Archives quotidiennes : 1-mai-2012

Faites pas chier les peuples…

On est là à bûcher du ventre et des nerfs…

Et vous vous amusez à acheter des armes pour nous entretuer…

On est là à croire que vous êtes là pour notre bien.

Et vous prenez nos impôts, nos taxes, nos sueurs, nos énergies.

Voleurs de rêves.

Vous prenez notre argent, nos terres, nos richesses, et vous les donnez à vos amis.

Ah!

Faites pas chier!

Vous êtes là, les riches, tordus jusqu’à exploiter les pauvres.

On est là, sidérés, souffrants. Souvent avec des bombes sous nos pieds.

Vous êtes des déchireurs de chair. Et de par vos systèmes judiciaires, vous jugez ceux qui déchirent des humains, pendant que vous lacérez le ventre de la planète, nos entrailles, et vous prenez nos enfants pour en faire des couteaux de vos rêves.

Faites pas chier!

C’est vous la merde!

C’est vous les coupables.

Faites pas chier.

Sait pas qui est « Dieu », mais nous savons que la Terre est un grand jardin qu’on aurait pu cultiver.

Non!

Vous avez préféré avaler l’or. Tout avaler. Nous, entre autres. Tuer, mentir, égorger, meurtrir.

Faites pas chier!

Nous serons vos bacs à ordures. On vous enterrera, bientôt.

Deux mille ans que vous nous prenez pour des chiures de mouches.

Deux mille ans « d’Histoire » trafiquée.

Et vous voulez qu’on vous respecte.

Vipères qui sonnez vos grelots comme des anges à cornes, soufflant votre musique d’orgues de Staline, petits Satan déguisés en ange.

On cultive nos terres, et vous nous bouffez. On cultive la paix et vous semez des armes partout.

Menteurs patentés!

Faits pas chier!

Plus ça va, plus vous évoluez de la tête au trou du cul.

Dégagez!

On a suffisamment payé pour vos armes – ces jouets glorieux -, de nos âmes…

On est las de votre jeu de Monopoly.

Las d’être des pions sur un échiquier, vous qui nous donnez l’air de roi, de reine, de valet…

Vous qui jouez avec nous comme des jouets.

Cent Papiers 

Chat

Les armes à feu

Par François Marginean

Autant le dire d’entrée de jeu, je préférerais de loin un monde sans armes à feu avec des humains assez évolués qui ont appris à vivre ensemble en paix. Mais il semble que l’humanité ne soit pas encore parvenue à ce niveau de conscience et à cette réalité. Nous pourrions faire en sorte d’éliminer toutes les armes à feu du monde, mais vous comprendrez que cela relève plus de l’utopie que de la réalité. Par contre, il serait beaucoup plus facile d’armer la population en général.

Ceci étant dit, j’aimerais soulever la question des armes à feu, de leur accessibilité, de leur contrôle, voir même leur interdiction, par le gouvernement. Il se trouve que j’ai longtemps pensé que les armes à feu étaient principalement utilisées dans les conflits armés et les guerres, pour la chasse et le tir, ainsi que pour l’autodéfense. L’image négative des armes est probablement causé par les images qui nous parviennent des guerres, mais plus certainement aussi des meurtres, crimes et tueries perpétrés à l’aide d’armes à feu, et avec raison. Pourtant, la plus grande cause de mort non naturelle du 20e siècle est les gouvernements. Ceci est malheureusement un fait historique.

Chaque fois que nous sommes témoins d’une tuerie dans une école ou ailleurs, commise par un dérangé armé d’un fusil, on se demande tout de suite pourquoi les armes à feu ne sont pas tout simplement bannies, interdites pour tous. Ce débat est particulièrement sensible aux États-Unis, alors que le droit à la possession et au port d’armes à feu arrive tout juste second en priorité, après la reconnaissance des droits et libertés qui constituent le premier Amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique.

C’est que depuis un certain temps, dans ce pays, on discute de retirer et interdire certaines ou toutes armes à feu. Certains états imposent déjà cette interdiction et proclament des « zone sans armes à feu ». Et depuis l’arrivée au pouvoir de Barack Obama, on parle davantage de bannir certaines armes à feu et les interdire à certains segments de la population, en pleine continuité de l’administration Bush. On discute aussi d’imposer de nouvelles mesures demandant de graver un numéro de série sur chaque balle produite aux États-Unis. Cela augmentera le prix des munitions et imposera un contrôle fédéral des armes à feu de façon indirecte, c’est-à-dire qu’au lieu de bannir directement les armes à feu, on va contrôler les munitions et restreindre leur accessibilité.

Ceci est un débat sensible pour les Américains qui eux, continuent de réagir en achetant des niveaux records d’armes à feu et de munitions depuis plus d’un an. Cela serait dû à la crainte que l’administration Obama commence à exiger l’enregistrement des armes à feu pour ensuite éventuellement les interdire et les retirer de la population; en plus d’être reliée à la dégradation de l’économie et de la condition générale de la population qui s’appauvrit rapidement. Des troubles civils sont à prévoir dans ce pays, ou du moins, plusieurs les appréhendent.

D’une part, on peut se demander si une prohibition ou l’enregistrement des armes à feu est souhaitable. Il faudrait voir historiquement ce qui s’est passé dans les pays qui ont pratiqué ou pratique encore une telle approche. Est-ce que le crime a diminué lorsqu’on a interdit les armes à feu? Il serait peut-être nécessaire de faire une réflexion sur la valeur d’une telle approche. Prenons par exemple un meurtre commis à l’aide d’un couteau ou d’un bat de baseball. Penserions-nous à bannir tous les couteaux et les bats de baseball dans la population? La voiture tue des dizaines de milliers de personnes à chaque année. Allons-nous interdire l’utilisation de la voiture? Si une arme à feu est utilisée pour commettre un crime, devons tous les interdire à la population?

Pour répondre à ces questions, rien de mieux que d’aller consulter quelques faits historiques, des études et des statistiques gouvernementales.

Or, il se trouve que le Second Amendement de la Constitution des États-Unis n’est pas relié à la chasse ou au tir sportif. La phrase « Security of a free state » indique clairement ce que les pères fondateurs avaient en tête. Les armes dont il est question dans la Constitution sont de nature militaire et il est question de la nécessité qu’elles soient d’égale puissance et efficacité que celles qui pourraient éventuellement être utilisées par un envahisseur; que ce dernier soit une nation étrangère ou un gouvernement central abusif. Il était excessivement clair pour les fondateurs des États-Unis que le besoin de se défendre ne provenait pas tant de son voisin que d’un gouvernement tyrannique:

The strongest reason for the people to retain the right to keep and bear arms is, as a last resort, to protect themselves against tyranny in government. (Thomas Jefferson Papers p. 334, 1950)

While the people have property, arms in their hands, and only a spark of noble spirit, the most corrupt Congress must be mad to form any project of tyranny. — Rev. Nicholas Collin, Fayetteville Gazette (N.C.), October 12, 1789

[I]f circumstances should at any time oblige the government to form an army of any magnitude, that army can never be formidable to the liberties of the people while there is a large body of citizens, little if at all inferior to them in discipline and the use of arms, who stand ready to defend their rights and those of their fellow citizens. — The Federalist, No. 29 — Alexander Hamilton

When governments fear the people, there is liberty. When the people fear the government, there is tyranny. The strongest reason for the people to retain the right to keep and bear arms is, as a last resort, to protect themselves against tyranny in government. — Thomas Jefferson

George Washington nommait sa collection d’armes privées « les dents de la liberté du peuple ».

James Madison a déclaré: « Pour préserver la liberté, il est essentiel que toute la population entière possède des armes en tout temps ».

Thomas Jefferson disait « qu’aucun homme libre ne devrait être désarmé », que « les lois qui interdisent le port d’arme…désarment seulement ceux qui ne sont pas enclins ni déterminés à commettre des crimes… De telles lois rendent les choses pires pour ceux qui sont assaillis et meilleurs pour les assaillants; elles servent plutôt à encourager les homicides que de les prévenir, parce qu’un homme désarmé peut être attaqué avec une plus grande certitude qu’un homme armé ».

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Là où les gens ont des armes à feu, les taux de criminalité sont bas. Là où ils sont interdits, le crime est endémique.

La Grande-Bretagne a adopté une interdiction totale des armes à feu au nom de la sécurité publique. La criminalité a augmentée, incluant les invasions de domiciles et les attaques sur les personnes âgées. Chaque année aux États-Unis, les propriétaires d’armes à feu préviennent des millions de crimes. La police ne prévient aucun crime. Ils arrivent toujours après que le crime soit commis, ont l’air officiel, nettoient les dégâts, encaissent leurs chèques de paye et retournent à la maison. Avec un policier par environ 2000 habitants, difficile de leur en vouloir. Il est simplement impossible d’arriver à prévenir autant de crimes potentiels.

En Australie, il y a plus d’un an que les autorités ont forcé les Australiens propriétaires d’armes à feu à s’en départir à l’aide d’une nouvelle loi. 640 381 armes à feu personnelles ont été ainsi détruites par leur gouvernement, un programme qui a couté plus de $500 millions de dollars aux Australiens. Les premiers résultats sont disponibles:

Sur tout le territoire australien, les homicides sont à la hausse de 3,2%, les assauts ont augmenté de 8,6% et les vols à main armée ont explosé d’un spectaculaire 44%. Dans l’état de Victoria seulement les homicides avec armes à feu ont augmenté de 300%. Il est à noter que les citoyens qui respectent la loi ont dû abandonner leurs armes, alors que les criminels les possèdent toujours. Ceci est exactement le problème avec ces types de loi. Le peuple se retrouve désarmé alors que les criminels conservent leurs armes, tout comme les autorités. Alors que les statistiques australiennes montraient une baisse continue depuis 25 ans des vols à main armée, cela a drastiquement changé à la hausse depuis les douze derniers mois, puisque les criminels savent maintenant avec garantie que leur proie est désarmée.

Nous savons que le programme d’enregistrement des armes à feu du Canada a été une véritable catastrophe qui a coûté une fortune.

Jetons un coup d’œil à l’Histoire du contrôle des armes à feu:

– En 1929, l’Union Soviétique a établie un contrôle des armes à feu. De 1929 à 1953, environ 20 millions de dissidents, incapables de se défendre par eux-mêmes, ont été mis en état d’arrestation et exterminés.

– En 1911, la Turquie met en place sa loi pour contrôler les armes à feu. De 1915 à 1917, c’est 1,5 million d’Arméniens, incapables de se défendre, qui seront interceptés et exterminés.

– L’Allemagne imposera un contrôle des armes à feu en 1938 de 1939 à 1945, des millions, incapables de se défendre seront enlevés et exterminés.

– La Chine en fera autant en 1935 et de 1948 à 1952, 20 millions de dissidents politiques incapables de se défendre seront arrêtés et exterminés.

Le Guatemala a établi un contrôle des armes à feu en 1964. De 1964 à 1981, 100 000 indiens subiront le même sort.

– En Ouganda, établira une politique identique en 1970. De 1971 à 1079, 300 000 chrétiens, incapables de se défendre, seront enlevés et exterminés.

– Au Cambodge, un contrôle des armes à feu fut imposé dès 1956. De 1975 à 1977, un million de personnes « éduquées » incapables de se défendre, seront exterminées. Le tiers de la population cambodgienne.

Le nombre de personnes qui furent interceptées et exterminées durant le 20e siècle à cause des lois sur le contrôle des armes à feu s’élève à environ 56 millions. (Source)

Ce fut la même chose avec des tyrans comme Staline, Hitler et Mao qui ont tous cherché à désarmer leurs citoyens pour mieux les contrôler et assurer leur propre pouvoir. Plusieurs victimes de génocides n’ont pas pu se défendre adéquatement avec les moyens nécessaires pour se défendre eux-mêmes.

Heinrich Himmler; Reichsfuhrer-SS, a déclaré un jour que: « les Allemands qui souhaitent utiliser des armes à feu devraient joindre les SS ou les SA – les citoyens ordinaires n’ont pas besoin de fusils, puisque leur possession de ceux-ci ne sert pas l’État ».

D’un autre côté, il y a la Suisse où les hommes de 20 à 42 ans sont requis par la loi de posséder une arme à feu. Les Suisses n’ont quasiment pas de meurtres et un taux très bas de criminalité.

Selon une étude de l’Académie nationale des sciences et du Département de la Justice américaine, le contrôle des armes à feu de réduit pas le crime, ni la violence et ne trouve aucun bénéfice à en restreindre la possession.

On craignait au Michigan que les choses se dégradent après avoir rendu plus facile d’obtenir une licence de port d’armes il y a six ans. Les habitants de cet état américain ont augmenté le nombre de licences octroyées de six fois, mais les sombres prédictions d’augmentation de la violence et d’effusion de sang ne se sont jamais vraiment matérialisées, selon les forces policières et les statistiques des crimes. Ces incidents sont plutôt à la baisse depuis ce temps.

Une facette de cela que les médias vont toujours ignorer est la pratique d’autodéfense. Par exemple, la plupart du monde ignore que les citoyens américains utilisent une arme à feu, sans nécessairement tirer un projectile, plus de 2,4 millions de fois par année, soit environ 6 500 fois par jour. Cela signifie que chaque année, les armes à feu sont utilisées soixante fois plus souvent pour se protéger de la part d’honnêtes citoyens que pour enlever la vie à quelqu’un. De ce chiffre, 192 000 sont des femmes qui se défendent d’un assaut sexuel. Seulement que 8% des 2,4 millions d’utilisations d’armes à feu résultent en un coup tiré, alors que dans 92% des cas, la seule présence d’une arme à feu suffit à arrêter le crime et repousser les assaillants.

Un autre fait ignoré par les médias est le lien entre les tueries et les zones sans armes à feu, comme dans le cas du massacre en Virginie, ainsi que la fréquence avec laquelle ont retrouve ces dangereux tueurs sur des médicaments comme des antidépresseurs. (Source: 1, 2, 3)

Il n’est pas difficile de démoniser les fusils, ils sont dangereux et peuvent causer de graves dommages. Il serait mieux de vivre dans un monde où ils n’existent pas. Mais ce n’est pas le cas. La Constitution des États-Unis donne donc aux Américains le droit de porter des armes pour que n’importe qui aurait l’idée d’imposer une tyrannie ferait mieux d’y penser deux fois.

Le peuple américain est le plus armé de l’Histoire et il y a une bien réelle peur dans les cercles de contre intelligence US, incluant le FBI et le DHS que les misères causées par la situation économique dégénèrent en résistance publique massive. C’est pourquoi le projet de loi H.R. 2159, the Denying Firearms and Explosives to Dangerous Terrorists Act of 2009 est né.

Obama a déjà sorti sa liste d’armes à interdire. Rahm Emanuel a déclaré que si quelqu’un était sur la « no-fly list », la liste d’interdiction de vol, sur laquelle on peut atterrir seulement pour être « soupçonné » d’être un potentiel terroriste ou d’y être relié d’une façon ou d’une autre par le gouvernement, il ne sera pas permis de posséder des armes à feu:

“If you are on that no-fly list, your acces to the right to bear arm is canceled, because you’re not part of the American family. You don’t deserve that right, there is no right for you if you are on that terrorist list.” – Rahm Emanuel (Source)

Le problème est que plus d’un million de personnes se retrouvent sur cette liste! N’importe qui se retrouvent sur cette liste, même des enfants. Nous savons tous que la majorité des gens qui se retrouvent sur ces listes le sont par erreur, et avec la définition du terrorisme qui ne cesse de s’élargir pour inclure jusqu’à des dissidents politiques, à peu près n’importe qui peut s’y retrouver sans avoir fait quoi que ce soit d’illégal. (Source)

Encore une fois, il faut revoir les chartes qui montrent la relation entre le contrôle des armes à feu et les génocides. Tous les génocides du 20e et 21e siècle ont commencé avec une interdiction des armes à feu pour la population ciblée.

Lors du dernier siècle, les gouvernements ont tué quatre fois plus de civils que ce qui fut tué dans tous les conflits internationaux et nationaux combinés. Les gouvernements ont tué plus de gens que les criminels communs ont pu le faire. Comment cela est-il possible? Les gouvernements avaient le pouvoir, et le peuple, les victimes, n’étaient pas en mesure de résister. Les victimes étaient désarmées. La formule est la suivante: la haine, combinée à un gouvernement hors de contrôle et des civils désarmés = génocide. Une population désarmée est une population esclave. Lorsque le peuple a peur du gouvernement, il y a tyrannie; lorsque le gouvernement a peur du peuple, il y a liberté.

Il semble donc qu’on puisse dire que lorsque la population laisse au gouvernement le soin et pouvoir de contrôler les armes à feu, elle se tire une balle dans le pied…

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Note: Cet article a été originalement publié le 17 novembre 2009 et vous pouvez retrouver tous les commentaires initiaux à cette adresse. Dans le contexte actuel qui semble se développer sans cesse vers davantage de tyrannie de la part des gouvernements et des “autorités”, il est plus que propice de présenter ce texte à nouveau. Cela permettra aussi à l’auteur de prendre une petite pause estivale.

Merci et à bientôt!

François Marginean

Mains

Mains qui parlent aux âmes

Pianotant sur les corps

Mains d’amour, main

Tenant

Et toujours

Mains qui nattent

Les imprévues détresses

Le basalte encore brûlant

Des volcans qui blessent

Les voilà sur le clavier à sonder nos absences. Les voilà nouées et chevrotantes. Maints silences sur un tic-tac de chair bredouillante. L’humeur charbonneuse, ce chardon des roses, ne  livre que la carence, des horloges des jours moroses.

Mains de prières

Égrenant tous ses doigts

Pour gribouiller les  chemins

De l’insoutenable mystère

Mains qui prient

Pour traverser un peu

Le voile épais de  chair barbouillée

Sous les froideurs, les glaçures

Des montres aux aiguilles affolées

Les voilà muettes des chaleurs et des baumes. Les voilà qui louent le bréviaire de l’inconnu, cherchant le motus et la brisure qui tue. Elles décousent les matins des yeux océans, le salin qui passe, les remous du temps…

© Gaëtan Pelletier

26 novembre 2010

Les 5 étincelles

A)    Le sans étincelle

Je ne sais pas si l’Homme descend du singe ou bien si « Dieu » est venu l’allumer par une étincelle, un bon matin, alors qu’il avait envie de faire quelque chose de sa journée. En repassant des milliers d’années d’Histoire, on se rend compte que la Terre n’est peut-être qu’une sorte de spermatozoïde dans l’espace tentant d’accoucher d’une créature qui selon certains, seraient venus sur Terre pour expérimenter les émotions.

« Les hommes sont supérieurs aux anges »

Il est vrai que les émotions, dans un état sans émotion et bonheur parfait, la conscience de ce bonheur est imparfaite puisqu’elle n’a pas « d’opposition ». La vie, c’est comme aller grimper l’Everest : pour l’aventure. Comme un chapelet de souffrances voulues. Sorte de Compostelle ou les marches n’ont pas de formes. Ça doit former un caractère… On gèle, on a froid dans le dos, on a peur, on vainc ou on meurt.

Pendant quelques milliers d’années, notre créature s’est comportée en bête sauvage. On a envie de vomir en voyant des reconstitutions de batailles avec des coups d’épée qui éventrent, décapitent, et ces hordes barbares qui se lancent les unes contre les autres pour s’affronter.

C’était « de bonne guerre ». C’est une attitude franche que d’aborder son adversaire corps à corps en voulant le déchirer, le vider de son sang.

B)    La première étincelle

La science.

Électricité. Médicaments. Voiture. Avion.

Son ego a pris l’envol d’un ballon de football comme si « Dieu » venait de lui botter le derrière. Ou bien il s’est pris pour un autre, ou bien il s’est retrouvé. Mais à travers toute cette barbarie et ces belles réussites, il n’existe qu’une seule ligne conductrice qui persiste : la recherche intérieure de soi. Trouver ce qu’on est… L’autre formulation serait de créer ce que nous voulons devenir. Si une part de ce « Dieu » nous habite, nous en prenons l’étincelle et mettons le feu à quelque chose de plus profond.

Mais les étincelles font toujours des cendres…

En parallèle existe une obsession matérialiste comme si notre humain était en manque d’un sein : il boit tout ce qui passe, avale tout, et fait des provisions pour l’éternité.

Nous voilà avec des saints et des salauds.

C)    La seconde étincelle

Celui qui veut tout, réussit à convaincre les autres que le bonheur – appelez-le comme vous voulez – consiste à avoir beaucoup, mais seulement pour les élus.

Que ce soit en 1023 ou en 1401, ou en 929, les pauvres sont sous le joug des Seigneurs, descendants des dieux. Ils ont les dents cariées, mangent mal, et doivent payer des redevances à l’élu de la divinité. En plus, ils ne s’habillent pas trop griffés… Puis, avouons-le, ils puent. Le dentiste est un fil ou une bonne main qui soulage la douleur.

Notons que plus les sociétés sont organisées, plus elles sont organisées, elles le sont  en défaveur de la masse.

Lire et écrire, c’est « Dieu ».

Et Dieu sait lire et écrire…

D)    La troisième étincelle

L’entrée dans ce monde de la technologie a été présentée comme un bienfait pour ce pauvre aux dents cariées, à la maisonnette de paille, et à la terre à défricher. La machinerie a alors fait prendre conscience aux savants dirigeants qu’il leur fallait « livrer » un peu plus de connaissances pour pouvoir multiplier les pouvoirs et les avoirs.

Il fallait sortir l’Homme de la Terre et du Moyen-âge. La machinerie exigeait certaines connaissances. Sauf celles de la paperasse, du droit, et d’une certaine science occulte. Une tondeuse à gazon, pour un paysan, ça ne signifiait rien. Ni pour l’utilité, ni  pour la mécanique.

Étant donné qu’il mangeait un peu mieux, il plaça sa foi dans cet être supérieur qui prenait la place de « Dieu ». Même qu’il en faisait plus : comment comprendre la magie du métal bien travaillé donnant lieu à une machine complexe?

Le travailleur, par nécessité, devint donc un peu plus instruit.

E)     La quatrième étincelle

Pour remercier l’esclave, le maître lui offrit la possibilité d’avoir un toit et quelques appareils ou machines issues du savoir  que l’on nomma progrès. Passant de la bécosse extérieure à la chiotte intérieure, l’esclave se mit à croire à ce nouveau maître.

Mais le nouveau maître, ambitieux, se rendit compte tout à coup qu’il lui fallait transmettre de nouvelles connaissances : le papier. Il étendit donc l’éducation comme une prime, un  plus au progrès, mais surtout comme une charité en partageant son pouvoir de « Dieu ».

C’est ainsi que naquit le nouvel esclave. La connaissance était une pomme bourrée de vers. Sans qu’il le sache.

Les maîtres décidèrent de se joindre pour multiplier leurs avoirs et leurs pouvoirs.

Ayant instruit les esclaves à la paperasserie, elle leur confia ce qu’elle avait de plus grandiose : l’étincelle de « Dieu ».

Stupéfait, ébahi, il se fit un copier-coller de son maître. La grenouille de Lafontaine venait de se pomper l’air à une station-service. Apparurent de petites bouffissures dans les États qui se bombèrent le torse à s’accaparer un peu de ce descendant de « Dieu ».

Mais le malin-maître fut également surpris de sa réussite : il avait transmis sa maladie d’ambition à son esclave et toutes les illusions.

F)     La cinquième étincelle

Non content de ses chiottes et de son beau salon, l’esclave voulut plaquer d’or son appareil à caca et agrandir son salon, sa cuisine, son terrain, etc.

Pourvu d’électricité, il se mit à rêver de soupers à la chandelle. Après la paperasse, il fit la connaissance de l’hypocrisie, du mensonge, et des phrases creuses. Il s’habilla en soldat de la mondialisation et se coiffa à droite. Tant et tellement bien coiffé qu’il finit par ressembler aux pompettes des ères royales avec leurs perruques architecturales : on aurait dit qu’ils portaient un McDo sur le crâne.

Dans la période de la cinquième étincelle, on vécut un bout de temps sur la certitude d’un monde équipé et monté pour rouler  mille ans.

Ayant pouvoir sur tout, et des fonds sans fond, le maître, bourré, perdit tout contact avec la réalité.

Il créa le crédit pratique et le crédit falsifié. Tous les esclaves endettés finirent par comprendre qu’ils avaient été bernés.

Le maître avait oublié une chose : à force de tirer toute la chaleur de la flamme et des étincelles, le feu avait finit par s’éteindre.

Et l’esclave refroidi du système prit conscience que la véritable connaissance n’est pas celle que l’on vous donne, mais celle que l’on creuse en silence.

La Terre devint un bruit assourdissant.

Le savoir des cendres

Le Pays des merveilles est pour Alice terriblement dépaysant. Dès son arrivée, la petite fille se retrouve en proie à une véritable crise d’identité, en raison des métamorphoses physiques qu’elle subit, mais aussi de la perte du savoir scolaire auquel elle voudrait tant se référer pour tenter de comprendre et de rationaliser le monde étrange qui l’entoure. Ayant oublié sa poésie, elle devient par ailleurs l’agent d’une parodie de poèmes célèbres dans l’Angleterre de Carroll.

Le pays est le lieu de la contestation, par le biais de l’absurde, d’un certain ordre établi du monde réel, notamment de l’arbitraire du langage : Humpty Dumpty, par exemple, définit comme il l’entend le mot « gloire » et met à jour la nature purement conventionnelle du lien entre signe et sens. Le texte est aussi une critique de la société victorienne, notamment de ses intérieurs « fonctionnels », où chaque chose doit trouver et tenir une place minimale : le Lièvre de mars et le Chapelier « rangent » le Loir dans… la théière. Les frères Tweedeldee et Tweedeldum contredisent sans arrêt Alice. Le chat de Cheshire se contredit.

Le pays est aussi un lieu d’excès, où la gourmandise d’Alice est sans cesse confrontée à des choses qui se boivent ou se mangent et qui la transforment physiquement, et où la cruauté de personnages féminins comme la fameuse Reine de Cœur s’exprime sans retenue.

Au Pays des merveilles, le temps est déréglé, au point qu’il n’y en a pas assez, comme pour le Lapin Blanc toujours pressé, ou comme le Chapelier fou, qui est condamné à vivre éternellement à l’heure du thé.

Alice

Gaëtan Pelletier