La loi 101 et mon klavier frensaiSS

Quand on est bête, on est bête des deux pieds.

Gaëtan Pelletier

Antray en matiére

1.1

En novembre 2010, en classe, je me plains que mon ordinateur fonctionne mal. Se pointe un élève, un krack informatique qui me dit qu’il peut le réparer.

Trois ou quatre jours.

Sympathique le gars : il me paye le café à toutes les pauses. Et nous échangeons sur les cylindrés de nos motos.

Il apporte mon ordi dans son atelier – style d’atelier qui ressemble à un atelier de couture souterrain où on fait travailler des sans papiers. En campagne, rien n’est souterrain, tout est à ciel ouvert. On n’a pas d’échangeur Turcot… Un plus…

1.2

3 jours.

4 jours.

5 jours.

10 jours.

Toujours pas de nouvelle de mon ordi. Le krack a toutes les raisons du monde pour retarder la livraison.

Finalement, je le reçois au bout de 10 jours, heureux… Mais un peu moins quand j’ouvre la machine et qu’il me manque la moitié de ma mémoire vive. Étant idiot à temps partiel, j’ouvre le coffre, nerveux, pour vérifier. Je constate que rien n’est pareil comme avant. Tout a été soutiré et remplacé. Je prends la peine d’avertir mon krack de ma découverte…

Devinez!

Il me menace de me « traîner en cour » pour «  attainte » à sa réputation. Étant donné que le monsieur a des avocats gratuitement, de par son statut de « pauvre », mais Crésus souterrain, je calcule le tout pour en venir à la conclusion qu’il vaut mieux acheter un autre ordinateur que d’engager un avocat pour le poursuivre. Quoique, le type ayant « déboîté » la moitié de la classe par ses services de manufacture de terrier, personne ne parle ni se plaint.

On a peur.

Pour être sûr de ce que je vois, de mes yeux d’abrutis à la machine, je vais chez mon vendeur faire vérifier la liste des composants de ladite machine que j’avais achetée.

Reste plus rien. Sauf ma carte de son Soundblaster. Payée 150$.

Mon ordi en valait maintenant à peu près 100@. Dollars.

Délive-rance

2.1

Par un beau soir de décembre, alors que l’hiver du Québec avait déjà semé son beau caca blanc pour ski et ski doux, j’avais les yeux en faucon, planté sur ma machine, en essayant de trouver une solution.

Bing!

Je tombe sur futur choppe et commande un HP à 450* dollars. Je ne me souviens plus du terme, mais je sais qu’on l’a vendu, qu’il est revenu, et qu’il a été réparé et que ça a coûté moins cher.

Le hic!

Il a un Windows anglais.

Je ne parle pas l’anglais, mais je le comprends.

Théoriquement, il y aurait une procédure aisée pour passer du clavier anglais au fransès, avec aisance.

J’ai téléchargé le programme – non inclus, mais indiqué inclus – sur le net.

Ben! C’est faux.

L’inclus est à Brigitte Bardot ce qu’est un phoque.

2.2

J’ai passé de belles heures de loisirs pour constater qu’en Europe, des gens allaient acheter des ordinateurs avec des systèmes italiens qu’ils essayaient de convertir en français avec la même aisance que la mienne.

Le sacre du printemps. Et le calvaire de la transformation d’un clavier en une autre langue.

J’ai dû travailler d’arrache-tête pour programmer des accents ici et là. Et quand on les programme, on perd les clefs de base, parfois utiles.

2.3

J’ai juré de ne pas m’y faire reprendre sur une bible volée.

Je me suis qwerty au français par écœurement.

Merci Québec

3.1

Hier, le fils se cherchait un ordi. On a discuté des claviers. J’ai appris de la bouche même de ma descendance qu’on ne vendait plus d’ordinateurs avec des systaimes anglophones au Québec.

Si on en veut un, il faut le commander en Ontario où ailleurs. Tout ça pour la sauvegarde de la langue fransaize.

La loi 101.

101, c’est un chiffre. Mais comme je suis une empathique anglophile virgule je me demande comment tout ce monde parlant anglais et baragouinant le fransais  peuvent se procurer un ordinateur au  Québec?

Ils vont en Ontario hou aux USA.

Comprenez que ça touche tous les étudiants, travailleurs qui doivent composer avec l’anglais pour étudier ou travailler.

Comprenez que le Québec – ses vendeurs – perd énormément d’emplois, de ventes, de revenus, au nom de la sainte loi 101.

Je l’aime la loi 101. Je  coucherais avec, mais avec un condom…

3.2

Nous comprenons tous l’intention veillante et non malveillante de surveiller, de protéger le fransais. Dans la pratique, toutefois, cette aberration est aussi inutile qu’un œuf sur la blessure d’un blessé par balle.

Mais merci Québec. Nous échappons à la difficutai du claviè, mais nous n’échappons pas au crétinisme idolätre ( tiens, j’ai retrouvé mes trémas après deux ans) habillés et flottant à une religion de l’apparence plutôt que celle de la pratique.

3.3

Pause : Montréal coûte vraiment cher.

Le kéboard

4.1

Je suis très sincère quand je parle des anglophones. Ils se retrouvent avec la même difficulté que les francophones : le kéboard.

J’ignore ce que c’est que de se débarrasser des accents, mais je sais ce que c’est que d’en mettre.

On se retrouve alors avec le même problème que le pays.

Phoqueyborderline.

On a déjha  tellement de difficulter à s’entendre, qu’on ne vienne pas nous vendre des  claviers qui nous divisent d’avantage.

4 réponses à “La loi 101 et mon klavier frensaiSS

  1. bien le bonjour à vous Gaétan et heureuse de pouvoir vous lire à nouveau,et bienvenue dans le club des arnaques à l’ordinateur,j’ai vécu la même expérience mais en 2002,j’ai même retrouvé mon ordi à moitié désossé et tronant dans le couloir parceque celui qui était sensé posséder la haute technicité afin de pouvoir me relier au monde extérieur avait rendez vous avec sa copine,aussi j’ai bien ri en lisant votre aventure m’ayant rapelé la mienne mais qui sur le moment m’a fait traiter de tous les noms d’oiseaux les informaticiens soi disants patentés mais très souvent de simples étudiants qui ont besoin d’argent en fin de moi,et bien entendu je dû acheter un nouvel ordinateur
    toute bonne journée à vous

    • Bonjour,
      Eh! Oui, j’ai été « floué ». Plusieurs techniciens en informatiques pensent que nous n’y connaissons rien.
      J’avais pris soin de garder la facture et tous les composants de l’appareil.
      Bonne journée!

      • René Richard

        Oh que je l’aime ce texte! La loi 101,une nécessité pourtant. Encore faut-il l’appliquer avec jugement. L’anecdote à laquelle vous référez me rappelle à quel point, vivant maintenant sous la tyrannie de la rectitude politique, nous sommes à nouveau à la merci des grands cracks de l’industrie de la peur qui ont récupéré tous les combats pour leur propre usage, que ce soit ceux de la langue ,des traditions,de notre identité, des libertés civiles, religieuses etc. .De religieux notre intégrisme est devenu politique. Le cas rapporté ici décrit une arnaque à la petite semaine(tu fermes les yeux sur ma médiocrité, tu payes sinon je t’accuse publiquement de…). Pas très élégant mais efficace .Cela pourrait n’être que de la bêtise ordinaire. Cependant comme vous le faites remarquer cette anecdote illustre un glissement vers cette  »dévotion béate à la cause » propre à une certaine élite nationaliste prête à jeter l’anathème sur tout empêcheur de penser en rond. Elle a des remèdes pour tout mais elle ne fait qu’alimenter les problèmes qui justifient son existence. Et malheur aux  »infidèles » qui rouspètent. Cette apparente rigueur dissimule mal un opportunisme congénital que l’on tente de faire passer pour du patriotisme. Ce n’est pas très reluisant mais c’est confortable. Avons-nous collectivement tant besoin d’un os à ronger au point de ne pas pouvoir nous en départir. Les faits de l’histoire récente sont très révélateurs. Quel peuple sur la planète s’est dit non à lui-même deux fois en vingt ans? Cela rappelle l’esclave à qui on offre la liberté mais qui refuse de quitter son maître pour mieux le détester. Alors les claviers bilingues… c’est pour les  »mous », les traîtres, ceux qui renient les préceptes de l’ordre de la sacrosainte ceinture fléchée ou de la glorieuse feuille d’érable. Dois-je rappeler que durant ce temps Montréal s’anglicise d’abord à cause de notre propre duplicité, et les claviers unilingues pas plus que la loi 101 n’y changeront rien.

      • On a connu le « code » de la religion, voici celui de l’État.
        T’as 15 items à l’épicerie, et ils te demandent si tu veux un sac…
        On le sait, ça pollue. Le dévot, à la caisse, ne se pose plus de question. On lui a dit qu’on allait « sauver le monde » en faisant « des petits gestes ».
        Un cycliste se tue.
        Une loi sur le port des casques.
        Merci de ton passage!
        Bonne journée!

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.