Archives quotidiennes : 15-octobre-2011

Occupy Wall-Street : la planète prise d’assaut

Gaëtan Pelletier

Nous soutenons ce qui se passe ici parce que le système bancaire à Londres est le bénéficiaire d’argent issu de la corruption.

Julian Assange

 

— Nous ne sommes pas des marchandises entre les mains des politiciens et des banquiers qui ne nous représentent pas. Nous allons manifester pacifiquement, débattre et nous organiser jusqu’à obtenir le changement mondial que nous voulons.

— United for Global Change (Unis pour un changement global)

 

 

Sous les slogans «Peuples du monde, levez-vous» ou «Descends dans la rue, crée un nouveau monde», les «indignés» avaient appelé à manifester dans 951 villes de 82 pays, selon le site 15october.net, contre la précarité liée à la crise et le pouvoir de la finance.

 

Rome

 

À Rome, des incidents ont éclaté dès le début du cortège. Des éléments incontrôlés, masqués de foulards noirs, ont envahi un hôtel de luxe, fracassé les vitrines de banques et mis le feu à bâtiment officiel. Plusieurs véhicules, dont des fourgons de police, ont été incendiés. On dénombre 70 blessés, dont trois graves, dans les violences.

La place historique de la basilique Saint-Jean de Latran, a été transformée en champ de bataille, avec charges de police, fumigène et manifestants qui ont dû quitter les lieux les bras en l’air pour ne pas être confondus avec les casseurs. Lien

***

Parti de Wall Street il y un mois, le mouvement des indignés contre les excès du capitalisme s’est répandu samedi à travers le monde, notamment à Rome, lieu de la plus importante manifestation.

Des dizaines de milliers de protestataires parcourent les rues de la capitale italienne en brandissant des pancartes où l’on peut notamment lire « Une seule solution, la révolution » ou « Nous ne sommes pas des biens dans les mains des banquiers ». Les médias italiens estiment qu’ils sont entre 100 000 et 200 000.

Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour tenter de contrôler une centaine de manifestants cagoulés de noir, en marge de la marche des indignés, lançant des bouteilles et des cocktails Molotovs.

Des coktails Molotovs auraient mis le feu à une annexe du ministère de la Défense.

Entre six et sept voitures ont été incendiées et des vitrines de magasins fracassées.

Selon des témoins, les actes de vandalisme ont été commis par les « blacks blocks », des activistes qui s’infiltrent régulièrement dans les rassemblements. Aucun blessé n’a été signalé. RC

Aux Etats-Unis, le mouvement s’étend dans tout le pays.

Crédit photo : REUTERS/Lucas Jackson

 

 

Environ 1500 villes sur la planète…

Le parc

«Il ne s’agit pas de penser beaucoup mais de beaucoup aimer.»

Thérèse d’Avila

Les hommes font des affaires parce qu’ils sont trop lâches pour chercher un peu de sainteté.

La sainteté n’est pas une alliance à Dieu. Elle est une alliance entre l’un et les nous. NOUS.

Ne pas se laisser souiller par la vie qui nous entoure, c’est ressusciter à chaque jour.

Quand les hommes se font serpents pour les autres hommes, ils crachent leur venin. On est tous souillés.

Et c’est là que rester intact, avec quelques atomes d’âme pour survivre est devenu un art difficile.

Il n’y a plus de feu. Il y en a, caché, sous tiède couverture des braises refroidies. On s’adonne au noir, au froid. On tue dans le silence de tous les viols de la Terre.

L’Homme crée des monuments, déguisé en singe, sans savoir, déjà enterré, qu’il y a plus que ces œuvres de pierres.

Il se croit savant.

Un ignare de bois.

On n’a jamais vendu autant de miroir. Au point où la tâche qu’on nous incombe est celle de devenir semblable au cravaté-serpent et ses dogmes de matière. Il parle de la grandeur de l’Univers en semant des idées de temps fragiles. Encagé. Comme un oiseau qui ne peut plus voler.

 

… Je veux dire que si celui qui est dans l’appartement ne peut voir cette lumière, ce n’est pas parce que la demeure n’est pas éclairée, mais parce que toute cette foule de couleuvres, vipères et reptiles venimeux qui y sont entrés avec l’âme ne la laisse pas profiter de la lumière… ses yeux sont tellement couverts de boue qu’il ne peut presque pas les ouvrir ».

Le château de l’âme.  Thérèse d’Avila.

C’est « fou » de citer une « sainte » !.

Le livre m’a été prêté par une vieille dame un jour. J’étais livreur dans une épicerie. La dame de 80 ans me laissait entrer et m’offrait un grand sourire. Courbée, charmante, avec de la lumière dans la voix. C’était une vieille maison … Son corps et sa demeure en bordure d’une rivière.

Elle avait toujours un petit quelque chose à m’offrir : du chocolat, des beignes, des friandises. De vieilles choses traînaient partout. Un tricot abandonné, un chapelet, des images aux murs. Elle était plus vivante dans ces vieilles choses que les enfants dans les parcs.

Le parc de la sagesse.

Elle avait peine à bouger, dans son carcan d’arthrite, mais ses yeux, son discours, ses envolées avaient quelque chose que nous n’avons plus : vieillir n’est pas vraiment vieilllir pour ceux qui entretiennen l’intérieur au lieu de l’extérieur.

Puis un jour, alors qu’elle lisait, assise sur une veille berceuse, elle me regarda d’un œil singulier, allumé.

– Vous devriez lire le livre de Thérèse d’Avila.

Je ne connaissais pas Thérèse d’Avila. Pour moi, le mot « religieux » avait quelque chose d’agaçant. Et je la prenais pour une délurée en face de la mort. Je n’avais pas compris qu’elle était grande en dedans et qu’elle habitait un château dans un taudis tordu.

Elle tenait absolument à ce que je parte avec le livre.

Je me souviens d’avoir essayé de le lire. Je l’ai ouvert maintes fois… Je l’ai abandonné maintes fois… J’étais trop « fermé ». Alors, il dort dans le garage, dans les boîtes de ces trop de livres que l’on garde sans savoir s’il valent la peine.

Elle me l’a prêté.

En fait, je n’ai jamais eu l’occasion de le lui remettre. La vie m’a emmené ailleurs.

La vieille dame est décédée quelques années plus tard. Ce n’était pas un prêt, c’était un don. Mais que fait-on avec un don quand on ne peut le recevoir ?

Elle donnait sans rien demander. Et je suppose que le livre a été inséré dans son âme… Elle n’en avait plus besoin. Passez au suivant…

C’est comme ça qu’on se réveille un jour de longs comas à force de vivre avec des gens qui n’ont pas de vie. Ils n’ont que du bois à vendre. Du bois mort… Du plastique. Rien. Rien de vivant. Du mort en partant.

Elle est revenue aujourd’hui avec cette phrase, ce petit paragraphe… Car la Vie n’est pas enfermée dans le vaste, mais dans la grandeur de ce que l’on sème en soi.

Le reste  est cette ère de frivolités.

 

La tendresse

C’est comme une larme qu’on a dans tout le corps
Dont on n’arrive pas à se débarrasser
Un filet d’amour allongé

Ce doit être une mer
C’est salin, tantôt d’un parfum amer
Tout doux, brisant ; l’âme devient un vase fêlé
Quand la tendresse fait l’amour à la beauté
Longue, profonde, sans demain, sans hier
On entend le bleu
Des auras frissonner

S’infléchir sans réfléchir, sentir
Ces poudroiements à frémir
Pour goûter le son des émois
Dans un monde ou tout va, tout s’en va

La tendresse est celle qui reste

C’est comme aimer sans vouloir trop aimer
L’amour mystérieux de la maison de chair
Ça n’a pas de bras, tellement c’est désarmant
Sans jamais, sans jamais être clair

Une éraillure dans l’indifférence
Le corps au pôle Nord, l’âme au Sud
Une passion qui a le temps de tous les temps
Flâneuse, s’attardant
Tel un amour au feu duré

On est si ému, on ne sait que faire
Alors on barbouille des papiers
Pour se débarbouiller…

Gaëtan Pelletier
2 août, 2000