Archives quotidiennes : 22-septembre-2010

LES CHIENS ROUGE À LÈVRES…



«Les quatre fléaux dans les affaires sont

l’ambition,  la cupidité, l’obstination et l’arrogance»

ZhuangZi

C’est également cette «liberté individuelle» qui conduit à la société de l’automobile conçue ici comme un « modèle de développement » reposant sur une automobile par personne, et menant à l’idée que l’automobile serait synonyme de liberté.

Or, une étude approfondie de la société de l’automobile montre très rapidement que cette «liberté» est avant tout un mythe et une escroquerie. Il s’agit d’un mythe, car l’inefficacité du système automobile est désormais avérée et d’une escroquerie, car cette soi-disant liberté s’exerce au détriment de tous.

Marcel Robert

Automobile: le mythe et l’escroquerie

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Les dirigeants des trois groupes automobiles américains ont plaidé leur cause mardi devant la commission bancaire du Sénat pour tenter d’obtenir une nouvelle rallonge de 25 G$ US d’argent public dont leur survie dépend.

Combien de fois l’industrie américaine a-t-elle fait appel à «l’argent public» pour le sauvetage de ses entreprises  dans le domaine de l’automobile ?

Toujours au bord de la faillite, blackmaillant (sic) les gouvernants du pays, les mendiants en complets griffés passent tour à tour devant une commission de Sénat pour renflouer l’industrie du je roule, donc je suis.

«Nous demandons de l’aide pour une raison: secourir une industrie automobile dévastée par une récession générée par la crise financière dans notre nation et par le gel du crédit pour les consommateurs, ce qui a engendré un assèchement critique des liquidités dans notre industrie», a martelé M. Nardelli.

Pata-thétique ! Un assèchement de liquidités… Pour qui donc travaille vraiment M. Nardelli?

M. Robert Nardelli a une longue feuille de route :

General Electric

Home Depot

Coca Cola

Et enfin, Chrysler.

Les dirigeants comme Robert Nardelli sont davantage des exécutants de groupes financiers tels que Cerberus Capital :

Voilà comment se définit Cerberus sur son site:

Cerberus holds controlling or significant minority interests in companies around the world. In aggregate, these companies currently generate over $100 billion in annual revenues.

Un chien parmi tant d’autres?

Richard Dufour, journaliste, tresse un portrait de la Cie fondée en 1992.

Cerberus Capital Management est une firme privée de New York qui a aussi des bureaux à Tokyo, Londres et Los Angeles pour ne mentionner que quelques endroits.

Dans la mythologie grecque, cerberus est représenté par un chien à trois têtes avec une queue en serpent.

Ce «chien» est responsable de garder la porte de l’enfer (gate of hades) afin de s’assurer que les esprits des morts puissent y entrer et ne jamais en sortir.

Cerberus Capital Management (Et autres appellations)

  • 51% dans GM
  • Propriétaire de Tower Automotive . Transaction : 1 Milliard.
  • 250 restaurants Burger King.
  • 81% de Chrysler.

Et voici un aperçu de ses tentacules.

cerberus

Cerberus est également le nom d’un serpent  totalement aquatique et vit principalement dans les estuaires.

C’est un exemple de groupes financiers puissants qui vont jusqu’à l’achat de banques. Les tentacules de ces grands groupes  sont quasi impossibles à classifier avec clarté. C’est un rébus machiavélique qui mène à l’imbroglio. Une machination si difficultueuse à résoudre que le cerveau finit par s’épuiser et à lâcher prise.

Qu’un exécutant de Chrysler et des autres industries de l’auto vienne quémander les autorités pour sauver l’industrie américaine…

Inquiétant.

Auto-amnésie et escroquerie

Depuis des décennies l’industrie américaine s’est acharnée à développer une automobile «profilée», à l’image de son conducteur,  musclé , indépendant, fort…

Tout le vocabulaire d’un monde aux individus disjointés,  nombrilisés, à l’égo découplé sur la puissance, le pouvoir.

À l’image même de l’Amérique états-unienne.

L’industrie américaine n’a pas écouté l’Histoire. Celle qui se développe sur une planète somme toute petite. Ignorante, têtue et conquérante, elle a oublié un concept fondamental de vie : l’adaptation.

De cette amnésie découle l’incompétence notoire des chefs d’entreprises frappés de cécité devant l’échec d’un néo-libéralisme dont la manière de fonctionner est d’ajouter un dièse à une note déjà diésée.

Qui donc s’en soucie? Les groupes financiers n’ont pas pour but de garder en vie un pays mais celui d’engranger des profits.

Le bien commun

Dans son sens ancien, le communisme

prescrivait la mise en commun de tous les biens.

Dans ce cas-ci, le capitalisme  et ses griffés hautains viennent quémander d’attrouper les petits biens communs pour revigorer le capitalisme.

On ment. On mendie. Les groupes détenant de si grands capitaux n’ont aucun intérêt dans les nations. S’ils en ont un c’est le leur.  La mondialisation leur a permis de piger dans tous les pays des ventes de garage pour les retrousser.

Mais l’échec fait partie de leur plan.

Robin la capuche

Robin Hood.

Détroussant les riches pour redistribuer aux pauvres. Ici c’est l’envers : détrousser les pauvres pour engraisser les revenus des  grands groupes.

Voilà qu’on a affaire à un Robin Hood  qui gueuse en larmoyant l’État et les pauvres pour remettre sur les rails son grand train de vie… Ou pour augmenter les revenus d’investisseurs dissimulés, clandestins.

Cela représenterait «une perte de 150 G$ en termes de salaires et un manque à gagner en termes d’impôts de 60 G$, sur une année», a-t-il ajouté. ( M. Nardelli? ) .

Un patriote à talon haut, au coin d’une rue qui s’appelle les Etats-Unis.

Il n’y a pas que la jupe qui est courte…

Le rouge à lèvre est bien trop épais.