Archives quotidiennes : 13-mai-2011

La machine à voyager dans le temps

Quel temps fait-il?

Quel temps fera-t-il?

Avec quatre saisons, quatre demi saisons, quatre saisons inattendues, le québécois se demande toujours quel temps il fait. Dans une vie, un québécois doit passer au moins six mois à se morfondre sur le temps qu’il fera. Il espère toujours avoir la Floride en été, pas de Sibérie en hiver, pas de pluie à l’automne, et de la neige « sèche »… le 24 décembre.

Et à partir du 1er janvier, il commence à attendre le printemps, ce préliminaire des chaleurs de l’été. Et quand il fait trop chaud, il se plaint.

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Dans ce monde de barjos – dont je fais partie – il y a toutes sortes d’inventions pour alimenter les démeublés de spiritualité. On est stéréoïdés à l’électronique. Ipad, Iphone, Ichiale…

C’est comme ça que tenté par le gadget, je suis arrivé aujourd’hui avec le thermomètre digital sans fil.

24.95$. Un rabais…

Notez que les gens n’achètent plus que des rabais. Ils ne disent pas : « J’ai dépensé 24.95$. Non. Ils disent : « J’ai épargné 12.99$ ».

On achète tellement pour épargner, qu’à la fin de l’année c’est une dette.

J’y comprends rien…

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Pour savoir dans le salon quel temps il fait dehors et …dans la maison.

Ça m’a pris 45 minutes à le programmer. Il y a même un système d’alarme au cas où dans votre cave à vin ou à rutabagas, la température ne serait pas conforme. En plus, sur le dernier modèle, il y a des images : nuages, soleil, lune. On peut voir dans le salon s’il y a du soleil dehors ou des nuages, ou entre le deux.

J’ai voyagé entre le soleil et le salon pour savoir si c’était vrai.

Vous pouvez acheter 4 récepteurs qui peuvent vous dire s’il fait froid dans la chambre, dans la salle de bain, le garage, et dehors.

Fini de vous sucer le doigt.

C’est un vieux truc pour savoir d’où souffle le vent. Vous vous sucez le doigt, vous le pointez en l’air et la partie froide vous indique la provenance du vent.

Avec le progrès, sans cesse, je parie qu’il sera intégré à votre montre bracelet dans quelques années. Ainsi, pendant un voyage, vous pourrez regarder l’heure et la température qu’il fera chez vous.

Mais il y d’autres applications que l’on peut faire avec un peu d’imagination.

J’ai pensé accrocher un récepteur au chat pour savoir s’il est dehors ou dans la maison.

Mais avec la portée de 100 mètres du récepteur, et avec le temps que j’ai pris pour le programmer, je pense m’acheter un deuxième récepteur que je vais placer dans la maison.

Quand je sortirai, je saurai en lisant les données,  si je suis dehors ou en dedans.

Pour la température, je peux me débrouiller pour savoir s’il fait froid, s’il fait chaud, s’il vente.

Un miroir.

Je me regarde dans le miroir : si je n’ai pas de tuque c’est l’été. Si j’ai une casquette, je suis à bicyclette. Si je n’ai rien sur la tête, c’est la température parfaite.

Et si en fouillant dans ma poche, je constate que j’ai oublié mon récepteur digital, c’est que je suis dehors et que je dois vérifier si j’ai un GPS pour rentrer à la maison.

C’est de plus en plus compliqué de vivre : quand tu as froid, il faut vérifier avec un appareil.

J’ai l’impression que plus on veut savoir où on est, ou on se situe, plus on est perdus.

Ce doit être la raison pour laquelle on vend autant de gadgets pour nous perdre en cherchant à nous retrouver.

P.S : Si vous avez vu mon chat, téléphonez-moi. Je me fous de l’appareil, mais Fripouille est un chat unique.

Quand vous êtes en peine, il le sait et vous lèche.

Pense pas qu’un thermomètre digital finira par battre le chat.

Quand je lui ouvre la porte pour sortir, il ne va même pas lire le cadran du thermomètre.

Il prend 45 secondes, jauge, sort, ou décide de ne pas sortir.

Il a dû avaler le récepteur…

SHAKESPEARE ET LA CANTATRICE COUNTRY

Financier déguisé essayant de séduire son auditoire. Comme Vigneault : Mon pays ce n’est pas un pays, c’est un char.

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Guitars, Cadillacs

Ain’t no glamour in this tinsle land
Of lost and wasted lives
Painful scars are all that’s left of me
I wanna thank-you girl for teachin’ me
Brand new ways to be cruel
Like findin’ mine now I guess I’ll just leave

And it’s guitars, cadillacs, hillbilly music
Lonely, lonely streets that I call home
Yea, my guitars, cadillacs, hillbilly music
It’s the only thing that keep me hangin’ on

Richard.

Celui qui a beaucoup de biens, qui a fait une grande fortune.

Dictionaire Reverso

Comme les États-Unis. La culture du richard… Tout le monde peut être riche aux États-Unis. À condition de suivre le guide du parfait mentor.

L’Histoire ne changera donc jamais!

Shakespeare et son Richard III

La pièce met en scène l’ascension et la chute brutale du tyran Richard III, battu par le futur Henri VII d’Angleterre à la bataille de Bosworth. La pièce met très librement en scène des événements qui précèdent la fin de la guerre des Deux-Roses, en 1485, lorsque la dynastie des Plantagenêts fait place à celle des Tudor.

Lors de la bataille, le cheval tombe sur Richard qui dans son grand désespoir, crie : «Un cheval pour mon royaume».

On dirait le drame même des États-Unis. Dans la débandade de la grande bataille économique, on se veut tant de «sauver» l’économie de ce cheval d’acier qu’est l’auto, que c’en est ridicule. D’habitude le ridicule ne tue pas…

On en n’est plus certain…

Mais c’est tellement beau une voiture! Dans les années cinquante, elles étaient énormes, aux couleurs variées, et servaient presque de motels : on y «frenchait » à ciel ouvert et on allait aux «Drive In» visionner des films. Elle avait tué une industrie : celle du cheval. Par un «procédé» nommé par Schumpeter, la destruction créatrice.

La destruction créatrice

La destruction créatrice désigne le processus de disparition de secteurs d’activité conjointement à la création de nouvelles activités économiques.

La «destruction créatrice» (Schumpeter) est le concept par lequel une innovation technologique créée engendre une force motrice de l’économie.

Tous les économistes de la planète ont vite saisi ce nouveau moteur et l’ont utilisé au point de chambarder à tous les cinq ans, voire dans une période plus courte les marchés.

Un exemple concret du début du 20ième siècle : l’arrivée de l’automobile a chambardé et détruit rapidement tout le secteur lié au déplacement à l’aide du cheval. Des métiers sont disparus : maréchal ferrant, vendeurs de chevaux, éleveurs, fabricants de carrioles, etc.   Par contre, il a fait naître d’autres industries, dont celles de l’automobile qui perdure encore aujourd’hui.

Qui perdure lamentablement…

Il n’y a pas eu autant d’efforts pour «sauver» l’industrie chevaline et ses carrioles.

Mais c’est bien la «destruction créatrice». Ça créé de nouveaux métiers.

Le mécanicien

Il devait y avoir quelqu’un pour ramasser le crottin de cheval à l’époque. Aujourd’hui on fait des vidanges d’huiles, et pour ce qui est des sabots, on change les pneus. Pour ce qui est du reste, on est pointus comme des chirurgiens.

Ça coûte la peau des fesses.

Le menteur de voitures

On dit un conseiller-vendeur. Je ne suis pas gentil.

C’est la personne qui vous guide dans l’achat d’une voiture.

En l’an 2000, lorsque vint le moment de nous procurer ma femme et moi, ce bijou, le vendeur nous annonça que la nouvelle version de la voiture avait 225 améliorations.

Ma femme de répondre :

– Ça devait être un beau « basou» avant!

Le sourire du vendeur s’est perdu dans sa mâchoire.

Autre métier :  vendeur de pièces…

Retour à la pièce : le financier au volant de l’industrie

Richard veut devenir roi. Il décide donc de tromper, ou d’essayer de tromper tout le monde.

C’est le plus grand vendeur de voitures au monde. Mieux : il donne son âme au diable pour acheter des trônes.

Les financiers veulent devenir richards. Et ils le deviennent.

En effet cette volonté de pouvoir ne fait pas de Richard l’incarnation du Diable que l’on a souvent décrite : elle naît plutôt d’un désir de revanche sur la Nature qui l’a fait difforme et sur la société entière, sur ceux qu’il a aidés à prendre le pouvoir et qui le rejettent une fois que ses mains sont salies (c’est lui qui a tué Henry VI et ainsi permis à Édouard de monter sur le trône).

Il va donc les tromper, les monter les uns contre les autres pour devenir roi. Contre l’insignifiance et la mesquinerie qui l’entourent, Richard prend le parti de l’absolu : le Mal absolu, certes, mais qui naît de sa liberté propre. Comme le Caligula de Camus, Richard III va au bout de ses idées, dénonçant par ses propres crimes l’absurdité du Monde.

Mais tout se paye. (Wikipedia)

La cantatrice country

Le «richard» voulant sauver son industrie de chevaux d’acier, nostalgique de son cinéma à ciel ouvert, le mentor des menteurs de voitures, s’en va pleurnicher en s’excusant devant une commission, quémandant des sommes astronomiques.

Il hurle alors la phrase à l’envers :

«Un royaume pour mon cheval».

En anglais, le terme est savoureux : du blackmailing.

Du chantage.

Il avait raison le chanteur country :

Le cowboy fait le tour de la montagne
La montagne fait le tour du cowboy

Finalement, Schumpeter était visionnaire . Les crises créent de nouveaux métiers :

Quêteur de luxe.

Et pour lasso, la cravate.

Et quand toute l’industrie lui tombe dessus, ce Richard IV hurle :

«Mon cheval pour votre royaume».