Archives quotidiennes : 19-novembre-2011

Au revoir, Suzanne…

Qu’est-ce donc que mourir si ce n’est s’offrir nu au vent et s’évaporer au soleil ?

Et qu’est-ce donc que cesser de respirer si ce n’est se libérer du souffle de ses perpétuelles marées, afin de s’élever sans le poids de la chair et de s’exhaler à la recherche de Dieu ?

Lorsque vous aurez bu à la rivière du silence, alors seulement vous pourrez véritablement chanter.

Et quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, vous commencerez à monter.

Et dès lors que la terre aura réclamé votre corps, vous saurez enfin danser ».

 

Khalil Gibran, Le Prophète

Suzanne nous a quittés. Jeudi le 17 novembre. La lutteuse, la bloggeuse, la femme battante, l’intègre.

Curieusement, je ne suis pas triste d’en parler. Ému, oui. Nous nous sommes connus il y a presque trois ans. J’ai rapidement cerné cette femme courageuse qui s’est battu contre un cancer pendant 12 ou 13 ans. L’expression consacrée est : « elle a perdu sa bataille ».

Que non!

Suzanne n’a rien perdu. Je crois qu’elle est sortie davantage grandie d’une maladie, d’une lutte dont elle me parlait souvent, à travers les hauts et les bas, mais jamais d’un angle négatif. Toujours avec cette lucidité et ce tranchant d’un esprit aiguisé, d’une intelligence  dépliée, qui est la marque de ceux qui voient plus loin que la vie « d’ici ».

Il n’existe pas d’êtres parfaits en ce monde, mais il y a ceux qui cherchent à perfectionner ce monde et en traquer la bêtise.

Une véritable Colombo de la bêtise humaine…

Les relations « virtuelles »

Certains doutent toujours de ces relations virtuelles, des êtres que nous rencontrons par le biais de l’internet. Je disais quelque part que ceux qui écrivent, s’expriment, commentent, se rencontre se connaissent sans doute mieux que par la « façade » physique. La plupart des gens  savent,  que nul ne peut se cacher réellement de ce qu’il ou elle est. La personnalité laisse des empreintes bien lisibles.

Pour le meilleur et pour le pire…

Quand quelqu’un entre dans votre vie, peu importe la manière, les gens pourvu d’intuitions savent faire les portraits des amis et des ennemis.

Connaître l’autre, l’aimer à travers des échanges quotidiens ou sporadiques, se retrouver, retracer des âmes… C’est l’étonnant pouvoir d’échanger avec des gens que nous n’aurions pas pu connaître dans « le monde physique ».

Les affinités passent par tous les moyens…

Rester en vie

Vous pourrez toujours aller consulter son blogue. C’est un héritage qu’elle nous a laissé.

La beauceronne en avait dans le corps : vive, tranchante, avec une belle appréciation du sens de l’humour, heureuse, malheureuse, comme tous les humains, il reste que pour ceux qui l’ont connue, peu importe la façon, on ne peut être qu’admiratif.

Et pour la période H1N1, elle a été d’un grand secours avec l’aide de son amie,  Sophie Guillot,    que  je remercie grandement d’avoir transmis le parcours des derniers jours de Suzanne.

P.S. :

Et comme nous échangions souvent par de courts emails, je vais t’en faire un dernier :

Bonjour Suzanne,

Je viens d’apprendre que tes souffrances étaient terminées. Voilà une bonne nouvelle! Mais en attendant, je dois sans doute patienter un peu avant qu’on se rencontre ailleurs que sur Skype. Tu vas nous manquer… Oui. Mais au fond, rigolarde comme tu étais, vive et ardente, tu dois sourire et rire en nous attendant…

Parce qu’au fond,  peut-être que c’est ici, le virtuel…

Amicalement

Gaëtan

Ah! J’y pense! Tu m’as dit que tu étais musicienne aussi. En amateur, comme moi. C’est sans doute pour ça qu’on est un peu un « orchestre » sans chefs.