Archives quotidiennes : 17-janvier-2012

Le F-35, peu importe mon état normal

Plus on est de fous,  moins il y a de riz.
Coluche

Je vais enfin pouvoir m’amuser : le F-35 est de retour dans les manchettes. Ce chaudron qui devait coûter au départ tout juste 50$ millions pièce, doit être rendu dans les 150$ millions, dépendamment de la version.

Le programme à éplucher M. Lambda

Alors qu’à l’origine, le JSF devait être un appareil à bas coûts au même niveau que le F-16, ses prévisions de budget ont augmenté d’année en année, le faisant devenir le plus onéreux programme d’avion militaire de l’histoire. Au mois de mars 2008, le Government Accountability Office  estime que le développement, l’acquisition, la maintenance et l’utilisation des 2 443 avions prévus dans les forces armées des États-Unis coûtera aux alentours de 950 milliards de dollars américains  soit une hausse de 38 milliards par rapport aux mêmes prévisions de 2007. Entre 2001 et 2006, le coût global du programme à augmenté de 29 %.
À bas coûts?
Je dirais plutôt : à coups bas…

Le F-35 accumule les déboires
Le rapport met en avant la position du crochet d’arrêt, placé trop près du train d’atterrissage (7,1 pieds, contre 18,2 pour le F-18). La problème a été identifié, et une solution est à l’étude qui doit être testée en avril. Si cette solution s’avère inefficace, il faudra alors revoir des pans importants de la conception du F-35. Sans oublier les travaux de reprise que cela impliquera sur les exemplaires de l’avion de combat déjà construits.
Treize problèmes
Si l’on ajoute le soucis du viseur tête haute, des logiciels, ou encore du système de largage d’essence, le rapport met en avant 13 problèmes qui amènent ses auteurs à douter de la « stabilité » de la conception du F-35, qui n’est pas près de perdre sa couronne de programmes d’armement le plus coûteux de tous les temps (Relire  : L’avion de combat F35, un projet gigantesque dans l’oeil du cyclone ). Aux dernières nouvelles, la facture -rien que pour le Pentagone -atteint 323 milliards de dollars à raison de 2.443 exemplaires commandés. Conscient des risques encourus, l’administration Obama a décidé de décaler la fabrication de 120 exemplaires après 2017. Source
La version porte-avion ne peut pas apponter! ?
La version à la verticale coûte trop cher.
Pas encore au point pour le Grand Nord Canadien,
etc …

Il devrait être bon pour voler. Au moins les citoyens des pays qui ont passé une commande pour ce « produit », une  machine infernale digne des mythomaniaques qui veulent refaire les pyramides de Gizeh,  mais volante, pourront bénéficier des retombées économiques.
S’il est abattu, ou crashe  par accident, c’est une retombée économique. Car il va falloir en produire d’autres pour les remplacer.
Ce qui va donner d’autres retombées économiques…
***
La négritude et l’esclavagisme sont finalement les réels constructeurs des chef-d’œuvre de ces hurluberlus amnésiques et tortionnaires : on vide les assiettes des populations et on instaure un nouveau système : l’austérité.
Tout ça pour des épées volantes.
Austérité. Le mot coure sur tous les continents.
Purée! Comme dirait, Madame, au moins dans les années 30 on n’avait pas peur des mots : on disait LA GRANDE DÉPRESSION. Le dépouillement et la mortification pour les grands projets, voilà l’avenir. Des armes! Tout ça pour des armes.  Et si vous êtes réticents, les industries  de la « sécurité », telle la célèbre Blackwater  sont les seules en expansion. Et McDo…
Le danger est que cette merveille volante ne voit pas vraiment le jour. Ce qu’on nous cache, c’est que les américains vont plutôt centrer leurs systèmes de défense sur des appareils sans pilotes. Les drones, ça ne tue personne, sauf ailleurs…
Le drone n’est pas si nouveau. Les allemands, durant la guerre 39-45 avaient déjà leur V1 qu’ils lançaient sur Londres.

Le Canada
L’histoire du F-35, version abrégée, pour 65 appareils
A)    9$ milliards
B)    Quelques semaines plus tard : 16$ milliards
C)    Quelques mois plus tard : 29$ milliards
D)    2011 : entre 75$ et 150$ millions de dollars ( Le Devoir, Mackey défend le F-35 )
Le programme de développement a débuté en 1994, et si tout va bien, en 2017, le Canada pourra enfin bénéficier des retombées économiques. Entre temps, si on calcule le nombre de kilos de carottes, de pommes de terre, de riz, de ti pois vert, de pâtes, de blé, il y en aurait assez pour nourrir le continent africain au complet et juguler la pauvreté des habitants des pays industrialisés.
La pause oiseau
Avant de continuer, reposons-nous un peu dans un abrégé cours d’ornithologie.

Photo : Robert Morin

Les colibris se nourrissent principalement de nectar mais ils mangent également des insectes qu’ils capturent en vol ou qu’ils récoltent sur les feuilles ou encore qu’ils retirent des toiles d’araignée. À l’occasion, on les aperçoit se nourrir de la sève qui coule des arbres après que les pics y ont creusé à la recherche d’insectes ou de sève. Ils consomment en moyenne la moitié de leur poids en sucre à chaque jour. Pour fin de comparaison, un homme de taille moyenne devrait avaler environ 130 kg d’hamburgers. Ils se nourrissent de 5 à 8 fois par heure à raison de 30 à 60 secondes à chaque période d’alimentation.


Le colis  à gorge déployée

Se nourrit des États-Unis, de la royauté,  et de quelque 30 millions de travailleurs. Il peut avaler votre salaire hebdomadaire en fabriquant une toilette de G-20, ou un lac artificiel. Doté d’une mémoire phénoménale, il peut identifier et nommer   tous les sénateurs.
Caractéristique : il recule plus vite qu’il avance.

Retour au F-35
Le F-35, c’est comme la voiture à hélice… Il roule en nous roulant.
L’invention n’a pas fait long feu…

Pour mon état normal
La pub dit : « Prenez ce médicament et vous reviendrez à votre état normal, peu importe votre état normal ».
***
Tout ça m’a donné des maux de dos. La charge du citoyen est lourde. Je me suis rendu à la pharmacie. Les comprimés pour maux de dos ont les mêmes ingrédients que ceux des maux de « partout ». Le drone chimique n’est pas encore au point.
J’ai laissé tomber.
Quand c’est la couleur de la boîte qui indique la cible, c’est à se  méfier.
Alors, j’ai décidé de procéder à une saignée.
Quand ma femme ma vu avec mon cutter, elle a paniqué.
Je lui ai dit que je coupais dans le budget.
À force de faire le tour des animaux de compagnies et de corporations, j’en ai déduit que je n’étais plus un humain, mais un budget.
Peu importe si mon État est normal…
______________
Canada, France, Italie, Royaume-Uni, etc.
Le F-35, c’est comme fabriquer un chaudron à un prix si exorbitant qu’on n’a plus les moyens d’acheter et de faire  cuire de la nourriture dedans.
Le F-35, un chaudron à 100$ millions

Gaëtan Pelletier

J’ai 18 ans

J’ai 18 ans.

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Aimer à n’en savoir que voir…

Quand j’entends ta voix…
C’est comme un dimanche au milieu d’une semaine
Les yeux fermés sur le temps
Les âmes  nouées  par l’éternité
De vieux amants
Retrouvés
 
 
On a joué les mille et une vies
Comme un conte et décompte déjà fini
Mes yeux s’enferment à tes pas
Ces deux miroirs de l’au-delà

 

Laisse-moi, en cette vie
Glisser un peu du toi et du moi en nous
Laisser à jamais les endormis
Nous séparer des tours de ta beauté
De nos atours
 
 
Je rêve tous les jours, de faire le voyage
Aux marques de tes blessures sur ta chair mûre
Claudiquant des doigts, les yeux sans images
Comme deux aveugles aux ailleurs  retrouvés
Les yeux, les yeux bien fermés
 
 
Je me sens parfois, la vie de tes vies
L’envie de tes envies, et l’infini de ce fini
Laisse-moi creuser un peu  tes lèvres
Au mariage tout doux des mystérieuses fièvres
 
 
© Gaëtan Pelletier
 

Les alimenteurs

Que savons-nous vraiment des produits que nous achetons au supermarché ?

Dans Food, inc. le réalisateur Robert Kenner, le journaliste d’investigation Eric Schlosser (auteur de « Fast Food Nation ») et le journaliste scientifique Michael Pollan (auteur de « The Omnivores’s dilemna» – Le Dilemme de l’omnivore) lèvent le voile sur l’industrie agro-alimentaire. Une industrie qui a souvent fait passer ses profits avant la santé des consommateurs, la survie d’exploitants agricoles, la sécurité des travailleurs et notre environnement à tous.

Dans nos assiettes, des blancs de poulet plus appétissants que jamais ; au restaurant, des côtelettes de porc parfaites ; dans nos bacs à légumes, des tomates aussi belles au dixième qu’au premier jour… Mais aussi de plus en plus d’obèses, particulièrement parmi les enfants ; une véritable épidémie de diabète chez les adultes ; de nouvelles souches de la bactérie Escherichia coli ultra virulentes, colportées par la viande de vaches que l’on gave de maïs (environ 73.000 personnes sont infectés aux Etats-Unis chaque année…).

Derrière tous ces problèmes de santé publique, on retrouve les choix productivistes d’une poignée d’entreprises qui contrôlent l’approvisionnement de centaines de millions de personnes. Ces entreprises déploient des trésors d’imagination et de marketing pour maintenir en vie le mythe selon lequel ce que l’on mange vient directement de la ferme.
Une ferme avec une gentille vache cornue (appelons-la Marguerite), de l’herbe grasse et des barrières joliment peintes en blanc ! Mais les ingrédients de base proviennent en réalité d’exploitations agricoles aux méthodes industrielles, et sont transformés dans de gigantesques usines. Le soja a été génétiquement modifié pour résister à des doses massives d’insecticide, et les tomates, pour être transportées et conservées des mois sans perdre leur belle robe rouge. Les animaux quant à eux sont « calibrés » pour devenir plus gros, plus vite et pour s’adapter sans perte de temps ni d’argent aux abattoirs géants où ils finissent leur vie. Nous ne sommes plus très loin du poisson carré…

Le plus surprenant est que tout ceci se produit sous les yeux des instances de régulation américaines, l’USDA (United States Department of Agriculture, équivalent du ministère de l’agriculture) et la FDA (Food and Drug Administration, mélange de nos Agence du Médicament et Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments). C’est moins étonnant lorsqu’on découvre avec Food, inc. le jeu de chaises musicales auquel se livrent les décideurs de ces instances, tantôt employés par des administrations fédérales, tantôt salariés des entreprises qu’ils sont censés contrôler.
Les victimes de ce système dysfonctionnel sont évidemment les consommateurs. Sur le terrain, les agriculteurs sont jusqu’à présent restés silencieux, de peur d’éventuelles représailles ou de poursuites judiciaires. Monsanto – fabriquant, en son temps, de l’agent orange utilisé au Vietnam et du DDT – a gagné, en l’espace de dix ans et à la faveur de lois américaines qui permettent de breveter des semences, le contrôle de 90% des graines de soja du pays.

Interdiction est faite aux agriculteurs de conserver ou de réutiliser ces graines. Ils doivent, chaque saison, en racheter de nouvelles auprès de la compagnie, qui emploie d’ailleurs un bataillon de 75 personnes chargé de vérifier que le copyright sur le vivant est bien respecté. Monsanto dépense ainsi des millions de dollars chaque année pour enquêter, intimider et poursuivre les fermiers récalcitrants. Ou simplement ceux qui ont eu la malchance de voir leurs champs colonisés par les semences OGM de ce géant de l’agro-chimie.
Beaucoup d’entre eux ne sont malheureusement pas financièrement en mesure de se battre contre la compagnie. Food, inc. dresse également le portrait de nombreuses personnes qui refusent de rester les bras croisés. Certaines d’entre elles sont des chefs d’entreprise visionnaires, comme Gary Hirshberg de Stonyfield Farm’s et Joel Salatin de Polyface Farm’s, qui trouvent le moyen de travailler à l’extérieur ou à l’intérieur du système pour améliorer la qualité de la nourriture. D’autres sont des hommes et des femmes qui ont choisi de témoigner : Carole Morison, éleveuse de poulets, Moe Parr, ouvrier agricole, et Barbara Kowalcyk qui milite pour l’amélioration de la sécurité alimentaire, après le décès de son fils de 2 ans, suite à une infection E. coli.

Leur histoire, à la fois touchante et héroïque, montre le niveau d’humanité et d’engagement qu’il est nécessaire d’avoir pour combattre ces entreprises qui contrôlent l’industrie agro-alimentaire. Le réalisateur a aussi tenté d’interviewer les représentants de Monsanto, ou des transformateurs de viande Tyson, Perdue et Smithfield. Tous ont refusé. Food, inc. révèle ce que les géants de l’industrie agroalimentaire ne veulent pas que l’on voie, que l’on analyse, que l’on questionne. Il nous rappelle aussi que chacun de nous a encore le pouvoir de faire changer les choses trois fois par jour : au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner.

Robert Kenner, réalisateur de Food, inc.