Archives quotidiennes : 7-février-2012

Madonna, la vierge d’Amérique et le Super Bowl

 

Et puis Madonna (et Cee-Lo) a disparu au milieu d’une mer de lumières dorées illuminant le message « PAIX DANS LE MONDE

C’est bien l’image des États-Unis : un empire romain.

Du clinquant, du faux, de la richesse et des plumes de paon en or.

On se pavane. Reste qu’à l’autre bout du monde, là où la superpuissance puise son or noir et qu’elle ronge la Terre comme un rat d’égout, cette monstruosité dont le règne aura duré cent ans aura fait autant de grabuge qu’un bulldozer aux tentacules d’acier. Une armada de rats d’acier, qui boivent du vitriol pour se doper.

Vive la liberté! Du moins la leur, et leur apparente. En dessous de cette couche de vernis se cache une fosse ombrée.

C’était un beau show!

En Afghanistan, des soldats, filmés en train de regarder la partie, se tenaient, droits, cloués à la « grandeur » de leur pays.

Patriot Act .Patriotes partout…

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L’Empire romain, pour garder son vernis, devint une dictature.

Il est difficile de voir l’Amérique (USA) dans sa beauté et sa splendeur quand on connaît un peu l’histoire de ce pays.

Géronimo et Ben Laden.

Des méchants partout. Et sa CIA, la plus grande usine au monde dans la fabrication de terroristes.

Le passé collé au présent

On est entré dans l’Ouest en saccageant toute forme de culture, détruisant les peuples et s’accaparant des terres. Puis on est allé chercher des esclaves. On a créé des crises économiques, etc.

On a bousculé l’Amérique du Sud, grugé les pays par des infiltrations, planté des « zélus » aux quatre coins du monde. En ce moment, on infiltre les pays aux prises avec des dictateurs.

Le meilleur vendeur d’armes au monde. Les meilleures  banques au monde. Tout le « monde » appartient aux États-Unis d’Amérique.  Et la lune…

World Peace?

Dans quelques années, ils vont descendre en Afrique…

Un descendant d’esclaves aura fini le travail des blancs hautains. Ou un puritain javellisé. Plus blanc que blanc.

Rappel historique

En 39, Hitler a envahi l’Europe, au nom de la race aryenne, épurant tout pour un règne de 1000 ans. On forma une coalition, Les Alliés, pour lutter contre ce mal, sorte de Satan à moustache.

C’était la guerre éclair. Créée par notre peintre raté. Un aquarelliste bon pour le métro de Montréal.

Les États-Unis, eux, on inventé la guerre visqueuse, la serpentine attaque sinueuse, ondulante, flexible, reptilienne, et j’en passe.

L’Amérique consomme 80% des richesses du  globe.

Elle est sans doute responsable de 80% des problèmes géopolitiques de la petite planète.

C’est la guerre à la torche électrique.

La question est la suivante : faut-il créer une alliance pour ce nazisme travesti?

Hitler avait charmé son peuple qui l’idolâtrait. Il s’en est servi pour l’armer à des fins personnelles et prétendument historiques.

Le nazisme avait ses grands spectacles, ses grands rassemblements, ses petits drapeaux agités.

Il a nourri son peuple aux grains de la réussite, de la fierté, de l’orgueil et du « sentiment national ».

Le nazisme était en noir et blanc.

On est passé à la couleur…

Leur grandeur a fini par faire et refaire notre petitesse.

Mais l’Amérique est vierge…

P.S.: Vite, un psychanalyste des foules

 

 

 

 

 

 

 

POUR LE CARNET LENTEUR (Manifeste et tuyaux pratiques en faveur du Slow Blogging)

1. Carnet Lenteur, c’est le rejet de l’immédiat. C’est la prise de parti selon laquelle tout ce qui vaut la peine d’être lu n’est pas obligatoirement tartiné à la hâte, et que maintes pensées se doivent en fait d’être servies aux convives après un lent mûrissement et une mise en forme verbale bien tempérée.

2. Carnet Lenteur, c’est de parler comme on parle quand on parle de quelque chose qui compte vraiment. C’est de se comporter comme si ces pixels qui mettent nos paroles en forme visible étaient une substance très précieuse et très rare. C’est la sereine acceptation du fait qu’on peut parfaitement laisser passer des événements sans les commenter. Délibéré dans son rythme, allant son pas de sénateur, Carnet Lenteur, c’est le fait de ne pas rompre ledit rythme, sauf en cas d’urgence suprême. Et, même là, il faut voir, car la lenteur, en fait, ce n’est jamais la vitesse de l’urgence. Et les lieux où se manifeste ce rythme plus lent que l’on aime vraiment, vu qu’il nous rassure et nous rassérène, ce sont souvent ces lieux là où, justement, on trouve refuge, dans l’urgence.

3. Carnet Lenteur procède à l’inversion de la fatale désintégration des prémisses de nos idées les plus vives en ce fourbi de boutades fugaces et de tours de phrases faciles et trop souvent esquissés. Carnet Lenteur met en place le processus par lequel les pétillements de la pensée scintillent tout plein puis s’atténuent un tout petit peu, histoire de prendre leur juste place, en toile de fond d’un grand tableau, en fait plus complexe. Carnet Lenteur ne grave pas immédiatement toutes les pensées sur quelque parchemin solide et inusable, avant qu’elles ne soient parvenues à se constituer leur propre validité conceptuelle, durable et stable, devant le flux du temps.

4. Carnet Lenteur, c’est le fait d’accepter de se taire face aux singularités momentanéistes, face à ces différents outrages mesquins et ces petits extases quotidiens, ces déclics cliquetants de banalité, ces micro-déceptions perpétuelles, la gadoue psychotique de ces constants effets de fin du monde dégoulinant et se coulant entre les gros titres. Ah, cette chose si importante que vous vouliez tant dire, à chaud, la semaine dernière, eh bien, elle pourra parfaitement être formulée le mois prochain. Un tel esprit de l’escalier sereinement assumé ne vous fera briller que davantage.

5. Carnet Lenteur, c’est la réplique donnée sans ambages au Grand Référencieur, ainsi que le rejet ferme et sans appel de ce dernier. Le Grand Référencieur, c’est ce bel affreux monstre qui se niche entre les replis onctueux de la lourde draperie Google. Il dicte tout ce qui touche la question de l’autorité et de la pertinence de ce que vous recherchez. Bloguez vite, bloguez souvent et Google vous récompensera. Conditionnez votre moi créatif et alignez-le sur la fréquence secrète du fugace et, alors, l’adoration de Google sera vôtre. Vous ferez alors votre apparition là où se braquent tous les regards: dans les quelques premières pages des résultats de recherche. Mais, oh, osez évoluer à votre propre rythme et vous verrez alors vos travaux ne jamais être retracés. Osez refuser vos faveurs au Grand Référencieur et vos documents se verront aspirés, comme par un sombre et tumultueux mælstrom, vers les eaux profondes et vaseuses des sujets non discernés. Sa conception torve et tordue du bien commun a fait du Grand Référencieur un ennemi des masses terrifiant. Il dicte un rythme qui prohibe la réflexion fondamentale, justement celle qui, pourtant, est absolument indispensable quand on prétend aller plus loin que le quotidien, en cherchant à léguer quelque chose.

6. Carnet Lenteur, c’est la reconfiguration de la machine comme agent ancillaire de l’expression humaine, et non plus comme garde-chiourme pressé ou régent rigide. C’est la pause volontaire imposée sciemment à la roue en giration ultrarapide de cet écureuil paniqué qu’est devenu le ci-devant carnetiste hautement efficace. Carnet Lenteur, c’est la ferme imposition d’une temporalité asynchronique, celle, en fait, où on n’est pas campé là, au bout de sa chaise, à tapocher toujours plus vite sur le clavier, pour rattraper le rythme de l’ordinateur. C’est celle, en fait, où la vitesse de téléchargement cesse d’être la vitesse d’absorption ou de consommation, celle, finalement, où, bon ou mauvais, les travaux, les œuvres, s’exécutent et se formulent en prenant le temps qu’il faut.

La ferveur ne suffit pas, il faut la patience quotidienne de celui qui attend et qui cherche, et le silence et l’espoir, sans cesse ranimés, au bord du désespoir, afin que la parole surgisse, intacte et fraîche, juste et vigoureuse. Et alors vient la joie.

Anne, Hébert, “Écrire un poème”, dans Oeuvre poétique 1950-1990 (1993), Boréal Compact, p. 97.

1. Ayez quelque chose à dire. Votre écriture de carnet doit être stimulée impérativement par quelque chose que vous avez à dire. Ce sera quelque chose que vous jugez important, crucial, trippant, jouissif, pulsif ou significatif. Il est donc indispensable de vous installer dans un dispositif thématique que vous mobilisez pour ses vertus logogènes. Votre carnet sera alors un puit de paroles et de savoir. Il vous fera parler, vous serez intarissable à son sujet. Conséquemment, sont à fuir comme la peste bubonique des grands soirs, les formulations du type: Bonsoir blogue. Je ne suis pas très inspiré(e) aujourd’hui mais, tel un Baal aussi dévorateur que chiant à la longue, il faut que je t’alimente pour ne pas esquinter mes courbes. Voici donc une photo de mes chats qui n’est pas spécialement bonne ou intéressante ou marrante, mais ça fait toujours une entrée. Outre que ça exacerbe votre lecteur (il déteste souverainement perdre son temps ainsi avec des niaiseries) en plus, surtout, comme justement il vous admire, ça le déçoit profondément. Et, déception pour déception, autant le décevoir un petit peu par votre silence (cela le fait languir, espérer, s’habiller le cœur, comme le renard du Petit Prince) que le décevoir, de façon beaucoup plus cuisante, par des inepties en saillies qui vous coulent, sans espoir, sans jubilation et sans rémission. Rien à dire? Ne dites rien. Patientez. Attendez sans paniquer. Ça va vous revenir.

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Ce n’est qu’une partie du billet.

Voir le reste sur le site d’Ysengrimus