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Gaz de schiste: Lettre à André Caillé

Gaz de schiste: Lettre à André Caillé

1 octobre 2010 | 0 commentaire(s) | vu 25 fois éditer

Il rencontre de nombreux habitants qui ne peuvent plus boire l’eau du robinet –les compagnies pétrolières leur fournissent souvent de l’eau minérale. Des analyses révèlent la présence de benzène, méthane et de nombreux produits toxiques, parfois dans des concentrations 1.500 fois supérieures aux normes de sécurité. Tellement que chez certains, l’eau du robinet devient inflammable. Dans ces voisinages, des animaux tombent malades et des habitants se plaignent de multiples problèmes de santé. GASLAND

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L’exploitation du gaz de schiste s’étendra à toutes les régions du monde et aidera les pays en développement à combattre la pauvreté, a prédit jeudi le président de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), André Caillé.

Le monde fait face à un «cercle vicieux»: quelque deux milliards de personnes sur la planète n’ont pas accès aux sources d’énergie modernes, de sorte qu’elles n’ont pas droit à des services de santé et d’éducation adéquats, ce qui les empêche de se sortir de la pauvreté, a souligné M. Caillé devant le 21e Congrès mondial de l’énergie, qui prend fin jeudi à Montréal. Cyberpresse

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L’image nous révère au documentaire Gasland. Disponible sur le net, je crois. Après l’avoir visionné, on enlève le mot « naturel » au gaz.

L’effet de l’empoisonnement des eaux, aux États-Unis, et autres « inconvénients », a multiplié les cancers et des formes de maladies étranges : on se retrouve sans odorat…

Une maladie parmi tant d’autres.

Ce qu’on a camouflé , aux États-Unis, outre les quantités d’eau nécessaires au traitement, ce sont les 500 à 600 produits chimiques dont on a sciemment caché la liste. Il a fallu une commission et une avocate enragée pour arracher cette  liste  aux  « grand développeurs ».

Oui, la richesse existe, juste en dessous de nos pieds. Les ravages sont tels que pour certains leur vie est gâchée à jamais.

Le plus étrange est qu’on a dit aux citoyens que l’eau était potable … On peut y mettre le feu… Malgré que plusieurs citoyens aient envoyé leurs échantillons à des laboratoires qui ont tout simplement donné comme résultat d’analyse : eau potable.

Mensonges par-dessus mensonges.

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Quand M. Caillé dit « combattre la pauvreté », ce serait plutôt celle des investisseurs.

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Voici une lettre adressée au Devoir.

Libre opinion – Gaz de schiste : les risques existent !

Lettre à André Caillé, président de l’Association pétrolière et gazière du Québec et conseiller de la société Junex

François Cantin, Montréal  21 septembre 2010  Québec

Je suis de près l’évolution du dossier des gaz de schiste et j’ai assisté mardi dernier à la rencontre de Bécancour, à laquelle vous étiez vous-même présent.

À cette occasion, vous avez présenté les opérations entourant l’extraction des gaz de schiste comme ayant des impacts très mineurs et très temporaires sur la nature et les humains.

Vous avez longuement parlé de la gaine de béton entourant chaque puits de forage qui garantit que la nappe phréatique ne sera pas contaminée. Contamination «impossible», selon vos dires. Les ingénieurs ont tout prévu. Pourtant, aux États-Unis, où les compagnies utilisent elles aussi des gaines de béton, de nombreux incidents, cas de contamination et fuites de gaz ont eu lieu. C’est la même technologie. Pourquoi n’y a-t-il pas de danger ici alors qu’il y en a manifestement là-bas?

Vous avez dit publiquement qu’au Canada, les règles de sécurité sont plus sévères. Pour prouver vos dires, vous avancez qu’en Colombie-Britannique, de nombreux puits ont été creusés, et qu’il n’y a pas eu de problème de signalé. Vous omettez toutefois de dire que ces forages ont lieu dans le nord de la province près du Yukon, à 160 kilomètres des lieux habités. Effectivement, aucun problème n’a été signalé, les grizzlys n’excellant pas dans le domaine des plaintes et des recours. Le fait est que dans presque tous les États américains où des forages ont eu lieu en zone habitée, des problèmes ont surgi.

Titanic

Mardi dernier, à Bécancour, un homme s’est approché du micro pour vous rappeler qu’il y a une centaine d’années, des ingénieurs ont conçu un grand bateau, avec une gaine de sécurité, et qu’il était tellement bien conçu qu’il n’était pas nécessaire d’y placer un nombre suffisant de chaloupes de secours. La planète entière connaît l’histoire de ce bateau, et nous savons tous où il est présentement.

La gestion du risque dont vous nous avez parlé mardi dernier, c’est bien. Bien sûr, vous prenez toutes les dispositions possibles pour éviter les accidents. Pour un puits, ça va, pour dix aussi probablement. Mais, un jour, après une centaine de puits, un ingénieur distrait, l’usure des matériaux, ou bien une équipe de techniciens fatigués après un long quart de travail, et boum!, c’est l’accident ou bien la contamination. On n’y peut rien, c’est la loi du nombre.

Des gens alors verront leur vie basculer à cause de cet accident. Une nappe d’eau contaminée, c’est irréversible. Parlez-en aux gens qui vivent près des lagunes de Mercier. Prenez conscience que vous forez sur des terres qui ne vous appartiennent pas.

Les entreprises ont des responsabilités sociales. Elles doivent entre autres agir en «bon père de famille». L’ensemble des informations inquiétantes qui sont disponibles actuellement incitent à la prudence. Un débat social s’impose au Québec afin que chacun connaisse les avantages et les inconvénients de cette industrie ainsi que nos réels besoins en énergie.

D’ici là, soyez responsables, ne profitez pas des lois laxistes actuelles et arrêtez toutes vos opérations. N’attendez pas l’imposition d’un moratoire. Il en va de votre réputation.