Archives quotidiennes : 11-juillet-2012

Une étude prédit la fin de notre planète avant 2100

Une étude de la Simon Fraser University (SFU) de Vancouver publiée dans la revue Nature montrerait qu’uneffondrement total de la planète se produirait d’ici la fin du siècle. L’étude, menée par 18 scientifiques, soulève plusieurs points inquiétants : la dégradation générale de la nature et des écosystèmes, les fluctuations climatiques de plus en plus extrêmes et le changement radical du bilan énergétique global. Ces modifications finiraient par arriver à un point de non-retour, c’est-à-dire qu’elles deviendraient irréversibles.

Arne Moers, qui a dirigé la recherche, rappelle : « Le dernier point de basculement dans l’histoire de la Terre est apparu il y a 12.000 ans. C’est à l’époque où la planète est passée de la phase glaciale à celle actuelle, appelée inter glaciale. A ce moment, des changements biologiques les plus extrêmes menant à notre état actuel sont apparus en seulement 1.000 ans. C’est comme passer de l’état de bébé à l’âge adulte en moins d’une année. Et la planète est en train de changer encore plus vite aujourd’hui« . Or, un système ne peut pas passer d’un état à l’autre sans épuisement. Pour le chercheur : « La planète ne possède pas la mémoire de son état précédent.[…] Le prochain changement pourrait être extrêmement destructeur pour la planète. Une fois que le seuil critique sera dépassé, il n’y aura plus de possibilité de revenir en arrière« . Ce « seuil critique » serait l’utilisation de 50% des ressources terrestres, alors que 43% ont déjà été exploitées.

La publication de l’équipe de la FSU a été commentée et critiquée par de nombreux chercheurs. Parmi eux, Aaron Ellison, experte des dynamiques liées à la biodiversité et aux changements climatiques de l’Université de Harvard dénonce la banalité de l’étude : « On sait déjà très bien que les choses changent très vite et qu’il faut comprendre ce qu’il va se passer, considéré l’urgence de la situation« . Pour Brad Cardinal, de l’Université du Michigan, cette recherche est suggestive, mais pas définitive : « Seul le temps nous donnera la réponse. Ce n’est pas la première fois qu’une étude du genre est publiée« . Pourtant, l’étude se distingue de celles réalisées jusqu’alors par l’originalité des méthodes employées. La diversité des sources, notamment, conduisent à prendre très au sérieux ce nouvel avertissement. En effet, des théories scientifiques, des modélisations d’écosystèmes et des preuves paléontologiques ont, pour la première fois, converger à montrer la destruction imminente de notre planète.

« Les hommes n’ont rien fait de réellement d’important pour éviter le pire »

Dans tous les cas, ce qui semble évident pour tous les experts du domaine est l’urgence d’effectuer une vraie révolution dans le style de vie de l’humanité. Cette révolution impliquerait une augmentation du développement durable, des énergies alternatives et une meilleure gestion de l’écosystème. Les 18 scientifiques ayant réalisé l’étude proposent aux gouvernements d’entreprendre quatre actions immédiates :

– diminuer radicalement la pression démographique;

– concentrer les populations sur les zones enregistrant déjà de fortes densités afin de laisser les autres territoires tenter de retrouver des équilibres naturels;

– ajuster les niveaux de vie des plus riches sur ceux des plus pauvres;

– développer de nouvelles technologie permettant de produire et de distribuer de nouvelles ressources alimentaires sans consommer davantage de territoires et d’espèces sauvages.

D’après le directeur de l’étude, jusqu’à maintenant : « les hommes n’ont rien fait de réellement d’important pour éviter le pire car les structures sociales existantes ne sont juste pas les bonnes. C’est comme si on refusait d’y penser. Nous ne sommes pas prêts. Mes collègues ne sont pas juste inquiets. Ils sont terrifiés« .

ufoetscience.wordpress.com

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Remarques sur l’ignorance et sur la prétention en politique

« Aucune difficulté ne saurait trouver sa solution à partir de la façon de penser qui y a conduit. »
Albert Einstein

1 – Les Germains et les Latins
2 – Les malheurs de Siegfried
3 – L’Europe de la honte politique
4 – En quoi l’ignorant  » se  » trompe-t-il?
5 – La révolution des problématiques
6 – Les Brêmois et les Grecs
7 – Le Platon de Talleyrand
8 – Platon et Freud
9 – La géopolitique en culottes courtes
10 – Le machiavel de la Liberté
11 – Une civilisation de la vérité

Par Manuel de Diéguez

1 – Les Germains et les Latins

L’heure est proche où la question de l’avenir de l’euro et de l’Europe va sonner au clocher de l’histoire d’une civilisation. Alors, la vérité la plus ancienne et la plus évidente se rappellera aux historiens et aux penseurs politiques enfin réconciliés. Car la séparation de nature entre les Germains et les Latins remonte au massacre des légions de Varus. Le premier, Tacite a opposé l’esprit de discipline et le civisme des guerriers d’outre-Rhin au naufrage des mœurs politiques des Romains et au relâchement des légions. Puis, l’empire romain germanique a tenu à bout de bras une Rome fatiguée des oies du Capitole.

Mais déjà l’humanité avait démonté l’incapacité viscérale des civilisations de conjuguer la vaillance et la simplicité de l’esprit public avec le progrès des sciences, des Lettres et des arts: après une gigantesque tentative de redressement de l’éthique du monde, le christianisme tardif a laissé un clergé gros et gras se vautrer dans les délices de Capoue; et l’on a vu une sainteté pompeuse et couronnée des lauriers du luxe impérial conduire à la ruine la première civilisation de la pensée critique que le monde ait connue, tellement le génie est solitaire par nature et tellement les églises haïssent le génie s’il ne chante pas dans le chœur. Puis le siècle de Louis XIV a paru marier un instant l’héritage individualiste des Lettres ancienne retrouvées et des sciences exactes ressuscitées; mais, dès le XIXe siècle, l’Allemagne a tenté de retrouver son hégémonie d’héritière des aigles romaines. La victoire de 1870 de Bismarck sur la France a été suivie de la guerre de 1914 à 1918, puis, vingt ans seulement plus tard, du sursaut titanesque des Germains qui les a conduits de Moscou à Tobrouk, de Paris à Athènes et de Narwick à l’île de Crète.

2 – Les malheurs de Siegfried

Mais, cette fois-ci, l’alliance des Etats-Unis, de l’Angleterre et du Vieux Continent n’a sauvé la civilisation latine qu’au prix de sa vassalisation sous le sceptre et le joug anglo-saxons. Depuis lors, l’Allemagne sait que si, près d’un demi siècle après le Général de Gaulle, elle chassait à son tour les deux cents garnisons du Nouveau Monde qui se sont incrustées à jamais sur son territoire et si elle poussait l’audace jusqu’à montrer sa route à la démocratie mondiale au Moyen Orient, elle dresserait le monde entier contre le débarquement effronté et intempestif de Siegfried surla scène internationale. Elle se trouve donc réduite, momentanément ou pour toujours, à réhabiliter sa glorieuse renommée de peuple sobre, travailleur et vertueux.

C’est pourquoi, comme au siècle de Tacite, on la voit serrer la haire avec la discipline et persévérer dans le chaste refus de ses ancêtres de cultiver les Lettres et des arts – il lui faut consacrer toute son énergie, pense-t-elle, à retrouver, une fois encore, l’éthique native et fruste des Germains. J’ai souligné à plusieurs reprises sur ce site qu’un peuple qui déserte le vocabulaire de sa propre langue et qui la livre à l’abandon au point de rayer purement et simplement de ses dictionnaires les mots de tous les jours d’une nation vieille de deux millénaires – on ne parle plus qu’un salmigondis franco-allemand en Germanie – qu’un tel peuple, dis-je, démontre son incapacité de féconder sur le long terme le destin civilisateur de ses écrivains et de ses penseurs, comme Goethe le soulignait déjà avec vigueur.

3 – L’Europe de la honte politique

Le raidissement des descendants d’Arioviste, qui entendent conjurer la débâcle économique et politique des Latins, nous ramène à Tacite, à cette nuance près, mais de taille, qu’entre temps le capitalisme s’est rué, soixante-dix ans durant, dans l’évangélisation d’une planète à l’écoute d’une utopie économique messianisée, à cette nuance près, mais de taille, que la victoire des démocraties sur le ciel des marxistes a conduit le capitalisme à un excès de rutilance, de pompe et d’étalage de ses chamarrures à faire pâlir d’envie les Romains riches de vingt mille têtes de bétail sous Tibère, Claude ou Néron; à cette différence près, mais de taille, que ce sont des Etats- vassaux qui tentent désespérément et in extremis de mettre un peu d’ordre dans leurs finances et leur système bancaire; à cette différence près, mais de taille, qu’une civilisation en retrait de la politique mondiale n’a plus de comptes à rendre au dieu Chronos et que le sauvetage de l’euro des caissiers lourdement assis derrière leurs guichets jette l’Europe entière dans l’arène de la honte.

Du coup, l’examen des fondements de la science historique et l’étude des méthodes de la pensée rationnelle se placent au cœur d’une anthropologie philosophique et critique. Il est évident que les peuples latins vont tenter, mais bien inutilement, de se coaliser afin de retarder la banqueroute d’une Europe au petit pied et réduite à une gestion précautionneuse de leurs affaires, il est évident qu’ils le feront sans changer de bésicles et de fauteuil, il est évident qu’aucune vision du destin d’une civilisation enrubannée de songes ne guidera leurs pas chancelants, il est évident que les démocraties ne disposent ni des institutions sévères, ni du mode de sélection drastique de leurs dirigeants de haut rang qui permettraient au Vieux Continent de marcher d’un pas ferme en direction de l’Asie montante. Raison de plus de fourbir, dans l’ombre propice des crépuscules, les armes d’estoc et de taille de la raison politique de demain. Les décadences permettent d’élargir l’horizon de la pensée, l’approche de la mort ouvre le champ d’une réflexion plus vaste, l’agonie de la grandeur donne une autre ampleur et un autre espace aux ultimes sursauts de la pensée philosophique.

Le texte qui suit commence par une modeste analyse anthropologique de la notion de problématique, donc de plateforme et d’échiquier de la raison politique régénérée avec laquelle l’Europe vassalisée a pris secrètement rendez-vous.

4 – En quoi l’ignorant « se » trompe-t-il ?

En politique, l’ignorance n’est pas celle qui entrave la pratique d’un ouvrier peu entraîné au maniement de son outillage, mais celle qui méconnaît à ce point sa propre nature qu’elle affiche spontanément et sans examen un savoir sûr de son pas, mais qui s’est trompé de terrain. Le pacte que l’ignorance de ce type conclut avec les certitudes les plus effrontément affichées exprime une alliance tellement trompeuse de la connaissance avec les signifiants censés téléguider a priori l’expérience qu’il est non seulement impossible de fixer des rendez-vous séparés aux faux jumeaux de l’action, mais que la maîtrise illusoire qu’affiche l’ignorance effrontée et censée « réussir » prend toujours et nécessairement l’avantage sur le savoir véritable; apprenez, les enfants, que l’erreur va son chemin le plus naturellement du monde, que l’erreur masquée et bien déguisée ne se gêne pas pour un sou de se parer des traits de la vérité, tellement elle croit sortir bien moulée des creusets du bon sens et de l’évidence.

Mais si l’expérience se proclame éclairée d’avance par les « lumières naturelles » censées la revêtir et dont elle se vante de porter allègrement la découpe, quelle gêneuse qu’une philosophie qui éteindra ce flambeau! Car cette soupçonneuse fait remarquer aux simples opérateurs combien il n’est de nul profit à l’erreur de se heurter à quelque obstacle, tellement le banc d’essai du vrai et du faux n’est pas l’établi du praticien: la vérité est toujours un signifiant, les signifiants se trouvent toujours préfabriqués dans les têtes qui croient les « vérifier » en tant que tels, les signes renvoient toujours aux constructeurs de l’entendement, les signes sont toujours des signaux pointés en direction du code qui les éclaire.

5 – La révolution des problématiques

Il ne suffit nullement à l’ignorance qu’elle s’avoue « trompée » si elle s’imagine seulement s’être égarée un instant en chemin, de sorte qu’elle se contenterait de retrouver ses prébendes – donc de remettre la main sur les bons de caisse qu’elle aurait perdus de vue par accident ou par malencontre. Car il se trouve que la vérité ne dénonce pas une erreur d’itinéraire, elle avertit l’ignorant qu’il lui faudra trouver le territoire qui placera la question sur un autre parcours, qu’il lui faudra entrer dans une signalétique de la question telle que des signes de la vérité recherchée mettront l’ignorant sur la route d’une réflexion sur les arcanes anthropologiques de la notion de signification, il lui faudra s’initier à d’autres coordonnées de l’interprétation rationnelle, il lui faudra changer de type même de raisonnements et d’assise du jugement, il lui faudra se donner une autre problématique et un autre échiquier du « profitable », il lui faudra armer son encéphale d’autres règles du jeu, il lui faudra se transporter sur une planète de la méthode dont les paramètres, les jalons et le balisage feront la nique aux topographes et aux analystes de la logique payante d’autrefois. Il en est dans l’ordre politique comme dans la science: l’Europe est à la recherche de l’assiette cérébrale qui la placera sur les chemins d’une autre problématique, qui seule permettra à un réseau de signifiants nouveaux de substituer leur cohérence interne et leurs référents à une scolastique de l’histoire des démocraties. C’est cela qu’Einstein tente en vain d’expliquer à Bergson: si le temps, lui dit-il, est une matière inconnue, mais malléable et dont les paramètres varient avec la lumière qui la transporte, comment la physique de l’univers démontrerait-elle ou réfuterait-elle des signifiants humains?

Certes, Einstein n’avait pas vocation de conduire la politique à la profondeur d’une connaissance anthropologique des rouages et des ressorts de l’histoire. Il disait que Dieu ne joue pas aux dés. Non seulement les physiciens prennent leurs équations pour des réponses, mais ils s’imaginent que les chiffres seraient l’alphabet secret de l’univers. Ils ne se disent pas que les ressorts psychiques qui faisaient qualifier d’aspirantes les pompes censées faire monter l’eau dans les puits – mais pourquoi seulement à une certaine hauteur? – n’ont pu se trouver démasqués comme mythiques que par un Pascal décidé à changer la plateforme mentale qui servait d’assise expérimentale à la physique du « vide » et du « plein » de son temps. Mais pour cela, il lui a fallu supprimer purement et simplement la notion magique d’ « aspiration », qui n’était qu’une sécrétion cérébrale inconsciemment greffée sur le concept religieux d’inspiration. De même, pour comprendre pourquoi la vérité ou la fausseté d’une politique ne se pèsent pas sur la balance d’une expérience qui servirait de pompe aspirante à la raison, il faut se mettre à l’écoute d’un démontage anthropologique des signifiants ensorcelés que notre espèce projette sans relâche tantôt sur les comportements constants de la matière, tantôt sur le train traditionnel de l’histoire. Alors, nous apprendrons à décrypter l’histoire cérébrale du simianthrope européen à l’aide d’une balance de la politique sur les plateaux de laquelle nos découvertes se nourriront de l’observation de l’encéphale olfactif de notre espèce. Comment une aiguille nouvelle se déplacera-t-elle sur le cadran d’une Europe à inventer.

6 – Les Brêmois et les Grecs

Il est un musée des crânes du Vieux Monde où l’on voit les prétentions de la cécité politique d’une civilisation emprunter les vêtements de la vérité pratique du moment et ne pas craindre de présenter pour preuve imaginaire de la justesse de ses dires l’apparat même de l’ignorance qui la trompe: pour expliquer à ses partenaires le danger de prêter de l’argent à la Grèce, Mme Merkel leur expose l’exemple de la ville-Etat de Brême. Cette brillante cité hanséatique, raconte-t-elle, s’était endettée jusqu’au cou – elle n’a été sauvée de la banqueroute que par l’intervention des autres Länder. Mais pourquoi ces apôtres au grand cœur se sont-ils hâtés de remplir derechef et à ras bords les caisses de la gaspilleuse?

Et pourtant, loin de se repentir, la malheureuse s’est hâtée de les vider de nouveau. Conclusion de la chancelière: jamais une débitrice confiante en l’escarcelle de ses créanciers ne se mettra en quatre afin de tenter de les guérir et à son propre détriment, du vice de vider leur gousset. L’expérience, dit-elle, a démontré que les banquiers se laissent fasciner en retour par l’éclat de leurs prêts évangéliques à de somptueuses courtisanes. Les prodigues enfantent à la pelle des dévots ardents à les gâter, ajoute la dame de fer. Et pourtant, l’expérience a également démontré que les Brêmois endettés sont d’honnêtes débiteurs.

Une fille de pasteur comme Mme Merkel pourrait s’exercer à la charité de replacer sans relâche le joyau brêmois dans l’écrin de la probité allemande. Comment ne convertirait-elle pas ce bijou à se parer des vertus des Germains dont Jules César souligne le réalisme? Ils n’adorent, écrit-il, que des dieux réels et visibles, tels que le soleil et la lune, tandis que, des autres divinités adorées de tout le monde, telles Mars ou Mercure, ils n’en ont même pas entendu parler. En revanche, il n’existe aucune chance raisonnable d’obtenir un résultat aussi heureux avec les Grecs d’aujourd’hui, et cela non point en raison de leur mauvaise volonté ou de la nature vicieuse dont ils se trouveraient affligés de naissance, mais, plus simplement, parce que le Dieu actuel, s’il existait davantage que ses prédécesseurs gaulois ou germains, renoncerait bien vite à changer l’âme et l’esprit des nations par la seule magie de ses saintes Ecritures.

L’ignorance de Mme Merkel ne se situe donc nullement sur l’échiquier de la psychologie pieusement expérimentale dont la démocratie chrétienne nourrit ses autels, mais sur la plateforme d’une méconnaissance abyssale de la problématique et de la signalétique qui servent d’assise à la psychobiologie si diverse des peuples et des nations. Beaucoup d’Allemands appellent la Chancelière la schwäbische Hausfrau – la ménagère souabe – sans doute parce que, dans sa première jeunesse, elle s’était initiée à la physique quantique, ce qui l’a sans doute conduite à substituer sans autre examen les trivialités de la mathématique économique tridimensionnelle d’aujourd’hui à celle de la relativité einsteinienne qui régit le cosmos. Où aurait-elle pris le temps de lire L’analyse spectrale de l’Europe du comte de Keyserling (1880-1946), les ouvrages de Salvador de Madariaga (1886-1978) ou de José Ortega y Gasset (1883-1955) sur la France et sur l’Espagne, L’Histoire de la littérature anglaise en cinq volumes de Hippolyte Taine (1828-1893), la Démocratie en Amérique de Tocqueville (1805-1859) ou les réflexions du baron de Grimm (1723-1807) dans ses lettres en dix-huit volumes à Frédéric II?

7 – Le Platon de Talleyrand

Quel sera le champ nouveau qu’ouvrira à la pensée politique de demain la connaissance anthropologique de la psychobiologie des peuples et des nations? Un siècle et demi après Darwin, nous disposons d’un premier regard sur la hauteur à laquelle la pompe aspirante de l’évolution des espèces est réputée faire monter la réflexion sur la nature de notre encéphale. Certes, le puits du verbe comprendre demeure sans fond, mais notre regard, dispose maintenant de leviers miraculés – nos institutions économiques communes, notre discipline monétaire partagée, notre contrôle direct et impérieux de l’administration civile des Etats, notre fiscalité souveraine et centralisée, notre surveillance contraignante du budget de tous les peuples de l’Europe. Plaçons donc sur orbite une chimère allemande de ce calibre et demandons-nous si notre idée d’unifier la politique d’un continent polyglotte et polyconfessionnel est d’une puissance comparable à l’attraction que le vide exerçait sur la physique du Père Noël.

Car la maintenance des fondements psychogénétiques erronés de la politique dont s’aveugle la classe dirigeante de la planète nous ramène à l’analyse des égarements du vocabulaire des uns et des autres. Que nous enseigne la balance à peser la prétention politique originelle du simianthrope de connaître le monde et lui-même par le relais de ses yeux et de ses oreilles ? Ce vocable nous renvoie au latin praetendere, tendre devant soi le tissu du leurre et de l’erreur sur un monde pourtant dûment observé et minutieusement décrit en tant que tel, mais censé tenir un discours évidentiel aux oreilles des détoisonnés que vous savez.

Si Alain Rey, le découvreur de génie des « mots à découvert » (À mots découverts – Chroniques au fil de l’actualité, Robert Laffont, 2007) avait mis les mots latins autant à nu que ceux de la langue française, ce prospecteur de la philologie politique et de la pesée existentielle de la parole simio humaine aurait soumis la géopolitique à une radiographie simianthropologique. Car le latin dit: togam praetendere oculis, se couvrir les yeux de sa toge, se cacher le visage. Mais praetendere signifie également prétexter au sens d’alléguer une prétendue difficulté afin de se dérober hypocritement au spectacle de la vérité toute nue. Ignorantiam praetendere, c’est prétexter l’ignorance, c’est feindre au sens de tegere, qui fait textus au passé – nous retrouvons le Tartuffe de Molière.

Chaque fois que Talleyrand évoque, dans ses Mémoires, les erreurs de jugement de Louis XVI, de Calonne, de Necker ou des députés de la Constituante, il écrit « l’ignorance et la prétention« , comme s’il avait sans cesse Platon à l’esprit. L’illustre diplomate savait-il que la philosophie grecque n’est pas née de l’analyse de l’ignorance en tant que tare censée bien connue des humains, mais d’une première radiographie anthropologique de la prétention langagière de l’ignorant non seulement de s’exprimer au nom de la vérité la plus simple et la plus évidente, mais de la faire parler si haut et si fort qu’elle en devient, ut ita dicam, un personnage en chair et en os? Est-il besoin de rappeler que le Théétète, le Gorgias, le Protagoras, Hippias majeur et mineur, mettent en scène des interlocuteurs de Socrate tellement sûrs de la dégaine de leur raison naturelle que le philosophe les conduit comme en se jouant à découvrir leur ignorance la mieux cachée: les embûches qu’il tend à leur candeur sont cousues de fil blanc.

8 – Platon et Freud

Certes, la dialectique de l’accoucheur grec est habile à paraître cacher son jeu. Mais si vous mettez en pleine lumière les contradictions secrètes sur lesquelles le faux se construit sa vérité, ne sera-ce pas l’inconscient du discours faussement assuré que vous démasquerez aux yeux de tout le monde? La maïeutique n’est donc que le premier divan de Freud; et, depuis vingt-cinq siècles, le philosophe se veut le psychanalyste de la connaissance semi animale du monde et de soi-même dont notre politique étale le spectacle au grand jour. Et voici que la méconnaissance de la nature même de l’inconscient de l’histoire dont témoigne la classe politique du monde entier à l’égard de la généalogie de l’esprit des peuples et des nations s’exerce à une auto-illustration éloquente sur la scène internationale.

Car la simplicité de la vérité politique est tellement spectaculaire que M. Védrine a cru devoir reprocher vivement à M. Assange de l’avoir racontée aux enfants. Et pourtant, quoi de plus simple que de leur expliquer les empires? Prenez l’histoire de onze ans de guerre d’une quarantaine de nations contre les Talibans en Afghanistan. Sachez, les petits, que les Etats puissants ne songent jour et nuit qu’à étendre leur pouvoir et qu’ils n’utilisent jamais les circonstances que l’ histoire dépose sur leur chemin comme les cailloux du petit poucet qu’aux fins de consolider leur propre règne. Comment exploiter un attentat sur trois tours de Manhattan dont l’une s’est effondrée par le seul effet de sa « rivalité mimétique » avec l’auto détermination évidente des deux autres à se changer instantanément en poudre? Comment rendre profitable à un empire démocratique devenu mondial de s’attaquer à un peuple pour tenter de rattraper un seul malfaiteur par ses basques?

9 – La géopolitique en culottes courtes

Apprenez, les enfants, que l’Afghanistan avait interdit à Unocal le passage d’un pipe line à travers le pays. Si le cerveau vaporisé du monde, celui sur lequel les zéphirs de la liberté soufflent en rafale, si les cellules universalisantes de cet organe, si les gènes de l’ubiquité de la vertu démocratique se précipitaient massivement – et en provenance de tout le globe terrestre – sur une nation souveraine, mais pétrolifère, l’autre cervelle de l’humanité y trouvera le plus grand avantage, tellement elle travaillera dans l’ombre et au ras du sol, mais à l’abri des regards de son grand séraphin de frère.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Mais si toutes les nations dispersées sur le globe terrestre se sont ruées les armes à la main à la poursuite d’un délinquant, comment le nuage de poussière soulevé cacherait-il durablement l’évidence que le coupable a trouvé refuge dans quelqu’autre cachette de son choix et qu’il est vain de le chercher dans le tas de foin qu’il a quitté depuis belle lurette? Et puisque le cerveau stratosphérique – celui qui joue au ballon sur les cinq continents – ne tardera pas à se désengluer, puis à perdre de sa hauteur et à atterrir parmi les cadavres, comment éviter que les supplétifs de l’empire s’impatientent et se fâchent, comment interdire aux vassaux d’un grand songe d’ouvrir leurs yeux et leurs oreilles d’enfants bernés par des anges? On voit combien il est aisé d’expliquer aux enfants sagement assis sur les bancs de l’école publique que le genre simiohumain se scinde entre ses glaives et ses ailes et que si l’éducation nationale de la France ne se voulait pas complice de M. Védrine, notre jeunesse en culottes courtes en remontrerait à la classe dirigeante du monde entier au chapitre de la connaissance anthropologique de l’encéphale des évadés partiels de la zoologie.

10 – Le Machiavel de la Liberté

Mais il est un autre exemple encore de la dichotomie cérébrale qui affecte les neurones schizoïdes des fuyards du règne animal. Ne croyez pas un instant, les enfants, que cinq cent millions d’Européens croient dur comme fer que la Russie masserait ses légions aux frontières de l’Allemagne et de la Pologne, ne croyez pas une seconde, les petits, que le peuple russe serait informé de la menace qu’il est censé représenter pour notre continent. Mais comment se fait-il que nos chancelleries feignent de croire qu’un adversaire plus dérisoire encore, l’Iran, pulvériserait le monde s’il possédait l’arme de l’apocalypse qui nourrit les démocraties encore empêtrées dans les débris de leurs théologies de la foudre? Et pourtant, voyez comme Moscou se défend sur le modèle biblique, voyez comme M. Poutine plaide non coupable sur les saintes écritures de la liberté démocratique, voyez comme la terre entière fait semblant d’arbitrer dans la stratosphère une querelle sur la vérité et la justice?

Mais, par bonheur, votre instituteur vous initie aux racines du vocabulaire de la France. Vous savez donc que le latin associe le prétexte à l’art de la simulation, donc à l’hypocrisie et que la langue de la nation vous demande comment le cerveau religieux sert de masque sacré au Tartuffe simiohumain. Car enfin, peu importe à un empire que la menace qu’il met en scène soit fantasmée, dès lors que son expansion vaporeuse se donne nécessairement l’imagination para-religieuse de ses vassaux pour champ d’exercice de ses simulations théologiques? Vous apprendrez donc que les empires progressent sous le ciel de la sainteté de leurs idéalités, vous apprendrez donc que la vertu démocratique est l’arme onirique de la politique mondiale d’aujourd’hui, vous apprendrez donc que tout souverain moderne règne à la faveur de l’empire du Bien dont il se présente en organisateur souverain, vous apprendrez donc, les enfants, que l’omnipotence dans le cosmos que sur la terre est le pain bénit de la politique.

Et vous voilà un peu préparés à observer du haut des nues les jeux d’enfants de Mme Merkel avec ses partenaires européens, qui veulent faire payer à la dame les vertus ménagères qui lui sont reprochées par des gaspilleurs invétérés – mais, ni l’Allemagne, ni ses compagnons décérébrés ne plongent un regard d’aigle sur les chamailleries des domestiques oublieux de leur rang de vaincus de l’histoire.

11 – Une civilisation de la vérité

Jamais encore une narration acéphale des évènements d’un côté et, de l’autre, une histoire encore mal décodées des songes qui dichotomisent l’encéphale de notre espèce ne s’étaient rencontrées sur un modèle de schizoïdie cérébrale aussi parlant au sein d’une civilisation. Les croisades s’étaient contentées de mettre en scène une première mise à feu de la rivalité entre le délire sotériologique des chrétiens et celui de l’islam. Puis, des carnages séraphiques avaient illustré les premières déflagrations du sacré des modernes: la matière enflammable du mythe de la liberté avait mis aux prises les saints régiments d’un capitalisme rapace avec les légions innocentes d’une utopie tueuse.

Rien de tel aujourd’hui: pour la première fois, trois monothéismes vont croiser le fer de leurs rédemptions au-dessus de notre tête, pour la première fois, cet immense entre-égorgement ne sera évité que si, par je ne sais quel prodige, tous les peuples de la terre se disaient subitement: « Que se passe-t-il sous l’os frontal de l’animal dédoublé par ses songes? »

Mes enfants, la science politique qui vous attend portera votre regard sur la honte de l’Europe asservie. Vous serez les pourvoyeurs de la fierté retrouvée des nations du Vieux Monde. Vous éclairerez de vos torches l’encéphale embrumé de vos congénères. Vous dessillerez les yeux du monde à l’école de vos flambeaux. Bientôt les phalanges de l’occupant installeront leur quartier général à Ramstein en Allemagne, bientôt le bouclier des séraphins de la démocratie militaire enserrera l’Europe dans l’enceinte de votre vassalité renforcée, bientôt les cinq cents garnisons de votre maître quadrilleront l’ Europe domestiquée. Je vous salue, allumeurs de la raison du monde : vous serez les guerriers de la première civilisation de la vérité.

Le 1er juillet 2012

aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr

Einstein, le moteur à quatre temps, et les yeux des enfants

Je voudrais savoir si, aux yeux du souverain créateur de toutes choses, il y a quelque différence entre ces deux insectes se disputant un grain d’orge et deux armées richement équipées, conduites par de grands généraux, et se battant avec acharnement; je ne le crois pas; vues du sommet d’une montagne, les vagues furieuses de la mer s’aplanissent et ne paraissent que des rides de l’eau.   Source    

La vie est un loyer
Mourir n’est que déménager ( Source)

Oui, j’ai depuis longtemps quitté la petite scène des grandes théories de l’Univers. Si vous prenez un citoyen « ordinaire », il peut à peine comprendre le moteur à quatre temps.

Einstein a chaviré le monde scientifique avec sa théorie de la relativité. L’Univers est un beau grand carré de sable où flottent des astres morts  ou vivants, dans une infinitude qui fait peur. Sa mécanique nous effraie. Ce n’est pas la première dans la courte histoire de cette planète que des « savants » essaient de comprendre le monde. La première question que posent les enfants est celle-ci : « Pourquoi le ciel est bleu? »

On a la réponse. Ce qui nous rassure sur notre soi intelligence… Car notre intelligence, bizarrement, est de plus en plus nourrie d’une partie du cerveau. L’autre est en train de sécher…

Et les granules du sable flottent dans l’espace, soudées, en mouvements, et on calcule en années-lumière.

Bon!

LE MÉCANICIEN

J’avais un oncle mécanicien, nommé Lucien, qui arnaquait tout le monde dans les années 50. La voiture n’était pas bien connue… Il remplaçait des pièces par des vieilles, volant les plus neuves.  Aujourd’hui, les informaticiens et les réparateurs d’ordinateurs font la même chose. Il en est un – un petit génie- qui m’a vidé mon ordinateur de toutes les pièces et l’a reculé de 4 ans. Je me suis retrouvé avec un ordinateur qui dort maintenant en attendant d’aller à la ferraille.

LES MÉCANICIENS DU COSMOS

Je vais revenir à mes vieilles hargnes contre les « savants » qui ont des certitudes « bloquantes ». Comme ce spécialiste des océans qui disait un jour qu’il ne pouvait pas y avoir de vie à des profondeurs extrêmes des océans : pas de lumière –ESSENTIELLE À LA VIE- et une pression rendant impossible toute forme de vie.

Plus tard, il avouera ne connaître que 20% du grand mystère des océans…

Comme quoi, deux certitudes, bien établies, prouvées, bouchent toute ouverture sur la réelle « connaissance ». La science a aussi ses « foi ».

Plus le mécanicien comprend la machine, plus il croit avoir désamorcé le grand mystère de la vie.

LE MÉCANICIEN SOCIAL

Un autre.

Il faut bien, je l’admets, une organisation à une société. Toutefois, la vie et les rapports humains ne se règlent pas par une organisation igloo, mais de par nos êtres chaleureux. Le rapprochement mécanique des communications nous a amenés à communiquer de plus en plus entre nous, mais…à distance.

Un texto n’est pas un poème…

Pas d’intuition, pas d’imagination. La glace des caractères… On ne se parle plus qu’en mots…

Désolant!

***

Je viens de visionner  L’âge des ténèbres. Ce n’est pas un chef-d’œuvre dans la manière de faire, mais ça l’est dans le fondement.

Nous vivons de plus en plus dans une mécanique sociale qui ne règle rien sur le plan humain. Ce pourrait être un résumé du film.

Hélas! C’est la réalité de nos vies.

LA MÉCANIQUE DU BONHEUR

Une « overdose » de paperassiers surchauffés, bouffés par des requins financiers, vendeurs de formules toutes faites, a fait fondre la simplicité de nos vies.

Sommes- nous faits pour la complexité  du chiffrier?

Nous accordons tellement d’importance à notre vie en organigrammes que nous sommes détruits par notre vie réelle. Le lobe droit du cerveau est en guerre contre le lobe gauche.

On se tue « nous-mêmes »…

On se tue les uns les autres. Contre l’ « Aimer-vous les uns les autres ». Il faut toutefois connaître un peu le sens du mot amour souvent confondu à l’émotion.

La destruction du monde.

On peut bien blâmer les systèmes. Au fond, il y a dans l’âme humaine cette graine qui n’attendait que de germer pour produire un humain qui démontre enfin que de l’un à l’autre, il y a des années lumières.

La formule mathématique des relations humaines est loin d’être résolue.

On prend des raccourcis de « sauveurs », de « prophètes », de « penseurs », de recettes.

On les achète tous, on les défend, on tue pour ses croyances, sa « foi ».

On tue.

Qui tue risque d’être tué.

Et pour quelle cause si ce n’est pas la nôtre profonde? Celle de vivre en paix, à jardiner, à aimer, à accepter les différences, puis à mourir un peu apeuré par le grand gouffre de l’ignorance?

Et les « savants »?

Ils sont comme les clients de mon oncle Lucien. Ils se font accroire qu’ils connaissent  bien des choses, dans le but de découvrir le grand secret de la Vie.

Le gars de char qui s’en va au bar voir les filles danser sur un poteau est aussi intelligent qu’un savant qui pense enfermer l’Univers dans son bar.

Il danse pour lui…

Son  « amour » d’un lobe n’est pas plus intelligent… Et son ouverture sur cette « grandiosité » n’est pas mieux que celui qui regarde l’océan, avouant, piteux, avec ses lois-foi, qu’il est plus grand qu’il  croyait.

Le monde de la science est lui aussi un bar ouvert. Sauf que le moteur à quatre temps qui les fascine doit bien faire rire le mécanicien…

Mon oncle Lucien…

Dieu, c’est comme mon oncle Lucien. Il connaît le moteur, mais pas l’huile, ni l’électricité. Il a rabouté tout ça comme un magicien.

Chapeau!

Le luxe des ailleurs

On comprend – comme l’enfant – pourquoi le ciel est bleu.

Un savant a des explications. C’est étonnant!

Il n’a pas la vérité. Parce qu’il a également sa foi qui l’enferme…

La science, c’est nourrir un côté du jardin.

Vous aurez bien des chouchous, des navets, mais vous risquez  de manquer de tomates.

Oui, c’est un luxe que de regarder ailleurs, de fouiller, d’expliquer, et puis de se reprendre.

Ce luxe-là est bien.

L’autre est celui de la guerre. De toutes les guerres… Celle de la science au service des intérêts privés qui tue plus que le sida et le cancer. Mais on n’en parle pas…

C’est sacré la science.

Mais c’est temporel…

L’homme simple sait maintenant démonter sa tondeuse. Le savant explique l’Univers, mais il ne peut pas créer un  perce-oreille.

Quand il aura compris que l’Univers progresse sans doute à la manière d’une création continue qu’il ne rattrapera jamais, il « pourrait » cesser d’être aussi prétentieux.

Avec notre luxe des « dieux », la moitié de la planète meure de faim. Avec l’ignorance du vivant VS la connaissance de la matière, l’autre moitié meure de ses sciences livrées au diable de l’avoir.

Dans les yeux à mille temps…

C’est un peu de Brel cosmique. J’aime écrire de la poésie pour développer et garder ce sens de l’émerveillement.

La Vie demeura toujours un mystère.

Ce qui nous reste à résoudre ce n’est pas la naissance de l’Univers, c’est la mort de ce que nous sommes avant la mort physique.

Avez-vous pris conscience que nous sommes sans doutes les seuls être vivants à ne pas pouvoir établir un équilibre dans  nos vies? Dans nos rapports humains? De simplifier notre existence?

Bref, le lombric à une qualité de vie plus grande que la nôtre…

On ne peut pas lui demander s’il est heureux…

Oui, la vitesse de la lumières est …étonnante.

Ça nous coupe le souffle…

Oui, on a su bâtir un moteur à quatre temps, des ordinateurs, de Ipad, et ne je sais trop quoi…

J’ai quitté le monde de la « science ». Depuis longtemps…

Il y a tellement dans les yeux des enfants que je n’arrive pas à me défaire de cette passion pour les humains.

Pluton, c’est loin… Mais Marie-Ève est plus proche et demande plus de soins et d’attention.

Peut-être que la vérité de ce monde n’est pas dans la structure des étoiles mais dans l’âme humaine.

On la voit un peu se poindre à travers les yeux des enfants.

J’ai pris le risque, depuis longtemps, de fouiller les regards des gens, non seulement de ce pays, mais encore plus celui des « lointains » qui sont pareils aux nôtres.

Il en est qui se tuent à bâtir des compagnies qui détruisent tout. Alors, le paysan, lui, reconstruit et nourrit tous les soldats de la mondialisation.

Quand on regarde le ciel, le soir, les étoiles sont incompréhensibles.

Il faut savoir lire. Non pas les chiffres, mais au-delà de ces chiffres-vérité.

Beau leurre!

Les corps sous les fleurs

Quand on est simples
Quand on a le cœur au bord des yeux
Quand on a l’âme qui sort de partout
Tout peut arriver…

Quand on est un temple
Quand de lumière on est fabriqués
Quand la tendresse nous fait frissonner
Tout peut arriver…

Alors, ils arrivent alors de partout
Les rois couronnés des zéros
Armés de chiffres, alliés des fous
Allant aux guerres pour décimer
L’enfant, la femme, le vieillard

La paix qu’on tue ne revient jamais
Et quand elle revient, elle a des airs
De guerre, de guerre et de guerre
Qui saigne le tendre et la lumière
Alors, ils reviennent de partout
Les âmes noires qui cherchent des nègres
Pour déchiffrer les terres de leur orgueil
Ils vendraient leur mère et leur Terre
Œil pour œil et chars de fer

Quand on est doux, sans valeur marchande
Ceux-là vous envahissent et vous hantent
Dans cette église bleue, ronde, pour un territoire
On tue tout ce qui vit pour un or noir

Quand on est simples
Quand on a le cœur au bord des yeux
Quand on a l’âme qui sort de partout
Dans un jardin plus petit que la faim
Tout peut arriver…

Alors, les voilà partout, labourant
Sans semer, sinon que la mort
Dans des tombes béantes
Enfouissant les corps et les fleurs

Gaëtan Pelletier
Kamouraska
28 décembre 2000

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