Archives quotidiennes : 1-décembre-2012

À hurler!

Pierre Foglia

T’as aimé ça ? J’étais dans le hall de l’Excentris, où je venais de voir Five Broken Cameras – cinq caméras brisées -, un documentaire qui raconte l’injustice et l’humiliation faites aux habitants d’un petit village de Cisjordanie par les Israéliens. Une heure et demie de lourde oppression. Non, je n’ai pas aimé ça. Personne ne peut voir des gens se faire écoeurer à ce point-là et aimer ça. Tu sors de là avec l’envie de hurler.

Mais je veux dire le film ?

Arrête ! J’ai envie de hurler, j’te dis, pas de jouer au critique de cinéma. Ces derniers jours, quand tu regardais ce qui se passait à Gaza, t’aimais ça ou, comme moi, tu rentrais ta rage en entendant les Israéliens dire que ce n’était pas eux qui avaient commencé ?

Five Broken Cameras est 100 fois plus enrageant. Parce que ce n’est pas la guerre. C’est la paix, enfin si on peut appeler la paix des claques sur la gueule, des soldats qui t’enfument, te réveillent en pleine nuit à coups de crosse dans la porte, des colons qui foutent le feu à tes oliviers.

Le village s’appelle Bil’in. Le cinéaste ? Y’a pas de cinéaste. Le documentariste ? Y’a pas de documentariste. Qu’on se le tienne pour dit : il n’y a pas derrière ce documentaire un cinéaste pacifiste danois pro-palestinien, ni une altermondialiste québécoise tombée amoureuse d’un Palestinien, ni un journaliste français de Libération, ni aucun autre Michael Moore. Il y a un paysan de 40 ans qui s’appelle Emad Burnat. Et si Emad s’est acheté une caméra, ce n’est pas pour filmer les méchants soldats israéliens. C’est pour filmer son quatrième fils, Gibreel, qui vient de naître.

Mais voilà qu’au même moment arrivent sur les terres du village des arpenteurs venus pour tracer la frontière où doit s’élever le fameux mur qui protège maintenant Israël des terroristes. Emad les filme. Quand les gens du village se mettent à manifester pacifiquement, très pacifiquement, Emad les filme aussi. Les villageois ne protestent pas à cause du mur, ils s’y sont résignés depuis longtemps, ils manifestent parce que le tracé empiète très largement sur leurs oliveraies, on est en train de les spolier au profit de la colonie juive voisine.

Quand l’armée débarque, Emad filme. Quand l’armée enfume le village, quand l’armée blesse un de ses frères, quand l’armée tue un villageois, Emad filme. Quand l’armée investit le village en pleine nuit, quand un soldat frappe à sa porte, Emad vient lui répondre la caméra à l’épaule, le soldat l’informe alors de cette chose inouïe : cette maison où est né Emad, où dorment à l’instant ses fils, cette maison se trouve désormais dans une zone interdite, et donc Emad y est interdit de séjour.

Quand un soldat tire sur Emad, Emad ne filme plus, parce que la balle s’est logée dans la lentille de la caméra. Il ne filme plus non plus quand un soldat donne un coup de crosse dans sa caméra. Il ne filme plus quand un colon lui arrache sa caméra. Il lui faudra cinq caméras pour aller au bout de son documentaire. Il lui faudra aussi l’aide d’un cinéaste israélien (Guy Davidi) pour le monter, le lancer, le montrer.

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Five Broken Cameras a été primé cette année aux deux plus grands festivals du documentaire dans le monde, Sundance et Amsterdam. Et il vient d’avoir le prix du public aux récentes Rencontres du documentaire de Montréal.

T’as aimé ça, alors ?

Je te l’ai dit : j’ai envie de hurler.

Le film m’a replongé dans une de mes plus anciennes indignations. Je suis de ceux – nombreux et d’opinion plus documentée que la mienne, je pense à des intellectuels comme Edgar Morin, Jean Daniel, Amos Oz – qui pensent qu’il n’y aurait bientôt plus de conflit israélo-palestinien s’il n’y avait plus de colonies.

Je ne comprends pas ces enclaves à l’intérieur du territoire palestinien. Je ne comprends pas que de nouvelles colonies continuent de s’implanter. Je ne comprends pas que les anciennes colonies s’étendent en empiétant sur le territoire palestinien comme on le voit dans le documentaire d’Emad. Je ne comprends pas que des autoroutes, interdites aux Palestiniens, les relient entre elles et à Israël.

Mais ce que je comprends le moins de cette ghettoïsation des Palestiniens, c’est qu’elle se fait au vu et au su du monde entier et qu’aucune des grandes démocraties du monde, la France, l’Angleterre, l’Allemagne, les États-Unis, le Canada, ne mette son poing sur la table. De temps en temps, un ou une secrétaire d’État américain déclare que les États-Unis ont demandé à l’État hébreu de mettre fin à l’implantation de nouvelles colonies. Notez bien : pas de procéder à l’évacuation des colonies implantées, non, non… S’il vous plaît, M. Nétanyahou, pas de nouvelles colonies. Il en rit comme Sharon avant lui et les plus libéraux aussi.

Ne comptez pas sur Obama pour lever le ton et conditionner la considérable aide américaine à l’évacuation des colonies. Rappelez-vous comment Nétanyahou a été accueilli en héros, ovationné par le Congrès, rappelez-vous qu’il a eu l’outrecuidance de planter Obama devant ce même Congrès…

Ce que nous montre Five Broken Cameras, ce sont des paysans palestiniens d’un petit village de Cisjordanie que les Israéliens bousculent, enfument, blessent, humilient, dépouillent de leurs terres. La vraie raison ? Le territoire. Tout le conflit israélo-palestinien est une question de territoire que se disputent deux nations. Une superpuissance dotée de l’arme nucléaire. Une autre qui lance des pierres.

Devinez derrière laquelle se rangent ceux qui mènent l’univers ?

Pierre Foglia

http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/pierre-foglia/20121…

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Pour ceux qui détestent Noël… Prend ça! mon es?&# de Coca-Cola!

Классные гифки (22 гифки)

Le monde de Rax

Publié par Saby
Ragnar Axelsson, (aka Rax), est un photojournaliste islandais.  Il voyage et photographie les modes de vies des peuples de l’arctique et les pays du Nord depuis plus de 25 ans. Petite balade chez les Inuits…

L’austérité sans fin…

Par Peter Schwarz
1 décembre 2012
Les médias ont en grande partie ignoré le principal message qu’a délivré lundi 26 novembre la réunion des ministres des Finances de la zone euro : à savoir que la population grecque sera confrontée à des années, si non des décennies d’austérité.

En comparaison, les titres des articles publiés par les médias – à savoir si la dette grecque sera inférieure à 120 pour cent du produit intérieur brut (PIB) en 2020 ou en 2022 ; si les taux d’intérêt des prêts seront abaissés ou si une décote de la dette sera imposée – ont été de nature secondaire et en grande partie hypothétique. Ces titres se sont résumés à la question de savoir quelle quantité de restes alimentaires donner à une victime pour pouvoir l’exploiter le plus longtemps possible avant qu’elle ne meure.

Malgré leurs divergences sur un nombre de questions, les ministres des Finances rassemblés, la directrice du FMI, Christine Lagarde et le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, ont tous été d’accord pour que la Grèce soit saignée à blanc. Si tout se déroule conformément à leurs projets, la Grèce commencera à générer un important excédent budgétaire dont chaque centime ira directement dans les coffres des banques internationales. Compte tenu de la dévastation sociale qui a déjà été causée par trois années d’austérité, il ne faut pas beaucoup d’imagination pour comprendre que ceci signifie la ruine totale du pays.

On soumet la Grèce à une expérience sociale sans pareille dans les pays occidentaux depuis la Première Guerre mondiale. On n’associe une dévastation comparable qu’à des dictatures militaires sanglantes comme celle de Pinochet au Chili ou bien à ce qui a eu lieu après l’effondrement de l’Union soviétique, c’est-à-dire au pillage et à la destruction de l’ensemble de l’économie aux mains d’oligarques criminels.

La Grèce sert de modèle pour l’ensemble de l’Europe et même pour le monde entier. Après avoir plongé le monde dans la crise en 2008 et après avoir été renflouées avec des milliers de milliards d’argent des contribuables, les banques insistent pour que ces fonds soient récupérés au moyen de coupes massives dans les salaires et les conditions sociales.

La « discipline budgétaire » est devenue une divinité adorée par tous les partis traditionnels. Ils ont créé leurs propres mécanismes – le frein à l’endettement en Europe, le mur fiscal aux Etats-Unis – pour anéantir tous les acquis sociaux obtenus dans le passé par la classe ouvrière. Les profits des banques et les biens des riches sont sacrosaints alors que les droits sociaux de centaines de millions sont foulés aux pieds.

Le capitalisme se présente à nouveau comme Karl Marx l’avait décrit : une société de classe brutale fondée sur l’exploitation des travailleurs par les détenteurs du capital, dont le résultat est l’enrichissement de quelques-uns et l’appauvrissement de la grande majorité.

La résistance à cette contre-révolution sociale grandit rapidement. Les informations venant de la Grèce montrent une amertume, une colère et une indignation généralisées. Des grèves et des manifestations ont balayé le Portugal et l’Espagne où des plans d’austérité sont en vigueur. Mais, l’opposition ne crée pas spontanément une perspective politique viable.

Les syndicats et une kyrielle d’organisations politiques cherchent à contenir l’opposition et à la mener dans une impasse. Un rôle clé est joué par la Coalition de la Gauche radicale grecque (SYRIZA). Tout en condamnant la politique d’austérité en paroles, elle ne se lasse pas de souligner son soutien au maintien de la Grèce dans l’Union européenne et sa volonté de rembourser la dette du gouvernement grec. Elle offre ses services aux créanciers internationaux en tant qu’alternative politique à la coalition gouvernementale chancelante dirigée par Antonis Samaras. Elle prétend que grâce à son image de gauche et à ses relations avec les syndicats elle est mieux placée pour imposer les coupes budgétaires.

Un certain nombre de partis d’une pseudo gauche présentent SYRIZA comme un modèle pour l’Europe. Dans une déclaration commune, le dirigeant du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, et Oskar Lafontaine, le dirigeant du parti Die Linke (La Gauche), ont appelé au développement de « nouvelles majorités politiques de gauche » en Europe basées sur l’exemple de SYRIZA.

Lafontaine et Mélenchon « constatent avec consternation l’usage qui est fait de l’Union européenne comme outil d’une politique d’austérité généralisée » et que « la démocratie européenne n’oppose plus aucune résistance aux injonctions du capital financier, ses agences de notation, et ses marchés. » Comme si on pouvait attendre de ces organisations qu’elles fassent autre chose que ce qu’elles font.

Lafontaine et Mélenchon cultivent délibérément l’illusion que l’Union européenne, l’instrument des intérêts patronaux européens les plus puissants, et les partis sociaux-démocrates peuvent être contraints par la protestation à représenter les intérêts des travailleurs.

En réalité, les gains sociaux et les droits démocratiques de la classe ouvrière en Grèce et en Europe ne peuvent être défendus que sur la base d’une perspective révolutionnaire pour le renversement du système capitaliste et la réorganisation de la société sur une base socialiste. SYRIZA, les Partis de gauche, les syndicats et la multitude d’organisations de la pseudo-gauche alliées aux syndicats sont farouchement opposés à une telle perspective.

Une rupture avec ces organisations est la condition préalable essentielle pour mener à bien une lutte contre les attaques perpétrées par l’Union européenne. Les travailleurs et les jeunes doivent s’organiser indépendamment en s’unifiant à travers l’Europe. Ils doivent lutter pour la mise en place de gouvernements ouvriers et pour les Etats socialistes unis d’Europe. Mais avant tout, ils doivent construire leur propre parti révolutionnaire – le Comité International de la Quatrième Internationale et ses sections, les Partis de l’Egalité socialiste.

(Article original paru le 29 novembre 2012)

wsws.org

Société sous influence

 

ELYAN

Sans sombrer nécessairement dans une vie opaque, trop de gens oublient de juger de la pertinence de certains biens, de voir l’illusion de qualité de vie qui leur est montrée en modèle. On a développé la culture du champion, de l’individu capable de sublimer ses limites au péril de la décence en le laissant se parjurer dans un univers créé de toutes pièces par les faiseurs de beaux dollars, ceux qui lui ont appris qu’il ne serait rien tant qu’il n’aura pas réussi à faire baver ses voisins d’envie et à renier son âme.

Il y a deux étés de cela, la machine lançait la mode du outdooring. Le Québec s’est emparé de la frénésie à bâtir dehors, sans même se questionner à savoir où il entreposerait les rideaux extérieurs, les coussins et les meubles l’hiver venu. Sur toutes les galeries on pouvait voir l’ensemble de patio acheté souvent au péril d’un budget réaliste. Sur ces balcons on n’y voit personne, que des meubles qui trônent comme le nain de jardin ou le flamant rose qu’on finit par oublier sous la neige. Et on accepte que l’essence atteigne des sommets indécents et parfois on se saigne pour acheter les magazines qui nous permettront de demeurer crédibles dans cet univers de faux besoins. Paraître à tout prix, posséder quitte à traîner son lit au boulot.

Qu’en est-il du cerveau des individus, après des décennies d’enseignement, de culture, d’inventions, d’ouverture sur le monde, bien après toutes les révolutions? Nous n’avons jamais tant eu à faire le désolant constat d’insipides façons d’agir, du manque total de réflexion de la part d’un nombre toujours plus élevé d’individus, l’absence d’une véritable individualité et la robotisation ayant fait leur oeuvre. On peut d’ores et déjà s’attendre à la plupart des réactions, des propos, des interventions, lassant prélude au déjà vu qu’on aurait envie de gifler.

Et toute cette soupe s’agite à peine consciente du monde qui l’entoure. Il faut faire vite, foncer tout droit sans regarder. La vérité est qu’un tas de gens n’ont pas les moyens de faire tant de manières mais ils font tout pour l’oublier. La vérité est qu’un tas de gens se prostituent au système pourvu que celui-ci leur frotte le nombril. La vérité est qu’ils ne sont plus tout à fait humains.

On suit les courants comme des vagues impossibles à défier. Le bandeau sur les yeux on se laisse conduire au prochain besoin. Les Plouffe c’est du science-fiction. Une fois la porte refermée sur les conditions de vie, tout faire pour paraître normal en ajustant les apparences aux normes. T’as une belle voiture!: mais pourquoi y a-t-il un trou grand comme une canyon dans tes finances? T’es chanceux tu reviens des pays chauds!: mais pourquoi tu cries chaque fin de mois quand tu reçois tes factures?

Il lui faut continuer de faire semblant, contribuer à rouler sur ceux qui l’entoure, ceux-ci n’ont qu’à faire pareil. Le gars est tout content de voir que la valeur de sa propriété a augmenté de 30% sur son compte de taxes. 30% et il jouit comme s’il avait gagné à la loterie. Oui la loterie des cons. Et y en marre de le voir brailler dès qu’il réalise que ce qu’on lui a foutu dans les pattes n’était que du vent et qu’il a dû le payer cher. Il ne sait plus faire pousser un plant de tomates et il se croit en droit de posséder le monde.

Alors il travaille fort pour posséder le rêve. Il crie à l’injustice mais il aime en profiter. Il condamne les comportements irresponsables mais il en use à outrance. En 2012 on doit faire des publicités pour dire aux gens de ne pas texter en conduisant. Est-ce qu’il faudrait crier au vol (à l’imbécillité c’est clair)? eh oui. Il en coûte des milliers de dollars à tous pour convaincre un tas d’égarés de la matière grise de ne pas texter en conduisant alors qu’ils crient pourtant à l’offense lorsque quelqu’un qui a bu prend le volant.

Alors il lui manque quoi à l’humanus truc, métrosexuel en déclin qui se rase le moindre poil, qui lit tout ce qui se fait de nouveau, qui discute avec n’importe qui de n’importe quoi, parce qu’avec trois ou quatre phrases bien placées il arrive à avoir l’air conscient. Je vous en épargne quelques unes, je n’en peux plus de les entendre. A croire qu’un grand maître invisible les a hypnotisés et qu’il ne sait plus que répéter la même chose. Que pensez-vous de l’augmentation du prix de l’essence: ……. (?) On nous prend encore en otage! Cette phrase vendue chez Walmart, rayon 15, avec la célèbre autre phrase: Que voulez-vous on doit s’y faire! et sa cousine: Comme on dit, on a pas le choix! Si je rencontre ce «On» je sens que nous aurons une bonne discussion.

Un café Tim Horton à la main, la facture du teinturier dans le coffre à gants avec un pamphlet de restaurant offrant des sushis désushisés (capables d’être avalés sans vomir puisqu’il déteste le poisson cru) et le voilà en business. Son monde ressemble à quelque chose.

La culture? on a pas le temps. La réflexion? es-tu fou toi. La conscience? laquelle…

Je m’ennuie de Marcel, capable de refuser de porter une chemise rose qui lui moule les bourrelets, de Martine qui prenait plaisir à voir grandir ses enfants, de Jacques qui n’avait pas d’idole. Je m’ennuie des Lennon, Luther King qui ont troué le mur de la bêtise. Je m’ennuie des petits poissons des chenaux qui n’ont plus la cote depuis qu’on a oublié d’en faire des superstars. Je m’ennuie des gens normaux.

Quand au fond de leur campagne isolée nos ancêtres ont vu arriver les trains dont les cheminées crachaient un charbon qui renversait le jour et s’en sont désolés, on a pu que leur dire qu’ils étaient des fous rétrogrades et qu’ils ne comprenaient rien au progrès. Aujourd’hui, une population toujours plus imposante n’a jamais vu de près une vache ou un cochon et souhaite d’ailleurs qu’il en soit ainsi. Et elle continue encore à chercher des solutions pour contrer les effets néfastes mais invisibles de tous ces nuages maintenant toxiques et elle a l’air tellement à court d’idées. Elle ne sait plus qu’il y a une vie en dehors du copié-collé.

Monde de chimères. Faux savants et penseurs de fortune. Le conditionnement continue un peu plus chaque jour et il leur fait accepter les pires horreurs. C’est ainsi que la machine vient à bout de faire taire les voix en faisant taire les consciences.

Et on se gave de principes et de préceptes, incapables de déranger l’ordre établi, convaincus que nous ne sommes que de la marchandise jetable et qu’il faut tout faire pour ne pas aboutir aux poubelles. On attend quoi de la commission Charbonneau? qu’elle écrive des vérités, car il faut enquêter pour découvrir temporairement les mensonges et là aussi montrer que faire et ne pas faire? On attend quoi des gens qui nous gouvernent? qu’ils réussissent à se faire oublier? On attend quoi des médias qui raclent les sujets pour ajuster une tendance aux enjeux que la machine a prévu nous donner à atteindre? Ils doivent faire le contre-poids entre le vol direct que la commission nous balance quotidiennement et les autres pertes naturelles d’argent commun. Autant présenter les dépenses sociales comme étant inadmissibles. Les vieux vivent trop vieux, les pauvres sont fatigants et la seule façon d’envisager changer de voiture est d’exploiter les richesses naturelles, de défigurer un peu plus la planète qui se meurt et de s’endetter pour travailler à s’endetter. 800 travailleurs du nucléaire risquent d’avoir une prime de départ qui calmerait bien des névroses et se sentent investis du devoir de renverser une décision de fermeture pour sauver l’économie d’une région qui a vécu du nucléaire.

Un autre 2008 et plusieurs qui s’étaient cramponnés seront emportés. On a si bien cerné leur cage qu’ils dépendent de tout ce qu’ils ont seulement pour se nourrir. On leur a appris à regarder leur univers à l’envers afin qu’ils ne hurlent pas en se levant le matin. Lorsqu’après une journée épuisante, une semaine épuisante ils font face à leur frigo, la réalité leur dicte encore de mentir sans chercher plus loin: la faute à pas de temps, trop de dépenses si le désert s’y installe. Des taux d’intérêts à la hausse seront une catastrophe et cela arrive. La machine a prévu empiler les gens, condominiums, hlm, édifices. Une matrice idéale pour elle. Pensons seulement à des taux d’intérêts comme ceux des années 1980 et l’horreur est aux portes. Les gouvernements ont transféré un poids financiers supplémentaires sur les municipalités qui se chargent d’imposer la propriété. Sa valeur signifie de moins en moins l’actif que l’on détient, puisqu’un actif ne vaut rien si on ne peut le monnayer. Quand on voit qu’en Ontario le prix des résidences offertes aux gens à faibles et moyens revenus, se situe entre 400 et 600,000$, on peut comprendre qu’à ce prix il faut songer à se battre toute sa vie et l’idéal serait d’adopter autant d’enfants nécessaires qui ne quitteront jamais le nid familial ou encore de renouer avec les notions d’esclavage.

Et je rêve de révolte. Cette longue file des enchaînés me fait plus peur que les bombes. Elle parle de plus en plus une langue que je ne connais pas. Elle se vautre dans la stupidité et je ne sais plus si elle a un visage.

Récemment, quelqu’un me fit le commentaire suivant: lui et sa soeur sont des gens biens qui occupent des positions enviables. J’ai failli hurler à l’arnaque. Dès lors que vous prendrez votre retraite vous deviendrez des salauds? Cette même déclaration en deux petites phrases distinctes au lieu d’une seule aurait suffi à être humainement acceptable. Que dire de cet homme qui ne savait pas comment m’aborder sans déverser ce qu’il ignorait être de trop: ma fille est avocate chez une importante aluminerie, ce à quoi je lui ai répondu qu’il n’y avait pas de sot métier, n’ayant pu me satisfaire de l’ignorer parce que tous les jours je voyais sortir de la bouche des 14 cheminées de cette compagnie le contraire d’une cohabitation profitable à tous, que le nuage qui survole la ville a des allures de fin des temps et l’odeur d’une sépulture à ciel ouvert.

Et oh miracle, la réalité m’a rattrapée! J’ai vu cette publicité d’une voiture de luxe qui dit qu’un jour la vie défilera sous nos yeux et qu’on doit faire en sorte qu’elle vaille la peine d’être vue … La publicité ne dit pas si ça vaut lorsqu’elle est sous financement par contre.

Alors maintenant j’en suis convaincue, ces façons étudiées de diriger les opinions réussit à faire trébucher des gens qui pourtant semblaient réfléchir. J’ai peur désormais qu’on m’enlève l’univers, qu’on ne m’autorise plus que les souvenirs. Je devrai déambuler avec un bandeau dans les cheveux, une cymbale à la main et un vague signe peace and love pendouillant, prête à rejoindre le monde des décrochés, femme sandwich porte-étendard d’un monde révolu. Si je peux, quand ce monde sera si indigne que je n’aurai plus d’espoir de le voir humain, je lèverai la patte et je pisserai sur toutes les chaînes des enchaînés pour qu’ils puissent oublier à quoi ressemblait un humain. J’irai célébrer le néant chez McDonald et je lancerai des big mac aux mouettes. Ce sera jour de fiesta.

Le bon sens doit militer pour attendrir, comme ces enfants du tiers monde qu’on montre au cas où leur vue réussirait de temps en temps à ce qu’on se souvienne d’eux, juste un peu. A force de voir tant d’horreurs, je considère que l’ensemble de la conduite et de la condition humaine est maintenant horrifiante. On devient peu à peu insensible, non plus seulement à la beauté, non plus à la bonté, mais à ceux qui ne font plus aucun effort pour être des humains et c’est encore plus terrifiant. Décembre 2012? oui ça pourrait le faire. On ne désire ni mourir ni vivre… ainsi. Moi qui craignait que la peur de désolation soit l’héritage de nouvelles générations qui n’auraient pas connu une vie faite de vie. J’ai oublié qu’on pouvait sortir de la vie tout en restant vivant, comme un film s’achève, lorsqu’on peine à trouver quelques uns des repères qui nous permettraient de croire qu’on a rien rêvé. Je compile maintenant la vie comme des souvenirs de temps révolus, un regard sur le monde des dinosaures vers lequel je me précipite. Bientôt je peindrai des carottes oranges et des sourires, par nostalgie. J’entend confondre tous les psys.

J’ai désespérément besoin d’une révolution, avant que tout soit gris et terne. Je ne peux pas m’amuser d’une vie de conduite tout terrain. Ça ne m’amuse pas non plus de faire des défis inutiles qui n’ont rien de nobles. La seule chose que j’ai besoin de vérifier est que je n’ai rien perdu de mes yeux d’enfant, comme le petit prince. Mais on m’enlève les rivières, les arbres. On cache les trésors chez les riches, tous ces trésors autrefois gratuits. Je dois m’accrocher à des images, à des souvenirs. Qu’arrivera-t-il à ceux qui n’en ont pas?

Je défile dans ma tête les diapos des gens qui flottent en Louisiane, des corps empilés de la deuxième guerre, des enfants qui marchent les dépotoirs en quête de nourriture, de ceux qu’on tue pour nourrir les guerres, des gens qui pleurent leurs proches assassinés, mutilés, occis, des cheminées qui crachent l’horreur 24 heures sur 24, des vieillards qui n’ont plus droit à l’amour, des gens qui souffrent au pied de la civilisation financière. La femme sait de quoi est fait le bonheur mais l’humain en elle raconte tout ce qu’elle sacrifie à ce bonheur.

Décembre 2012? oui si c’est garanti qu’on vienne à bout des fous. D’ailleurs je ne m’en préoccupe pas. Ce scénario vu et revu me laisse indifférente. Il faudra un jour que cessent toutes les infamies.

Des survivants de l’holocauste déclarent qu’ils n’éprouvaient plus de sentiments. Serais-ce que l’humanité toute entière est sous holocauste?

J’ai peur de ne me contenter que des signes, comme ces images qui inconsciemment nous conditionnent à accepter. Tendances dégoûtantes, cerveau au repos (encéphalogramme presqu’à plat), regard sur des affiches et des réalités prêtes à consommer qui sauront nous épargner de réfléchir. Monde de titres, de couleurs, de grades, de laideurs enrubannées. Et si on défilait la vie avec deux bandes différentes, uniquement la bande sonore de ce que nos yeux voient ou uniquement visuelle de ce que nos oreilles entendent, nous saurions qu’il n’y a plus d’humains… il n’y a que les enfants qui attrapent la pluie dans leurs paumes.

J’ai dans ma tête ces airs nostalgiques, ces prières, ces témoignages auxquels on communie, qui racontent plus que les mots. Des plaintes de ces entités livrées à la solitude, le corps emprisonné, l’âme violée.

J’ai rêvé que nous étions tous devenus fous.

Quand j’étais petite une question me hantait concernant l’holocauste: comment tant de gens avaient-ils pu se laisser faire? Puis j’ai peu à peu compris à quel point le mensonge et la peur sont des armes puissantes.

J’ai rêvé que le soir de Noel, au lieu de nous cacher derrière la dinde et de rouler sous le sapin, nous pourrions tous décider que dorénavant ce monde recevra le meilleur de nous tous, parce qu’il en a marre de chacune de nos conneries.

Elyan 

Hiver Kamouraska

Déco Noël

N’oubliez pas de cliquer sur les photos pour agrandir…

 

 

LA BALLE DANS LE FUSIL

Dans les guerres, ceux qui tirent sur les «fusillés», n’ont aucun remords. Des exécutants…

Les ordres sont les ordres.

Même les «grands» de Nuremberg ont pris pour défense qu’ils n’étaient que des exécutants. En fait ils faisaient leur devoir…

Avec sa stratification de couches sociales, la merde des dirigeants est camouflée sous la couche : plus de coupables. Tous des amateurs de lavabos…

Et de couche en couche, on se gratifie d’être le un «chef d’entreprise», un fonctionnaire haut-gradé, ou un petit, si petit qu’il tire en mitraillant sur son clavier.

C’est comme ça qu’on devient des innocents des petits crimes de chaque jour.

Quand ils ne meurent pas, ils sont malheureux.

Les travailleurs vivent souvent dans un camp de concentration.

La médaille

La plus grande récompense d’un patron est qu’il soit tapé dans le dos en signe de congratulation… pour sa performance.

Sa performance se résume à une tâche le plus souvent administrative, sans intérêt pour la personne humaine.

La plus grande mine d’or des hauts gradés sont  l’exploitation de la vanité, de l’égoïsme  d’égos, de flamboyants, ignorants, sans questionnement.

Ceux-là brisent la vie des gens de façon journalière.

Tuer le bonheur de quelqu’un, lui prendre son énergie, sa bonté, sa simplicité, c’est tuer.

Les fusillés de la mondialisation

Ils ne sont pas tous morts…

Regardez autour de vous, ils sont encore là – avec leur brochette de médecins, de psy, enfermés, détruits.

Les grands flambés de la guerre économique sont au bord du Karoshi .

Mort par sur-travail ») désigne la mort subite de cadres ou d’employés de bureau par arrêt cardiaque suite à une charge de travail ou à un stress trop important. Le karōshi est reconnu comme une maladie professionnelle au Japon depuis les années 1970.

Ce sont ceux qui en meurent… Reste ceux qui restent : les éclopés.

Ni grabataires, ni autistes, ni retardés mentaux, ils se sentent accablés par la société. Ils ont le sentiment de ne pas pouvoir accomplir leurs objectifs de vie et réagissent en s’isolant de la société.

Les nègres acolores

Les «nègres» n’ont plus de couleur, ni de pays. Ces nouveaux esclaves sont aussi les victimes de la crise économique.

Dans la grande déportation des «nègres» ( sans âmes) à l’ère où ils se vendaient sur la place publique, le seul voyage en bateau – dans des cages restreintes  et dans des conditions si néfastes- on créait ainsi une sorte de sélection naturelle d’où sortaient les «grands vainqueurs». Près de 40% en mouraient…

C’est la même chose aujourd’hui, sauf que les survivants de la grand traversée de l’«inhumanisation» se retrouvent à la solde des maîtres du monde.

Ça s’appelle parfois un boss…

Un exécutant compétent.

Il risque pas de se faire fusiller.