La route vers soi: 3. La douceur

La douceur est comme une grâce  de l’âme,   capable d’exprimer son amour, capable de regarder sans broncher toutes les douleurs  et tous les ratés de l’humanité. Y compris les siens…

 Elle cherche la stabilité, comme la  rivière cherche la mer…

Après de longs parcours… Après des luttes de tumultes, s’aiguisant  aux berges de pierres. Elle sait rester et grandir dans sa constance.

 On peut aimer et s’attendrir sur une chose, mais ce n’est pas la chose qui nous parle d’amour, c’est la relation entre la chose et soi.

L’infini est caché sous toutes les empreintes de l’expression de la Vie. À nous de la découvrir.

Chaque moment est un pas. Et pas un pas ne mène nulle part…

Il faut simplement avoir la volonté de marcher. Parfois sans comprendre…

Demain est toujours un autre savoir.

Toute beauté retrouvée ne parle que d’amour, dont l’embryon est la douceur.

La douceur  abandon. Elle ouvre les yeux  sans   cligner. Il y a ceux qui savent  regarder. Il y a les autres qui voient l’échange entre les êtres et les beautés de l’univers, parfois cachée dans la détresse et la méchanceté.

Ceux qui ont peur.

Peur de soi, au fond…

Chercher la beauté, c’est chercher un peu de soi. Peu importe le chemin. La seule route qui mène à soi est celle que l’on trace. Mais toute notre histoire est contenue dans celle des autres. Et celle des autres est un atome de ce que nous sommes.  

Nous ne découvrons pas la beauté, nous la créons à tout moment : elle est là, et de par notre ouverture à l’ensemble, et cessant d’être un pour le seul « un »,  on se découvre à la magie de la création. Seule raison d’être en ce monde. L’humain est un aventurier de l’existence. La partie émergente de son être est sculptée pour ce monde matériel. En même temps qu’elle y est enterrée.

Nous sommes tous aveugles à la grandeur de nos êtres. 

On  voit bien que les yeux fermés.

Même si c’est peu…

On ne voit bien qu’avec les yeux du cœur.

Mais dans tout cœur se trouve le brouillard de l’enveloppe.  

La douceur qui se prononce  est le nid de l’amour.  Celle qui se tait, peut être le chardon qu’on nourrit  à la tige de nos êtres. Et tous le font… La fibre d’existence est fragile. Et certains se veulent  si forts qu’ils en brisent leur propre substance.

Qui se détruit un peu, même dans l’erreur, détruit un peu du tout des autres…

Personne n’est responsable de sa faiblesse. Mais celui qui possède de pouvoir a le pouvoir de briser davantage.

La  douceur est un  soupir qui s’arête et  se recueille. La douceur est comme une prière, silencieuse, à lèvres lentes, intérieure. Un murmure de la Vie.

Et le rire en est la fête. Un rire sans bruit, comme une visite du bonheur. Dans cet espace-temps, ce bonheur n’est que passager,  insaisissable. Tout notre être est une rechercher à le fixer. Comment fixer ce qui danse?

Comme un désir vorace qu’on nourrit de tout. En manque de clarté, on se contente d’ombres….

Certains meurent de faim, d’autres, inassouvis, de nourriture intérieure.

C’est par grains de sable qu’on peut percevoir l’étendu de la plage.

Les cœurs fermés sont les tombeaux de tous les autres.

Et c’est là le grand drame de la Vie : le séparable est la brisure nécessaire.

Pour un temps…

La Vie, ici, est de recoudre la manteau déchiré de l’éternité et du temps.

La douceur n’attend rien. On  meurt à attendre, on vit à ne rien attendre.  On vit par ce qui nous arrive, non par ce que nous désirons ce qui nous arrive.  

Aimer n’est pas un choix. C’est la conjugaison de verbes que nous sommes. Chacun est un mot, une syllabe. Un chant. Une phrase.

Dans la différence qui nous marque, dans la haine qui parfois nous démarque. Dans la réunion qui souvent nous touche.

La douceur est le  moule de tous les moules.

Un creuset.  

Sans elle, il n’y a pas de marche véritable vers soi.

Marcher vers soi, c’est avancer vers les autres…

Les autres, soi… Tout est inséparable.

Celui qui finit par connaître la plage, découvre enfin l’air humide de l’océan.

La chair n’est que le dépôt d’une vie, faite de sable, de rugosités, et de bruits des vagues provenant de l’intuition.

Être attentif… C’est tout. Méditatif.

La douceur est la souplesse toujours à se modeler pour se recevoir et faire des autres des hôtes.

 *****************************

Joyeux Noël!

Toute vie est de naître et de ressusciter à tous les jours. Ne serais-ce qu’une virgule de changement.

Gaëtan Pelletier, 22 décembre 2011

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.