Archives quotidiennes : 30-octobre-2011

Trou Story

ROUYN-NORANDA – Richard Desjardins et Robert Monderie présentaient dimanche en grande première Trou Story, un documentaire sur l’industrie minière au Québec et dans le Nord de l’Ontario. Un film qui risque de faire l’effet d’une bombe auprès du public.

La trame du film débute en Ontario, à la fin des années 1800. On aborde, à l’aide d’images d’archives de l’Office national du film et de la narration de Desjardins, la formation de mines à Sudbury, Cobalt, et Timmins.

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Des images parfois choquantes de résidus miniers et de sites désaffectés tournées à vol d’oiseau sont projetées, relatant l’histoire de cette industrie qui fait vivre de nombreuses régions ressources. Desjardins va même jusqu’à dire que l’or, bien que précieux, est presque inutile, ne servant qu’à faire «des bijoux, de la vaisselle liturgique, des lingots comateux».

La grande majorité du film est axée sur l’histoire de cette industrie qui a connu ses jours noirs. Grèves, conditions de travail et de santé exécrables et crise économique font partie des aspects de l’industrie abordés par les réalisateurs. Le passé des mines et les dommages qu’elles ont causés sont au centre du récit, les réalisateurs ne mentionnant pas ou très peu les progrès faits par l’industrie en matière d’écologie et de conditions de travail.

 

Nationalisation des mines

Le film est déjà bien entamé lorsque les premiers intervenants s’expriment aux réalisateurs. Des élus de Sudbury, Timmins, Rouyn-Noranda, Malartic et Val-d’Or font partie des interrogés, en plus de certains écologistes et historiens. On aborde notamment la question de la santé publique dans le quartier Notre-Dame, voisin de l’ancienne fonderie Horne à Rouyn-Noranda, où l’on a recensé un taux de plomb anormalement élevé dans le sang des résidents ces dernières années.

©Marie-Hélène Paquin/Agence QMI
Les réalisateurs Richard Desjardins et Robert Monderie.

Le chanteur et documentariste ne demande rien de moins que la nationalisation des mines par le gouvernement. «Surtout pour les matières qui sont non-renouvelables, il devrait y avoir une participation plus significative de l’État, a-t-il revendiqué. En Australie, ils sont en train d’évoquer ça. L’Équateur a mis sous réserve des gisements d’or pour plus tard, au Botswana.»

 

Osisko

La dernière portion du film est consacrée à la minière Osisko, la plus grande mine à ciel ouvert au Canada, installée en pleine ville de Malartic. Bien que cette mine ait offert des centaines d’emplois aux résidants de cette ville, Desjardins et Monderie ont réussi à mettre la main sur des citoyens mécontents de l’avènement de cette industrie dans leur ville où l’économie était à son plus bas.

©COURTOISIE OFFICE NATIONAL DU FILM
Image du film Trou Story, de Richard Desjardins.

On aborde aussi le déménagement forcé d’un quartier complet de Malartic, qui a dû être rasé pour qu’on puisse y creuser une fosse. «En plus, les résidants de ce quartier-là avaient déjà été déportés dans les années 1950 à cause d’une autre mine», a ajouté le réalisateur en point de presse.

Le maire de Malartic a tenu à souligner que certains résidants en avaient alors profité pour faire un peu d’argent sur le dos de la compagnie privée en obtenant des sommes bien plus élevées que la valeur de leur maison.

L’équipe de Trou Story espère que leur documentaire aura un impact sur la population québécoise. «On sait que le film n’aura pas un impact auprès du gouvernement, mais on espère que le public va réagir et qu’il va essayer de changer les choses, a affirmé Desjardins. Pour ça, il faut qu’il soit vu.» Son vœu devrait être exaucé puisque dès le 4 novembre, le film prendra l’affiche dans une dizaine de cinémas au Québec.

 

Trou Story: l’industrie minière se défend

QUÉBEC – «Notre industrie est à mille lieues de ce qui est présenté dans le film», a déclaré Dominique Dionne, présidente du conseil d’administration de l’Association minière du Québec (AMQ), en réaction à la première du film Trou Story, qui critique l’industrie minière dans la province et le Nord de l’Ontario.

«Nous agissons aussi comme de réels partenaires des milieux où nous menons nos activités, et ce, dans le plus grand respect des normes environnementales», a indiqué Mme Dionne par voie de communiqué, en désaccord manifeste avec le propos du documentaire réalisé par Richard Desjardins et Robert Monderie.

En admettant que les habitudes de cette industrie étaient différentes dans le passé, la présidente du conseil d’administration de l’AMQ a soutenu que le Québec gagne maintenant au développement de ses mines, en invoquant notamment les considérables retombées fiscales qu’elle apporte au gouvernement. «Le Québec a tout à gagner à demeurer un leader mondial du secteur minier, puisque toutes les régions profitent des retombées économiques», a-t-elle soutenu.

«Nous avons au Québec une masse critique d’explorateurs, d’entrepreneurs, de gestionnaires, de travailleurs et d’autres artisans de l’industrie, qui fait l’envie de plusieurs pays», a pour sa part affirmé Claudine Renauld, directrice générale de Minalliance, qui regroupe l’Association de l’exploration minière du Québec et l’AMQ.

«Nous avons toutes les raisons d’être fiers de cette industrie», a-t-elle ajouté.

Source

Bangkok

 

http://desyeuxpourvoir.blogspot.com/2011/10/bangkok.html