Archives quotidiennes : 6-octobre-2010

L’ENSEIGNEMENT

Puis un maître dit, Parle-nous de l’Enseignement.

Il répondit :

Que les écoles soient une usine à diplômes. C’est la nouvelle chaîne de Ford de la mondialisation.

Car pour le marché mondial on  ne vous demandera pas la profondeur de votre savoir, on demandera quels sont les habiletés des gens  de votre peuple.

Et vous êtes les fourmis de l’État. Vous devez être construit pour le bien de L’État. Fourmi rouge ou fourmi noire, peut importe. La sueur n’a pas de couleur.

On fera de Jean  un cuisinier ou de Paul  un  qui saura créer un toaster qui terminera sa vie à la millième toast. Et vous jetterez le toaster. Et quand tout le monde jettera son toaster il y aura quelqu’un pour l’enfuir. Dix ans plus tard, il y aura un type et bien des avocats pour dépoluer le réservoir à toasters.

Tout doit mourir. Et s’il le faut, décidons quand.

L’étudiant sait-il ce qu’il apprend? Ce qui est bon pour tout le monde est bon pour vous.

Ne vous acharnez pas à penser. Laissez-vous penser. Et quand on ornera vos bureaux d’un titre, vous vous direz : j’ai raison, je suis bien, je viens dans un château, je conduis une voiture construite là où j’aimerais aller. Mais c’est si loin que je dois prendre l’avion.

Enseignez que  dans le sommeil des  cerveaux endormis personne ne pourra  distinguer savoir et sagesse.

Qui a besoin de sagesse?

La vache sait-elle qu’elle appartient à un troupeau? Si elle le savait, donnerait-elle tout son lait?

L’enseignant apprend à ses étudiants à vendre le lait plus cher que la vache.

La vache s’en plaint-elle?

Garder une vache pour se nourrir est bien, mais engager quelqu’un pour traire mille vaches est mieux.

L’enseignant dira : vous dormez mal? Vos draps sont-ils adéquats?

L’enseignant dira : vous dormez mal?

Qui a dit que seulement les voitures pouvaient être construites en chaîne?

En vérité, celui qui sait enseigner sait combien de vaches, de dindes et d’avocats, de cuisiniers, de vendeurs d’assurance et de comptables sont nécessaires à L’État.

On vous fera suer comme les fleurs aux matins de rosée. Et c’est bien ainsi. La lavette tordue est celle qui termine le lavage de l’assiette.

Vous ferez plaisir au propriétaire des usines d’assiettes.

Et quand vous serez vide de vos nerfs, vous apprendrez à haïr ou à être indifférents aux autres.

Le fer ne s’aiguise que par le fer.

Vous deviendrez sec comme une poudre à pâte. Mais l’eau de nos dirigeants fera gonfler la Pâte. Vous serez quelqu’un parmi personne.

Et l’enseignant dira à l’enfant : «Ne vous demandez pas ce que votre État peut faire pour vous, mais demandez vous si vous voulez vous tuer pour l’État».

Enseignez  l’art de la guerre des prix. Le territoire du monde nouveau : celui  de la mondialisation. Plus de pays, rien que des Cie.

Vous serez plongés dans la misère pour manger.

Et tous les soldats de l’État se retrouveront dans une grande salle. Ils apprendront le code de la réussite au prix qu’il faut : codéïne, caféine, cocaïne, pour être «In».

Et quand le maître se retrouvera devant ses élèves il devra leur apprendre à ne pas user de ces substances.

Les hôpitaux coûtent trop cher. Et que dire du prix du médecin?  Il a tellement été appris qu’il vous coûtera un bras. Il sait comment fonctionne votre foi et votre rate.

Plus on va à l’école plus on vend des pilules.

Plus on va à l’école plus on vend.

À quoi sert l’école si elle ne conduit pas au centre d’achats?

Le vendeur d’autos parle de son char mais il ne peut pas vous donner son char.

Allez, apprenez à tous qu’ils sont des loosers.

Ainsi ils se débattront comme des diables dans l’État bénit pour nager jusqu’à la réussite.