Archives mensuelles : novembre 2011

ZORRO LE POISSON ROUGE

Je craignais de ne pas faire très… normal… Où je ne sais, social? Mais j’avais envie d’une soupe… J’étais en appétit… Enfin, une sorte d’appétit que certains ne peuvent comprendre : la faim de comprendre…

J’ai commandé deux soupes pour le lunch

En avertissant bien la serveuse…que… bon… c’était mon choix. Même si… Bizarre…En apparence…. Que…Enfin! Deux soupes…

-C’est deux fois une…dit-elle.

– Mouais…

Bon pour la santé:  des nouilles, des légumes, des pâtes molles en alphabet, des oignons,  et un bouillon artificiel à base de poulet… et/ou ascorbate de sodium, soja, etc… Pas d’enveloppe, pas de renseignements…

Le bouillon?  Je ne sais pas comment on fait pour imiter un poulet. On chante le matin? Les poulets ont des plumes mais n’écrivent pas… Mais on m’a bien dit que ce n’était pas un vrai bouillon… Ça, je l’avais toujours soupçonné…Plus ça va, plus les bouillons sont des imitations…

J’avais garé la moto dans le l’immense parking du centre commercial.  Puis j’étais entré acheter des petites choses. Rien que pour acheter. C’est comme ça qu’on passe son temps quand on est civilisé et que les besoins primaires son assouvis.

En attendant mes soupes, je  suis allé à «L’animalerie» du centre commercial  et j’ai  acheté  un poisson rouge… On me l’a mis dans un sac.

J’avais l’air de traîner une planète avec un seul habitant…

Quand je suis revenu , la serveuse a pensé que j’étais végétarien… Un genre de greenpeacer échevelé… en dedans… Les neurones frisottées…

J’ai mis le poisson rouge dans la soupe. En fait, je revenais d’un cours de psychosociologie. Je me disais que je pouvais faire une expérience tout en mangeant. Que le poisson se nourrirait en même temps que moi. Je n’allais pas l’avaler… Peut-être des yeux…

Je me suis mis à le scruter. Ça m’a étonné tout se mélange. Surtout que j’avais vu à la télé  ces gens portant des masques. Pas moyen de voir si la chinoise était belle. La Terre était en train de devenir une planète de petits Zorro avec des seringues pour épée… Une épopépée… Je dis n’importe quoi. On a bien du travail, ces temps-ci, quand on veut tracer des zèdes sur tous les méchants. On risque de se tuer au travail…

Ça a l’air cinglé… Et puis ça doit l’être… Mais cette soupe, coulée dans un nid de poule de printemps, riche et généreuse, si diversifiée dans ses éléments, je la voyais comme la réplique d’un contexte social : tout était soudé par l’eau – une eau jaunâtre – mais les ingrédients étaient là.

Avant de manger- ou d’essayer de –  j’avais scrupuleusement  étudié le comportement du poisson.

Je pense qu’il y avait trop de sel dans la soupe… Au début il nageait vite, très vite… Mais il a ralenti : ses artères se sont, on dirait, bouchées…

Il a développé des ulcères, s’est mis à s’interroger sur son avenir et est tombé en amour avec une lettre de l’alphabet qui valsait  dans la soupe. Un Z, je pense… Parfois, on le confondait aux petits morceaux de piment rouge. Mais un piment rouge, ça n’a pas de queue… Ni tête… Et un poisson n’a que ça… Normal qu’il cherche quelque chose de différent…

Au début, on voyait qu’il se sentait comme un poisson dans l’eau.

Au bout d’une demi heure, il est devenu dépressif. Il m’a consulté. Je lui ai conseillé d’essayer de «vivre une vie normale»… Après tout, il était dans son élément… «Repose-toi!». «Va au cinéma»… «Fais du Yoga»… «Tu ne vas pas de mettre aux antidépresseurs  toi aussi?» … « Et tu vas te sentir coupable de ne pas assez nager? Ton rôle c’est de nager…»

Je sais qu’on ne parle pas aux soupes… Rien qu’à voir les yeux de ceux qui m’entouraient, je le voyais bien… Mais on a le droit de faire sa vie, non? Et comprendre c’est quoi? Eux, ils ne le voyaient pas le poisson rouge. Alors pourquoi me jugeaient-ils? Tous les incompris ont leur poisson rouge quelque part, dans leur tête.

Vraiment ça n’allait pas…  Je me suis dit qu’il avait  trop mangé et qu’il s’est empoisonné avec ses excréments, ou je ne sais… Mais il n’avait pas l’air bien… Un poisson rouge  qui fait de la haute pression, c’est rouge, vraiment rouge..

Quand  je suis revenu, le poisson s’était suicidé en se jetant hors de la soupe… Il gisait sur la nappe…  Une nappe blanche, un poisson rouge. On aurait dit une image du film Amélie Poulin…

La serveuse me regardait d’un air étrange. J’étais en train de souffler dans la gueule du poisson pour essayer de le ranimer. Je sais… Je n’avais pas l’air «normal»… Mais on m’avait appris qu’il fallait tout faire pour sauver des vies. Surtout avec le moratoire sur la pêche à  la morue à l’entrée du Saint-Laurent… Plus de pêche, pas de stock… Plus de travail… La vie c’est encore plus compliqué qu’une soupe…

Il ne bougeait plus. J’en ai fait mon deuil.

Les deux soupes étaient encore là.  J’ai soupiré.

Dès le début je savais ce que voulait mon poisson rouge pour sa….fin.. : se  faire incinérer.

Je suis allé chercher de l’essence à fondue sur une table et je l’air arrosé copieusement. Puis j’ai sorti mon briquet… Zut! Tout le monde s’est levé en hurlant : on pensait que j’allais fumer. Ben non! J’ai mis le feu au corps du poisson. Ils se sont rassis, soulagé, comme un pain qui sort du four.

Avant de partir, j’ai donné dix dollars de pourboire  à la serveuse…

J’ai vu qu’elle s’était demandé comment quelqu’un qui n’avait pas mangé sa soupe l’avait autant appréciée… J’ai aussi vu qu’elle avait peur que je meure de faim… L’autre soupe, un peu refroidie, reposait sur la table.

C’est tout simplement qu’elle n’avait pas deviné  quelle nourriture je cherchais…

Pourtant, je suis sorti le ventre plein…

Mais en sortant, le serveur m’a regardé avec des yeux de poisson pourri. Un serveur qui n’est même pas branché à l’internet…

En fait, il a fait une crise cardiaque devant moi… Pas beau à voir…

J’ai passé mon tour pour la respiration artificielle : je ne porte jamais de masque… Surtout qu’il se nommait Roger. Je me méfie de quelqu’un qui s’appelle Roger. Une phobie! Je n’y peux rien…

Tous les ingrédients de la soupe se sont mis à leur cellulaire. Le 911 a été tellement surchargé que les secours sont arrivés trop tard : j’étais dans le parking, sur ma moto, louchant le ciel bleu, me disant que le poisson était là dans on élément. Un poisson, ça ne fait pas de mal à personne… Alors ça doit aller au ciel…

J’ai décidé, après cette aventure, que je m’arrangerais pour nager dans une soupe pas trop compliquée. Au ciel, avec les poissons, je me suis dit qu’on nageait avec des ailes et qu’on volait avec des ouïes…

Ici, on rampe…

Avec des masques en plus…

J. Krishnamurti, La mort

La question de la mort

Carlos Suarès: Mais n’existe-t-il pas une peur fondamentale?

Krishnamurti: Non. La peur est toujours la peur de quelque chose. Examinez la question très attentivement et vous le verrez. Toute peur, même inconsciente, est le résultat d’une pensée. La peur généralement répandue dans tous les domaines et la peur psychologique, à l’intérieur du moi, sont toujours la peur de ne pas être. De ne pas être ceci ou cela, ou de ne pas être tout court. La contradiction évidente entre le fait que tout ce qui existe est transitoire et la recherche d’une permanence psychologique, voilà l’origine de la peur. Pour être libéré de la peur, on doit explorer l’idée de permanence dans sa totalité. L’homme qui n’a pas d’illusions n’a pas peur. Cela ne veut pas dire qu’il soit cynique, amer ou indifférent.

Carlos Suarès: Cela veut dire qu’il a vu que la structure psychologique sur laquelle il appuie la notion de son identité n’est pas réelle, qu’elle est verbale.

Krishnamurti: Ainsi, nous voici devant un des problèmes majeurs : la mort. Pour comprendre cette question, non pas verbalement mais en fait, je veux dire pour pénétrer en toute réalité le fait de la mort, on doit se débarrasser de tout concept, de toute spéculation, de toute croyance à son sujet, car toute idée que l’on peut avoir là-dessus est engendrée par la peur. Si nous sommes sans peur, vous et moi, nous pouvons poser correctement la question de la mort. Nous ne nous demanderons pas ce qui arrive « après », mais nous explorerons la mort en tant que fait. Pour comprendre ce qu’est la mort, toute mendicité tâtonnante dans les ténèbres doit cesser. Sommes-nous, vous et moi, dans cette disposition d’esprit qui ne cherche pas à savoir ce qu’il y a « après la mort », mais qui se demande ce qu’est la mort? Voyez-vous la différence? Si l’on se demande ce qu’il y a « après », c’est parce que l’on ne se demande pas ce que c’est. Et sommes-nous en condition de nous poser cette question? Peut-on réellement se demander ce qu’est la mort tant que l’on ne se demande pas ce qu’est la vie? Et est-ce se demander ce qu’est la vie, tant qu’on a des notions, des idées, des théories au sujet de ce qu’elle est? Quelle est la vie que nous connaissons? Nous connaissons l’existence d’une conscience qui se débat sans cesse dans toutes sortes de conflits intérieurs et extérieurs.

Déchirée dans ses contradictions, cette existence est con- tenue dans le cercle de ses exigences et de ses obligations, des plaisirs qu’elle recherche et des souffrances qu’elle fuit. Nous sommes entièrement absorbés par un vide intérieur que l’accumulation de possessions matérielles ou mentales ne peut jamais combler. Dans cet état, la question de ce qu’est la mort ne peut pas se poser, parce que la question de ce qu’est la vie ne se pose pas. L’existence que nous connaissons est-elle la vie? De même, les explications: résurrection des morts, réincarnation, etc., proviennent-elles d’une connaissance de la mort? Elles ne sont que des projections d’idées que l’on se fait au sujet du fragment d’existence que l’on appelle vie. Mourir à la structure psychologique avec laquelle on s’identifie ; mourir à chaque minute, à chaque journée, à chaque acte que l’on fait, mourir à l’immédiat du plaisir et à la durée de la peine, et savoir tout ce qui est impliqué dans ce mourir ; alors on est apte à poser la question : qu’est-ce que la mort?

On ne discute pas avec la mort corporelle. Et pourtant, seuls ceux qui savent mourir d’instant en instant peuvent éviter d’entreprendre avec la mort un impossible dialogue. En cette mort perpétuelle est un perpétuel renouveau, une fraîcheur qui n’appartient pas au monde de la continuité dans la Durée. Ce mourir est création. Création est mort et amour.

Les églises ne peuvent rien

Carlos Suarès: J’ai des questions à vous poser au sujet de la religion. Les plus récentes des grandes religions sont tout de même nées à des époques où la Terre était un disque plat, où le soleil parcourait la voûte du ciel, etc. Jusqu’à une époque récente (Galilée n’est pas loin), elles imposaient par la violence une imagerie enfantine du Cosmos. Aujourd’hui, ne pouvant faire autrement, elles se mettent au pas de la science et se contentent d’avouer que leurs cosmogonies ne sont que symboliques. Mais elles proclament que, malgré cette capitulation, elles sont les dépositaires de vérités éternelles. Qu’en pensez-vous?

Krishnamurti: Elles poursuivent leur propagande en vue de conquérir un pouvoir sur les consciences. Elles cherchent à s’emparer de l’enfance pour mieux la conditionner. Les religions des Églises et celles des États proclament la nécessité de toutes les vertus, alors que leur Histoire n’est qu’une série de violences, de terreurs, de tortures, de massacres inimaginables.

Carlos Suarès: Mais ne pensez-vous pas que les Églises aujourd’hui sont moins étroitement militantes? Ne voyons-nous pas les chefs des plus grandes Églises déclarer que la fraternité humaine est plus importante que le détail des cultes?

Krishnamurti: Si une déclaration de fraternité est plus importante que le culte, c’est que le culte a perdu de son importance aux yeux mêmes de ses pontifes. Ce prétendu universalisme n’est tout au plus qu’une tolérance. Etre tolérant, c’est à peine tolérer le voisin sous certaines conditions. Toute tolérance est intolérance, de même que la non-violence est violence. En vérité, à notre époque, la religion, en tant que véritable communion de l’homme avec ce qui le dépasse, ne joue pas de rôle dans la marche des affaires humaines. Les organisations religieuses, par contre, sont des instruments politiques et économiques.

Carlos Suarès: Mais ces organisations religieuses ne peuvent-elles pas guider les hommes vers une réalité qui les dépasse?

Krishnamurti: Non.

Qu’est-ce qu’un esprit libre?

Carlos Suarès: Passons donc au sentiment religieux. L’homme moderne, qui vit consciemment dans l’univers d’Einstein et non plus dans celui d’Euclide, ne peut-il pas mieux communier avec la réalité de l’univers grâce à une conscience avertie et élargie d’une façon adéquate?

Krishnamurti: Celui qui veut élargir sa conscience peut aussi bien choisir, parmi les psychodrogues, celle qui lui conviendra le mieux. Quant à mieux communier avec l’univers grâce à une accumulation d’informations et de connaissances scientifiques au sujet de l’atome ou des galaxies, autant dire qu’une immense érudition livresque, au sujet de l’amour, nous fait connaître l’amour. Et d’ailleurs votre homme ultramoderne, si au courant des dernières découvertes scientifiques, aura-t-il pour autant mis le feu à son univers inconscient?

Tant qu’une seule parcelle inconsciente subsistera en lui, il projettera une irréalité de symboles et de mots au moyen de laquelle il aura l’illusion de communier avec quelque chose de supérieur.

Carlos Suarès: Ne pensez-vous pas, cependant, qu’une religion de l’avenir sur des bases scientifiques est possible?

Krishnamurti: Pourquoi parle-t-on de religion d’avenir? Voyons plutôt ce qu’est la vraie religion. Une religion organisée ne peut produire que des réformes sociales, des changements superficiels. Toute organisation religieuse se situe nécessairement à l’intérieur d’un cadre social. Je parle d’une révolution religieuse qui ne peut avoir lieu qu’en dehors de la structure psychologique d’une société, quelle qu’elle soit. Un esprit vraiment religieux est dénué de toute peur, car il est libre de toutes les structures que les civilisations ont imposées au cours de millénaires. Un tel esprit est vide, en ce sens qu’il s’est vidé de toutes les influences du passé, collectif et personnel, ainsi que des pressions qu’exerce l’activité du présent qui crée le futur.

Carlos Suarès: Un tel esprit, du fait qu’il s’est vidé de son contenu qui en vérité le contenait, est extraordinairement libre…

Krishnamurti: Il est libre, vif et totalement silencieux. C’est le silence qui importe. C’est un état sans mesure. Alors seulement peut-on voir, mais non en tant qu’expérience, Cela qui n’a pas de nom, qui est au-delà de la pensée, qui est énergie sans cause. A défaut de ce silence créateur, quoi que l’on fasse, il n’y aura sur terre ni fraternité ni paix, c’est-à-dire pas de vraie religion.

Carlos Suarès: Toutes les religions préconisent quelque forme de prière, quelque méthode de contemplation en vue d’entrer en communion avec une réalité supérieure, dont le nom, Dieu, Atman, Cosmos, etc. varie. Par quel acte religieux procédez-vous? Est-ce que vous priez?

Krishnamurti: La répétition de mots sanctifiants calme un esprit agité en l’endormant.

La prière est un calmant qui permet de vivre à l’intérieur d’un enclos psychologique sans éprouver le besoin de le mettre en pièces, de le détruire. Le mécanisme de la prière, comme tous les mécanismes, donne des résultats mécaniques. Il n’existe pas de prière capable de transpercer l’ignorance de soi. Toute prière adressée à ce qui est illimité présuppose qu’un esprit limité sait où et comment atteindre l’illimité. Cela veut dire qu’il a des idées, des concepts, des croyances à ce sujet, et qu’il est pris dans tout un système d’explications, dans une prison mentale. Loin de libérer, la prière emprisonne. Or, la liberté est l’essence même de la religion, dans le vrai sens de ce mot. Cette essentielle liberté est déniée par toutes les organisations religieuses, en dépit de ce qu’elles disent. Loin d’être un état de prière, la connaissance de soi est le début de la méditation. Ce n’est ni une accumulation de connaissances sur la psychologie, ni un état de soumission dite religieuse, où l’on espère la grâce. C’est ce qui démolit les disciplines imposées par la Société ou l’Église. C’est un état d’attention et non une concentration sur quoi que ce soit de particulier. Le cerveau étant tranquille et silencieux observe le monde extérieur et ne projette plus aucune imagination ni aucune illusion. Pour observer le mouvement de la vie, il est aussi rapide qu’elle, actif et sans direction. Alors seulement, l’immesurable, l’intemporel, l’infini peut naître. C’est cela, la vraie religion.

Ce qui reste à éveiller

Carlos Suarès: Pensez-vous qu’une pensée collective, qu’une intelligence collective, ayant enregistré et synthétisé les récentes acquisitions de toutes les sciences, si elle pouvait se constituer, serait à même de guider l’humanité vers une saine évolution?

Krishnamurti: Du char à bœufs à la fusée astronautique la progression est due à une certaine partie du cerveau. Se développerait-elle, cette partie, encore des millions de fois, elle ne ferait pas avancer d’un pas le problème fondamental que se pose la conscience humaine à son propre sujet. Et elle se développera. Ce processus est irréversible et nécessaire. Mais il existe une autre partie du cerveau qui n’est pas éveillée et que nous pouvons vitaliser dès aujourd’hui. Cet éveil n’est pas une question de temps. C’est une explosion révolutionnaire qui, aux sources de toute chose, surgit et empêche que se cristallise, que se durcisse, par les dépôts du passé, une structure psychologique. Cette lucidité aborde chaque problème au fur et à mesure qu’il se présente, et l’importance du problème devient secondaire. La liberté et la paix ne pourront s’instaurer dans le monde que si ce surgissement, qui est énergie sans cause, ni individuelle ni collective, est vivant.

La bougie noyée de cire

Il n’y a pas de vérité ailleurs qu’en vous. Vous êtes une bougie. Mais c’est l’ensemble de la bougie qui fait l’éclairage de ce monde.

Il faut toutefois distinguer la cire de la flamme…

Trop de cire, brûle la flamme. Et trop de flamme risque de rendre aveugle en nourrissant la cire.

Gaëtan Pelletier

Aujourd’hui, c’est le bal des assassins!

 

Serge CHARBONNEAU

Le bal des assassins. Ce pourrait être un titre magnifique pour un roman Cependant, c’est ce qui va se dérouler ce matin, jeudi le 24 novembre 2011 à 9h30 sur la fameuse colline parlementaire à Ottawa.

En effet, une cérémonie sans précédent pour décorer des assassins. Assassin… Vous croyez peut-être que le terme est exagéré ? Si vous étudiez plus à fond la réalité de cette guerre sale qui a eu lieu en Libye, vous conviendrez rapidement que le terme est tout à fait adéquat.

On dirait que nous vivons en plein roman. Comme une sorte de fiction à la George Orwell (1984). Radio-Canada tout comme leurs acolytes des « grands » médias, joue le rôle du ministère de la Vérité. On nous forge une réalité mensongère avec tellement de virtuosité et de constance que nous en sommes tous obnubilés.

Aussi, l’utilisation de la novlangue est courante. Les mots ont perdu leur signification, ils sont désormais utilisés pour discourir sur leur contraire. On parle ainsi de démocratie alors que celle-ci disparait de plus en plus.

Vous rendez-vous compte que l’on parle de démocratie en Libye ? Tout de même incroyable ! Une « démocratie » (SIC) mise en place en assassinant 50 à 100 000 personnes.

Ce matin, le Canada du psychotique Stephen Harper, parade pour célébrer les 600 bombes qu’ils ont « illégalement » (voir la résolution 1973 de l’ONU) jetées sur la population libyenne faisant des dizaines de milliers de victimes :

« Une bavure de l’Otan aurait fait 85 morts » http://www.alterinfo.net/notes/Libye-une-bavure-de-l-Otan-au…

« Michel collon – Libye Sarkozy combien as-tu tué d’enfants… » http://www.dailymotion.com/video/xjwgjy_michel-collon-libye-…

« Les crimes de l’OTAN en Libye – Zliten 08-08-2011 » http://www.youtube.com/watch?v=u-RNGSpYutU

Je crois que nous devons de toutes nos forces nous efforcer de rester Humains et refuser cette fausse réalité qui nous est offerte avec insistance à travers les grands médias.

Il faut refuser cette novlangue :
La guerre ne sera jamais « humanitaire ».
Les armes ne seront jamais « démocratiques ».

La démocratie c’est de respecter les aspirations des milliers de personnes dans les rues. L’humanité ce n’est pas sauver les banques et « rassurer » les investisseurs pour maintenir en « santé » la bourse, mais plutôt donner à boire et à manger à ceux qui ont soif et qui ont faim afin de maintenir en santé des Êtres Humains.

L’Humanitaire ce n’est pas investir dans des avions de guerre qui servent à semer la mort et la haine.

Il faut nous efforcer de voir la réalité des choses.
Il faut fermer nos écrans et nos radios trop utilisés par ce nouveau ministère de la Vérité.

Il faut demander à voir le résultat de la Libye.
Il faut demander à voir le résultat des milliers de bombes que nos armées ont déversé en assassinant les gens.

Il faut aussi refuser ces caricatures qu’on nous fait de ces dirigeants que l’on souhaite assassiner. Sûrement que ces dirigeants (Les Kadhafi, Assad, Chávez, Mugabe, Zuma, Poutine, etc.) ont leurs défauts, mais personne ne mérite le sort qu’on a fait au président libyen ainsi qu’aux membres de sa famille.

Il faut nous efforcer de nous informer véritablement.
Il faut lire les médias alternatifs.
Il faut voir l’autre côté du miroir, l’autre côté de la médaille.

Personnellement,
La guerre me tue.
L’inhumanité m’abat.
L’hypocrisie m’insulte.

L’atrocité humaine, l’assassinat comme une « normalité » me vident.

Il y a eu un terrible massacre en Libye. Ce Pays théoriquement souverain (la souveraineté est de plus en plus « théorique »), ce Pays qu’on appelait la Suisse de l’Afrique, a été saccagé, détruit, anéanti et livré à des malfrats qui assassinent, pillent et violent.

Aujourd’hui, « notre » (SIC) Canada fête ce dégât et décore des assassins.

Nos médias de masse occidentaux, de Radio-Canada jusqu’à AFP, nous ont fait subir un fulgurant lavage de cerveau afin de nous faire accepter ces atrocités inacceptables.

On nous fait avaler ce matin cette cérémonie honteuse pour embellir les rivières de sang que nos armées (avec nos impôts) ont faites en Libye.

Le monde est à la dérive.

Les guerres et les massacres sont devenus des « faits divers ».

Il faut maintenir notre cerveau en fonction et il faut réévaluer nos valeurs qui sont dissoutes par des conditionnements médiatiques efficaces.

Le massacre libyen a eu lieu. Ces horribles morts doivent nous servir d’enseignement. C’est le minimum humain que nous devons à ces gens qui ont été sauvagement assassinés. Nous devons en tirer des leçons pour qu’au moins ces atrocités aient pu servir à quelque chose.

Nous avons le « luxe » du recul. Je vous invite à relire ce qui était prévisible et qui a eu lieu :

Applaudissons le massacre à venir ! Après avoir été magnifiquement conditionné : Une autre guerre juste. http://www.legrandsoir.info/Apres-avoir-ete-magnifiquement-c…

Le 4 mars dernier, je mettais en garde contre un massacre immonde.

Je disais : « Une autre guerre, mes amis, comme si le Moyen-Orient ne suffisait pas. Comme si la Côte d’Ivoire ne suffisait pas. La guerre toujours la guerre ! Ceux qui parlent de Paix paraissent être des personnes fourbes et mal intentionnées… »

Je disais : « Voilà le scénario plus que possible : En premier, l’armée d’invasion US va probablement bombarder la télé et radio libyenne. Ce qui a été fait (pas en premier, mais au début) Les communications en temps de guerre sont toujours les premiers objectifs à contrôler.

En second ce sera les centres de décisions. L’édifice où a été reçu Raymond St-Pierre va probablement être bombardé ainsi que tout autre édifice servant au gouvernement. Ce qui fut fait alors là totalement.

On tentera de localiser Mouammar Kadhafi ainsi que les membres de sa famille pour les éliminer avec des missiles chirurgicaux. Ce qui fut fait alors là totalement. Ensuite pour venir à bout de la population on effectuera un carnage à Tripoli. Un carnage qui a eu lieu.

Je disais : « Combien de morts dans ce petit pays ? Cent, deux cent, cinq cent mille ? Qui sait ? En tout cas, il y en aura des centaines de milliers, c’est assuré. » Oui, on parle entre 30 et 100 000 personnes décédées. Des milliers d’autres atrocement blessées, et ce, pour la vie.

Aujourd’hui, le même scénario, la même recette, la même méthode est employée pour vous faire accepter et même vouloir un autre carnage, celui de la Syrie.

Je vous invite à lire cet autre texte qui s’applique encore totalement à la situation présente :

S’efforcer de distinguer la « rumeur » et les faits véritables et vérifiables.
La Libye : Est-ce la révolution comme partout ailleurs ? http://www.legrandsoir.info/La-Libye-Est-ce-la-revolution-co…

Depuis quelque temps, je n’écris plus. Je me dis : « À quoi bon ! » Tous ces mots pour empêcher l’atrocité, l’injustice et les massacres… Des mots qui furent « inutiles » (?). Le massacre a eu lieu et même aujourd’hui on le célèbre à grand faste ! Des mots « inutiles » !!?! En voici d’autres qui ne furent que peine perdue :

Lettre ouverte à la SRC et surtout à ses journalistes
La guerre « humanitaire » de Libye
http://www.legrandsoir.info/La-guerre-humanitaire-de-Libye.h…

Oui, L’indignation, l’imploration… Rien n’a fonctionné, on a tué !

Et même pire, on a tué « avec le sourire » aujourd’hui on donne même des décorations.

On a fait applaudir le bon peuple.

Ce n’est pas sa faute… Comment peut-on être contre le bien qui tue le mal ?

Il suffit de bien faire entrer dans les cervelles la définition utile du fameux bien et du très « – utile – » « mal ». Il suffit de faire haïr un « méchant » et on peut ensuite l’assassiner sous les caméras et nos cerveaux endormis, insensibilisés trouveront le geste « normal », le geste « nécessaire ».

Sommes-nous encore Humains ??? Une remarque que je faisais à un animateur de Radio : « Sommes-nous encore humains ou sommes-nous devenus des caricatures déshumanisés ? »

( Je n’avais pas prévu de publier ce texte. Il avait tout simplement été envoyé aux journalistes et mondialisation.ca a eu la bonne idée de le publier : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27… )

Pour rester Humain, je vous invite à bien lire le document de Bernard Desgagné :

Bombardements humanitaires en Libye
Les crimes de guerre de Charles Bouchard
Premier article d’une série de trois
http://www.vigile.net/Les-crimes-de-guerre-de-Charles

Monsieur Desgagné a pu conserver son énergie afin de poursuivre par l’arme des mots cette lutte constante contre l’inhumanité qui gouverne le monde.

Les mots, voilà ce qui reste de Mouammar Kadhafi, celui pour qui il est interdit de simplement lui accorder les mérites qui lui reviennent.

Son testament : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27…

Serge Charbonneau
Québec

P.S. : Kadhafi : Le lynchage d’un homme n’a ému ni Micheline Calmy-Rey ni Hillary Clinton http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27…

Libye : « J’ai tout perdu. Ma femme. Mes enfants. Mon pays » http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27…

Ils se battent comme des soldats, ils meurent comme des enfants

Dans plus de trente conflits mondiaux, les gouvernements comme les acteurs non gouvernementaux ont recours aux enfants soldats : ils exigent une technologie limitée et des frais de subsistance minimes, font montre d’une polyvalence inégalée dans les combats de faible intensité et sont parfois capables d’une barbarie étonnante. L’homme a créé l’ultime arme, bon marché, renouvelable et pourtant raffinée, au prix de l’avenir de l’humanité : ses enfants. Roméo Dallaire y a été confronté lors du génocide de 1994 au Rwanda. Sa mission : abolir cette abominable pratique et éliminer la pensée même d’impliquer les enfants dans les guerres.

Ils se battent comme des soldats, ils meurent comme des enfants est un plaidoyer qui vise à protéger l’imagination et la saine croissance des enfants du monde entier. L’auteur prêche par l’exemple en puisant dans sa propre expérience pour aider ses semblables à mieux saisir la réalité des enfants soldats. Sans prétendre être l’égal de son modèle, il s’inspire du Petit Prince, oeuvre impérissable d’Antoine de Saint-Exupéry, pour illustrer dans quelques chapitres de fiction toute l’horreur des enfants soldats.

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Nous publions un extrait du dernier livre du sénateur Roméo Dallaire, Ils se battent comme des soldats, ils meurent comme des enfants (Libre Expression, 404 pages).

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Imaginez-vous à flanc de colline, dans la tourmente et la confusion de la guerre, imaginez, derrière vous, une marée d’innocents que votre devoir, votre honneur, vos ordres et votre éthique vous commandent de protéger. Votre arme à la main, vous êtes prêts à attaquer. Du sommet de la colline, droit devant vous, émerge un groupe de soldats rebelles en maraude, armés de carabines et de machettes. Vous soulevez votre arme et vous braquez le viseur grossissant sur le chef.

Avec stupeur, vous vous rendez compte que le soldat n’est ni un homme ni un professionnel, et que, du point de vue de l’âge, de la force, de la formation et de la compréhension, il n’est pas votre égal. C’est un enfant, habillé des vestiges en lambeaux d’un uniforme militaire, suivi par des dizaines d’autres enfants.

Devant ce spectacle, vous vous revoyez soudain à l’âge de dix ans, en train de jouer à la guerre dans les bois. Pendant une fraction de seconde, vous vous transportez dans le monde de l’enfance, avec son imagination, ses merveilles, son potentiel. Et, au cours de cette fraction de seconde, vous devez décider de votre sort, mais aussi du sort des villageois placés sous votre protection et de celui des enfants qui foncent vers vous. Ce garçon qui brandit son arme, devez-vous le traiter comme un soldat ou comme un enfant? […]

Dilemme éthique

J’ai été soldat. Casque bleu. Général. Il y a des années, je me suis trouvé au milieu des cadavres d’un massacre humain qui n’avait d’égal que les plus horribles inventions de Dante. Dans ma psyché, grâce à un recours constant à la psychothérapie et aux médicaments, les odeurs, les visions et les terribles cris d’agonie du Rwanda ne forment plus qu’un rugissement sourd.

Mais aucune intervention comparable ne m’a affranchi du dilemme éthique auquel j’ai trop souvent été confronté pendant la catastrophique période d’inhumanité qu’a connue le Rwanda. […] Le rebelle sur la colline était-il un soldat ou un enfant? Agissait-il de son plein gré? Était-il contraint ou endoctriné? L’enfant qui braque une arme sur votre poitrine est-il encore un enfant? Dans les yeux grands ouverts et brillants de ces enfants-soldats, on lisait la souffrance, l’angoisse, la peur et la haine. Qu’avaient-ils donc vu, ces enfants? Quelles séquelles leurs âmes avaient-elles subies? […]

L’existence même des enfants-soldats peut vous paraître inimaginable. Lorsque j’en ai rencontré pour la première fois, j’ai moi aussi été sidéré qu’on puisse abuser de l’enfance de façon si éhontée. Et pourtant, la réalité de nombreux chefs de bande et de rebelles, voire de certains gouvernements nationaux, c’est que l’enfant-soldat est le système d’armes le plus complet de tout l’arsenal des machines de guerre. Dans plus de trente ans de conflits sur la planète, les enfants-soldats, qui n’exigent qu’une technologie limitée et des frais de subsistance minimes, possèdent une polyvalence inégalée dans toutes les facettes des combats de faible intensité et se montrent volontiers capables de barbarie; ils sont l’arme de choix des gouvernements comme des acteurs non gouvernementaux. L’homme a ainsi créé l’arme humaine suprême, bon marché, facilement remplaçable et pourtant raffinée, au prix de l’avenir de l’humanité: ses enfants. […]

Les enfants sont vulnérables et faciles à attraper, un peu comme des menés dans un lac, en particulier là où les familles sont détruites par la famine, les épidémies, le sida, les factions en guerre. Ils forment une armée anonyme et renouvelable à volonté. […]

Des mutants?

Les enfants servent de combattants, d’appâts dans les embuscades et de chair à canon. Ils sont légers et faciles à transporter, mais leur poids est suffisant pour provoquer l’explosion des mines antipersonnel. Les adultes peuvent donc passer en toute sécurité dans leur sillage.

À l’heure actuelle, il y a sur terre des enfants privés de jeunesse, de mondes imaginaires, de joie, d’amour, de chaleur humaine. Ce ne sont pas vraiment des enfants, sinon au sens biologique du terme. Mais, bien sûr, ce sont quand même des enfants, non? Les conflits, la pauvreté abjecte et l’abandon auraient-ils fait d’eux des mutants, ni enfants ni adultes? Une catégorie d’êtres à part ne correspondant à aucune définition de ce que, au fil de milliers d’années de civilisation, on a appelé l’«enfance»?

De quoi l’humanité a-t-elle donc accouché? Qu’avons-nous permis par notre inaction? Dans des contrées pas si lointaines subsistent des centaines de milliers d’êtres humains qui ont la forme d’enfants, mais qu’on a dépossédés de l’esprit, de l’innocence, de l’essence même de l’enfance.

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Roméo A. Dallaire – Sénateur

La « parade » de l’armée canadienne

Le premier ministre Stephen Harper et le ministre de la Défense Peter Mackay ont présidé une cérémonie sur la colline du Parlement, jeudi matin, pour rendre hommage aux 2000 militaires canadiens qui ont participé, en diverses rotations, à la mission de l’OTAN en Libye. Radio-Canada

 

Le Canada aurait gagné une « guerre » en Libye?

M. Harper est du genre humble… Il a aidé à l’instauration de la démocratie. Il fut un temps où l’armée canadienne ne servait pas à grand-chose. Avec le projet d’achats de F-35, au coût de 30 milliards de dollars, on va pouvoir lever les yeux bien hauts et sarcler des rangs de navets et de pommes de terre en même temps. La pauvreté nous guette…

 

Si c’est cela devenir une grande nation, il vaudrait mieux adopter une politique pacifiste et renoncer de temps en temps à ces « élans pacifistes » par la force.

On a nommé cette parade : « hommage inusité ».

Inusitons encore… L’image du Canada est en train de prendre les couleurs des sables bitumineux.

Gaëtan Pelletier

 

 

Stand by me…Laissez-vous frissonner

La musique touche! La musique entre dans l’âme… Elle relie, quand ceux qui la font savent donner des frissons. Ils ne viennent pas nécessairement de la musique, mais de la grande vacuité humaine.

C’est un art de « la vibration » qui, ajoutée à une belle et grande communion, donne ceci: