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L’art du "désardinage"…

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"Il faut rire sans comprendre , parce qu’on est Homme, et comprendre sans rire parce qu’on est rien" Marcel D’Amboise

Entre l’arbre et l’écorce, 1988

Dans le graphique ci-dessus, on peut voir qu’au cours de l’année 1962, au plus fort de la guerre froide, pas moins de 178 essais furent réalisés. Quant à la plus grosse arme nucléaire testée au monde, la "Tsar Bomba" russe dont l’énergie déployée dépassa les 55 mégatonnes, elle fut testée en 1961. Elle représenta une explosion 3 000 fois supérieure à celle d’Hiroshima.

Carte : Le nucléaire et la Nouvelle-Zemble (Russie)

Carte : Le nucléaire et la Nouvelle-Zemble (Russie)

Les essais nucléaires 

Dans la série des réussites de l’homo erectus, on gagné le gros lot de la bêtise. Tout ça par le charme discret des mécanos du nucléaire et de la charmante politique guerrière qui soudoie la jeunesse avec des armes et de fausses missions.

Le beau jardin de Moustaki, le rond jardin a été que trop postillé par quelques poisons à forme humaine venud  passer quelques années ici. Une petite vie avec de grands projets, une "VISION"… Et tout cela pour saupoudrer la petite boule sur laquelle nous vivons.

On ne peut pas vivre et -surtout- faire vivre, avec un coeur qui bat dans une âme déjà morte. Et tous les peuples de la Terre ont payé pour cette tuerie lente et jardinage à l’épandage de produits qui durent des siècles. Des champignons magiques non comestibles. Non comestibles ni par notre chair, ni par nos reins, ni par nos poumons, pas même une infime cellule de notre corps.

Plus d’air…

Nous respirons notre bêtise. Nous mangeons notre lâcheté. Mais davantage notre incapacité à juger par nous-mêmes du bien et du mal, non pas à travers les livres, les dieux, mais à travers la lecture de la Nature. Pas à travers les grands parleurs et vendeurs de "formats sociaux, mais à travers un peu de respect et d’amour, d’acceptation de nos différences.

Belle bête que ce "nouvel Homme" applaudissant, technocrasse, étourdi.

Il connaît le cosmos, ( du moins il le prétend), les sciences, la balayeuses électrique, l’épilation mâle,la chimie du gâteau,  le robot culinaire, le marketing,  et le reste de la quincaillerie de l’art de rendre aveugle des "kids" imberbes qui s’en vont se faire mutiler dans des pays lointain pour du pétrole, du pouvoir, d’apparence de "bien".

Nous sommes tous un peu le poil de la queue des meneurs du totalitarisme mondial…

Échec et Math…

Vive le roi!

Statue Déco Echec Roi Résine

Au lieu de continuer le jardin, il en a fait un jeu d’échec…

Nous déboulons sur une boule bleue…

Il faut savoir choisir ses champignons…

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Gaëtan Pelletier

22 avril 2014

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Les bienfaits du nucléaire

Caricature nucléaire

Il faut sauver le rat Ryan

FUKUSHIMA-RAT

Le rat de Fukushima est mort… Il a servi de fusible.

Le rat de Fukushima

Voici un spécimen du nouvel ennemi de l’industrie nucléaire : le rat. Celui-ci s’est fait griller à Fukushima Daiichi et a provoqué un black-out électrique sur le site atomique. En plus de servir de fusibles, les rats, gravement contaminés, sont devenus malgré eux des « déchets nucléaires » mobiles : 15 µSv/h rapportés pour un spécimen qui avait été piégé l’an dernier.

Un déchet nucléaire …mobile. Nous sommes tous mobiles dans notre immobilité à endurer ce monde. Un commentaire d’un lecteur me disait qu’il fallait abolir la pollution de l’esprit…

Je veux bien. Mais la racaille au pouvoir, – puisque nous n’avons plus rien, ou presque, de livré par la nature qui nous a été volée-, s’empresse de tout voler, il ne reste que l’esclavagisme « savant », l’emploi, ce trepalium  où nous sommes pour la plupart crucifiés. Pour le rendement… Le rendement n’a jamais amélioré la vie de personne. Il a amélioré le coffre des compagnies qui s’empressent d’investir dans le rendement.

Nous sommes tous devenus des rats mobiles. Infectés par les croyances néfastes, nébuleuses, givrés par des pubs d’élus.

« J’entends » Orwell nous faire une grimace…

Journée de l’autisme…

On se faisait rassurant, aujourd’hui, en disant qu’une étude démontrait qu’il n’y avait aucun lien entre les vaccins et l’autisme. Aux U.S.A, en une décennie, l’autisme a augmenté de 78%. Presse . On dit que c’est dans les gènes.

Quand, au Canada, il y avait – si ma mémoire est bonne, quelque 250,000 amérindiens, et qu’ils bouffaient n’importe quoi sans trop se fier à l’étiquette écrit sur les cerfs, les bisons, les bleuets, une description des gras trans, des bienfaits….  « Dieu » avait omis les étiquettes… Un amérindien autiste?

Dans ce monde du « travail », des compagnies à numéros qui installent des « mobile industries  », nous voilà devenus des rats de labo, des bras mobiles, des machines à coudre le tissu de l’avoir sans pouvoir être. En fait, pour ne pas s’en cacher, nous voilà tous, de France, du Canada, des U.S.A. de l’Allemagne, et j’en passe, des SDF mondialisés.

Rats d’égouts dégoutés.

Infestés de la propagande des États.

Infestés des mensonges des dirigeants.

Infestés des pubs mensongères.

Infestés de la gangrène de la déshumanisation.

Infesté et décarcassé de nos avoirs.

Floués, dépecés, livides…

Le verbe ratfusibler  

Je ratfusible

Tu ratfusibles

Il ratfusible

Etc,

Mais la plus élégante flouerie consiste à payer des gens inventifs et convaincus de nous soigner. Peu importe l’état du rat… Il faut sauver le rat Ryan. Pas pour le sauver, pour montrer que l’on peut sauver quelqu’un à condition d’avoir le pouvoir de créer une pilule à 90$.

Il y a quelques décennies, nous donnions notre argent aux religions pour qu’ils construisent des temples. Maintenant, on construit des hôpitaux. On n’est pas trop gagnants  dans la colonne du débit et du crédit : la religion nous garantissait une vie éternelle. La science, elle, elle rallonge la vie de 10 ans… Vers la fin.

Nous sommes tellement intelligents que nous avons réussi à donner la faim à 4 milliards d’humains sur 7.

Ouah!

Après ça, les mégalomanes accrédités à blouses blanches viendront se plaindre qu’ils n’on pas d’argent pour la recherche.

Et les universités pour le savoir…

Quel savoir?

L’éducation est une machine à moules. L’éducation, c’est de la propagande avec sceaux.

So So sot!

Nous sommes tous de petits soldats de plomb. Des rats Ryan.

Mais le plus dangereux est que nous sommes mobiles.

L’école transmet l’ignorance. Elle enseigne la technique du présent, sans histoire…

En fait, en attendant les robots, elle se sert des rats que nous sommes.

Non, l’argent n’a pas d’odeur.  Un rameur rat mort, oui.

La vie est un sport extrême : nous vivons sous la tutelle de Wall-Street, des compagnies sanguinaires, d’un système de maladies qui se prend pour un système de santé, et de carrières de plus en plus longues, puisqu’il faut travailler plus longtemps, étant donné que ça rapporte aux écoles de former quelqu’un.

Car plus il apprend, moins il devient critique. Un moule bien cuit durera plus longtemps.

Plus il croit, plus il achète de l’ignorance.

Comme du fromage en tranches…

C’est comme Auswitch ,  mais avec un téléphone intelligent de  144 caractères.

Pour ceux qui aiment l’histoire, quand on s’est livré aux massacres des russes d’abord, on a construit Auswitch. Mais quand ceux qui fusillaient étaient un peu « troublés » par leur mission, et qu’il n’y avait pas d’armée de psys à l’époque, un cerveau administratif eut une idée : rassembler les prisonniers est les faire exploser.

Il en résultat que, trop paresseux pour ramasser les morceaux de cadavres qui perchaient dans les arbres, ils les laissèrent là.

C’est ce qu’on fait avec un monde riche maintenant : les pauvres, on les laisse là. Pas parce qu’ils sont pauvres, parce qu’ils sont si pauvre qu’ils n’on rien à donner.

Addendum :

Le rat 9/11

Surprenant que les terroristes du 9/11 aient choisi une tour à bureaux. Pour faire vraiment des dégâts, ils se seraient dirigés vers les centrales nucléaires. Il y en aurait 26 dans le Nord-est des États-Unis.

Je ne suis pas terroriste, mais je pourrais donner la recette pour anéantir tout New-York en un rien de temps.

Ce ne sont pas les « terroristes » qui manquent d’imagination et de savoir, ce sont ceux qui les ont inventés et les ont rendus mobiles.

Le nucléaire, c’est bon pour la santé.

Mais nous sommes assis sur 436 centrales….

Pour dormir, il ne faut pas les compter…

Gaëtan Pelletier

3 avril 2013

L’Iran dans le viseur

L’Iran dans le viseur

PAR

Notre démocratie est malade. Son travestissement oligarchiquerecèle de stigmates bien visibles mais peu soulignés. Ainsi fonctionne la propagande. Celle-ci déboussole notre attention dans des contrées lointaines aux richesses et cultures diabolisées, et alimente de la sorte l’illusion démocratique de notre empire corrompu.

Pas une semaine ne passe sans que les médias officiels, au premier rang desquels  le Figaro, ne s’acharnent sur le pays des aryens : l’Iran. Attaquant ses mœurs, sesarchaïsmes, et le bellicisme d’un régime allié à celui d’Hugo Chavez, avec autant de finesse qu’un Sarkozydevisant sur la Comédie française. La croisade journalistique entreprise contre cette nation séculaire est d’une violence inouïe, le processus de diabolisation d’une extrême brutalité, les artilleurs de la propagande pilonnant les médias à coup de désinformation. La tension monte de jour en jour, les français s’en rendent compte non seulement en se « désinformant » devant leur petit écran mais aussi en achetant leur essence à la pompe ! Quant au peuple iranien, il subit de plein fouet les effets de l’embargo et voit sa monnaie (le rial) baisser de jour en jour, ce qui entraine d’épouvantables conséquences économiques et d’incroyables queues aux guichets des banques.

On peut se demander d’où vient cette animosité sachant que cette grande nation est une des rares dans la région à n’avoir déclenché aucune guerre depuis des lustres, et à ne pas être doté de l’arme atomiquecontrairement à l’Inde, à Israël, et au Pakistan.

Justement,  en ce qui concerne la supposée menace sur l’Etat d’Israël, c’est le comble de l’extravagance.

En effet, comment Tsahal8ème armée du monde, détentrice de centaines d’engins nucléaires, de sous-marins atomiques, de chasseurs, de bombes à neutron et de missiles balistiques longue portée pourrait-elle se sentir menacée par un pays ne possédant aucune des armes citées précédemment ?  Et en d’autres termes, au nom de quoi un mauvais élève refusant de signer le traité de non prolifération nucléaire et de se livrer à des inspections de l’AIEA, devrait-il faire la leçon à un autre pays beaucoup plus faible militairement ?

A l’évidence Israël trépigne d’impatience à l’idée de déclencher les hostilités avant les USA, au mépris du droit international ; ce qui rappelle étrangement le comportement de BHL en Libye, puis aujourd’hui en Syrie

Pour faire monter la mayonnaise, à la moindre occasion, les propos d’Ahmadinejad sont déformés, amplifiés, extraits de leur contexte, (cela est d’autant plus facile que peu de citoyens français parlent le Farsi). En revanche, les propos agressifs et belliqueux du ministre des affaires étrangères et vice-premier-ministre  israélien Avigdor Lieberman, fondateur et dirigeant du parti d’extrême-droite Israel Beytenou (« Israël notre maison »),  sont peu relayés. Pendant l’opération plomb durci contre Gaza en 2009, n’avait-il pas déclaré : « Nous devons faire exactement ce que les États-Unis ont fait avec le Japon pendant la deuxième guerre mondiale, comme ça on n’aurait pas besoin d’occuper Gaza ». Une preuve de plus de la partialité des médias…

Mais pourquoi s’être tant empressé et acharné à déclencher un embargo européen sur l’Iran avant d’embrayer peut-être sur des opérations militaires ?

L’Iran est à un carrefour stratégique dans la région : c’est un corridor pouvant servir à transporter le gaz et leshydrocarbures des pays de la Transcaucasie. Et les projets dans ce domaine sont nombreux, comme legazoduc Nabucco, soutenu par l’Union Européenne et les USA pour faire barrage au géant Russe Gazprom. En outre, l’Iran possède 9 % des réserves de pétrole, 14 % des réserves de gaz mondial et contrôle la partie nord du détroit d’Ormuz où transitent 17 millions de barils par jour. C’est le deuxième producteur de l’OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole) et le quatrième producteur du monde avec 4,1 millions de barils/jour, voilà de quoi aiguiser les appétits…

Historiquement, la puissance énergétique iranienne a toujours été convoitée par les USA, ce qui a rendu les relations entre les deux pays pour le moins complexe… Rappelons que la CIA est intervenue (Opération AJAX) pour éliminer le régime de Mossadegh en 1953 et préserver les intérêts américains dans le pays. Les USA avaient ensuite soutenu le Chah avant de le lâcher en 1979…

Aujourd’hui, l’Iran insoumis trouble le projet de nouvel ordre mondial tant désirée par l’oligarchie.

Une oligarchie qui serait ravie de faire main basse sur le ministère du pétrole et les organismes de gestion de l’énergie. Il va sans dire que si le pays était divisé en petites entités confessionnelles, comme d’autres au Moyen Orient, la mise en place d’oligarques potiches suffirait à le contrôler totalement…

Reste à trouver un prétexte pour réunir toutes les conditions d’une guerre.  Ainsi après avoir encerclé militairement le territoire, les navires et porte-avions de l’US Navy rôdent dans le détroit d’Ormuz où un malencontreux incident pourrait se produire et servir de prétexte à une attaque…

Même si le contexte et les enjeux sont différents, cela ressemble fort à l’incident du Golfe du Tonkin survenu en août 1964, où deux destroyers américains furent soit disant attaqués par des torpilleurs nord-vietnamiens : cela se révélera être un bidonnage servant à provoquer la guerre du Vietnam… (Voir rapport du National Security Agency du 30 novembre 2005)

Dès lors, il apparait clairement que le processus de diabolisation actuel sert à faire adhérer l’opinion publique à une supercherie qui n’est pas sans précédent…

Alexandre Freydier

Nucléaire : de la fission aux fissures

Le nucléaire, dans le fond, ce n’est qu’une histoire de plomberie mal étudiée.
Une centrale nucléaire belge en fait ces temps ci la démonstration, mais en France nous ne sommes pas mieux lotis.

Alors que la catastrophe de Fukushima continue de menacer une partie de la planète, un peu partout dans le monde, les « incidents » nucléaires se multiplient, pour l’instant sans trop de conséquences… mais jusqu’à quand ?

On se souvient du « fleuron » nucléaire, le mal nommé « Superphénix  », qui a connu sa fermeture suite, entre autres, à une fuite de sodium longue à élucider. lien

Historique…

Les alarmes signalaient que du sodium s’échappait à raison de 500 litres par jour, mais les gestionnaires du site étaient convaincus qu’il ne s’agissait que d’un défaut électrique.

Voila les fax envoyés à l’autorité de tutelle :

6 mars 1987 « apparition d’une alarme relative à une détection de fuite dans l’espace intercuve du barillet de stockage. Cette alarme n’est pas confirmée en local- des investigations sont initiées sur les chaines d’acquisition ».

9 mars 1987 «  apparition d’une alarme battante correspondant a un défaut d’isolement sur la détection en fond du puits du barillet. Les investigations sont poursuivies sur le traitement des mesures  ».

31 mars 1987 « à l’issu des investigations, un prélèvement dans l’espace intercuve n’a pas montré de trace significative de sodium ».

Arrive la conclusion :

« Depuis, des bilans effectués sur les niveaux de sodium du barillet et du réservoir de stockage du circuit de sodium du barillet et des manœuvres d’exploitation effectuées le 2 avril montrent qu’environ 20 mètres cube de sodium pourraient se trouver dans l’espace intercuve ».

Pour le lecteur qui aurait du mal à se retrouver dans ce charabia un peu technique, on peut le résumer simplement en disant : les exploitants, se refusant à l’évidence d’une improbable fuite de sodium, ont vérifié pendant un bon mois tout le circuit électrique, convaincus qu’il ne s’agissait que d’un problème de câblage, avant de s’apercevoir que le fuite était réelle et que 20 tonnes de sodium s’étaient évacués dans l’espace intercuve. (Le sodium liquide s’enflamme spontanément au contact de l’air, et explose au contact de l’eau). lien

Ils décidèrent donc d’arrêter le réacteur, et la fuite s’arrêta aussitôt, mais dès qu’ils redémarraient celui-ci, la fuite reprenait de plus belle.
Il leur fallu un certain temps pour comprendre que la cuve était fissurée (des micro-fissures) et que celles-ci « se refermaient » dès que la cuve se refroidissait, reprenant de plus belle des que le réacteur redémarrait.
Tout ça venait de l’utilisation d’un acier inapproprié comme l’ont écrit les experts du SEDE le 28 aout 1989 : «  il est pourtant bien réel que les concepteurs de « Superphénix » ont fait au moins une erreur monumentale : l’utilisation d’acier ferritique pour les cuves intérieures et extérieures du barillet constitue une faut d’appréciation caractérisée qui aura couté au contribuable français quelques centaines de millions de francs suisses supplémentaires, rendu « Superphénix » inopérant comme surgénérateur et contraint les exploitants à repenser complètement la manutention des éléments combustibles et à construire sur le site de la centrale une piscine de stockage des éléments combustibles irradiés  ».
Mais tout ça c’est de l’histoire ancienne.
Pourtant, c’est à la lumière de ces péripéties qu’il faut regarder ce qui se passe dans une centrale belge, celle de Doel.
L’AFCN (agence fédérale de contrôle nucléaire) indique laconiquement : « de nombreuses anomalies ont été découvertes sur le réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Doel »
Il y a des fissures dans l’acier de la cuve du réacteur, et la question est de savoir si ces fissures sont verticales, ou horizontales, espérant qu’elles ne soient pas verticales, car celles-ci résistent difficilement à des hautes pressions.
Aux dernières nouvelles, l’exploitant Electrabel n’aura pas l’autorisation de redémarrer le réacteur, puisqu’une fissure de 15 à 20 mm a été détectée, et que Willy de Roovere, directeur de l’AFCN, a déclaré être « assez sceptique pour le moment  » en ce qui concerne la réutilisation de la cuve défectueuse. lien
Pour un expert en la matière, Mycle Schneider, c’est peut être plus grave que l’on veut bien nous le dire : « ce type de défaut peut conduire à une explosion nucléaire ». lien
En tout cas, l’AFCN assure que le réacteur restera à l’arrêt au moins jusqu’au 31 aout. lien
Une société, Rotterdamsche Droogdok, disparue aujourd’hui, est à l’origine de cet acier défaillant, ce qui nous rappelle celui du « super »phénix français.
Plus grave, d’autres centrales sont équipées des mêmes cuves, comme par exemple celle de Tihange, laquelle devait être arrêtée pour une révision, l’occasion de vérifier l’état de la cuve.
En effet, ce fabricant disparu a fourni 21 autres cuves de réacteurs dans le monde : 10 sont aux Etats-Unis, 2 en Allemagne, 1 en Argentine, 2 en Espagne, 2 aux Pays Bas, 2 en Suède, et 2 autres enSuisse, toutes ces cuves étant potentiellement dangereuses. lien
Ces évènements inquiétants pour le monde nucléaire soulèvent d’autres questions.
Ces centrales endommagées ne sont pas pourtant les plus vieilles de l’Europe, apportant la preuve que le plan de sortie nucléaire devrait être revu à la lumière de ces problèmes. lien
La France n’est pas à l’abri, et il suffit d’un petit retour en arrière pour découvrir que les fissures et le nucléaire sont de vieilles connaissances.
Ainsi à Chatou-sur-Saône, en 1979, un ouvrier avait découvert des fissures dans la plaque d’acier qui forme la base du générateur de vapeur.
Sur ce lien, on peut suivre les péripéties de cette affaire de fissures, qui concerne tout de même un grand nombre de nos centrales aujourd’hui en activité.
De Gravelines à Fessenheim, en passant par Bugey, ou au Tricastin, toutes sont concernées, et à l’époque les autorités de surveillances ont voulu se montrer rassurantes, affirmant qu’il ne s’agissait que de « défauts superficiels »…
D’ailleurs à Gravelines, des microfissures viennent d’être détectées dans la cuve d’un réacteur, provocant l’arrêt de la centrale. lien
On se souvient que l’ASN (autorité de sureté nucléaire) avait dénoncé dans son rapport du 28 juin 2012 les118 pièces de robinetterie défaillantes d’un grand nombre de centrales nucléaires françaises, (lien) et que les experts avaient constaté de graves défauts de plomberie concernant 31 centrales nucléaires du pays. lien
Au Japon, le peuple citoyen est quasi chaque jour qui passe dans la rue, à crier sa détresse, demandant que la page nucléaire soit définitivement tournée dans leur pays. lien
Ils ont choisi l’énergie populaire contre l’énergie nucléaire et la mobilisation prend chaque jour un peu plus d’ampleur. lien
Alors que les lobbys pro nucléaires entonnent en cœur « toujours pas de morts à Fukushima », (lien) ce qui est faux, (lien) oubliant que le macabre décompte ne sera possible que dans un quart de siècle, comme à Tchernobyl, il n’en reste pas moins que l’on commence à constater des excroissances anormales concernant 36% des enfants de Fukushima, ceci expliquant les nombreux avortements décidés par les japonaises préférant avorter que de prendre le risque d’accoucher d’un enfant handicapé.lien
Au sujet de ces excroissances anormales, les experts ont constaté « une progression beaucoup plus rapide par rapport à Tchernobyl », ce qui tend à prouver que la catastrophe de Fukushima dépasse de loin celle de la centrale ukrainienne. lien
Toujours à Fukushima, un épisode pourrait prêter à sourire si la situation n’était pas si grave.
Tepco avait décidé d’utiliser un ballon captif afin d’explorer l’étage supérieur du bâtiment du réacteur n° 1, secteur impossible à approcher vu le taux de radioactivité.
Mal lui en a pris, le ballon s’est retrouvé coincé, après avoir réussi à prendre malgré tout quelques images.lien
Pas étonnant dès lors que Jeff Immelt, directeur général de G.E. (Général Electric) ait déclaré dans les colonnes du Financial Times : «  l’énergie électronucléaire est devenue si chère comparée aux autres sources énergétiques qu’il est devenu « extrêmement délicat » de la justifier  ».
Evoquant les couts indirects (démantèlement, accidents, sécurité accrue…) de l’électronucléaire il affirme que « ceux-ci la rendent apparemment moins compétitives que d’autres sources, comme le gaz ou certaines énergies renouvelables, dont le cout diminue ». lien
En tout cas, RWE devrait supprimer sous peu 2400 emplois en Allemagne, (lien) ceux-ci étant largement compensés par les 190 000 emplois allemands créés déjà en 2010 grâce aux énergies propres et renouvelables. lien
Comme dit mon vieil ami africain : « la théorie, c’est quand on comprend tout et que rien ne marche, la pratique, c’est quand tout marche mais on ne sait pas pourquoi, avec le nucléaire, nous avons réussi les deux : rien ne marche et personne ne sait pourquoi ! »

Olivier Cabanel

Marc Lafontan, Au bout de la route 

Le Japon bientôt inhabitable?

 

Par Olivier Cabanel

Cela fait trois mois aujourd’hui que la catastrophe nucléaire de Fukushima a eu lieu, et malgré les tentatives du lobby nucléaire qui tente de nous rassurer, la situation est aux antipodes d’être réglée.

Miguel Quintana, journaliste indépendant basé au Japon essaye de faire le point, malgré toutes les tentatives de désinformation lancées par Tepco, et le gouvernement Japonais.

90 000 japonais ont été déplacés, vivant dans 2400 centres d’accueil, et qui malgré les invitations de relogement proposées par le gouvernement, préfèrent rester dans ces centres, car étant sans revenus, quitter ces lieux d’accueil, les priverait de rations alimentaires, et les obligeraient à assurer leur survie, alors qu’ils n’en ont pas les moyens.

D’autre part, les fonds récoltés grâce à la solidarité mondiale tardent à parvenir aux intéressés, suite, semble-t-il à la désorganisation des services sociaux japonais.

Même si l’information a été distillée au compte goutte, Tepco avoue maintenant avoir menti : les réacteurs 1, 2 et 3 avaient effectivement fondus quelques heures après le tsunami.

On peut voir sur cette vidéo, un ralenti saisissant de la première explosion.

Le 7 juin l’agence de sécurité nucléaire et industrielle japonaise a avoué que les doses de radioactivité qui ont été réellement relâchées sont de l’ordre du double de ce qui avait été dit.

L’estimation d’origine était de 370 000 terra becquerels, elle est passée à 770 000, et ces chiffres ne sont pas définitifs, puisque la centrale continue à relâcher chaque jour toujours plus de radioactivité, dans l’air et dans l’eau, car les fuites d’eau contaminée continuent de se produire.

En effet les sous sols de la centrale sont totalement inondés, (plus de 100 000 tonnes d’eau radioactive s’y trouvent actuellement correspondant à 720 000 tbq) et les nombreuses fissures provoquent bien évidemment des fuites continuelles.

Fin mai le ministère des sciences japonais nous annonçait la découverte de niveaux d’irradiation plusieurs centaines de fois supérieurs à la norme au fond de l’Océan Pacifique sur une zone de plus de 300 km de long.

Comme le dit le journaliste, on assiste à un crescendo d’informations.

Quant aux travailleurs qui tentent de travailler dans la centrale, ils sont exposés à des doses de radiation de l’ordre de 4000 mSv/heure dans le bâtiment du réacteur n°1, ce qui fait douter des affirmations de Tepco qui prétend pouvoir régler la situation d’ici la fin de l’année.

Aujourd’hui, personne, Tepco y compris, ne sait ce qui se passe vraiment dans la centrale, et tant que l’eau irradiée y restera stockée, la pollution radioactive continuera de se dégager.

L’interview complète est sur ce lien.

Aujourd’hui, la centrale fumante continue donc à relâcher de la radioactivité qui fait allègrement le tour de la terre, s’accumulant dans l’eau, le sol et nos aliments chaque jour un peu plus comme on peut le constater dans cette vidéo

Les travaux ont été suspendus dans le réacteur n° 3, celui qui pose le plus de problème, puisqu’il fonctionnait au Mox (uranium et surtout plutonium), et on a mesuré sur le site 100 millions de becquerels par cm3. lien

Les travailleurs ne peuvent pas s’approcher plus de 30 minutes des bâtiments, vu le taux d’irradiation, la piscine du bâtiment n°4 menace de s’écrouler, et la situation va se compliquer encore, puisque la saison des pluies va commencer au Japon. lien

C’est une situation insoluble, car d’une part, l’exploitant est obligé d’arroser continuellement les réacteurs, pour freiner la montée en température, et d’autre part, il ne sait que faire des milliers de mètres cubes d’eau radioactive, même si Areva promet de trouver une solution pour traiter cette eau.

De plus l’exploitant envisage de relâcher en mer 3000 tonnes d’eau « faiblement radioactive » provenant de la centrale de Fukushima daini. lien

Au sujet de cette seconde centrale, Tepco se montre peu bavard, et on s’interroge en haut lieu suite à une fuite d’huile inexpliquée, un incendie sur un tableau électrique, et la présence d’eau de mer dans une installation jugée hermétique. lien

Tepco a perdu plus de 90% de sa valeur boursière.

Dans cette vidéo, Yves Marignac, directeur de Wise-Paris propose son analyse de la situation, 3 mois après la catastrophe.

La situation n’est toujours pas contrôlée, les fuites continuent, et tout ce que peut faire l’exploitant, c’est d’arroser en continu les réacteurs en fusion, afin d’empêcher une aggravation de la situation. vidéo

Un rapport gouvernemental confirme la fonte totale des 3 réacteurs, évoquant un emballement du cœur du combustible nucléaire à l’intérieur de ceux-ci, faisant couler celui-ci au fond des réacteurs (syndrome chinois) pouvant traverser l’enceinte de confinement.

Dans une interview donnée au Wall Street Journal, un haut fonctionnaire, Ichiro Ozawa évoque la possibilité de la perte totale du pays, celui-ci pouvant devenir totalement inhabitable. lien

Le journal japonais « Daily Yomiuri  » affirme que nous vivons « le pire aboutissement d’un accident nucléaire ». lien

De plus en plus de personnes sont évacuées chaque jour, lesquelles viennent compliquer la situation déjà précaire, des réfugiés.

Les premiers effets de la radioactivité commencent à être constatés, avec la naissance d’un lapin mutant, sans oreilles. lien

On ne sait pas encore si le Japon va devoir être totalement évacué dans les mois à venir, mais on est sur que la situation devient critique à Tokyo.

En effet, dès le 16 mars, Agnès Buzyn, présidente du conseil d’administration de l’IRSN, et professeur d’hématologie à l’hôpital Necker de Paris, avait envisagé, sur l’antenne de France Info, cette éventualité dans les heures ou les jours à venir. lien

D’ailleurs, le 7 juin, un habitant de la banlieue de Tokyo, compteur à la main, à constaté que le taux de radiation élevée, mesuré dans la rue, chez lui, et sur son toit, ne devrait pas lui permettre de sortir, ni de manger des légumes de jardin. lien

Les mesures ont atteint 48 000 mS/heure, ce qui est la limite maximum autorisée pour les travailleurs du nucléaire. lien

On s’achemine donc vers une évacuation des 36 millions de japonais habitant à Tokyo.

Le nucléaire qui devait être le salut des économies industrielles, est en train d’en devenir le fossoyeur, puisqu’au Japon, on est dans l’expectative : exposer la population aux risques que l’on sait, afin que l’économie reprenne, ou laisser s’achever la débâcle en cours. lien

Pour ceux qui auraient raté l’émission « envoyé spécial  » consacrée sur la 2ème chaine au nucléaire, c’est sur ce lien.

Mais en France, l’autocrate présidentiel droit dans ses bottes continue contre vents et marées de défendre l’indéfendable, au même moment ou une étude confirme la certitude statistique (estimée de 50%) d’un possible accident nucléaire dans notre pays. lien

Aujourd’hui, on sait que, contrairement aux attentes des lobbys pro nucléaires, l’électricité nucléaire est la plus chère.

En effet, entre le démantèlement des centrales, estimé à 17 milliards par EDF, mais qui devrait allègrement franchir la barre des 200 milliards, le traitement des déchets, toujours sans solution acceptable, et le dédommagement des citoyens touchés par un accident, on constate que le prix du kilowatt nucléaire est largement sous estimé. lien

Quant aux fameux tests de résistance prévus en Europe, ils font déjà l’objet de critiques acerbes de la part de nombreux eurodéputés, qui dénoncent leur insuffisance. lien

La profonde divergence constatée par le commissaire Oettinger est surtout basée sur le fait que certains pays, dont la France, refusent d’envisager la possibilité d’une attaque terroriste. lien

Pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, une pétition pour l’interdiction du combustible mox sur toute la planète. lien

Et sur ce lien, la pétition pour un référendum en faveur de la sortie du nucléaire : elle vise le million de signatures.

Le 11 juin, date anniversaire de la catastrophe, des manifestations auront lieu un peu partout dans le monde. lien

Pour avoir une vision chronologique de la situation à Fukushima, on peut aller visiter avec profit ce très bon site proposé par l’ACRO, ce laboratoire indépendant qui mesure régulièrement la pollution radioactive du sol et des plantes de notre pays. lien

L’échéance donnée par les Mayas pour fin 2012, ou même selon d’autres sources pour octobre 2011 ne devrait rassurer personne, (lien) en ces temps troubles ou de nombreux chercheurs évoquent avec inquiétude le réveil de la ceinture de feu. lien

D’autant que le 4 juin dernier, une centrale nucléaire égyptienne a connu quelques difficultés, puisqu’après une explosion, restée très discrète, une fuite d’eau radioactive a été constatée. lien

Mais comme dit mon vieil ami africain : « Qui s’est brûlé la langue une fois n’oublie jamais de souffler sur sa soupe ».

L’image illustrant l’article provient de « stmichelarchange.org »

La guerre hypocrite de l’uranium appauvri

Monsieur le Professeur, vous êtes connu dans le monde entier pour avoir découvert le syndrome de la Guerre du Golfe, autrement dit avoir mis en évidence l’utilisation d’uranium appauvri dans la guerre menée par les USA et la Grande-Bretagne contre l’Irak. Comment y êtes-vous parvenu ?

En 1990 j’ai été nommé professeur à l’Université de Bagdad. C’était l’époque de l’embargo contre

 

Siegwart-Horst Günther est né le 24 février 1925 à Halle. Il est spécialiste de médecine tropicale et chercheur sur les symptômes de l’intoxication par les munitions à uranium appauvri.

À l’époque nazie, il avait le grade de sous-lieutenant ; plusieurs fois blessé, il est entré dans le groupe de résistants du comte Stauffenberg. Après la découverte du complot, il a été interné à Buchenwald.

Une fois l’Allemagne libérée du fascisme il a fait, entre 1945 et 1950, des études de médecine humaine à Iéna et a fait sa thèse de doctorat avec le professeur Döderlein.

Devenu le plus jeune professeur de la RDA, il a eu un poste au Caire en 1956. De 1963 à 1965 il a travaillé à Lambaréné avec Albert Schweitzer. Ensuite il a exercé comme professeur de médecine en Égypte, Syrie, Israël et Irak. De 1990 à 1995 il a travaillé au Centre hospitalier universitaire de Bagdad.

Après la deuxième Guerre du Golfe, il a réuni quelques restes de munitions à uranium appauvri utilisées par les USA en Irak et les a emportés à Berlin en 1996 pour les faire analyser par des laboratoires. Ces examens ainsi que 3 laboratoires ayant travaillé indépendamment les uns des autres ont confirmé la dangerosité de ces projectiles en raison de leur radioactivité.

 

l’Irak. À Noël j’étais chez moi. Peu après, l’Irak été bombardé par les USA et la Grande-Bretagne. Je suis revenu en Irak après la Deuxième guerre du Golfe.
Sur la route qui me menait de Bagdad à Amman j’ai remarqué des projectiles qui m’ont semblé étranges. À Bassorah, à la frontière du Koweït, j’avais vu un enfant jouer avec des capsules de munitions. L’un de ces enfants avait contracté ensuite une leucémie, maladie tout à fait atypique chez un enfant, et en était mort peu après.
J’ai fait ramasser les munitions par la police locale. J’ai emporté l’un des projectiles ainsi que des capsules en Allemagne et je les ai fait analyser par 3 universités. Des tests de laboratoire effectués par l’Institut Luise Meitner, le Centre hospitalier de l’Université libre de Berlin-Charlottenburg et l’Université Humboldt de Berlin ont apporté la preuve que les USA avaient utilisé en Irak des armes interdites par les Conventions de Genève.

Qu’ont exactement révélé ces analyses ?

Le projectile que j’ai rapporté en Allemagne (connu depuis sous le nom de munition à l’uranium appauvri) a une surface rêche qui libère une poussière radioactive quand on la touche. Une manipulation inadéquate du projectile crée un danger de contamination radioactive par absorption pouvant porter atteinte à la santé.
La dose libérée par la surface du projectile est d’environ 11 microsieverts (=joule/kg) à l’heure. En une heure seulement, la manipulation de ces munitions expose les soldats – ou les enfants des zones en guerre qui jouent avec ces projectiles – à une dose de radioactivité que les scientifiques considèrent déjà comme dangereuse lorsqu’elle est absorbée en une année!
En outre, cette munition radioactive provoque fatalement des cancers, des déficiences immunitaires, des malformations et autres atteintes du même ordre !

Pourquoi, selon vous, l’OTAN utilise-t-elle ces munitions à uranium appauvri ou des bombes contenant des substances radioactives dans les zones de guerre ?

L’industrie de l’armement fabrique des munitions à uranium appauvri parce qu’elles sont lourdes, de densité élevée et donc à même de pénétrer comme dans du beurre dans l’acier ou le ciment. On atteint alors des températures de 1000 à 2000 degrés Celsius ! Les blindés, ou les habitations et les ponts brûlent alors presque sans résidus et libèrent une fine poussière d’uranium, d’un diamètre inférieur aux globules sanguins, inodore et sans saveur, que les vents et les tempêtes transportent tout autour du globe. Les particules d’uranium qui s’infiltrent dans les nappes phréatiques y ajoutent d’incommensurables dommages.
Si l’on considère que certains des composants de ces munitions à l’uranium appauvri dont une demi-vie de plusieurs millions d’années, on mesure à quelle menace on soumet notre mère la terre, ses habitants et la nature.

Que s’est-il passé lorsque vous avez refusé de payer la lourde amende que vous avait infligée le Tribunal administratif du Jardin zoologique (quartier de Berlin, Ndlt) pour avoir introduit en fraude un « projectile radioactif » selon le protocole de la Préfecture de police berlinoise ?

On m’a jeté en prison comme un criminel et j’y ai été maltraité, comme je l’ai exposé dans mes ouvrages qui documentaient le problème : «  Témoins muets d’une guerre » et « Munitions à l’uranium appauvri : des soldats gravement lésés, des nouveau-nés malformés, des enfants qui meurent.»

C’est donc somme toute à vous que nous devons d’avoir apporté la preuve, grâce aux analyses de ces projectiles effectuées par 3 instituts de recherche allemands, que les munitions et bombes à uranium appauvri sont bien des armes nucléaires ?

Oui, bien sûr. Vous pourrez lire dans le mandat d’amener du Tribunal administratif du Jardin zoologique à Berlin en date du 15 janvier 1993 les lignes suivantes :
« Vous êtes accusé, à Berlin et autres lieux de République fédérale, d’avoir conservé par-devers vous des déchets radioactifs, en infraction avec la loi sur le nucléaire ou une prescription légale découlant de cette loi, puisque vous êtes entré en République fédérale vers la mi-juillet 1992 en possession d’une capsule d’uranium métallique pour l’utiliser comme objet de démonstration, ce qui vous a amené à la déposer au service de médecine nucléaire de l’hôpital Rudolf Virchow… »
 

Bien qu’au début des années 90 beaucoup se soient moqués de vous et vous aient traité de conspirationniste, les gouvernants n’ont que trop bien reconnu le danger que vous leur faisiez courir en répandant la vérité et ont essayé de vous imposer silence en 1999, Peu avant le début de la guerre en ex-Yougoslavie, où cette arme a également été utilisée, (Wilms, un scientifique indépendant, a parlé de 100 tonnes environ de munitions radioactives utilisées pour la seule guerre en Yougoslavie, principalement au Kosovo).

Oui. Le prétexte en a été un versement que m’avait refusé la caisse de retraite. Le Tribunal administratif de Husum en date du 14 juillet 1999 employait ces termes lapidaires :
« Je dois vous rappeler une fois de plus qu’il nous est ici impossible d’effectuer un versement ou de contraindre en quelque manière la Caisse des retraites. Cette procédure ne concerne que la question de savoir si l’on peut ou doit vous placer sous curatelle…

On vous a alors menacé d’un internement psychiatrique d’office ?

Oui. Une lettre du Tribunal administratif de Husum en date du 22 octobre 1999 (Az: 2C861/97 und C 1224/97 AG Husum), qui ne m’avait pas été adressée par voie postale, mais remise à dessein avec du retard un jeudi soir à ma porte (je devais être interné en psychiatrie par la force un lundi !!) m’informait que
« En raison des congés la personne concernée ne peut être mise en observation dans l’établissement spécialisé désigné à cet effet qu’à partir du 2 novembre 1999. En conséquence le tribunal a déclaré que cet examen devrait être terminé le 10 novembre au plus tard. Ce jour-là au plus tard il faudra examiner s’il est nécessaire de prescrire un nouvel internement pour juger de son état mental »
Et plus bas que :
« L’internement de la personne concernée dans une institution psychiatrique fermée pour l’établissement d’une expertise relative à la nécessité d’une curatelle est prévu le 3 au plus tard. Si les autorités compétentes procèdent à l’internement, elle sont autorisées- si nécessaire en faisant appel aux forces de police – à utiliser la force. »

Les dirigeants de ce pays savaient apparemment très bien que :

1/ vous n’aviez aucune aide à attendre de la part de votre famille (votre femme, médecin elle aussi, avait pris peur après avoir vu des croix gammées taguées sur votre maison et entendu hurler des slogans nazis devant chez vous, d’autant plus qu’aucun patient ne s’était plus montré après cet incident ; elle avait demandé le divorce et vit désormais quelque part dans le Sud de l’Allemagne)

2/vous n’étiez pas couvert par une assurance de protection juridique.

Il aurait donc été facile à l’époque de vous isoler discrètement et de vous imposer ainsi un silence définitif.

 Bien sûr. Mais lors d’un séminaire sur la guerre de 1999 en Yougoslavie à Erfurt, j’ai rencontré les « Mères contre la guerre » (aujourd’hui «  Mères contre la guerre de Berlin-Brandebourg ») Le jeudi soir où j’ai reçu cette lettre me menaçant d’un internement psychiatrique par la force le lundi suivant, je les ai appelées et leur ai demandé de l’aide.
Les « Mères contre la guerre » se sont mises en relation le lendemain avec le Dr Distel et lui ont demandé de m’assister juridiquement. En outre, avec l’aide d’une association de Hambourg, elles ont informé tous les journaux, stations de radio et de télévision importants que je me trouvais en danger. Un membre de l’organisation de Mères s’est en outre rendu à Sankt Peter Ording pour empêcher la police de m’emmener de force le lundi. Après ces actions, je n’étais plus seul et lorsque je suis tout de même allé à la clinique Karl Boenhoffer pour y faire examiner mon état mental, cinq membres de cette organisation ainsi que le Professeur Schott m’ont accompagné. Monsieur l’avocat Schulz a même établi une chaîne téléphonique qui devait informer les médias en cas de besoin !
 

Vous avez eu accès à l’expertise réalisée par la clinique Karl Boenhoffer. Quelles sont ses conclusions ?

Concernant ma personne et le soutien croissant que je recevais de certains mouvements pacifistes, elle disait :
« On a cependant constaté des traits paranoïdes. Mais seul un tribunal (un expert près du tribunal) est à même de décider s’ils interdisent à la personne concernée de gérer ses affaires. 
 
Monsieur le Professeur G.  étant opposé à sa mise sous curatelle, celle-ci ne peut être instituée contre la volonté expresse de Monsieur G. que si son inaptitude à gérer ses affaires peut être prouvée.
 
Monsieur le Professeur G. semble avoir perdu une partie de son potentiel énergétique, en ce qui concerne certaines choses (munitions à uranium, pollution, contamination radioactive des êtres humains) son émotivité est très forte.
L’expertise concluait toutefois que « pour l’instant le Professeur G. est tout à fait capable de gérer des propres affaires sans recours à une curatelle. »
 
Toutefois on précisait : «S’il s’avérait impossible de trouver un moyen de résoudre les problèmes soulevés, on peut envisager du point de vue neurologique une exploration supplémentaire qui prendrait la forme d’une surveillance de son parcours au bout d’un certain temps (au moins six mois) »

Les organismes étatiques ont-ils osé pratiquer cette « exploration supplémentaire » ?

Non, au regard de ma notoriété sans cesse croissante et de la reconnaissance mondiale de mes découvertes relatives à la dangerosité des munitions à uranium appauvri.

Vous êtes ainsi que le Dr Leuren Moret, une experte internationale des rayonnements et ex-collaboratrice au projet Marian Falk (ex-projet Manhattan), connu comme scientifique et insider reconnu aux Laboratoires  Livermore-expert du „fallout“* radioactif.

Oui, bien sûr. Elle a taxé les armes à uranium appauvri de cheval de Troie de la guerre nucléaire. Il faut noter ici que jusqu’à présent ce sont exclusivement des armes à l’uranium appauvri qui sont utilisées dans les zones de guerre du monde entier, et qu’aussi bien les représentants de l’industrie de l’armement que les milieux gouvernementaux des USA et de tous les pays capitalistes du monde continuent à dissimuler leur emploi et à nier que les munitions à uranium appauvri soient des armes nucléaires. Il y a une bonne raison à cela: la Cour de Justice internationale a interdit dès 1996 l’utilisation d’armes nucléaires !!

Quel serait votre message actuel aux pacifistes, y compris les antinucléaires, en Allemagne et dans le monde entier ?

Toute guerre est un crime. Mais une guerre nucléaire comme celle que les USA et leurs alliés mènent déjà de manière subliminaire constitue un crime irréparable contre l’humanité.
Tous les pacifistes mais aussi tous les adversaires de l’atome se doivent d’informer les gens sur les modifications incommensurables et irréversibles de la nature, du règne animal et de l’humain qu’entraîne l’utilisation des nouvelles munitions à uranium appauvri et d’agir pour que leur interdiction définitive par la Cour de Justice internationale dès 1996 soit enfin respectée. Il y faudra du courage et de la ténacité.
Mais dans l’intérêt de nos descendants il est urgent d’agir !
 

*Fallout : Retombées radioactives consécutives à une explosion atomique ou à un accident majeur du cœur d’un réacteur. Le souffle de l’explosion projette de la poussière dans l’atmosphère. Cette poussière se divise en couches et se répand sous forme d’aérosol à des vitesses et dans des directions variables. Il s’ensuit des retombées sous forme de condensés que l’on détecte et mesure à la surface du sol. La radioactivité des particules entraîne un fort rayonnement et éventuellement une intoxication. En l’absence de poussières, il n’y a pas de « fallout ».[NdE]

 


Merci à Tlaxcala
Source: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=6901
Date de parution de l’article original: 24/02/2012
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=6943

87 and déjà!
Siegwart-Horst Günther, médecin, antifasciste, Juif et courageux lanceur d’alerte-Interview du découvreur du syndrome de la Guerre du Golfe

 

Brigitte Queck Бригитте Квек
Traduit par  Michèle Mialane

Message d’Hiroshima à l’attention des Japonais et de tous les peuples du monde

Hiroshima et Fukushima. Comment ne pas relier les deux évènements ? La fission de l’atome, la pluie noire, le césium, la contamination interne, la maladie, l’exclusion, la souffrance. Voici le témoignage d’une survivante d’Hiroshima, Bun Hashizume, traduit par Pierre Régnier. Dans les moments les plus critiques, elle a toujours gardé la foi en l’humanité et en la bonté de chacun, trouvant les ressources qui lui ont permis de surmonter l’insurmontable. Une leçon de vie et d’espoir pour tous les Japonais touchés par la catastrophe de Fukushima.

Témoignage de Hashizume Bun, survivante d’Hiroshima, le 29 mars 2011.

« Je suis une « atomisée » rescapée du bombardement d’Hiroshima. J’habite à Tôkyô. J’ai 80 ans.

Le 11 mars 2011, lorsqu’a eu lieu le Grand Tremblement de Terre du Nord-Est du Japon suivi de la catastrophe nucléaire de Fukushima, j’étais en train d’écrire un livre sur le bombardement atomique survenu soixante-six ans auparavant et sur la vie de la population civile d’Hiroshima avant et après le bombardement. J’avais déjà rédigé la majeure partie de cet ouvrage, mais accablée par la douleur que provoqua en moi l’accident nucléaire de la centrale nucléaire de Fukushima, j’ai voulu finir la rédaction du dernier chapitre sur le lieu même du bombardement atomique, à Hiroshima, ma ville natale.

Tard le soir, en foulant le sol d’Hiroshima, je sentais un lourd fardeau peser sur mes épaules et, pendant un temps, je ne pouvais plus mettre un pied devant l’autre. A chaque fois que je revenais à Hiroshima, j’avais pour habitude de commencer par me rendre à pied au mémorial pour les morts situé dans le Parc de la Paix et de discuter avec les membres de ma famille qui se trouvent là, ainsi qu’avec mes amis, ou de simples connaissances, et avec tous ceux qui sont morts ce jour-là dans une horreur qui dépasse l’entendement. Mais cette fois-ci, plutôt que de prier, je leur ai demandé :

Donnez-moi encore pour un temps la santé,

Donnez-moi de la force,

Dites-moi ce que je peux faire, guidez-moi s’il vous plaît.

Ce jour-là, j’ai été atomisée à 1,5 kilomètre de l’hypocentre de la bombe. J’ai été très gravement blessée et j’ai frôlé la mort mais j’ai pu survivre grâce à l’aide de trois personnes qui m’ont sauvé la vie.

Lorsque nous vivions dans les baraques, je souffrais de maladies fulgurantes dues à la radioactivité telles que, par exemple, de fortes fièvres, des saignements de nez et des gencives, de terribles diarrhées et vomissements, des taches pourpres sur tout le corps ou la perte des cheveux. Pourtant, là encore miraculeusement j’ai pu survivre. Cependant par la suite et jusqu’à aujourd’hui, j’ai souffert de nombreuses maladies et il n’est pas un seul jour où j’ai été en bonne santé.

Parmi toutes les maladies, un des maux les plus pénibles est le « chancellement des atomisés ». Cette maladie se manifeste par un état d’épuisement difficilement supportable.

Plusieurs fois j’ai imploré le médecin « Docteur, ne serait-ce qu’une journée ou même une heure, faites-moi me sentir fraîche et légère. » Mais cela ne s’est jamais réalisé. En allant me coucher le soir, je priais Dieu, « Faites que je ne me réveille pas demain matin. »

Toutes ces maladies étaient dues à l’irradiation interne. Toutes les substances contaminées par la radioactivité que nous avions ingérées, notamment l’eau que nous avions bue, la nourriture ou l’air, ces substances continuent sans cesse leur réaction à l’intérieur même de l’organisme et bouleversent les gènes. Cela se poursuit jusqu’à la mort.

Finalement, récemment on en parle dans les médias : le césium qui détruit les fibres musculaires serait à l’origine du « chancellement des atomisés », et c’est ici, à Hiroshima, que je l’ai appris tout dernièrement.

Ceux qui ce jour-là étaient sous la pluie noire, ceux qui sont entrés dans la ville pour venir secourir les victimes ou chercher des proches, mais pas seulement les victimes de la bombe, tous les atomisés victimes des essais nucléaires, des accidents des centrales, tous ceux-là sont victimes d’irradiations internes.

L’irradiation interne a toujours été sciemment dissimulée. Maintenant, du fait de l’accident de la centrale de Fukushima, enfin, on voit apparaître le terme «irradiation interne », mais on ne voit quasiment aucune explication précise de ce dont il s’agit.

Sans doute parce qu’alors il ne serait plus possible de continuer à développer l’exploitation des centrales nucléaires.

« L’énergie nucléaire est une énergie propre », « l’énergie rêvée » entendait-on à une époque mais, après les accidents des centrales de Tchernobyl et de Three Mile Island, on l’entendait un peu moins.

Cependant, ces dernières années, beaucoup de pays dans le monde se sont remis à la course à la construction de centrales nucléaires. On a appelé cela « la Renaissance des centrales nucléaires ». Voyant cette évolution, j’ai alerté sur le fait qu’inévitablement, dans un futur pas bien lointain, il y aurait quelque part sur terre un accident dans une centrale nucléaire.

Cela se produit actuellement dans mon pays et qui plus est, chaque seconde, il y a des fuites ininterrompues de substances radioactives très concentrées. Il n’y a pas de moyen pour stopper cela de façon sûre et l’on ne peut prévoir quand cette situation critique prendra fin.

Au Japon, pays de petite superficie et situé en zone sismique, il y a plus de 50 réacteurs nucléaires. De plus, ils sont regroupés et établis sur des plaques produisant de nombreux tremblements de terre, régions à faible population.

Par ailleurs, à Fukushima, dans la centrale numéro 1 de Fukushima, il y a six réacteurs qui forment une chaîne s’enfonçant dans la spirale du danger. En outre, à la centrale numéro 2 de Fukushima, il y a aussi quatre réacteurs qui ont subi des dommages. Après le grand tremblement de terre du Nord-Est, le 15 mars, il y a eu un grand tremblement de terre à Shizuoka. On dit que, dans première moitié de ce siècle, se produira inévitablement Le Grand Tremblement de Terre du Tôkai et de la Baie de Suruga. C’est là que se trouve l’une des centrales majeures qu’est celle de Hamaoka.

Sur la zone très sismique de la côte de la Mer du Japon, les centrales nucléaires sont nombreuses, en particulier dans la préfecture du Fukui que l’on appelle « le Ginza des centrales nucléaires » (en référence au quartier très animé et dense de Ginza à Tôkyô).

À la population du Japon, est-ce une bonne chose que le Japon, victime des bombes atomiques soit devenu le pays coupable d’une telle émission de radioactivité ? Il n’y a plus de temps à perdre. Agissons pour que soient arrêtées les centrales actuellement en activité.

Aux populations du monde entier, je vous en prie, apportez-nous votre soutien. Demandons haut et fort que sur la Terre, naturellement, il n’y ait plus de construction de centrales nucléaires, mais aussi que l’on stoppe toutes les centrales en activité et que soient reclassés les réacteurs nucléaires.

En tant qu’atomisée de la bombe, j’ai lutté contre le nucléaire au Japon et à l’étranger. Cela parce qu’il y a la menace que la vie sur Terre soit détruite, non seulement par les bombes atomiques ou les bombes à hydrogène, mais aussi par les centrales nucléaires.

Même lors de leur fonctionnement ordinaire, les centrales nucléaires rejettent de petites quantités de particules radioactives qui contaminent la mer, l’air et le sol. La dangerosité de ces rejets de particules radioactives en faibles quantités est occultée.

Il n’y a pas que l’être humain qui ait reçu la vie sur Terre. N’est-il pas indécent que l’être humain, pour son propre bénéfice, sacrifie les autres espèces vivantes ? Ouvrir la voie vers une vie en harmonie avec la nature ne devrait-il pas être la sagesse humaine ?

Par ailleurs, nous qui vivons entre le 20ème et le 21ème siècle, nous ne nous sommes vus confier qu’un court laps de temps dans la longue histoire de l’humanité. Est-ce que nous ne sommes pas simplement supposés passer le relais entre nos aïeux et les générations à venir ?

Nous, les atomisés des bombardements ainsi que les atomisés des accidents des centrales nucléaires et des essais nucléaires, avons souffert toute notre vie ; de même, les atomisés de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima souffriront désormais sans cesse.

On voit tous les jours dans les médias les gens endurer des conditions de vie difficiles dans les camps de réfugiés. Et en voyant des nourrissons innocents et des enfants ne pas perdre leur vitalité même dans de telles conditions, j’ai le cœur meurtri mais j’y vois en même temps un espoir. La radioactivité est particulièrement nocive pour les enfants et empêche leur croissance.

La radioactivité ne connaît pas les frontières.

Pour secourir les enfants qui sont l’avenir,

Tous ensemble, dans le monde entier,

Donnons-nous la main et levons-nous contre le nucléaire »

Qui est Hashizume Bun ?

Madame Hashizume Fumiko, Hashizume Bun de son nom de plume, est née à Hiroshima en 1931. A quatorze ans, elle se trouvait à moins d’un kilomètre et demi de l’hypocentre de l’explosion atomique, le 6 août 1945, à 8 h 15. Gravement blessée, elle a survécu miraculeusement non seulement à ses blessures mais aussi à la famine et aux maladies qui s’ensuivirent. Durant plusieurs décennies, comme la plupart des hibakusha (survivants des bombardements atomique), elle ne parvenait pas à évoquer le sujet, se refusant à se remémorer les événements. Elle est finalement parvenue à décrire l’horreur et les conditions extrêmes de la survie après le bombardement en écrivant un livre. A l’âge de 76 ans, elle a engagé toute son énergie pour témoigner à travers le monde du drame humain qu’elle et les siens ont vécu. Elle a notamment fait de nombreuses conférences en Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Japon. Elle est l’auteur de divers ouvrages en japonais, notamment des recueils de poésie. Son autobiographie, témoignage de ce qu’ont vécu les habitants d’Hiroshima, est disponible en langue française : « Le jour où le soleil est tombé – J’avais 14 ans à Hiroshima », 2007, Ed. Cénacle de France, 219 p.

À lire et à voir également sur Fukushima et le nucléaire :

Fukushima : Sévère réquisitoire du professeur Kodama contre le gouvernement nippon (vidéo)

Fukushima : Limiter les radiations au lieu de l’information

De Hiroshima à Fukushima : le contexte politique du désastre nucléaire japonais (1/2)

De Hiroshima à Fukushima : le contexte politique du désastre nucléaire japonais (2/2)

La Terre n’en peut plus

La planète contre-attaque !

Les leçons de la catastrophe

Et si Fukushima et le Golfe du Mexique étaient une chance ?

Entre décadence et destruction, notre civilisation va devoir choisir

Fukushima, plus jamais ça !

Le mensonge nucléaire

De SALT aux ZEAN : 40 ans de désarmement nucléaire

Source : Fukushima

Nucléaire: témoignage d’une française qui vit au Japon

«La vie ces jours-ci a Sendai  est plutôt surréaliste… Mais j’ai la chance d’être entourée d’amis qui m’aident énormément. J’ai d’ailleurs pris refuge chez eux puisque ma bicoque délabrée est maintenant totalement digne de ce nom.

Nous partageons tout : eau, aliments, ainsi qu’un chauffage d’appoint au fuel.

La nuit, nous dormons tous dans une seule pièce,  nous dînons « aux chandelles », nous partageons nos histoires. C’est très beau, très chaleureux. Le jour, nous essayons de nettoyer la boue et les débris de nos maisons.

Les gens font la queue pour s’approvisionner dès qu’un point d’eau est ouvert, ou ils restent dans leur voiture, à regarder les infos sur leur GPS.

Quand l’eau est rétablie chez un particulier, il met une pancarte devant chez lui pour que les autres puissent en profiter.

Ce qui est époustouflant, c’est qu’il n’y a ni bousculade, ni pillage ici, même si les gens laissent leur porte d’entrée grande ouverte, comme il est recommandé de le faire lors d’un séisme.

Partout l’on entend: « Oh, c’est comme dans le bon vieux temps, quand tout le monde s’entraidait!  »

Les tremblements de terre continuent: La nuit dernière, nous en avons eu tous les quarts d’heure. Le hurlement des sirènes était incessant, ainsi que le vrombissement des hélicoptères au dessus de nous.

Hier soir, l’eau a été rétablie pendant quelques heures, et aujourd’hui pendant la moitié de la journée. Nous avons aussi eu droit à un peu de courant cet après-midi. Mais pas encore de gaz. Les améliorations dépendent des quartiers. Certains ont de l’eau, mais pas d’électricité et d’autres le contraire.

Personne ne s’est lavé depuis des jours. Nous sommes crasseux, mais c’est de peu d’importance.

J’aime ce sentiment nouveau, cette disparition, desquamation du superflu, de tout ce qui n’est pas essentiel. Vivre pleinement  intuitivement, instinctivement, chaleureusement et survivre, non pas en tant qu’individu, mais en tant que communauté entière…

Des univers différents se côtoient étrangement :

Ici, des demeures dévastées, mais là, une maison intacte avec ses futons et sa lessive au soleil!

Ici, des gens font interminablement la queue pour de l’eau et des provisions, alors que d’autres promènent leur chien.

Puis aussi quelques touches de grande beauté : d’abord, la nuit silencieuse. Pas de bruit de voiture. Personne dans les rues. Mais un ciel étincelant d’étoiles.  D’habitude je n’en distingue qu’une ou deux…  Les montagnes autour de Sendai se détachent en ombre chinoise, magnifiques dans l’air frais de la nuit.

Les Japonais sont eux-mêmes magnifiques : chaque jour, je passe chez moi, comme en ce moment même où je profite du rétablissement de l’électricité pour vous envoyer ce courriel, et chaque jour, je trouve de nouvelles provisions et de l’eau sur le seuil ! Qui les a déposées ? Je n’en ai pas la moindre idée !

Des hommes âgés en chapeau vert passent de maison en maison pour vérifier que chacun va bien. Tout le monde vous demande si vous avez besoin d’aide.

Nulle part je ne vois de signe de peur. De résignation, oui. Mais ni peur ni panique!

On nous annonce cependant des répliques sismiques, voire même d’autres séismes majeurs dans les prochains mois. En effet, le sol tremble, roule, gronde.

J’ai la chance d’habiter un quartier de Sendai qui est en hauteur, un peu plus solide, et jusqu’à présent nous avons été relativement épargnés.

Hier soir, autre bienfait : le mari d’une amie m’apporte de la campagne des provisions et de l’eau.

Je viens de comprendre à travers cette expérience, qu’une étape cosmique est en train d’être franchie partout dans le monde. Et mon coeur s’ouvre de plus en plus.

Mon frère m’a demandé si je me sentais petite et insignifiante par rapport à ce qui vient d’arriver. Eh bien non ! Au lieu de cela, je sens que je fais partie de quelque chose de bien plus grand que moi. Cette « re-naissance » mondiale est dure, et pourtant magnifique ! »


Source:  http://epanews.fr/profiles/blogs/temoignage-dune-francaise-qui

Ça va bien aller…

Par François Marginean



Les autorités, les gouvernements et les médias sont d’un positivisme déconcertant. À les écouter, les pires catastrophes naturelles ou celles créées par l’homme n’ont que peu de conséquences, elles sont sous contrôle et on s’inquiète pour rien. Ou peut-être nous mentent-ils constamment, nous prenant soit pour des imbéciles ou des ignares infantilisés dont on veut éviter qu’ils paniquent, qu’on doit protéger car ils ne peuvent choisir par eux-même la meilleure marche à suivre afin de guider leur vie.

Voici un échantillon éducatif pour illustrer ceci:

Les gaz de schiste

L’industrie du gaz et du pétrole s’amuse allègrement à fracturer un peu partout le sous-sol québécois et nord-américain en quête de gaz de schiste. Pour y arriver, ils doivent injecter une mixture de plus de 400 produits chimiques sous pression pour faire remonter les gaz à la surface, polluant les nappes phréatiques et l’environnement au point tel que des gens arrivent à allumer leur eau du robinet. Ces fractures du sous-sol fragilisent et rendent instables les strates géologiques, causant de nombreux tremblements de terre. La petite ville américaine de Guy, en Arkansas, est devenue la capitale des séismes pour le fait unique de subir une douzaine de tremblements de terre quotidiennement. Les résidents de cette municipalité ont subi des milliers de séismes allant jusqu’à 4 sur l’échelle de Richter en tout juste six mois après que les forages aient apparemment déstabilisé le sol sous leurs pieds.

La zone sismique de New Madrid (en anglais New Madrid Seismic Zone), connue aussi sous le nom de rift de Reelfoot ou de ligne de faille de New Madrid, est une zone sismique majeure à la limite du Sud et du Middle West des États-Unis, s’étendant au sud-ouest de New Madrid dans le Missouri.

Le système de faille de New Madrid est responsable des tremblements de terre de New Madrid de 1811-1812 et a le potentiel pour produire des tremblements de terre destructeurs en moyenne tous les 300 à 500 ans. Depuis 1812 de fréquents petits tremblements de terre intraplaques (tremblements de terre à l’intérieur d’une plaque tectonique) furent enregistrés dans cette zone.

La zone sismique couvre des parties de cinq États américains : l’Illinois, le Missouri, l’Arkansas, le Kentucky et le Tennessee.

(Wikipédia)

La faille de New Madrid est plus importante et potentiellement plus dévastatrice que celle de la côte ouest, en Californie. Une recrudescence de séismes a été enregistré depuis quelques années dans cette zone sismique. Qu’à cela ne tienne, de nombreuses compagnies pétrolières et gazières s’amusent gaiement à percer le sol à cet endroit et tout autour, y injectant des liquides sous pression ce qui entraine une déstabilisation des strates géologiques. Pour avoir un aperçu de cette situation, voir cet extrait du film Gazland, sous-titré en français.

Mais selon l’industrie et le gouvernement, ne vous inquiétez pas, ça va bien aller…

Dans le golfe du Mexique

L’arnaque de BP et les puits qui n’ont jamais vraiment été colmatés et le fond marin poreux qui transpirait du pétrole de partout reviennent hanter BP et les résidents de la région du golfe du Mexique. Ce n’est pas parce que BP, les médias et le gouvernement US ont déclaré le dossier clos et réglé que c’est le cas. En effet, on a appris cette semaine qu’une importante nappe de pétrole est apparue, proche du site du Deepwater Horizon, à MC243, mesurant 160 kilomètres de long et une vingtaine de large. Elle est située à une quarantaine de kilomètres au sud de Grand Isle.

Mais la garde côtière américaine tente de rassurer la population en déclarant que ce ne serait que de larges quantités de sédiments et non pas du pétrole. Des sédiments (voir les images)? On nous prend pour qui? À cette distance des côtes, ils auraient déjà décanté au fond du golfe et s’ils s’agissait vraiment de sédiments, personne n’y aurait porté d’intérêt. C’est bien parce que cela sortait de l’ordinaire que des gens l’ont remarqué. Mais on nous prend pour des imbéciles et on nous répète que ça va bien aller, de ne pas s’en faire. Les puits ont été colmatés et il n’y a plus de fuites, bien sûr. Et Shell vient d’obtenir l’approbation pour forer de nouveaux puits en eaux profondes dans le golfe du Mexique.

Guerre humanitaire contre la Libye – Cadeau du prix Nobel de la paix Obama et des néocons sionistes

Que dire? Le prix Nobel de la paix a lancé avec ses complices, dont la France, l’Angleterre et le Canada, une nouvelle guerre d’agression, déguisée en guerre « humanitaire ». Une guerre humanitaire, quel oxymore incroyable de type orwellien. Une guerre humanitaire, ça n’existe pas. Une guerre, c’est sanglant, destructeur et c’est un drame pour la population civile qu’on dit vouloir « aider » et « sauver ». À coups de bombes et de missiles. $100 millions en missiles seulement que la première journée de bombardement humanitaire. On n’arrête pas le progrès. Les révolutions populaires doivent être détournées et canalisées, matées pour se plier à l’agenda impérialiste néocon/sioniste. Les États-Unis ont besoin d’un pied militaire sur le continent africain et veut le contrôle des ressources naturelles dont le pétrole tout comme l’Angleterre et la France et Israël a besoin de l’eau et du contrôle de la région. Les Libyens sont trop imbéciles pour se gouverner eux-mêmes et choisir leur destinée. Il faut intervenir pour les aider et mettre en place ou soutenir une marionnette tyrannique des pouvoirs occidentaux et sionistes. Les médias nous rapportent innocemment les images de cette agression immorale de la même manière qu’au moment du début de la guerre en Irak, en mars 2003, sans poser trop de questions gênantes.

Ça va bien aller, nous dit-on, tout est sous contrôle et on est satisfait du déroulement des bombardements aériens. Jamais une guerre n’a été gagnée des airs sans intervenir au sol directement, mais c’est un détail. L’occupation militaire suivra bientôt, juste le temps de justifier le tout.

« Si vous voulez une image du futur, imaginez une botte écrasant – pour l’éternité- le visage d’un homme. »
George Orwell

Le bombardement de la Libye va commencer le jour – ou à un jour près – du huitième anniversaire du début de la destruction de l’Irak, le 19 mars, en Europe. La Libye aussi va être détruite – ses écoles, son système éducatif, son eau, ses infrastructures, ses hôpitaux, ses buildings municipaux. il y aura de nombreuses « erreurs tragiques » et autres « dommages collatéraux » de mères, pères, enfants, bébés, grands-parents, écoles pour les sourds et muets, etc… etc… Et les merveilleux vestiges romains et les ruines encore plus anciennes qui ont résisté au temps et à tous les remous de l’histoire et ont fait l’admiration de tant de monde comme ceux d’Irak, l’histoire de cette nation – et son humanité, à l’instar de l’Irak et de l’Afghanistan, disparaîtront pour toujours.

Les infrastructures vont être détruites. l’embargo restera en place ; et rendra la reconstruction impossible. L’Angleterre, la France et les USA décideront que le pays a besoin d’être « stabilisé », qu’il faut « l’aider à reconstruire ». Ils arriveront et prendront la direction des installations et des champs de pétrole ; au début les Libyens seront un problème accessoire puis ils deviendront vite « l’ennemi » des « insurgés », on leur tirera dessus, ils seront emprisonnés, torturés, victimes de toutes sortes d’abus -et un « gouvernement » fantoche ami des USA sera mis en place.

Les envahisseurs accorderont à leurs firmes des contrats pour la reconstruction, l’argent – qui sera sans doute prélevée sans compter sur les actifs gelés – disparaîtra et le pays restera largement en ruines.

Et ceux qui applaudissent de toute leurs forces, comme pour l’Irak, vont se mettre à courir d’un station de télévision ou de radio à une autre, à Londres, en Europe et aux USA, avant de retourner dans leurs maisons bien protégées et de retrouver la sécurité de leurs emplois bien payés en Europe, Grande Bretagne et USA, certains qu’aucune bombe ne risque de leur tomber sur la tête. Leurs enfants ne seront pas pris de tremblements incontrôlables et ne feront pas dans leurs culottes de terreur en entendant s’approcher les avions. (L’hypocrisie et la trahison de l’ONU : le cas de la Libye)

Des innocents meurent déjà par dizaines, mais c’est pas grave, c’est pour les aider. Ça va bien aller.

Une fuite d’eau déminéralisée (radioactive) d’une centrale nucléaire en Ontario

Le 16 mars dernier, la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) rapportait que la centrale nucléaire de la Ontario Power Generation à Pickering, Ontario, a subi une fuite d’eau radioactive dans le lac Ontario provenant de la station Pickering A. Résultant de ce qui apparait avoir été un bris d’un joint d’étanchéité d’une pompe, la commission canadienne de sûreté nucléaire a rapporté que 73 000 litres d’eau « déminéralisée » s’était échappé de la station nucléaire de Pickering A pour se retrouver dans le lac Ontario qui est la source principale d’eau potable pour des millions de personnes. La commission a déclaré que  » le risque radiologique pour l’environnement et la santé des gens est négligeable « . Ça va bien aller. (source)

De la même manière, la Ontario Power Generation (OPG) et le gouvernement canadien ont préféré utiliser le terme d’eau  » déminéralisée  » au lieu de  » radioactive  » lorsqu’ils discutaient de la fuite. Aucun doute que cela constitue une tentative de diminuer les inquiétudes concernant un autre accident nucléaire alors que l’anxiété est à son paroxysme suite à la catastrophe  » déminéralisée  » au Japon.

Pourtant, bien que des experts aient tenté de rassurer les gens en déclarant que l’eau échappée n’était pas radioactive, un rapport de l’OPG et de Ted Gruetzner lors d’une interview sur CTV ont admis que l’eau était  » un peu radioactive « . (source)

La commission canadienne de sûreté nucléaire et Environnement Canada surveillent la situation. Ne soyez pas inquiet, ça va bien aller. Un peu de radioactivité ne peut pas faire de mal.

Source: CentPapiers