Archives quotidiennes : 10-mai-2012

◄ ► Rio 20 : Journée internationale de luttes Les peuples du monde contre la marchandisation de la Nature

La Via Campesina appelle toutes les organisations paysannes du monde ainsi que ses alliées et alliés à organiser des actions au cours du mois de juin.

8 mai par Via Campesina

La Via Campesina appelle toutes les organisations paysannes du monde ainsi que ses alliées et alliés à organiser des actions au cours du mois de juin.

L’avancée du système capitaliste qui, pendant les deux dernières décennies, est arrivée à des dimensions inédites, conduit à des crises tout aussi inédites. Les crises financière, alimentaire, énergétique et environnementale sont les visages multiples de la crise structurelle du capitalisme, qui ne connaît pas de limites dans sa quête de profits. La crise structurelle actuelle, comme d’autres crises de cette sorte, touche les peuples du monde mais laisse indemnes les élites et les grandes sociétés.

Sur tous les continents, nous avons vu que, même pendant la crise, l’élan du capitalisme n’a pas diminué. Car nous constatons les accaparements illégaux des terres par des sociétés étrangères, l’avance de l’industrie extractive (minière et pétrolière), les cultures génétiquement modifiées de plus en plus présentes dans les champs, les agro-carburants, les pesticides vendues à une échelle gigantesque. En fin de compte, la crise du capitalisme ne veut pas dire que le système fait volte-face. Au contraire, c’est à ce moment précis, qu’il avance avec le plus d’intensité, parce que les entreprises profitent de la crise pour étendre leur domination aux territoires qui n’ont pas encore été conquis.

La Conférence Rio + 20 en est un exemple clair. Au lieu de rassembler les gouvernements du monde entier pour trouver de vraies solutions à la crise environnementale, cet événement servira à consolider les fausses solutions aussi bien que l’accaparement des territoires des paysannes et paysans, ainsi que des peuples premiers. A la Conférence de l’ONU, il n’y a que les intérêts des grandes sociétés qui trouveront leur place.

Afin de résister à ces intérêts et à les confronter, il est fondamental que les peuples du monde continuent à renforcer leurs organisations et leurs luttes, qu’ils élèvent leur voix et qu’ils démontrent que seulement la souveraineté populaire offre de réelles solutions.

Ainsi, en tant que Via Campesina, nous demandons à nos organisations membres et à nos alliées et alliés d’organiser et de coordonner des luttes pendant tout le mois de juin, principalement durant la Journée internationale de l’environnent, le 5 juin. De cette manière, nous démontrerons notre unité et notre force afin d’envoyer à l’avance, de partout dans le monde, un message radical aux représentants des gouvernements qui se réuniront à Rio + 20, du 20 au 22 juin, à Rio de Janeiro, Brésil.

Chaque lutte, chaque résistance, chaque territoire que nous récupérons doit être l’expression de cette unité mondiale devant l’offensive du système capitaliste contre la nature.

Parallèlement à la Conférence officielle, nous, les peuples du monde, serons réunis au Sommet des Peuples, dans un processus de construction collective et de mobilisation permanente. Au cours de la semaine du 18 au 22 juin, il y aura aussi une période de mobilisation mondiale, car notre tâche ne se situe pas seulement à Rio de Janeiro. En effet, nous devons poursuivre les luttes dans notre propre pays, particulièrement lors de la journée inaugurale de la Conférence officielle, le 20 juin. Cette période de luttes sur tous les continents devrait se répercuter à Rio de Janeiro et dans le monde entier.

Nous convoquons toutes les organisations paysannes et leurs alliée et alliés à organiser des mobilisations et des actions partout dans le monde : des marches dans les villes ou dans les campagnes ; des conférences de presse ; des actions pour demander la Réforme agraire et l’accès à la terre ; des campagnes de communication ; des programmes de radio ; des mobilisations contre les entreprises responsables de la dégradation environnementale ; des débats dans les écoles et les universités ; des projections de films documentaires ; et d’autres actions que vous organiserez collectivement chez vous.

Au moment où le capitalisme veut mondialiser davantage son système, dominer nos territoires et exploiter notre main d’oeuvre, nous devons internationaliser notre lutte. Nous allons nous organiser, préparer des actions, faire appel à nos bases et à nos alliés pour cette grande journée de lutte contre le capitalisme. La force de notre journée de luttes viendra de notre capacité de nous organiser et d’atteindre une visibilité nationale et internationale.

Nous vous demandons de nous informer de vos actions à l’adresse électronique suivante : lvcweb@viacampesina.org

Non aux fausses solutions du capitalisme vert

Pour l’agriculture paysanne !

Globalisons la lutte. Globalisons l’espoir.

Voir en ligne : viacampesina.org

cadtm.org

F1, Montréal: Le retour du vampire Eclestone…

Encore un vampire à dollars… Les agenouillés de Montréal avec la vierge Marie des « retombées économiques » vont encore faire frétiller le monde des affaires, le gouvernement, etc.

Québec – Le patron de la Formule 1, Bernie Ecclestone, exige que la Ville de Montréal procède à des travaux importants de réfection au Circuit Gilles-Villeneuve avant de discuter d’un renouvellement du contrat qui assure la tenue du Grand Prix du Canada dans la métropole.

La Presse a appris que l’administration Tremblay a fait appel aux autres paliers de gouvernement pour cette dépense qu’elle ne peut défrayer à même ses budgets.

Après avoir suspendu la tenue du Grand Prix en 2008, Bernie Ecclestone avait conclu une entente assurant la tenue de l’événement jusqu’en 2014. Selon l’accord, Québec et Ottawa versaient annuellement 5 millions $, Tourisme Montréal 4 millions $ et la ville allongeait aussi 1 million $. PRESSE

Rien de nouveau:

En 2009:

75 millions $ sur cinq ans  

Québec, Ottawa, la Ville de Montréal et Tourisme Montréal allongeront 75 millions $ sur cinq ans pour la tenue du Grand Prix du Canada. En novembre 2008, le grand argentier de la Formule 1, Bernie Ecclestone, avait présenté des demandes financières de 175 millions $ sur cinq ans pour amener le grand cirque de la F1 à Montréal.

Ottawa versera 5 millions $ par année contre 4 millions $ pour Québec alors que la Ville de Montréal, par l’entremise de la société du parc Jean-Drapeau fournira 1 million $. Canoe

Les nègres du monde de la finance ne ramassent plus de coton. Ils vous parlent du gilet tricoté sur 5 mois à coups de bouteilles d’eau et d’autres «modestes» approchent pour dégriffer ce paon des hauteurs.

2008

Ecclestone exigerait 30 millions par année.

«Il y a une certitude, a indiqué Gérald Tremblay. Le gouvernement n’investira certainement pas tous les revenus qu’il reçoit du Grand Prix et des retombées économiques à Montréal.»  Source

 

La carotte et le lapin

C’t’un univers ou on vend des carottes
Deux fois plus cher pour les placements de Charlotte
Assise au fond de ses rides, placide
Ça s’en va au fond des banques
Les carottes pourtant ça se mange
Elles voyagent plus que moé
2,300 km en avion, faites-moi chier
J’ai pas les moyens d’aller me promener
Sur un yacht néolibéral qui fait des ponts en aval
 
Tous fourrés comme des trous d’culs
Des petits renards à fourrure bien charcutés
Pour habiller la crasse autour du bain
Du grand océan mondialiste des malins
 
Ce matin, ma fille a rencontré un lapin
Qui travaille, qui étudie, 7 semaines par jour
Comme une guenille qu’on tord
On laboure les humains comme un champ d’or
La pyramide du Plan Nord, Gizeh
Libéral et pyramidale, Ponzi à cheval
Sur des principes de l’aval qui veut  tous les monts
Aplanis, on trouvera sûrement du charbon…
 
On s’est fait avoir par un catholicisme dévié
Nous voilà tous des Christ cloués, sans liberté
J’avais du schiste en dessous des pieds
De l’or, du mica, et du chat quelques tas
Des curés ont tout ramassé, des curés d’États
Qui déchirent les rivières, adieu les truites
On développe en cibouère, pis on mange des frites
 
J’ai plus de souffle, on m’a mangé
L’haleine su l’dos, la chair cuisinée
J’ai rien que le goût d’aller dans le bois
Avant de finir dans une banque Cie
En billet de banque au fond d’un cimetière
Dans le cerveau d’un crétin qui cultive les guerres
 
Gaëtan Pelletier
Mai 2012
 

Le hold-up durable…

John Muyiisha et les communautés de Kalangala, en Ouganda, ont perdu leurs terres. Un jour, la compagnie kenyane BIDCO est venu et leur a dit que la terre ne leur appartenait plus. Ils sont venus avec des bulldozers et aplatie de la forêt ancienne et des plantations de café lui John. S’il vous plaît soutenir John. Agissez dès maintenant! http://www.foei.org/landgrab

Cette vidéo a été produite par http://www.thesourcefilm.org pour les Amis de la Terre International. Musique: Gary Morris Reuben – http://www.hoorayface.bandcamp.com

Ouganda : l’expansion des plantations de palmier à huile de BIDCO menacera encore plus les moyens d’existences des communautés locales

 

BIDCO, le plus grand fabriquant d’huiles végétales, de graisses, de margarine, de soupes et de concentrés de protéines de l’Afrique centrale et orientale et celui qui croît le plus vite, est en train d’investir dans une plantation milliardaire de palmiers à huile dans les îles Bugala de Kalangala. L’entreprise a pour partenaires capitalistes Archer Daniels Midlands d’Amérique, le groupe malais Wilmar et Josovina de Singapour. Dans le cadre du projet de développement de l’huile végétale, le Fonds international pour le développement agricole (IFAD) et la Banque mondiale ont accordé à l’Ouganda un prêt de 10 millions USD pour financer les plantations et l’infrastructure, tandis que le gouvernement apportera l’équivalent de 12 millions en terres, électricité et construction de routes, et que BIDCO y investira 120 millions (cf. Bulletin nº 100 du WRM).

Le projet prévoyait de planter 10 000 ha de palmiers sur l’île Bugala. À ce jour, presque toute la surface prévue a été plantée, 6 500 ha correspondant à la plantation mère et 3 500 ha à des petits propriétaires sous-traitants.

D’après les initiateurs du projet, celui-ci visait à améliorer le niveau de vie des Ougandais, en particulier celui des habitants de Kalangala, et surtout à améliorer l’alimentation des pauvres et à réduire la dépense que représente pour le pays l’importation d’huiles végétales.

À ce jour, Oil Palm Uganda Ltd (filiale de BIDCO) a déjà défriché plus de 6 500 ha de forêts et de prairies qu’elle a presque entièrement remplacées par des palmiers à huile ; ces palmiers seront prêts pour la récolte cette année.

Or, le projet n’a pas été à la hauteur des promesses du gouvernement et de l’entreprise. D’après un rapport récent du Forum des ONG du district de Kalangala (KADINGO), la population de la zone se heurte à de graves problèmes.

L’établissement des plantations a eu un fort impact écologique découlant du déboisement et de la diminution des réserves d’eau, de sorte que la population ne peut plus obtenir de nombreux produits et services qu’elle tirait de l’environnement forestier. Pourtant, le problème le plus grave pour les communautés est que les entreprises de plantation se sont emparées de leurs terres. Dans le district de Kalangala, les gens ne sont pas les propriétaires formels de leurs terres. Les entreprises reçoivent du gouvernement des concessions ou des titres et l’aide nécessaire pour réprimer toute opposition des communautés.

Il y a eu des conflits à ce sujet entre BIDCO et la population. Certains habitants de la zone ne savent pas ce que l’avenir leur réserve, tout simplement parce que la terre où ils sont établis est réclamée par BIDCO.

À cela s’ajoute le fait que de nombreuses communautés ont été déplacées des champs qu’elles cultivaient et des pâturages, de sorte qu’elles ont dû vendre leur bétail. À ce qu’on dit, certains habitants sans terre de Bwendero, Buguzi et Mulabana auraient reçu de l’aide pour se réinstaller ailleurs, mais les communautés déplacées de Buswa et de Mugela n’auraient pas été indemnisées du tout ou auraient reçu une compensation insuffisante.

Le fait que des terres domaniales aient été données aux entreprises a affecté les communautés locales qui les habitaient et qui en dépendaient pour leur subsistance. En outre, le boum du marché foncier sur l’île a attiré de nombreux acheteurs fortunés, de sorte que d’autres habitants autochtones ou résidents de longue date ont vu leurs terres clôturées ou en ont été expulsés.

Ainsi, les populations qui habitaient aussi bien des terres privées que des terres publiques ont perdu leurs moyens d’existence. Même ceux qui n’ont pas été touchés s’inquiètent de leur avenir et ne peuvent plus faire d’investissements à long terme. Dans le village de Mugoye, plus de 100 personnes vivent aujourd’hui dans une enclave entourée de plantations de palmier à huile. Les habitants se demandent ce qui va se passer si les « propriétaires » décident de vendre la terre aux propriétaires du projet ou la transformer en plantations de palmiers suivant le système de la sous-traitance.

La terre et les ressources naturelles telles que les forêts ont été un filet de sauvetage pour les victimes des changements sociaux, du déplacement, du chômage, de la perte de possibilités de travail dans les zones urbaines, etc. La perte de cette terre a accru la vulnérabilité de ces personnes aux chocs ou aux changements qu’elles ne peuvent pas contrôler.

En outre, il existe de nombreux conflits entre les communautés et le projet, du fait que les premières ont été privées d’accès aux ressources suivantes :

– l’utilisation du réseau routier du projet pour le déplacement ou le transport du bétail ;
– les points d’eau situés dans la zone du projet, dont certains ont été détruits pendant le défrichage, en particulier les puits de Kibaale ;
– les pâturages situés dans la zone du projet ; les bestiaux « infracteurs » sont confisqués et leurs propriétaires doivent payer une amende exorbitante, sous peine de les voir abattus et mangés pour rien, ce qui décourage l’élevage dans la plupart de la région.

Un problème particulièrement grave a découlé de l’appropriation des carrières de sable et de l’interdiction d’accès aux matériaux de construction, comme dans le cas de Bukuzzindu. La population y obtenait du sable de construction mais, après le démarrage du projet, elle n’a plus eu accès à ce matériau indispensable. La zone a été affectée à la plantation de palmiers et à la construction de logements pour les cadres et les travailleurs supérieurs. Le refus de BIDCO de quitter la zone est en train de provoquer des frictions avec la communauté, au point que celle-ci a réagi en creusant des fossés le long des routes pour que les véhicules de l’entreprise aient des accidents.

Dans sa hâte d’obtenir davantage de terres, l’entreprise a même couvert de palmiers à huile la cour de récréation des écoliers du village de Kasenyi–Bamungi !

Étant donné que BIDCO prévoit d’établir 30 000 hectares supplémentaires de plantations sur le continent, il est important de mettre les habitants de la zone visée au courant des conséquences négatives que les 10 000 hectares plantés sur les îles ont déjà eues. L’expansion proposée ne va pas améliorer leur niveau de vie, au contraire, elle va empirer leur situation, et les communautés des îles Bugala peuvent en donner des preuves plus que suffisantes.

Article fondé sur des informations tirées de : “A study to identify key issues for engagement about the oil palm project in Ssese islands Kalangala district: A case study of Buggala and Bunyama island in Kalangala district”, envoyé par David Mwayafu, responsable des programmes de la Coalition ougandaise pour le développement durable (UCSD), B.P. 27551, Kampala, tél. 256 414 2694, adresse électronique ugandacoalition@infocom.co.ugwww.ugandacoalition.or.ug. Pour obtenir la version intégrale du rapport : Kalangala District NGO Forum,Kalangalango@yahoo.com.

 

L’amour à la chandelle

Il était une fois deux étoiles vivant à la chandelle, les amours sans bruit, sans temps, le cordon brûlant.


Les deux pieds dans un fourneau, lui les yeux rivés sur elle.
Tous deux de cire, en se fondant, laissant le feu valser gaiement.

Je vous enverrais des bouquets au bout des doigts. Et des fleurs-d’œil.
C’était par soir d’hiver, les flocons se mêlaient, fondaient, puis s’éteignaient.
Avec des appels au ventre, comme un grand creux, une faim de la fin des silences.

Et valsait la chandelle, sur laquelle les bouches soufflaient.
Et dansait le feu, comme les flammes hors-temps.
L’infini est un siècle dans une minute enfermé.

Je m’ennuie parfois d’un flocon de ta peau, pour briser l’hiver et le froid.
Tu me manques d’un bout de cheveux échappé sur un divan.
Une escale de toi, avant la fin d’un temps…

Dans la sérénité de la jumelle flamme, tout à la chandelle, tout dans le brasier.
J’irai dormir pour pêcher des rêves qui rassembleront la cire et le feu.

© Gaëtan Pelletier
Décembre 2010