Archives quotidiennes : 6-avril-2012

Nicole Tardif, artiste-peintre

C’est l’anniversaire de Nicole, ma cousine peintre. 6 avril.Autodidacte. On s’est connus à 0 an. 🙂

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Née à Sully,  Pohénégamook en 1945,  Nicole Tardif dessine depuis toujours.  Autodidacte,  elle se perfectionnera plus tard dans les années 1980.   Elle privilégie le mouvement, les formes, la couleur et les personnages en s’inspirant de son vécu ou simplement de son quotidien, de son entourage et surtout des gens qu’elle côtoie pour réaliser ses oeuvres.  Elle favorise l’huile, l’aquarelle, l’acrylique et la sculpture.   Au cours des années, Nicole Tardif fait plusieurs expositions et reçoit des prix pour sa créativité et son originalité en développant sa propre technique.  Aujourd’hui, elle donne de la formation en atelier privé.   Ses oeuvres se trouvent auprès de collectionneurs privés.

Pour visite:

http://www.nicoletardif.com/

La mort taboue

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout est énergie à transformer. Il ne s’agit pas de minimiser l’importance de la vie terrestre, mais de réaliser que tout a un début et une fin. Même dans les meilleures conditions de vie, qui voudrait être un humain, un chien, une souris, etc., pour l’éternité? Les morts successives nous permettent d’abandonner des identités éphémères pour en expérimenter une multitude en alternance.

J’aime bien ces histoires taoïstes remplies de sagesse qui élargissent nos horizons.

Source : Tchouang Tseu 2, La musique de la vie; Tsai Chih Chung, Philo Bédé, Carthame Éditions

Le Deuil de Qin Shi

Aux funérailles de Lao Tseu, Qin Shi ne sanglota que trois fois, puis resta en silence.

– N’étais-tu pas l’ami de notre maître? Trouves-tu décent d’être aussi peu affligé?
– Être juste un peu triste me suffit amplement.
– Lao Tseu vint parmi nous parce c’était le moment, puis suivant le mouvement de la nature, il nous quitta. C’est vivre dans l’instant et suivre le flux. Ainsi je ne suis pas triste pour lui.

À ces mots, les disciples de Lao Tseu cessèrent de pleurer.

La mort ne concerne que le corps et non l’essence vitale. Sachant cela, Qin Shi ne ressentait aucune peine.

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 Naître au bon moment est une action juste.
Mourir au bon moment est une action juste.
Être né et ne pas chérir la vie,
c’est s’opposer au ciel.
Ne pas vouloir mourir au moment opportun,
c’est s’opposer au ciel.
(Lao Tseu)
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La Forme et l’Esprit

Confucius s’adressa au Duc Ai de Lu :
«Alors que j’étais en mission à l’État de Chu, je vis des porcelets qui tétaient leur mère. Soudain, la truie roula sur elle-même et mourut. Les porcelets l’abandonnèrent. Ce que les porcelets aimaient dans leur mère était non pas sa forme, mais la vie qui l’animait. Morte ou vivante, la truie est la même. Le changement se situe au niveau de sa vitalité. Ce qui est représentatif d’une personne est son essence et non pas sa forme.»

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Quand la partie est finie, le Roi et le Pion retournent dans la même boîte.
(Proverbe italien)

Le conte taoïste suivant illustre bien que tout a intérêt à mourir ici-bas, et que le pouvoir et la richesse ne sont que les instruments d’une temporaire illusion de suprématie.

Source : Lie Tseu, Les ailes de la joie; Tsai Chih Chung, Philo Bédé, Carthame Éditions

S’accrocher à la Vie et fuir la Mort

Un grand roi partit un jour en promenade avec ses ministres. Ils firent une pause au sommet d’une colline d’où l’on pouvait voir à des kilomètres à la ronde. Tandis que le roi admirait ses terres luxuriantes et ses riches cités, les larmes lui montèrent aux yeux. Il pensa à ses palais et à ses amis, aux honneurs et à sa prospérité et à l’amour de son peuple.

– Dire qu’un jour je vais mourir et laisser tout cela derrière moi!, se plaignit-il.

Ses ministres se mirent à réfléchir et à s’apitoyer en pensant qu’eux aussi perdraient à leur mort palais, richesses et honneurs.

– Ah, si seulement nous pouvions vivre éternellement !, dit le roi.
– Eh, oui!, acquiescèrent les nobles, les yeux tout brillants, juste de penser à l’immortalité.

Un des ministres éclata de rire.

– Nous ne devrions jamais quitter tout ça!, ajouta le roi, ignorant cette interruption.

Mais le ministre rit de nouveau. L’incident se produisit à quelques reprises, de sorte que le roi lui demanda la raison de son hilarité.

Le ministre s’inclina devant le roi et dit :
– Imaginez ce que ce serait si la mort n’existait pas. Le premier Empereur serait encore ici. Si par le seul mérite, nous pouvions nous accrocher à la vie, vos ancêtres Tai Gonc et le Duc Huan seraient éternels. Et si le courage suffisait, le Duc Zhuang et le Duc Ling seraient toujours parmi nous. Si ces princes étaient encore en vie, votre altesse travaillerait actuellement dans les rizières et n’aurait pas le temps de penser à la mort. À quoi devez-vous votre trône? Au fait que vos ancêtres l’ont occupé l’un après l’autre jusqu’à que vienne votre tour. Il est ignoble que vous en pleuriez. Je vois un Duc ignoble entouré de deux ministres flagorneurs. Voilà ce qui me fait rire.

Les autres ministres retinrent leur souffle, craignant la fureur du roi. Après un moment de tension aiguë, le roi se mit à rire. Il leva son verre vers ses amis et dit :
– Pour avoir encouragé ma stupidité, je vous condamne à boire un verre de vin!

On doit regarder la vie et la mort en face avec courage et confiance. S’accrocher à la vie et craindre la mort, c’est être comme un voyageur perdu sans espoir de retour.

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 Lorsque vous accédez à la réelle, à la véritable perception ou compréhension, la naissance et la mort ne vous affectent plus. Vous êtes libre de partir ou de rester.
(Linji, 867- ?)

Les Verts fossoyeurs de l’altermondialisme

Photo : Agence France-Presse Pedro Armestre

Je me permets de placer une lettre au Devoir de Monsieur Denis Blondin. Il y a des années que je me bats contre cette arnaque qui consiste à enrégimenter le peuple en lui faisant croire que le Vert sauvera la planète et ses habitants.

Encore un beau crédo!

De l’hitlérisme à la sauce brûlante…

Pendant que la machine de production ne cesse de « parfaire » ses produits pour qu’ils durent le moins longtemps possibles, elle culpabilise le citoyen et lui fait avaler ses cure-dents pour « sauver le monde ».

Dieu-État a créé le péché mortel du déchet… qu’il produit. Comme les versions des programmes pour les ordinateurs.

Mises à jour : 1.23.46 pour 1.23.51.

Au moins on fait un mea culpa et correctifs. Comme un confessionnal …

Le Vert n’aura d’effet que lorsque la production tournera au vrai vert.

En attendant, jetez. Vous n’avez pas le choix. Car de toute manière, on a parfait l’obsolète.

Et plus la machine à « faire des profits » s’agite, plus elle cherche les moyens de réduire la vie des appareils que  nous « consommons ».

Alors, je me suis acheté un souffleur à neige qui date de 20 ans. Dix fois plus solide que les modèles récents. Et notre voiture a dix ans… Et rien que pour vomir la racaille incapable de s’ajuster au monde actuel, je la garderai et la ferai réparer pièce par pièce.

Si les sociétés riches et avancées (sic) se mettent au Vert, les autres sont en train de faire comme il y a cinquante ans ici.

Prenons notre mal en patience… On en a pour des générations…

La planète se réchauffe et l’Europe gèle.

Est apparu un type à la télé qui a trouvé une explication.

Ou une contre explication…

🙂

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Les Vertsfossoyeurs de l’ altermondialisme, Denis Blondin,Québec

Malgré l’expansion marquée de la conscience environnementaliste, rien ne semble se pointer à l’horizon pour modifier la trajectoire de notre système de production capitaliste. C’est pourtant lui, le véritable moteur du désastre écologique. Ce système reste fondé sur un principe de croissance économique illimitée et, loin de se remettre en question, il maintient son cap insensé chez nous en même temps qu’il fleurit à une allure accélérée en Chine, en Inde ou au Brésil. Même la dernière crise financière, pourtant sévère, ne l’a pas modifié d’un iota.

Il peut sembler injuste de vouloir rendre notre nouvelle ferveur environnementaliste responsable de cette inertie, mais c’est pourtant sa part de responsabilité que je voudrais cerner ici. C’est parce qu’elle constitue un rouage essentiel de notre conscience collective et qu’elle pourrait jouer un rôle différent.

Je constate que la vague écologiste a étouffé la vague altermondialiste. Elle a déplacé sur un plan strictement matériel une réflexion qui portait au départ sur la société. Nos yeux sont maintenant braqués sur des cirques ternes comme celui de Copenhague, pendant que les forums sociaux mondiaux se font de plus en plus timides, discrets et sans conséquence. Ce joli coup de barre a requis la collaboration de tous, tant les grands manitous que les petits militants plus ou moins verts que nous sommes presque tous devenus.

Verts militants et grands récupérateurs

À la base, il y a les citoyens de bonne volonté, qui votent de plus en plus vert. Mais les Partis verts n’ont qu’un seul et unique programme: c’est la verdure. Comme les questions sociales, économiques et politiques sont trop compliquées, ils évitent de s’en mêler pour ne pas perdre de votes. Le pire, c’est qu’ils ont l’impression d’être bien partis, sous prétexte qu’ils recueillent un pourcentage croissant de votes parmi les mécontents des vieux partis. En fait, ils réussissent surtout à freiner l’essor des véritables partis alternatifs.

L’éveil d’une conscience environnementaliste ne semble susciter que des ajustements mineurs dans le choix des gadgets à consommer. Ceux qui en ont les moyens se pavanent avec des autos hybrides, les autres se contentent des petits gestes du recyclage quotidien. Le problème des petits gestes, ce n’est pas tellement qu’ils risquent de prendre la place des grands, c’est qu’ils peuvent déplacer notre champ de conscience vers la mauvaise cible. La foi a besoin d’être alimentée par des rituels, mais les rituels peuvent aussi devenir des soporifiques aussi efficaces que le chapelet ou l’aumône: ils créent de la bonne conscience à peu de frais et confortent le système social dominant sans le contester. Je préfère encore la mauvaise conscience.

Chouchous

Les citoyens de bonne volonté ne sont pas les seuls à vouloir préserver notre culture matérialiste si enivrante. Ils emboîtent le pas aux grands manitous de la nouvelle économie verte, ceux qui font fortune en convainquant les gouvernements de subventionner la destruction des vieux chars pour pouvoir en vendre plus vite des nouveaux. Ces écologistes-là sont les chouchous des gouvernements, du moins ceux qui ne vivent pas du sable bitumineux.

La progression des idéaux verts se nourrit de leur récupération comme instruments de marketing. Le vert est rapidement devenu un simple logo facilitant la vente ou le vote, tout comme le bio ou l’équitable, si bien que le consommateur finit par oublier la différence entre les trois pour ne retenir que le signe «plus»: ce sont de bons produits.

Pendant ce temps, nous laissons les riches dormir en paix. Ils ne sont pas les seuls responsables, mais leur position aux commandes des institutions leur confère une plus grande responsabilité. Il reste qu’acheter 49 $ des lecteurs DVD qu’on jettera au bout d’un an est aussi scandaleux qu’empocher des primes faramineuses pour s’acheter des jets privés, et cela en vertu de l’empreinte sociale, pas seulement de l’empreinte écologique. Ce qui importe, c’est de cibler le système même qui est en cause: celui qui définit le bonheur comme un niveau de consommation et l’être humain comme une créature animée de besoins illimités et vouée à l’irresponsabilité, puisque tout finit avec sa mort individuelle et matérielle.

Les vrais enjeux

Faut-il sauver la planète ou les humains? Comme ce sont des humains qui choisissent, la réponse semble évidente. Mais quels humains? Il peut très bien arriver que le choix soit fait par les riches seulement et vise seulement leur propre préservation, comme d’habitude. Ce qui est nouveau dans l’histoire, c’est que cette option n’est plus envisageable parce qu’on ne peut plus construire des murs ou des frontières pour séparer l’air ou l’eau des pauvres de ceux des riches, même si ces derniers préfèrent l’ignorer. Il faut à tout prix les — c’est-à-dire nous — forcer à regarder cette réalité en face.

Personne ne peut fournir les plans détaillés de la nécessaire révolution. Seuls des grands objectifs peuvent être définis. On peut les ramener à deux cibles essentielles: la transformation des institutions politiques, économiques et sociales, et l’émergence d’une nouvelle culture. C’est précisément ce à quoi s’était attaqué spontanément le mouvement altermondialiste au moment où il a émergé, au tournant du millénaire. On pourrait penser que ce mouvement s’est simplement essoufflé, mais en fait, il a été dévié. Les idéaux qui l’ont inspiré n’ont pas disparu, ils ont été noyés dans un discours écologiste plus tapageur et plus subventionné.

Culture

Au-delà de la boulimie de surconsommation et de la misère imposée à des continents entiers, il y a une culture, il y a une société avec son système économique et ses institutions. Ce sont des constructions humaines et il est donc possible de les changer, car rien de tout cela n’est irrémédiablement inscrit dans notre nature humaine. Cette nature a, pendant très longtemps, produit des économies durables et des cultures axées sur l’être humain où la liberté signifiait l’absence de contraintes, plutôt que la multiplicité des choix entre des modèles de VUS, où l’on pouvait chercher à être une richesse plutôt qu’à être riche.

Puis est arrivé le «développement», qui a fini par inverser les priorités et définir la consommation des biens matériels comme une fin en soi. Nous ne pouvons pas revenir en arrière, mais nous pouvons saisir l’occasion que nous donne la conscience écologique pour remettre notre société mondialisée sur une trajectoire historique plus prometteuse.

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Denis Blondin – Québec

Leurre-temps

Il a neigé. Comme une pellicule de frissons sur la terre. Comme il frissonne parfois sur ma peau, des airs de neige translucide.

Que le temps s’allonge de la faille d’entre l’UN!  

Il a plu en même temps. Comme si le ciel avait nos yeux. Comme si rêver de jeter au soleil cet hiver de toi se répandait, s’étendait…

Que le temps s’allonge de par la faille qui habite les impossibles retrouvailles!

Il a gelé. En même temps. Comme il a poussé des volcans au creux des ventres, de feux, des rampes.

Que le temps s’allonge quand la lave des passions est neigée et l’ardeur en prison.

Il a neigé. C’est novembre. Un friselis chante parfois aux puits de ta voix. Et j’entends, écoute, ton parler a mes veines, mon âme et mon chant.

Que le temps est court, et la faille étroite, quand le séparé est cousu et recousu, lentement, hors temps!

Gaëtan Pelletier

Novembre 2002