Archives quotidiennes : 26-juin-2009

CONNAISSANCE ET COMPÉTENCE : COMMENT OUVRIR UN POT DE CONFITURES

Source: ImageShack

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L’ÉDUCATION

Quand elle ne génère pas de pouvoir
pour celui qui s’éduque, elle n’est rien
d’autre que du colonialisme intellectuel
et technique.

Marcel D’Amboise, Conseiller pédagogique

( Entre l’arbre et l’écorce, 1988)

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Toute l’existence est un long processus d’apprentissage : ce qui signifie apprendre. Apprendre veut dire  également répéter, rater, répéter, recommencer. On n’y échappe pas.

C’est comme apprendre à jouer d’un instrument de musique, ou le tricot  : il faut des connaissances pour finir par avoir une certaine compétence.

Mais là, on ne sait pas trop ce qu’est une compétence, surtout après avoir passé   par le galimatias (Discours confus qui semble dire quelque chose, mais ne signifie rien)  des «pédagocrates»  qui se gargarisent la matière grise avec une solution  qui frise la chimie des mots. Une chimie nucléaire…

Avant d’aller au pot de confitures, nous allons essayer de comprendre comment on peut devenir capable d’en ouvrir un en suivant le mode d’emploi des  Nerds enfermés dans des nombrils de bétons qui prétendent savoir  comment  fonctionne un mode d’apprentissage. Et ils le savent…

Quant à l’application sur le plan pratique, c’est une autre paire de lobes…

Qu’est-ce qu’une compétence ?

Voici ne réponse:

La compétence est le potentiel d’action d’une personne (savoir-agir); l’action dont il est question ici concerne l’accomplissement de tâches complexes (résolution de problèmes, prise de décision, réalisation de projets) en mobilisant les ressources appropriées (savoirs disciplinaires et stratégies) dans différentes situations. Qu’est-ce qu’une compétence?

Pas mal…

Une compétence est complète et insécable

Il n’existe pas telle chose qu’une partie de compétence ou 50% de compétence. Une compétence doit permettre de gérer complètement une situation, sinon ce n’est pas une compétence, mais une ressource ou une simple dimension de la compétence. Un pilote compétent doit savoir décoller, naviguer et atterrir. S’il sait seulement décoller, il n’est pas au tiers compétent: il ne l’est pas du tout! Voilà pourquoi le développement de compétences ne peut pas s’effectuer de façon segmentée ou séquentielle, mais doit se faire de façon concentrique. Un pilote minimalement compétent saura décoller, naviguer et atterrir, sur un petit avion, par beau temps, avec un instructeur et en vol à vue. Un pilote plus compétent saura décoller, naviguer et atterrir sur un Boeing, de nuit et aux instruments. . Qu’est-ce qu’une compétence?

Il me semble que c’est clair… Si vous voulez prendre l’avion avec comme pilote un capitaine de navire marchand,  vous risquez gros.

La triste histoire des noyés qui s’étaient trop gargarisés

On peut bien établir une séquence, même dans un vocabulaire et des formules abstraites, ça ne ramène pas le cochon dépecé en vie.

Et plus on se gargarise de cette eau, plus on s’étouffe.

Le fondement théorique de cette «réforme» est illusoire puisqu’elle sous-entend que déchiqueter savamment l’apprentissage, permettra de refaire le chemin inverse grâce aux séquences découvertes.

Tout ça existait avant. Les nommer, c’est bien. Sauf que dans la pratique, on demande aux gens qui enseignent de recoller les morceaux en suivant bien le tracé d’un apprentissage.

D’où le sermon suivant…

En effet, à la suite de la réalisation en équipe d’une activité éducative orientante dans une école, ces partenaires mentionnent qu’ils ont eu l’opportunité d’actualiser et d’approfondir leur champ disciplinaire, en plus de réinvestir leurs connaissances respectives. De même, ils disent avoir été en mesure d’acquérir plusieurs compétences transversales (ex. : Exploiter l’information – consulter différentes sources pour obtenir les bonnes informations ; Résoudre des problèmes – trouver des stratégies d’adaptation pour s’ajuster aux imprévus, pour gérer les horaires, les rencontres entre les membres de l’équipe, les divergences d’opinions ; Exercer son jugement critique – questionner les liens entre la théorie et la pratique, discriminer les informations pertinentes à transmettre ; Mettre en œuvre sa pensée créatrice – trouver des idées différentes et originales pour l’activité et le matériel à bâtir ; Se donner des méthodes de travail efficaces – établir un plan structuré de travail, répartir les tâches de travail, planifier et organiser son temps, respecter les délais ; Exploiter les technologies de l’information et de la communication – faire des recherches sur Internet, communiquer par courriel, produire une présentation PowerPoint ; Actualiser son potentiel – mettre à profit ses ressources personnelles, prendre conscience de ses forces et de ses faiblesses, s’affirmer ; Coopérer – apprendre à travailler en équipe, à partager des tâches, à échanger des points de vue, à faire confiance, à faire des compromis ; Communiquer de façon appropriée – faire part de ses idées et discuter ; faire preuve de respect et d’écoute ; se familiariser avec un nouveau vocabulaire, animer l’activité en classe). Cahiers pédagogiques

Quoi de neuf? Quelqu’un peut me le dire. Tout le monde fait ça, ou presque, à l’école, depuis des décennies.

Et avec des moyens bien plus simples.

Si vous cherchez des renseignements sur la réforme, allez sur le site de Stoppons la réforme. Bonne chance pour y trouver la clef qui simplifiera vos recherches! On a tellement écrit sur le sujet que vous en avez pour passer de longues soirées d’hiver.

Le plus étrange,  dans ces démarches vers le «savoir-être» ou «savoir-faire», c’est que les gens de la réforme – en lutte avec le personnel enseignant – ne passeraient pas l’examen . En fait, ils ne savent pas mettre en œuvre la moitié du paragraphe ci-haut mentionné.

Comme apprendre à faire des compromis… Faire preuve de respect, etc. Alors, tout le corps clérical des «exécutants» de la réforme, est devenu  une chapelle de missionnaires-dictateurs, par «devoir».

La règle : convertir. Les pauvres enseignants  ne comprennent pas… Comme disait un certain Dypréau : « La vérité que l’on retrouve dans le vin redevient mensonge dans l’eau claire ».

Ce que vous allez lire plus bas semble avoir été trempé dans une solution qui est devenue… un problème.

Définition des compétences

Pour lire sans trop s’ennuyer les définitions qui suivent, imaginez Peter McCleod ou Dieudonné en train de vous réciter ces virtuosités :

« La compétence n’est pas un état ou une connaissance… des personnes qui sont en possession de connaissances ou de capacités ne savent pas les mobiliser de façon pertinente et au moment opportun… L’actualisation de ce que l’on sait dans un contexte singulier… est révélatrice du passage à la compétence. Celle-ci se réalise dans l’action. Elle ne lui préexiste pas… Il n’y a de compétence que de compétence en acte  » (Le Boterf, 1994).

La compétence est « capacité d’agir efficacement dans un type défini de situation, capacité qui s’appuie sur des connaissances, mais ne s’y réduit pas  » (Perrenoud, 1997).

« Une compétence est une capacité d’action efficace face à une famille de situations, qu’on arrive à maîtriser parce qu’on dispose à la fois des connaissances nécessaires et de la capacité de les mobiliser à bon escient, en temps opportun, pour identifier et résoudre de vrais problèmes » (Perrenoud, 1999).

« Il y a toujours des connaissances  » sous  » une compétence, mais elles ne suffisent pas. Une compétence est quelque chose que l’on sait faire. Mais ce n’est pas un simple savoir-faire, un » savoir-y-faire « , une habileté. C’est une capacité stratégique, indispensable dans les situations complexes. La compétence ne se réduit jamais à des connaissances procédurales codifiées et apprises comme des règles, même si elle s’en sert lorsque c’est pertinent. Juger dela pertinence de la règle fait partie de la compétence » (Perrenoud, 1999).

« La compétence se distingue du savoir-faire, aptitude à agir, et du savoir pur, aptitude à comprendre, en ce qu’elle est une aptitude à juger » (Reboul, 1980)

« La compétence ne va pas sans savoirs et savoir-faire. Mais elle les dépasse par le fait même qu’elle les intègre » (Reboul, 1980).

« La compétence de l’expert en tableaux n’est pas une somme de savoirs sur l’histoire de la peinture, mais l’aptitude à appliquer ces savoirs à des œuvres inconnues pour décider si elles sont authentiques ou non; si le verdict de l’expert était totalement prévisible, on n’aurait pas besoin de lui » (Reboul, 1980).

« La compétence est un ensemble structuré et cohérent de ressources, qui permet d’être efficace dans un domaine social d’activité » (Delignières et Garsault, 1993).

« Un ensemble hiérarchisé de savoirs, de savoir-faire, de conduites-types, de procédures standards, de types de raisonnement que l’on peut mettre en oeuvre sans apprentissage nouveau » (De Montmollin, 1984)

« La compétence est un savoir agir reconnu. SAVOIR: des connaissances intellectuelles, des représentations. AGIR: des capacités à mettre en oeuvre. RECONNU: socialisé, validé, inséré dans un exercice, un lieu » (Le Boterf, 1999) .

« On reconnaîtra qu’une personne sait agir avec compétence si elle sait combiner et mobiliser un ensemble de ressources pertinentes (connaissances, savoir-faire, qualités, réseaux de ressources…), pour réaliser, dans un contexte particulier, des activités professionnelles selon certaines modalités d’exercice (critères d’orientation), afin de produire des résultats (services, produits), satisfaisant à certains critères de performance pour un client ou un destinataire » (Le Boterf, 1999) .

Typologie des ressources (Le Boterf, 1999) François Muller

Bon ! Avez-vous assez bu ? Rendu à ce stade d’épandage de mots, c’est devenu une nouvelle forme de pollution. Vite ! au thé vert !

Au moins, on dirait qu’il en est qui savent faire des résumés avec des copier-coller. Faites bouillir tout ça dans une marmite et faites vous une décoction…

On s’amuse énormément depuis dix ans. Le coût de ces pontifes de la matière grise  qui savent tricoter des bas à l’envers pour ensuite placer le client à l’envers pour que tout soit à l’endroit,  doit être énorme.

Dix ans de fonctionnariat. Dix ans à faire vivre des élucubrés,  plus les rejetons simiesques, applicatifs de la «réforme»… Sans compter les dommages collatéraux faits aux enseignants qui quittent la fonction, et les plus jeunes qui restent quelques années et changent de «branche»… Et les élèves qui ne savent même plus la signification du mot «apprendre»

Quant aux «hauts-gradés», ces avaleurs de sirop d’esprit épais, qui beurrent leurs ego avec des idées aussi frelatées, eux, ne mangent pas de sandwiches croûtées.

Il en est passé des truites sous les ponts, depuis. Je ne connais pas  les coûts de ces exercices, de ces coups d’épée dans l’eau, pour une bande de narcisses les yeux rivés aux théories de pédagogues clinquants. Dans la pratique,  c’est du caca… Mais on aime bien le caviar… On n’est pas loin du trou…

Et six ministres, plus un possible remaniement qui nous mènerait à sept. Comme les chakras. Ce qui signifie «roue» ou disque de métal symbolisant le pouvoir.

Comme le dit le monsieur aux départs de F1 : «On roule à Gilles-Villeneuve». On roule sur un bolide qui perd ses roues à tous les deux ans.

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Le pot de confitures … Doc! Doc! Doc! Ouvrez…

Tout le monde dans sa vie a éprouvé des difficultés à ouvrir un pot de confitures.

Il vous faut alors développer des compétences transversales, qui sont le mélange du savoir-faire et du savoir-être. Les connaissances et compétences transversales

Même avec un doctorat en pédagogie, on arrive parfois difficilement à acquérir la compétence d’ouvrir un pot de confitures.

Il faut d’abord savoir qu’il faut le dévisser à l’envers du mouvement des aiguilles d’une montre.

Le docteur essaie. Une, deux, trois fois. Il finit par remettre sa virilité en cause : manque de force.

Il sacre comme un bûcheron… Mais en docteur… Ou en latin de l’Abitibi.

Il n’a pas de savoir faire, parce que sa maman ne lui a pas appris que le sucre à la température de la pièce, une fois remis dans le frigo…fige.

Le doc fige. Il devient rouge comme les fraises dans le pot.

Sa conjointe rit de lui.

– Arrête de rire, tu m’écrases…

Alors, il l’engueule. C’est qu’il n’a pas non plus saisi qu’il est en train de développer son savoir-être. Si le doc avait développé un tantinet l’autodérision, il en rirait aussi.

À bout de nerf, il a envie de le  câ…ser à la poubelle. Encore un trou dans son savoir-être : le cultivé n’a pas cultivé ni sa patience ni son humilité. Il en sait trop… Mais il ne sait pas comment réagir devant la situation.

Il ignore que pour ouvrir le pot, il lui faut ramener la température du contenant à la chaleur de la pièce. Et plus encore s’il veut le faire avant de rater le déjeuner.

La dame, coquette et rieuse, voire sarcastique, lui donne le mode d’emploi prescrit par le ministère de l’Éducation… Qu’il a lui-même écrit….

–  Alors, comment on fait?

–  Tu passes le pot sous le robinet d’eau chaude. Le couvercle…

Il s’exécute et le pot s’ouvre.

En jargon du ministère, cela se nomme «réinvestir une connaissance». La madame du nono  doc lui a montré en quelques secondes…

Savoir-faire

L’élève doit être capable de:

1. FAIRE DES CHOIX (DOMAINE, ITINÉRAIRE, SUJET)

2. POSER UN PROBLÈME, QUESTIONNER

3. S’INFORMER, SE DOCUMENTER

– savoir lire des consignes

– s’initier à la recherche documentaire (CDI, internet)

– lire et comprendre un document

4. COMPRENDRE, RAISONNER, ARGUMENTER

– comprendre et appliquer des consignes

– sélectionner et mettre des informations en relation

– ordonner des idées

– expliquer, contrôler et critiquer des informations

5. RÉALISER  :

– faire un choix de production

– réinvestir des connaissances

– utiliser des outils, les TICE

6. COMMUNIQUER, RENDRE COMPTE

– maîtriser la langue écrite

– maîtriser le langage oral

– choisir et utiliser des outils de communication

Savoir-être

Tout au long de l’itinéraire, l’élève développe par son attitude des compétences

vis-à-vis d’un projet, d’une activité, d’un groupe …

1.COMPORTEMENT :

– se concentrer

-s’investir

– prendre confiance en soi

– écouter les autres

– prendre la parole

– travailler avec soin et précision

2. AUTONOMIE :

–  s’organiser, planifier des activités (avec par exemple le carnet de bord)

–  analyser des difficultés et rechercher des solutions

– demander des informations pertinentes

–  développer un esprit d’initiative

–  participer à un travail personnel, à un travail de groupe

Les itinéraires participent ainsi à l’éducation aux choix et à la citoyenneté. Les connaissances et compétences transversales

Bon! Avez-vous bien lu? Participer à un travail personnel. Je passe le chapelet de nigauderies –relisez tout simplement la liste –  pour ne pas allonger le texte. Ou bien je téléphone à  Raël qui dit ceci :  «Il est temps de cesser de croire et de commencer à comprendre».

J’aurais envie de lui passer le message  : «C’est ce qu’on fait, Monsieur Raël, sauf qu’il y a trop d’extra-terriens qui ont les pieds dans un vaisseau spatial et la tête sur Terre».

***

Il ne reste plus qu’à vous amuser à détecter tout ce que le docteur en pédagogie a raté dans son apprentissage vers la compétence.

Grosso modo, sur les quelque 25 points – environ – mentionnés, il en a raté une vingtaine. Au moins…

L’enseignement, c’est comme les pots de  confitures : une fois en classe,  chaque «récipient» a sa température à laquelle il faut s’adapter.

C’est la raison pour laquelle en,  éducation,  rien ne remplacera la chaleur humaine…