Archives quotidiennes : 4-décembre-2012

Syrie : Des « massacres épouvantables » aux « armes chimiques »…et l’Iran.

Comment la propagande pro-guerre contre la Syrie évolue-t-elle?
 
Pendant qu’on multiplie les attentats à la bombe contre les officiels syriens, on nous refait le coup des armes chimiques ou des armes de destruction massive. «Le recours à des armes chimiques est et serait totalement inacceptable. Si vous commettez l’erreur tragique d’utiliser ces armes, il y aura des conséquences et vous en répondrez», voilà ce qu’a déclaré hier, 03 décembre 2012, Barack Obama, le président des Etats-Unis et Prix Nobel de la Paix des drones et des guerres humanitaires.
Cette énième affirmation à propos de la Syrie montre que la meute ne renoncera pas tant qu’elle n’a pas atteint son but: renverser, tuer Bachar Al Assad, décapiter son régime et mettre à la tête du pays des laquais, appelés à l’occasion « l’opposition démocratique ».
Le 21 août dernier déjà Obama parlait de « ligne rouge »: vidéo ci-dessous:
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Au lendemain de la nouvelle déclaration de Barck Obama (03 décembre 2012) http://www.leparisien.fr/international/syrie-obama-hausse-le-ton-face-a-la-menace-d-armes-chimiques-04-12-2012-2378945.php

, nous rediffusons le texte ci-dessous publié en septembre dernier.
Bonne lecture.
La propagande médiatique a changé et a pris un nouveau cap sur la Syrie. Après des slogans : «  des massacres contre son propre peuple », « des massacres épouvantables  de Bachar Al-Assad » et toutes ces choses non vues mais criées et répétées qui n’ont pas (encore) réussi à bouger la position de la Russie et de la Chine, voici venu l’heure des « armes chimiques ». Les chiffres macabres avancés et distillés depuis Londres par l’OSDH, l’agence de presse et officier du registre mortuaire des « insurgés-rebelles-révolutionnaires » pupilles de l’Occident, se présentant comme une organisation de défense des droits de l’Homme, n’auront donc pas suffi pour obtenir des « bombardements justes et humanitaires » sur la Syrie. Les outrances mensongères de Laurent Fabius, de Hillary Clinton et autres petits tireurs d’élite médiatico-intellectuels n’auront pu réussir, pour le moment en tout cas, à obtenir de la Russie et de la Chine ne serait-ce qu’un fléchissement. Il faut donc monter d’un cran le matraquage et trouver plus grave que les massacres. Et qui s’en est chargé ? Le sous-lieutenant, l’Etat mercenaire par excellence des Etats-Unis et de ses alliés au Moyen-Orient : Israël.
Constatant la persistance de la fermeté sino-russe face à toutes les ruses et autres pièges savamment enrobés dans le tissu troué des projets de résolution ou des contacts diplomatiques nocturnes, la question des « armes chimiques » détenues par la Syrie revient subitement au devant de la scène. Le mode opératoire est digne d’intérêt : le 20 juillet 2012, Ehoud Barak, le ministre israélien de la Défense, effectuant une tournée d’inspection sur le plateau du Golan à la frontière avec la Syrie, a clairement laissé entendre que « l’armée israélienne ne permettrait en aucun cas le transfert d’armes de destruction massive syriennes. L’Etat d’Israël ne peut accepter le transfert d’armes de pointe de la Syrie au Liban. Nous surveillons étroitement (…) le Hezbollah qui pourrait essayer de tirer avantage de la situation…Il n’est pas approprié d’en dire plus pour le moment sur quand nous allons agir, comment nous agirons, ou si vraiment nous agirons. Nous suivons tout cela de très près». Voilà la naissance d’une nouvelle argumentation en faveur du projet d’agression contre la Syrie: la menace des armes chimiques.
 «La Syrie a accumulé le plus important arsenal d’armes chimiques du monde et dispose de missiles et de roquettes capables d’atteindre n’importe quel point du territoire israélien», a confirmé le général Yaïr Naveh, le chef d’état-major adjoint.
Les deux dirigeants seront suivis par le chef du gouvernement israélien. « Peut-on imaginer que le Hezbollah dispose d’armes chimiques, c’est comme si Al-Qaïda avait des armes chimiques », a affirmé M. Netanyahu le 22 juillet 2012. « C’est une chose inacceptable pour nous, pour les Etats-Unis, et nous devrons agir pour l’empêcher s’il en est besoin » a prévenu M. Netanyahu.
Constatant ce nouveau tournant dans la communication de ses ennemis, Damas a indiqué le lundi 23 juillet 2012 qu’elle n’utiliserait ses armes chimiques qu’en cas d' »agression étrangère ». « Aucune arme chimique ou non conventionnelle ne sera utilisée contre nos propres citoyens (…), ces armes ne seront utilisées qu’en cas d’agression étrangère », a indiqué le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères.
Mais ce tournant dans la communication a fait son effet et va être maintenu. Désormais, les parrains de la rébellion armée contre la Syrie vont marteler le même message afin de mieux ancrer dans les têtes la dangerosité du gouvernement dirigé par Al Assad. La technique est si bien rôdée que Barack Obama, le prix Nobel des guerres justes et humanitaires s’est fendu des menaces très claires le 20 août dernier : « Nous avons été très clairs envers le régime d’Assad, mais également envers les autres acteurs sur le terrain, sur le fait que, pour nous, une ligne rouge serait de voir un arsenal complet d’armes chimiques en train d’être déplacées ou utilisées. Cela changerait mes calculs. » Et, pour être encore plus clair et montrer que « les acteurs sur le terrain » est une formule pour désigner en réalité le gouvernement d’Al Assad, Obama a tenu à préciser : « Nous ne pouvons pas nous trouver dans une situation dans laquelle des armes chimiques ou biologiques tombent entre les mains des mauvaises personnes ».
A partir du moment où l’Oncle Sam a parlé des armes chimiques suivant ainsi son sous lieutenant Israël, il était évident que toutes les autres hyènes de la bande iront dans le même sens. Telle est l’une des règles fondamentales de la chasse élaborées par la meute.
Une semaine après l’Oncle Barry, François Hollande surnommé dans certains milieux revanchards « le Mou » ou « Le Flou » ou encore « Flamby » le 27 août 2012, François Hollande ira répéter le nouveau mot d’ordre : « Je le dis avec la solennité qui convient : nous restons très vigilants avec nos alliés pour prévenir l’emploi d’armes chimiques par le régime (syrien), qui serait pour la communauté internationale une cause légitime d’intervention directe », lors d’un discours devant quelque 200 ambassadeurs français réunis à l’Elysée. Son ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius qui, déjà en août professait que « Bachar Al Assad ne mérite pas d’être sur terre », ira énoncé sur Europe1 le 31 août que « il est certain que nous jugeons M. Bachar al-Assad responsable de l’utilisation de ces armes et s’il y avait la moindre tentative d’en faire utilisation directement ou indirectement la réponse serait immédiate et fulgurante ».
Sur France 3, dimanche 02 septembre 2012, Alain Juppé déchu du ministère des affaires étrangères pour cause de défaite électorale de Sarkozy a affirmé que les pays Occidentaux et leurs alliés (agresseurs) doivent «se passer d’un feu vert onusien pour attaquer la Syrie au cas où le risque de prolifération d’armes chimiques se dessinait ». Alain Juppé, un des assassins directs de Mouammar Kadhafi et des dizaines de milliers de personnes en Libye et en Côte d’Ivoire a précisé que« sur la question d’utiliser la force ou pas, notre doctrine de toujours-et je pense qu’il ne faut pas l’abandonner- est qu’on utilise la force qu’avec le feu vert des Nations unies. Est-ce que dans un certain nombre de situations extrêmes, comme le risque de prolifération des armes chimiques, on peut se passer de ce feu vert? Oui, je pense qu’il faut l’envisager ».
David Cameron, premier ministre britannique et Ban Ki Moon, secrétaire général de l’atlantiste ONU iront dans le même sens. Ce dernier  déclarant le 23 juillet 2012 depuis Belgrade : « il serait répréhensible de voir quiconque en Syrie envisager l’utilisation d’armes de destruction massive comme des armes chimiques. J’espère sincèrement que la communauté internationale gardera un oeil là-dessus pour que rien de tel ne se produise ».
La Turquie, le Qatar, l’Arabie Saoudite et tous les autres pions sont sur la même longueur d’ondes.Comme on le voit, les stratèges pro-guerre auront le triste mérite d’avoir tout essayé. La nouvelle rhétorique fondée sur les armes chimiques menaçantes pourra ainsi justifier une agression contre la Syrie en escamotant le double refus sino-russe et mettre ainsi la Chine et la Russie devant le fait accompli tout en misant sur le fait que, peut-être, ces deux pays n’iront pas jusqu’à livrer une guerre ouverte à l’Occident pour la Syrie. Rien n’est moins sûr.
Israël étant le pays qui fabrique en direction prioritairement des opinions occidentales l’essentiel de l’information sur ce qu’on appelle le monde arabe, démontre une nouvelle fois au travers de ce changement de rhétorique face à la Syrie qu’il sait tenir son rôle. Rôle qu’ont dépeint Stephen Walt et John Mearsheimer dans leur ouvrage « Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine » paru en 2007.
En effet, lors de la « Guerre des six jours » en 1967, Israël a arraché à la Syrie une partie de son territoire appelée le plateau du Golan d’où environ 100.000 syriens furent renvoyés. En 1981, le plateau du Golan passe sous les lois israéliennes et le territoire est repeuplé par quelques 18.000 colons israéliens. La Syrie tient absolument à reprendre ce territoire et pour ce faire, elle arme le Hezbollah et le Hamas qu’elle utilise pour maintenir la pression sur Israël. Comme le montrent Walt et Mearsheimer, seuls Yitzhak Rabin en 1994 assassiné plus tard et Ehud Barak dans un premier temps, puis opposé en 2000 furent favorables parmi tous les dirigeants israéliens de retourner à la Syrie le territoire volé contre un traité de paix. Ariel Sharon qui a succédé à Ehud Barak lui-même ayant fait marche arrière déclarera :« même dans mes moments de fantaisie les plus fous, je n’aurais jamais accepté une telle concession ». Ehud Olmert, successeur de Sharon confirmera : «  Le plateau du Golan restera en notre possession pour toujours ». Tous ses successeurs s’inscriront dans la même logique. « Israël n’abandonnera jamais le plateau de Golan ; cette région fait partie intégrante d’Israël et est vitale pour sa sécurité et sa protection » tranchait Yisraël  Katz, député israélien lorsque Javier Solana, Secrétaire général du Conseil de l’Union Européenne, en 2007, disait souhaiter aider la Syrie à récupérer ledit territoire.
Face à l’insistance syrienne va alors être engagée une œuvre de diabolisation du gouvernement syrien par Israël, ses dirigeants, ses intellectuels, ses médias et les puissants lobbies qui le soutiennent inconditionnellement dans sa logique de confiscation du Golan. Ariel Sharon, le 15 mars 2003 dira de Bachar Al Assad qu’il est un « homme dangereux et incapable d’un jugement sain »  avant d’appeler les Etats Unis à exercer sur Al Assad « une très forte pression » pour l’empêcher de soutenir le Hamas et le Hezbollah. Toujours en 2003, pour Ephraïm Halevy, conseiller pour la sécurité nationale de Sharon, Assad « irresponsable et insolent succombait fréquemment à de mauvaises influences »« on ne pouvait pas fermer les yeux sur ses machinations. Mais avant d’arriver à la guerre, il y a toute une gamme de mesures qui peuvent être prises pour limiter les crocs du jeune, arrogant et immature président syrien ». L’immaturité de Bachar Al- Assad étant sa volonté de voir la Syrie regagner le plateau du Golan.
Les deux auteurs citent beaucoup de personnalités allant dans le même sens dans les médias israéliens aussi bien qu’étatsuniens où elles accouchaient fréquemment leur propagande en vue de pousser l’opinion et les décideurs politiques occidentaux notamment étatsuniens à catégoriser la Syrie et éventuellement à lui livrer une guerre. « La Syrie avait un fort pouvoir de nuisance, beaucoup plus fort que l’Irak » Yoshi Alphar. « Je me demande si, étant donné la qualité de leurs sources, les Syriens n’avaient pas eu vent de la conspiration du 11 septembre et avaient omis d’en avertir les Etats Unis » Itamar Rabinovich, ancien ambassadeur d’Israël aux USA.« Prochaine étape : serrer la vis à la Syrie. Il faut utiliser tous les moyens nécessaires y compris la force militaire pour obtenir un changement de comportement et/ou de régime à Damas », journaliste israélo-américain Yossi Klein Halevi, 15 avril 2003 dans le Los Angeles Times. « La Syrie, amie du terrorisme, a elle aussi besoin d’un changement », Zev Chafets, 16 avril 2003 dans New York Daily News. « Je ne serai pas surpris si les armes de destruction massive que nous n’arrivons pas à trouver en Irak avaient pris le chemin de la Syrie » Eliot Engel. « Assad est un homme excessivement dangereux »Jed Babbin…On pourrait en citer d’autres. Mais c’est fastidieux. Soulignons simplement qu’à la même époque, il y avait une loi dénommée Syria Accountability Act qui fut votée par le congrès étatsunien sous l’instigation d’Eliot Engel et de l’AIPAC avec pour objectif d’intégrer la Syrie à la liste des pays de « l’Axe du Mal ».
La Syrie n’est donc pas dans l’œil du cyclone depuis 2011. Elle est ciblée bien avant le début du fameux « Printemps arabe ». Les mouvements de foule de ces deux dernières années dans les pays où l’Occident bénéficiant dans certains cas des yeux fermés de la Chine et de la Russie n’ont servi qu’à tendre vers la réalisation d’un objectif prévu de longue date à Damas. Pour ce faire, rien de plus efficace que de resservir les vieilles mais redoutables recettes des armes chimiques, bactériologiques voire de destruction massive. C’est en cela que les responsables israéliens qui font semblant de ne jouer aucun rôle en Syrie actuellement avaient été les premiers à réorienter la communication pro-guerre en la faisant passer du stade compassionnel des massacres nécessitant une intervention humanitaire bloquée par les méchants et cyniques Russes et Chinois au cap de la menace des armes chimiques, « ligne rouge » autour duquel les agresseurs tentent à présent de mobiliser. Il faut rappeler, pour finir, que les armes chimiques dont il est question sont celles que la Syrie avait achetées à l’Egypte en 1973, lesquelles ne font peur ni à Israël ni à l’Occident car disposant de moyens de dissuasion suffisants.
Le prochain sur la liste est l’Iran. Les dirigeants israéliens ne cachent même pas leur démarche. Certain que tous les actes qu’il aura à poser, que ce soit aujourd’hui ou demain, contre l’Iran a et aura l’appui moral et matériel de l’Occident notamment des Etats Unis d’Amérique, des dirigeants israéliens annoncent qu’ils pourront frapper l’Iran avant les élections américaines de novembre prochain, obligeant ainsi ce tuteur bienveillant à l’accompagner dans cette nouvelle mission. Ce matin, 03 septembre 2012 sur BFMTV, Jean Jacques Bourdin a essayé en vain d’obtenir de Laurent Fabius un mot de la diplomatie française allant à l’encontre du projet israélien. Projet qui au demeurant, ne fâche pas la plupart des diplomaties occidentales. Loin de là, elles le soutiennent, lui fournissent même des moyens pour son accomplissement. A la fin, Fabius n’a trouvé qu’une condamnation ou simplement de réserves quant à une future agression contre l’Iran. Il dira « je me demande même si les Iraniens ne sont pas dans une stratégie double en se faisant frapper puis dire « nous on ne faisait rien, on nous a tapés dessus faire. Ils deviennent ainsi la victime et du même et du coup ils récupèrent une espèce de légitimité auprès des populations ». C’est dire combien ce monde là réserve donc des surprises aux proies contre lesquelles il planifie des attaques. Il temps, grand temps que les peuples affaiblis ou faibles commencent sérieusement par penser sérieusement à leur survie en se regroupant, en se dotant de la conscience des enjeux, en fédérant autour d’un leadership avisé et responsable avec l’idée de rechercher les moyens les plus appropriés pour répondre aux défis que ce monde là pose et posera.
Mis à jour le 04 décembre 2012
03 septembre 2012
Komla KPOGLI

Gary McKinnon, hacker et chasseur de secrets

Le pirate informatique anglais Gary McKinnon, accusé d’avoir fouillé dans 97 serveurs du Gouvernement Américain entre 2001 et 2002 avait été arrêté en 2002 par l’unité nationale contre le crime de haute-technologie du Royaume- Uni.

Gary McKinnon

Il a ensuite été poursuivi pour effraction dans les réseaux informatiques de la NASA et de l’armée américaine. Il a reconnu avoir passé deux ans à rechercher des preuves photographiques d’un vaisseau spatial alien et des technologies avancées dans le domaine de l’énergie.

L’Amérique a obtenu qu’il soit extradé, et il pourrait être condamné à 60 ou 70 ans de prison et une forte amende. Il lui est interdit d’utiliser l’Internet.

Gary McKinnon a fait appel devant la Cour européenne des Droits de l’Homme

Gary s’est confié à Spencer Kelly, présentateur de « Clic » sur la BBC, pour raconter son histoire, avant son audition d’extradition le mercredi 10 mai.

Spencer Kelly : Vous êtes accusé d’avoir pénétré les réseaux de l’armée, la Marine, l’Armée de l’Air, le département de la Défense, et la NASA, entre autres choses. Pourquoi ?
Gary McKinnon : J’étais à la recherche d’éléments d’une technologie qu’on laisse au placard, désignée par moquerie sous le nom de technologie Ovni. Je pense que c’est le secret le mieux gardé au monde en raison de sa charge de dérision, mais c’est une chose très importante. Les retraités ne peuvent pas payer leurs factures de carburant, des pays sont envahis pour que des nations occidentales s’attribuent des contrats pétroliers, et pendant ce temps des membres du gouvernement secret dissimulent des technologies concernant l’énergie libre.
SK : Comment avez-vous procédé pour trouver ce que vous recherchiez dans les ordinateurs de la NASA, ou du Département de la Défense ?
GM : Contrairement à ce que la presse aimerait vous faire croire, ce n’était pas si difficile. J’ai recherché des mots de passe en blanc, j’ai écrit un tout petit script en langage Perl qui reliait d’autres programmes de recherche de mots de passe en blanc, ainsi vous pouvez interroger 65.000 machines en moins de huit minutes.
SK : Vous dites avoir ouvert des ordinateurs ayant un statut supposé de haute protection, correspondant à un haut niveau de responsabilités, sur lesquels personne n’avait institué de mot de passe ? Qui n’avaient que le mot de passe par défaut ?
GM : Oui, c’est bien ça. Un rapport officiel américain a encore récemment publié un rapport dénonçant le très très bas niveau de sécurité fédérale.
SK : Pendant combien de temps avez-vous fouillé ? Une semaine ?
GM : Non, pendant deux ans.
SK : Et vous êtes passés inaperçu pendant cette période ?
GM : Oui. Je faisais attention aux heures. Je jonglais avec les fuseaux horaires. La nuit il n’y a pas beaucoup de gens devant les machines. Mais une fois un ingénieur-réseau m’a vu et nous avons dialogué sur WordPad, ce qui était très, très étrange. Il a demandé : « Qu’est-ce que vous faites ici ? » ce qui m’a surpris. J’ai répondu que je faisais partie de la Sécurité Militaire informatique, et ça l’a totalement convaincu.
SK : Avez-vous trouvé ce que vous recherchiez ?
GM : J’ai observé un genre de vaisseau ou de satellite, mais construit par des moyens que je n’avais jamais vus auparavant. Il n’y avait pas de rivet, pas de soudure, ça avait l’air construit d’une seule pièce.
SK : Qu’avez-vous trouvé à la NASA ?

GM : Une des personnes était un expert photographique de la NASA, [Donna Hare] et elle avait dit que dans le bâtiment 8 du Centre Spatial Johnson ils passent leur temps à retoucher les images satellite à haute résolution pour effacer les ovnis : ils ont des dossiers nommés « filtrées » et « non-filtrées », « à traiter » et « brutes ».

J’ai sorti une image d’un de ces dossiers, mais je ne disposais que d’une connexion téléphonique très lente, à 56K, et, en utilisant une commande à distance j’ai dégradé l’information de couleurs à 4bit avec une résolution d’écran vraiment très basse, mais l’image s’affichait toujours par saccades. Et ce qui est apparu sur mon écran était étonnant. Tous mes efforts étaient enfin récompensés.

C’était une image de quelque chose qui n’était certainement pas synthétique. Ca se trouvait au-dessus de l’hémisphère terrestre. Un genre de satellite. En forme de cigare avec des dômes géodésiques au-dessus, en-dessous, vers la gauche, la droite et à ses extrêmités, et bien que ce soit une image de basse résolution ça apparaissait bien défini. Cette chose flottait dans l’espace, avec l’hémisphère terrestre bien visible en-dessous, et sans rivets, ni soudures, rien qui ait l’aspect de nos constructions habituelles.
SK : Est-il possible que ce soit une représentation artistique ?
GM : Je ne sais pas. Pour moi, c’était plus qu’une coïncidence. Cette femme avait dit : « C’est ce qu’on peut voir, dans ce bâtiment, dans ce Centre Spatial ». J’ai pénétré dans ce bâtiment, et c’est exactement ce que j’ai vu.
SK : Avez-vous une copie de ce document ? Elle a été capturée sur votre machine…
GM : Non, la visionneuse à distance affiche image par image. C’est une application Java, donc on ne peut rien sauver sur son disque dur, ou du moins seulement une image à la fois.
SK : Ainsi vous avez obtenu au moins une image ?
GM : Non.
SK : Que s’est-il produit ?
GM : Quand j’ai été coupé, l’image a juste disparu. J’ai été coupé pendant que je téléchargeais l’image.
SK : Quelle serait la punition appropriée pour quelqu’un comme vous ?
GM : Premièrement, en raison de ce que je recherchais, je pense que j’étais moralement correct. Bien que je le regrette maintenant, je pense que la technologie d’énergie libre devrait être publiquement divulguée. Je veux être jugé dans mon propre pays, pour intrusion informatique, et je veux que les Américains fournissent la preuve avant de m’extrader, parce que je sais il n’y a aucune preuve d’un quelconque dommage.
La NASA a déclaré à « Clic » qu’elle n’entendait pas discuter des questions de sécurité informatique ou des problèmes légaux. Elle a nié avoir jamais trafiqué des images dans le but de tromper et déclaré qu’elle avait une politique d’ouverture et de totale divulgation, ajoutant ne détenir aucune preuve directe de la vie extraterrestre.

Une autre interview de Gary McKinnon est disponible, réalisée par Kerry Cassidy & Bill Ryan dans le cadre de leur Projet Camelot.

Image : Kerry Cassidy & Gary McKinnon :

 

Climat: l’échec moral de notre génération

Karel Mayrand.

Si vous avez 27 ans ou moins, vous n’avez jamais connu un mois où la température globale était sous la moyenne historique. Selon le NOAA, juillet 2012 était le 329e mois consécutif où la température globale était au-dessus de la normale. Vingt-sept ans, c’est aussi à quelques années près le temps consacré à la lutte contre les changements climatiques. Quels sont les résultats d’une génération d’efforts ?

Les émissions globales de gaz à effet de serre (GES) ont augmenté de plus de 45 % depuis 1990 au lieu de diminuer. Elles ont atteint 34 milliards de tonnes en 2011.

Les concentrations de GES dans l’atmosphère sont passées de 350 à plus de 390 ppm depuis 1990.

La température moyenne de la planète a augmenté de près d’un degré Celsius (1,5 Fahrenheit) par rapport à l’ère préindustrielle. Cette hausse est déjà suffisante pour provoquer d’ici 2020 la disparition complète de la banquise qui recouvre l’océan arctique depuis plus d’un million d’années. Elle a aussi contribué à des sécheresses historiques comme celles vécues en Ukraine en 2010 et l’été dernier aux États-Unis et qui ont provoqué une baisse de la production agricole, une augmentation du prix des aliments et des crises alimentaires.

La compagnie de réassurances Munich Re affirme dans un rapport publié en octobre 2012 que les dommages causés par les catastrophes naturelles ont été multipliés par cinq en Amérique du Nord en seulement trois décennies, pour atteindre 1060 milliards de dollars en 2011 en plus de faire plus de 30 000 victimes aux États-Unis seulement. Un rapport commandé par la CIA et d’autres agences américaines vient d’ailleurs de conclure que les changements climatiques constituent une menace plus importante à la sécurité nationale des États-Unis que le terrorisme.

L’impensable est devenu réalité. Nous sommes entrés dans l’ère des changements climatiques, une ère de conséquences et d’inconnu.

Tout cela avec un réchauffement qui n’atteint pas encore un degré Celsius, et alors que ce même réchauffement s’accélère au point qu’il est devenu virtuellement impossible de limiter le réchauffement à deux degrés Celsius, soit le seuil fixé par la communauté scientifique au-delà duquel le climat se dérègle irréversiblement. Cet objectif est désormais hors d’atteinte.

La Banque mondiale nous apprenait la semaine dernière que la planète se dirige tout droit vers un réchauffement global de 4 degrés. À quoi ressemblerait un monde à +4 degrés de réchauffement ? Dans ce scénario digne des romans de science-fiction, des sécheresses s’étendent à une grande partie de la planète. Les pénuries d’eau et les crises alimentaires affectent l’humanité entière. Certaines régions du globe deviennent trop chaudes pour être habitées. D’autres sont englouties par la hausse du niveau de la mer. Ces changements provoquent des migrations massives. La vie telle que nous la connaissons sur Terre change irréversiblement, avec des conséquences encore inconnues pour l’humanité.

Ce scénario est celui auquel la génération de mes enfants, nés en 2004, fera face. En l’espace d’une vie humaine, le monde tel que nous l’avons connu depuis plus de milliers d’années basculera radicalement et irréversiblement. Une génération après que l’alarme eut été sonnée par les scientifiques, comment expliquer un tel échec ?

Cet échec est celui de nos institutions politiques. Les bénéfices de la production du pétrole, du gaz et du charbon sont concentrés dans les mains de quelques entreprises et de leurs actionnaires. Mais les conséquences des changements climatiques sont diffuses dans le temps et dans l’espace. En d’autres termes, ceux qui profitent de l’inaction sont peu nombreux, bénéficient de ressources financières quasi illimitées, et ont mis à profit des milliers de relationnistes et de lobbyistes dans une campagne mondiale visant à contrer une action décisive sur le climat. À l’opposé, ceux qui subissent et subiront les conséquences des changements climatiques sont très nombreux, généralement pauvres et sans influence politique, mais surtout répartis sur plusieurs générations à venir. Le rapport de force est inégal, d’autant plus que nos institutions politiques demeurent fondamentalement aveugles aux besoins et aux intérêts des générations futures.

Il s’agit aussi d’un échec moral. Malgré les preuves qui s’accumulent jour après jour sur le caractère irréversible des changements climatiques qui s’amorcent et qui placeront la majorité de l’humanité en situation de survie d’ici la fin du siècle, nous choisissons collectivement de faire primer les profits trimestriels de Suncor ou d’Enbridge sur la vie de milliards d’hommes et de femmes pour des dizaines de générations. Voir aujourd’hui nos leaders économiques et politiques faire l’apologie du pétrole et du gaz devant une telle injustice ne peut mener qu’au constat de leur échec moral. L’aveuglement et l’avidité ne pourront excuser leurs actions devant l’Histoire.

Chaque génération fait face à des échecs moraux : guerres, esclavage, génocides, répression des minorités et des femmes. La liste est longue. Notre génération est celle qui préside à la destruction irréversible des conditions climatiques qui assurent notre survie. Nous sommes la première génération humaine en position de laisser derrière elle une planète inhabitable pour celles qui viendront après elles.

La lutte contre changements climatiques n’est pas une lutte pour la protection de l’environnement. Il s’agit d’une lutte pour les droits des prochaines générations. Et face à la paralysie de nos institutions, nous devons inscrire notre dissidence devant le choix de détruire aujourd’hui, au bénéfice de quelques entreprises milliardaires, ce climat qui est le plus précieux héritage que nous pouvons laisser derrière nous.

Lorsqu’elle a reçu le prix Nobel de la paix en 2004, la regrettée Wangari Maathaï a prononcé cet appel moral qui peut nous inspirer aujourd’hui : « Au cours de l’histoire, il vient un temps où l’humanité est appelée à élever son niveau de conscience, à définir un nouveau cadre moral. Un temps où nous devons dissiper la peur et nous offrir de l’espoir. Ce temps est venu. » Ce temps est celui de notre génération, devant l’Histoire et face à notre conscience.

monde

COURTEPOINTE

Il nous faudrait des yeux
Plus grands que nos corps
Des yeux creux jusqu’à l’âme
Des yeux pour voir
L’aveugle indifférence

Il nous faudrait tricoter
Des bas de laine jusqu’aux peines
Les souffrances des autres
Au froid qui nous enterre
Sous nos avoirs altiers

Il nous faudrait une prière
Sans mots que les regards
Sans cérémonie, sans déni
Sans dieu préfabriqués
Un monde exempt de tiédeur
Qui dirait à ces dieux captifs en nous
«Je suis celui qui suis»
«Tu es celui qui est»

Et notre monde serait de paix
À l’image de nos nuits, clair
Mailler l’endroit et l’envers
Dans des draps pour le jour
À toutes les couleurs, cousues
Dans une doublure de toujours

Gaëtan Pelletier
5 janvier 2009