LE BOGUE DES BABY-BOOMERS

Le baby-boomer est une bombe qui va saccager les pays industrialisés. Comme le bogue de l’an 2000 : tous les ordinateurs allaient flancher. Le cadran interne …

La communication qui a été faite sur le problème du bogue de l’an 2000 a provoqué, dans la société, certaines peurs irrationnelles et sans grand rapport avec le problème : des avions qui risquaient de tomber, des ascenseurs qui pouvaient tomber en panne. (Wiki) .

La panique totale… Sans grand rapport avec le problème, sauf que la peur fut une bonne source de revenus pour les  «réparateurs»…

On n’entend que cela, on ne lit que cela : le coût de la santé augmente à une vitesse effarante. Les dépenses totales des Canadiens ont franchi en 2001 la barre psychologique des 100 milliards de dollars. Et bien entendu, une partie de cette augmentation est imputable aux soins exigés par une population vieillissante. Avec l’âge, nous utilisons de plus en plus les services de santé. Avant 65 ans, la dépense publique annuelle en santé et en services sociaux était inférieure à 2000 $. À 65 ans, ce montant se chiffre à 6000 $, pour passer à 10 000 $ à 80 ans et à 16 000 $ après 85 ans. Avec un peu d’ironie, on pourrait dire qu’en atteignant son but, à savoir nous garder en vie le plus longtemps possible, la médecine crée son propre problème, car plus nous vivons longtemps, plus nous pesons lourd sur le système. Radio-Canada

Les AK 47 de la santé : le cadran de rides ou la façon de faire?

On le sait, les coûts de la santé sont élevés. Mais il y a derrière ces coûts une énorme industrie qui est en branle depuis longtemps.

Le progrès c’est de ne pas tirer avec des armes à un coup. Pour ne pas manquer la «cible … On mitraille … Et de toutes les couleurs… Pour l’industrie pharmaceutique, c’est un Klondike à venir… La mine de l’âge d’or… À travers ses «découvertes», les laboratoires fabriquent  parfois  des  produits qui leur font perdre quelques patients :

«Au Québec, le ministère de la Santé a évalué entre 10 et 15 % la proportion d’hospitalisations de personnes âgées liées aux médicaments. […] Selon les experts, les médicaments seraient responsables, chaque année, de près de 100 000 morts aux États-Unis et de 10 000 au Royaume-Uni. Une étude américaine publiée en 1990 estimait que 5 à 20 % des admissions à l’hôpital étaient le résultat des effets indésirables des médicaments. Ce chiffre est probablement sous-estimé ! En 1998, une enquête du Journal of the American Medical Association révélait que 106 000 citoyens américains seraient morts après une utilisation de leurs médicaments dans des conditions normales, c’est-à-dire sans erreur de prescription, sans abus ni surdosage ! […] Au cours des vingt-cinq dernières années, 10 % des nouveaux médicaments mis sur le marché aux États-Unis ont fait l’objet En cherchant la source «de toutes les peurs», on peut reculer jusqu’à l’an 2000 où l’on a vu se poindre cette frayeur du  fardeau des baby-boomers. Et tout y est contradictoire…

Bon pour les jeunes, car place à l’emploi… Mauvais pour le système de santé. Ruineux, en fait, serait le mot.

Eh oui, chers baby-boomers, vous nous étouffez sous votre poids démographique! Les enjeux électoraux sont tournés majoritairement vers les fonds de pensions et la santé, avec des promesses alléchantes de baisses d’impôts. Votre poids électoral est si important que nous ne comptons plus lors des votes. Lettre aux baby-boomers, Le Devoir, 2008

Les jeunes qui ont écrit cette lettre risquent de ne plus l’être quand la fin du baby-boom viendra.

L’augmentation du nombre de personnes âgées conduira la société à la faillite en raison des demandes incessantes au système de soins de santé et au système public de pensions. Les ressources sociétales devront dorénavant être dirigées vers les malades, les personnes âgées et les personnes retraitées, au détriment des personnes en santé, des jeunes et de la population active. Une société vieillissante produira un coût injuste sur les segments plus jeunes de la population qui devront payer pour répondre aux besoins des personnes âgées et des baby- boomers, ce qui débouche nécessairement sur l’idée d’iniquité intergénérationnelle. Vieillissement de la population; ne cédons pas à la panique

Qui cède à la panique?

La   bombe à retardement

Au cours des vingt-cinq dernières années, 10 % des nouveaux médicaments mis sur le marché aux Etats-Unis ont fait l’objet de retrait du marché ou de forte mise en garde. […] 20 millions de patients aux États-Unis ont pris au moins un des cinq médicaments retirés du marché en raison de risques graves entre septembre 1997 et septembre 1998. En France, on estime le nombre de décès dus aux médicaments entre 8 000 et 13 000 par an. Deux à trois fois plus que ceux dus aux accidents de la route ! On compte près de 130 000 hospitalisations par an dues à des médicaments. Ce sont les plus de 65 ans qui paient le plus lourd tribut et qui sont les plus touchés par ces accidents thérapeutiques. Les effets néfastes des médicaments sont deux fois plus fréquents après 65 ans, et 10 à 20 % d’entre eux conduisent à des séjours à l’hôpital. Avec l’âge, le nombre de maladies augmente et la consommation de médicaments aussi. De plus, le risque d’interaction du fait d’association de médicaments s’accroît!» Tout ce que l’on ne vous dit pas sur les médicaments

Prostitution  «propre»

Les missionnaires ne sont plus ce qu’ils étaient. Les pubs ambulantes rentrent dans les cabinets de médecins. On se croirait dans une nouvelle de Philip K. Dick. La «bonne nouvelle» c’est qu’il y a toujours un nouveau ou un meilleur médicament.

Soyons sérieux. L’industrie pharmaceutique dispose, en France, d’une armée de 25 000 visiteurs médicaux pour sillonner les cabinets de ville. De jeunes et jolies filles, pour la plupart. Comment l’assurance-maladie peut-elle espérer les contrer en envoyant sur le terrain un maigre bataillon de 2500 médecins-conseils, de vieux messieurs fatigués qui n’ont pas mis les pieds hors de leur bureau depuis des années? La seule solution, c’est de supprimer les visiteurs médicaux. Certains représentants sont corrompus

Parions que c’est ainsi dans tous les pays industrialisés. La corruption suit la mondialisation : elle se répand et affine ses approches.

Le conducteur Yves

« Comme ministre de la Santé, je suis très content de voir qu’au Québec on est en avance sur toutes les autres provinces”, a-t-il dit, vendredi, en conférence de presse, après avoir pris connaissance des dernières statistiques de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Les Québécois sont parmi les plus grands consommateurs de médicaments au Canada et au monde. Le régime d’assurances-médicaments coûte quelque 2 milliards $ par année, en hausse constante.

Ça prouve, en rajoute-t-il, que les Québécois soignent leurs pathologies. » ( Yves Bolduc, ministre de la Santé) .

Une moyenne de 1000$ par année pour chaque québécois. Sans compter les «bonbons» en vente libre…

Ainsi farci, le baby-boomer n’est plus un patient,  mais une dinde qui humecte déjà une industrie qui soigne probablement autant ses placements que ses patients.

Je ne vois pas comment on peut se réjouir d’avaler autant de ces saloperies issues des usines à médicaments. Il faudrait peut-être chercher comment les faire éviter d`’en consommer autant. On fait de la pub pour les conducteurs ivres… Avec un jugement pareil, le conducteur Yves …  risque de garder son ministère le temps d’une prescription.

Le bogue «étalé»

Tel que je l’indiquais au début, la crainte n’est pas nouvelle. La peur du bogue est toujours là. Ceux qui sont nés en 1945 auront 65 ans en 2010. Ce n’est que le début de la «vieillesse». Pour se rendre jusqu’en 1960, là où l’on établit presque la fin de ce baby-boom, cela donne 15 ans de période à venir : ce qui nous ramène en 2025. Et – bad news – ils n’ont pas fini de vieillir… Supposons que ceux nés en 1960 vivent jusqu’à 80 ans; on se retrouve en 2040. Ou 90 ans…

Les dangers de «l’accélérateur»

Le problème  est le suivant : la médecine s’est énormément améliorée au cours des dernières décennies : nouveaux médicaments, nouveaux appareils plus sophistiqués. Mais toujours plus coûteux. Si on essaie d’anticiper  les 15 prochaines années,  non plus en terme du vieillissement de la population uniquement, mais en ajoutant le facteur de majoration de coûts dus aux développements à venir, l’explosif du «vieillissement» vient de se doter d’un accélérateur quasi infini : l’offre de l’industrie pharmaceutique alliée à celle de l’industrie de la fabrication d’appareils de plus en plus sophistiqués grandira.

C’est là où le vrai bogue risque de survenir.

Nous marchons sur des œufs quand nous parlons santé. Simplement parce qu’il contient un problème de morale lié à la vie.

Mais c’est également le drame d’une méthode dont le contenu moral nous force à manger une sorte de «buffet à volonté».

On assiste déjà à un début d’embonpoint…

Le fast-food d’une médecine emballée

La difficulté à venir  n’est pas tant issue du vieillissement de la population que du fait que les médecins ont modifié leur approche : le rapport médecin-patient en est devenu un qui passe par une méthode indirecte. Le médecin signe des demandes de tests et des prescriptions.  Bref, il a délaissé la «méthode manuelle»… Le diagnostic se fait maintenant par le relais d’une batterie de tests coûteux. Qui dit tests, dit également techniciens et personnels divers, reliés, directement ou indirectement à la tâche.

La radiologie médicale – dont on fait que trop usage – est également une source de dangers.

Mammographies : dose 10 fois supérieure à la radiographie pulmonaire.

Tomographie : 50 fois plus de radiations que la mammographie.

  • Plus de 6 millions de radiographies sont prises chaque année dans le système de santé québécois.
  • L’exposition de la population est considérable compte tenu que les effets des rayons X sont cumulatifs.
  • Dans le milieu de la radiographie, plusieurs parlent d’une carte qui donnerait le bilan des radiographies pour chaque patient.
  • Cette carte permettrait au médecin de mieux évaluer la pertinence d’irradier le patient. Radio-Canada ( Ces chiffres datent de 2001… On en a fait du progrès depuis).

C’est un jeune radiologiste qui m’a confié qu’à la suite d’un congrès, il remettait en question l’usage trop fréquent de tests  de dépistage souvent plus néfastes que pratiques. En fait, ce qu’il  signifie «tout bas», c’est l’abus de cette course à relais qui nécessite une armée de personnels liés à la santé.

Combien de cancers détectés par les techniques radiologiques? Un sur mille, m’a-t-il dit. La prévention, oui. Mais au plan de l’efficacité et des coûts, c’est à se demander si le jeu en vaut la chandelle. ( Expression qui vient des jeux de cartes de nos ancêtres à la chandelle : les profits rapportés ne suffisaient même pas à payer la chandelle.)

Bref, on choisit la méthode la plus coûteuse. Il faut également tenir compte des bienfaits relatifs de la surconsommation de médicaments ou de d’autres approches.

Ne sommes-nous pas un peu victime d’une surabondance?

Qui osera aborder le sujet?

Personne n’en parle… On ne parle pas non plus des baby-boomers qui, à leur époque, n’étaient pas gavés comme l’est la génération actuelle. Ni qu’elle n’avait pas grand accès à des spécialistes… Je me souviens, enfant,  des dents arrachées par un généraliste qui avait appris à mentir par connaissance  «transversale». Mon père, pour me soulager, m’achetait toujours un petit cadeau.

Depuis, j’ai une sainte horreur des Noël…

Si c’était aujourd’hui, j’aurais probablement un psychologue qui tenterait de découvrir les sources de ma «haine».

Sans compter la médication qui pourrait accompagner mon «angoisse».

Jusqu’où aller dans un bar ouvert?

Surtout avec un conducteur Yves…

4 réponses à “LE BOGUE DES BABY-BOOMERS

  1. Autre perspective…

    Boomers
    Par Jacques Languirand
    Archives Par 4 chemins 1998-2001, Radio-Canada

    Je suis un des rares de ma génération, si on excepte les démographes et autres experts en matière de population, à avoir pressenti l’impact qu’aurait la montée des boomers. Non seulement l’impact sur la société en général, mais aussi sur mon propre vécu. Si j’ai survécu à cette menace, c’est que j’ai pris la décision de me mettre au service de cette génération exceptionnelle, du point de vue démographique bien sûr, mais aussi parce qu’elle est apparue à une étape cruciale de l’évolution de l’humanité, alors que nous sommes placés devant la perspective d’une autodestruction massive ou de la percée de la conscience collective. À l’époque d’une crise sans précédents, (je prends ici le mot crise au sens étymologique de krisis en grec, ce qui veut dire choix) la suite du monde dépend pour une grande part de nos choix, plus spécialement, des choix que feront les boomers dans les années qui viennent.

    Les boomers forment la génération la plus instruite de l’histoire de l’humanité. C’est comme ça. Ayant fait cette découverte, je me suis dit :  » On va enfin savoir ce que vaut l’instruction…  » Je cherche encore. A l’horizon, rien à signaler. Quant à moi, je suis fier d’appartenir à la génération qui a contribué à faire la révolution tranquille ; qui a amorcé la laïcisation de l’instruction publique – qui n’a pas encore été complétée par les boomers; qui a entraîné notre société dans le virage social-démocrate, remis en question depuis.

    Pendant ce temps-là, les boomers vieillissent. Je me dis que ces anciens jeunes qui se sont donné l’illusion d’inventer la vie vont finir, bon gré mal gré, par découvrir, comme s’ils étaient les premiers à le faire, le vieillissement et, éventuellement, la mort ! Car c’est un fait qu’au cours des années, les boomers ont vécu toutes les étapes de la vie qu’ils ont traversé jusqu’ici comme si ils les avaient inventées. En particulier, l’adolescence, une étape qu’ils ont réussie comme aucune génération avant eux, au point de s’y attarder sur le tard. Ce dont témoigne, entre autres, le culte des jeans. N’ont-ils pas, à l’époque de leur formation, crié sur tous les toits :  » On ne veut pas porter d’uniformes! Tout le monde en jeans! « . Ils auraient pu ajouter :  » Pour toute la vie! « . En effet, j’observe que depuis quelques années, et de plus en plus avec le temps, on trouve des tailles fortes dans les jeans et même la coupe ample.

    S’étant emparé du pouvoir des médias, les boomers ont aussi donné l’impression d’être les premiers à vivre le couple et à avoir des enfants. La découverte de la maternité par les boomers a été époustouflante! Personne n’a oublié, j’en suis certain, l’époque où on pouvait assister à au moins un accouchement par jour à la télévision. Comme si vous y étiez! La paternité, de même, a fait l’objet d’une telle découverte par les boomers, que j’avais l’impression de n’avoir jamais vécu cet état privilégié, moi qui pourtant était père de famille à 23 ans.

    Tout ce que j’en dis démontre assez que les boomers forment la première génération des médias électroniques : celle qui s’est regardée vivre comme dans un miroir. Ce qui était peut-être d’autant plus nécessaire que les boomers n’avaient aucun modèle de ce qu’ils étaient et surtout de ce qu’ils allaient devenir. C’est la première génération qui ait rompu avec les modèles passés :  » Jamais comme ma mère! « , ont clamé les filles.  » Jamais comme mon père! « , ont clamé les garçons.  » Avec nous, c’est différent! « . Et je dois dire, quant à moi, que cette affirmation s’est avérée tout à fait fondée.

    Au bout du compte, il faut bien reconnaître que, si il est vrai que les boomers n’ont inventé ni le couple, ni la maternité, ni l’éducation des enfants … (je pense tout à coup à la découverte qu’ils ont faite ces dernières années de l’adolescence de leur progéniture!), il n’en n’est pas moins vrai qu’ils ont dû découvrir sur le tas toutes les étapes de la vie et les expériences communes de l’humanité, qu’il leur a fallu vivre différemment, sans modèles, en cherchant à tâtons comment être et comment devenir, dans des conditions nouvelles, totalement différentes, qu’il fallait parfois subir et, le plus souvent, inventer.

    Les boomers, en somme, ont le mérite d’avoir étrenné pour le reste du monde, la civilisation post-moderne. Ce n’est pas rien.

  2. Bonjour Catherine,
    Merci pour le … billet.
    J’ai eu la chance de rencontrer M. Languirand à Ottawa lors d’un cours de création littéraire. Nous étions une petite classe de 12 ou 13.
    Mais nous avons peu parlé 🙂

    Tout un bonhomme!
    Bonne journée!

  3. Bravo Gaétan, beau tour d’horizon.

    Un article intéressant à ce propos est paru le 3 mars dans Le Devoir:

    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/284183/le-vieillissement-de-la-population-une-calamite

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