Archives quotidiennes : 6-novembre-2009

LE PETIT SIGNE DE LACROIX

SnapShot

CARICATURE YGRECK.CA , AVEC AUTORISATION

Canoe – Infos – Quelques questions à propos de la grippe A (H1N1)

Canoe – Infos – Quelques questions à propos de la grippe A (H1N1).

TITANIC ÉCONOMIQUE

TITANIC

C’était comme si quelqu’un avait passé un doigt géant

sur tout un côté du navire.

Lady Duff Gordon, rescapée

Le RMS Titanic (Royal Mail Steamer Titanic) était un paquebot transatlantique britannique de la White Star Line, construit en 1911 à Belfast et ayant comme port d’attache Liverpool. Il était le plus luxueux et le plus grand paquebot jamais construit au moment de son lancement.

Il était dit insubmersible car il possédait seize compartiments étanches mais ceux-ci ne montaient pas plus haut que le pont E. De plus, se trouvaient à bord, 8 pompes capables d’évacuer 400 tonnes d’eau par heure. ( Source, Wikipedia)

Le Titanic naviguait à plus de 20 nœuds lorsqu’il entra en collision avec l’iceberg. En moins de 10 secondes sa coque s’ouvrit en dessous de la ligne de flottaison à tribord, sur une longueur de plus de 90 mètres. En 10 minutes, les 5 compartiments avant du navire sont inondés sur une hauteur de plus de 4 mètres au-dessus de la quille. La collision entre le Titanic et l’iceberg fut un accident exceptionnel lors duquel 6 compartiments s’ouvrirent immédiatement sur l’océan. L’arrivée d’eau à laquelle les pompes et le système de subdivision de la coque ne pouvaient faire face, fut d’une ampleur colossale et condamna le navire. SOURCE, Titanic in Belfast

L’ambition Titanic

Les gens de Wall-Street, les banquiers, les dirigeants, financiers de tout acabit ont  été de grands ambitieux qui nous ont précipités dans un fond ….sans fonds.

Le Titanic fut poussé à fond, vitesse maximale, pour battre un record.

Et pour le comparer au phénomène de la «subprime», ses bateaux de sauvetage n’étaient pas assez nombreux. Il était donc surévalué, et en grande dette du point de vue de la sécurité. ¸«Ça n’arrivera pas…». Avait-t-on dit.

Il arrive aujourd’hui ce qui arriva alors sur le navire. Mais notre navire à nous est  une boule ronde et bleue appelée Terre. Et six milliards de passagers, dont une grande part crève de faim.  La débâcle,  qui ne fait que commencer , vient de retarder le souhait de tout humaniste : un ordre mondial nouveau avec une répartition plus juste des biens, et un souci de l’environnement.

Le voilà encore aux prises avec des besoins primaires : le navire coule. Personne n’a le loisir de cultiver un jardin ou planter des arbres.

En un sens, c’est peut-être cette crise d’une ampleur inégalée qui pourrait engendrer une révolution à l’échelle planétaire : ceux qui ont faim n’ont rien pour se défendre et sont acculés à leur misère. Dans le monde occidental, toutefois, la richesse, même mal distribué, a façonné de grandes illusions.

Le cauchemar commence et ces nouvelles générations, n’acceptant pas la faim et la tromperie d’une clique de financiers et de banquiers pourrait s’élever et prendre une Bastille.

La destruction créatrice

La destruction créatrice désigne le processus de disparition de secteurs d’activité conjointement à la création de nouvelles activités économiques.

La «destruction créatrice» (Schumpeter) est le concept par lequel une innovation technologique créée engendre une force motrice de l’économie.

Tous les économistes de la planète ont vite saisi ce nouveau moteur et l’ont utilisé au point de chambarder à tous les cinq ans, voire dans une période plus courte,  les marchés.

Ce phénomène, autrefois quasi accidentel, s’est avéré une stratégie nouvelle de fabrications et de ventes de produits.

Un exemple concret du début du 20ième siècle : l’arrivée de l’automobile a chambardé et détruit rapidement tout le secteur lié au déplacement à l’aide du cheval. Des métiers sont disparus : maréchal ferrant, vendeurs de chevaux, éleveurs de «moteurs», fabricants de carrioles, etc.   Par contre, il a fait naître d’autres industries, dont celles de l’automobile qui perdure encore aujourd’hui. Henry Ford conçut la chaîne de montage, embaucha un grand nombre d’ouvriers et les secteurs parallèles profitèrent de cette industrie d’une manière quasi exponentielle : il fallut développer un réseau de «services» pour répondre à la demande.

Un réseau routier adapté à ce nouveau mode de transport.

Et un réseau de vendeurs et de concessionnaires.

Et nouveaux métiers : mécaniciens, menteurs de voitures, etc.

Une révolution.

De l’or noir à l’or des fous

Ce «nouveau monde» attira les investisseurs. Ces investisseurs, toujours novateurs et toujours voraces,  ne s’arrêtèrent pas au seul concept de déplacement. Afin de creuser le filon, ils conçurent dans les années trente une nouvelle formule :  le maquillage. Ceci en modifiant les carrosseries des automobiles pour en faire un bijou.

Et c’est sur cette «idée» qui parut éternelle que se bâtit le mode actuel de toute l’industrie de l’automobile. Changer l’apparence…

On n’a pas inventé le camouflage mais on l’a peaufiné grandement.

Mais ce n’était qu’un début.

Le «concept» fut utilisé  au point de devenir une pratique courante dans toutes les industries.

L’abus du concept : les «OGM» électroniques

On a tant cru à ce «procédé» que toutes les inventions des dernières décennies sont devenues des «OGM électroniques», issus de croisements et d’améliorations de certains produits de base qui menèrent aux «besoins» de consommer.

Créer l’habitude. Une drogue électronique, ni plus ni moins.

C’est la technique qu’utilisent les vendeurs de drogue dans les rues des villes : ils donnent les premières doses qui rendent les consommateurs accrocs.

Le même procédé est utilisé en téléphonie : on donne les cellulaires pour ensuite vendre des abonnements.

Le même procédé est lui aussi utilisé dans la vente d’imprimantes : on la vend à un prix ridicule mais on vend les cartouches d’encre à un prix plus élevé que la machine elle-même.

Mais pour «prolonger» une habitude d’achat et créer l’illusion d’un concept métamorphosé, on procéda ad nauseam à des modifications d’apparences ou d’améliorations subites de façon à rendre volontairement le produit désuet.

Le crédit : le lifting réinventé

Jusqu’à une certaine époque, le crédit était basé sur la réalité des biens du consommateur. Ce qui permettait un certain équilibre une  garantie. Bref, la monnaie était le symbole d’un PRODUIT RÉEL, d’une valeur réelle correspondante au symbole de l’unité monétaire.

Le bien étant une sécurité pour le prêteur, le prêteur, emballé par ses réussites, décida d’enlever les bateaux de sauvetage du Titanic.

Il camoufla les biens réels en biens «possibles» : la maison était un investissement si sûr, et sa valeur toujours montante, qu’il vendit à des gens insolvables.

  • Les institutions financières pouvaient accepter de prêter jusqu’à 110% de la valeur du bien hypothéqué.

Ces dispositions ont eu pour effet de gonfler la demande pour les propriétés (la proportion de propriétaires a atteint 69% en 2004) en attirant une clientèle à risque. Cette hausse de la demande s’est traduite par une hausse de prix qu’on peut maintenant qualifier de « bulle immobilière ».

Outre les transgressions des règles de prudence régissant la distribution du crédit, l’ampleur de cette crise vient du contournement des ratios réglementaires de solvabilité bancaire par la titrisation des créances américaines risquées. Celles-ci furent revendues sous forme d’obligations à des épargnants un peu partout dans le monde donnant à cette crise une dimension mondiale. Crise des subprimes

Comme sur le Titanic, on a réduit le nombre de bateaux qui aurait du être conforme aux normes de sécurité.

20 canots : 1178 passagers

1178 gilets de sauvetage

Nombre de passagers : 2201

La valeur «estimée» dépassait grandement la réalité des biens échangeables.

5 compartiments : 5 continents

Il était dit insubmersible car il possédait seize compartiments étanches mais ceux-ci ne montaient pas plus haut que le pont E.

En 10 minutes, les 5 compartiments avant du navire sont inondés sur une hauteur de plus de 4 mètres au-dessus de la quille.

Le naufrage de l’Économie touche maintenant tous les continents. Dans combien de temps, ce château de cartes s’effondrera-t-il? On pompe les pertes à grands coups de milliards.

Pour l’instant, cette Économie flotte, en arrêt, l’échine courbée.

Le iceberg auquel elle s’est heurtée  est composée de millions d’individus  de «glace», sans intérêt humain : de la «chair à banquiers», pour le but ultime du profit.

On pompe même une eau inexistante, car les fonds injectés proviennent de …nulle part. Sinon, comme le soulignait un économiste, tout cet «argent» aurait pu servir à financer de nombreux projets positifs…avant.

La vitesse : Titanic et Économie

Le Titanic naviguait au moment de l’impact à 22,5 nœuds. Sa vitesse maximale était de 23 nœuds.

Selon  Hervé Fischer, Directeur fondateur de l’Observatoire international du numérique, UQAM, auteur de Le choc du numérique, la virtualisation des transferts et la vitesse de ceux-ci, seraient en cause dans la débandade actuelle :

Cette virtualisation de l’économie favorise certes la fluidité des échanges mais aussi l’emprise des pulsions que l’imaginaire peut exercer sur elle, et donc sa volatilité. De fait, ses monnaies ne sont plus des unités de mesure et d’échange du réel, mais la matière première elle-même, numérique, d’une économie soumise aux aléas du gambling. L’accélération des flux de ce jeu financier active aussi sa dynamique événementielle et en fait palpiter intensément les rêves de puissance. Et ses produits toxiques peuvent contaminer la planète entière en un temps record en créant des remous d’une ampleur immédiate redoutable. L’économie numérique devient ainsi plus vulnérable à la panique

…En spéculant, on ne devient peut-être pas tant cynique ou immoral que tout simplement joueur. On joue pour jouer, en espérant bien sûr toujours gagner. Et conséquemment, le numérique déresponsabilise. Il favorise la triche, les fausses comptabilités, les fausses stratégies et la dépendance. Et on perd la conscience des conséquences réelles, éventuellement dramatiques, de ses jeux, sans penser aux ouvriers qui vont perdre leur emploi, aux familles qui ont acheté leur maison avec des hypothèques irréalistes, aux personnes âgées qui ont placé leurs fonds de retraite dans des institutions qu’ils croyaient sécuritaires. Technologies numériques et crise financière

Perte de conscience des conséquences réelles, mais également perte de conscience des avoirs réels. Le «jeu» de l’instantanéité et de l’invisible mène à la construction d’une réalité biaisée et sans rapport avec la «matérialité» économique à la base même de celle-ci.

La méthode  du lapin

La base de l’économie est un échange de biens réels : une vache contre trente lapins.

Simple.

Les lapins se reproduisent rapidement et ont la réputation de courir vite. On a donc choisi le «mode lapin» pour multiplier des «biens» échangeables.

Mais un lapin virtuel, sans égard à la réalité.

Les profondeurs de l’abîme

Les capitalistes ont été mauvais gagnants. Ils ont poussé leur système à l’extrême, c’est-à-dire à l’excès. Risques démesurés, appétits gargantuesques, incompétence et arrogance crasses, fraudes éhontées ont marqué la dernière décennie. Jusqu’à ce que les colonnes du temple s’effondrent. Le capitalisme abîmé, André Pratte, La Presse

Les analyses actuelles, venant des «experts» et également des responsables mêmes de ce naufrage, ne révèlent guère la profondeur du gouffre dans lequel nous nous enfonçons. Au contraire, elle nous crayonne un plan gras, comme si on réparait le navire avec une colle magique.

On dirait une armée de chirurgiens se retrouvant avec un patient à l’artère tranchée, n’ayant pour seul outil que leur chewing-gum qu’ils mastiquent en discours affolés pour solidifier cette matière rose et tenter de rafistoler le vaisseau  du malade.

Nous ne savons encore rien des profondeurs de l’abîme.

Et ils ne veulent pas que nous le sachions.

On se retrouve à un envers de formule dans un monde lui-même chaviré. Normalement, on hurlerait : «Les femmes et les enfants d’abord».

On le hurle, mais on sait bien qu’avec la traîtrise qui caractérise la race des seigneurs à cravate, ils sont prêts à jeter femmes et enfants par dessus bord pour s’emparer des bateaux de sauvetage.

Ils l’ont fait. Pourquoi changeraient-ils de tactique, puisque cela a fonctionné?

Du Titanic à l’Hindenburg

La catastrophe du Hindenburg est l’incendie, survenu le 6 mai 1937 à l’aéroport de Lakehurst non loin de New York, du dirigeable allemand Hindenburg. Gonflé au dihydrogène, il prit feu sous l’œil des caméras, tuant 34 personnes et sonnant le glas des vols de dirigeables commerciaux. Hindenburg

À la vitesse où coule l’Économie mondiale, il se pourrait que ce soit davantage une maison en flamme qu’un navire.

On se souvient du Titanic non pas seulement à cause du nombre de passagers, mais de l’entreprise orgueilleuse et des erreurs monumentales qui auraient pu éviter la catastrophe.

Le drame de l’Hindenburg mit fin aux vols des dirigeables.

Cela suffira-t-il à nous convaincre que la bouffissure des financiers, leur arrogance, leur incompétence, mènera cette planète et surtout, ses habitants, à un monde meilleur?

Small is Beautiful, disait Schumacher.

C’est sans doute la formule de l’avenir : une société faite de petites cellules bien compartimentées, mieux soudées.

Sinon, il ne reste qu’à attendre le 14 avril…

Et tous les 14 avril à venir.