Archives quotidiennes : 25-septembre-2012

RENÉE MARTEL et PATRICK NORMAN – Mille après mille

Probablement la parfaite chanson country… On peut la faire en trois accords. Sol, La mineur, ré.

Mais elle touche…

Daniel DeShaime – Un peu d’innocence

Encore le son des années 80. Un disque-maison, sans doute, et un chanteur plutôt mauvais. C’est le petit air accrocheur… génial!

Fosse route

« Ah ! Il y a tant de choses entre le ciel et la terre que les poètes sont seuls à les  avoir rêvées. »

 Friedrich Nietzsche

Le charnier s’agrandit. L’incompréhension également. La saisie – ne serais-ce que celle du monde matériel, dénué « d’amour », – car l’amour n’a pas de mesure, ni même de compréhension en terme « matériel », et il  nous échappe. Nous savons mesurer le fini, mais pas le l’infini. La pêche à l’Histoire et à la compréhension du monde est comme lancer un filet et n’attraper que quelques poissons : le filet est savamment tressé, mais le poisson et la rivière, le climat, la saison multiplient la possibilité de possession de la prise.  Ainsi va le monde de la « raison » et des analyses.

Il saisit en quantité, mais toujours en quantité. Et de plus en plus en quantité.

Dommage que les écoles ne soient que des machines à fabriquer des citoyens œuvrant pour une machine de plus en plus sophistiquée.

En fait, rien n’est nouveau.

En lisant le livre de Hugh Thomas, L’HISTOIRE INACHEVÉE DU MONDE, on finit par comprendre que toute l’Histoire tourne autour de la culture de l’avoir.

Désolé pour ne pas avoir de liens, puisqu’il n’existe pas – d’après mes recherches – d’extraits du livre.

On constate tout simplement qu’à travers le parcours humain, il y a eu cette intrigante interrogation sur les humains  à qui on concédait des âmes, et ceux qui  « n’en avaient pas ».

L’Homme était alors divisé en Homme et « animaux ». Bipède servile, servant, esclave…

La monnaie rose ou… noire… ou jaune

 Le terme moderne « esclavage » vient du latin médiéval sclavus déformation du mot latin slavus (le slave)1. Le mot « esclave » serait apparu au Haut Moyen Âge à Venise2, où la plupart des esclaves étaient des Slaves des Balkans, « une région qui s’appelait autrefois « Esclavonie », puis Slavonie, et qui est récemment devenue indépendante, sous le nom de « Croatie » ». La même racine se retrouve dans le mot arabe saqaliba[réf. nécessaire].

Rome pratiquant l’esclavage, comme d’autres peuples antiques, le latin disposait évidemment d’un terme pour désigner l’esclave : servus, qui a conduit aux termes « servile » et « servilité », relatifs à l’esclave et à sa condition. Ce mot a aussi donné naissance aux termes « serf » du Moyen Âge et aux modernes « service » et « serviteur ». Esclavage

L’esclave était une marchandise qu’on échangeait. Dans une  toute et belle normalité…

« À cette époque, l’île de Delos, qui avait été la plus grande colonie de l’Empire athénien, était devenue la plaque tournante du commerce des esclaves dans le monde civilisé. À en croire le géographe Strabon, 10,000 esclaves y étaient négociés chaque jour; un quai spécial avait été construit à cet effet. Même numériquement, ces entreprises rivalisaient avec la traite des Noirs dans les Antilles du XVIII nième  siècle.

Cette population servile transforma  la société romaine. D’abord, les esclaves firent de grands chefs militaires de millionnaires. César était pauvre quand il partit pour la Gaule; il en devint riche, grâce au butin d’esclaves qu’il avait saisi. » (P.127 , L’Histoire inachevée du monde.) (1)

L’esclavage moderne  

Des millénaires d’Histoire n’ont pas changé réellement la race des seigneurs au pouvoir hérité de « dieu ». Même les États-Unis, aujourd’hui, réclament cette mission divine… Le « monde » n’évolue pas. Il ne reste alors que les humains à évoluer. Savoir, c’est se construire. Et se construire réside en une solidarité humaine que nous n’avons pas encore atteinte.  L’immense pouvoir de la propagande affilié depuis toujours à celui du pouvoir monétaire – ainsi que la culture de l’égo – nous mène tout droit vers une fosse commune : l’anéantissement.

On pourra continuer la boucle répétitive de l’Histoire sans avoir fait un grand pas dans les sociétés. Car les découpages en pays sont désormais autant frelatés que celle de la monnaie de singe qu’on nous sert chaque jour.

L’expression « esclavage moderne » n’a rien de nouveau. Mais l’autorité est – ce que je nommerais – une autorité sniper. Elle s’est lardée de tout le pouvoir des droits dits de justice, dans une chorégraphie lente – volontairement lente – pour prolonger son pouvoir et le camoufler.

En Novlangue, l’esclave moderne est un homme libre. Même s’il travaille plus que l’esclave de jadis. Son état d’esclave est encensé par ladite participation aux grands travaux de l’ère moderne… On nous a appris à avoir. De sorte que cet avoir apparaît comme une délivrance de la dépossession « ancienne ». La technique moderne de fabrication d’esclave est d’une simplicité rudimentaire : image. Jadis, on donnait des miroirs aux peuples indigènes. Maintenant on les glisse en nos cerveaux. L’occidental transforme tout en or : il nous trempe et trappe dans sa richesse et nous en ressortons avec une fine couche éclatante.

C’est tout un art.

La bête à cravate a trouvé le secret du caméléon.

La route et la déroute

Le progrès (sic) n’a alors plus de sens, sinon que le creusage des terres et de l’astuce princière à dévier le pouvoir humain par la division de nos êtres.

L’amour est aveugle…

Car notre richesse est issue de nos dettes. Celle que le lapin a vendue aux petits chapeaux que nous sommes.

Dans un monde où l’on rêve de socialisme – de solidarité -, de partage de richesses, ceux qui tracent les routes nous mènent encore.

Rien n’a changé. Nous sommes le glaçage au chocolat trempé dans la richesse chipé par la science du venin de serpent.

Alors, devant, et de par ce pouvoir de plus en plus occulte, – objets de commerces mondialisés devenus -, nous avons donné à tous ceux qui nous dirigent tout l’arsenal technique, le savoir réel de nous menotter à notre condition humaine de plus en plus inhumaine.

On peut maintenant acheter certains objets pour notre confort, mais le confort intérieur ne s’achète pas : c’est un mode de vie. Il ne se vend pas, il se fabrique.

Il n’y aura jamais une usine pour faire de ce que nous sommes la grandeur de l’être humain qui nous habite. Car nous sommes plus grands et plus riches que la servitude.

L’Histoire est un circuit de course automobile… En rond…

La résistance    

La résistance est poétique, la résistance est également la force et la rébellion des gens enfin soudés dans une rue. Et la Terre n’est devenue qu’une rue…

L’amour n’est pas qu’un sentiment, un frisson, confondu à la sexualité : il est dans la fusion des âmes. Pour une route qui mène quelque part, il faut cette poétisation de la vision terrestre et la sagesse raisonnée qui tracera une route, non pas nouvelle, mais découverte sous les décombres inséparables du sang et des pierres de l’Histoire.

Les grands entrepreneurs font de petits humains, et les petits humains sont la grenaille assoiffée des gourous.

Il y a trop de dieux sur cette planète et trop peu d’humains…

C’est là une vision que cultivent ceux qui nous  gardent dans l’esclavage.

Heureusement, nous leurs fournissons la main d’œuvre.

Mais nous creusons la fosse en leur fournissant nos esprits et nos âmes.

La piété n’est pas de se placer à genoux devant des dieux. La piété est de découvrir les dieux qui sont terrés en chacun de nous.

Ce n’est pas créer la fosse qui va nous enterrer, mais de créer le ciel qui va nous sortir de la fosse.

Gaëtan Pelletier

25 septembre 2012

1-      L’Histoire inachevée du monde Hugh Thomas, Robert Lafont, 1986.