Archives quotidiennes : 12-juin-2013

La nouvelle ère numérique : l’âge de la surveillance généralisée ? (New York Times)

Julian ASSANGE

FRAMABLOG – Deux membres influents de Google (et donc d’Internet), Eric Schmidt et Jared Cohen, ont récemment publié le livre The New Digital Age(La Nouvelle ère numérique).

Nous vous en proposons ci-dessous la critique cinglante de Julian Assange qui n’hésite pas à affirmer que « l’avancée des technologies de l’information incarnée par Google porte en elle la mort de la vie privée de la plupart des gens et conduit le monde à l’autoritarisme ».

Lorsque Google s’associe ainsi avec le gouvernement américain, son fameux slogan a du plomb dans l’aile et la menace plane…

La banalité du slogan de Google « Ne soyez pas malveillant »

« La Nouvelle ère numérique » présente un programme étonnamment clair et provocateur de l’impérialisme technocratique, signé de deux de ses principaux apprentis-sorciers, Eric Schmidt et Jared Cohen, qui élaborent les nouveaux éléments de langage destinés à asseoir la puissance états-unienne sur le monde pour le 21esiècle. Ce langage reflète l’union sans cesse plus étroite entre le Département d’État et la Silicon Valley, incarnée par M. Schmidt, le président exécutif de Google, et par M. Cohen, un ancien conseiller de Condoleezza Rice et de Hillary Clinton, qui est maintenant directeur de Googles Ideas. Les auteurs se sont rencontrés dans le Bagdad occupé de 2009, où ils ont décidé d’écrire ce livre. En flânant parmi les ruines, ils furent excités à l’idée que les technologies de consommation de masse étaient en train de transformer une société laminée par l’occupation militaire des États-Unis. Ils ont décidé que l’industrie des technologies pourrait être un puissant agent de la politique étrangère américaine.

Le livre fait l’apologie du rôle des technologies dans la refonte du monde des nations et des citoyens en un monde semblable à celui des superpuissances dominantes, de gré ou de force. La prose est laconique, l’argumentaire sans détour, la philosophie d’une banalité affligeante. Mais ce n’est pas un livre destiné à être lu. C’est une déclaration majeure destinée à nouer des alliances.

« La Nouvelle ère numérique » est, au-delà de toute autre considération, une tentative par Google de se positionner comme incarnant une vision géopolitique de l’Amérique — la seule et unique entreprise capable de répondre à la question « Où doit aller l’Amérique ? ». Il n’est pas surprenant qu’une sélection imposante des plus farouches bellicistes ait été amenée à donner sa bénédiction à la puissance séduisante du « soft power » occidental. Il faut, dans les remerciements, donner une place de choix à Henry Kissinger, qui, avec Tony Blair et l’ancien directeur de la CIA Michael Hayden, a fait à l’avance les éloges du livre.

Dans celui-ci, les auteurs enfilent avec aisance la cape du chevalier blanc. Un saupoudrage libéral de précieux auxiliaires de couleur politiquement corrects est mis en avant : des pêcheuses congolaises, des graphistes au Botswana, des activistes anti-corruption à San Salvador et des éleveurs de bétail masaïs analphabètes du Serengeti sont tous convoqués pour démontrer docilement les propriétés progressistes des téléphones Google connectés à la chaîne d’approvisionnement informationnelle de l’empire occidental.

Les auteurs présentent une vision savamment simplifiée du monde de demain : les gadgets des décennies à venir ressembleraient beaucoup à ceux dont nous disposons aujourd’hui : simplement, ils seraient plus cool. Le « progrès » est soutenu par l’extension inexorable de la technologie de consommation américaine à la surface du globe. Déjà, chaque jour, un million d’appareils mobiles supplémentaires gérés par Google sont activés.

Google, et donc le gouvernement des États-Unis d’Amérique, s’interposera entre les communications de chaque être humain ne résidant pas en Chine (méchante Chine). À mesure que les produits deviennent plus séduisants, de jeunes professionnels urbains dorment, travaillent et font leurs courses avec plus de simplicité et de confort ; la démocratie est insidieusement subvertie par les technologies de surveillance, et le contrôle est revendu de manière enthousiaste sous le terme de « participation » ; ainsi l’actuel ordre mondial qui s’appuie sur la domination, l’intimidation et l’oppression systématiques perdure discrètement, inchangé ou à peine perturbé.

Les auteurs sont amers devant le triomphe égyptien de 2011. Ils jettent sur la jeunesse égyptienne un regard dédaigneux et clament que « le mélange entre activisme et arrogance chez les jeunes est universel ». Des populations disposant de moyens numériques impliquent des révolutions « plus faciles à lancer » mais « plus difficiles à achever ». À cause de l’absence de leaders forts, cela aboutira, ainsi l’explique M. Kissinger aux auteurs, à des gouvernements de coalition qui laisseront la place à l’autocratie. Selon les auteurs « il n’y aura plus de printemps » (mais la Chine serait dos au mur).

Les auteurs fantasment sur l’avenir de groupes révolutionnaires « bien équipés ». Une nouvelle « race de consultants » va « utiliser les données pour construire et peaufiner une personnalité politique. »

« Ses » discours et ses écrits seront nourris (ce futur est-il si différent du présent ?) « par des suites logicielles élaborées d’extraction d’informations et d’analyse de tendances » alors « qu’utiliser les fonctions de son cerveau », et autres « diagnostics sophistiqués » seront utilisés pour « évaluer les points faibles de son répertoire politique ».

Le livre reflète les tabous et obsessions institutionnels du Département d’État (NdT : l’équivalent du Ministère des Affaires étrangères). Il évite la critique sérieuse d’Israël et de l’Arabie Saoudite. Il fait comme si, de manière extraordinaire, le mouvement de reconquête de souveraineté en Amérique Latine, qui a libéré tant de pays des ploutocraties et dictatures soutenues par les États-Unis ces 30 dernières années, n’avait jamais existé. En mentionnant plutôt les « dirigeants vieillissants » de la région, le livre ne distingue pas l’Amérique Latine au-delà de Cuba. Et bien sûr, le livre s’inquiète de manière théâtrale des croque-mitaines favoris de Washington : la Corée du Nord et l’Iran.

Google, qui a commencé comme une expression de la culture indépendante de jeunes diplômés californiens — une culture du respect, humaine et ludique — en rencontrant le grand méchant monde, s’est embarqué avec les éléments de pouvoir traditionnels de Washington, du Département d’État à la NSA.

Bien que ne représentant qu’une fraction infinitésimale des morts violentes à l’échelle mondiale, le terrorisme est un des sujets favoris des cercles politiques des États-Unis. C’est un fétichisme qui doit aussi être satisfait, et donc « Le Futur du Terrorisme » a droit à un chapitre entier. Le futur du terrorisme, apprenons-nous, est le cyberterrorisme. S’ensuit une série de scénarios complaisants et alarmistes, incluant un scénario haletant de film catastrophe dans lequel des cyber-terroristes s’emparent des systèmes de contrôle aérien américains et envoient des avions percuter des bâtiments, coupent les réseaux électriques et lancent des armes nucléaires. Les auteurs mettent ensuite les activistes qui participent aux manifs virtuelles dans le même panier.

J’ai une opinion très différente à ce sujet. L’avancée des technologies de l’information incarnée par Google porte en elle la mort de la vie privée de la plupart des gens et conduit le monde à l’autoritarisme. C’est la thèse principale de mon livre, Cypherpunks (traduit en français sous le titre Menace sur nos libertés. Mais, tandis que MM. Schmidt et Cohen nous disent que la mort de la vie privée aidera les gouvernements des « autocraties répressives » à « cibler leurs citoyens », ils affirment aussi que les gouvernements des démocraties « ouvertes » la verront comme une bénédiction permettant de « mieux répondre aux problèmes des citoyens et des consommateurs ». En réalité, l’érosion de la vie privée en Occident et la centralisation du pouvoir qui lui est associée rendent les abus inévitables, rapprochant les « bonnes » sociétés des « mauvaises ».

La section du livre relative aux « autocraties répressives » décrit nombre de mesures de surveillance répressives qu’elle condamne : les lois dédiées à l’insertion de « portes dérobées » dans des logiciels afin de rendre possibles l’espionnage de citoyens, la surveillance de réseaux sociaux et la collecte d’informations relatives à des populations entières. Toutes ces pratiques sont d’ores et déjà largement répandues aux États-Unis. En fait, certaines de ces mesures, comme celle qui requiert que chaque profil de réseau social soit lié à un nom réel, ont été défendues en premier lieu par Google lui-même.

Tout est sous nos yeux, mais les auteurs ne peuvent le voir. Ils empruntent à William Dobson l’idée selon laquelle les médias, dans une autocratie, « permettent l’existence d’une presse d’opposition aussi longtemps que les opposants au régime comprennent quelles sont les limites implicites à ne pas franchir ». Mais ces tendances commencent à émerger aux États-Unis. Personne ne doute des effets terrifiants des enquêtes menées sur The Associated Press et James Rosen de Fox News. Reste que le rôle de Google dans la comparution de Rosen a été peu analysé. J’ai personnellement fait l’expérience de ces dérives.

Le ministère de la Justice a reconnu en mars dernier qu’il en était à sa 3ème année d’enquête criminelle sur Wikileaks. Le témoignage du tribunal fait remarquer que ses cibles incluent « les fondateurs, propriétaires ou gestionnaires de WikiLeaks ». Une source présumée, Bradley Manning, fait face à un procès de 12 semaines à partir de demain, avec 24 témoins à charge qui témoigneront à huis clos.

Ce livre est une œuvre de très mauvais augure dans laquelle aucun auteur ne dispose du langage pour appréhender, encore moins pour exprimer, le gigantesque mal centralisateur qu’ils sont en train de construire. « Ce que Lockheed Martin était au 20e siècle, les sociétés technologiques et de cybersécurité le seront au 21e siècle », nous disent-ils. Sans même comprendre comment, ils ont mis à jour et, sans accroc, mis en œuvre la prophétie de George Orwell. Si vous voulez une vision du futur, imaginez des lunettes Google, soutenues par Washington, attachées — à jamais — sur des visages humains disponibles. Les fanatiques du culte de la technologie de consommation de masse y trouveront peu de matière à inspiration, non qu’ils en aient besoin visiblement, mais c’est une lecture essentielle pour quiconque se retrouve pris dans la lutte pour le futur, ayant en tête un impératif simple : connaissez vos ennemis.

Julian Assange

Original The Banality of ‘Don’t Be Evil’ :http://www.nytimes.com/2013/06/02/opinion/sunday/the-banality-of-googl…

Julian Assange – 1er juin 2013 – New York Times
(Traduction : Goofy, agui, P3ter, godu, yanc0, Guillaume, calou, Asta, misc, Gatitac, Martinien + anonymes) Framablog http://www.framablog.org/index.php/post/2013/06/04/assange-google-evil

La boîte de pandore de la théorie du genre : La mutation sociologique de l’humanité

chems_eddine_chitour-2

 

Chems Eddine Chitour

«Afin de gouverner et de contrôler une population autrement que par la violence, il faut obtenir son consentement au moyen des appareils idéologiques de l’État: le système éducatif, le divertissement, la religion, le système politique… » Louis Althusser

Depuis une vingtaine d’années, la sociologie a exploré un domaine longtemps resté mystérieux, voire tabou, celui de la détermination sociologique d’un individu et par conséquent ses choix sont-ils dictés par la nature ou sont-ils le résultat d’un construit social. « La théorie queer ou théorie du genre est une théorie sociologique née aux Etats-Unis au début des années 1990. Cette théorie qui critique principalement l’idée que le genre et l’orientation sexuelle seraient déterminés génétiquement en arguant que la sexualité mais aussi le genre social (masculin ou féminin) d’un individu n’est pas déterminé exclusivement par son sexe biologique mais également par tout un environnement socio-culturel et une histoire de vie. Cette théorie différencie donc sexe et genre (masculin/féminin), par rapport à une société qui tendrait à considérer comme anormaux les individus qui ne se situent pas dans la normalité d’une hétérosexualité perçue comme naturelle et innée, avec un genre découlant du seul sexe acquis à la naissance. S’appuyant sur l’idée de la féministe Simone de Beauvoir qu’on «ne naît pas femme, on le devient», Judith Butler a été la première théoricienne queer à aborder cette séparation de sexe et de genre. Laveut avant repenser les identités en dehors des cadres normatifs d’une société envisageant la sexuation comme constitutive d’un clivage binaire entre les humains. Elle considère le genre comme un construit et non comme un fait naturel, et s’intéresse à la manière dont une identité de genre peut être le résultat d’une construction sociale.(1).

D’où nous venons?

Avant d’aborder dans le fond les conséquences de cette mutation sociologique de l’humanité. La science nous dit que notre plus ancien ancêtre vivait bien il y a 7 millions d’années. Comme le laissaient supposer les datations relatives, l’utilisation de la méthode de datation absolue à l’aide d’isotopes confirme qu’un des ancêtres probable de l’humanité trouvé au Tchad en 2001, Toumaï, vivait bien il y a environ 7 millions d’années. Toumaï était-il bien un hominidé ou s’agissait-il d’un singe, comme le laissait par exemple penser le volume de sa boîte crânienne? L’évolution de l’homme est assez souvent comparée visuellement à un buisson: plus on s’éloigne dans le temps, plus le nombre d’individus diminue Homo sapiens, une espèce ´´chanceusé´ C’est donc une ´´chancé´ que l’une de ces branches se soit développée vers l’Homo sapiens! Sans ce hasard, la Terre ne pourrait être peuplée que de chimpanzés.»(2)

Pourquoi l’homme a-t-il pris une avance décisive sur ses cousins singes?

Pour la science ´´ humains ont connu une évolution de leurs aptitudes cognitives non pas suite à quelques mutations accidentelles mais par l’opération d’une très grande quantité de mutations dans des conditions de sélection exceptionnellement intenses favorisant des aptitudes cognitives plus complexes,´´ a déclaré Bruce Lahn, professeur à l’Université de Chicago ´´Nous avons tendance à considérer notre espèce comme différente, se situant au sommet de la chaîne alimentaire; il y a quelque fondement à cela,´´ ajoute-t-il. L’évolution humaine, parce qu’elle a nécessité un grand nombre de mutations affectant un grand nombre de gènes, serait le fruit d’un processus unique. ´´Accomplir autant en un laps de temps évolutionnaire si court, quelques dizaines de millions d’années, requiert un processus sélectif qui serait très différent du point de vue des processus habituels d’acquisition de traits biologiques,´´ La tendance évolutionnaire se serait transformée en bond soudain à l’occasion de l’évolution humaine».(3)

 

Pourquoi? Qui a fait que l’espèce humaine a pour ainsi dire été choyée.La science ne répond pas, elle constate. Certains penseurs pas interdit de penser à un «accordeur transcendant».
La théorie du Genre progresse

Ce détour par les origines va nous permettre d’aller rapidement à l’aventure humaine civilisationnelle pour arriver à ce début en ce début de XXIe siècle où les repères sociologiques qui ont mis des millénaires à sédimenter sont remis en cause. La dérive du construit par rapport à l’inné- ce que Dame nature nous a légué amène à des dérives qui ouvrent la porte sur un chamboulement fondamental des sociétés occidentales, et avec un retard sur les autres sociétés encore « naïves » au sens du développement synonyme de débâcle de la cellule familiale traditionnelle en Occident Ainsi, on apprend à titre d’exemple qu’en Suède, « plusieurs crèches mettent en pratique la théorie du genre, un couple élève son enfant sans révéler son sexe. Fille ou garçon? On ne sait toujours pas. En 2009, un couple de Suédois déclenchait une polémique en indiquant qu’il ne voulait pas révéler le sexe de son enfant de 2 ans. «Nous voulons que Pop grandisse librement, et non dans un moule d’un genre spécifique, ont raconté ses parents au quotidien Svenska Dagbladet.»(4)

La théorie des genres est devenue bien plus séduisante, et donc problématique, lorsqu’elle s’est attachée à prôner une totale déconstruction du lien sexe/genre, mais également des catégories ´´genrées´´. Il s’agit de faire une place égalitaire aux situations qui ne trouvaient pas leur place dans les catégories historiques. (…) Dans la récente résolution du Parlement européen du 12 décembre 2012 sur la situation des droits fondamentaux dans l’Union européenne, les Eurodéputés se sont employés à une légère redéfinition de cet article 2. Ils considèrent que ce dernier ´´fonde l’Union sur une communauté de valeurs indivisibles et universelles de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité de genre, de non-discrimination, de solidarité,. Le terme genre est cité 22 fois´´.» (5)

Ce changement vers une nouvelle «civilisation» ne va pas s’arrêter là! Pour Jacques Attali, c’est une évolution normale et irréversible: «Plutôt que de nous opposer à une évolution banale et naturelle du mariage, il est urgent de nous préoccuper de permettre à l’humanité de définir et de protéger le sanctuaire de son identité. Comme toujours, quand s’annonce une réforme majeure, il faut comprendre dans quelle évolution de long terme elle s’inscrit. Et la légalisation, en France après d’autres pays, du mariage [pour tous, ndr] s’inscrit comme une anecdote sans importance, dans une évolution commencée depuis très longtemps,: après avoir connu d’innombrables formes d’organisations sociales, dont la famille nucléaire n’est qu’un des avatars les plus récents, et tout aussi provisoire, nous allons lentement vers une humanité unisexe, où les hommes et les femmes seront égaux sur tous les plans, y compris celui de la procréation, qui ne sera plus le privilège, ou le fardeau, des femmes»(6)

Jacques Attali énumère quelques arguments: «La demande d’égalité. D’abord entre les hommes et les femmes. Puis entre les hétérosexuels et les homosexuels. Chacun veut, et c’est naturel, avoir les mêmes droits: travailler, voter, se marier, avoir des enfants. Et rien ne résistera, à juste titre, à cette tendance multiséculaire. Mais cette égalité ne conduit pas nécessairement à l’uniformité. La demande de liberté. Elle a conduit à l’émergence des droits de l’homme et de la démocratie. Elle pousse à refuser toute contrainte; elle implique, au-delà du droit au mariage, les mêmes droits au divorce». (6)

Pour Jacques Attali, la sexualité se séparera de plus en plus de la procréation: «Plus généralement, l’apologie de la liberté individuelle conduira inévitablement à celle de la précarité; La demande d’immortalité, qui pousse à accepter toutes mutations sociales ou scientifiques permettant de lutter contre la mort, ou au moins de la retarder. Les progrès techniques découlent en effet de ces valeurs et s’orientent dans le sens qu’elles exigent: cela a commencé par la pilule, puis la procréation médicalement assistée, puis la gestation pour autrui. Le vrai danger viendra si l’on n’y prend garde, du clonage et de la matrice artificielle, qui permettra de concevoir et de faire naitre des enfants hors de toute matrice maternelle. Et il sera très difficile de l’empêcher, puisque cela sera toujours au service de l’égalité, de la liberté, ou de l’immortalité. De plus un problème majeur qui freine l’évolution de l’humanité est que l’accumulation de connaissances et des capacités cognitives est limitée par la taille du cerveau, elle-même limitée par le mode de naissance: si l’enfant naissait d’une matrice artificielle, la taille de son cerveau n’aurait plus de limite. Après le passage à la station verticale, qui a permis à l’humanité de surgir, ce serait une autre évolution radicale, à laquelle tout ce qui se passe aujourd’hui nous prépare. Telle est l’humanité que nous préparons, indépendamment de notre sexualité, par l’addition implicite de nos désirs individuels.»(6)
Allons-nous vers le Meilleur des Mondes de Aldous Huxley?

Dans cette anomie prévisible, où on ne sait plus qui est qui, un autre dilemme dans le même ordre est le fait que l’homme peut être réparé, il peut recevoir comme une voiture des pièces détachées d’une autre personne indifférenciée voire même d’un animal pour certaines maladies. Le trans-humanisme sonne le glas de l’Unité des peuples dans la diversité et le triomphe des modèles formatés, standardisés, étiquetés. Deviendrons-nous des pièces montées interchangeables que l’on ramène quand ça ne fonctionne pas? Quand des êtres mi-robots, mi-humains se placent comme modèle parfait de la mutation naturelle de l’homme et du robot, il ne s’agit pas là d’évolution mais de l’extinction de la race humaine, de sa richesse due à sa diversité, de la perte des identités culturelles et de l’ensemble de ses manifestations intellectuelles et artistiques. Notre société ressemblera de plus en plus au Meilleur des Mondes: les hommes y appartiennent à une nouvelle race, produite en bocal, et améliorée. Mais il ne faut pas oublier que, dans Le Meilleur des Mondes, seuls les alpha et les bêtas sont ´´améliorés´´: les autres sont des sous-hommes destinés aux tâches physiques qui, même dans une société ultra-technologique, restent indispensables. Mais la marche de l’Histoire ne s’arrête pas là. A chacune de ses étapes correspond un modèle familial, une urbanisation, une forme de propriété et une forme de pouvoir.

Après le clan matriarcal, puis le clan patriarcal, et la famille nucléaire conjugale, place à la famille monoparentale et à la disparition totale de toute forme de famille. Bientôt la procréation industrielle par génie génétique, et l’euthanasie des inactifs trop coûteux à la collectivité (chômeurs, handicapés, retraités…)? (7)

Dans «L’avenir de la vie» (1981) Jacques Attali écrivait déjà: «Dès qu’il dépasse 60-65 ans l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. La vieillesse est actuellement un marché, mais il n’est pas solvable. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures.» Ne resteront que les Aryens! Ceci nous rappelle l’époque des SS-Kinder (´´enfants SS´´) du parti National-Socialiste allemand? Les SS allemands, sous le nom de Lebensborn, ´´fontaines de vié´, voulaient donner le jour à des enfants parfaits! Blonds, aux yeux bleus, ils étaient censés incarner la future élite du IIIe Reich. Une race supérieure’ destinée à régner sur le monde pendant mille ans… On sélectionnaient d’une manière raciale, les femmes qui allaient tomber enceinte d’un SS.» (8)

Pour le professeur Maffesoli Membre de l’Institut universitaire de France: «Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Tout cela a un côté hystérique. Un petit grain de folie qui traverse la France. Croyance qui est au fondement même du mythe du Progrès. Mais ce que l’on oublie par trop souvent, c’est que ce dernier n’est que la forme profane du messianisme d’origine sémite. (…) Ainsi, est-ce faire injure aux progressistes de tous poils que de leur rappeler qu’ils sont en pleine régression: retourner à l’état embryonnaire de l’indifférenciation sexuelle. Mais contre toute orthodoxie, il faut savoir penser le paradoxe. En la matière, le progressisme régressif repose, essentiellement, sur la prétention, quelque peu paranoïaque qui veut construire le monde tel que l’on aimerait qu’il soit, et non s’adapter, tant bien que mal, à ce qu’il est. Tout simplement, rien n’est donné, tout est construit. (…) La nature doit être gommée par la culture ». (9)

Le professeur Maffesoli regrette que : « Le «don» d’une richesse plurielle effacé au profit d’un égalitarisme sans horizon.(…) Ce qui est certain, c’est qu’en plus de l’ennui, ce qui va résulter du prurit du nivellement, de la dénégation du naturel est immanquablement ce que M.Heidegger nommait la «dévastation du monde». A quoi l’on peut ajouter la dévastation des esprits dont la folie actuelle est une cruelle illustration. C’est au nom d’un monde à venir, lointain et parfait, le «meilleur des mondes» en quelque sorte, que, en un même mouvement, l’on construit /détruit la féconde diversité de ce qui est. Tout cela reposant sur le vieux fantasme postulant la liaison du Progrès et du bonheur. Entre l’égalité pour tous et le nivellement, la différence est ténue, qui aboutit, de fait, à la négation de la vie, reposant elle, sur le choc des différences. (..) »(9)

« On ne peut faire fi de la tradition conclut le professeur Mafesolli, elle est gage de la continuité de la vie. Contre le fantasme «légalitaire» par essence mortifère, la concrétude de la vie se contente de rappeler que seul le paradoxe est créateur (…) Dans la foultitude des lois, cause et effet d’une civilisation décadente, celle qui est en cours d’examen, et les théories du genre lui servant de fondement, sont insensées, parce que, elles croient au sens de l’histoire».(9)

 

Conclusion

La théorie du genre est ce qu’on l’on pourrait appeller une boîte de Pandore et elle n’a donc pas fini d’être ouverte. On peut dire que les sociétés occidentales inversent les valeurs, détruisent les fondamentaux de la civilisation humaine patiemment établie depuis plusieurs millénaires que sont le couple, la famille. Les sociétés sont donc attaquées par ce qu’un internaute a appelé justement le «libertarisme» qui est l’autre arme «libérale» de la mondialisation. Libérer les marchés, les capitaux, les travailleurs, et puis maintenant libérer les religions et la sexualité. Toujours dans la logique tu es ton seul maître, ton seul Dieu et tu as le droit de faire ce que tu veux.

Que répondent les différentes spiritualités? Pour Jacques Attali, il faut déconstruire à tour de bras pour reconstruire. De fait, écrit-il: «Le mot ´´mariagé´, introduit en français au XIIe siècle, utilisé d’abord par l’Eglise catholique, a été ensuite repris par les autorités laïques. A des degrés divers, les religions sont tétanisées, En France, l’Eglise suit sans suivre, quant au judaïsme et l’islam français, il semble qu’ils soient dans l’expectative Wait and see. C’est le plus grand des défis auxquels sont confrontées les religions qui risquent de disparaître avec la théorie du genre, maintenant qu’il est interdit d’interdire et que pour Nietzsche le « surhomme » ou la « surfemme » doit s’élever du fait de la mort de Dieu jusqu’à ce que les étoiles soient au-dessous de lui.

Professeur Chems eddine Chitour

Ecole polytechnique enp-edu.dz
(1) La théorie queer Encyclopédie Wikipédia
(2) Laurent Sacco, futura-sciences.com
(3http://www.futura-sciences.com/fr/news/ t/vie-1/d/lhumanite-une-evolution-aux-caracteres-bien-specifiques_5340/
(4http://fr.news.yahoo.com/pop-6-ans-lenfant-su%C3%A9dois-sexe-185200284.html 170213
(5http://www.observatoiredeleurope. com/ UE-Conseil-de-l-Europe-comment-la-theorie-du-gender-a-fait-son-entree-en-droit-francais_a1890.html
(6) J. Attali http://www.slate.fr/story/67709 /humanite-unisexe-biologie-immortalite
(7matricien.org
(8http://www.lexpress.fr/actualite/societe/ france-1944-la-fabrique-des-enfants-parfaits_763222.html
(9metamag.fr

mondialisation.ca

Conte rendu de la journée

potager

Ce matin, alors que la masse de nuages se préparait pour me faire suer, toute noire, bouffie comme si le ciel était enceint d’un orage, je me suis dit que j’irais travailler dans mon potager.

J’ai mis mes culottes de potageur, ma chemisette d’avant-hier, et mes bottes de caoutchouc et mon chapeau troué pour aérer mon cerveau. Des petits trous tout prêts, rondellés, et je suis sorti. La veille j’avais lu les premières pages du livre de Zola, La faute de l’abbé Mouret, et je m’étais outillé de tout le vocabulaire nécessaire afin de me défendre contre les intrus moustiques.

Je ne croyais pas que la guerre fût aussi terrible. Dès ma sortie, ils m’attendaient comme le club des Hell’s attend un traître à la sortie d’un bar. Cette année, j’ai planté de l’ail. Écoeuré par l’ail de Chine d’une qualité aussi douteuse que les rapports des amé(ricains) sur ce qui se passe en Syrie et dans le reste du monde. Le monde était gris, et avec la pluie-pluie des derniers temps, la mauvaise herbe pousse plus vite que la bonne. Comme dans nos sociétés.

En cinq minutes  ces sales et insidieuses bestioles voulaient me dévorer vivants, points par points, pixel par pixel. C’était comme mon acné à 16 ans, mais partout sur le corps. Je ne sais pas quel sorte de système de communication ils ont, mais ça dépasse les attentes du Pentagone et le négro spirituel qui parle avec son équivalent Chinois – lui disant qu’il faudrait que cesse l’intrusion des systèmes informatique par les Chinois. Bref, on ne s’espionne plus, on passe par le sans fil. Mais moi, je suis, de temps en temps jardinier de la terre. Mon grand projet, c’est d’avoir des poireaux, des fèves, des pommes de terre, de la rhubarbe, des carottes. Bref, de quoi nourrir une armée de fous qui se plantent des médailles dans la poitrine.

Ben! Ils ont juste à jardiner… J’avais l’air d’un gars qui avait fait toutes les guerres. Ou un héros de film Hollywoodien gaufré par des scénaristes qui mangent par le nez de la poudre blanche.

Jadis, on peignait les granges à la chaux. Maintenant, on la sniffe, on la dévore du nez, et les cinochiens d’Hollywood font pousser des films comme de la mauvaise herbe. À force de vouloir chef-d’œuvrer, ils massacrent un bel art qui nous a donné de films comme ceux de Chaplin, ou Les raisins de la colère de Steinbeck.

C’est simple:

T’as plus de terre, t’as rien.

T’as plus de job, t’as rien.

T’as des policiers, t’as rien.

Tas de politiciens, t’as…

RAISINS-300x225

Pause explicative

J’ai téléchargé le film par un site pirate. Après tout, je me suis dit que personne n’allait m’envoyer des avocats-diables pour un vieux film en blanc et noir des années 40… Mais il a fallu le trouver. Et pour un vieux comme moi, j’ai eu le goût de gerber-beurk : à chaque fois que je cliquais, on me demandait si je voulais gagner 300 Euros. J’essayais de dire non, mais ils m’ont envoyé des images de femmes nues. Je me suis fâché. J’étais dans une colère divine… Plus je cliquais, plus les femmes, les perverses, les virtuelles s’affichaient dans mon écran. Après 5 heures de combat, j’étais épuisé. J’ai jeté la serviette.

Comme des moustiques. Comme des moustiques. Ouach!

***

En fait, il n’y a pas de différence entre vivre simplement, ou vouloir vivre simplement en plantant son jardin, en le nettoyant, en vivant comme un citoyen dans un pays où les moustiques vivent dans des châteaux, se promènent en limousine et font de grands projets: ils vous saccages un jardin-Terre en quelques décennies et ils les poivrent en rouge, achetés et tachetés comme si l’acné avait frappée la vieille génération.

On ne peut plus rien dire, ni – surtout-, ne rien faire. Je me suis arrosé d’un poison au citron pour faire fuir les moustiques. Mais, comme le dit la sagesse: ne mettez pas sur votre peau ce que vous ne pouvez mettre  dans votre bouche. C’est le sortilège des vampire à pays. Ils vous culbutent en un rien de temps.

Tu n’as plus rien à dire de par le vote direct – pompeusement et insidieusement et tranchement nommé « démocratie »? Va sur le net. Vidange-toi. Crie-le! En se criant entre nous, les « serviteurs » de l’État inventeront les meilleurs bouche-oreilles.

Silence! Comme dans les grandes peines…

Chut! Et Chute…

Pour fuir la  mini peste volante, j’avais tellement arrosé mon chapeau, et ma peau était si cloquée que je me suis frotté avec de l’alcool à friction. C’est la recette pour désenfler un oeil.

« Ne mets pas sur ta peau, ce que tu ne mettrais pas dans ta bouche ».

Le monde, c’est ça…

Tu veux faire ton jardin? Tu cliques pour connaître l’Histoire? Arrive alors une armée sirupeuse de putains. Tu restes figé, alarmé, les yeux agrandis au point de cacher ta chevelure, la lèvre qui te tombe sur ta bedaine de MCDO. T’est gras comme un porc de porcelaine. Mais pas seulement du corps: t’es bouffi de l’esprit. Picoté, gonflé, comme un grand noyé dans la sphère de l’information et des échanges qui ressemblent parfois à un vomi dans une assiette à tarte.

« Mangez-en tous, car ceci est mon corps », a dit le Christ, un autre Allah d’un autre qui n’a rien compris.

On a beau bêcher, semer, semailler, retourner la terre, faire son curé, détresser le mal, aller à l’église de la gauche ou de la droite, politico-correct, se vidanger sur le net. Vomir sur Facebook – ce psy virtualo-amical -, lécher des bottines, des souliers cirés de parvenus.

Rien.

Les moustiques nous rendent malades. Et quand vous voulez faire une marche, vous soulevez, ce que vous avez devant vous, ce sont des enragés sculptés en policiers qui sont là pour mettre de l’ordre dans un chaos. Alors qu’ils sont à vous mordre, à vouloir vous gober comme des cannibales sociaux, vendus au salaire, aussi strangulés que « NOUS », mais soutanés de noir et d’acier trempé dans le dogme.

C’est comme le jardin: c’est quoi la mauvaise herbe? C’est qui? Ça vient de où?

L’État du 21 ième siècle, c’est du  déjardinage. Ils plantent de la machine à tuer. Des armes arrache-bras, arrache-pied. Entre le politicien et le corbeau, il n’y a plus de différence: s’ils ne savent pas « penser », seulement becqueter, ronger les cadavres que nous sommes.

Dommage!

Tu fais un jardin, tu veux t’informer, et tout ce que tu ramasse c’est une masse de putains vendus au néolibéralisme.

Veules du pouvoir…

Ils en ont.

Veulent pas changer, modifier la démocratie…

Ils en veulent.

De l’argent, du « Me, Myself and I ».

P.S.: Je viens sans doute de perdre mon temps. Il est presque 02h00 du matin. Faut croire que je suis un noyé de la naïveté ou un combattant débilité. Un 4X4 en fauteuil roulant. Une Toyota rouillée. Un sacre du printemps. Un timbré avec un bon poste. Un avalanche pas de neige. Pluié. Agenouillé.

C’est peut-être eux qu’on devrait élire.

Eux

Gaëtan Pelletier

12 juin 2013