Archives quotidiennes : 5-septembre-2011

En attendant

Photo: Site Photos Libres.fr

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Retour vers la vie,sans avis
Éclat de lune,sans plume
Aucune frontière ni attente
Vent d’espoir de lendemain

Départ dans l’âme,sans préavis
Étincelle de soleil,sans papier
Sans limite mis retard
Pluie de courage d’hier

Arrivé dans l’esprit,sans demande
Parcelle d’étoile,sans efface
Pas de ligne mis chemin
Neige de sérénité d’aujourd’hui

Eve Bolieu 25 aout 2011

Philippe Lafontaine – Alexis m’Attend

J’irai à l’orient embrasser les tsarines
Et les bateliers
Même si l’hiver est grand dans l’icône à Lénine
Au cœur désarmé
Au pays rempli d’hommes
Au pays d’outre idée
J’irai

Là où sont les amants quand l’amour se résigne
Triste et mal caché
D’ici je les entends les mémoires qu’on mutile
Tous dômes dorés
Pour tout vivre en silence
Pour tout vivant, j’irai crier

Refrain
Alexis m’attend
Alexis m’attend
Léninskiprospect
Et sous sa veste
De l’amour il a mis

De la Chine aux Balkans sans qu’on me l’interdise
J’irai le trouver
Même s’il faut saluer les héros qu’on déguise
Au fard des mausolées
Aux âmes qu’on emprisonne
Pour qu’on lui donne la clef
J’irai

Même s’il faut traverser les tableaux de Soutine
Même défiguré
Dans le cirque des grands, ce sont les enfants qu’on grime
Aux larmes dépensées
Pour tout vivre en souffrance
Pour tout vivant, j’irai crier

Refrain
Alexis m’attend
Alexis m’attend
Léninskiprospect
Et sous sa veste
De l’amour il a mis

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Autres chansons de Philippe Lafontaine :

Coeur de loup

Liens externes sur Philippe Lafontaine :

Biographie de Philippe Lafontaine

Ça faisait au moins 20 ans que je n’avais pas écouté Philippe Lafontaine. Vu deux fois en spectacle.

C’est, pour moi, la voix la plus belle… Entre le diamant et la dureté de la pierre. Difficile d’exprimer.

Comme une sonorité qui vous traverse l’âme. Vibrations semblables aux miennes. Étrangement, un jour, quelqu’un m’a dit que j’écrivais des textes qui ressemblaient à ceux de Philippe Lafontaine.

Oui, cristal… Cristalline.

Théo

 

Théo est passé.

Il est arrivé à la maison vers 17h.

Théo a 13 mois.

Il est joufflu, allumé, tout beau… Comme ne feuille sur laquelle on écrit un poème. L’Univers devrait être un poème comme les joues de Théo, gonflées, roses, comme on aime embrasser.

J’ai joué avec lui dans le salon. Un jeu à qui ferait plus de bruit en brassant du papier.

Théo jubilait. Et moi aussi… Je n’ai pas fait un voyage dans le temps, mais un voyage dans mon âme. Au temps de l’émerveillement et de la pureté.

Dire que les adultes paient cher pour se rencontrer et se raconter des bobards sur des riens supposément importants.

Oui, c’est vrai, je l’avoue : j’ai aimé Théo…

Puis il est revenu le lendemain. Mais j’étais parti me balader en vélo. À ce qu’on m’a dit, Théo me cherchait.

Dommage que je l’ai raté.

C’est le meilleur enseignant que j’ai pu rencontrer dans ma vie : on n’a pas l’âge de ses artères, mais celui du souvenir. Et s’amuser un peu avec du papier déjà écrit. On n’a pas d’âge, en fait.

C’est la méchanceté qui fait vieillir. Et la peur… Et tout cet « investissement » vers l’intellect.

Ce qui me peine, c’est que Théo va probablement mourir à Théo. Il deviendra un adulte…

Ces gens séchés, sérieux, à qui il leur faut le monde pour être heureux. Posséder pour être.

J’espère seulement que Théo fera comme moi : quand il rencontrera Théo, il se reconnaîtra.

L’art de la vie consiste à garder en soi un peu de Théo.

Si les enfants apprennent si peu aux parents , c’est que les parents sont devenus un peu « secs ».

Je suis content d’avoir appris que je n’étais pas mort par la sécheresse de ces gens qui se meurent à être sérieux.

Malheureusement, de par le monde, ils tuent des Théo.

C’est ça aimer. C’est ça comprendre. Mais c’est surtout ça être heureux :

Être Théo et adulte à la fois.

P.S. : Je t’embrasse

Wade Belak, DSK, Sarkozy… s’amuser comme des fous

Aujourd’hui, 4 septembre 2011, C’est la rentrée. Funérailles de Wade Belak, hockeyeur américain de 35 ans qui s’est suicidé la semaine dernière. Nos condoléances à ses parents et amis. Le rôle de Wade, quand il jouait au hockey, était de casser la gueule de ses adversaires, mais ce n’était pas un mauvais bougre. C’est ce que son équipe le payait pour faire et c’est ce que ses fans payaient pour voir. Mettre des rondelles dans un filet est un prétexte. Un bon match de hockey est surtout un spectacle de cassages de gueules. On s’y amuse comme des fous.

Aujourd’hui 4 septembre 2011, on annonce que DSK est à Paris, Place des Vosges, un peu comme on annonçait jadis que Bonaparte retour d’Elbe était à Saint-Cloud. Il arrive ! On va voir ce qu’on va voir ! Viols, pas viols, on attend surtout de lui qu’il pourfende ses ennemis. On va bien s’amuser.

Pendant ce temps, le Roi Nicolas s’amuse aussi. Il reçoit l’hommage-lige des étranges hurluberlus qu’il a mis comme vassaux sur les marches du trône de son futur fief en Libye, ainsi que les compliments de ses cousins, les autres Princes d’Occident.

Victoire et jubilation. « Exultez ! On les a noyé, les Bicous, », comme chante Otello, pendant qu’on devine dans l’ombre un Iago à col échancré qui ricane. On a détruit, on a tué, on pille tous les jours en Libye et le pétrole coulera a flot. Il ne manque que Mouammar, chargé de chaînes, courant derrière le char du triomphateur sur les Champs Élysées et il n’est pas dit qu’on ne l’aura pas. On s’amuse bien.

Il y a une demande insatiable pour la violence. Dans une économie de marché, c’est le produit le plus porteur. On a dit longtemps que l’humain ne voulait rien tant que l’amour et ne se battait qu’à son corps défendant. Foutaise ! Comme tout être vivant, l’humain ne survit qu’en détruisant une autre vie dont il se nourrit. Ses gènes le savent et ne le laissent pas l’oublier. Il AIME la violence.

Comme leurs gènes et leurs hormones ne laissent pas les poètes, ni les chantres de l’amour courtois, oublier que le moment de vérité, le geste fondamental de l’amour, c’est la pénétration du coït, qui est un indéniable geste d’agression. On s’amuse dans la violence. On ADORE la violence. On s’amuse comme des fous.

Comme des fous. Et encore… Dire que la violence est une folie, c’est une concession à l’éthique qu’on s’est bâtie pour se voir beau, comme on s’aime, mais cette image plaisante, ce reflet délicat, n’existe que si quelque chose de plus rustre en nous qui lui a servi d’ébauche a d’abord survécu. Survécu grâce à cette violence que maintenant on dit « folle », mais qui a été au départ d’une implacable logique.

Grégarité, société, civilisation… Quand la désapprobation des autres – et les peines qui peuvent en découler – deviennent plus dissuasives que ne nous motivent les plaisirs primaires que nous offre la nature, on se contrôle. Ainsi, beaucoup de femmes de chambre guinéennes ne sont jamais violées… Mais la nature n’est jamais loin ; notre société n’échappe pas tant à la violence qu’elle lui trouve des excuses ou des substituts et qu’elle en confie la réalisation à un gladiateur de service tout en gardant la satisfaction au spectateur

Le sport en est le cas emblématique. La boxe est celui des sports qui semble le plus violent, mais l’aveu de l’intention impose une certaine retenue. Cette retenue disparaît dans les sports d’équipes – hockey et football américain surtout – où les débordements peuvent paraître involontaires ; c’est alors que la violence peut être vraiment désirée et encouragée.

De concussions en commotions cérébrales, on a vu un hockeyeur de 21 ans avoir le cerveau en bouilli d’un vieil alzheimer.. et trois hockeyeurs (3) qui avaient le même rôle que Belak se sont suicidés depuis quelques semaines. Dur,le hockey.

Dur le hockey, mais une autre violence peut être voulue avec plus d’hypocrisie et être encore plus incontournable, dans les sports où c’est le temps qui est le défi. La course automobile, par exemple, où on joue sa vie pour un centième de seconde. Et il y a encore pire que les courses, où l’autre à vos côtés crée encore un bon sens de consensus ; il y a les sports où il n’y a que le chronometre et vous et où c’est vous qui choisissez de transgresser vos limites. Il y a enfin le fin du fin, la luge où, en décidant du tracé, on peut décider de la probabilité que vous y surviviez ou pas. Ave spectator !

Il y a aussi le jeu politique. À mesure que le citoyen a pris conscience de la similitude entre les gestes que posent les gouvernements élus quels qu’ils soient, le débat politique est devenu aussi un sport extrême. L’impact sur la vie quotidienne d’un virage de Gauche à Droite ou l’inverse étant négligeable, c’est le sentiment d’appartenance qui seul importe au supporter, comme on était Vert ou Bleu à Byzance.

Il n’y a plus débat, mais combat et on a répondu à la demande pour la violence en prolongeant le processus électoral qui est en fait un calendrier de rencontres menant à un match-scrutin périodique de championnat. Aux USA, avec des élections législatives aux deux (2) ans, jointes une fois sur deux à une présidentielle, les campagnes électorales sont permanentes, interrompues seulement brièvement pour quelques semaines pour permettre aux élus de prendre acte des résultats et de  mettre à jour leurs stratégies de cueillette de fonds. La gouvernance est déléguée aux fonctionnaires, la notion de service public est nulle. La violence est totale.

Au delà du sport et de la politique ? Il y a la guerre. Pas les guerres d’antan, quand deux antagonistes jouaient leu va-tout, mais des petites guerres que font les Grands chez les Petits. Pour se donner de l’argent et des contrats, bien sûr, mais ça, on pourrait le faire autrement. On fait les guerres surtout pour le plaisir. Le plaisir de la violence.

Violence immédiate des Blackwaters et autres mercenaires sur le terrain, mais violence aussi, plus sadique et plus dévastatrice, de ceux qui la font dans les États-majors et les Conseils d’administration. Celle, surtout,  vicariale et perverse, des Quidam Lambda glués à l’écran du 20 heures, pour voir bombarder des civils ou regarder des lignes de fronts se déplacer selon l’imagination des commentateurs dans le cadre des instructions qu’ils ont reçues du Pouvoir.

La violence est partout. Bien sûr, il y a des gens pour écouter de la musique, réciter des mantras, bouffer des champignons magiques ou autrement tenter d’échapper à ce désir de violence, à cette affirmation sur l’autre d’une supériorité dérisoire pour se cacher un peu l’infériorité essentielle qui est celle de la condition humaine…

Il y en a, mais ces gens sont bien peu nombreux, face à la multitude de ceux qui ne s’amusent que comme des fous, dans la confrontation et la violence…

Aujourd’hui, c’est la « rentrée ». Wade Belak n’est plus là, mais Strauss-Kahn oui, Sarkozy aussi et des millions d’autres gladiateurs vont entre dans l’arène, comme l’an dernier, comme l’an prochain… Tous fanas de la violence, bien décidés à ajouter au sable « un peu de sang, pour faire une peu de boue… ». Souhaitons-nous un peu de paix.

Pierre JC Allard

http://www.centpapiers.com/wade-belak-dsk-sarkozy%E2%80%A6-s%E2%80%99amuser-comme-des-fous/81094