Archives quotidiennes : 5-août-2013

«Les médecins sont manipulés par nous, et nous par les labos»

Anne Crignon

Julie Wasselin a longtemps parcouru la France pour vanter les mérites de médicaments dont elle ne savait pas grand-chose. Elle raconte aujourd’hui son métier de visiteuse médicale. Rencontre, et extraits de son livre.

julie Wasselin

Julie Wasselin

Pendant vingt-cinq ans, elle a parcouru 300 kilomètres par jour à travers la Touraine comme visiteuse médicale. L’image de ce métier que Julie Wasselin, aujourd’hui retraitée, a quitté sans regret se dégrade à mesure que les scandales sanitaires dévoilent le rôle ambigu de ces lobbyistes professionnels auprès des médecins. De cette vie, «entre chauffeur routier et homme-sandwich», elle a fait un livre qui fait causer dans les milieux de l’information indépendante. Une VM qui balance à visage découvert? Le cas est unique. «Ce livre montre à quel point l’information délivrée est avant tout un argumentaire de vente», dit le docteur Philippe Nicot, porte-parole du Formindep.1

Longtemps les VM de Servier ont vanté les vertus amaigrissantes du Mediator. Ceux du laboratoire GSK ont «poussé» le Requip, sans rien savoir des dérives sexuelles parfois provoquées par ces antiparkinsoniens et d’autres ont promu les pilules «nouvelle génération» malgré le risque d’embolie pulmonaire.

«Les médecins sont manipulés par nous. Et nous, nous sommes manipulés par les labos, dit Julie Wasselin. On finit par s’en douter. Des choses transpirent. On fait du commerce avec la santé des gens. Si les patients savaient pourquoi ils avalent un médicament plutôt qu’un autre, ils tomberaient raides morts. S’ils savaient que c’est parce que j’ai apporté douze bouteilles de champagne…» Du petit labo danois auquel elle a appartenu, deux fois racheté dans le cadre des fluctuations boursières du marché pharmaceutique, elle tait le nom: «Au moins, on ne m’a pas envoyé raconter des salades.» En tout cas, elle veut le croire.

Elle avait 35 ans et plus de mari, deux jeunes enfants, un cheval, quelques meubles, une voiture et un van. Après un atterrissage d’urgence dans une maison pleine de courants d’air du bocage d’Indre-et-Loire, il lui faut un travail. Une petite annonce, un rendez-vous à la Défense, et elle signe pour le job. «J’avais le profil. On va au charbon, mais pour 3500 euros net, primes comprises.» Julie Wasselin doit prendre dès le lendemain la place d’une femme qui vient de se tuer sur le verglas. Chargée de présenter un mucolytique, elle lit dans le train du retour une épaisse documentation sur le crachat.

Dans les années 1980, il y a 7000 VM sur les routes de France, encore trop peu pour que les médecins se sentent harcelés. La «visite» se fait alors à l’improviste. Le VM se présente entre deux patients par le nom de son labo: «Bonjour. Sanofi», «Bonjour. Pfizer.» Vingt ans plus tard, ils sont 20.000 de plus, alors il faut prendre rendez-vous, depuis les cabines téléphoniques sur le bord des nationales, avec leur tablette grande comme une soucoupe à café pour poser son agenda.

Julie Wasselin raconte les repas de midi pris au volant de la R5 pour pouvoir «faire» six médecins par jour, toute la paperasse dans sa boîte aux lettres, les «visuels» qu’il faudra mettre sous le nez de chaque prescripteur, les argumentaires, «un bachotage permanent, tard dans la nuit. Répondre à une spécialiste qui s’interroge quand on n’a pas le centième de ses connaissances, ça a quelque chose de surréaliste.».

Pénible aussi, les séminaires, «ce lavage de cerveau» où l’on doit rendre compte de ce qu’on a appris par cœur la veille, après un passage obligé en boîte de nuit. «Il faut faire jeune et beau même si on a le moral dans les chaussettes.» Et tous ces cadeaux à distribuer, des radiocassettes de ses débuts aux lecteurs DVD – «de l’achat de prescription», dit-elle.

Un jour, un généraliste de Blois lui a demandé si elle lui offrait une lampe ou un bureau. Elle n’est plus revenue. «Des médecins qui ont refusé un cadeau, j’en ai vu cinq en vingt-cinq ans j’ai eu envie de leur sauter au cou.» L’un d’entre eux, sosie de Lee Marvin, plutôt que de parler médocs, l’emmena chaque fois faire un flipper dans un bar au coin de sa rue.

Aujourd’hui, quand des «gens de la visite» viennent dormir chez elle, ils rapportent parfois des histoires de suicide. L’épuisement, Julie a connu elle aussi. «A la différence de ceux qui signent un contrat, nous, quand on a fini la visite, on ne sait pas si on a vendu ou pas.» Le labo, lui, sait. A la boîte près. Il y a des dépôts dans tous les départements, les pharmacies font remonter les chiffres. «Pour rien au monde, je ne voudrais refaire cela

Anne Crignon

Source : Le Nouvel Observateur

http://www.initiativecitoyenne.be/article-une-ex-visiteuse-medicale-temoigne-les-medecins-sont-manipules-par-nous-et-par-les-labos-119389922.html

UNE ÉTUDE A DÉMONTRÉ QUE LA BIÈRE A LE MÊME EFFET QUE LE YOGA !

Vous voyez ? Boire énormément de bière rend plus souple et vous gardera en pleine santé.

***


Jean Ferrat – Lorsque s’en vient le soir

La vie compressée

 

Illustration : auteur inconnu

La vie compressée
Par Pierre Ouellet*

Je cherche une voix. Là, maintenant. Un souffle dans l’air. Du vent dans le vent. Un chant, un chantonnement. Une présence, oui, mais à peine. Une évanescence, une coalescence, mais réelle. Non pas du rêve, non, la chose, son grain, ses ondes, sa force. Une tessiture, une couleur, une hauteur. Quelque chose qu’on se met sur la tête, qui est dans la tête tout de suite : cette musique, cette voix, sortie d’un fil, qui entre par l’oreille, file là, dans la mémoire, l’esprit, casque sous le casque, gigantesque oreillette qui parle à l’âme, au corps… et les mains dansent, les pieds piètent, les yeux clignent, les lèvres bougent. La vie revient.

On n’est pas seul, pas un : on a cette chose greffée à soi, entée au cœur, à ses battements. Un parasite, grugeant l’angoisse, rongeant le passé. La voix grignote dans les neurones, laisse à la place une sorte de vide où s’endormir, anesthésié. On le sait bien, cette chose qu’on appelle Cash, Cohen, Cave, vient de très loin : elle est si près, pourtant… De la vie pressée. Compressée. Numérisée. Des couches et des couches, non pas d’ondes, mais de particules : grains, points, digits. Quelques poussières dans un grand vent, qui les emporte entre vos tempes, où elles battent d’un pouls puissant : les pulsations de la matière chiffrée vous rentrent dans la chair, les veines, les nerfs. M : moving (dansant, sautant, bougeant). P : picture (image, tableau, figure). E : expert (savant, sachant, connaissant). G : group (bande, gang, camp). MPEG-3, comme dans 3D : le clan qui sait, la caste qui peint, la horde qui danse… dans la troisième dimension, celle qui pousse à côté de soi quand on va seul, le casque sur le crâne, l’oreillette contre les tympans, battant à fond, cœur double plus gros qu’un cœur, compressé, digitalisé… pouls de voix.

Où est-elle, cette chose, qu’on appelle Cave, Cohen, Cash : dans l’air? la tête? la tombe déjà? ailleurs? ailleurs encore? virtuelle? potentielle? improbable? Tu n’es pas là, ne seras jamais là… pour vrai. Figures mouvantes, images dansantes, tableaux vivants. Voix de nulle part, non écrites, ni sur papier, ni dans la cire ou le vinyle. Lares, mânes, lémures, fantômes tapageurs, buée de bits, pixels acoustiques imbibant l’âme, petite caresse de chiffres ronds appliquant son baume là où l’on a mal depuis longtemps… On est moins seul, soudain, moins soi, moins rien : déchosifié, immatérisalisé, mais réel comme on ne l’a jamais été, moving picture parmi les voix, portrait mutant repeint par Cash, Cave, Cohen, si l’on veut bien donner des noms à ses fantômes, aux spectres sonores dans lesquels on se désagrège, mp3 voguant dans l’air, téléchargé à tout bout de champ dans le fond de ses rêves, où ça fredonne en permanence, siffle en sourdine, pulse, impulse, expulse, garde le rythme, secret intime dont le corps vibre, l’âme tremble, l’esprit frémit.

Le cœur ne bat plus. L’iPod seul maintient son pouls. Pace-maker d’air, de chant, de sang qui cogne. Prothèse d’âme tenant lieu de vie quand on la perd… Pur Cave, pur Cash, pur Cohen, on flotte, on vaque… Déchargé de soi, uploadé parmi les voix, les sons, les notes, vivant encore, mais fondu au corps sans support du chant en soi, corps second, deuxième vie dans laquelle être n’est plus qu’un transfert de données de cœur à cœur, d’histoire en histoire… où l’Homme en noir, la Mauvaise graine, l’Oiseau sur le fil prennent toute la place dans sa tête… où il n’y en a pas beaucoup. The Man in Black, the Bad Seed, the Bird on a Wire passent en boucle dans sa mémoire, rechargée d’un nouveau sang, d’un nouveau sens, perfusée, transfusée, tels les grands anémiques de l’existence branchés à vie sur des voix fortes, mais mortes, qui les nourrissent de loin en loin… Intraveineuses virtuelles, overdoses de megs, de peines, de joies, en alternance, haut, bas, pleurs, rires, bipolaires comme cet air triste et gai dissous dans ses artères, son cœur sans fil, sa vie wireless, laissée à elle-même des nuits entières, abandonnée à la mémoire de voix hantées, avec lesquelles on se sent moins seul quand on rit et pleure ou vit et meurt indifféremment, comme ces particules sonores qui vous traversent la tête en la heurtant et la flattant, battements de temps venus de nulle part où l’on tente de reprendre vie, mais à quoi, à qui : du vent, oui, du vent, du vent, un téléchargement d’air pour que l’esprit respire, l’âme s’anime, le souffle souffle…

Source : Les Années lumière, Zone d’écriture, nos écrivains et la science; Radio Canada.

* Poète, romancier et essayiste. Membre de l’Académie des lettres du Québec depuis 2009, il dirige la revue Les écrits et la collection « Le soi et l’autre » chez VLB éditeur. Il est aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en esthétique et poétique à l’UQAM, où il enseigne depuis plus de vingt ans.

DOULEURAMA

Source:GiveaBuck

Source:GiveaBuck

________________________________________________________

Je me souviens d’une époque où des gens simples disaient, en leurs propres mots, que l’argent n’était qu’un outil, que les banques étaient des opérations de brigandages institutionnalisées et qu’on ne s’en porterait que mieux si l’État distribuait chaque mois aux citoyens un “dividende” social qui constituerait pour chacun sa juste part de l’enrichissement national. Vers demain, Pierre JC Allard, Nouvelle Société

Nous sommes en 19, 998

Cette «piasse» fait penser aux pubs du parti conservateur contre M. Ignatieff. Sauf qu’elle pointe la risibilité du fait de créer, ni plus ni moins, de l’argent virtuel. Le mot «virtuel» avait un autre sens à l’époque. Puisque l’argent était  relié à une certaine «réalité».

Après avoir élu 26 députés au fédéral, le Crédit Social du Canada avait grugé une partie importante de l’électorat. On émit donc cette pièce de «monnaie», «Refusée au porteur», nommée «une douleur».  Et on la répandit partout. Ça se passait dans les années 60 ou début70.  Vous pouvez lire sur la «piasse» : Ottawa 19,998. Ce qui reportait très loin une théorie… Aux calendes grecques, si on veut… Vers demain est devenu «vers l’impossible».

Distribution de la richesse

À l’origine, le crédit social était une théorie économique développée par l’ingénieur écossais Clifford Hugh Douglas. Le nom « crédit social » dérive de son désir de faire que le but du système monétaire (crédit) soit l’amélioration de la société (social).

Il a depuis été soutenu par nombre d’économistes dont le seul prix Nobel Français d’économie Maurice Allais qui dénonce une économie basée non pas sur l’argent réel, mais l’argent dette (on crée de la monnaie avec du crédit – dette, amené à disparaître au fur et à mesure de son remboursement). Le crédit social est aussi appelé dividende universel, dividende social ou, de façon sans doute plus adaptée, dividende monétaire. Philosophie créditiste

La richesse devait être distribuée… Elle le fut. On sait maintenant que les riches se la distribuent entre eux.

L’hyper crédit social : l’économie sur un fil de fer

Aujourd’hui, on est plus malins… Et plus hypocrites. Et ce savant  de la science de l’économie est plus qu’habile : les contorsions et les ballets pour maintenir en vie une économie  réussit à nous éblouir en marchant sur un fil invisible de New York à Shanghai… Une toile d’araignée, une toile de dettes…

Le show est beau… En autant que les pirouettes ne finissent pas par un accident… Et que la tente n’écrase  pas les spectateurs…

***

Réal Caouette était pointé comme une sorte de Jacques Clouseau, inspecteur des séries de la Panthère Rose, un balourd,  dans le monde de la «grande finance». Les  gens qui votaient à l’époque avaient passé par la crise des années 30, la guerre, et ils n’étaient pas instruits : on les avait formés à l’école de la terre et de la roche par une Église-usine  occupée à «produire» des  âmes. La misère faisait partie du péché «originel». On les vaccinait  à l’eau bénite pour qu’elles  n’aillent  pas en enfer.  C’était l’époque où Vincent Lacroix était un personnage d’un livre de Science Fiction…

Et que comprenaient ces gens au mot «économie»? Bas de laine…C’était tout de même un peu plus chaleureux que bas de gamme. Ils savaient ce qu’était un «riche». Ils rêvaient, non pas de richesse, simplement d’une vie décente.

L’élito-créditisme : détournement de fonds

Nous vivons dans un régime “créditiste”. Évidemment, on n’a pas tout pris du “crédit social”. On a pris le crédit, mais on a négligé le social, de sorte que le “dividende” n’a pas été distribué à la population pour soutenir le pouvoir d’achat et faire tourner l’économie; le “dividende” – la plus-value, année après année du progrès technologique – est resté sagement dans le giron des nantis et s’est soldé par une hausse météorique de la valeur des actions en bourse.  (…)  !«Vers Demain»

On a ri longtemps de M. Couette… Imprimer de l’argent ! Ridicule !  On ne peut pas être plus ridicule qu’aujourd’hui. On ne l’imprime même pas,  on l’égare dans le virtuel.

Le crédit social planétaire

Climat : 50 ans d’efforts contre la pauvreté, titrait Cyberpresse.

«Le véritable coût du changement climatique ne se mesurera pas en dollars, mais en millions ou milliards de vies», estime l’organisation qui appelle les pays industrialisés à s’engager immédiatement sur une réduction d’au moins 40% de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020.» Cyberpresse

Climat? Et si on essayait de faire de prévisions sur les «détournements à venir»? Le Tiers-Monde a été davantage – et l’est toujours – une  source de pillage auquel s’adonnent les investisseurs internationaux. Il  y a plus de pilleurs que de missionnaires. De sorte que ces pays pauvres ont été, depuis 50 ans, une source de revenus «répartis» parmi les plus rusés et les plus hypocrites. Il y a qu’il y a deux fois plus d’habitants qui souffrent de la faim depuis un an. Deux milliards… L’intérêt pour le Tiers-Monde est le premier mot de la phrase : intérêt.

La mondialisation est pire  que le pillage géographique des puissants empires  d’antan: en abattant les frontières, les richesses sont devenues privées. Mais la dette…publique.

Le coffre-fort des pays industrialisés étant éventré, le mot pays est lui aussi devenu virtuel.

Le Prince et le pauvre

Ce qui me rappelle un vieux livre :   The Prince and the Pauper, Mark Twain :

Au temps des Tudor, à Londres, le Prince Edouard VI propose à un mendiant, Tom, d’échanger leurs vies. Chacun prend les vêtements de l’autre et en se voyant dans les habits de l’autre, ils sont surpris de constater que leur ressemblance physique est saisissante … Tellement saisissante que quand le roi vient à mourir, laissant le Prince hériter du trône, personne ne les croit …

Un coup de chance. Comme dans le film  Slumdog Millionnaire …

Les pauvres du monde ne sont que des nègres de maîtres  invisibles qui multiplient  les compagnies à numéro.  Et leurs profits vont dans des banques à numéros.

Les princes n’ont pas de pays… Ils se contrefichent  carrément des pays et de leurs occupants.  Les princes sont des  scanneurs  de richesse à grande échelle. Des  Robin des «moi». Robin Hood à l’envers : prend aux pauvres et donne aux riches.

On n’en a rien à cirer que Pablo vende sa terre pour une somme mirobolante pour lui qui ne connaît pas la valeur des devises. Après, il n’a plus de terre… Il est simplement devenu plus pauvre… Nous voilà rendus à l’ère de «l’humanisme» virtuel…

Comme disait M. Prix Nobel de l’économie : «Il n’y a pas de différence entre le crime organisé et l’argent organisé».   Le crime organisé a compris qu’il faut user de l’argent du crime  et le transformer en valeur réelle. C’est «monnaie courante»…. Quand Pablo perd son lopin de terre, il ne lui reste rien de réel… Il a transféré son seul avoir à «l’argent organisé».  C’est ça la magie des «pouvoirés…

La douleur ne sera jamais virtuelle… La douleur des Africains et des millions d’habitants terriens partout dans le monde  ne sera jamais virtuelle…

La grande question

C’est assez ignoble comme constat : depuis la «crise économique», après que les banques eurent sapé et vidé les goussets des petits épargnants, ne vivions-nous pas sur la «piasse à Caouette» ? À l’échelle mondiale?

La guerre des «mondes»

Cette «douleur» à la Caouette ne valait rien… Pourtant, une fois utilisée dans son «idéologie» contrefaite, elle fait la fortune d’une élite crasse.

Alors, c’est la guerre des «mondes». Celle où les entreprises internationales mettent  main basse sur les terres agricoles. La pauvreté réelle, obligée de vendre par famine et le riche achetant par des moyens vicieux des terres où les enfants n’ont même pas de soulier pour marcher nous mène encore plus loin qu’en 19,998.

Il ne faut pas se leurrer. À chaque fois que nous vendons notre avoir «réel» pour un profit «excitant» à des Vincent Lacroix, ou autre placier de cinéma, nous lui donnons le pouvoir de flouer 9,200 autres petits épargnants. Et peut-être qu’avec les intérêts, il en arrive à 19,998.

La chose la plus dégoûtante de ce «rappel historique» est que le petit joufflu au teint ciré de Lacroix n’est rien : une puce sur la planète.

Les vrais escrocs, les plus dangereux, ont une «licence d’État»…

Les vrais floués, ce sont les pays…

De sorte qu’il ne faut pas s’étonner que le PIB fasse du bungee dans le grand resto qu’est la Terre, ne laissant au citoyen qu’un pourboire pour ses sueurs.

On aura beau se faire suer dans le jogging de la vie, nous n’aurons jamais assez d’eau pour faire le château de sable de ces gamins lunatiques.

On comprend pourquoi ils aiment la  queue-de-pie.

Mais c’est bien plus expressif  en anglais : Black-Tie.

Une grosse cravate noire qui traîne sur l’arrière-train.

Satan en avait une comme ça…

Gaëtan Pelletier

¿Quién es dueño del mar?

 

Debe tener un aspecto como el hombre que mira el mar, pero estamos en una época en la que nos gusta el acabado. Se acabó … El hombre es un mecánico de « mejorar ». Es una tontería, pero es como una especie de imperialismo en la ciencia y ciega. Graduados. Declarado « expertos ».

La mayoría de los expertos son personas con los ojos en forma de una forma de ser. Un especialista es un pasillo … Y sigue los pasillos. Y los principales corredores de bienvenida.

La pluralidad de ciega que es entredonnent medallas y elogios auto. Debemos dar medallas a los soldadores y empacadores en los supermercados. El resto o « método » es la nobleza que se reproduce.

No es un economista dijo que la disminución es posible y beneficioso. Usted se convierte en un payaso de la calle sin reír un pequeño príncipe en su planeta.

Alguien ha dicho que la fe mueve montañas. Creo que muchos no entienden. La fe es un pasillo. Corredores atrofiados, ellos, desmayos, cuatro paredes estrechas, ya que son capaces de definir ciertos « territorios », un conjunto de leyes, ampliar la lista de reglas a seguir, y así sucesivamente. Pero, sobre todo, para entender. Para entender su propio territorio delimitadas para presumir « entendimiento ».

Debe tener un aspecto como el hombre que mira el mar Una gota hace que la grandeza de la humanidad. Y tienen suficiente humildad para imaginar que es distinto de una masa de carne nada.

Este es el síndrome de Hunter: puede tomar la fuerza de la naturaleza, pero él inventó un arma que supera la fuerza de forma transversal. ¿Alguien ha visto a un luchador para luchar con un oso?

Su rifle hace orgulloso.

***

Así que el científico entiende la estructura de la gota sin ver más. Encierra y la corteza en su « visión ». Esta es una doctorisé caballo …

Qué wallstreeter es él diferente de un lobo en la cabecera de un paquete? Controla los alimentos, llevó a la « baja », encabezado por la « fuerza ». Es un animal corbata mantenido en rango animal.

Ser diferente es estar fuera de la ley …

Cuando hay más preguntas, no puede haber ninguna novedad.

Nos regimos por las estatuas que quieren convertirse en futuros estatuas.

Dicen que el dinero no huele … Pero todos los cuerpos son actualmente la putrefacción en el planeta están en decadencia a la composición de un poder y de una nobleza que decidió el valor de los derechos humanos, o « sin valor ». Los avalorisés. Pure tragó saliva, secreción, los labios pegados a las botas de los soldados de la globalización.

Esto termina el tiempo.

Los brazos de control de cazadores. Los políticos controlan los sistemas.

Y es una guerra de los ciudadanos contra sus gobernantes.

La llegada de las revoluciones de la revolución de la primavera y, finalmente, el fin de todos los gustos y el reconocimiento de un ser vivo, que lleva un dios durmiente que despierta un día para destruir el control de los animales y decide que el mar ellos.

Gaë tan Pelletier

28 de Diciembre 2012

Proust et du côté de la marmotte

Marmotte bisous

Ce matin je suis allé à la pêche.

On va à la pêche comme on va comme on est. Car, en fait, ce n’était pas tant la truite qui m’attirait, mais plutôt toutes les minimes aventures autours de cette grande partie de pêche qu’est la vie.

C’est un peu toqué que d’aller à la pêche pour autre chose que les prises. Justement, c’est pour se défaire des prises de la vie.

Et c’est comme ça, que par matin chaud, je m’en suis allé avec un chapeau d’allure australienne acheté chez Korvette. Un beau chapeau avec un lacet pour ne pas qu’il parte au vent. Aux rebords gondolés comme s’il s’était déjà préparé pour les tempêtes.

À la pêche comme Proust est allé à la recherche du temps perdu… Le temps perdu des ambitions. Le temps frêle qui ronge les os et les montres. Le temps des riens… Le temps qui n’a pas de sens réel. Le temps où l’on est engouffré dans la cause des grandes causes.

On va de temps en temps à la pêche pour retrouver le noyé que l’on a été.

On s’est dépêché longtemps, on se repêche toujours…

On ne se rappelle jamais que l’on a oublié…

Sur la petite route gravelée, toute sèche, avec ses nuages de poussière brunâtres, j’allais, suivi d’un petit camion «aux gens pressés» qui me suivait. Et là, sur la route est apparu un trio de marmottes : la maman et ses deux petits, à la queue-leu-leu.

Je ne voulais pas les écraser. Ils essayaient, dans leur aventure vers la vie, de traverser la route. Et le chemin était périlleux…

J’ai eu le temps de freiner. La maman en a pris un par une gueulée et l’a ramené dans le boisé. L’autre, perdu, est resté au centre de la route. Le camion derrière moi se demandait à quelle manœuvre je me livrais.

Je respectais tout simplement la beauté de la vie.

Je me suis rangé sur la gauche et le camion est passé au dessus du bébé marmotte.

Je me suis arrêté et je suis sorti de l’auto.

Le bébé était là, perdu. Je suis allé vers lui et je lui ai parlé. Le bébé a couru vers moi comme s’il cherchait du secours.

Et puis la maman est réapparue pour revenir chercher son rejeton. Elle m’a regardé drôlement.

Elle est restée collée à son marmot puis l’a ramené vers la forêt, en toute sécurité.

Je suis revenu de la pêche avec 5 truites.

Mais le plus beau est que j’ai vu que traverser une route ou traverser la vie se ressemblent tant : il y a toujours derrière soi des gens qui ne voient rien, des gens qui risquent de vous écraser.

Gaëtan Pelletier, 2010