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Roméo et Louise : une histoire d’amour des années 30

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L’histoire des peuples est l’histoire de la trahison de l’unité.

Antonin Artaud

En temps de paix, les fils ensevelissent  leurs pères ; en temps de guerre, les pères ensevelissent leurs fils.

Hérodote

Le malheur est à l’art ce que le fumier est à la culture maraîchère.

San Antonio

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Toute histoire est une histoire d’amour. L’envers en est la haine… Si l’amour apporte quelque chose à la vie, la haine la détruit… Satan  est notre incapacité d’aimer. Aimer n’est pas seulement  ressentir, aimer c’est agir. Satan, c’est une sorte de vêtement  à l’envers de Dieu…

Les  âmes d’aciers râpent la chair des humains.

Nous vivons une ère où l’on a créé un nouveau terrorisme : la peur de manquer de tout. On ne fait plus la différence entre le désir inassouvi de possession et les besoins réels de la vie.

LES ANNÉES 30

Le Canada avait alors une population d’environ 11 millions. Étalée sur un territoire immense en richesses naturelles. Il n’échappa toutefois  pas à la crise suite au  Crash de 1929. Mais, au moins, il y avait des terres, des forêts, des rivières, et des gens débrouillards.

Aujourd’hui ce dont il faut se méfier, c’est que les terres et les ressources n’appartiennent plus aux terriens, mais à des compagnies, des conglomérats, des entités invisibles.  Et de plus en plus concentrées. Et de plus en plus dispersées. Notre avoir collectif nous échappe. Nos terres sont vendues. Notre domaine agricole a des allures de compagnies de plus en plus concentrées.

De là  l’illogisme de ceux qui vous diront de diversifier vos portefeuilles… Dans la réalité, la richesse est la diversification, mais dans la virtualité que l’on veut nous vendre, on fait le discours contraire : la richesse est la concentration.

Et quand le tout appartient à un UN, les parties du tout sont appauvries.  Donc, affaiblies. C’est le principe somme toute simple des structures des ingénieurs.

Un pilier ne supporte pas un ensemble complexe et lourd. C’est la subtilité et répartition des forces qui rend solide.

Or, on ne nous vend que cet UN.

Bien sûr, nous sommes habitués à nos « richesses », à nos gadgets qui les enterrent.

Ce sont les miroirs affinés et illusoires d’un monde qui périclite.

Essayez, en cas de crise, de manger votre ordinateur ou votre cellulaire.

Vous m’en direz des nouvelles…

Le mot craquelin sera alors vraiment compris….

LE LIVRE

 

 

Barry Broadfoot partit à la recherche de témoignages de gens qui avaient vécu cette dépression. 600 témoignages.

Le livre  n’est plus disponible en français. J’en ai trouvé un sur EBay l’an dernier. Publié en 1973, il en reste toutefois des éditions en anglais.

Vu à travers le vécu, c’est un voyage dans le temps enrichissant pour comprendre la misère des besoins primaires que vivent encore aujourd’hui la plus grande part des habitants de la planète.

Vous lirez dans ce livre comment un fermier du Québec fit de ses 17 enfants des esclaves; comment un homme de Winnipeg vendit sa fille en mariage; comment les fermiers de Saskatchewan abandonnèrent leurs fermes, ensevelis sous des tonnes de sable; comment le gouvernement établit des camps pour chômeurs afin de les retirer des rues pour éviter les révoltes…

Vous croyez que c’est dépassé? Désuet? Vous voyez le Canada comme un grand pays?  Là où peut rêver sous la gouverne des mêmes modèles de vautours qui ont enseveli 10 années de vie de gens simples? Wall-Street et sa progéniture de cravatés pompeux n’est pas là pour soigner l’âme humaine. Wall-Street tricote du virtuel.

59 % des citoyens disent qu’ils ne peuvent pas retarder leur paye d’une semaine…

On comprend alors que le plus grand terrorisme des pays,  dits développés,  est en fait celui d’une paire de menottes virtuelle : la dette. C’est une bouée de sauvetage temporaire. Comme les bouées de sauvetage, c’est de l’air dans une enveloppe de plastique.

Continuons d’avoir peur…

Pour suppléer au cuir, on a inventé le similicuir. Pour suppléer à la réalité, on a inventé…

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Roméo et Louise

J’ai choisi un passage plutôt romantique : une histoire d’amour. Mais  Ô combien touchante! J’aurais envie de vous l’expliquer en termes « intellectuels »… Car il y a en effet, une belle leçon à tirer de ce passage : celui de quitter la vie simple par « désir » d’un autre monde plus « plastique ». Et les conséquences qui s’ensuivent…

Mais je vous laisse le texte, car tout le monde a sa vision des choses, des êtres, de l’univers, de la « réalité ».

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« Je me suis acheté un cheval porteur, je l’ai chargé et je suis parti en direction de la rivière Fraser. Et je me suis trouvé une femme aussi, dans une réserve indienne. J’ai fait affaire avec son père. Louise était une très bonne femme, toute jeune. Pour 10$ et un veau, et elle a amené son pony, un pony indien increvable. Le bonhomme avait une Winchester 44-40 et je l’ai achetée pour 10$, je crois qu’il m’a eu là-dessus, mais il m’ »a donnée une boîte de cartouches. J’ai dit à Louise d’apporter tout ce qui lui appartenait, mais avez-vous déjà vu une indienne avec un coffre de cèdre? Ha! Ha        Elle avait des couvertures, des vêtements, un couteau à écorcher, une chaudière pleine de petits cailloux qu’elle ramassait depuis des années dans le ruisseau, et des petits pamphlets distribués par les missionnaires avec des images de Jésus flottant  là-haut dans le ciel. Le premier soir, on en a pris un pour allumer le feu et ma petite squaw a trouvé ça bien drôle. La question de la religion était réglée.

« On est retourné dans les montagnes et on a trouvé une cabane de trappeur en bon état. J’ai rafistolé le poêle, posé des bardeaux sur le toit. On a travaillé fort tous les deux, moi sur la hache et elle avec le cheval, qui transportait les billots jusqu’à la cabane.

Et puis on a rentré notre bois et alors il a fallu décider de ce qu’on ferait de nos veaux. Parce qu’on n’avait pas de foin, vous voyez, et les chevaux peuvent passer l’hiver dans ce pays-là mais pas les vaches. Elles ne peuvent pas gratter la neige jusqu’au sol pour y trouver de l’herbe. Louise savait quoi faire. Vous savez ce qu’elle a fait? Elle s’est approche du premier veau avec son couteau, elle a posé sa main juste au-dessus de la queue d l’animal, a promené ses doigts le long de sa colonne vertébrale et, arrivée à son cou, slic, elle lui a planté son couteau et le veau n’a jamais su qu’il était mort. Là, j’ai su que je m’étais trouvé une vraie femme.

Pas question de manger des steaks matin, midi et soir, non m’sieur. Elle les a dépecés jusqu’à la derni

ère once en gardant toute la graisse, et elle en a fait.

C’était toute une bonne femme et oubliez pas qu’elle avait seulement quinze ans et elle l’aimait son homme blanc au bras tatoué. Elle l’examinait souvent ce tatouage et , chaque fois, elle se mettait à se parler dans son dialecte indien et je n’ai jamais su ce qu’elle racontait.

Elle savait repérer les quelques orignaux qui passaient parfois au nord de chez nous, même si elle n’y était jamais allée. Y en a encore des indiens qui savent ces choses-là. On dit que l’indien d’aujourd’hui doit apprendre à vivre dans le bois tout comme le blanc, mais c’est pas vrai.

Elle m’a beaucoup aidé, cette petite fille-là. Je me suis mis à penser comme un indien et elle, comme un homme blanc, et on s’arrangeait très bien. On a vécu ensemble pendant quatre ans et l’été, moi, j’allais travailler comme cowboy et elle, au Lac ( le lac Williams ) ou quelque part, et on volait tout le monde au coton.  Notre cabane commençait à ressembler à une place qui a du bon sens, avec un jardin ou les mauvaises herbes semblaient ne pas vouloir pousser, et on avait du blé d’Inde, des patates et des citrouilles, à l’automne, et je pense qu’on vivait avec 200$ par année. (…)

La vieille Winchester nous a toujours donné notre orignal. Bon dieu! De quoi arrêter un train ces balles-là. On avait de la perdrix, plein de poisson, quelques légumes, et on achetait du sucre, de la farine, du sel, des fèves, du pétrole, de la graisse, de l’étoffe, un peu d’avoine pour les chevaux, une bouteille pour Noël et on a fait toutes sortes d’affaires et je lui ai montré à lire et à écrire et elle m’a montré a vivre dans le bois.

Non. Pas d’enfants. Ils ne sont jamais venus.

Une fois, la police de la Colombie britannique s’est amenée et ils avaient l’air pas mal curieux et Louise leur a servi un gros steak d’orignal, hors saison, évidemment, mais j’achetais toujours un veau d’un rancher, à l’automne, ce qui me donnait un facture et, comme ça, on mangeait du bœuf, du chevreuil  et de l’orignal à l’année longue juste sur cette facture-là et c’était toujours Louise qui s’occupait d’abattre le veau. D’une vois chaude, la main sur l’ »épine dorsale et la bête s’apercevait de rien.

(…)

Évidemment, c’était pas toujours la cerise sur la crème glacée. D’abord on n’a jamais vu de crème. Pis des cerises non plus. J’avais des problèmes avec Louise, mais pas parce qu’elle était indienne, mais parce qu’elle était femme. Ces photos sur les murs, des photos de revues de femmes. Là-bas, Christ, c’était un tout autre monde. Des voitures éclatantes, des robes longues, du champagne. Pourquoi on peut pas aller à Vancouver? Allons à Vancouver. Quand est-ce qu’on va aller à Vancouver voir un film? Je luis disais que là-bas, le monde entier était à l’envers.

C’était les sales années 30, évidemment, mais j’avais là une fille de 19 ans, belle comme un lys de montagne, grande, mince, intelligente, qui n’avait jamais vu un film,entendu la radio ou porté la bonne robe ce qui fait que, Christ, c’ était seulement une question de temps avant que je capitule. Alors un bon matin, j’ai dit d’accord. « Prépare-toi, on s’en va à Clinton prendre le train pour Vancouver ». Elle était comme une enfant. J’avais vaguement l’idée de voler une voiture, le vieux truc des plaques matricules, en tout cas me faire un coupe d’argent vite, comme je le pourrais et j’avais quelques idées. J’suis un bien bon garçon, hein? Eh! Bien, non! De toutes manières, on allait s’amuser et s’aimer tant qu’on pourrait, ça c’était garanti.

Trois jours plus tard, on fermait la cabane. Je suis allé atteler les chevaux et comme je revenais vers la cabane, que le diable m’emporte si c’est pas vrai, elle était debout devant la porte dans une toilette incroyable. Vous auriez dit une femme de la haute société, habillée comme les modèles dans les revues de mode de la ville. Elle s’était acheté de l’étoffe l’automne précédent, je suppose, elle avait bien étudié les photos et elle s’était fait ces vêtements, chapeau, veston, jupe, blouse toute l’affaire. Aux pieds, elle avait encore ses mocassins.

« Alors j’ai poussé des cris d’admiration, elle a eu des petits rires neveux et on est parti sur le sentier. Elle était monté en amazone à cause de sa jupe, voyez-vous. En amazone sur une grande selle western, si vous pouvez me croire. Tout à fait comme une grande dame. On est arrivés devant un ruisseau et son pinto, un de ces petits chevaux indiens, a probablement dû être effrayé par le rouge de sa jupe qui était pas rouge, Christ, elle était écarlate, et il a fait un saut de travers et Louise a été projetée et j’ai entendu très distinctement un craquement. Sa tête s’était écrasée sur une pierre dans le ruisseau. J’ai senti tout de suite qu’elle était morte avant même de m’approcher d’elle. Elle l’était. Pas même un dernier sourire avant de mourir. Morte. Je l’ai attachée à la selle et je suis arrivé chez son père, 20 milles plus loin, avant la tombée de la nuit et, le lendemain matin, on l’a enterrée dans sa toilette de ville rose et écarlate sous de beaux peupliers.

«  On avait pas besoin de prêtre. On n’y a même pas pensé. Y avait seulement moi et Louise et tout le reste du monde, tous vos maudits dossiers, vos cartes de sécurité sociale et vos cartes d’assurance-automobile, et vos grand livres de recensement à Ottawa, tout ça n’existait pas. C’est sa famille et moi qui l’avons enterrée dans une boîte de bois et je suis resté près de la fosse quand ses frères et se s cousins ont commencé à jeter de la terre et j’ai dit : « Adieu, Louise, je t’ai aimée, et je suis content que t’as pas vu la ville. J’ai dit à son monde que je reviendrais pas, que la cabane, tout ce qu’il y avait dedans était à eux, et son frère, Manuel a dit qu’il planterait une croix blanche sur la tombe et qu’il m’en enverrait un dessin s’il savait où est-ce que j’allais être et j’ai dit que je ne savais pas où j’allais être et je suis monté sur mon cheval, le même que celui sur lequel j’étais arrivé dans ces pays et avait rencontré Louise, et j’ai quitté ce maudit pays et je suis jamais retourné. »  p. 123, 124, 125.

( Il éclate en sanglots.)

Le Congo: un gros biscuit pour les “sociétés développées” ….

L’intention cachée des États-Unis en Ouganda, en Afrique centrale et dans la Corne de l’Afrique est la conquête du pétrole et des ressources minérales stratégiques. La poursuite de Joseph Kony et la protection des enfants ougandais ne sont qu’un écran de fumée, un prétexte pour une « intervention humanitaire » dans une région où les « guerres civiles » soutenues par les États-Unis (Soudan, Rwanda, République démocratique du Congo, Somalie, Éthiopie) ont fait plus de huit millions de morts au cours des 20 dernières années :

“Dans une autre manœuvre visant à atteindre l’hégémonie régionale et surpasser la Chine, les États-Unis cherchent à prendre pied par le biais d’AFRICOM dans le bloc incroyablement riche en ressources qu’est l’Afrique centrale. La République démocratique du Congo (RDC) constitue l’une des plus grandes régions du monde privée d’un veritable gouvernement. Elle contient de vastes gisements de diamant, de cobalt, de cuivre, d’uranium, de magnésium et d’étain, en plus de produire plus d’un milliard de dollars d’or annuellement. Il est tout à fait possible pour les États-Unis d’accroître considérablement leur présence en RDC en invoquant le prétexte de vouloir capturer Joseph Kony. (Nile Bowie, Merchandising and Branding Support for US Military Intervention in Central Africa,Global Research, 14 mars 2012.)

Dans une décision récente, le Pentagone confirme l’envoi de Forces spéciales appartenant au Corps des Marines (United States Marine Corps, USMC), pour former des troupes ougandaises non seulement dans la lutte contre Joseph Kony et l’Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army (LRA)), mais aussi contre Al-Shabaab en Somalie. Joseph Kony est utilisé comme prétexte pour intervenir militairement dans cinq pays africains:

Jusqu’à maintenant, l’unité opérationnelle a déployé de petites équipes dans cinq pays africains, dont certains sont menacés par le groupe terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique, selon un communiqué de presse du Corps des Marines. (Stars and Stripes, 15 mars 2012.)  Source

«Le Congo est un pays aux richesses fabuleuses, rapporte Serge Blais. On y trouve du pétrole, des diamants, de l’or et du cuivre en grande quantité, ainsi que du cobalt et des métaux précieux, qu’on utilise dans les nouvelles technologies. On y trouve également la deuxième plus grande forêt tropicale au monde (après celle d’Amazonie), ainsi que le deuxième plus grand fleuve (en matière de débit), ce qui procure une richesse en agriculture et en hydraulique. On dit même que si on mettait à profit le potentiel hydroélectrique du Congo, on pourrait électrifier toute l’Afrique! Mais, aussi, le Congo se classe bon dernier selon l’indice de développement humain. Ce pays est donc un immense paradoxe, puisqu’il recèle des richesses fabuleuses, mais aussi une pauvreté épouvantable.»

Serge Blais est chargé de programmes pour la République démocratique du Congo pour le compte de Développement et paix, l’organisme officiel de solidarité internationale de l’Église catholique du Canada. Il a vécu cinq ans au Congo et il y retourne trois ou quatre fois par année afin de superviser les projets que finance son ONG. «Développement et paix est une organisation de solidarité avec les populations qui cherchent à résoudre leurs problèmes, dit-il. Sauf exception, nous n’avons pas de coopérants sur le terrain, nous venons plutôt en appui direct aux populations qui s’organisent sur place.» L’ONG récolte des fonds au Canada pour financer des initiatives conçues et mises en oeuvre par des organisations locales en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Les conséquences d’un État faible

Ce pays d’Afrique centrale est une fois et demie plus vaste que le Québec et compte dix fois plus d’habitants. C’est le quatrième pays le plus peuplé d’Afri-que, et le plus peuplé de la francophonie. Depuis son accession à l’indépendance en 1960, cet ancien Congo belge s’est successivement appelé Congo-Léopoldville puis Congo-Kinshasa (pour le différencier du Congo-Brazzaville voisin), puis Zaïre jusqu’en 1997. Il est désormais appelé République démocratique du Congo (RDC) ou RD Congo, ou tout simplement Congo. Cette succession de noms illustre l’histoire tourmentée qu’a connue ce pays. Et cette République démocratique n’a rien de démocratique, puisqu’elle est aux mains d’une multitude de brigands.

«Le pays souffre d’une forme d’exploitation qui frise le banditisme», résume Serge Blais. En plus de nos multinationales qui s’en mettent plein les poches, le Congo est aux mains de bandes armées qui contrôlent des portions du pays. «On pourrait dire que ça ressemble au Far West du XIXe siècle, dit-il. C’est-à-dire qu’en l’absence d’un État capable d’assurer le respect des lois sur son territoire, des aventuriers de toutes sortes y sévissent, souvent avec la complicité des dirigeants du pays.»

Ces dernières années, un nouveau joueur s’est ajouté: la Chine, qui investit massivement dans ce pays aux mille richesses. Or, estime M. Blais, le fait que les Chinois sont maintenant présents «ne fait aucune différence». Comme au temps des colonies, «la “métropole” vient chercher les ressources dont elle a besoin pour se développer, dit-il. Le Congo demeure une source de ressources qui sont mises en valeur par d’autres, que ce soient les Européens, les Canadiens, et maintenant les Chinois et les Indiens.»

Victime de guerres civiles à n’en plus finir, on estime qu’au cours des quinze dernières années, de cinq à six millions de Congolais sont morts — soit presque autant que la population du Québec, et le dixième de celle du Congo. Le pays est en outre en proie à une corruption systémique de la part des fonctionnaires de l’État, des policiers et de l’armée. «Ceux-ci ne sont pas payés ou si peu, explique Serge Blais, ce qui fait qu’ils se servent à même la population. C’est ainsi que lorsque le maïs vient à maturité dans les champs, les militaires viennent le voler, ou ils font des barrages sur les routes, ou inventent de fausses taxes dans les marchés… Ils agissent ainsi souvent pour une question de survie, pour nourrir leur propre famille. Mais cela a pour effet de décourager toute population qui tente de s’en sortir.» Source , Le Devoir 

Une vieille “histoire”…. 2006.

Gaëtan Pelletier

Autre article: L’Afrique et le redéploiement militaire des U.S.A

Moins de terre, plus de faim

Si le drame de la faim occupe à nouveau l’actualité avec la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique, la famine est une réalité quotidienne qui est largement passée sous silence. D’après l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO), plus d’un milliard de personnes dans le monde ont des difficultés d’accès à la nourriture.

La malnutrition a des causes et des responsabilités politiques. L’Afrique est une terre spoliée. Ses ressources naturelles ont été arrachées à ses communautés depuis des siècles de domination et de colonisation. Et il ne s’agit pas seulement du vol de l’or, du pétrole, du coltan, du caoutchouc, des diamants… mais, aussi, de l’eau, des terres, des semences qui permettent à ses habitants de se nourrir. Si, comme l’indique la FAO, 80% de la population de la Corne de l’Afrique dépend de l’agriculture comme principale source de revenus et d’alimentation, que faire quand il n’y a pas de terre à cultiver?

Ces dernières années, la vague de privatisation croissante de terres en Afrique (leur achat par des gouvernements étrangers, des multinationales agro-alimentaires ou des fonds d’investissements) a encore plus fragilisé son précaire système agricole et alimentaire. Avec des paysan-nne-s expulsé-e-s de leurs terres, où cultiver un peu de nourriture? En conséquence, après des décennies de politiques de libéralisation commerciale qui ont miné leurs capacités productives, de nombreux pays voient vu leur capacité d’autosuffisance alimentaire s’effondrer.

Comme l’a amplement étayé l’organisation internationale GRAIN, la crise alimentaire et financière de 2008 a ouvert un nouveau cycle d’appropriation des terres à l’échelle planétaire. Des gouvernements dépendant de l’importation d’aliments – dans le but de garantir la production de nourriture pour leur population au-delà de leurs frontières – ;  des firmes agro-industrielles ou d’investissement, avides de nouveaux investissements rentables, achètent depuis lors les terres les plus fertiles des pays du Sud. Une dynamique qui menace l’agriculture paysanne et la sécurité alimentaire de ces pays.

 

Damien Glez

Selon les données de la Banque mondiale, on estime que quelques 56 millions d’hectares de terres ont ainsi été achetées dans le monde depuis 2008, dont plus de 30 millions en Afrique, où la terre est bon marché et où sa propriété communale la rend plus vulnérable. D’autres sources, comme le Global Land Project, évoquent entre 51 et 63 millions d’hectares pour l’Afrique seule, soit une étendue similaire à celle de la France. Qu’il s’agisse de fermages, concessions ou d’achat de terres – les formes de transaction sont variées et souvent opaques -, certains auteurs n’hésitent pas à qualifier cette dynamique de “nouveau colonialisme” ou de “colonialisme agraire” car il s’agit d’une re-colonisation indirecte des ressources africaines.

La Banque Mondiale a été l’un des principaux promoteurs de cette dynamique en développant, ensemble avec d’autres institutions internationales comme la FAO, l’Agence pour le Commerce et le Développement des Nations Unies (UNCTAD) et le Fonds International de Développement Agricole (FIDA), ce qu’ils appellent – sans rire – les “Principes pour un Investissement Agricole Responsable” qui légitiment l’appropriation des terres par des investisseurs étrangers. Au travers de l’International Finance Corporation (IFC), institution dépendant de la Banque Mondiale et qui s’occupe du secteur privé, on a impulsé des programmes destinés à éliminer les barrières administratives et à changer les lois et les régimes fiscaux dans des pays du Sud afin de les rendre plus “attractifs” pour ces investissements agricoles.

L’Ethiopie, l’un des pays les plus touchés par la famine actuelle, a offert trois millions d’hectares de terres cultivables aux investisseurs étrangers d’Inde, de Chine, du Pakistan et d’Arabie Saoudite, entre autres. Pour ces derniers, l’affaire est on ne peut plus juteuse: 2.500 Km2 de terres productives à 700 euros par mois, avec un contrat de concession de 50 ans. Tel est, par exemple, l’accord conclu entre le gouvernement éthiopien et l’entreprise indienne Karuturi Global, l’une des 25 principales firmes agro-industrielles mondiales, qui consacrera ces terres à la culture d’huile de palme, de riz, de sucre de canne, de maïs et de coton pour l’exportation. Résultat: des milliers de paysans locaux expulsés de leurs terres, précisément ceux qui souffrent de la faim, ainsi que de vastes étendues de bois rasés et brûlés.

D’autres pays comme le Mozambique, le Ghana, le Soudan, le Mali, la Tanzanie et le Kenya ont bradé des millions d’hectares de leurs territoires. En Tanzanie, le gouvernement saoudien a acheté 500.000 hectares de terres afin de produire du riz et du blé pour l’exportation. Au Congo, 48% des terres agricoles sont aux mains d’investisseurs étrangers. Au Mozambique, plus de dix millions d’hectares ont été bradés.

La conférence académique “Global Land Grabbing”, qui s’est tenue en Grande-Bretagne au mois d’avril 2011, a souligné l’impact négatif de ces achats de terres. Plus d’une centaine d’études de cas documentés démontrent comment ces “investissements agricoles responsables” n’ont aucun effet positif pour les communautés locales puisqu’ils provoquent au contraire des déplacements forcés et une plus grande pauvreté.

Depuis des années, le mouvement international Via Campesina dénonce l’impact dramatique de cette vague massive d’accaparement de terres agricoles sur les populations du Sud. Si nous voulons en finir avec la faim dans le monde, il est fondamental de garantir un accès universel à la terre, ainsi qu’à l’eau et aux semences, et interdire toute forme de spéculation avec ce qui nous permet de nous nourrir.

 


Merci à Esther Vivas
Source: http://www.ara.cat/ara_premium/debat/Menys-terra-mes-fam_0_530346974.html
Date de parution de l’article original: 05/08/2011
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=5779

Colombie : Manifeste pour la paix, jusqu’à la dernière goutte de nos rêves

Collectif

Il existe dans le coeur de l’Amérique un refuge humain enlacé à trois cordillères, bercé par d’exubérantes vallées, des forêts touffues, et baigné par deux océans. Des sources et des fleuves impétueux convertissent ses terres en merveilles de fertilité, débouchant au sud dans l’Amazonie – ce qui convertit la Colombie en objet de grandes convoitises. Et c’est là que commence le martyre d’un peuple : dans la cartographie de la cupidité d’une poignée d’hommes. La Colombie, bien qu’elle ait tout pour rendre une vie digne possible à la totalité de ses 48 millions d’habitants, doit subir une élite qui perpétue la violence coloniale, ancrée dans un pouvoir local qui offre les richesses du pays au pouvoir transnational et condamne le peuple à une sanglante histoire de spoliations

Nous avons déjà oublié combien de générations n’ont jamais connu un semblant de paix, ni de volonté des dirigeants pour permettre que cette terre héberge enfin, une démocratie réelle -non une pantomime macabre de rituels électoraux vidés de toute substance démocratique par l’extermination de l’opposition politique. À force de répression incessante pour étouffer tout germe de dignité, les gouvernants ont cherché à nous forcer à enfouir douloureusement nos cris d’humanité pétrifiée.

1. L’empathie sociale, premier pas vers une paix véritable

Nous avons décidé de conjuguer le sentiment de notre peuple à la première personne du pluriel, parce que nous sommes pluriels, et parce que nous faisons de l’empathie sociale le premier pas vers une véritable paix : le sentiment de notre peuple clame justice dans la voix de ses exilés, spoliés, appauvris, exclus, disparus, emprisonnés, muselés, torturés, assassinés. Et nous décidons d’être ‘nous-mêmes’ aussi avec nos prisonniers et nos morts, parce que si la violence d’une élite intolérante a cherché à effacer leurs idées et leurs rêves en les éliminant physiquement ou en les séparant de nous au moyen de méprisables grilles, en nous leur soif de justice et de dignité demeure vivante en nous.

2. Terreur mise en place par les latifundistes au profit du grand capital

Nous sommes 68% de Colombiens à vivre dans la pauvreté, nous sommes huit millions à errer dans les rues dans l’indigence. Nous sommes plus de 5 millions à avoir été déplacés violemment par les forces de répression officielles ou paramilitaires qui collaborent fidèlement avec l’armée. Nous avons été soumis à la terreur mise en place par les latifundistesen faveur du grand capital transnational, au détriment de nos conditions de survie et de dignité, au détriment de la souveraineté alimentaire et de la paix. Les massacres, bombardements, aspersions et empoisonnements du sol et de l’eau provoquent nos marches endeuillées de déguerpissement forcé. Nous autres, les paysans, afro-descendants et indigènes qui avons essayé de vivre sur les terres de nos ancêtres, avons été exilés. Nous crevons de douleur, car la limite de résignation devant la souffrance a été dépassée. Lorsque nous protestons, nous subissons l’extermination, ou nous sommes soumis à l’ostracisme et au silence qu’impose la terreur d’État.

3. Ouvrir les espaces de tolérance à la revendication sociale pour parler de paix

Nous sommes huit mille prisonniers politiques dont tous les droits humains sont violés, huit mille prisonniers politiques qui crions au milieu de l’indifférence de cette société muselée et poussée à l’aliénation, qui crions, sous les tortures aberrantes, que la dignité ne s’arrache pas comme on arrache les ongles, que les grilles n’empêchent pas les rêves d’exister. L’institution carcérale, que nous dénonçons comme camp d’extermination de la revendication sociale, arrive même à nous refuser l’assistance médicale comme forme de torture, nous poussant à la mort. L’organisation sociale, la pensée critique, l’étude de l’histoire et de la société colombienne ont été proscrites. En tant que défenseurs des droits humains, syndicalistes, intellectuels critiques, artistes engagés avec leur environnement, environnementalistes, leaders communautaires ou paysans, nous sommes considérés,comme des criminels et des « terroristes ».

Nous sommes des défenseurs de la paix, et on nous fait taire car nous n’acceptons pas que des dizaines de milliers d’enfants meurent annuellement, en Colombie, de dénutrition, de manque d’eau potable et de maladies curables ; car nous réclamons une éducation gratuite conçue pour la souveraineté ; car nous réclamons que la santé soit un droit et non une marchandise ; car nous élevons nos voix contre le pillage de nos ressources. L’État mène une guerre contre la pensée et l’empathie : les forces de l’ordre officielles ou paraétatiques nous assassinent sans que nous ayons même empoigné les armes. Une infinité de voix gisent dans les fosses communes, autant d’autres sont éparpillées sur le sol, entre les flaques de sang que laissent les tueurs à gages payés pour éliminer toute voix dissidente.

4. Guerre sale, la guerre dont on ne parle pas

Nous autres civils, sommes en train d’être décimés par la guerre sale : le terrorisme d’État fait aussi partie de la guerre, cette partie que les médias de masse n’évoquent jamais et qui, pourtant, représente le flot le plus impétueux du bain de sang. La clé de la paix est d’exiger que cesse, de la part de l’État, la pratique de l’extermination de la participation politique civile, car lorsque cette participation politique se retrouve systématiquement mise à l’écart, les moyens de la revendication sociale deviennent armés.

Nous ne sommes pas “la démocratie la plus ancienne de l’Amérique Latine”, parce que nous ne l’avons pas connue. On nous oblige à nous taire pour être complices de la sanguinaire « Sécurité », qui n’est rien d’autre que celle nécessaire aux multinationales pour pratiquer le pillage sans avoir à écouter la juste revendication populaire ; une « sécurité » qui se traduit par la violation de la souveraineté alimentaire pour la majorité.

5. L’interventionnisme des USA, qui soutient la guerre, est un danger régional

Ceux-là mêmes qui ont changé une partie des Colombiens appauvris en chair à canon pour protéger les intérêts des multinationales et d’une minorité créole permettent l’installation de la menace impérialiste contre nos frères de la région. Nous avons été condamnés à renoncer à la souveraineté que nous avions héritée des campagnes de libération du XIXe siècle et nous assistons à l’installation de bases militaires US à partir desquelles s’imposent les doctrines d’anéantissement des droits humains et l’utilisation du narcotrafic comme outil supplémentaire de domination. En vertu de l’immunité qui leur est octroyée par l’État colombien, les USaméricains jouissent d’une impunité totale pour les crimes qu’ils peuvent commettre en Colombie. Les USA justifient leur interventionnisme au prétexte de la « lutte contre le narcotrafic » alors qu’en réalité celui-ci vient remplir leurs propres coffres et vient renforcer le gouvernement et ses structures narco-paramilitaires tout en criminalisant le paysan qui cultive la feuille de coca, tout en sachant que celle-ci n’est pas la cocaïne.

6. La paix, ce n’est pas dégrader l’opposant à l’extrême

Les gouvernants qui posent, exhibant des mains coupées, et qui partent en éclats de rire jubilatoires à côté de cadavres sont les mêmes qui veulent nous changer tous en partisans enthousiastes de l’extermination. Ce sont les mêmes qui ont fixé des tarifs à la vie, suscitant les mal nommés « faux positifs » qui ne sont rien d’autre que des assassinats de civils pour mettre en œuvre les montages militaro-médiatiques de la guerre psychologique : cela en utilisant les cadavres pour l’exhibitionnisme nécrophile qui cherche à dégrader l’opposant en le présentant dans des sacs noirs, comme des morceaux de viande. Nous disons que les Colombiennes et les Colombiens ne sont pas des morceaux de viande et nous dénonçons cette stratégie de la terreur d’État qui rend malade la société tout entière, en avilissant l’éthique.

On entend s’élever les clameurs des voix qui demandent la paix et la justice sociale pour le plus grand nombre : une paix qui doit naître du débat commun.

7. Une négociation politique, des changements structurels, une remise en question du modèle économique

La solution que réclame le peuple colombien est politique : mettre en œuvre des changements structurels de fond qui éliminent la situation de spoliation, d’inégalité et d’exclusion qui a donné lieu aux multiples formes de résistance. Il est urgent de réaliser une véritable réforme agraire, il est urgent que cesse la pratique de l’État d’exterminer l’opposition politique, il est urgent de démanteler la stratégie paramilitaire, d’arrêter de livrer le pays en concessions à des multinationales (des multinationales minières demandent aujourd’hui 40% du territoire), de mettre fin à la soumission à la botte US. Il s’agit de redessiner les bases du modèle de développement de la société colombienne : le fait qu’elle soit une économie dépendante, conçue comme un libre service, avec un développement endogène nul, est la racine de la guerre.

Il ne s’agit pas de négocier superficiellement ni de négocier des prébendes pour la « réinsertion » des insurgés, car cela ne conduirait qu’à réinsérer des milliers de femmes et d’hommes au sein du cauchemar de la faim qui s’accroît tous les jours dans les ceintures de misère des villes. Il ne s’agit pas non plus de négocier une « réinsertion » pour avaliser le fait qu’ensuite des milliers de « réinsérés » désarmés soient exterminés, comme cela s’est produit plus d’une fois dans l’histoire de la Colombie. Nous en appelons à la responsabilité sociale et historique : nous ne voulons pas cautionner un autre génocide monstrueux et nous ne pouvons pas non plus souhaiter que le paysan spolié se résigne à l’indignité.

8. Redéfinir les parties en conflit avec une vision intégrale, pour marcher vers la paix

La paix n’est pas un accord uniquement entre le gouvernement et la guérilla, parce que les parties prenantes dans ce conflit vont au-delà de cette définition étroite qui ne cherche qu’à enlever au conflit son caractère essentiellement social et économique : les parties prenantes c’est nous, tous les Colombiens ; nous considérons aussi que les multinationales qui bénéficient de la spoliation en fomentant des massacres et des déplacements de population sont partie prenante au conflit ; de même que les USA qui interviennent constamment dans nos affaires. L’un des points cruciaux du problème est le commerce gigantesque que le complexe militaro-industriel US et européen réalise avec le gouvernement colombien : l’achat d’engins de destruction est financé par le budget public et par une dette extérieure croissante que l’on fait supporter illégitimement au peuple colombien tout entier.

9. Pour la paix et la justice sociale jusqu’à la dernière goutte de nos rêves

Nous ne croyons pas à des accords qui se baseraient uniquement sur la remise des armes, parce que ce qui soutiendrait une paix véritable en Colombie ce serait que les rapaces renoncent à leur rapacité, cessent le saccage des ressources de la Colombie qui va de pair avec la spoliation et le génocide de sa population. Pour parvenir à la paix il faudrait que les latifundistes, les multinationales, l’institution militaire désactivent leur appareil paramilitaire ; et que cessent définitivement les machinations de la justice militaire et autres stratagèmes de la machinerie lugubre d’impunité qui perpétue l’horreur. Les dépenses militaires sont considérables : plus de 12 milliards de dollars par an ; pour parvenir à la paix, nous réclamons que cette somme soit investie dans la santé, l’éducation, le logement, le développement endogène.

Nous voulons pouvoir participer au débat politique large, à la construction sociale sans être assassinés ; nous voulons que cesse l’extermination de la revendication sociale, que les prisonniers politiques soient libérés, que cessent les disparitions forcées… Ce sont quelques pas à accomplir.

Notre intention est de les rapprocher du rêve d’un peuple qui, à force de terreur, a tardé à naître. Nous lançons un appel à l’opinion publique internationale pour qu’elle se solidarise avec le peuple colombien et qu’elle l’accompagne dans un processus de négociation politique du conflit social et armé. Nous considérons que le conflit est avant tout social et qu’il devient armé du fait de l’intolérance politique de l’État et que le principal facteur de poursuite de la guerre en Colombie est le maintien sous perfusion, par les USA, de l’appareil de l’État.

Au cœur de l’Amérique, au son des tambours, des flûtes, des accordéons, l’âme d’un peuple danse ; ce peuple préserve, dans la polychromie de sa peau, des millénaires d’histoire ; il conserve les savoirs cachés, susurrés par les forêts. Un peuple pleure sur les tombes éparpillées sous les latitudes silencieuses de son pays. Le cœur de la Colombie bat au rythme d’une géographie pleine de cascades chantantes, d’une multitude de nuances de vert ; elle se fait escarpements, elle s’étale, elle se cache dans ses forêts, elle plonge, abyssale et océanique ; rien en elle n’est avarice, elle est toute abondance ; son peuple réclame de pouvoir vivre dignement dans ce paradis que quelques-uns prétendent s’approprier : « pour la paix, jusqu’à la dernière goutte de nos rêves !  »

Février 2012, à partir de l’empathie essentielle, l’équipe de collaborateurs de La Pluma 

Premières signatures

Monde

Atilio A. Boron, politólogo argentino
Santiago Alba Rico, escritor, España
Franck Gaudichaud, Catedrático. Francia
Bernard Duterme, Sociólogo, director del Centro Tricontinental (CETRI) basado en Louvain-la-Neuve, Bélgica
Fausto Giudice, escritor y traductor. Miembro fundador de Tlaxcala, la red de traductores por la diversidad lingüística
Michel Collon, periodista, Bélgica
Luis Casado, escritor, Editor de Politika, Chile, colaborador de La Pluma
PAIZ (Partido de Izquierda) Chile
Salvador Muñoz Kochansky, Presidente PAIZ (Partido de Izquierda). Chile
Camilo Navarro, Sociólogo. Miembro Dirección PAIZ. Chile
Luis Alberto Jaqui Muñoz. Administrador Público. Universidad de Santiago de Chile (Ex UTE). Coordinador Nacional Estudiantil PAIZ (Partido de Izquierda). Chile
Silvia Cattori – Periodista suiza
Carlos Aznárez, periodista, director de Resumen Latinoamericano, Argentina
José Bustos, periodista argentino residente en Francia, colaborador de La Pluma
Manuel Talens, novelista, traductor y articulista, miembro fundador de Tlaxcala, la red de traductores por la diversidad lingüística.
Renán Vega Cantor, historiador. Profesor titular de la Universidad Pedagógica Nacional, de Bogotá, Colombia. Premio Libertador, Venezuela, 2008
Miguel Ángel Beltrán V., Profesor del Departamento de Sociología de la Universidad Nacional de Colombia y perseguido político
Víctor Montoya, escritor boliviano
Carlos (Koldo) Campos Sagaseta de Ilúrdoz, Poeta, dramaturgo y columnista, Republica Dominicana
Ossaba, Artista Plástico, Colaborador de La Pluma. Francia
María Piedad Ossaba, periodista, directora de La Pluma. Francia
Lilliam Eugenia Gómez, Ph.D. Eco-Etología, IA. Colaboradora de La Pluma Colombia.
Álvaro Lopera, Ingeniero químico, Colaborador de La Pluma Colombia.
Juan Diego García, Doctor en Sociología, Colaborador de La Pluma. España
Marta Lucía Fernández, filósofa, Colaboradora de La Pluma. Colombia.
Jorge Eliécer Mejía Diez, abogado colombiano, colaborador de La Pluma. Bélgica
Azalea Robles, periodista, poeta. Colaboradora de La Pluma y de otros medios
Lía Isabel Alvear. Ingeniera Agrón oma. Colaboradora de La Pluma. Colombia.
Matiz, artista colombiano. Colaborador de La pluma. Bélgica
Éric Meyleuc poeta, escritor, hombre de teatro y militante sindical. Francia
Salvador López Arnal, colaborador de rebelión y El Viejo Topo.
Elio Ríos Serrano, médico, ambientalista y escritor. Maracaibo, Venezuela
Pedro Vianna, poeta, escritor, hombre de teatro y militante asociativo. Francia
Cristina Castello- Poeta y periodista argentina residente en Francia
André Chenet. Poeta y editor de revistas. Francia
Sandrine Féraud. Poeta. Francia
Cédric Rutter, periodista. Bélgica
David Acera Rodríguez, actor. Asturias (España)
Sinfo Fernández Navarro, Traductora Rebelion.org. Madrid
Susana Merino, Traductora Rebelión. Buenos Aires, Argentina
Agustín Velloso, profesor de la UNED. Madrid
Rosina Valcárcel, escritora, Lima, Perú
José Antonio Gutiérrez D. analista político solidario con los movimientos populares de Colombia
Carlos Casanueva Troncoso, secretario general Movimiento Continental Bolivariano
Dick Emanuelsson, Reportero Suecia-Honduras
Mirian Emanuelsson, Reportera Suecia-Honduras
José Rouillon Delgado Sociólogo-Educador Lima-Perú
Martín Almada, Defensor de los Derechos Humanos de Paraguay.
Graciela Rosenblum, presidenta Liga Argentina por los Derechos del Hombre, Argentina
Annalisa Melandri, periodista. Italia
Sandra Marybel Sánchez, miembro del Colectivo de Periodistas por la Vida y la Libertad de Expresión. Honduras
Miguel Segovia Aparicio, Poeta ; Barcelona, España
Badi Baltazar, escritor. Bélgica
Antón Gómez-Reino Varela, Tone. Activista social. Galicia
Winston Orrillo. Premio Nacional de Cultura del Perú
Myriam Montoya, Poeta. Francia
Jaime Jiménez, abogado colombiano
Enrique Santiago Romero, abogado, ex director del CEAR. España
Hernando Calvo Ospina, periodista y escritor colombiano. Francia
Ramón Chao, periodista y escritor gallego. Francia
Jaime Corena Parra, Físico, Ingeniero Industrial y Doctor en Didáctica de las Ciencias. Venezuela
Fernando Reyes U., Economista. Venezuela
Sergio Camargo, escritor y periodista colombiano. Francia
Colectivo Regional de apoyo a Vía Campesina y Salvación agropecuaria. Colombia
Campaña Permanente por la Libertad de lxs Prisionerxs Políticxs Colombianxs, Capítulo Cono Sur
Juan Cristóbal, poeta peruano y periodista
Cristóbal González Ramírez. Periodista y profesor universitario retirado y pensionado. Colombia
Antonio Mazzeo, periodista, escritor, Italia
Mario Casasús, periodista, México
Mario Osava, Periodista, Brasil
Félix Orlando Giraldo Giraldo, Médico. Colombia
Polo Democrático Alternativo-Seccional Suiza.
ARLAC-Suiza
Mónica Alejandra Leyton Cortes.Estudiante ; Miembro del Colectivo Soberanía y Naturaleza. Colombia
Eliecer Jiménez Julio-Periodista-Suiza
Ángela Peña Marín socióloga MsC en educación Ambiental, Colombia
Marta Eugenia Salazar Jaramillo, comunicadora social, Colombia
Diana María Peña Economista, Colombia
Adolfo León Gómez ; Economista ; Colombia
Héctor Castro, abogado. Francia
Elisa Norio, defensora de de derechos humanos y ambientalista. Italia
Guadalupe Rodríguez, activista e investigadora de Salva la Selva. España
Jaime Corena Parra, Físico, Ingeniero Industrial y Doctor en Didáctica de las Ciencias. Venezuela
Fernando Reyes U., Economista. Venezuela
Enrique Lacoste Prince, artista cubano. Colaborador de La pluma. Cuba
Argentine
Aurora Tumanischwili Penelón, FeTERA FLORES (Federación de trabajadores de la energía de la República Argentina en CTA)
Guillermo López., FeTERA FLORES (Federación de trabajadores de la energía de la República Argentina en CTA)
Ingrid Storgen, Responsable del colectivo Amigos por La Paz en Colombia.
Marta Speroni, Militante por los DD.HH.
Igor Calvo, Militante de base del FNRP Honduras
Aline Castro, Red por ti América, Brasil.
María Rosa González, Comunicadora Social Alejandro Cabrera Britos, Delegado general, ATE, Senasa Martínez, Dilab en CTA
Carlos Guancirrosa, Agrupación Enrique Mosconi
Carlos Loza, Junta Interna de ATE, AGP (Asociación General de Puertos en la Central de Trabajadores de La Argentina, CTA)
Eduardo Espinosa (Asociación de Trabajadores del Estado, en CTA), Ministerio de Desarrollo Humano de la Provincia de Buenos Aires
Carina Maloberti, Consejo Directivo Nacional – ATE-CTA
Convocatoria por la Liberación Nacional y Social, Frente Sindical, Argentina :
Agrupación Martín Fierro (Varela – Alte. Brown – Matanza – Mar del Platay Neuquen)
,Agrup.Sindical Tolo Arce-ATE-SENASA,
Agrupación “Germán Abdala” – ATE-Ministerio de Trabajo de la Nación,
Agrup. Agustín Tosco-Río Segundo-Córdoba,
Movimiento de Trabajadores Desocupados Flamarión-Rosario, Democracia Popular-RosarioComunidad Campesina de Tratagal-SaltaBiblioteca Popular Fernando Jara-Cipoletti-Río Negro, Unión de Trabajadores de la Provincia de Chubut.- Europe 
RedHer Europa (Red europea de Hermanadas y Solidaridad con el pueblo colombiano)
Tribunal Internacional de Opinión Sur de Bolivar, Paris, Francia
La Confederación General del Trabajo del Estado Español (CGT).
Colectivo Coliche, La Rioja. España
El Comité de Solidaridad Internacionalista de Zaragoza. España
PASC Projet Accompagnement Solidarité Colombie. Canadá
CO.S.A.L. XIXÓN(Comité de Solidaridad con America Latina de Xixon)
ASSIA (Acción Social Sindical Internacionalista).Estado Español
Komite Internazionalistak de Euskal Herria-País Vasco
Comitato di Solidarietà con i Popoli del Latino America Carlos Fonseca (Italie)
Colectivo Iquique de la Universidad de Zaragoza. Estado español
Colombie
RedHer Colombia (Red de Hermandad y Solidaridad con Colombia)
Aca – Asociación Campesina De Antioquia
Acader – Asociación Campesina Para El Desarrollo Rural- Cauca
Afasba – Asociación De Familias Agromineras Del Sur De Bolívar y Bajo Cauca Antioqueño
Alianza De Mujeres De Cartagena : “Nelson Mándela”
Amar – Arauca
Ascatidar – Arauca
Asedar – Arauca
Asoagros – Asociación De Agrosembradores. Valle
Asociación Agroambiental Y Cultural De Taminango – Nariño
Asociación Agrominera Del Rio Saspí – Nariño
Asociación De Arrierros De La Montaña De Samaniego – Nariño
Asociación De Mujeres Y Familias Campesinas Sanpableñas – Cima Nariño
Asociación Movimiento Campesino De Cajibío – Cauca
Asociación Agroambiental Y Cultural De Arboleda – Nariño
Asojer – Arauca
Asonalca – Arauca
Asoproa – Antioquia
Cabildo Indígena del Sande Nariño
Cabildo Indígena de Betania Nariño
Cecucol – Centro Cultural Las Colinas. Valle
Ced Ins – Instituto Nacional Sindical
Cima – Comité De Integración Del Macizo Colombiano
Cisca – Comité De Integración Social Del Catatumbo
Cna – Choco
Cna – Coordinador Nacional Agrario
Cna Huila
Colectivo Icaria – Antioquia
Colectivo Orlando Zapata – Antioquia
Colectivo Soberanía Y Naturaleza
Colectivo Surcando Dignidad – Valle
Comité De Integración Del Galeras – Ciga Nariño
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Antioquia
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Atlántico
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Centro
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Eje Cafetero
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Nororiente
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Suroccidente
Comité De Derechos Humanos De La Montaña De Samaniego – Nariño
Consejo Comunitario Del Remate Rio Telembi Nariño
Coordinador Nariñense Agrario
Corporación “Somos Mujer y Nación”
Corporación Aury Sará Marrugo
Corporación Jurídica Libertad – Medellín
Corporación Sembrar
Corporación Social Nuevo Día – Medellín
Cospacc – Corporación Social Para El Asesoramiento Y Capacitación Comunitaria
Cut – Subdirectiva Arauca
Escuelas Agroambientales De La Unión – Nariño
F.C.S.P.P. – Fundación Comité De Solidaridad Con Los Presos Políticos
Fcspp – Seccional Valle
Fedeagromisbol – Federación Agrominera Del Sur De Bolívar
Fedejuntas – Arauca
Frente De Mujeres Populares De Bolívar
Fundación De D.H Joel Sierra – Arauca
Fundación Del Suroccidente Y Macizo Colombiano – Fundesuma Nariño
Fundación Territorios Por Vida Digna – Cauca
Fundación Tomas Moro –Sucre
Kavilando – Antioquia
Lanzas Y Letras – Huila
Movimiento De Mujeres De Los Pueblos De Nariño
Movimiento Juvenil De Nariño
Movimiento Juvenil Macizo Joven De Nariño
Mujeres Sobre Ruedas
Organizaciones Sociales De Arauca
Periódico Periferia – Medellín
Pup – Poder y Unidad Popular
Proceso Nacional Identidad Estudiantil- Palmira
Proceso Nacional Identidad Estudiantil-Cali
Red De Jóvenes Populares De Cartagena
Red De Agrosembradores De La Cordillera Nariñense
Red De Chigreros De Guachavez – Nariño
Red De Familias Lorenceñas “Las Gaviotas” – Nariño
Red Proyecto Sur – Huila

Signer le Manifeste, ou aller à : http://www.tlaxcala-int.org/campagn…

michelcollon.info

Merry Christmas, les pauvres!

… ou plutôt : « Happy Holiday Season» !
Car, aux Etats-Unis, parler de « Noël » uniquement, c’est omettre tous les autres jours de fêtes religieuses qui ont lieu entre novembre et décembre : Noël, certes, mais également le lendemain de Noël (appelé « Boxing day », qui n’est pas le jour où on se livre à la boxe, quoique, mais le jour où on s’offrait traditionnellement les cadeaux), le 1° janvier, Hanoukka, l’Epiphanie, et Thanksgiving. Mais toutes ces fêtes religieuses, qui dégoulinent de bons sentiments et de guimauve, sont, évidemment, autant de prétextes à pousser à la consommation.
On ne se souvient peut-être pas, mais Bush avait annoncé joyeusement, trois mois après 9/11 , que les citoyens américains, pour narguer les « terroristes » qui avaient encastré des avions dans des bâtiments hautement symboliques, devaient tous … se précipiter dans les magasins pour faire des achats.
Quel cynisme et quelle misère intellectuelle.

onachevebienleschevaux.jpg
Photo tirée du film de Sydney Pollack “On achève bien les chevaux” (1969)
Voir des extraits ici

Cela n’empêche pas de s’intéresser aux miracles de Noël et à la charité bien ordonnée en cette période spéciale, surtout s’ils émanent de généreux donateurs comme les grands groupes privés.
La famille Klein, classe moyenne, blanche, habitait dans une maison dans les “suburbs” – villes à la périphérie des villes où s’est installée la « middle-class », bourgeoisie et petite bourgeoisie blanches, pour échapper à la mixité, qu’elle soit raciale ou économique, ou les deux.
Ca, c’était jusqu’à relativement récemment, où le capital n’avait pas encore décidé de s’attaquer directement à la middle-class blanche, du moins, où il avait commencé par les plus vulnérables, la classe ouvrière, noire, en particulier.
Une classe ouvrière qui avait pu accéder à la propriété et au paradis capitaliste, grâce à des emplois manuels bien rémunérés, accompagnés de protection sociale, comme l’assurance-maladie, payée, alors, par les patrons, mais qui avait perdu tout cela quand ces derniers avaient mis la clef sous la porte pour exporter la production et les emplois à l’étranger.
Et c’est ainsi que ces travailleurs s’étaient retrouvés au chômage ou avaient été obligés d’accepter des emplois deux fois moins payés et sans couverture médicale, dans le secteur des services, cumulant, si possible, plusieurs emplois pour joindre les deux bouts.
Pour revenir aux Klein, le sort s’est brusquement acharné contre eux ; le père, qui travaillait chez Ford, s’est retrouvé brutalement au chômage et leur fille souffre d’un cancer au visage.
N’ayant pas d’assurance-maladie, les Klein ont dû débourser jusqu’à présent plus de 100 000 dollars pour les dépenses médicales. Complètement ruinés, ayant, de surcroît, perdu leur maison, ils vivent désormais chez des voisins.
Une bien triste histoire, certes, mais une histoire banale à pleurer aux Etats-Unis aujourd’hui.
Mais la famille Klein a, dans son malheur, eu la « chance » d’attirer l’attention de l’émission Today, de la NBC.
Greg Palast raconte le reportage qu’il a vu dans : “ My Declaration of War on Christmas”, paru le 24 décembre 2011 .
« Today nous parle du ‘nouveau visage de la pauvreté en Amérique’.
En introduction, Today explique :

‘Plus de 49 millions d’Américains vivent actuellement sous le seuil de pauvreté et un certain nombre d’entre eux, comme la famille que vous allez voir se sont retrouvés ruinés à la suite de deux coups durs simultanés : la perte d’emploi et un très grave problème de santé’.

Oui, mais, voilà, les Klein, cette fois-ci ne sont pas passés à côté de la chance.
Et c’est ainsi que le “merveilleux personnel de Walmart leur a ouvert ses magasins, ses rayons et son cœur”, exulte celui (ou celle ?) qui annonce le reportage.
Un(e) responsable des relations publiques de chez Walmart explique aux Klein que la solution à leurs problèmes, c’est « faire du shopping » (cf. Bush, cité plus haut, même remède-miracle).
Parmi les articles offerts gracieusement par la maison Walmart aux Klein, il y avait des ordinateurs portables, un livre électronique Kindle, un téléviseur écran géant et toutes les merveilles que vend la multinationale qui casse les prix en exploitant les producteurs, les sous-traitants, et les employés qu’elle appelle cyniquement « associates », et qui, sous payés, n’ont souvent pas les moyens de souscrire à l’assurance-maladie que Walmart propose.
Voilà, donc, les Klein qui ressortent du magasin chargés de cadeaux encombrants et qui n’ont même pas de maison à eux pour les y installer, et pas d’argent pour payer l’électricité pour les faire fonctionner. Mais qu’importe ! A cheval donné, on ne regarde pas les dents.
Mais, ce n’est pas tout. Le commentateur annonce que Walmart leur offre le voyage en avion pour New-York où ils pourront aller dans l’émission Today rencontrer les deux animateurs. C’est pas une chance, ça ? Le chômage longue durée, la maladie de leur fille, ne sont que des aléas de la vie qui seront vite oubliés grâce à tout ce bonheur qui leur tombe dessus.
Et comme si tout cela ne suffisait pas : Walmart annonce qu’elle va payer les frais médicaux des Klein pendant toute une année !
Merci qui ?
Merci Walmart !
Et merci à tous ceux qui ont souscrit l’assurance-maladie de Walmart dont les remboursements seront encore plus limités pour faire de la place aux Klein.
Mais c’est ça, la solidarité, non ? On ne peut tout de même pas laisser une famille dans le désespoir le jour de Noël. Ce serait trop cruel.
Cette séquence de l’émission était, je vous le donne en mille, sponsorisée par … Walmart.
Alors, bon, pas besoin de faire un dessin, le cynisme de ces gens-là est incommensurable.

Dans le même ordre d’idée, il y a eu aussi le coup de marketing de Nike qui a tourné, de façon prévisible, à l’émeute – le nombre de paires de chaussures commercialisées étant bien inférieur à la demande.
”La faute à qui?”, disent les mêmes cyniques. La faute aux gens, qui ne sont vraiment pas raisonnables, et que la police est obligée de bousculer, au risque de se faire mal.
Pendant ce temps-là, au Congrès US, il était question de voter pour ou contre la prolongation des indemnités pour les chômeurs longue durée.
En temps ordinaire, cette indemnité n’est plus versée au bout de six mois de chômage. Cependant, depuis le début de la récession en 2007, le Congrès avait prolongé cette période d’indemnisation jusqu’à 99 semaines.
Or, selon le ministère du Travail, plus de 2 millions de chômeurs longue durée étaient susceptibles de perdre leurs aides (en moyenne 300 dollars par semaine) d’ici Noël.
Les démocrates proposaient de prolonger à nouveau la période d’indemnisation, mais les républicains et certains démocrates conservateurs s’y opposaient farouchement, disant que cela coûterait trop cher à l’Etat, et augmenterait encore la dette qui s’élève à près de 14 mille milliards de dollars.
Une paille. La faute à ces fainéants de chômeurs, probablement.
Cette prolongation a, finalement, été votée au Congrès le … 23 décembre dernier. Ric-rac, quoi.
Ce qui ne veut pas dire que les démocrates sont des bons samaritains, mais qu’ils flattent leur électorat (ou plutôt, essaient de le récupérer) à peu de frais.
D’autre part, tout étant privatisé, cet argent public va directement dans la poche du privé. Gaz, électricité, assurances et tout ça. Un transfert tacite du budget de l’Etat vers les multinationales – qui ne peuvent pas perdre, hein ? Ses deux Pitbulls veillent, chacun à sa manière.
Car, élus républicains et démocrates sont bien chacun dans leur rôle, et s’entendent comme larrons en foire pour faire des frayeurs aux sans grade dans la mouise et les culpabiliser en leur donnant l’aumône. Question qu’ils ne se révoltent pas pour exiger des emplois de ces groupes privés qui leur rient au nez et qui sont les vrais et les seuls bénéficiaires de la manne publique.

Quant à l’assurance-maladie, eh bien, il y a toujours plus de 40 millions de personnes aux Etats-Unis qui n’ont pas d’assurance. L’ « Obama Care » est censé être mis définitivement en application sur le plan national d’ici … 2016 ! Il y a encore loin de la coupe aux lèvres, donc. Une « réforme » « urgente » qui prend autant de temps à se mettre en place? c’est du jamais vu.
Mais, de toute façon, cela n’arrangera rien du tout. Simplement, grosso modo, tous les citoyens USaméricains auront l’obligation de prendre une assurance-maladie (quelles que soient les prestations qu’elle offre et à quels tarifs) sous peine d’amende fiscale.
Et, donc, ceux qui prendront une assurance minimum pour payer un minimum, auront des remboursements ultra-minimum.
Et je doute que les Klein auraient bénéficié de remboursements de soins pour leur fille avec une assurance-plancher.
Mais tout cela, c’est terriblement terre-à-terre et pessimiste en cette période de « Happy Holiday Season ».
En plus, on ne peut pas vraiment se plaindre : à part les bombardements de routine, ça fait près de deux mois qu’ils n’ont pas jeté de bombes au phosphore sur de nouvelles populations innocentes. Alors, HEIN?

http://blog.emceebeulogue.fr/post/2011/12/28/Merry-Christmas%2C-les-pauvres!

Combien de « Kraft Dinner » dans un Furtif B-2 Spirit?

Furtif : 2.2 milliards de dollars US… X par 132. Sans compter les « imprévisibles »

Pendant ce temps, aux États-Unis, 45 millions de gens ont des problèmes d’alimentation.

Mais les dernières estimations vont plus loin: 65 millions. Comme en Corée du Nord, en pourcentage, ou presque…

***

Dans un reportage de CBS ( voir vidéo),   on verra des enfants pleurer parce qu’ils n’ont pas suffisamment à manger au point d’être incapables de dormir. Le plus triste est qu’ils se sentent « responsables » de leur situation. Certains veulent abandonner l’école pour travailler.

Certains se privent d’électricité pour balancer leur budget en fermant les lumières le soir.

- Combien d’entre vous font au lit, affamés?

- Combien d’entre vous ferment les lumières de la maison?

- Comment faites-vous pour étudier le soir sans lumière?

« Nous utilisons des chandelles ou des lampes de poche »

En Floride, le « foreclosure » a touché un millions de foyers et on en attend un autre million.Devant une telle misère, des mères découragées, cherchant des refuges se font consoler par leurs enfants.

- Que dites-vous à votre mère pour la consoler?

- I love you, Mom!

Certains vivent à 4 dans une pièce. Même des étrangers acceptent des résidents dans leur maison.Ce jeune garçon dira qu’il a pris énormément de maturité.

Des familles ont dû se séparer pour vivre chez des parents et se retrouvent de temps en temps pour une période courte.

Certains cherchent du travail, vivant dans un motel, sans travail. Voici la pancarte qu’il affiche pour trouver un job.

Aux États-Unis il est permis – sans que cela soit un scandale national – que les enfants n’aient pas suffisamment à manger. Le programme national de télévision de CBS News, 60 Minutes, a récemment montré les visages et les histoires de familles sans toit, dont les enfants ont dit ce qu’ils ressentent quand ils ne mangent pas suffisamment. Plus de 16 millions de mineurs vivent dans la pauvreté -2 millions de plus qu’avant la crise économique qui a éclaté en 2007 – et on constate que c’est l’écroulement le plus rapide de la classe moyenne jamais arrivé depuis que le gouvernement a commencé à les mesurer, il y a demi-siècle, explique CBS News.Lien

It you can not pay the Bank, you are on the street.
This family live in the car. They have no other place to live.
This girl is an « American traveller ». She lives on the cargo trains.
This family is lucky. They have got a new place to live in a public place.
Calefornia dreaming. Homeless in LA.
On a dollar a day, its always possible to get a cup of coffee.
Most of the native Americans live below the poverty line.
Social benefits. At last the chance to get a warm bowl of soup.
The electrical poles are out of range. The new American poor are out in the woods.
The skyline in Sacramento have got new tents, where Arny has his seat of power.
Life seen through a window of a tent in Detroit.
Houses up for sale, to raise fresh funds for the Fedreral Government.
Yesterday General Motors (GM) launched an IPO on Wall Street. These home owners in Detroit were not invited.
No invitation to American tea-parties for these hungry souls on Capitol Hill.

Les grottes à 220,000$

« The second thing I’am gonna do is starting  investing in America’s infrastructures… We must rebuilt our roads an bridges . So, American people will have a place to live on…

Steve Bridges, parodie d’Obama

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Peu importe la façon d’analyser ces données, un fait demeure: les propriétaires de maisons n’ont jamais nagé dans un tel océan de dettes. «La récente folie dépensière a laissé les consommateurs plus endettés et épuisés que jamais», a fait valoir Diana Petramala, économiste à la Banque TD, dans un rapport publié hier.

Les taux d’intérêt historiquement bas ont enflammé la demande pour les habitations depuis le début de l’année, ce qui a propulsé les prix à des records. La valeur moyenne d’une maison s’est établie à 344 968$ en avril au pays, un niveau 23% plus élevé que le creux de janvier 2009.

Cyberpresse, Maxime Bergeron

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«On a vécu comme des chiens qui pouvaient manger autant qu’ils le voulaient. Un chien va manger tout ce qui est devant lui, même si ça le rend malade. On a fait exactement la même chose.» Stephen Jarislowsky . Cyberpresse

Ça m’étonne qu’on n’enseigne pas la nature humaine dans les écoles, dit-il. Si elle ne change pas, ça serait pourtant facile!» Cyberpresse

De la grotte au château

Vous êtes nu, vous courez sous la pluie, un éclair frappe un arbre à vos côtés… Qu’est-ce que vous cherchez? Un abri…

C’était il y a 10,000 ans. On n’était pas encore à l’heure de l’hyper sexualisation, mais on se couvrait tout de même d’un cache sexe : car, voyez vous, quand on s’est fait poursuivre par un ancêtre du porc, et qu’il a faut  passer par une roseraie, on comprend que la douleur a besoin d’être un peu soulagée à certains endroits où la sensibilité est à fleur de pot.

Il pleut, il neige, il fait froid… Soulager! Ce n’est pas un concept abstrait, c’est une nécessité vitale.

Pour vraiment comprendre une chose il faut obligatoirement en chercher la nécessité et non le luxe.

Deux anecdotes

1. Mon beau-frère, qui a un gros « moi » , voulait faire réparer le petit toit d’une maisonnette de 8X12 pieds. 700$. Quelques pieds de bardeaux d’asphalte et deux ouvriers…

2. Un type de notre région, qui avait acheté une vieille maison il y a 20 ans, au prix d’environ 45,000$ l’a revendue à 225,000$.

Il avait trouvé un amateur de « bucolique », amoureux du Fleuve Saint-Laurent… Le luxe de se  « croquer  » un duo paysage-Bagel, pendant que les mouettes lui feraient des « waves » dans le ciel bleu…

La mélopée des « investisseurs »…

Il y a quelques mois, le maire Labeaume se félicitait du marché immobilier à Québec.

Selon les données compilées par Le Soleil, un acheteur devait étaler en moyenne 205 000 $ à Québec au dernier trimestre pour acheter une maison unifamiliale, soit le double du prix moyen payé en 2002 (102 000 $). (…)

Le résidant de Québec  s’est donc « enrichi ». Une bonne nouvelle pour le vendeur, mais une mauvaise pour l’acheteur…

En effet, depuis des décennies, on a cessé de claironner que les maisons étaient un investissement sûr. Au point ou les joueurs ont investis dans leurs avoirs futurs. Avec des conseillers  fiévreux,   vendeurs-harponneurs,  on a vu la crise immobilière aux États-Unis.

L’annonce faite à la mairie…

Stephen Jarislowsky : «Si vous regardez les prix de l’immobilier depuis les 30 dernières années, vous allez vous apercevoir que les valeurs ont grimpé de près de 428%. Ils auraient du monter de seulement 332% si on tient compte de l’inflation et de la productivité du pays. Seuls ces deux éléments doivent faire monter les prix de l’immobilier. Si les prix à long terme montent plus vite que ça après 100 ans plus personne ne pourra vivre dans une maison.» Canoe

Peuf! Il n’y a pas de danger… Il n’y a jamais de danger avec les vendeurs qui ont des visions à court terme… celle de « leur » vie. Si vous parcourez les pages  des agents en immobilier, vous allez constater que leur  optimisme pourrait  faire s’élever  une montgolfière en béton.  Et pourtant, voyez le tableau du passé :

Pour Benjamin Tal, économiste pour les Marchés mondiaux CIBC, même si l’activité sur le marché de l’habitation fluctuera au cours des 20 prochaines années, le prix réel moyen des maisons reflétera le rendement des deux dernières décennies.
Dans l’hypothèse d’un taux d’inflation annuel de 2%, il affirme que le prix des maisons au Canada devrait doubler d’ici 2026.
Maison Web

Il veut vous signifier que vous allez vous enrichir encore plus. Mais il n’indique pas que vous allez payer  – étalé sur 35 ans – le double  du prix de la maison. À 5%, c’est plus que le double.

Calculez : doublé en 10 ans et doublé en 15 ans.

Ajoutez les taxes foncières doublées, l’entretien – car au bout de 20 ans, votre hutte est ravagée par l’air salin ou autres imprévus… La majoration des coûts des matériaux…

Les nuances : les requins au Botox

Quand grand-maman B – une résidente de notre coin –  s’est vu offrir 345,000$ pour sa maison, elle n’a pas souri, elle est demeurée figée. Puis elle a décidé de rester dans SA maison… Une maison ancestrale,  bâtie à coups d’amour…

Mais d’où viennent donc tous ces acheteurs?

Vous allez penser que ce sont les baby-boomers à gros salaires? Il en est… Mais ils ne représentent pas la majorité. En fait, ces acheteurs  proviennent d’une période de floraison des petits et moyens entrepreneurs qui pouvaient créer une entreprise- ou poursuivre la familiale–   dans un monde qui le permettait.

Avant que n’arrive la caravane des requins aux Botox, qui ont entrepris d’avaler les petits entrepreneurs.

Ils étaient plusieurs milliers au Québec et ailleurs à s’enrichir honnêtement dans un labeur difficile mais qui rapportait suffisamment pour leur permettre un capital assurant une retraite dite dorée.

La création du concept du Wal-Mart,   des concentrations,  de la mondialisation,  a hélas!, anéanti cette « race » de petits et moyens entrepreneurs. Il en existe de moins en moins.

Et ce sont ceux-là qui ont eu les moyens de barguigner et d’acquérir leur liberté 55.

Si vous n’avez pas compris, je vais vous expliquer : ce n’est pas la richesse totale qui a permis à ces gens de profiter de la vie, c’est la richesse étalée et non concentrée.

La concentration de la richesse n’est pas un enrichissement social, c’est une pauvreté étalée.

Comprenons que si nous passons 35 ans à se payer une grotte, les dix ans de surplus est une perte au bout de la vie. Et en qualité… Tant sur le plan de la santé personnelle que celui de ladite santé financière… Même celle de l’État… Un « vieux » dépendant de l’État, coûte plus cher à l’ensemble des « fournisseurs »…

Les conseillers financiers et leur monde virtuel

Les voilà qui entrent dans vos téléphones, vos courriers électroniques, et à la télé… Un lignage  agacé de constater  que le Québécois n’investit pas suffisamment pour sa retraite. Même l’expression « bas de laine » a disparu… Ils geignent, se plaignent, se tordent, s’inquiètent! Je ne connais pas l’épaisseur des verres de leurs lunettes, mais pour la « réalité », ils auraient besoin d’un optométriste.

Les travailleurs commencent à travailler à un âge tardif, souvent endettés par les études, ou font un doctorat en cégep … Le système d’éducation leur permettant…

Bref, la période dite active se rétrécit de plus en plus… Avec un salaire moyen de 40,000$, ils survivent.  Et comment vivront-t-ils dans 20 ans?

Le conseiller financier a le neurone d’un gris qui rappelle les champignons qui ont séjourné trop longtemps dans le frigo : ils présentent des bulles éparses de pourritures molles et peu alléchantes.

C’est un schizophrène de salon de thé qui encourage l’épargne – au point de faire ses griffes sur vos dossiers après sa pause-café – dans un monde ou « la totale » est l’encouragement au crédit.

L’avenir : le citronnier séché

Faites le calcul de ce que nous léguons, avec un pareil système à nos enfants… En incluant tous les facteurs entourant les autres coûts annuels d’une maison, son entretien, les salaires à venir, les imprévus, etc. Je me demande qui pourra avoir un toit. Non seulement en visant le côté propriétaire mais celui également de locataire.

Certains dépensent  jusqu’à 40% de leur salaire brut pour l’achat d’une maison ou la location d’un appartement.

Si les conseillers  se demandent pourquoi les québécois investissent peu pour leur retraite, c’est qu’ils n’ont pas les moyens de se payer un « futur »…
La raison est simple : l’art de la finance, présentement, est de faire du jus de citron, même avec la pelure…

Allons-nous manquer de produits alimentaires?

Le capitalisme néolibéral est en train de tuer les sociétés parce qu’il a tout subordonné au rendement maximal du capital au bénéfice des actionnaires. Et il a fait de la finance internationale l’instrument de ponction sans retenue de la substance de toute activité.

Ces derniers mois, après une débâcle financière qui a révélé au grand jour la nocivité de la libre circulation des capitaux, la spéculation s’est emparée d’une nouvelle cible de choix : les céréales, contribuant à déclencher une crise alimentaire majeure au sein de populations déjà rendues exsangues par l’abandon des cultures vivrières et la dérégulation des marchés agricoles.

par Reinhard Koradi, Dietlikon

Pourquoi cette question, alors que les devantures de magasins d’alimentation regorgent de produits? Alors que dans notre société d’abondance, tout n’est qu’une question de pouvoir d’achat. Ou y a-t-il néanmoins quelques raisons sérieuses de réfléchir à l’approvisionnement en produits alimentaires? On observe différents signaux d’alerte – partiellement occultés – mais ils sont là. On nous met déjà en garde contre des augmentations de prix dans le domaine de l’alimentation – et ce que des prix élevés pour des produits alimentaires déclenchent, nous a été clairement montré ces derniers temps. Les troubles politiques en Tunisie, Egypte et Algérie ont certainement des racines plus profondes – mais les prix du pain de plus en plus élevés ont soulevé la population et l’ont poussée dans la rue.

Basées sur le Rapport sur l’agriculture mondiale, trois questions se trouvent au centre de cet article, auxquelles nous devrons tôt ou tard trouver des réponses également dans nos régions.
•    Existe-t-il des moyens pour diminuer de façon décisive le problème de la faim et de la pauvreté dans le monde?
•    Comment peut-on protéger les ressources naturelles de l’exploitation et de la destruction?
•    Comment faut-il poser des jalons pour une sécurité de l’alimentation suffisante?

Les bases de production et le savoir existent

Au mois d’août 2008, le Rapport sur l’agriculture mondiale, commandé par les Nations Unies et la Banque mondiale a été publié.
Plus de 500 scientifiques ont résumé l’état des connaissances sur l’agriculture globale, sur son histoire et sur le libre accès aux connaissances, aux terres, aux semences, aux produits alimentaires et à l’eau. (Horizons et débats a plusieurs fois traité de ce rapport). Le rapport démontre des solutions, mais met aussi en garde contre de fausses pistes. Ce qui est déterminant, c’est la constatation que la terre dispose de suffisamment de res­sources pour nourrir la population mondiale de façon satisfaisante. Le savoir nécessaire ne manque pas non plus. Mais les principes de départ, tels qu’«agriculture industrielle» et «économie de marché», ont eu des dérapages pour conséquence. Ainsi, on a poussé à la monopolisation des marchés agricoles (concentration des facteurs de production dans le domaine alimentaire) et à la destruction, par l’agriculture dirigée globalement, des structures de production basées sur les entreprises fami­liales de petits paysans.
L’agriculture industrielle exploite les ressources naturelles disponibles de la terre. Elle remplace le travail humain par de l’énergie fossile, à l’aide de grands moyens techniques et agrochimiques. L’agriculture industrielle exige d’énormes quantités de pesticides et d’engrais chimique et absorbe environ 70% des ressources mondiales d’eau potable.

Continuer comme jusqu’ici n’est pas une option

Le Rapport sur l’agriculture mondiale fait un sort définitif au mythe de la supériorité de l’agriculture industrielle dans une perspective économique, sociale et écologique.
Il formule au lieu de cela comme nouveau paradigme pour l’agriculture du XXIe siècle, des structures de petits paysans – avant tout pour l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine.
Les chances – de vaincre la faim – sont donc absolument intactes. Il suffirait d’une approche différente dans l’économie agricole – comme d’ailleurs dans d’autres domaines écono­miques. La libération de l’OMC, du FMI et de la Banque mondiale des contraintes posées par quelques rares «Dagobert Duck» faciliterait certainement cette «Révision des modes de pensées». La passion du lucre devrait céder le pas au principe de «servir les humains». L’activité économique doit être un service à la communauté et doit s’orienter en primeur d’après les besoins fondamentaux des hommes. Appliqué à l’économie agricole, cela signifie qu’il faut confier la production, la transformation et la distribution de produits alimentaires, surtout dans des régions peu développées, à des structures de petites entités intégrées localement en réseaux. Elles sont les garants les plus importants et le plus grand espoir d’un approvisionnement alimentaire socialement, économiquement et écologiquement durable pour une population mondiale croissante.

Les conséquences du Rapport sur l’agriculture mondiale n’ont pas (encore) été tirées

La peur de la faim est présente. A la question: Quel est le problème le plus important qui se pose en ce moment dans le monde?, une enquête faite en janvier/février 2009 par l’«Euro-baromètre» cite les réponses suivantes: deux tiers des personnes interrogées voient comme problème le plus important pour le monde la pauvreté croissante, les produits alimentaires faisant défaut et l’accès insuffisant à l’eau potable (66%). En deuxième position vient la crise économique mondiale (52%), en troisième lieu le changement climatique (50%), puis suit la peur du terrorisme international (42%), et à la cinquième place nous trouvons les «conflits armés» (39%). (cf. «Neue Zürcher Zeitung» du 17/11/10).
En 1990, 822 millions de personnes souffraient de la faim, en 2008 on en comptait déjà 963 millions et aujourd’hui ça dépasse le milliard. Chaque année, 8,8 millions d’hommes meurent à cause d’un approvisionnement insuffisant en nourriture ou en eau propre.
Répartis par régions, en Asie 524 millions d’hommes souffrent de la faim, en Afrique subsaharienne 206 millions, en Amérique latine 52 millions et au Proche-Orient 38 millions, et ceci dans une mesure mettant la vie en danger. Par rapport au niveau de développement des économies nationales, dans les pays en voie de développement, 820 millions de personnes, dans les pays émergents 25 millions, ne parviennent pas à se nourrir suffisamment. Mais même dans les pays industrialisés, la faim s’étend de plus en plus. Apparemment la pauvreté et la faim se côtoient de très près.

La faim n’existe pas que dans les pays en voie de développement

En Suisse, environ 9% de la population (env. 800 000 personnes) vit sous le seuil de pauvreté. Pour une personne seule, cette limite se situe à 2300 francs, pour un ménage monoparental avec deux enfants à 3900 francs et pour un couple avec deux enfants à 4800 francs.
Les produits alimentaires peuvent se faire rares pour ces personnes parce qu’elles manquent du pouvoir d’achat nécessaire. En Suisse, la «Table suisse» aide, sous le slogan «distribuer la nourriture au lieu de la jeter» les personnes défavorisées et nécessiteuses.
Dans douze régions, des produits alimentaires excédentaires impeccables sont remis gratuitement par des grossistes, des producteurs et des détaillants à des institutions sociales qui s’occupent de concitoyens frappés par la pauvreté.
Rien que le grand distributeur Coop livre chaque année 1830 tonnes de produits alimentaires à la «Table suisse» qui sans cela finiraient aux ordures.
Combiné avec la crise financière et économique pas encore résolue, la problématique de la pauvreté et par suite de la faim connaît un regain de dynamisme. Une probléma­tique qu’on néglige facilement tant qu’on est ébloui par la surabondance.
Nous ne pouvons certainement pas comparer la catastrophe de la faim dans les pays moins développés avec la situation des mé­nages à faible revenu de nos latitudes. Pour les peuples des Etats peu développés, la situation est bien plus dramatique – là-bas, il s’agit de la survie.

Les bases naturelles de la production de produits alimentaires sont menacées

La sécheresse persistante de l’été dernier en Russie a eu pour conséquence des augmentations explosives des prix du marché céréalier. Ainsi, dès le début du mois de juin, le prix a presque doublé en raison de la sécheresse record et des incendies (arrêt d’exportation du blé). Dans les pays de la Communauté des Etats indépendants (CEI) la production du blé s’est effondrée de 29% comparée à l’année précédente, en raison du climat.
En Australie, les inondations ont dévasté 18% des surfaces cultivables de canne à sucre, et environ 10 millions de tonnes de la récolte de blé déjà stockée – c’est-à-dire 50% de la récolte totale – ne peuvent plus être transformées en farine suite aux inondations. Entre-temps les Nations Unies annoncent les prix les plus élevés à l’index des prix des produits alimentaires de la FAO depuis son introduction en 1990. De janvier 2010 à janvier 2011, les prix de cinq produits alimentaires sélectionnés (lait, viande, céréales, huiles et graisses) ont augmenté de 180 points à 231 points à l’index. Les produits qui ont connu une augmentation extrême du prix sont le blé, (doublement), le sucre, les céréales ainsi que les huiles et les graisses. Les prix de la viande et du lait sont par contre restés relativement stables. (La production et l’approvisionnement du lait dépendent d’une organisation localisée. Elle se prête guère à la spéculation, en raison du grand nombre des sites de production géographiquement répandus.)
Les conditions météorologiques partiellement peu favorables (chaleur, suivie de quantités de précipitations relativement élevées) ont provoqué également en Allemagne et en Suisse des déficits de récoltes. La récolte de blé a encaissé une perte de 11%. Dans toute l’UE, la saison de la pomme de terre a subi les caprices du temps dès le printemps. Ce sont avant tout la chaleur et la sécheresse qui ont fait souffrir les cultures, de sorte que les rendements ont nettement baissé sous le niveau de l’année précédente. En Allemagne, on a récolté environ 9,5 millions de tonnes de pommes de terre. Comparé à l’année précédente, cela représente une baisse de 1,9 millions de tonnes. La réduction de la surface cultivable de 3% à 255 200 hectares est, avec les conditions météorologiques défavorables, une raison de la récolte plus petite. En Suisse, on parle d’une récolte de pommes de terre qualitativement bonne. En 2010, on a récolté environ 421 000 tonnes (dont 70 000 tonnes de pommes de terre de table). Sur une surface diminuée de 2,9%, on a récolté, par rapport à l’année précédente, 10 000 tonnes de pommes de terre en moins. Pour la pomme de terre, la Suisse révèle d’ailleurs un degré d’autosuffisance au-dessus de la moyenne avec 90%. Il y a des différences selon les régions, mais cela n’enlève rien au fait que les rendements agricoles sont de plus en plus soumis à des pressions en raison de conditions de production défavorables. Une pression qui augmentera probablement dans les années à venir.

Le changement climatique aggrave les goulets d’approvisionnement

Dans l’économie agricole, les changements climatiques attendus produiront des effets sur le rendement des cultures, la production animale et les sites de production. Les régions irriguées par les glaciers des Andes et de l’Himalaya sont frappées de façon particulièrement dure: alors que les glaciers fondent, des inondations menacent. Une fois qu’ils ont disparu, une période de sécheresse durable s’installe. Les deux tiers de l’Afrique sont déjà atteints par la sécheresse et l’aridité. Le changement climatique renforce ce processus d’expansion du désert.
La désertification progresse et s’étend sur environ deux cinquièmes de la surface de la terre, ce qui correspond au triple de la surface de l’Europe. Un milliard de personnes sont concernées qui vivent à la campagne. Les causes fréquentes de la désertification sont une irrigation inadaptée qui entraîne la salification du sol (par exemple dans certaines parties de la Chine et de l’Inde), la déforestation et l’exploitation abusive des sols combinée avec des monocultures étendues (comme la culture du soja au Brésil).
Ailleurs – comme dans le sous-continent indien – ce sont de violentes précipitations à croissance rapide qui sont la cause de la destruction des cultures et des récoltes.
Le changement climatique pourrait même provoquer, au moins à brève échéance, dans quelques régions du nord de l’Europe, d’Asie et d’Amérique une croissance de la productivité de l’agriculture. Mais des régions céréalières importantes du monde, telles que le centre occidental des USA, des parties de l’Inde et de la Chine ainsi que le Brésil, doivent compter à moyen terme avec de drastiques pertes de récoltes.

Energie au lieu de nourriture

La crise de l’énergie constitue un danger pour les ressources de la production alimentaire. De plus en plus de produits agricoles finissent dans la cuve au lieu de l’assiette. La tromperie légitimée par l’étiquette «protection de l’environnement», consistant à utiliser des produits alimentaires pour l’approvisionnement en énergie au lieu d’en nourrir les hommes, ne fait pas que détruire des ressources (monocultures). Elle vole aussi la terre aux hommes des campagnes, terre dont ils ont un besoin urgentissime pour leur propre approvisionnement.
Plus de denrées alimentaires pour de l’essence signifie également que les produits alimentaires se raréfient et renchérissent. Surtout quand la spéculation provoque de sauvages fantaisies. En 2007 et en 2008 déjà des escalades de prix des produits agricoles ont provoqué des «révoltes de la faim» de gens en colère parmi les populations pauvres. Les prix des produits alimentaires vitaux ont explosé entre autres parce qu’en raison de l’augmentation des prix du pétrole, la production de biocarburants à base de céréales devenait de plus en plus lucrative.
La crise alimentaire avec ses prix céréaliers records, ainsi que la demande énorme de biocarburants ont fait que des terres agri­coles disponibles, fertiles et bon marché passent entre-temps pour un investissement particulièrement profitable.

La terre, objet de spéculation

Actuellement les investisseurs misent sur l’équation «pénurie de terres cultivables égale hausse des prix des produits alimentaires». Face à la crise financière, ils recherchent des placements attractifs qui ne dépendent pas des cycles boursiers et investissent à tous les niveaux de la chaîne alimentaire, à commencer par des terres déjà cultivées. Selon des études scientifiques datant de 2002, on constate que le 1,4 milliard d’hectares de la surface globale des terres agricoles des pays industrialisés ne pourra plus guère être augmenté. Il reste encore quelque 875 millions d’hectares que pourraient ajouter les pays émergents et du Tiers monde. Et si l’on ouvrait à l’agriculture quelques écosystèmes forestiers, cela pourrait ajouter encore quelque 525 millions d’hectares.
Ainsi, des entreprises et des fonds de place­ment, mais aussi des gouvernements étrangers – entre autres la Chine, la Corée, Israël, le Japon et des Etats arabes – ont en quelques années acheté déjà en Afrique 20 millions d’hectares de terres. C’est là la plus importante modification de propriété depuis la fin de la période coloniale. Les investissements de ces pays dans les terres agri­coles africaines ont pour objectif prioritaire leur propre sécurité alimentaire. «Après les spéculations débridées sur le marché des céréales et la hausse massive des prix de l’alimentation, ils ont perdu confiance dans le marché mondial. Ils ne veulent plus dépendre de spéculateurs, ils préfèrent avoir eux-mêmes le contrôle d’une production garantie des produits alimentaires.»
Un tel «accaparement des terres» a été qualifié de «néocolonialisme» par Jacques Diouf, président de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Des multinationales du secteur financier, dont le Blackstone Group, la Deutsche Bank, Goldman&Sachs et Dexion Capital ont, elles aussi, investi dans de nouvelles enclaves agricoles au cœur de l’Afrique.
L’International Finance Corporation (IFC), filiale de la Banque mondiale, s’est engagée fermement en faveur du «développement de l’agrobusiness». En septembre 2008, elle annonçait que, suite à la crise alimentaire, elle augmenterait massivement ses investissements rentables en Afrique, en Amérique latine et en Russie. Une partie de ces investissements a été jusqu’à présent utilisée dans des régions peu développées en matière agricole. En 2008, l’IFC a investi 1,4 milliard de dollars dans les multinationales agroalimentaires pour développer les chaînes d’approvisionnement.

Urbanisation et écologie

L’extension des zones résidentielles, de l’urbanisation, détruit les terres arables et retire le sol à l’agriculture. L’urbanisation transfère les modes d’existence urbains dans les régions rurales. Ce processus s’observe depuis des siècles mais dans les dernières décennies, il s’est propagé à une vitesse inouïe dans les pays émergents et les pays en développement. Dans les pays développés, l’urbanisation a été remplacée par une sub-urbanisation, c’est-à-dire que les villes se sont étendues de plus en plus dans les espaces voisins qui appartenaient jusqu’alors à la campagne.
En Suisse, les agglomérations s’étendent le plus souvent aux dépens des terres agricoles. Entre 1994 et 2006, 14,2 kilomètres carrés de terres agricoles ont disparu chaque année. Par rapport aux chiffres de la période précédente, allant de 1982 à 1994, où la perte de sur­faces agricoles était de 20,8 kilo­mètres carrés, il y a eu un ralentissement. Néanmoins, la part des terres agricoles par rapport à la surface productive totale de la Suisse a baissé de 44%, selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique.
Outre la nouvelle urbanisation, l’écologie et une idéologie sur-protectrice de la nature menacent parfois les bases naturelles de production des agriculteurs. La révision partielle de la Loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage prévoit la création de nouveaux parcs d’importance nationale. Selon leur situation et leur taille, ils seront répartis en parcs nationaux, parcs naturels régionaux et parcs naturels periurbains. Environ 14% de la surface totale du pays devront être réservés à ces parcs qui seront situés dans les régions rurales.

La Suisse, oasis de bien-être et de terrains de jeux

Aujourd’hui, on oppose l’écologie à la production agricole. Les paysans voient leur production limitée par les vastes espaces attribués aux parcs et parce que des réglementations de politique écologique (paiements directs) restreignent leur liberté de travail. Pour tout citoyen ouvert et bien informé, il est clair que l’aptitude à utiliser judicieusement les ressources naturelles est une qualité propre au paysan. En effet, lequel d’entre eux aurait l’idée de détruire son bien et les bases de son existence?

Rendre sa place à la sécurité alimentaire

Allons-nous manquer de produits alimentaires? C’était au départ la question.
La réponse peut varier, selon ce que l’on entend par «nous». Ce qui est évident, c’est que les terres destinées à la production agricole se font rares. Et moins de terre, moins d’agriculteurs. Cette perte progressive de terres productives dans le pays réduit la possibilité d’assurer l’approvisionnement de la population indigène. La dépendance par rapport à l’étranger et aux manipulations spéculatives du marché augmente. Aucun pays ne devrait sacrifier au marché la sécurité de son approvisionnement et la qualité de son alimentation.

La sécurité et la souveraineté alimentaires également pour les pays industrialisés

Il y a deux exigences valables pour tous les Etats, y compris la Suisse. L’une s’appelle sécurité alimentaire et l’autre souveraineté alimentaire.
«La sécurité alimentaire est une situation existant lorsque tous les individus ont en tout temps un accès physique, social et écono­mique à suffisamment de produits alimentaires sûrs et riches en substance nutritives répondant à leurs besoins et à leurs préférences pour une vie active et saine.»
«La souveraineté alimentaire est le droit de la population et des Etats souverains de déterminer eux-mêmes leur politique agricole et alimentaire de manière libre et démocratique.»
Le document de l’Office fédéral de l’agriculture intitulé «Agriculture et filière alimentaire 2025», parle très peu de la sécurité et la souveraineté alimentaires. Nous ne protégeons ni les ressources ni les infrastruc­tures et nous ne recherchons pas un degré élevé d’autosuffisance. Lorsqu’on parle de «compétitivité», on pense plutôt à une stratégie de qualité orientée vers l’exportation liée à des prix minimaux (prix fondés sur le niveau du marché mondial ou de l’UE). La devise est: augmentation du rendement grâce à l’augmentation de la taille des exploitations! On pourrait penser qu’il s’agit de diviser le marché en deux: la qualité pour les riches et la production de masse pour les pauvres. A cela on ajoute une étiquette écologique, le label «multifonctionnalité». Le système de paiements directs développé dans ce sens dissimule un système de réglementation et de contrôle des paysans qui prend de plus en plus d’aspects centralistes et dirigistes. A l’aide de l’accord de libre-échange (EU/OMC), on veut enserrer l’agriculture suisse dans un corset néolibéral, jusqu’à l’étouffer. Le libre-échange ne peut pas fonctionner pour les produits alimentaires vitaux, tout économiste sérieux le sait. En revanche, comme moyen de pression politique pour s’attaquer aux droits souverains, le libre-échange est un catalyseur bienvenu.

Approvisionner la population en produits alimentaires est un devoir

A moins que nous recherchions le chaos, le temps est venu de prendre nos responsabi­lités dans le cadre des possibilités nationales. Si l’on veut que les individus, où qu’ils vivent, puissent se nourrir sainement, les pays riches ont le devoir d’assurer leur approvisionnement en produits alimentaires autant que possible sur la base de leurs propres ressources; et cela par solidarité à l’égard du Sud.
C’est pourquoi nous avons besoin de tous les paysans, en Suisse également. Ils sont les garants d’un approvisionnement alimentaire durable et à petite échelle. Ils veillent à ce que nous ne soyons pas à court de nourriture.    •

L’explosion des prix des denrées alimentaires provoque des révoltes

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) constate ceci dans son Rapport: «Toutes les six secondes, un enfant meurt de malnutrition dans le monde. Quant aux adultes, n’en parlons pas.» Et Jacques Diouf, secrétaire général de la FAO, de renchérir: «La faim reste la plus grande tragédie dans le monde.» On ne s’étonnera donc pas des pronostics sombres pour l’année 2011. L’un des experts les plus réputés en matière de produits alimentaires, le Français Philippe Chalmin – conseiller du gouvernement français – entrevoit déjà pour fin avril, vers Pâques, l’explosion de révoltes de la faim, cela du fait du renchérissement considérable des produits alimentaires dans le monde. L’explosion des prix a déjà provoqué de graves troubles. En Inde, une «révolution des oignons» a fait de nombreux morts. Des manifestations se préparent au Bangla­desh, au Pakistan et dans les premiers pays d’Afrique …
En 2008, la FAO comptait plus d’un milliard de personnes souffrant de la faim. Certes, ce nombre est descendu à environ 925 millions en 2009 et 2010, mais les nouvelles hausses de prix me­nacent de réduire ce progrès à néant. Le renchérissement est surtout pro­voqué par les catastrophes naturelles dans les pays agricoles. Les feux de forêts en Russie ont entraîné une interdiction d’exporter, le pays pensant d’abord à sa population. L’Argentine subit depuis deux ans des séche­resses, et maintenant des inondations ont dévasté l’Australie. A cela s’ajoute l’appétit grandissant, notamment pour la viande, de la Chine et de l’Inde, avec leurs milliards d’habitants, lequel nécessite un accroissement considérable de la production animale …

Vertraulicher Schweizer Brief no 1276 du 1/2/11

Source: SOS-Crise


Bilderberg et la destruction de l’économie mondiale

Article placé le 10 juin 2010, par Frédéric Courvoisier (Genève)

Le journaliste d’investigation Daniel Estulin a prononcé devant la classe politique à Bruxelles un discours qui révèle l’intention de l’élite financière de détruire l’économie globale et de transformer le monde en une entreprise dont elle seule serait bénéficiaire.

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes maintenant en mesure de changer l’Histoire. Finalement, je crois que l’humanité a un avenir. Une population un moment démoralisée et sans but est en train de sortir d’un profond sommeil. Dans ce réveil général, les gens commencent à poser les questions adéquates. Non plus « Qu’est-ce que je gagne dans tout cela? » mais « Qu’est-ce qui est juste? ». C’est un phénomène international en réponse et en réaction à une perception aiguë que le monde entier va à la catastrophe à moins que nous autres, les gens, nous ne fassions quelque chose.

J’ai écrit un livre sur le thème du groupe Bilderberg. Ce livre, d’une certaine manière, est devenu le catalyseur d’un mouvement dans le monde entier. Maintenant, nous n’avons pas beaucoup de temps, si bien que je voudrais vous expliquer ce qu’est le Bilderberg et pour quelles raisons il doit être arrêté.

Dans le monde de la finance internationale, il y a ceux qui décident des évènements et ceux qui y réagissent. Bien que ces derniers soient plus connus, plus nombreux, et plus puissants en apparence, le véritable pouvoir appartient aux premiers. Au centre du système financier global se trouve l’oligarchie financière représentée par le groupe Bilderberg.

L’organisation du Bilderberg est dynamique, en ce sens qu’elle change avec le temps, absorbe et crée de nouvelles branches pendant qu’elle se défait de celles qui sont en déclin. Ses membres vont et viennent mais, mais le système en lui-même n’a pas changé. C’est un système autoreproducteur, une toile d’araignée virtuelle tissée des intérêts financiers, politiques, économiques et industriels.

Maintenant, le Bilderberg n’est pas une société secrète, un oeil pervers qui voit tout. Ce n’est pas une conspiration, bien que certaines personnes, de manière naïve, le voient ainsi. Ce n’est pas non plus un groupe de personnes, et peu importe qu’elles soient si puissantes, qui s’assoient autour d’une table dans l’obscurité, en se tenant par la main, regardant une boule de cristal et décidant de l’avenir du monde.

C’est une réunion de personnes qui représentent une certaine idéologie.

Ce n’est pas un Gouvernement Mondial ou un Nouvel Ordre Mondial, comme beaucoup le croient à tort. En revanche, l’idéologie est celle d’une Entreprise Mondiale. En 1968, lors d’une réunion du Bilderberg au Canada, George Ball, secrétaire adjoint aux affaires économiques de JFK et de Johnson a dit : « Où trouver un fondement légitime au pouvoir de l’administration des entreprises de prendre des décisions qui peuvent affecter profondément la vie économique des nations dont les gouvernements n’ont qu’une responsabilité limitée? »

L’dée qui est derrière chaque réunion du Bilderberg est de créer ce qu’eux-mêmes nomment L’ARISTOCRATIE DE PROJET concernant la meilleure manière de gérer la planète entre élites d’Europe et d’Amérique du Nord. En d’autres termes, c’est la création d’un réseau de cartels immenses, plus puissants que n’importe quelle nation de la terre, destinés à contrôler les nécessités vitales du reste de l’humanité, évidemment de leur point de vue privilégié, pour notre propre bien et bénéfice, à nous, les classes inférieures (“The Great Unwashed” , nous appellent-ils)

La raison qui fait que les gens ne croient pas au Bilderberg et autres organisations qui oeuvrent avec et exercent un pareil contrôle sur la scène mondiale est qu’il s’agit d’un phantasme cartésien, selon lequel ce sont les intentions isolées de quelques individus, et non pas la dynamique des processus sociaux, qui modèlent le cours de l’histoire, comme le mouvement de l’évolution des idées et de certains sujets, sur plusieurs générations, voire des siècles.

Le Bilderberg est le moyen de regrouper les institutions financières qui représentent les plus puissants et les plus prédateurs des intérêts financiers. Et, en ce moment, cette combinaison est le pire ennemi de l’humanité.

Nous pouvons nous réjouir qu’aujourd’hui le Bilderberg soit devenu un sujet abordé par les media des entreprises. Non parce que ceux-ci se sont tout à coup souvenus de leurs responsabilités envers nous, mais parce que nous les avons obligé à avoir cette position inconfortable en prenant conscience que leurs présidents et premiers ministres, leurs petits rois et reines sont les marionnettes de forces puissantes opérant en coulisse.

Quelque chose nous est arrivé au milieu de l’effondrement économique général. Les gens sont en grande partie soumis à quelque chose qu’ils ne comprennent pas toujours. Mais qui les amène à agir dans leur propre intérêt. C’est ce qu’ils sont en train de faire en Grèce. C’est ce qu’ils sont en train de faire aux Etats Unis. Cela s’appelle le principe anthropique. C’est comme si un ras de marée survenait et enlevait nos peurs. Les gens, en se rendant compte que leur existence est menacée, ont perdu leurs peurs, et les Bilderberger et les autres s’en aperçoivent.

C’est peut-être pourquoi, dans un récent discours au Council of Foreign Relations (CFR) à Montréal, Zbigniew Brzezinski, l’un des fondateurs de la commission Trilatérale, a averti qu’un « réveil politique mondial », combiné avec des luttes internes de l’élite, menaçait de détourner le courant vers un gouvernement global.

Vous pouvez voir que les gens qui sont ici ont des passés politiques et idéologiques différents. Ce qui nous unit, cependant, c’est que nous sommes tous des patriotes. Et ceux qui s’opposent à nous, ceux qui travaillent pour des sociétés secrètes, qui ont vendu leur pays pour un morceau de viande, sont des traîtres. Non seulement des traîtres à leur peuple et à leur pays, mais à l’humanité toute entière.

Maintenant, [venons en à] l’objet de cette conférence de Presse, qui est le Bilderberg vers une Entreprise Mondiale.

Il y a environ six siècles et demie, l’économie de l’Europe s’est effondrée lors de ce qu’il est convenu d’appeler « l’obscurité moyenâgeuse » de l’Europe, la plus grande chute économique et démographique de l’Europe depuis la chute de l’empire romain. Ainsi, au milieu du XIV° siècle, une grande partie du pouvoir de l’oligarchie a été réduite à néant. Cette désintégration explosa en chaîne comme l’éclatement soudain de la pire bulle financière de spéculation sur la dette dans l’histoire (jusqu’à nos jours), quand les banques Bradi et Peruzzi s’effondrèrent. L’éclatement et l’effondrement de la bulle sur la dette lombarde provoqua une chute du pouvoir des familles de l’oligarchie.

Qu’est-ce que ça a à voir avec le Bilderberg?

L’histoire contemporaine a remplacé l’histoire médiévale au moment où les institutions qui distinguent spécifiquement l’histoire contemporaine de l’histoire médiévale ont été mises en place. Ce qui eu lieu en 1439 au Conseil de Florence. Quelles furent ces nouvelles institutions?

1) La conception des républiques modernes, états-nations sous domination de la loi naturelle

2) La mission principale de la promotion du progrès scientifique et technologique comme mandat donné par la république.

Ces deux idéaux constituent un élément crucial : leur existence institutionnalisée dans chaque partie de l’Europe a tout changé dans toute l’Europe, parce que ces changements institutionnels ont accéléré le rythme de l’expansion de l’humanité sur la nature, par tête et par km2. De même qu’aucun pays ne cherchait à ne pas progresser ou ne pas se développer de peur d’être rejeté désespérément.

Le premier succès est arrivé en France, sous Louis XI, qui a doublé le revenu par tête en France et a vaincu tous les ennemis de son pays. Les succès de Louis XI ont entraîné une réaction en chaîne d’efforts pour établir des états-nations sur le modèle de l’Angleterre de Henry VII.

Une autre idée-clef, qui vient du Conseil de Florence, et qui, bien plus tard, s’est répandue aux Etats Unis, est celle du principe universel de Bien-Etre Général, sur lequel toute la société moderne est basée.

Maintenant, le bien-être ne veut pas dire avoir des bonnes choses pour rien, assis sur un canapé en mangeant de la pizza, en faisant le joli coeur, en regardant la télévision, tout en attendant que le chèque du chômage arrive.

C’est une question d’immortalité. Quel est le but de l’existence de l’homme et du gouvernement? C’est de pourvoir au bein-être des générations futures. Assurer notre survie en tant qu’espèce. Le principe du Bien-Etre Général, tel qu’il est formulé en résumé dans le préambule de la Constitution Fédérale des Etats Unis, est la loi fondamentale

Quel rapport cela a-t-il avec l’actualité? Ces gens veulent un empire. C’est ça, la globalisation. Et trop de gens croient que pour avoir un empire il faut de l’argent. J’ai entendu les mots : l’Elite de l’Argent. Mais l’argent ne détermine ni la richesse ni l’économie. L’argent ne fait autre chose que circuler dans le monde. L’argent n’a aucune valeur en soi.

L’esprit humain a une influence sur l’évolution de la planète. Ainsi cela dépend de la mesure que prend d’elle même l’humanité. Ce qui nous différencie des animaux est notre capacité à découvrir des principes physiques universels. C’est ce qui nous permet d’innover, ce qui par conséquent améliore la vie des gens en augmentant le pouvoir de l’homme sur la nature.

Vous verrez, ils sont en train de détruire exprès l’économie du monde. Et ce n’est pas la première fois. Cela s’est déjà produit au XIV° Siècle au Moyen Âge : ils sont venus à bout de 30% de la population.

L’empire : à bas les gens stupides ! Ils veulent détruire les facultés créatrices de la raison.

Zero croissance, zero progrès. Club de Rome ; limites à la croissance 1973.

Projet 1980 du CFR : promouvoir la démolition contrôlée de l’économie mondiale

Bilderberg 1995 : Exiger la destruction. Comment? En détruisant exprès l’économie mondiale.

La « Grande Dépression » comme transfert de la richesse.

La « Grande Dépression » n’a pas commencé avec les capitalistes des Etats Unis. Ce fut un évènement que produisirent encore une fois les plus riches en faisant passer la richesse des gens dans les mains de ceux qui étaient déjà riches. C’est ainsi que la Bank of America a gagné des milliers de millions en exécutant des hypothèques de 1929 à 1937. Ne croyez pas une seconde que les plus riches parmi les riches seront atteints pas l’effondrement qui arrive. Les seuls qui seront atteints, ce seront nous autres.

Regardez la Grèce. Ce qu’ils essayent de faire c’est de faire s’effondrer le système, au lieu de permettre que la Grèce réorganise son système monétaire, ils sont en train d’imposer que la Grèce soit instrumentalisée, que la dette de la Grèce soit financée par l’Europe. Mais cette dette n’a aucune valeur. A mettre à la poubelle, de l’argent de monopoly. Du moment qu’on demande à l’Europe, qui traverse à son tour sa propre débâcle financière, d’absorber une dette impayable, que les Grecs, c’est certain, ne pourront jamais payer, cela signifie que l’Europe sera détruite à coup sûr. Et cela est en train de se faire, intentionnellement, puisque personne ne suivra Barroso, qui est, avec tout le respect que je lui dois, intellectuellement limité, ni Trichet qui est si bête.

Défaisons nous de la bureaucratie de Bruxelles. Licencions les tous. Ce sont tous des bons à rien, Ils sont inutiles. Ces gens n’ont jamais rien fait d’utile dans leur vie. Défaisons nous de Barroso. Il a condamné l’Histoire à l’école. Défaisons nous de cet hypocrite de Van Rompuy, non pas parce qu’il est inutile mais parce qu’il est malin et très dangereux. Ce n’est pas la première fois qu’un petit malin fraye son chemin dans l’ombre jusque dans les entrailles du pouvoir.

Vous voyez, c’est une question de leadership et une question d’immortalité. Tous les leaders de la société, spécialement en temps de crise, le sont parce qu’ils se mesurent à ce standard. Des gens comme Barroso, Van Rompuy, le président de l’Union Européenne, Jean-Claude Trichet, Dominique Strauss-Kahn, le directeur administratif du Fond Monétaire International, sont à peine à considérer comme des leaders. En réalité, c’est à peine si on peut les considérer comme des êtres humains si on considère ce que veut dire pour les Humains « Pour le Bien Supérieur de l’Humanité ».

Je ne suis pas en train de parler d’un problème scientifique, mais d’un problème moral. D’une question d’immortalité. Nous autres en tant qu’Etats Nations, en tant qu’habitants de la planète, nous croyons en l’avenir de l’humanité? Et quel avenir aurons nous dans 100 ans ou 200 ans? Ou qu’en sera-t-il de nous dans 10 000 ans? Avons nous le droit de rêver? Si nous pouvons avoir le sentiment d’un but en étant ici, alors les mauvais ne peuvent l’emporter.

Par exemple, ils nous ont dit qu’il fallait sauver l’euro. Que la chute de l’euro entraînerait celle de l’Union Européenne. C’est un mensonge. Au lieu d’une union monétaire européenne faible et fonctionnant mal, nous revenons aux républiques états-nations indépendants. L’Europe de nos ancêtres.

« La diversité culturelle est non seulement le sceau du progrès, mais une garantie de sécurité contre l’extinction humaine » Une fois né, le concept d’état nation ne meurt pas, il attend seulement qu’apparaissent des êtres humains sages et de valeur pour le défendre, pour perfectionner le concept. Nous devons être une fraternité de nations, de nations souveraines – unies par le but commun de l’humanité. Jusqu’à ce que nous puissions amener l’humanité à l’Age de Raison, l’Histoire sera en réalité construite non par la volonté du gros de l’humanité, mais par le petit nombre de ceux qui, avec des intentions bonnes ou mauvaises, dirigent le destin de l’homme, comme un troupeau de vaches est mené aller et retour dans les prés, et, à l’occasion, aussi à l’abattoir.

http://infoguerilla.fr/?p=2527

Haïti et les galettes du FMI…

L’horreur haïtienne n’est pas seulement due à la pauvreté, mais à une politique de pauvreté CALCULÉE  et bien orchestrée, tel que l’a démontré le passé.

Si le tremblement de terre a secoué Haïti, plusieurs pays, ainsi que le FMI, sont responsables aujourd’hui de ce chaos.

Il y a derrière ce tremblement de terre et ses victimes, beaucoup plus.

J’y reviendrai…

Une galette à la fois…

Voilà l’art de garder dans la misère un peuple.

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L’OPINION ÉTRANGÈRE CHOQUÉE PAR LE SPECTACLE

DE LA MISÈRE DES HAITIENS RÉDUITS

A SE NOURRIR DE TABLETTES DE TERRE

La télévision française a montré, fin janvier, des enfants haïtiens des bidonvilles. se nourrissant de galettes préparées avec de la terre (argile). Ces images ont causé un grand émoi dans la population française qui découvrait en même temps que la plupart des haïtiens une réalité plus grave qu’on ne l’imaginait.
” Haïti Échanges ” vous communique le reportage de Jean-Pierre Arisma de l’Agence Syfia, du 30/06/2006..)
Car savoir concrètement sa réalité est le premier pas de la solidarité avec le peuple haïtien
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Assise parmi ses sacs de terre blanchâtre dans une rue des Gonaïves, Altagrace Danastore, marchande de tablettes d’argile, n’est nullement désarçonnée quand on lui fait remarquer que la terre n’est pas, en principe, une denrée alimentaire. “Moi aussi, je mange des tablettes de terre et ça apaise ma faim !”, rétorque cette femme de 57 ans, mère et grand-mère d’une vingtaine d’enfants. Elle pratique ce commerce depuis que les rizières de l’Artibonite sont à l’abandon, concurrencées par l’importation massive de riz américain, moins cher parce que subventionné.

Elle prend son argile dans le Plateau central. “Là-bas, le sac de 50 kilos ne coûte que 250 gourdes (environ 5 €)”, explique-t-elle. Elle mélange ensuite la terre avec de l’eau, y ajoute un peu de beurre et de sel, puis filtre la boue ainsi obtenue dans une bande de tissu afin d’en extraire le gravier et autres débris. La boue est alors moulée en disques de deux centimètres d’épaisseur aux dimensions d’un CD, qui sont ensuite séchés au soleil. “Je prépare mes tablettes dans de bonnes conditions afin que personne ne prétende qu’elles sont sources de maladies”, dit la marchande, en lissant sa robe crasseuse d’un geste absent.

À Anse Rouge, une commune perdue du département du Nord-Ouest, 700 personnes fouillent le sol à la recherche de l’argile, qu’elles mettent ensuite en sac. Au total, plus de 2 000 familles vivent de ce commerce dans cette commune oubliée, à moins de 200 km – et plus de 12 heures de route – de Port-au-Prince. “Mon équipe travaille ici depuis huit ans et aujourd’hui, grâce à la terre, nous avons de quoi éduquer nos enfants”, se félicite Emmanuel Dieulifèt, un paysan.

http://elsie-news.over-blog.com/article-16555758.html

Le FMI et Haïti

Après le séisme qui a ravagé l’île, le Tribunal Pénal International a décidé de prononcer un non-lieu à l’encontre du FMI et de la banque mondiale dans l’enquête sur la misère et la famine en Haïti. En effet, d’après les enquêteurs, le tremblement de terre (qui succédait aux cyclones de 2008) a effacé toutes les traces du méfait. D’après un enquêteur, “les soupçons se portent maintenant sur la malédiction et la fatalité”.

Exit donc les accusations de dérégulation du marché et d’appauvrissement du pays à l’encontre du FMI. Les enquêteurs soupçonnaient notamment l’instance internationale d’avoir sciemment imposé à Haïti de baisser ses taxes aux frontières de 50% à 3%, provoquant l’invasion du riz américain moins cher et remettant en cause l’autosuffisance alimentaire. Les traces de la libéralisation à outrance de l’économie ont donc été englouties et le FMI peut dormir tranquille.

L’action du FMI avait permis de développer l’industrie de la galette de terre

Cette décision a été unanimement saluée par la communauté internationale. De Barack Obama à Nicolas Sarkozy, c’est le soulagement qui prédomine, comme le confirme ce diplomate français : “On respire un peu mieux aujourd’hui. Ce séisme est une bénédiction. Même si globalement tout le monde se fout de Haïti, on ne pouvait se permettre une remise en cause de la politique du FMI. Le libéralisme ça marche !”. C’est donc avec plaisir que les pays développés se lancent aujourd’hui au secours de Haïti. “C’est bien la preuve que le capitalisme a un cœur. Et l’humanitaire sera toujours plus efficace que les taxes ou les réglementations”.

La presse française s’est donc jointe au concert de compassion. De Libération au Figaro en passant par Le Monde, les quotidiens s’apitoient sur la “malédiction” haïtienne, “la tragédie”. Se risquant à une analyse des malheurs de l’île, le courageux Laurent Joffrin ose malgré tout se risquer à donner le nom d’un coupable : “Christophe Colomb”.

La dérégulation de l’économie permettra à ce jeune haïtien de monter sa start-up plus facilement

Malgré tout, le FMI est loin d’être sauvé. Car du coton Africain à la faillite argentine, les soupçons de crimes en série s’amplifient. Et il faudra plus qu’un tremblement de terre et une presse complice pour maquiller les crimes.

Source: Onsefechier, Blog de Jean-Pierre