Archives quotidiennes : 9-décembre-2011

Combien de « Kraft Dinner » dans un Furtif B-2 Spirit?

Furtif : 2.2 milliards de dollars US… X par 132. Sans compter les « imprévisibles »

Pendant ce temps, aux États-Unis, 45 millions de gens ont des problèmes d’alimentation.

Mais les dernières estimations vont plus loin: 65 millions. Comme en Corée du Nord, en pourcentage, ou presque…

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Dans un reportage de CBS ( voir vidéo),   on verra des enfants pleurer parce qu’ils n’ont pas suffisamment à manger au point d’être incapables de dormir. Le plus triste est qu’ils se sentent « responsables » de leur situation. Certains veulent abandonner l’école pour travailler.

Certains se privent d’électricité pour balancer leur budget en fermant les lumières le soir.

– Combien d’entre vous font au lit, affamés?

– Combien d’entre vous ferment les lumières de la maison?

– Comment faites-vous pour étudier le soir sans lumière?

« Nous utilisons des chandelles ou des lampes de poche »

En Floride, le « foreclosure » a touché un millions de foyers et on en attend un autre million.Devant une telle misère, des mères découragées, cherchant des refuges se font consoler par leurs enfants.

– Que dites-vous à votre mère pour la consoler?

– I love you, Mom!

Certains vivent à 4 dans une pièce. Même des étrangers acceptent des résidents dans leur maison.Ce jeune garçon dira qu’il a pris énormément de maturité.

Des familles ont dû se séparer pour vivre chez des parents et se retrouvent de temps en temps pour une période courte.

Certains cherchent du travail, vivant dans un motel, sans travail. Voici la pancarte qu’il affiche pour trouver un job.

Aux États-Unis il est permis – sans que cela soit un scandale national – que les enfants n’aient pas suffisamment à manger. Le programme national de télévision de CBS News, 60 Minutes, a récemment montré les visages et les histoires de familles sans toit, dont les enfants ont dit ce qu’ils ressentent quand ils ne mangent pas suffisamment. Plus de 16 millions de mineurs vivent dans la pauvreté -2 millions de plus qu’avant la crise économique qui a éclaté en 2007 – et on constate que c’est l’écroulement le plus rapide de la classe moyenne jamais arrivé depuis que le gouvernement a commencé à les mesurer, il y a demi-siècle, explique CBS News.Lien

It you can not pay the Bank, you are on the street.
This family live in the car. They have no other place to live.
This girl is an « American traveller ». She lives on the cargo trains.
This family is lucky. They have got a new place to live in a public place.
Calefornia dreaming. Homeless in LA.
On a dollar a day, its always possible to get a cup of coffee.
Most of the native Americans live below the poverty line.
Social benefits. At last the chance to get a warm bowl of soup.
The electrical poles are out of range. The new American poor are out in the woods.
The skyline in Sacramento have got new tents, where Arny has his seat of power.
Life seen through a window of a tent in Detroit.
Houses up for sale, to raise fresh funds for the Fedreral Government.
Yesterday General Motors (GM) launched an IPO on Wall Street. These home owners in Detroit were not invited.
No invitation to American tea-parties for these hungry souls on Capitol Hill.

La route vers soi: DEUX. La révolte de la pelure d’oignon

Qu’est-ce que je cherche en écrivant? Qu’est-ce que vous cherchez en lisant? La même chose que moi: vous. Pendant longtemps j’ai cueilli des vérités éparpillées dans les livres. J’ai fouiné. Comme si des morceaux de moi que je n’arrivais pas à trouver en moi étaient dans les autres. Et en ramassant tous les morceaux je cherchais à me rapiécer, à me reconstruire après avoir été détruit par cent milles philosophies éparses. Mais j’ai l’âme qui crie. Elle a faim. Faim de rien. Faim de tout. Elle a surtout faim d’elle… Alors elle n’a pas besoin de tous ces appareils. C’est une âme venue regarder les arbres et les ciels étoilés. Elle ne trouve plus que des lumières si denses la nuit qu’elle ne voit plus les étoiles. Les étoiles sont les fibres d’une couette que cherche l’âme. Et toute l’histoire de l’humanité, abritée dans des cavernes, sortant pour uriner et voir les étoiles. Une couverture céleste. Un drap de noir et de blanc. Un drap de la vie et de la mort. Un drap vivant, scintillant.

Ce n’est pas ma faute: je préfère manger une salade aux pissenlits que de travailler un été durant à faire pousser des tomates. C’est snob. Manger du serpent? Les grands chefs de la télé nous font de belles recettes. Je suis snob: je cherche ce qu’il y a de mieux pour moi. Il n’y a probablement rien de plus snob et stupide que la «grande cuisine». Aller chercher ailleurs un plaisir que les autres cherchent  ailleurs. Si l’autre vivait ailleurs il vivrait ici… Alors il n’aurait plus besoin de chercher.

Je ne vois pas la différence entre les autos qui passent sur le pont conduisant à New York et les fourmis qui s’enfilent dans un couloir. Chacun croit à sa liberté, mais chacun est berné. Le syndrome du soldat…Les grands chefs, les généraux de la mondialisation sont étonnés: vous ne voulez pas de leurs vues, ni de leur vie, soit disant la meilleure. Alors ils usent de toutes les tricheries pour vous ramener dans le rang. Il est normal de se révolter. On vous dira marginal, outsider, asocial, ou «résistant au changement». Pourquoi résister? Parce que vous savez au fond de vous qu’il y a une grande bêtise organisée de camouflée. Mais vous ne la voyez pas. Elle est comme un tank camouflé sous un filet vert dans une forêt verte. La forêt du voisin est toujours plus verte que la vôtre.

Essayez d’en sortir. Essayer de ne pas être un oignon planté dans un carré. Démolis, démolissez-vous! Ne soyez plus la fonte de chair dans un moule.

N’utilisez pas la force de votre cerveau. J’ai vu un banc d’hirondelles voler. C’est fou ce qu’ils peuvent réussir à se rendre là où ils veulent malgré les vents fous. S’ils se mettaient à calculer leur trajectoire avec un ordinateur, ils ne feraient pas un demi-kilomètre. On les enverrait au bulletin de midi dans la grande famille des accidentés.

Ça c’est l’intelligence. La vraie. Le vendeur, lui, n’a que celle des formules. Il réussit… Parce qu’en partant vous êtes le monde que vous bâtissez…Et le monde que vous croyez bâtir a été déjà planifié par le vendeur du temple bleu. Mais il faut faire plus: continuer d’être. Car en étant vous bâtissez plus, dans votre simplicité, que ceux qui détruisent ce que vous bâtissez de par les fausses guerres en utilisant votre argent, vos sueurs, vos énergies, vos amours.

Chair et âme.

Comme si vous n’étiez rien.

C’est là la grande illusion.

La société croit que l’oignon a réussi, et que plus elle est grosse, elle est importante.

Vous savez, dans cette vie, chacun participe. Chacun est une peau d’oignon.

Vous vous mettez à genoux devant les « grands »?  En vérité, ils sont issus de la simple peau d’oignon que vous êtes et que sans vous ils ne seraient rien.

Comme si le grand chêne crachait sur la graine qui l’a fait grandir.

Imposant? Oui!

À cause de la graine…  

22 juin 2001

Gaëtan Pelletier

La route vers soi: UN

Hier est né d’avant-hier. Hier est mort. Mais pas tout à fait. Car en nous est la somme de tous les hier. Et tout ce qu’ils contiennent peuvent revenir comme des fantômes.

Aujourd’hui est fait de tous ces tressages des hier. C’est l’habit du solide, du tangible.

Aujourd’hui c’est créer à partir de tout ce qui a été et regarder ce qui reste de tous ces sauts du temps.

Aujourd’hui est une image.

Arriveront les demain, toujours préparatoires.

À travers ce temps, à travers les jours, à travers le martèlement des messages, à travers les vues arrêtés, pour se mouvoir, avancer, il faut marcher sur tout ce qui est mort. Le temps est un escalier. Les autres, leur savoir, leur vie, notre histoire commune fait en sorte qu’il stabilise par une sorte de gravitation vers le solide et l’organisation nécessaire, nos vies.

Ceux qui vivent sans passion se laissent bercer comme des enfants. Et ils restent des enfants. Ceux qui vivent sans douter restent la pierre, l’inerte, le paralysé.

On dort sur une foi. 

On ne s’éveille que par le doute qui délaisse cette foi pour retrouver un peu d’une vérité mal connue, un angle, une certaine vision. Car tout ce qui a été créé l’a été pour être recréé.

À partir de là, il n’est rien à chercher, ni à diamanter ce qui a existé. Solide, beau, immortel, mais peu malléable. Figé à jamais. Comme un leurre de vérité.

On peut rester les autres ou devenir soi.

C’est l’aventure risquée que peu choisissent. Ce n’est pas se départir de tout, mais s’éloigner un peu pour en avoir une réelle vision. Tout cela reste en soi, agit en soi, mais ne doit pas mouvoir ce « soi ».

L’être apprend en imitant.

Toute création, particulièrement celle qui mène à la route nouvelle que nous sommes, doit prendre conscience de ce jeu.

Cesser de jouer est le commencement d’une certaine « sagesse ».

À partir de là, c’est comme apprendre à danser sur une corde raide.

On regrettera les hier, on remettra au lendemain. Tout est fait pour souffler sur l’équilibriste.

C’est la raison pour laquelle la plupart d’entre nous choisissons les terrains solides de ce qui est fixe et sûr.

La peur tue la plus belle aventure du passage en ce monde.

Nous marchons tous sur des cimetières.

Le secret est de ne pas l’habiter avant de mourir…

 

Gaëtan Pelletier

8 décembre 2011