LA MAISON EN FLAMMES: La carte de crédit

LA MAISON EN FLAMMES : la carte de crédit

INTRODUCTION

Ce billet fait partie d’une série de quelques uns  concernant l’économie et la crise.

Au début de ce blog, en mars 2008, je n’avais aucun intérêt pour les blogs. Mon but premier était simplement, en prenant ma retraite, de faire le tri dans mes petits écrits de poète, de nouvelliste. Simplement parce que comme tout le monde j’avais passé ma vie à travailler pour subsister. J’ai dépensé temps et énergie pour les besoins immédiats. Le luxe de la liberté est arrivé. Alors j’ai décidé de réaliser quelques rêves : écrire, composer, marcher. Bref, vivre.

Je n’ai jamais eu vraiment d’ambition.

Ni littéraires, ni surtout monétaires.

J’ai toujours été un piètre «coureur d’argent». Pourtant, il y avait des hommes d’affaires dans ma famille. J’aurais pu miser toute mon existence terrestre sur un amoncellement d’avoir.

Mais je n’ai jamais eu d’illusions.

Comme disait Simenon, tout se décide avant 18 ans.

Et avant 18 ans, j’avais tout vu de la vie. Il suffisait d’un peu d’imagination pour voir la même histoire se dérouler à travers les humains et la même Histoire à travers l’Humanité.

En idéaliste et rêveur, toutefois, j’avais imaginé le déroulement de l’Humanité vers une  certaine source de confort autant matérielle que psychologique.

J’étais un rêveur…

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LA CARTE DE CRÉDIT

L’analyste Gerard Cassidy, de RBC, a prévenu les marchés lundi qu’il s’attendait à ce que 1000 institutions financières s’écroulent aux États-Unis d’ici trois à cinq ans.

Richard Dufour, Cyberpresse

De la poésie à l’économie

Quel intérêt peut avoir quelqu’un comme moi, ou comme vous, comme certains que je connais en économie? Quel intérêt pour le simple citoyen, dans sa vie confortable de tous les jours de s’intéresser à ce monde étrange? La plupart des gens n’en ont pas pour deux raisons.

  1. Ils considèrent que l’économie est compliquée et que c’est incompréhensible pour eux.
  2. 2. Ils considèrent que les gens qui gèrent leur avoir, leur pays, l’organisation, sont des gens savants, fiables, honnêtes.

Quoiqu’il y a ici une certaine distorsion : la grande partie de la malhonnêteté passe sur le dos du politicien.

Il apparaît comme la première carte du jeu.

C’est en fait le Joker.

La plus inutile dans la plupart des jeux.

Alors pourquoi s’intéresser à l’économie? Il existe une raison plus profonde ; la poésie, et autres formes d’art, écriture diverses servant de véhicule aux humanistes, ont une chose en commun : la recherche du bien-être de l’humain avant tout.

La gestion de nos biens, la direction de nos pays, nos valeurs communes, devraient être aussi liées à ce but commun : L’humain avant tout.

Vert jusqu’où?

On entend parler maintenant chaque jour de la crise économique. Avant cette débâcle – qui ne fait que s’amorcer – on parlait énormément de tournant vert et d’une économie verte.

Maintenant que la maison est en feu il pourrait survenir que ce qu’il advient en Abitibi quand il y a des feux de forêt : les bleuets poussent.

Une Terre sans grottes

C’est comme si la Création avait livré une Terre sans grottes pour abriter cet être à l’apparence simiesque qui s’y réfugiaient quand la colère de Dieu grondait. Dans la peur, la faim, la souffrance.

L’évolution humaine – de par nos capacités technologiques – aurait dû normalement, à la fin du 20ième siècle faire de cette race autre chose qu’une pauvreté plus extrême encore qu’au début du siècle. Bref, nous avions tout pour laisser à nos enfant un monde plus aisé, qui sans être écarté entièrement de la pauvreté, serait au moins décent.  Mais non… L’enfer :

VISITE D’UNE PARTIE DU MONDE AUX WALL-STREETERS

Un humain brun dans sur une Terre brune

Préparez-vous, c’est avec ça que nous allons vivre pour bien des années. L’homme en noir, cet espèce de Satan sorti du paradis de Wall-Street et de d’autres ruelles adjacentes au monde de la finance aura réussi à faire une belle flambée de vos avoirs.

Dans les vraies guerres, on nommait cela la politique des terres brûlées.

Et les méchants enfermaient souvent les résidents dans la bâtisse, la clouait et y mettaient le feu.

C’est du pareil au même.

Mais la maison est ronde.

Pour le moment l’homo sapiens est devenu une créature brune, sans couleur véritable.

Le violon sans mélodie

Penser vert c’est bien. Mais si dans un monde vert, il n’y a plus que des cendres et que les générations à venir héritent d’un gâchis, nos enfants, même si nous leur avons tout donné,  n’auront en finalité rien.

Le financier aura usé la machine jusqu’à retrouver le monde occidental – celui qui devait aider le tiers-monde – dans un état pire qu’avant et surtout recroquevillé sur lui-même.

L’autre, le sans-abris, aura disparu avec toutes les maisons. Mais d’une disparition réelle.

Qu’aurons nous laissé?

Une dette immense, un monde à rebâtir.

L’humanité est comme un instrument de musique : elle ne peut créer une mélodie qu’avec une certaine harmonie dans l’ajustement des cordes et la grosseur de celles-ci.

Je parle d’instruments à cordes.

Hélas! Nous avons ici un instrument à vent…

Ça fonctionne avec des trous de différentes grandeurs. Ça peut se nommer une flûte.

Le problème ici, est qu’on a voulu créer un instrument ne possédant qu’une seule grosse note.

Un trou énorme.

Le musicien n’a plus de souffle.

Le scorpion à cravate

Mais avant la pousse des bleuets, tout le monde regarde avec étonnement, écoute abasourdis et incrédule le grand murmure des médias. Un gigantesque chahut d’écrits, d’analyses et – surtout – de sommes astronomiques. Jamais les milliards n’auront autant jingué. On dirait les grands violons affolés.

Et ça va plus loin qu’à St-Dilon.

Sauf que dans cet univers surréaliste notre citoyen ne sait plus à quel saint se vouer, ni surtout à quel chef de pays se fier.

Il est perdu.

Il pensait qu’un financier était  une boussole.

Moi aussi.

Non, c’était une aiguille : la queue d’un diable. Sorte de dard de scorpion à cravate.

La crise : une carte de crédit à l’échelle d’un pays et plus encore…

En 1996, 30 millions de cartes de crédits étaient en circulation au Canada. D’après des sources –  13 ans plus tard,  les cartes se seraient multipliées par trois.

En 96 cela représentait une carte de crédit par habitant : poupons y compris.

On prévoyait alors que le client, délaisserait sa carte de débit pour la carte de crédit.

La raison est simple : il ne voit pas fondre son argent directement dans son compte bancaire.

Et voilà l’origine de cette voyance par nul  autre qu’un illustre  inconnu HENRI-PAUL ROUSSEAU, ancien PDG de la CDP ( Caisse de dépôt).

Utiliser le crédit

1982.

En 1982, ma conjointe et moi avons fait l’achat d’une maison. Après 10 ans de surdité, je faisais tous les métiers du monde pour survivre au salaire minimum de 6.50$ l’heure.

Nous avons calculé mon salaire net pour le payement mensuel. Une veille maison au prix de 26,000$.

Nous étions effrayés. Un quart de mon salaire net mensuel allait au seul paiement de la maison.

L’institution financière qui nous accorda le crédit nous demanda 15% de la valeur de la maison. Elle s’assurait ainsi, en cas de reprise par non paiement de reprendre la valeur RÉELLE de la maison. Sans égard à sa valeur possible dans un monde où tout est en hausse.

On me refusa  l’achat d’un véhicule à 600$ dans une autre institution.

La mode était à la solvabilité.

Nous n’avions qu’une seule carte de crédit et nous payions le total de nos achats aux fins de mois.

2008

Toutes les institutions financières du pays, y compris des compagnies privées fournissant leur propre carte, nous offrirent sans demande de solvabilité des cartes de crédit. Certaines par téléphone, d’autre par des envois par la poste, d’autres par l’internet.

Nous sommes tout à coup devenus riches.

Nous avons refusé de devenir riches. Ça n’avait aucun sens… Nous ne l’étions pas dans la réalité.

L’étudiant hypnotisé par un bain aux algues marines

Je tiens à citer cet exemple d’un étudiant qui a utilisé toutes ces ressources de crédit  mis à sa disposition par des cartes  de différentes institutions ou compagnies.

Il s’est ramassé avec une dette de 4000$. Sans valeur RÉELLE, sans solvabilité concrète pour le remboursement de cette somme.

L’institution bancaire, n’ayant de recours, a donc perdu cette somme.

Même si celle-ci avait prévu des taux élevés pour compenser les pertes possibles dans de tels cas.

Le problème étant que les institutions financières multiplièrent les cartes à un point tel, et des marges de crédit voraces, en jouant une forme de poker étatisée, que cette bulle est comme le bain bien arrosé aux algues marines.

Les financiers calculent la hauteur de l’eau du bain en y ajoutant la hauteur des bulles formées par le savon.

Tromperie.

Le financier

Hélas! Le financier n’a pas été plus brillant que l’étudiant, mais aussi vorace, voire plus. Il a oublié un principe élémentaire à la base de l’économie : le troc.

Dans l’antiquité les gens s’échangeaient des biens; un cheval pour 20 lapins.

C’est ainsi qu’est née la monnaie. Au lieu de promener le cheval d’une ville à l’autre, d’un marché à l’autre, on créa différentes pièces de valeurs pour alléger et éviter le transport.

Brillant.

Mais voilà que pour la première fois dans l’histoire du troc, on remplaçait une valeur visible et réelle par une valeur  invisible.

Si l’homme ne sait pas comment fabriquer un faux cheval, il sait au moins fabriquer une fausse pièce.

La carte de crédit représente l’ultime, la plus fin finaude invention pour échanger mais aussi faire disparaître la réalité des biens.

Et notre financier, qu’il soit de Harvard ou d’ailleurs, s’est mis à penser qu’il pouvait créer une valeur invisible et la vendre…

Et quand se répandit la bonne nouvelle, tous ces soldats cravatés, crurent avoir trouvé leur Klondike en chacun de nous.

Toute la machine économique s’est elle même automatisée, robotisée, comme sur une chaîne de montage.

De sorte que lorsque le château de cartes s’est effondré, les 51 autres cartes allèrent quêter le Joker.

Pour faire court : le financier est un faux-monnayeur à l’échelle mondiale.

« Avec du recul, je vois le monde pleurer sur le récent credit crunch, faire une crise d’hystérie sur une chose qui ne dure même pas depuis un an alors que je vis avec depuis 10 ans. Mon pays, cette dernière décennie, a dû se passer de crédit… Par nécessité d’exister, pour assurer la survie de mon peuple, j’ai dû me retrouver à imprimer de l’argent. Je me suis retrouvé à faire des choses extraordinaires qui n’existent pas dans les manuels d’économie. Puis le FMI a demandé aux Etats-Unis de bien vouloir imprimer de l’argent. J’ai commencé à voir que le monde entier est désormais en train d’appliquer ce qu’on disait que je ne devais pas faire ».

Gideon Gono , Bras droit de Robert Mugabe à la tête du Zimbabwe.

C’est ce que s’apprêtent à faire les Etats-Unis.

Ils s’impriment  des   cartes de crédit.

À défaut de pouvoir créer des chevaux et des lapins.

Retour à la case départ

Si on nous avait dit en 1982 que nous pouvions emprunter de l’argent sur notre dette pour voyager, nous aurions fait le tour du monde, pour revenir à notre  maison…

Calcinée.

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Une hitoire de voiture, d’argent, et de fusil électrique

Le ministre des finances, Jim Flaherty, avait commencé à jongler avec l’idée dès novembre dernier, mais la procédure d’évaluation a été officiellement lancée le 27 janvier 2009 et devrait durer 14 mois. Ils espèrent ainsi pouvoir récupérer 4 milliards de dollars de la vente aux enchères de nos propriétés publiques d’ici 2010, alors qu’on prévoit un déficit de plus de 34 milliards à pareille date. N’est-ce pas réconfortant?

D’autres sociétés de la Couronne provenant des départements des ressources naturelles et du transport sont aussi visées dont:

– Énergie atomique du Canada limitée,

– le portefeuille du Patrimoine canadien qui inclus la Société Radio-Canada et le Conseil des Arts du Canada,

– des terres de la Couronne qui pourraient être vendues au privé,

– la Banque du Canada,

– Canada Pension Plan Investment Board,

– l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien,

– la Société des ponts fédéraux limitée,

– la Société du Vieux-Port de Montréal,

– PPP Canada Inc.

Bienvenue dans la tiers-mondialisation de notre pays, notre descente tranquille vers un futur où nous ne serons plus les propriétaires de cette terre, mais bien les locataires. Un futur possédé par le secteur privé; un monde où les prochains maitres seront composés de multinationales et de banquiers privés à qui vous et vos enfants appartiendrez.


François Marginéan

Les 7 du Québec.

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Pour commentaires, plaintes, ou insultes ou  conseils, vous pouvez écrire à l’adresse de mon blog :

gaetanpelletier@hotmail.com

Ou pour vous renseigner:

Maurice, Al & le Chicago Climate Exchange

4 réponses à “LA MAISON EN FLAMMES: La carte de crédit

  1. Wow excellent texte, Gaetant! J’aime bien la métaphore musicale au début!

  2. Redge,
    Manque quelques explications vers la fin. Mais je vais peaufiner un peu le texte…
    Ton visage me dit quelque chose 🙂

  3. @ Gaetan Pelletier:

    Je constate de meme que vous ecrivez tres bien. Si vous avez une minute,vous devriez publier sur http://www.agoravox.fr Un milion de visiteurs par mois…

    Pierre JC Allard

  4. Pierre JC,
    Merci! Je suis allé faire un tour… Énorme! Énorme!
    Mais très intéressant.
    Je vas voir si certains de mes écrits peuvent se «fondre» dans le genre. Je n’ai pas encore fait le tour…

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