Archives quotidiennes : 22-septembre-2008

BRIÈRE, ROUSSEAU, RIVARD : LA CULTURE ET LES ŒUFS DE POISSON.

La jalousie  est une émotion  empreinte d’agressivité envers une personne dont on se figure, à tort ou à raison, qu’elle possède quelque chose que l’on n’a pas et que l’on désire.

Wikipedia

Gloire, richesse, notoriété ?

Les artistes ont la vie dure ces temps-ci…

Dans un article intitulé Les barbares qui applaudissent, on sue à essayer de comprendre pour pourquoi la collectivité  a-t-elle une vue si étroite de la nécessité de l’art pour un peuple et, surtout, pourquoi le subventionner ?

Il y a – pour faire court – deux cultures.

La culture individuelle : une construction personnelle donnant la culture générale. Dont l’art fait partie…

La culture collective qu’on qualifie de repères de valeurs d’un peuple. Il évolue très lentement parce qu’elle cherche la stabilité.

C’est d’une certaine manière la culture personnelle qui contribue à la culture générale, et ce dans tous les domaines, artistiques, techniques, scientifiques. Tous les champs..

Bref, c’est l’individu qui enrichit la collectivité.

Ce n’est pas parce qu’Einstein a été subventionné qu’il a trouvé son MC2.

Mais, hélas, dans la vie, tout fonctionne comme les œufs de poissons… La femelle en crache des milliers, mais peu survivent.

Taux de réussite : 1 à 2 % dans la nature. Because les prédateurs et le milieu ambiant non favorable.. Ou toute la gamme de facteurs autres,   destructif dus aux hasards de la nature.

Même chose pour les artistes, les chercheurs, les savants. Si la collectivité est pauvre ( milieu pauvre) elle ne produira que peu d’individus de valeurs pouvant enrichir la collectivité.

Tous. Nous sommes tous issus d’un mélange de recherches individuelles, collectives, et du milieu.

La recette : améliorer le milieu pour favoriser les éclosions et augmenter le taux de réussite.

Quand on élève des truites dans une truitière ( ça c’est mon goût des inventions de mots)  on réussit à faire grimper le taux de réussite à 20% ou 25%. Plus de poissons avec moins d’œufs.

Un fonctionnaire, on pense que ça ne sert pas à grand chose… Mais ça sert à réfléchir et  à trouver des moyens pour enrichir la collectivité. Il a trouvé un truc. La subvention.

La subvention, c’est le coup de pouce pour améliorer les tits œufs que nous sommes.

En produire plus. Et de meilleure qualité… Pour en produire plus…

But : un œuf, un poisson. En jargon de gestionnaire on nomme cela La qualité totale. On veut donc réduire au maximum  les gaspillages et en améliorant en permanence les éléments de sorties (outputs). Le gestionnaire, lui, a emprunté cette notion  aux japonais, qui date de 1949. Chaque élément doit participer à la réalisation du tout…

Revenons à nos poissons.

C’est sûr qu’en art, on ne voit pas très bien le produit. À part, bien sûr, les produits qui agrandissent les yeux au lieu des oreilles pendant que l’artiste chante. On n’a rien à chialer, on dirait. On se rince l’œil de l’oreille. Ou l’inverse…

Un œuf, c’est comme un spermatozoïde :on voudrait en faire un Bruni Surin. Mieux, on voudrait être un Bruni Surin. Mais il en est des clopin-clopant, comme les artistes les moins connus, les en devenir,  qui n’arrivent pas à produire, dans cette course effrénée du j’aurais voulu être un artiste, un produit qui enrichira la collectivité.

Les chercheurs dans le domaine du sida aussi.

Pourquoi les artistes ? Pourquoi s’acharner sur eux ?

Ils ne produisent pas de grille-pain. Mais l’Homme ne se nourrit pas que de toasts. Et qui a déjà vu des compagnies de grille-pain subventionnées?

Dans le domaine des œufs de poisson, ( humains)  il en est qui sont ouverts, et d’autres fermés. Je parle de l’esprit. Je dis ça parce qu’on est tous des poissons issus d’œufs réussis qui produisons des œufs.

Un artiste ce n’est pas un BS d’une société civilisée. Même pour la chanson country, ou le  ballet. On pige dans le tas… C’est souvent un passionné – en d’autres cas un gros égo – qui préfère gagner 13,000$ par année que d’être le chaînon d’une chaîne de montage.

Gloire, richesse, notoriété.

La sainte trinité d’un monde sans âme.

Comme les œufs : 1% à 2% dans la grande jungle des civilisations. L’image de la réussite.

C’est déjà beau que 50% finissent par comprendre que l’art est un pixel dans un tout enrichissant.

Pour les milliers d’œufs frustrés, il reste Star Académie.

Essayez !

Pour comprendre la sueur d’un artiste, je vous conseille le livre de Stéphane Venne Le frisson des chansons. Tout y est : le crucifiement de l’art et les redevances ridicules du monde de la chanson.

Et pour les comédiens ? Souvenez-vous qu’ils sont pour la plupart des produits de consommation passagers. Par les producteurs, les chaînes de télé, et vous… Une fois écoeurés, vous les envoyez à la poubelle. Pas trop recyclables… Regardez les vieilles émissions et demandez vous où sont passées ces vedettes. 90% des gens que vous avez adulés vivotent, survivent.

Ils passent dans votre esprit aussi aisément qu’un filet de turbo bouilli dans votre estomac.

Parvenir à la réussite et survivre au consumérisme. C’est un peu ça être artiste.

Ne pas être capable de distinguer Juliette Huot de Madonna…C’est ça être un œuf qui n’a pas compris. Cataracté à, 30, 40, ou 50 ans.

Je termine en une phrase tirée de la bible à la manière de Pérusse.

Aimez-vous les œufs les autres…