Merde! Je bande…

Le bonheur supprime la vieillesse.
Kafka

Synopsis

Depuis qu’il est veuf et retraité, Émile ne s’est jamais posé beaucoup de questions. Ses journées se suivent et se ressemblent inlassablement. Son seul réconfort apparaît lors des parties de pêche en compagnie de son camarade Edmond. À la mort de ce dernier, Émile doit apprendre à exister de nouveau. Pour y arriver, il décide de se rapprocher de son fils et de tisser une relation amoureuse avec une connaissance de son défunt ami. Un désir ardent apparaît au tournant : celui de revisiter les terres de son enfance, seulement pour voir les changements qui y sont survenus.  Cinoche

Les « nouvelles-coquerelles »

C’est un film  d’un délice incommensurable, indéfinissable. Ils sont vieux, flétris, cabossés, ancrés dans leurs vieilles habitudes. Émile est mort avant d’être mort… C’est l’envers des sociétés qui bâtissent des parkings à vieux. Il n’y a pas de mondialisation, de Libye, de massacres, de nouvelles qui entrent par nos téléviseurs, coquerelles des  malheurs des cités comme Montréal, dont le béton nous tombe dessues par les impôts, par le martellement des problèmes que nos héritons.   Et ces colonnes de chiffres, ces futurs enfermés dans les banques. Rien de tout cela.

Un village.

Quelques amis qui passent et repassent.

On picole, on joue, on danse.

Émile part en voyage dans son auto qui ne passerait pas les tests de la SAAQ. Règlementations obliges. On s’ennuie de la liberté de planter un arbre où l’on veut, de conduire une bagnole dangereuse. De fumer un « pétard », de fêter avec des jeunes…

Émile lance ses pilules dans la rivière.

Du soleil, des fleurs, des femmes, de petites habitudes. Le film est comme une éternité dans la grandeur des petits gestes. Comme une éternité dans le quotidien où les montres cessent de fonctionner. Le temps est aux ruisseaux qui coulent comme ceux qui coulent dans les âmes juteuses de l’amour de la vie et de l’amour tout court.

La beauté n’est pas dans les œuvres de l’ami d’Émile qui peint comme enfant ses nues en ajoutant de la laine aux parties génitales pour… faire plus vrai.

Que les amoureux s’embrassent, ridés, froissés par la vie, peu importe : l’âme a ses coups de chaleur encore.

On dirait un roman de Simenon, sans crachin.

Le malheur est un abandon…

Le bonheur est de continuer de vivre avec passion. Il n’y a pas d’autres moyens pour être heureux. De délaisser l’apitoiement sur cet avenir… Comme si on vous avait vendu l’idée qu’il n’y a plus rien.

Quand Émile dit : «  Merde! Je bande … »

C’est simplement avouer qu’il avait renoncé… Et prendre conscience qu’il y a encore un beau grand feu, oublié.

Revisiter sa jeunesse pour se rappeler que la vie est une aventure.

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