Archives quotidiennes : 28-novembre-2012

On va se jaser dans le casque un peu

P.S. Je vous refile un article de l’ami Marc, Français d’origine qui a publié un texte sur les jurons du Québec. Ça prenait quelqu’un de l’extérieur pour nous faire entendre ce dont on oublie ici. 

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Me suis rendu compte que la majorité des visiteurs de ce site sont des tit cousins francophones d’Europe, fâ que j’sors mon françâ du dimanche… mais, en bon blog culturel, laissez moi vous présenter un peu de vocabulaire local histoire de pas avoir une gang d’innocents icitte ..suivez l’guide mes tarlas  !


Nous aut, les Québécois, on parle joual. On sacre joual. Le mot joual, qui s’emploie parfois avec une petite nuance péjorative, prend ses origines dans la prononciation populaire du mot « cheval », à indiquer une façon batârdisée de parler français. Le « joual » abonde d’onomatopées, de phrases syncopées, de mauvaises intonations, de mots entrecoupés de sacres et de blasphèmes. Les Québécois aiment parler joual. On le pratique par osmose. Entre « jouaux », on arrive à se reconnaître dans l’écurie.

On va commencer par un bon sacre ..icitte, on ne dit pas « merde », ou  » hé putain » ou « con », non, non, on ne touche pas aux parties intimes pour jurer .. on dit :

Bon .. mais faut comprendre que beaucoup de Québécois évitent d’utiliser ces jurons sous leur forme « originale ». Ils préfèrent les déformer pour paraître moins grossier (de la même manière qu’en France on dira « purée ! » au lieu de « putain ! »). Ainsi, « tabarnak » devient « tarbarnouche » ou « tabarouète », « calice » devient « caline » ou « calik », « maudit » devient « maudzeusse » ou « mozusss ». Les exemples de déformation sont nombreux, chacun y allant de sa touche personnelle.

On est créatif ou on l’est pas !!

Pratiquons :

« Putain que ça fait mal » = « Maudit que ça fait mal »= »Esti que ça fait mal » (prononcez « estik’sa fait mal ») …

« Tiens, je te le rend ton putain de fric… »= « Tiens prend lé ton esti d’bacon ».

« Je m’en vais » = « je sacre mon camp », « je crisse mon camp ».

« Mais quelle cochonnerie tu as encore acheté ! » = « tabarouette, t’as pas acheté cteu patente là ?! » = »ostie d’marde de bébélles kt’as acheté là ! »

« Je vais l’engueuler » = « M’en va y chier d’ssu » = « J’va y donner un char de marde/bétises. »

« Je ne comprends plus » = « Chuis mêlé » = « Chtoute fourré sti. »

« Ah! Je suis rassasié » = « Asti chu brourée » = « Chui plein »

« Oh, mais laisse moi tranquille! » = « Criss moé patience » = « Sacre moé la paix »

« une voiture » = « un char »

« Tu as la braguette ouverte  » = « t’es pas zippé » = « t’as la fly ouverte »= »t’aimes tu les courants d’air ? »

Bon, alors on finis tu sur un tit morceau de tune à Charlebois à ctheure qu’vous commencez à catcher l’affaire :
« ça arrive à la manufacture, les culottes pas zipées, en retard, ça dit que ça a fait un « flat », ou que le char partait pas, ça prend toute pour entrer sa carte de « punch » dans la « slot » de la « clock »…Envoie…grouille-toi….Qui c’est qui a gagné hier soir, Rousseau passe jamais le « puck », il a fait le tour du forum avec, puis va s’écraser sur la bande…ça zigonne…ça « fuck » le chien….Fly… « 

Maintenant que vous êtes vraiment dedans, on y va pour du direct :

Marc Lafontan, Au bout de la route 

Le gratin empaillé

Les stars quand elles étaient ados.. - By Spi0n.fr

Je n’ai pas été un fan d’Aérosmith, mais Steven Tyler a une voix unique, classé le troisième des chanteurs rock. Mais qui donc fait les classements?

Les États-Unis d’Amérique…. Le pays où les cowboys volaient les chevaux et les banques au 19e siècle, mais maintenant, voulant agrandir les enclos, ils s’en vont voler les humains partout sur la planète.

Ils ne volent plus les banques; ce sont les banques qui les volent… Et ils aiment ça. Comme ils aiment leurs rockeurs .. Elvis Presley fut sans doute la plus grande « idole » des américains. Ils se vêtaient de paillettes vulgaires, portrait de ricains qui trouvaient vulgaires le décorum amérindien, ces « sauvages » mal armés qu’ils ont vaincu.

Ainsi, les américains, vers l’an 2000, essayèrent de définir ou de trouver la meilleure chanson du 20e siècle. En tête, on retrouva « Yesterday » des Beatles et « Only God Knows » de Brian Wilson membre des Beach Boys.

En langue anglaise… Pourquoi pas une chanson de Ferrat? De Renaud? Ou « LE DÉSERTEUR » de Boris Vian? Parce que le nombrils étasunien est le Grand Canyon…

Je reviens à Steven Tyler, qui après s’être débarrassé de la drogue, de plusieurs rides, est d’origine italienne: Stephen Victor Tallarico. On peut comprendre que l’Amérique ait avalé les quelque 20 ou 25 millions d’italiens qui y résident, ou encore les espagnols ( 17% des américains sont de souches hispanique), mais c’est assez représentatif de la mentalité du pays.

On peut bien voler du pétrole, mais voler de la culture, uniformiser, pendant que l’on se plaint de la disparition d’espèces animales, on peut bien s’inquiéter de la disparition de la belle différence des cultures des habitants de cette planète. Mais non…. Les U.S.A. ont le monopole de la vérité.

Le catholicisme a inculqué ses croyances à travers une série de kapos, drogués à « l’argent », l’or et les épices.

Je suis un grand fan des films français. Je remarque toutefois que l’on retrouve de plus en plus, sinon que rien que des balades en langue anglaise pour broder les trames sonores des films.

Il n’y a pas que le fromage qui disparaît de la France, ni le français à Montréal. Il y a une culture distinctive de la chanson, des arts et des mentalités.

Le gratin

Il ne faut pas qu’écouter la « performance » extraordinaire de Steven Tyler, mais écouter 30 fois la chanson en regardant cette galerie de « pauvres » devenus célèbres. Paul McCartney dans une loge avec le Président Obama, Michelle, Oprah Winfrey…   « Oprah portait souvent des robes faites de sacs de pomme de terre qui faisaient d’elle la cible des moqueries des autres enfants » …et les vedettes de la salle. Il y en a un qui a dû avaler un peu de farine, j’ai l’impression qu’avec un bon levain, il gonflerait sur son siège.

Farine or not farine? That is the question…

Ce n’est pas trop « gênant » d’être assis à côtés de tous ces pauvres devenus célèbres, riches et puissants… Ou tout à la fois… Mais assis à côté d’un gars qui joue du drone à manettes…Je serais réticent. Même un gars comme Dave Grohl, ancien membre de Nirvana, qui a créé par la suite  Foo Fighters,  est un « délinquant perpétuel ». Que j’admire… C’est le type qui – il l’a avoué – s’en va fendre sa corde de bois avec un paquet de cigarettes… Tous des rockeurs  et décrocheurs, adeptes de la camomille…. ( c’est une blague..).

Qu’en dire de plus? Aux États-Unis, la réussite mène à l’Alzheimer.

Notez que je ne porte pas de jugements. Je constate… Je ne fais que regarder les gens « évoluer ». Et se perdre, parfois, dans leur « évolution ». L’argent, la gloire, Rock N Roll s’entremêlent à un certain moment. Même le chef de la plus grande armée du monde qui se prélasse avec les meilleurs musiciens du monde (sic), qui est le représentant de la foi mondialiste en la réussite « personnelle ». C’est ça la foi réelle et l’hypocrisie américaine sur la religion du Christ, l’assassinat et le vol des terres amérindiennes.

Ils arrivent… De partout. S’ingérant. Pénétrant. Violant les différences.

Rien de changé: les humains courent les dieux comme les fourmis courent le sucre. C’est comme des Tanguy mondialisés… 🙂 , encore attachés à leurs parents, incapables de « partir » de la maison. Il faut comprendre que la nature humaine est un ensemble, que nous nous nourrissons les uns les autres.

Précision: C’est Paul McCartney qui aurait demandé à Steven Tyler de chanter pour lui.

J’ai mis par la suite, une chanson qui pourrait bien être la meilleure chanson du 20 e siècle: Angéline. Puisqu’elle défini toute l’horreur de la déportation, de l’exportation, de la brisure des amours.

Steven peut bien chanter fort… C’est superbe! Mais Marie-Jo Thério enferme en un texte tout le drame de l’humanité.

Et puis Marie-Jo:

Les étoiles étaient dans le ciel
Toi dans les bras de Gabriel
Il faisait beau c’était dimanche
Les cloches allaient bientôt sonner
Tu allais tu marier
Dans ta première robe blanche

L’automne était bien commencé
Les troupeaux étaient tous rentrés
Et parties toutes les sarcelles
Et le soir au son du violon
Les filles et surtout les garçons
T’aurais dit que tu était belle

Évangéline, Évangéline

Mais les anglais sont arrivés
Dans l’église ils ont enfermé
Tous les hommes de ton village
Et les femmes du passé
Avec les enfants qui pleuraient
Toute la nuit sur le rivage

Au matin ils ont embarqué
Gabriel sur un grand voilier
Sans un adieu sans un sourire
Et toute seule sur le quai
Tu as essayé de prier
Mais tu n’avais plus rien à dire

Évangéline, Évangéline

Alors pendant plus de 20 ans
Tu as recherché ton amant
À travers toute l’Amérique
Dans les plaines et les vallons
Chaque vent murmurait son nom
Comme la plus jolie musique

Même si ton cœur était mort
Ton amour grandissait plus fort
Dans le souvenir et l’absence
Il était toutes ta pensée
Et chaque jour il fleurissait
Dans le grand jardin du silence

Évangéline, Évangéline

Tu vécu dans le seul désir
De soulager et de guérir
Ceux qui souffrait plus que toi-même
Tu appris qu’au bout de chagrin
On trouve toujours un chemin
qui mène à celui qui nous aime

Ainsi un dimanche matin
Tu entendis dans le lointain
Les carillons de ton village
Et soudain alors tu compris
Que tes épreuves étaient finies
Ainsi que le très long voyage

Évangéline, Évangéline

Devant toi était étendu
Sur un grabat un inconnu
Un vieillard mourant de faiblesse
Dans la lumière du matin
Son visage sembla soudain
Prendre les traits de sa jeunesse

Gabriel mourut dans tes bras
Et sur sa bouche tu déposa
Un baiser long comme ta vie
Il faut avoir beaucoup aimé
Pour pouvoir encore retrouver
La force de dire un merci

Évangéline, Évangéline

Il existe encore aujourd’hui
Des gens qui vivent dans ton pays
Qui de ton nom se souviennent
Car l’océan parle de toi
Les vents du sud portent ta voix
De la forêt jusqu’à la plaine

Ton nom c’est plus que l’Acadie
Plus que l’espoir d’une patrie
Ton nom dépasse les frontières
Ton nom c’est le nom de tous ceux
Qui malgré qui soient malheureux
Voit ton amour et qui espère

Évangéline, Évangéline, Évangéline

***

Le texte de la chanson inspiré de l’héroïne fictive Evangéline du poème épique de Henry Wadsworth Longfellow écrit en 1847 qui raconte la déportation des Acadiens .

Michel Conte n’a pas réinventé la roue, mais c’est le poète qui lui a fournit les essieux…

Gaëtan Pelletier

28 novembre 2012