuelo de una mariposa mientras que se requiere el cielo.

 

Il faut sauver les Indiens Huichols

Photos de :norma delia

Plaidoyer. Au Mexique, une compagnie minière canadienne menace la montagne sacrée de ce peuple. Indigné, le Prix Nobel de littérature J.M.G. Le Clézio écrit au Point.

L’Histoire bégaie, on le sait. Parfois, il y a tellement d’insupportable dans ce bégaiement qu’on ne peut l’accepter. Le génocide amérindien fut organisé pour une grande part à cause de la convoitise des conquérants pour l’or et l’argent, chose tellement incompréhensible pour les habitants du Nouveau Monde que certains (les Purepecha du Michoacan) se posèrent même la question : « Assurément, ces hommes doivent se nourrir de ces métaux pour les désirer à tel point. » Pour eux, ces métaux étaient « l’excrément du Soleil et de la Lune » et ne servaient qu’aux objets de culte.

Depuis 2009, la compagnie minière canadienne First Majestic Silver, spécialisée dans la prospection des métaux précieux, a pu racheter 22 concessions à l’ouest de l’Etat de San Luis Potosi, dans le nord du Mexique, dans une montagne nommée Cerro Quemado, près de la station de chemin de fer Real de Catorce. Cette montagne est depuis toujours le lieu mythique pour les Indiens Wixaritari – plus connus du grand public sous le nom de Huichols – où ils s’approvisionnent en peyotl pour leurs cérémonies de divination thérapeutique et leurs rituels liés au culte du Soleil.

L’Histoire ici bégaie outrageusement : au XVIIIe siècle, les Huichols furent au centre d’une révolte contre le pouvoir colonial espagnol, car leur territoire était envahi par les prospecteurs – comme dans le cas de la ruée vers l’ouest, des aventuriers et des hommes de main de toutes origines, attirés par la perspective de riches filons. A la fin du XIXe siècle, un métis du nom de Manuel Lozada organisa une autre révolte pour défendre l’autonomie des peuples habitant l’Etat du Nayarit – Coras et Huichols -, et sa défaite sonna le glas de la relative liberté que les Indiens avaient acquise sur leur territoire. Fragilisée par les divisions, la population autochtone figure aujourd’hui parmi les ultimes résistants de l’indianité dans un monde de plus en plus conformiste et matérialiste.

Le projet de la First Majestic Silver n’arrive pas par hasard. La crise économique mondiale a donné un regain de popularité à la valeur refuge que constituent les métaux précieux. Mais la prospection et l’exploitation des anciens filons ne peuvent se faire actuellement que dans des conditions d’extrême agressivité : recherche en profondeur, éventration à la dynamite, utilisation de polluants (mercure et cyanure), rejets de boue contaminée qui mettent en danger la nappe aquifère. Partout dans le monde de tels projets sont combattus par les associations de protection de l’environnement – comme cela fut le cas récemment en France avec le projet minier de Salsigne (Aude), stoppé par les militants.

Cause juste. Que restera-t-il de la montagne sacrée des Huichols après de tels outrages ? Même si éventuellement le filon est abandonné faute de rentabilité (ou parce que le cours des métaux sera retombé), le mal sera irrémédiable. La montagne où les Indiens se rendaient chaque année au bout d’une longue marche pleine de souffrance et de mysticisme sera devenue un lieu dévasté, fracturé, violenté.

Certes, l’on peut regarder tout cela comme l’énième épisode de la défaite du monde amérindien traditionnel et penser que, après le génocide perpétré au XVIe siècle par les conquérants, ce drame est le dernier souffle qui éparpille dans l’oubli des peuples déjà devenus fantômes. Ce doit être, j’imagine, la réponse des ingénieurs et des dirigeants de la First Majestic Silver. Il y a quelques décennies, les compagnies qui éventrèrent le territoire des Indiens Navajos, au sud des Etats-Unis, ironisaient sur cette manie qu’ont les Indiens de considérer que le monde entier serait « terre sacrée ».

Mais la question n’est pas, qu’on y réfléchisse, seulement celle des Huichols et du Cerro Quemado. Il ne s’agit pas d’affirmer un privilège exotique en vue de maintenir une poignée d’hommes dans leur droit, contre l’abus d’une compagnie minière nord-américaine – même si, de toute évidence, la beauté, la pensée et la justice sont de leur côté. La question est de mettre un frein, chaque fois que cela est possible, à la rapacité des puissants exercée contre ce qu’il y a de précieux et d’unique – l’héritage, le respect, l’équilibre du monde -, mieux que des symboles, la substance vivante de notre commune humanité. Nous devons tous soutenir la juste cause des Huichols et demander au gouvernement mexicain d’annuler l’autorisation d’exploiter le Cerro Quemado accordée hâtivement à la First Majestic Silver.

Click here to find out more!J.M.G. LE CLÉZIO, PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE

Les écrivains se mobilisent

Le romancier et poète Homero Aridjis, figure majeure de la littérature mexicaine contemporaine, auteur notamment du  » Temps des anges  » (Mercure de France), a fondé avec son épouse Betty l’association de protection de l’environnement Grupo de los Cien. Dans une pétition signée par 150 artistes et intellectuels (dont les Nobels J.M.G. Le Clezio et Tomas Tranströmer, l’écrivain canadien Margaret Atwood ou encore Francisco Toledo, Lawrence Ferlinghetti, Jerome Rothenberg et Peter Matthiessen), il demande à Felipe Calderon d’annuler les concessions minières sur le territoire sacré du peuple Huichols. Contact pour signer la pétition : bettyaridjis@yahoo.com.

Source du texte: Dazibaoueb