Archives quotidiennes : 26-août-2012

La finale Houdini

Il garde secrètes ses meilleures astuces mais prend le soin de montrer qu’il y a toujours un truc dans ses tours, accessibles au commun des mortels, tout en recommandant au public non entraîné de ne pas les tenter vu le danger qu’ils représentent. Houdini

Dans le monde moderne, l’intellect
est un objet de culte et plus on est habile et retors,
plus on avance.  
J. Krishnamurti
 

Il ne faut pas se surprendre des « résultats » de ce monde dit « moderne », où chacun a un clavier pour jouer au génie. Cela commence à la petite école et se poursuit dans un enchaînement continu, mitraillé par les pubs et lentement engraissé par les rapports de couchette de l’État et des affaires.

Il n’y a pas de moutons, il y a des dormeurs ou des esclaves qui n’avoueront jamais leur esclavage.

On n’éduque plus : on élève des humains comme les poulets de McDo. C’est la structure de production qui compte et le résultat en profits. Alors, tout se résume à ne faire des citoyens que des producteurs d’argent. Les plus vils l’emportent. Mais nous avons voté pour eux. Et ils nous ont insidieusement vendu une recette de bonheur  qui ne va que pour une partie de notre être : l’intellect.

Au cours du siècle dernier, après des milliers d’années d’Histoire, les humains ont  été tristement avalés par  une chaîne de copier-coller. Sous argument de culture  de différence. Cette « différence » ne s’appliquant qu’aux « capacités intellectuelles », elles-mêmes définies par les spécialistes. C’est le drame du singe appliqué, aveuglé par son maître qui a joué à Dieu, ou l’a dépassé par les merveilles des réussites de la science.

Alors, tout le monde  a le droit de devenir un cerveau.

Et qui donc peut le faire : les systèmes d’éducation.

Eux aussi orientés vers les grandes chaînes de montage.

Suivez le couloir.

Cent ans pour transformer un humain en une sorte de carte-mère d’ordinateur. Rien de moins, rien de plus.

Et tous divisés par une simagrée d’indépendance.

100 ans d’alchimie.

Le plastique, le cuivre, l’argent, l’or, le cuir, le chrome. Et que de machines avons-nous pu faire avec ça! Étonnant.  Même « nous ». Machinalisés.,  (sic) jusqu’à l’âme.  Livides  en dedans…

Plus de blouses blanches : rien que des enrobages de pilules, de vaccins, de psy, de doc. La nouvelle religion a ses prêtres convaincus.

Le progrès, le vrai, nous a sortis du froid, de la chaleur, des besoins primaires. La faim, la soif, la pauvreté, et… l’austérité.

Nous voilà revenus à la case départ.

L’Occident a créé une recette venimeuse pour ne pas trop en étendre à la pauvreté et à la famine. Au contraire, elle est allée chercher leurs richesses.

Les guerres, cependant, ont toujours été « nobles ».

Maintenant, elles sont nécessaires.

Le mal n’est pas de se débarrasser de quelques dictateurs, c’est de vendre l’illusion que la disparition d’un dictateur visible fera disparaître la multitude de dictateurs invisibles.

La propagande a peur des marches. Elle nous fait descendre l’escalier  lentement. Elle est là, chaque jour, dans les médias, pour nous calmer un peu et amollir la chute.

L’information des médias traditionnels,  c’est la chute au ralenti.

Il y a toujours cette foi bête dans la fascination des « réussites ».

Si nous sommes dans un tel état : ce n’est pas une réussite, c’est un échec.

La valse des Houdini et des charpentiers – banquiers, politiciens, hommes d’affaires – de ce monde a été une lente mais efficace tromperie.

Houdini, de par ses tours de magie, se croyait invincible.

On nous a vendu une invincibilité.

Mais nous n’avons pas eu le livre secret le révélant.  À peine les tours de magie. Le secret est dans le vocabulaire hermétique.

Les magiciens meurent en héros, pendant que les spectateurs pleurent celui qui les a  trompés.

La terre n’est qu’une tente.

Les indignés seront bientôt décampés…

Et même les kapos  policiers –esclaves de leurs salaires – feront partie des affamés.

On les payera à crédit. Comme les employés de la porcherie qui a fermé il y a quelques années, ici.

Puis ils n’auront plus de plan de pension.

Mais la magie a bien des tours dans son sac : gageons que nous trouverons le moyen d’aller au cirque le ventre vide.

Pour l’heure, c’est le cerveau qui gargouille…

L’intellect est magique, mais il ne plante pas de carottes.

Il peut toutefois trafiquer les graines…

Nous irons encore plus aux bois…

Ayant passé mon enfance dans la forêt, je suis encore émerveillé par elle… Sinon d’avantage que dans l’enfance. Et depuis le luxe de la retraite, j’y vais encore plus souvent.

Il y a quelques années, j’avais construit un Tepee. Il fut écrasé par une tempête de verglas. J’y allais, à l’automne, faire un feu. Là, sur la montagne, les étoiles réapparaissent. Elles ne sont plus effacées par les néons de la petite ville.

La paix que dégage cette atmosphère tranquille, comme au début de l’humanité, est une sorte de temple où l’on va se réfugier.

Prier.

Se laisser prier par toutes les créations. Abasourdis.

C’est la plus belle église du monde.

Ce que l’on entend se mêle à ce que l’on voit. Cette accalmie, comme une sorte de baume à la surexcitation des sociétés modernes, vous ramène à l’essentiel. La paix intérieure…

On dirait le silence de tout l’Univers venu se terre dans un coin de planète. On goûte au ciel en même temps qu’à la Terre.

Pas surprenant que les gens avaient ce contact privilégié qui s’est perdu.

Avec cette perte, semble disparu la patience… La patience des arbres, le la terre, des cieux.

Aujourd’hui on compte les secondes, le rendement. Courir au lieu de vivre… C’est malheureux. Et ce malheur est une plaie permanente entretenue.

Sait-on vraiment vivre?

Dans la pagaille entretenue comme une chaudière de Titanic, nous avons oublié les sources profondes de notre inconscient.

Nous avons appris à parler sans trop écouter.

Pas étonnant que la folie se soit emparée du monde.

Prier n’est pas une formule. Prier c’est écouter la simplicité. C’est laisser parler l’Univers à travers toutes les formes de création.

Nous créons de la beauté… Certes. Mais qu’a-t-elle à voir avec celles, nombreuses, vastes, riches qui sont là…

Il y a plus de « nous » dans une forêt qu’il y en a dans les « nous » artificiels…

Alors, je vais aux bois, parfois deux fois par jour.

Avec la seule ambition de ne ramener que ce que je suis, que ce que nous sommes vraiment par des milliers d’années d’histoire.

Avant d’arriver aux bois, un petit oiseau dans le ciel

Le petit camp, juste à l’entrée

La corde… On nettoie le boisé

Avant qu’il ne soit trop tard

On entre dans le sombre pour une longue marche

Pour découvrir le beau-frère en train de s’amuser.. à 80 ans. Encore en forme…

Puis on redescent vers le village. Au loin, le Saint-Laurent et la Côte-Nord…

N’oubliez pas de cliquer sur les photos…