Archives quotidiennes : 5-juin-2013

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Réfléchir, c’est sortir des rangs

La route vers soi : (17) La souche du chaos

Route vers soi

Tout le « mal du monde » a pour origine la chute, la scission, de par cette entrée dans la matière. La scission du cerveau et de l’âme. Ce cerveau, si utile dans la fabrication, les concepts matérialistes qui servent – ou serviraient à la bonne marche vers le bonheur de l’humanité. La conscience est un miroir qui se regarde et qui choisit sa vision des choses. Mais enfermée qu’elle est, dans ce matérialisme obligatoirement utile pour « ici-bas », on a enterré la partie, détaché la souche de l’arbre, et nous tremblotons comme des feuilles, effrayés.

Nous sommes séparés du véritable soi, enfermé dans des vibrations nécessairement matérialistes,  puisque l’humain doit se conformer aux règle de cette vie et régler ses problèmes et tous les problèmes rencontrés dans ce monde nouveau qu’il a créé de par son cerveau.

Au tout début de l’humanité, l’être vivait – comme endormi – entre deux eaux : celles de la vie divine, de sa provenance, et du monde aride dans lequel il vivait dorénavant. La Nature lui soufflait le mystère du dieu, ou des dieux, auxquels il faisait partie. Il devait mettre de l’ordre dans ce chaos, comme un sculpteur fait surgir d’un bloc de marbre, à force de frappes, de ciselures, de perceptions  à demi conscientes une image. Les premiers artistes étaient fascinés par le corps humain.

Pour « parfaire » ou s’installer dans ce monde, il devait développer son cerveau. Créer des machines, s’adonner à la conception  d’outils nécessaires au défrichement de ce monde nouveau pour lui.

L’arc et la flèche furent sans doute le premier lien établi entre une force découverte par l’abstraction. Comment deux appareils si simples pouvaient servir d’arme puisqu’il fallait découvrir le circuit court  de la courbure par une corde accentuant la force par la corde?

Cette première machine fut sans doute inconsciemment inscrite dans le cerveau par des images répétées des forces de la nature.

Ce fut le passage qui servit de solage et de clivage entre la réalité et les concepts abstraits en provenance de ce qu’on nomma plus tard « l’inspiration ». Sorte de branchement par canal en provenance d’un infini inconnu dont il était habité, d’où il provenait, toujours sans le savoir, concentré dans l’œuvre matérialiste.

Les deux tendances créèrent alors un chaos qu’il ne put réellement « comprendre », ne saisissant pas la rupture de ces deux mondes qui à la fois le soudaient « ici », mais gardait un certain contact avec le TOUT.

Ce fut alors le développement exponentiel des capacités du cerveau – souvent ligué à la malignité inconsciente – ou étant le résultat de cette nécessité qui engendra  toutes les luttes, y compris celles de son propre être, et celles des êtres contre les êtres.

En entrant dans « ce monde », la fissure était déjà en dormance.

L’être humain, de plus en plus enivré par les réussites dites « scientifiques », ne fit que s’enfermer dans une certitude de la mécanique de plus en plus sophistiquée. Dans cette mécanique sont inclus les développements des « sciences  économiques », des « sciences sociales », et de toutes les organisations qui se situent entre l’arc et la flèche. La science de l’administration est la gangrène de l’échec de l’Humanité puisqu’elle n’est ni un concept visant à créer, mais un concept visant à créer d’autres concepts : comme si on se centrait sur la force de l’arc et la flèche sans souder les deux.

Nous voilà maintenant – de par cette scission – avec l’apparition de trois êtres, divisés en trois êtres.

Le savant.

Le prêtre.

L’artiste.

En trois êtres, puisqu’ils sont tous les trois en nous.

Le premier est figé dans son savoir matériel et ne cesse de développer, développer, développer.

Le prêtre tente de figer sa vision, conscient  qu’il existe un lien entre les deux, mais perd toute souplesse et, parfois, déforme tous les messages anciens en tentant de les accommoder à sa vision des choses. Tricher pour rassurer. C’est ce qui rassemble tout ce qui semble dissemblable.

Ce triptyque, formé au fil des millénaires, poussé un éclatement qui va de la force des armes jusqu’à la subtilité des arts de plus en plus « inexplicatives », incompréhensibles, est d’une réalité bien plus explicite que toute la somme des inventions terrestres : elles sont les écrits artistiques – les dessins de Lascaux poussés au paroxysme.

Le chaos actuel du monde c’est la flèche poussée de plus en plus rapidement, l’arc de plus en plus fort, et la tension de plus en plus puissante.

Ce chaos social existe et prend de l’ampleur. Il se combine au chaos de nos personnalités sculptées dans un mélange démentiel.

Notre enfer vient du fait que nous ne comprenons pas vraiment ce que nous sommes. Nous comprenons ce qui est, ce qui doit être fait, mais sans accord avec la Nature. Et le mot Nature inclut notre provenance.

De par toutes les dissociations, y compris celles de nos êtres, sont issus le chaos et les luttes « inter-humaines ».

Il est donc possible que l’aventure terrestre soit un échec sur le plan des sociétés. Jusqu’à maintenant, il l’a été, et rien n’est en vu pour que la compréhension de ce que nous sommes – si nous restons divisés et cherchons à comprendre de par nos cerveaux cette vie- pourrait être amélioré.

La complexité du problème « humain » est telle qu’il faudrait abandonner notre acharnement et notre « sous-sol » terrestre pour un lien bien simple : l’amour.

L’amour n’est pas une  émotion, il est un abandon de par l’acceptation de la différence et de notre incompréhension.

Les sociétés occidentales cultivent le triptyque problème individuel – le créent – pour simplement diriger vers leurs buts, leurs certitudes, leurs dogmes, vers EUX.

Et c’est la naissance du EUX n’est pas NOUS.

Le diable existe : il est entre la flèche et l’arc. En découvrant l’abstraction et les faiblesses des structures humaines, il est une arme discrète, occulte, qui connaissant la source du chaos, fait semblant de mettre de l’ordre en accentuant le chaos.

Un arbre, une branche qui plie et qui projette sa graine…

C’est le commencement de la fin.

Gaëtan Pelletier

5 juin 2013