Archives quotidiennes : 5-septembre-2012

John Café

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On avait acheté un hamac. On s’est jetés dessus… Il y avait le chant de l’eau, de l’eau, de l’eau. Il y a des jours comme ça où toute la vie est enfermée en quelques quart d’heures, en quelque éternité. . C’était chaud, c’était l’été, comme un drap surchauffé, une douillette à fleurs qu’on pouvait regarder, alentour, fleurs que tu avais plantées.

On se voyait les yeux fermés. Du bout des doigts, comme E.T…

On roulait nos chairs et nos âmes fripés de fatigues. On déroulait nos amours sur les tapis rouges de nos désirs. Deux braises en feu trop près du foyer…

On ne pouvait s’aimer à ciel ouvert…

On a grimpé l’escalier. Si rapidement que nos vêtements tombaient un à un…

On était aux nus à l’arrivée. Sur notre nuage nidés.

On était si emmêlés que nos membres n’avaient plus de nom. Bras, jambes, têtes, cou, doigts, genoux, poignets, coudes…

Démembrés. Comme un puzzle défait que Dieu avait pris une éternité à tresser. Les plaisirs déformés mènent aux formes qu’on se plaisait à créer.

Puis, plus tard, nous sommes allés en moto. Le long du Saint-Laurent, entre les touristes zigzaguant, les vacanciers de l’été…

Le moteur ronflait comme je ronfle après l’amour.

Le café sur la terrasse de Saint-Jean-Port-Joli? Il était bon? Après cette chaleur, ce frimas qui s’engouffrait en nos vestes…Le café noir, la lumière de tes yeux, un peu de Satan, un peu de Dieu.

C’est ça une éternité.

On l’a vécu, on sait.

Puis après on a mangé, comme si c’était la première fois de nos  vies.

Et les chats étaient là, eux qui nous attendaient que nos mains les amourent.

Après, le ciel est devenu noir. Le tonnerre et les éclairs ont déchiré le ciel. Peu importe… On avait vécu. C’était beau!

Je suis sorti regarder la pluie gicler sur la terre rouge, pareilles en ces explosions dans les films de guerre. On aurait dit que la vie essayait de percer la terre pour arroser les framboisiers le long de la clôture.

Comme moi en toi…

Biopiraterie : le nouveau colonialisme

PAR CATHERINE GRÈZE (5 SEPTEMBRE 2012)

Les brevets déposés sur les végétaux font l’objet d’une compétition acharnée entre multinationales. Conséquences : un paysan mexicain peut être, d’un point de vue légal, condamné à devoir des royalties à une entreprise américaine pour cultiver les haricots de ses ancêtres. Face à la « colonisation des savoirs », la députée européenne Catherine Grèze (EELV) appelle à la pleine reconnaissance des droits des peuples autochtones.

Dans une forêt reculée, des Indiens accueillent, amusés, un touriste de passage qui, les yeux ronds, découvre les plantes et autres baies miraculeuses qui soignent les maux de cette communauté. Puis il repart, quelques échantillons en poche. L’homme n’a rien d’un touriste et, une fois de retour dans son laboratoire, dont les robots peuvent étudier jusqu’à 100 000 échantillons par jour, il décompose la plante. Et, enfin, il dépose le brevet. Cette invention maintenant, c’est lui. Les centaines de personnes qui s’étaient transmis ce précieux héritage, l’avaient amélioré au fil du temps, soudain tout cela n’existe plus. Du moins, aux yeux du droit.

Cherchez l’erreur : 90 % du patrimoine biologique mondial se trouve dans les pays dits « en voie de développement », quand 97 % des brevets sont détenus par les pays industrialisés. Pourquoi ? Simplement parce que les savoirs ancestraux sont, dans le monde entier, pillés par de grandes firmes privées œuvrant dans le génie génétique. Que ce soit dans la pharmacologie, l’agroalimentaire, la cosmétologie, les peuples indigènes se voient spoliés par des structures dont les moyens, y compris juridiques, les dépassent. Or toute entreprise ou université accusée de biopiraterie vous répondra invariablement :« Pas du tout, nous ne faisions que de la bioprospection ! » Bioprospection ? Le terme désigne le fait de chercher de nouveaux « principes stables » permettant de lutter contre des maladies modernes peu ou pas soignées. Si chercher est une bonne chose, piller en est une autre. Frontière souvent floue, qui est alors tranchée par le juge.

« Colonisation des savoirs »

Nous devons enrayer ce phénomène que Vandana Shiva [1] appelle « colonisation des savoirs ». Pourquoi ? D’une part car dans cette ruée vers l’or vert, la biodiversité paie souvent le prix fort. Dans certains pays, une plante est cultivée massivement car sa production synthétique coûte trop cher. Toute l’économie régionale dépend alors de l’entreprise qui l’achète. Et lorsque l’entreprise décide de ne plus l’exploiter, comme ce fut le cas au Cameroun pour un médicament présumé contre le sida, c’est toute l’agriculture qui s’effondre. Ou bien la plante est surexploitée et au bord de l’extinction. Autre motif d’enrayer la biopiraterie : un certain M. Proctor s’est rendu au Mexique et y a découvert que des haricots jaunes étaient cultivés depuis des générations. Il en a importé aux États-Unis, les a plantés et a déposé le brevet. Bilan, les producteurs mexicains devaient… payer des royalties à M. Proctor pour exporter ! Les exemples de ce type sont innombrables.

Alors que peut-on faire ? D’abord s’appuyer sur ce qui existe. La Convention sur la diversité biologique, signée en 1992 à Rio lors du Sommet de la Terre et ratifiée par 168 pays, reconnaît (article 8j) l’apport des populations autochtones dans le maintien de la diversité biologique, impose un consentement préalable en connaissance de cause des populations qui doivent être informées de l’utilisation des ressources génétiques et garantit « un partage juste et équitable de ses ressources génétiques ». Il existe d’autres textes, comme la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones ou la convention 169 de l’OIT, l’Organisation internationale du travail (non ratifiée par la France). Faire appliquer ces textes est une avancée, mais il nous faut aller plus loin. Les revendications des pays en développement sont, sur le principe, plutôt simples : rendre l’octroi de brevet dépendant d’une obligation de divulguer l’origine des ressources génétiques ou savoirs traditionnels en question.

D’un côté, les pays en développement doivent mettre en place un cadre juridique adéquat en matière d’accès et de partage des avantages. De l’autre, les pays industrialisés doivent prévoir des mécanismes efficaces garantissant un partage juste et équitable des avantages tirés de l’utilisation des ressources génétiques. Enfin, du point de vue de l’Union, il faut faire en sorte que le protocole de Nagoya soit ratifié, réformer le système de propriété intellectuelle pour soutenir l’obligation de divulgation et protéger les savoirs traditionnels, ce qui implique une pleine reconnaissance des droits des peuples autochtones. Une nouvelle éthique internationale à inventer.

Catherine Grèze

- Une conférence est organisée sur ce thème le jeudi 6 septembre 2012 au Parlement européen, à Bruxelles, par les députés européens Sandrine Bélier, Catherine Grèze, Satu Hassi, Keith Taylor. Plus d’informations ici.
- L’eurodéputée Catherine Grèze a obtenu, pour faire avancer le travail du Parlement européen sur le sujet de la biopiraterie, la rédaction d’un rapport sur« les droits de propriété intellectuelle sur les ressources génétiques et leurs conséquences dans les pays en développement », qui sera discuté le 18 septembre.

Photo : Alter-Echos

 

NOTES

[1] Lire aussi notre entretien avec Vandana Shiva, militante altermondialiste indienne.

http://www.bastamag.net/article2563.html

Drôles d’images

Funny Pictures (117 photos)

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Élections Québec: K.O. technique pour Jean Charest


Avec son leitmotiv : L’économie avant tout, il semble que M. Charest n’a pas réussi à convaincre l’électorat québécois.

Le Québec vient de réélire le parti Québécois. Pour la première fois, dans l’Histoire du Québec, une dame dirigera la province :

« Ça fait trente ans que je me prépare », fit-elle remarquer ce matin.

La prédiction d’un gouvernement minoritaire péquiste s’est affirmée juste. Ce ne sera toutefois pas une  tâche facile. D’autant que les autres partis à tendance « séparatistes » ont trop peu de députés pour  apporter un support à la cause souverainiste.

Léo Bureau-Blouin ( 20 ans)

Le candidat péquiste Léo Bureau-Blouin a remporté la circonscription de Laval-des-Rapides avec plus de 800 voix de priorité sur le libéral Alain Paquet. Il devient ainsi, à l’âge de 20 ans, le plus jeune député à siéger à l’Assemblée nationale.

M. Bureau-Blouin affrontait également l’ex-présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec, la caquiste Maud Cohen.

Ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin était la personnalité qui avait la meilleure cote auprès de l’opinion publique, toutes parties confondues, pendant le conflit étudiant. Il avait annoncé son intention d’entamer des études en droit à temps partiel s’il était élu.  Radio-Canada

La victoire de qui?

Avec sa Ford-T de système uninominal à un tour, le pourcentage des votes, la multiplication des parties, fait de « nos élections », de ce que je nommerais une quadriplégie cultivée.

Personne ne veut une réforme du scrutin. On veut le pouvoir. Oubliez les larmettes de nos représentants qui soufflent à la force d’une éolienne la « démocratie »…

31 % Parti Québécois  (54 sièges)

30 % Parti Libéral du Québec (50 sièges)

27 % Coalition Avenir Québec (19  sièges)

On peut compter environ 9 mois pour de… nouvelles élections.

Pendant que j’écris ces lignes, Monsieur John James concède la victoire à Madame Marois, et à son adversaire péquiste dans Sherbrooke qu’il représentait depuis 1998.

La victoire de qui?

Avec sa Ford-T de système uninominal à un tour, le pourcentage des votes, la multiplication des partis, fait de « nos élections », de ce que je nommerais une quadriplégie cultivée.

Personne ne veut une réforme du scrutin. On veut le pouvoir. Oubliez les larmettes de nos représentants qui soufflent à la force d’une éolienne la « démocratie »… Ils devraient embaucher des penseurs pour refroidir un peu ces emportements de « chambreurs », et la réalité d’un Québec, non seulement dans un Canada fixe et défraîchi, mais à l’intérieur d’une mondialisation à combattre.

***

31 % Parti Québécois  (54 sièges)

30 % Parti Libéral du Québec (50)

27 % Coalition Avenir Québec (19 sièges)

On peut compter environ 9 mois pour de… nouvelles élections.

Jean Charest perd Sherbrooke

Pendant que j’écris ces lignes,  Monsieur John James concède la victoire à Madame Marois, et à son adversaire péquiste dans Sherbrooke, Serge Cardin. Monsieur JJ  Charest  représentait la circonscription  depuis 1998.

23h48

L’avenir de Jean Charest

Il ne démissionnerait pas à la chefferie du Parti Libéral. Connaissant le combatif Charest, il réfléchira sur son avenir.

Espérons, que cette fois-ci, il réfléchira avec les cerveaux plus limpides du PLQ.

Il a besoin d’aide…

Et nous également…

Son bégaiement sur la réussite et l’avenir économique pourrait lui avoir coûté son siège.

Que veut donc entendre le Québécois? Une qualité de vie non de l’ajout du « plus de la même chose », mais une vision différente dans le contexte mondial actuel.

« Je me souviens ».

Toutes les plaques d’immatriculation du Québec sont marquées de ce message.

Pour une fois, les plaques ont parlé.

Si le vent-vantardise de son dernier discours parle de ses réussites passées, il ne fait guère mention de la manière douteuse de la « marque libérale ».

L’avenir des partis

En écrivant ces lignes, j’écoute le discours du chef de la CAQ, qui parle d’un nouveau courant au Québec.

En politique, rien n’est sûr.

Malheureusement, ce seront les prochaines élections qui s’avéreront déterminantes.  La CAQ, comme l’ADQ, pourrait disparaître d’ici quelques mois.

Ou revenir en force…

C’est l’avenir du Parti Libéral Québécois qui vient de se faire mettre K.O. N’oublions pas que « l’animal politique » qu’est Monsieur Charest, menait ce parti avec 28 ans d’expérience, comme un renard aiguisé, ayant forgé une équipe dont il était conscient de l’équilibre. Femmes, hommes, vedettes, la sauce était bien épicée…

Un chef est un chef. La cuisine Charest avait ses secrets. Et ce n’est pas la bière de la Maison Blanche… C’est de la noire qui pétille encore  à  l’ anglo-saxon.

***

Il est possible que le PLQ, subisse le même destin que le Parti Libéral Canadien qui ne s’est jamais vraiment remis de sa première défaite.

Il est toujours à la recherche d’un chef charismatique. Il se pourrait que dans les prochains mois, le fils du défunt Pierre Elliot Trudeau – Justin –  se présente à la chefferie.

Québec solitaire

Une fois les émotions passées, et le charme discret teinté d’humanisme de la soirée des élections, on reviendra aux anciennes luttes.

Nous ne sommes pas dans un livre des « Témoins de Jéhovah »… Les loups ne se changent pas en moutons…

Le Québec ne deviendra – tout comme les autres « pays » – une société solidaire quand les élus accepteront de revoir un système politique plus que désuet de faire place à un autre qui, cette fois, feront de nos députés, de véritables représentants des aspirations des peuples.

Pour cette fois, nous demeurons toujours dans la trilogie :

Le bon

La brute

Et le truand…

***

Je suis ému…

Comme le négro des années soixante dans les autobus étasuniennes : en arrière.

Ou encore cette image marqué sur le banc, dans un film :

Défense aux noirs de s’asseoir.

Ce soir, on a laissé le banc, mais on a barbouillé de peinture l’écriteau…

Nègres blancs d’Amérique, disait un poète.

C’était il y a longtemps.

Un « pays » avec le même système – datant de :

En 1792, c’est le grand frère britannique qui a légué au Québec le système électoral appelé mode de scrutin uninominal à un tour. Celui-ci est accompagné d’élections à date non-fixée, contrairement aux États-Unis et la France. Comment expliquer que le Québec vit encore sous cette tutelle symbolique à saveur royale ? Tout simplement parce que ce système avantage ceux qui ont l’habitude de détenir le pouvoir. Comme de fait, il encourage le vote stratégique et manque à la représentativité. Au Québec, pour ne pas les nommer, se sont le Parti québécois (PQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ), qui s’échangent « le gros bout du bâton » depuis 42 ans.

 

Le tracteur n’avait  même pas été inventé…

Il est alors possible d’entrevoir que la culture du format actuel des élections ne donne pas assez de nourriture à ceux qui crèvent de faim d’un peu de pouvoir.

Mais, surtout, d’avantage d’équité… En cela, c’est comme Amrstrong…

Un petit pas pour le peuple, mais un grand pas pour la fausse démocratie 

Un conseil: au jour des « élections », se flanquer un sac de glace sur la tête. Une fois les bouillonnements dégonflés, les discours sur les tribunes terminés, comme je disais, « Chez le cheval, chassez le galop, il revient au naturel ».

Et tous les analystes, ces miroirs chérubins, sont assis, là, sur leur siège, à tricoter des jérémiades sur le mode de scrutin tellement « imparfait et injuste ». Va-t-il falloir un DGE. 2.00 pour cesser ce cirque  de chevaux de Troie dans son étourdissant carrousel qui amuse les enfants?

***

Quand je portais des lentilles cornéennes, ma  « visiothérapeute  » me disait de m’arroser l’oeil  d »un bon lubrifiant.

Le résultat des élections?

L’océan a perdu deux goûtes: Sarko et Charest.

Avec ça, quelqu’un peut me dire que les bateaux flotteront mieux?

Ne  reste plus qu’à élire un éculubré qui nous vendra des bateaux pour le sable…

Gaëtan Pelletier

Ghislaine Paradis – Comme un écho

Joan Jett & the Blackhearts – I Love Rock N’ Roll (Original Video)