Archives quotidiennes : 3-juin-2013

Résistons à notre échelle, c’est possible

Nous paraissons bien petits face à la puissance démesurée de l’économie et des puissants de ce monde !
Et pourtant… qui d’autres que nous, simples consommateurs, leur donnons ce pouvoir extraordinaire ?
Imaginez :
– 100 millions de personnes qui dépensent 1,2 € par mois pour acheter un produit vendu par une multinationale… et c’est 1 milliard 200 millions d’€/an de pouvoir donné et concentré en quelques mains !
– 10 € par mois, et c’est 12 milliards qui sont ainsi donnés !
– Avec 300 millions de personnes et 1 000 € dépensés par an, c’est 300 milliards qui sont ainsi concentrés en 1 seul pouvoir.
Alors qui sont les vrais puissants : les quelques centaines d’individus qui concentrent tous ce pouvoir ou les centaines de millions de simples gens qui le leur donnent ?
Si nous sommes si puissants tous ensemble, comment retrouver notre véritable pouvoir individuel ?

Pour que ce monde marche ainsi, les puissants de ce monde utilisent 2 leviers parfaitement connus, et développés consciemment : la peur et l’intérêt personnel !
1/ La peur rend les individus et les masses manipulables ;
2/ L’intérêt personnel rend les gens individualistes, égoïstes, séparés les uns des autres… et donc manipulables !
Concrètement, pour que cela fonctionne, il est important que les milliards de citoyens du monde soient :
– dans la peur de l’insécurité tout en croyant que tout est fait pour leur sécurité,
– dans la peur de la maladie tout en croyant que tout est fait pour une meilleure santé,
– dans la peur du manque tout en croyant qu’il faut toujours avoir plus pour être heureux,
– dans la peur de la mort tout en croyant à l’urgence de vivre et surtout qu’il faut en profiter le plus possible et le plus vite possible
– dans la peur de l’autre tout en croyant que tout est fait pour un monde meilleur, etc.
Ainsi, il devient facile de rendre les milliards d’habitants dépendants et manipulés, au service d’un système qui donne toujours plus de pouvoir à quelques familles et multinationales influentes auxquelles même les gouvernements sont soumis !
PLUS EN DÉTAIL
C’est ainsi que tout est fait pour accroître la mauvaise santé générale des individus et donc leur recours à des remèdes toujours plus nombreux, variés et de plus en plus onéreux.
Ce résultat est obtenu :
1. en favorisant une présence de plus en plus grande des polluants à long terme dans l’environnement quotidien des gens -alimentation, air, eau, médicaments :
– Présence de plus en plus développée et ‘raffinée’ de composants synthétiques, chimiques et industriels dans tous les secteurs de la vie.
– Développement des brevets et des titres de propriété sur des éléments naturels afin de les remplacer par des produits de synthèse
2. en minimisant, voire éliminant, les connaissances, les informations et les études concernant ces polluants… et les gêneurs : experts au service des multinationales, lois réduisant le plus possible l’accès aux médecines naturelles et aux semences naturelles, désinformation organisée, campagne de dénigrement des alternatifs et des alternatives, etc.
3. en dépensant des fortunes dans des recherches orientées qui nourrissent le système, au détriment de ceux qui cherchent vraiment et trouvent des procédés en contradiction avec la logique économique du plus grand profit à plus court terme.
4. en augmentant le nombre officiel de maladies et de risques.
C’est ainsi que tout est fait pour développer une alimentation pauvre et créatrice de déséquilibres :
1. en favorisant l’agriculture intensive qui appauvrit la terre et les aliments tout en développant la présence des produits chimiques (pour traiter contre les maladies ou les parasites, accroître les rendements, etc.)
2. en développant une distribution de masse et la circulation de plus en plus grande des marchandises afin de faire croire que l’on peut acheter plus avec moins… surtout si l’on est fidèle… et consommateur de crédit…
3. en minimisant les bienfaits d’une alimentation fraîche, saine et de proximité et son impact sur la santé,
4. en favorisant le moins possible l’agriculture biologique, en petite unité et de proximité,
5. en réduisant le plus possible l’accès aux semences naturelles et reproductibles pour les agriculteurs et les jardiniers….
C’est ainsi que tout est fait pour rendre le monde insécure tout en faisant croire que tout est fait pour la tranquillité des gens. Cela se réalise tout simplement :
1. en favorisant une information des catastrophes et des malheurs qui guettent,
2. en favorisant le commerce, la création et le développement des armes,
3. en favorisant dans l’ombre les dictatures et les dictateurs qui permettent d’un autre côté que soient pillées les ressources de leurs pays,
4. en favorisant dans le même temps, toujours dans l’ombre, les opposants et les rebelles qui luttent pour leurs libertés…
5. tout cela dans le but caché d’entretenir un climat de guerres et de conflits,
6. en favorisant les provocateurs, ceux qui mettent de l’huile sur le feu et attisent les conflits au nom de la sécurité des peuples et du monde,
7. en favorisant tout ce qui accroît les possibilités individuelles de protection,
8. en accentuant la dépendance économique des individus, des peuples et des pays grâce aux drogues légales (excitants, tabac, alcool) et illégales (en apparence), à l’endettement, aux besoins illusoires et créés, aux modes, à l’information orientée, aux faux rêves, etc.
Et c’est ainsi que tout est fait pour faire croire que le bonheur est dans ‘Avoir toujours plus’ :
1. en favorisant les jeux et le rêve d’une fortune possible, facile et rapide,
2. en favorisant le vedettariat accessible (artistique, sportif ou autre),
3. en favorisant la publicité et son message subliminal qui dit que pour être heureux il faut telle lessive parce qu’elle lave mieux, la dernière nouveauté de téléphone portable, la dernière marque en vogue, aller en vacances dans les îles, etc.
4. en favorisant l’accès aux crédits,
5. en éliminant, mettant de côté ou diabolisant ceux qui proposent un autre message : développement de la peur des sectes, de la peur des charlatans, de la peur d’être manipulé, de la peur de la différence, etc.
6. en développant des lois qui encadrent de plus en plus et réduisent de plus en plus la possibilité de vivre autrement que selon ce modèle-là.
Tout ce système est parfaitement pensé, anticipé, étudié et coordonné dans les sphères cachées de ceux qui tirent les ficelles !
LA SOLUTION EST ‘INDIVIDUEL’
Cette compréhension des leviers est nécessaire pour agir avec SAGESSE : elle permet de se rendre compte que la seule solution viable à long terme est individuelle… et surtout intérieure !
1/ Elle demande à chacun d’abandonner le fait de croire que la faute est chez l’autre, chez nos gouvernants ou dans le capitalisme : nous sommes TOUS responsables !
2/ Elle demande une présence et une attitude réfléchie et responsable de ses dépenses, de ses choix de vie, de son alimentation et de sa consommation.
3/ Elle demande d’être autonome et de ne pas suivre le troupeau, d’oser être différent, et de l’assumer.
4/ Elle demande de ne pas juger, ni condamner, ni renier, ni exclure, mais d’agir en connaissance de cause, dans la sagesse et le respect de tous et de tout, y compris de tout ce système tel qu’il est… afin de ne pas continuer à générer, par ses pensées et ses attitudes, les exclusions, les conflits et les guerres.
5/ Elle ne demande pas de combattre ce système, mais d’agir tout simplement, à son petit niveau, pour ne plus continuer à faire vivre ce système, ni par ses façons d’être et d’agir, ni par son argent !
Notre argent peut nourrir ou non ce système !
Nos attitudes peuvent alimenter ou non la peur et l’intérêt personnel !
Notre vie peut servir l’être… ou l’avoir !
Ensemble, chacun dans son coin, sans tambour ni trompette, sans fourche ni canon, faisons
LA RÉVOLUTION DES SILENCIEUX :
1. si nous voulons une terre saine et dépolluée, donnons notre argent-pouvoir à ceux qui respectent la planète et voient les choses à long terme, dans une dynamique de développement durable, à ceux dont on sait ce qu’ils font et comment ils le font…
et soyons le respect de la Terre que nous souhaitons voir dans le monde.
2. si nous ne voulons plus d’argent sale, donnons notre argent-pouvoir aux gens, aux entreprises, aux banques et aux institutions financières
qui fonctionnent avec des choix éthiques, dans la transparence et le respect reconnus…
et incarnons l’éthique que nous souhaitons voir dans le monde.
3. si nous ne voulons plus de guerres, cessons de juger, critiquer, dénigrer, ou exclure, etc. Donnons notre argent-pouvoir à ceux qui nourrissent la transparence, la solidarité, le respect, l’éthique…
et soyons la Paix que nous souhaitons voir dans le monde.
4. etc.
Chaque centime compte, chaque pensée compte, chaque attitude compte !
Choisissons d’encourager les paysans, les artisans ou les entreprises
qui respectent les Hommes et la Nature… à tous les niveaux.
La moindre lumière, le moindre don ou choix conscient est important
pour nourrir cette nouvelle conscience sur la Terre
Ensemble, comme les gouttes qui, se réunissant, finissent par faire les rivières et les fleuves, puis les océans, faisons la RÉVOLUTION DES SILENCIEUX !
Cette révolution appartient à chacun, dans son quotidien !
C’est pourquoi cet appel n’est pas signé !
Car si cette révolution appartient à tous, elle est avant tout affaire de RESPONSABILITÉ et D’ENGAGEMENT INDIVIDUELS : N’attendons personne pour agir ! Comme les mousquetaires, mobilisons-nous chaque Un pour Tous et Tous pour chaque Un !
Anonyme individuellement, connus tous ensemble !

Source 

La théorie du singe

Une vingtaine de chimpanzés est isolée dans une pièce où est accrochée au plafond une banane, et seule une échelle permet d’y accéder. La pièce est également dotée d’un système qui permet de faire couler de l’eau glacée dans la chambre dès qu’un singe tente d’escalader l’échelle. Rapidement, les chimpanzés apprennent qu’ils ne doivent pas escalader l’échelle. Le système d’aspersion d’eau glacée est ensuite rendu inactif, mais les chimpanzés conservent l’expérience acquise et ne tentent pas d’approcher de l’échelle. Un des singes est remplacé par un nouveau. Lorsque ce dernier tente d’attraper la banane en gravissant l’échelle, les autres singes l’agressent violemment et le repoussent. Lorsqu’un second chimpanzé est remplacé, lui aussi se fait agresser en tentant d’escalader l’échelle, y compris par le premier singe remplaçant.L’expérience est poursuivie jusqu’à ce que la totalité des premiers chimpanzés qui avaient effectivement eu à subir les douches froides soient tous remplacés. Pourtant, les singes ne tentent plus d’escalader l’échelle pour atteindre la banane. Et si l’un d’entre eux s’y essaye néanmoins, il est puni par les autres, sans savoir pourquoi cela est interdit et en n’ayant jamais subi de douche glacée. » – La théorie des singes, extrait de « Pour un idéal démocratique »  Source 

Des poissons Ogm toujours plus gros et plus voraces

Frankenfish

 

Apprentis sorciers

Agnès Rousseaux

Ses détracteurs l’appellent le « Frankenfish » : un saumon génétiquement modifié qui grossit deux fois plus vite que ses congénères naturels, baptisé « AquAdvantage » par ses concepteurs. Il pourrait très prochainement être commercialisé aux États-Unis. AquaBounty Technologies, l’entreprise qui a créé ce poisson, assure qu’il n’y aucun risque de dissémination dans la nature. Et si cela se produisait quand même et que plusieurs de ces saumons d’élevage prenaient le large ? L’hypothèse a été étudiée par l’Université Memorial de Terre-Neuve (Canada). Le résultat est effrayant. Les saumons génétiquement modifiés ont été croisés avec des truites sauvages : 40 % des rejetons hybrides issus de ce croisement héritent du gène ajouté artificiellement au génome de leur parent (un gène d’anguille qui accélère la croissance). Et ces hybrides grandissent encore plus vite que le saumon créé par Aquabounty !

Les saumons transgéniques AquAdvantage atteignent leur maturité en 18 mois, au lieu de trois ans pour les saumons « naturels ». Leur poids augmente de 1,9 % par jour (contre 1,5 et 1,7 % pour les saumons et truites « naturels »). Et celui de leurs rejetons hybrides de 2,1 % ! Autre conséquence : la présence de ces hybrides en milieu semi-naturel – les bassins utilisés pour l’expérience – a provoqué la diminution de moitié de la croissance des saumons sauvages. Logique : ils s’accaparent tous les aliments. Et si les rejetons de ces hybrides grossissaient eux-mêmes encore plus vite ? Un scénario catastrophe ?

Poissons mi-saumon mi-truite avec gène d’anguille

Peut-être les saumons hybrides s’en sortiraient-ils moins bien en milieu naturel. Peut-être les croisements entre espèces sont-ils plus rares dans la nature [1]. AquaBounty affirme ne produire que des saumons femelles, stérilisées. La stérilisation n’est cependant efficace qu’à 99,8 %, admet l’entreprise. Elle attend l’autorisation de la Food and Drug Administration(FDA) des États-Unis pour pouvoir commercialiser ses saumons transgéniques.

Ces résultats ne donneront-ils pas envie aux créateurs d’animaux GM d’expérimenter d’autres croisements entre espèces ? Les producteurs de saumons GM ne seront-ils pas tentés, pour accroître leurs rendements, de procéder à quelques expériences non autorisées, puisque les rejetons hybrides semblent avoir un net « avantage compétitif » sur leurs parents ? Qui peut affirmer que ces saumons d’élevage, « confinés » dans des bassins, ne se retrouveront pas en masse dans les eaux où leur prolifération deviendra incontrôlable ? La transmission d’un gène d’anguille à des poissons mi-saumon mi-truite vient poser de nouvelles questions sur la transgénèse animale, alors que des cochons génétiquement modifiés avec un gène de souris attendent leur autorisation de mise sur le marché au Canada. Et que les poulets transgéniques, les chèvres avec un gène d’araignée, les lapins et autres poissons-zèbres fluorescents sortent déjà des laboratoires de biotechnologies. Pour le moment, personne n’a encore songé à fabriquer des requins OGM…

Lire  l’étude parue dans Proceedings of the Royal Society – Biological Sciences, le 29 mai 2013.
Lire notre enquête Ces animaux mutants que la cuisine génétique vous prépare.

Notes[1« Le saumon de l’Atlantique (Salmo salar) s’accouple parfois dans la nature avec la truite brune (Salmo trutta), une espèce qui lui est apparentée. Toutefois, les taux d’hybridation dépassent rarement 1%. Par contre, quand ce sont des saumons d’élevage qui se retrouvent dans le milieu naturel, les taux peuvent atteindre jusqu’à 41%. » Source

bastamag.net

La beauté du monde est laide

Dites-le avec des hurlements!…

Le cri primal devant une société mangeuse d’âme. Et les guerres comme « production » de richesse. On en est là…

Récemment, Peter Schiff, président de la société de conseils financiers « Euro Pacific Capital » a écrit un texte délirant, amplement diffusé par les publications spécialisées, et dont le titre dit tout : « Pourquoi pas une autre guerre mondiale ? » (21). Il commence son article en signalant que les économistes sont tous d’accord sur le fait que la Deuxième Guerre Mondiale a permis aux Etats-Unis de surmonter la Grande Dépression et que si les guerres d’Irak et d’Afghanistan ne parviennent pas à ranimer de manière durable l’économie américaine c’est du à ce que (« les conflits en question sont trop petits pour être économiquement importants ».

On dira que finalement, pour être « en pleine santé financière », il faut tuer plus de gens… Ou étendre les fléaux créateurs d’emploi. Alors- virgule- l’humain est une bûche dans le grand poêle de l’Histoire. 

Il est étonnant, vicieusement étonnant, que l’histoire dé-montre la belle éternité à travers ceux qui « croient au temps ». Et pour ceux qui, comme moi, parfois, pensent changer le monde en démontant comme un moteur de Harley toute la mécanique salope, lubrifiante, soi-disant et trompeusement, bonne pour la race humaine, c’est que nous vivons tous en tournoyant sur des cadrans d’horloge.

Si gagner à la loto ne change pas le monde, le « blogging » non plus… Il y a probablement plus de sang versé que la somme des océans. Si nous pouvions voir la vérité (sic), et si la terre a pu avaler pour nous camoufler tout le caca bienheureux des génies – Washington ( le général),  ce bienfaiteur qui a secoué ses troupes pour contrer l’attaque de l’Angleterre contre les U.S.A., version foetus, nous verrions qu’il a gagné la guerre par des espions camouflés à New-York.

Il a créé le terrorisme hypocrite.

Le bonhomme s’est ramassé sur la monnaie américaine.

Il n’y a pas de poètes, ni de sages sur les monnaies: only  des combattants hémoglobinaires. Pas étonnant que les films de vampires soient si prisés:

Comme disait Gorge Wash-in-tonne:  » Qui sont ces serpents sur ma gorge, avec leurs dents picotées de rouge écarlate et leurs yeux vide, avides et étranges sur mon cou d’État? »

Une Gorge, ça wash… Ça lave, mais ça ne plie pas son linge. Ces gens-là prennent des humains pour en faire des pions. Pis on embarque dans le grand bateau de leurs luttes.

Il ne l’a pas dit. Il a enseigné comment tuer. « Dieu » a dû  ex-hausser ses prières. Ça l’a fait monter d’un cran et montrer d’une foultitude d’autres.

La Terre est devenue une masse de Boue par des citoyens trop couchés. On te donne un X pour changer le monde derrière un isoloir, mais on te cache toutes les autres lettres de l’alphabet. Un X c’est de la politique, trois X, c’est porno…

Bon! Prenez une pause… Je vais essayer de trouver une image pour imaginer, une image salé pour me dépoivrer le nez qui picote, car l’Histoire commence à me faire éternuer.

01

Ouf! Ça fait des heures que je fouille pour trouver du porno. Voilà que je trouve une toile en formes féminines. C’est mieux qu’Aryen…

Sérieusement – ou presque-, je me demande pourquoi nous déposons notre argent dans les banques puisque notre richesse collective nous appartient. En fait, ce sont les banques qui devraient déposer leurs fortunes dans une banque centrale, sorte de gros=hénormus cochon social, contenant tout et gérée par une organisation fiable qui « protégerait » les travailleurs. La mafia, ou je ne sais quoi. Bref, quelqu’un de fiable et de « soft », n’ayant aucun intérêt mondialiste.

Supposons que l’on confie aux Hell’s Angels tous les jardins communautaires et ceux des résidences privées, et qu’on leur verse 10 % des profits… Ils délaisserons le secteur des drogues… Le marché étant si énorme, si so fruitatif, qu’ils pourraient même s’acheter une île  fiscalement paradisiaque.

Pause.

Ouf! c’est fatiguant le bloging…

Citation de San-Antonio:

« Elles ressemblent à des naufragées sur un radeau, tant elles sont médusées… »  ( Si ma tante en avait)

Ça n’a rien à voir avec le sujet – s’il y en a un, c’est seulement pour la culture, la plaisante et non la sèche.

On continue avec Carl G. Jung:

« Certes, conséquence de la situation politique et des succès effroyables, voire démoniaques, de la science, on ressent des frissons secrets, des pressentiments obscurs. Mais on ne sait que faire, et bien peu nombreux sont ceux qui en tirent la conclusion que, cette fois-ci, il y va de l’âme de l’homme oubliée depuis longtemps. »

 

Il n’y a pas tellement de différence entre un F-35 et une église. On y a injecté de l’orgueil à coups de pompes à eaux. Je pense que notre monostradivarius, violon susceptible et mal accordé avec la nature, avait construit avec de la terre brute et de la sueur d’humains des cathédrales pour montrer sa puissance comme ces haltérophiles dans leur église gymnase.

S’Haltérer, ça fait friser… J’ai l’air, comme ça, de ne pas me suivre… Mais il y a une logique à tout ça. Cette dame est comme, et tout comme l’économie mondiale actuelle. Les veines vont lui péter… L’artère itou. Et pour la carosserie, on dirait une F-1 qui a eu un accident.

Remarquez que mes analyses ne sont pas tout à fait « cérébrales ». J’ai attrapé ce virus sur un site qui parlait des problèmes concernant les assurances-auto. Un commentaire disait qu’il avait connu un type qui s’était sorti vivant d’une voiture tordue.

Nous vivons dans une voiture profondément et volontairement accidentée. Le monde est tordu comme un tas de ferraille. Les gens ont tenté de gonfler leur cerveau à coups d’études. Et là, je suis-nous sommes comme des rivières débordantes. Les noyés enseignent aux séchés et les séchés enseignent aux noyés.

Bush  à Bush et téléphone arabe.

On veut ranimer les guerres pour l’éco-nomie.

J’achève mon chemin de composte-t-elle?

 

 

Notre univers de toile synthétique est comme les dessins des grottes de Lascaux.  La beauté du monde n’est pas laide, parce que les gens simples sont tout simplement beaux et bons.

J’aurais envie de vous dire que nous sommes maintenant dans une ère nouvelle: le cannibalisme économique: nous nous mangeons entre nous puisque le gros tigre mondialiste a découpé, comme un boucher, les âmes en morceaux.

La « réussite » de nos sociétés repose sur les diplômés bouchers.  Un gars qui découpe le monde à partir de Harvard.

Ça, c’est beau! Et toute la beauté du monde repose sur la beauté des icônes aux enchères.

Vendus!

Nous nous croustillons tous, comme des craquelins…

02

Quelqu’un peut-t-il nous expliquer comment nous avons réussi à détruire toute la beauté de ce monde?

C’est bien simple: ceux qui n’y habitent pas se font un monde en tricotant des idées.

03

On a découvert la beauté des ailes des mouches. Des œuvres d’art invisibles, cachées…

Dans toute l’histoire de la peinture, peu de peintres ont réussi à reproduire cette beauté…

On est tellement petits qu’on ne se voit pas. Qu’on ne nous fasse pas chier avec les voyages sur Mars, nous sommes incapables de gérer une planète multicolore. Alors, pour le grand rêve de la rouge et de l’ignorance de tout ce qui se cache ici, en nous et POUR NOUS, soyons pratique, comme le poète Nelligan;

RÊVES ENCLOS

Enfermons-nous mélancoliques
Dans le frisson tiède des chambres,
Où les pots de fleurs des septembres
Parfument comme des reliques.

Tes cheveux rappellent les ambres
Du chef des vierges catholiques
Aux vieux tableaux des basiliques,
Sur les ors charnels de tes membres.

Ton clair rire d’émail éclate
Sur le vif écrin écarlate
Où s’incrusta l’ennui de vivre.

Ah ! puisses-tu vers l’espoir calme
Faire surgir comme une palme
Mon coeur cristallisé de givre !

Émile Nelligan

Je l’avais appris par coeur, celui-là. Car dans la beauté de la poésie se cache la réalité et la beauté du monde.

Le poème est une prière laïque…

Gaëtan Pelletier

3 juin 2013

Les civilisations meurent-elles par suicide?

Fethi GHARBI

« Quand une civilisation arrive à relever des défis, elle croît. Sinon elle décline.
Les civilisations meurent par suicide, non par meurtr
e »
Arnold Joseph Toynbee

Si l’on s’en tient à la vision de Toynbee, l’histoire se présente comme l’essor et la chute des civilisations et non comme les péripéties vécues par des État-nations ou des groupes ethniques. Pour définir une civilisation, le culturel l’emporte sur tous les autres critères. Toynbee considère que la « civilisation occidentale » embrasse toute l’ Europe occidentale et se distingue à la fois de la « civilisation orthodoxe » de Russie et des Balkans et de la civilisation gréco-romaine qui a précédé. Cet historien se dissocie de la représentation que se font les idéologues de la modernité inscrivant la civilisation occidentale née à la renaissance et la civilisation gréco-romaine dans un même continuum historique et culturel. Toynbee réfute cet accolement factice qui depuis cinq siècles n’arrête pas d’amalgamer pensée grecque et modernité. L’Europe de la modernité a toujours voulu puiser dans le passé du continent ce qui pouvait cautionner sa nouvelle position dans le monde, se souciant peu de confondre géographie et histoire. Une telle confusion se reflète d’ailleurs de nos jours dans la construction de l’Union Européenne. Cette dernière prend en effet l’allure d’un lit de Procuste géographique tentant vainement de passer dans le même moule néo-libéral un ensemble de cultures hétérogènes.

La modernité, en tant que concept philosophique imposant la raison comme norme transcendantale, s’est empressée de préter à la Grèce antique cette même vision du monde. Dans son élan conquérant, l’Occident s’invente ainsi une lignée détentrice exclusive de la rationalité. L’idée d’une supériorité épistémique combinée à l’idée d’une supériorité raciale de l’homme blanc européen vont constituer le ferment idéologique de cette civilisation et mettront en branle toute une dynamique de conquêtes et d’exploitation du reste du monde. Cet élan ne semble malheureusement pas s’essouffler et continue de bouleverser la planète.

Si selon Toynbee les civilisations surgissent en réponse à certains défis d’une extrême difficulté, quelle réponse saurions-nous trouver aux défis actuels ?

Il faut cependant rappeler que bien avant la modernité, l’Occident a du faire face à un défi de taille, celui du désordre provoqué par la déchéance de l’empire romain. C’est la naissance sur plusieurs siècles de l’église catholique qui a résolu le chaos de l’Europe post-romaine en rassemblant l’ensemble des royaumes de l’Europe occidentale dans une communauté religieuse unique. Le catholicisme a constitué ainsi une réponse à ce chaos en échafaudant une nouvelle civilisation. Le dogme de l’incarnation ou la divinisation du Christ va donc être la question centrale autour de laquelle se construiront, lentement, douloureusement, les référents de la civilisation occidentale. L’homme devenu Dieu va constituer le référent fondateur de l’Occident chrétien. Au VIII ème siècle, s’inspirant de la divinisation de Jésus, Charlemagne, soutenu par l’église, imposera à la société l’idéologie du droit divin. A l’image du Christ, l’empereur devient l’expression visible, sur terre, de la volonté divine. A partir de ce moment,l’alliance de l’église et de la monarchie dirigera d’une main de fer, pendant plusieurs siècles la société. Le dogme de l’incarnation marquera alors de son empreinte l’horizon éthique, culturel, social et esthétique de cette civilisation. En réalité, cette divinisation de l’humain imprègnera non seulement les monarques mais toute la classe dominante avec tout un cortège de privilèges au profit du haut clergé et de la noblesse d’épée. Toutefois, les rivalités entre monarchies ainsi que les dissensions à l’intérieur de l’église plongeront pendant le 16ème et 17ème siècle l’Europe dans le chaos le plus total. L’atrocité de ces guerres de religion nous rappelle l’assertion de Toynbee lorsqu’il affirme que les guerres les plus violentes ont été fratricides, contredisant la thèse de Huntington qui considère que les conflits les plus longs et les plus violents ont été causés par des différences entre civilisations. Les contradictions internes de l’Occident chrétien ont fini par ébranler le dogme et pousser les minorités agissantes à relever le défi en tentant d’élaborer des réponses adéquates.

En plein milieu du XVIIème siècle, le cogito de Descartes, faisant fi de la scolastique, vient alors opérer une vraie révolution en plaçant le sujet pensant à l’origine de la connaissance. Ainsi, après la divinisation du Christ, puis celle des monarques, voilà que l’homme ordinaire se trouve élevé de la manière la plus démocratique au rang de démiurge. De l’Homme-Dieu aux hommes divinisés, l’anthropomorphisme atteint son degré ultime d’exacerbation. Cependant, il faut reconnaître que c’est au cogito cartésien que revient le mérite d’avoir remis en question l’idéologie du droit divin. Désormais aucun individu ni aucune caste ne bénéficie plus du privilège de la transcendance. La monarchie, la noblesse et l’église de moins en moins crédibles, de plus en plus contestées seront progressivement mais irrémédiablement balayées par les vents violents de la Modernité.

Le « je » cartésien, après avoir renversé les dogmes de la scolastique, va progressivement verser dans le solipsisme(1) et finira par nier tout ce qui est externe à lui, tout ce qui n’est pas une évidence de son point de vue, de sa subjectivité propre. Cette explosion de l’ égo en détruisant la verticalité des transcendances a brisé en même temps l’horizontalité des liens sociaux. le sujet n’a plus le sentiment d’appartenir à un tissu social. Insensible aux solidarités traditionnelles, il ne reconnaît plus la réalité extérieure et s’enferme dans une posture narcissique. Le Moi, disait Lacan ne peut être source de connaissance, mais au contraire source de méconnaissance de l’autre. Cette indifférence à l’égard de l’altérité bascule dans l’impassibilité la plus totale.

Cet individualisme exacerbé propice à la mobilité de la force de travail s’accompagnera depuis le XIXème siècle d’un universalisme dont le rôle est d’imposer à la planète une pensée unique organisant l’économie mondiale. L’ homme nouveau, sans attaches, insensible à toute forme de solidarité mais habité par l’illusion de la liberté et de l’égalité formera le support idéal de l’idéologie du progrès, une conception unilinéaire de l’histoire ou plus précisément une réinterprétation profane de la pensée chrétienne, substituant l’avenir à l’au-delà et le bonheur au salut. Le progrès se présente comme une nécessité historique portée vers le meilleur. C’est dans ce contexte que l’homme-dieu, réduit à sa stricte individualité mais maître de son destin, ira de l’avant vers des lendemains qui chantent. Cependant, cette marche vers le progrès s’inscrit dans un ordre universel hiérarchisant les sociétés selon une linéarité spatio-temporelle. Les civilisations les plus « avancés »( entendez par là, blanches européennes) imposeront ainsi leur modèle aux civilisations les plus « attardées » fût-ce par la coercition. Depuis le XIXème siècle, courants libéraux et courants de gauche, piégés par leur égo, adhéreront chacun à sa manière au mythe du progrès. L’eurocentrisme ethnique et épistémologique, instrument idéologique privilégié de l’hégémonie impérialiste, s’impose alors à toute la planète justifiant racisme, colonialisme, spoliations et massacres. Même les modèles clé en main de lutte anticoloniale et de révolutions prolétariennes n’échappent pas à la domination de l’épistémè occidentale.

Or cette pseudo-philosophie de l’histoire n’aurait pu fonctionner sans une transformation psychologique radicale de la société. Dès le XIXème siècle, l’idéologie change de stratégie en s’interdisant de défendre ouvertement les privilèges d’une caste. L’art du camouflage de l’idéologie bourgeoise réussit alors à masquer toute hiérarchie sociale. Ce raffinement rhétorique fera dire à Kwame Nkrumah (2) que le capitalisme n’étant qu’une réforme de la féodalité, son seul « apport » est d’avoir permis à l’exploitation d’atteindre un niveau supérieur de subtilité. « Comme fait économique, écrit Roland Barthes, la bourgeoisie est nommée sans difficulté, le capitalisme se professe. Comme fait politique elle se reconnaît mal, il n’y a pas de parti explicitement « bourgeois » à la chambre. Comme fait idéologique elle disparaît totalement .. »(3). A l’opposé de la noblesse, exhibitionniste, (l’étalage de son faste créditant sa position sociale), la bourgeoisie opte pour la discrétion, préférant ainsi occulter sa domination. Cette stratégie constituera le trait essentiel de son masque idéologique. Dans cette atmosphère d’apparente homogénéité, un nouveau culte prend forme. En effet, l’énorme béance laissée par la disparition de toutes formes de transcendance sera comblée par une sorte de « religion » désenchantée, où les marchandises seront élevées (à leur tour) au rang de divinités. Elles se transforment magiquement en fétiches nous ramenant aux formes primitives d’idolâtrie. Il semblerait que Dieu, courroucé par la révolte des humains s’est empressé de les transformer en esclaves de leurs propres créatures : les marchandises. Dominé par le marché, l’individu subit la loi de l’échange. Cette régression qu’opère le capitalisme par rapport aux modes de productions qui l’ont précédé rabaisse l’homme à tel point qu’il ne signifie plus que par ce qu’il possède, par ce qu’il vaut sur le marché. L’avoir remplace l’être et la réification s’installe, éliminant toutes valeur authentique et inaliénable au profit de la seule valeur d’échange. On assiste à la naissance d’une nouvelle transcendance, celle du marché. Cette nouvelle divinité impitoyable, aux pieds de laquelle se prosterne toute l’humanité, accumulant sans trop savoir pourquoi mais ne sachant point s’arrêter, a fini par subjuguer l’ensemble de la planète. Une folie productiviste s’empare alors du monde générant ipso facto un délire consumériste généralisé. Pour la première fois dans l’histoire, la production n’est plus déterminée par le besoin, c’est plutôt elle qui stimule et crée de nouveaux faux besoins par le biais de la mode, la publicité et par un tas d’autres moyens. Cette irrationalité frisant l’absurde conduit à des crises périodiques de surproduction au moment même où la majorité de la population manque du nécessaire.

Le mythe du progrès, une temporalité désavouant le passé et situant le bonheur dans une sorte d’ailleurs toujours fuyant emporte à pas de course le monde vers l’inconnu. Une mobilité frénétique du capital, de la main d’oeuvre, des transports et de l’information s’empare de la société. Cette accélération n’aurait pu voir le jour sans l’émergence de nouvelles techniques. En effet, le hasard a voulu qu’à l’aube du XIXème siècle énergie fossile et capitalisme se rencontrent. Ils n’arrêteront pas depuis de faire bon ménage. Pourtant à l’époque de la machine à vapeur et des débuts de la locomotive l’énergie hydraulique et éolienne existaient bel et bien et ne demandaient qu’à bénéficier des nouveautés techniques pour aller de l’avant. Le développement de ces énergies renouvelables non thermiques aurait certainement entraîné un capitalisme d’implantation locale, moins conquérant et plus respectueux de l’environnement. Or le capitalisme opte pour la seule énergie qui soit en harmonie avec sa logique propre. L’énergie fossile s’avère la mieux appropriée à la liberté de mouvement propice à la mobilité du capital. L’essor du chemin de fer en est l’illustration, annonçant ainsi le début de la délocalisation. Charbon, pétrole, nucléaire se superposent et se succèdent pour donner le ton à cette folle chevauchée qu’exige le « progrès ». Ce « choix du feu » comme le dit si bien Alain Gras(4), ces manipulations de forces mal maîtrisées et contre-nature s’imposent sans réticence à une humanité obnubilée par sa quête enfiévrée d’un bonheur futur, toujours insaisissable. L’énergie fossile s’insinue dans tous les coins et recoins et formera avec l’accumulation du capital un mélange explosif. Productivisme et puissance thermodynamique se prêtent main forte et poursuivent leur course aveugle dédaignant le danger mortel qu’ils font encourir à la planète. Tout dernièrement la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, après avoir occupé les médias pendants quelques semaines, est en train de passer aux oubliettes ; une banalité somme toute aux yeux d’un chef d’état de l’envergure de Sarkozy qui imperturbable, continue son business et parvient malgré tout à fourguer une centrale à la Tunisie, un petit pays pourvu de vent et de soleil et certainement incapable de faire face à une catastrophe nucléaire. Cette soif du feu au service du superflu nous laisse à la fois dubitatif et rageur, maudissant Promethée d’avoir offert ce cadeau empoisonné aux mortels.

La déferlante néolibérale après avoir eu raison de l’URSS se rue goulûment sur la planète. La barbarie du capital s’en donne à cœur joie, faisant voler en éclats tout ce qui est sensé contenir sa poussée. Après la destruction des empires, c’est aux états-nations d’exploser à leur tour. En Occident, l’Etat-providence est mort de sa belle mort. Un état rabougri , réduit au stricte rôle sécuritaire et répressif lâche la bride aux multinationales et aux finances internationales. Dans le Tiers-monde, les états ayant une valeur stratégique sont agressés puis fractionnés selon une logique ethnique ou confessionnelle. C’est bien le cas de l’Irak et du Soudan et bientôt celui de La Libye et de la Syrie en attendant le reste. Libre de toute contrainte, l’ultralibéralisme découvre son visage hideux. Pris par la fièvre spéculative il s’en prend aux acquis des travailleurs, nivelant les salaire par le bas, délocalisant, détruisant l’environnement, épuisant les ressources, incitant à la discorde, fomentant les guerres, mettant la planète à feu et à sang. Le rythme de plus en plus endiablé de cette danse macabre est en train d’emporter l’humanité vers une catastrophe assurée.

Quelle réponse au défi que représente la modernité ? Faut-il attendre que cette civilisation atteigne ses ultimes contradictions avec le risque d’entraîner avec elle l’humanité et peut-être même la planète vers le néant ?

Il faut admettre que malgré les crises structurelles qui l’ont secoué, malgré sa fragilité, le capitalisme s’est toujours remis en selle grâce à l’impact de son système idéologique. Tant que le mythe du progrès avec sa vision linéaire de l’histoire, son universalisme et son eurocentrisme ethnique et épistemique imprégnera l’imaginaire des individus, le capitalisme trouvera toujours le moyen de résister à toutes les secousses. L’ idéologie du progrès, en situant le bonheur dans un avenir toujours fuyant stimule une angoisse existentielle à laquelle le marché répond sans jamais l’apaiser totalement. On s’enfonce alors dans les abysses du consumérisme, à la recherche d’une spiritualité perdue que le fétiche marchandise miroite sans jamais permettre d’atteindre. De son coté, l’universalisme présenté depuis le XIXème siècle comme une symbiose ne peut être dissocié de l’eurocentrisme, cet autre aspect du mythe du progrès. Il s’agit en fait de hiérarchiser les peuples et les cultures justifiant ainsi la domination militaire et économique de la planète en vertue d’une pseudo supériorité raciale et épistémique de l’homme blanc occidental grimé selon l’époque en civilisateur, en humanitaire ou en démocrate.

Depuis des décennies la gauche européenne fait du surplace. Même l’écologisme et la décroissance en tant que mouvements réformistes n’auront aucune chance de s’imposer tant que le néolibéralisme gèrera l’économie mondiale. Il s’agit donc de l’affaiblir de l’extérieur en étranglant en premier l’universalisme et l’hégémonie eurocentrique. Un penseur comme Wallerstein (5) considère en effet que « le racisme est le support culturel du capitalisme historique et l’universalisme est sa clé de voûte » et ajoute que  » le capitalisme historique a changé la signification du racisme, il ne s’agit plus de xénophobie mais de la création d’une relation durable entre ethnicité et division du travail ». C’est donc aux peuples du Tiers-monde qu’il incombe au premier chef de démanteler cette idéologie pour la simple raison qu’ils en sont les principales victimes. L’apparente disparition du colonialisme n’a pas mis fin à la hiérarchie de pouvoir et de savoir qui devient d’autant plus subtile et d’autant plus dévastatrice qu’elle se camoufle derrière les pseudo-indépendances. Cette colonialité devient selon Quijano (6) encore plus virulente avec la globalisation, en affectant tous les aspects de l’existence sociale partout dans le monde. L’ancien colonisé continue à se déprécier à travers le prisme hiérarchisant de son ancien maître, méprisant sa culture et son ethnie et acceptant son sort comme une fatalité. L’attitude d’une bonne partie de la bourgeoisie et de la classe moyenne dans le Tiers-monde faite de mimétisme, de mépris de soi et des siens confirme une telle aliénation. C’est ce type d’intériorisation qui a permis et permet encore à l’hégémonie impériale de durer. Il s’agit donc avant toute chose de décoloniser les esprits en déconstruisant le mythe du progrès. Il s’avère nécessaire alors de faire obstacle à la division du travail sur des bases ethniques et de mettre fin à toute forme d’universalisme même s’il se prétend de gauche. Par ailleurs, la rationalité occidentale, postulée comme l’unique épistémè valide, reléguant toutes les autres épistémès dans le domaine de la doxa et allant jusqu’à les considérer comme un « obstacle épistémologique » doit être détronée au bénéfice d’une pluralité épistémique. Ceci ne signifie nullement l’établissement d’une sorte de démocratisation des cultures. Il s’agit plutôt de réhabiliter le savoir et la sagesse de civilisations millénaires qui ont su gérer avec harmonie et sur de longs siècles l’économique et le spirituel. Ces épistémès se dresseront tel un rempart face à cette boulimie accumulative, réductrice de l’humain et destructrice de la nature. L’extraordinaire est qu’il n’a suffi que d’un peu plus d’un siècle à la modernité pour imprimer au monde ce rythme fou et absurde.

S’inspirant chacun de son épistémè propre, les peuples coopèreront en favorisant le surgissement de nouveaux pôles de développement régionaux capables de mieux résister aux oligarchies. En Amérique latine, Le Venezuela a opportunément pris l’initiative de créer l’Alba, un projet d’intégration économique et politique, ainsi que la Banque du Sud (Bancosur), censée promouvoir un autre type de « développement ». En Afrique, la Libye a joué un rôle primordial dans la création de la Banque cen­trale afri­caine, de la Banque afri­caine d’in­ves­tis­se­ments et du Fonds Mo­né­taire Afri­cain dans le but de mettre fin à la politique dévastatrice de la Banque Mondiale et du FMI et visant en même temps la création d’un marché commun africain. Il est clair donc que si l’OTAN continue depuis des mois à massacrer les civils libyens ce n’est certainement pas pour mieux les défendre mais pour arrêter net ce processus d’intégration économique.

Face à ces vents salvateurs qui nous viennent de Sud, la gauche occidentale, bien que radicalement opposée à la prédation néolibérale a du mal à se départir de son épistémocentrisme. Si des cosmologies amérindiennes ou bouddhistes sont applaudies avec un soupçon d’exotisme d’autres épistémès sont décriées et renvoyées aux tréfonds de la barbarie. Il est vrai qu’une bonne partie de cette gauche, encore prisonnière du mythe du progrès, se retrouve sans le vouloir en position d’allié objectif de l’Empire.

Fethi GHARBI

1) Le solipsisme (du latin solus, seul et ipse, soi-même) est une théorie philosophique selon laquelle l’esprit est la seule chose qui existe réellement et le monde extérieur n’est, selon cette conception, qu’une représentation.

2) Kwame Nkrumah, « Le Consciencisme », éd. Présence Africaine, 1976

3) Roland Barthes, « Mythologies », Editions du Seuil Paris, 1957

4) Alain Gras, « Le choix du feu, aux origines de la crise climatique », Fayard 2007

5) Wallerstein, Immanuel, 1991, « The invention of time-space realities : towards an understanding of our historical systems »

6) Anibal Quijano , 1997, « The colonial nature of power in Latin America »