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Le poêle à moules

 

Je ne pense pas que l’on puisse comprendre quelque chose à la vie si on n’a pas une petite idée de l’Histoire. On l’enseigne si peu qu’un élève était certain que l’internet existait en 1973… C’était écrit dans le livre d’Émile Ajar,  La vie devant soi . Il a dû lire le livre plusieurs fois…. La vie est toujours devant soi. Mais pour en faire quelque chose de bien, il faut la voir à travers la vie derrière soi. Dans la culture de l’instantanéité, rien n’a de sens, sinon les ego bombés, torsadés,

Mieux encore, ma grand-mère n’avait pas l’électricité, mais son internet fonctionnait au bois… Elle devait allumer le poêle pour parler à quelqu’un sur Skype… En fait, c’était si compliqué qu’elle préférait aller chez le voisin jouer aux cartes.

Mais à quoi sert-il de dire ça? Ce qu’on aime, c’est le présent. L’ignorance c’est de croire que tout a changé. Oui, tout a changé… Les connaissances, les vraies, servaient à la vie. Elles étaient concrètes et utiles. Le progrès, c’est d’avoir passé à une belle et colorée culture de l’inutile, de la consommation de ce qui passe. Bref, la culture du fugitif.

Une maison sans fondation…

***

Moult moules 

Ce  que la plupart des gens sont en train de devenir est  « subtilement », un moule. Oui un moule. Ils achètent un moule de « personnalité ». Un moule de carrière. Un moule… Pressés comme des citrons. Robotisés. Le moule, c’est l’avenir… Alors, le passé ne sert plus à rien. Le passé, c’est comme les vieux: il n’a plus de valeurs. C’est un déchet… C’est une bibliothèque, mais une bibliothèque comme celle des nazis: à brûler, à cendrer.

 Jadis, l’artisan fabriquait de ses mains, avec lenteur, dans sorte de « paisibilité » quasi religieuse,  là  où le temps et les respires est proche de la  méditation. Il  vivait dans une  prière liée à son travail. Travailler était un acte spirituel… Un acte difficile, dur physiquement…  Ce n’était pas paradisiaque. Mais dans un certain sens, c’était au rythme des saisons, des vents, du matin, du soir, et l’on savait dormir sans avoir appris…

Ce que j’essaie de tenter de faire saisir, de prendre conscience, est que ces sociétés soi-disant évoluées sont revenus à un esclavage astucieux, mais bien camouflé. Autrement dit: la civilisation actuelle ne peut pas produire de citoyens dans lequel les valeurs seraient supérieures et « profondes ». Au contraire, le but d’un monde strictement livré à la marchandisation ne peut produire qu’un citoyen teinté de marchandisation.  Il est marchandise sans le savoir…

Le moule est le chemin le plus court pour « réussir » sa vie dans un monde totalitaire, dans lequel on ameublit et fige tout citoyen dans le but seul du profit pour le profit. Le credo martelé est de vous faire croire que vous allez réussir selon la recette de LEUR réussite.

Dans un environnement psychosocial falsifié et martelant la valeur de l’individualisme, ce bain social et planétaire, le liquide amniotique dans lequel baignent les « futurs » citoyens, ne peut produire un individu d’une certaine « qualité ». Car l’environnement n’est plus de qualité.  La horde des barbares raffinés ne peut et ne veut pas d’un citoyen « pensant » mais d’un citoyen pensé.

Dès lors, même dans le meilleur des mondes et des intentions, puisqu’on se nourrit de cet étang barbouillé et brassé de plus en plus chaque jour, c’est un art que d’échapper à l’appel du moule.

La facilité…

Le syndrome du moule c’est de se fier à l’État pour faire quelqu’un de vous.

Et plus le « monde » bouille, plus la marmite a tendance à sauter. C’est triste et navrant de se rendre compte que nous payons une famille de sculpteurs qui n’on rien  à voir avec la Vie.

Mais nous sommes lâche d’acheter les moules.

L’État n’est pas un artisan, c’est une usine…

Gaëtan Pelletier

2 novembre 2014

Le silence des anneaux

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Étudier à être libre ou à tout savoir est déjà la plus grande des servitudes. Etre libre est sans doute échapper un peu à tout ce monde d’idées en bataille.  La sainteté sociale est devenue une urgence… C’est la lutte à savoir qui saura, avec son petit scalpel gris, décortiquer tout le mal du monde par la manière dont on nous a montrés. C’est le jeu de l’universitaire, étouffé dans ses propos bien ordonnés.

Ce qui mène à la fragmentation du savoir.

Analyser. Analyser. Analyser. Et cracher son encre électronique.

On tourne en rond. D’anneaux en anneaux. D’années en années.

Les idées, c’est comme la passion pour Marilyn Monroe… Une fixation à marmonner tout le mal du monde, à tenter de le circonscrire, de découvrir « une vérité » parmi un monde totalement totalitaire au mensonge.

Après 50 articles d’analyseurs sérieux, il faut passer au tamis cette nourriture de l’esprit aussi charmante que le McDo.

et l’on se retrouve comme ça:

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Si la crise qui ensanglante depuis plusieurs mois l’Ukraine procède de clivages ethnique, confessionnelle et linguistique, elle s’exacerbe par la rivalité géopolitique que se livre l’Ouest et l’Est. La Russie de Poutine tente de recouvrer une infime partie des territoires perdus en 1991, en soutenant les séparatistes ukrainiens europhobes, contre les Ukrainiens légalistes, proche de l’OTAN. LGS

Tout ça n’empêche pas les guerres, ni carte du monde se modifier, ou être modifiée par les sournois étasuniens.

Dans la littérature, le pharisaïsme en est venu à désigner la piété ostentatoire, le formalisme hypocrite chez un dévot ou un religieux ; et même l’attitude de celui qui, croyant incarner la perfection morale, porte des jugements sévères sur l’attitude ou le comportement d’autrui25.

Il y a bien du vent pour les intellectuels, mais il y en a peu pour les gens qui font pousser des carottes. Ils n’ont pas d’histoire…

On donne des médailles aux soldats, mais pas aux maraîchers.

Nous sommes en train de devenir maboule à force de jouer au ça et à la « sourit » pour plaire aux abominables hommes des beige

Tourner en rond n’est pas une révolution…

gp

2014

Les cabanes d’oiseaux

Le mode intellectuel est une manière d’aborder le monde : comme les cabanes d’oiseaux. Les plus simples ne nécessitent que quelques pièces.

C’est l’illusion parfaite. On croit avoir saisi quelque chose de ce « monde » dans trop de grand aime.

Je dis ça  parce que la grande illusion des constructeurs, en abordant le monde d’un angle strictement logique, comme si la logique pouvait tout régler, se leurrent.

Il n’y a pas d’intellect dans l’univers, sauf dans la roche et dans la matière morte. Dans le vivant, c’est encore plus loupé. C’est la raison pour laquelle les chef-d’oeuvriers de la matière grise sont en brosse, souls, gorgés. Ils se tricotent de grandes idées. Et quand c’est clair pour les autres, c’est une réussite.

La Vie n’est pas « claire ». La Vie est un mystère mouvant, fluide et fugace. De sorte que tout assemblage est détruit au moment où il est construit. Presque à la seconde.

Et l’on assiste à un long et large rang de carottes qui fantasment sur les « idées ». Pis encore, sur les constructions de l’esprit.

On peut bien bâtir la plus belle tour du monde, aller sur la lune, et se couper le souffle devant  missile sans pilote, « intelligemment » guidé, tout n’est qu’une collure de matériaux…

Choisis

Le caviar de Harvard est encore une chimère vénérée… Désolé pour les grandes universités, mais ils sont une chaîne de montage de Ford-T sophistiquées.

Le grand succès du 20ième siècle est d’avoir inventé une roue qui dans la réalité tourne à l’envers. Comme dans les films où les images découpées donnent l’illusion qu’une voiture qui roule, vous verrez une roue tourner à l’envers : le résultat du découpage. Et nous ne faisons que découper en tranches la Vie.  D’où…

L’échec

C’est une servitude issue de l’orgueil et engrossée par la brillance. Du mica pour les sourds d’œil. De la frime. Dentelle, froufrou…

L’ Airbus A 380 est une merveille technologique… Mais est ce le but de la Vie de construire et s’émerveiller comme des enfants devant des jouets. Pendant que j’ai écrit cette phrase, un enfant, dans le monde, meurt  de faim.

L’émerveilleuse technologie… Ça nous fait frissonner! Comme si nous avions (sic) un clitoris de camouflé dans la grise matière. L’intelligence (????] est-elle un pan de mur sans maison?

On dirait un amputé de guerre avec une jambe de bois qu’il essaie d’améliorer sans cesse…

Obsessif

On dirait que l’amour, le partage, la fraternité, ont besoin d’une misère pour surgir. C’est la mode de la culture hydroponique des cerveaux : de l’eau, des poissons, mais où se situent-ils dans cet Univers?

On peut bien améliorer, broder, colorer, emperler, fleurir cette techno-civilisation, mais si le but est un bonheur relatif dans un monde imparfait et impénétrable, nous sommes cuits.

Nous vivons sur une brochette. Morceau par morceau.

Mon voisin construit des cabanes d’oiseaux. Ça le rend heureux… Les oiseaux aussi.

Curieusement, les oiseaux ne regardent pas la devanture avant de s’installer. Ils y font leur nid, font l’amour, pondent, et surgissent d’autres oiseaux.

Mais mon voisin a une obsession : construire la merveille des cabanes. Je suis fasciné par tous les modèles qu’il a construits.

C’est là le grand drame de notre univers : les obsessifs pensent que nous avons besoin de toute cette bijouterie…

Comme Liberace

Décès de Jacques Richaud: le premier blogueur à laisser une oeuvre sur la toile

Blog

Jacques Richaud aura-t-il été le pionnier laissant une « oeuvre complète » ou inachevée sur la toile?  Le blogueur, neurochirurgien, a passé des nuits sur ses articles.  Son dernier, publié sur Le Grand soir a été publié quelques jours avant son décès. 

Dans la grande fraternité des blogueurs, là où l’on trouve des batailles internes, il n’en reste pas moins qu’un auteur tel que Jacques Richaud a participé grandement, et ce depuis 2007 sur Agoravox, et par la suite sur Le Grand Soir  , à une série d’une centaine d’articles.

Avec ce  décès, ainsi que les réactions suivant cet incident, il se pourrait   que désormais  les journaux citoyens et  les blogs seront davantage pris au sérieux, ne constituant pas qu’un langage électronique, mais bien arrimé à la réalité de ce monde.

Derrière ce que chacun lit chaque jour sur un écran, il n’y a pas qu’une virtualité, mais la défense d’un monde en pleine bataille qui a son armée de tireurs francs. Mais, avant tout, des humanistes acharnés qui meurent sur le champ de bataille.  Il faut maintenant se souvenir de la source de notre lutte contre la masse de fausses informations, de redressements, de recherches qui nous sont communes.

Pour les justiciers réels, le résultat d’un « Jacques », ne sera efficace que par la reconnaissance et l’abandon des lutte internes.

Sinon, retournons, à cette chère politique frileuse, cassante, qui s’éclate en morceaux dans des luttes intestines. C’est la cible visée, et c’est de par notre acceptation que nous éviterons de répéter le processus qui nous détruit.

Éviter d’être les cibles de l’un et de l’autre…

Gaëtan Pelletier 

***

Voici, le billet que l’on retrouve sur le Grand Soir concernant son décès  à 67 ans.

Décès brutal de Jacques Richaud

Sa compagne et sa fille nous ont annoncé la nouvelle par un courriel : « Nous avons la tristesse de vous informer que Jacques Richaud est brutalement décédé le lundi 9 septembre, quelques heures après vous avoir envoyé l’article sur Lone Ranger, sur lequel il avait passé la nuit et qui lui tenait à coeur depuis plusieurs jours voire semaines…
[http://www.legrandsoir.info/the-lone-ranger-une-gifle-que-l-amerique-n…]
Nous n’aurons donc plus la chance de lire ses textes de « veilleur » attentif et endurant… Entourons-le et prenons le relais de sa réflexion documentée et référencée ».

Les administrateurs du GS ne sauraient oublier que Jacques Richaud, sans être toujours d’accord avec eux (mais le sont-ils eux-mêmes puisqu’ils « donnent à lire » ?), ne cessa de leur témoigner estime et amitié. Quand un ramassis d’incultes inquisiteurs les diffama, cachés derrière des pseudonymes, il monta au créneau, élargissant le débat, lui donnant de la hauteur, conscient de mener ainsi une lutte avec ceux qui veulent « rendre enfin muette ou inaudible la « bête immonde » qui n’a rien d’autre à nous dire que de nous taire et trouve des voix complices ». (http://www.legrandsoir.info/de-la-liberte-d-expression-a-la-censure-el…)

Et contre la terrible confusion qui gagne les esprits, il citait son frère de combat, Daniel Bensaïd : « Quand les lignes stratégiques se brouillent ou s’effacent, il faut en revenir à l’essentiel : ce qui rend inacceptable le monde tel qu’il va et interdit de se résigner à la force aveugle des choses ».

Jusqu’à son dernier souffle (oui, vraiment), il a montré sa fidélité à ses idéaux de jeunesse alors que tout (surtout quand ils ont été « trop à gauche ») incite à les lisser : l’âge, la réussite professionnelle, la lassitude par laquelle on glisse dans le moule du consensus douillet qui rend chacun fréquentable en tous lieux.

Dans un communiqué, le syndicat CGT du CHU de Toulouse salue son «  humanité et son enthousiasme constant, sa rigueur et son engagement [qui] ont fait de lui un précieux compagnon de route de notre Syndicat dans nos mobilisations, nos actions auprès d’agents victimes d’injustices et au Comité de Défense de l’Hôpital Public.
La qualité de son travail d’analyse sur les questions de santé et de protection sociale, mais aussi sur les questions internationales, nous manquera mais nous reprendrons le fil de son travail pour toujours décortiquer les attaques capitalistes contre notre bien commun qu’est la protection sociale.
Il était un des rares médecins qui s’est opposé avec courage toute sa carrière à l’adhésion à l’ordre des médecins, dénonçant le caractère réactionnaire de cette institution ».

LGS aura prochainement l’occasion de vous reparler de Jacques Richaud et sans doute de donner la parole à Eve, sa fille et Elisabeth, sa compagne.

Le Grand Soir.

Pour les lecteurs de Toulouse et de la région : son corps (le cou ceint d’une écharpe rouge) repose au dépositoire du CHU de Rangueil à Toulouse (chambre funéraire Les Oliviers) jusqu’à vendredi où la mise en bière aura lieu à 15h. La cérémonie civile des obsèques aura lieu ensuite Lundi 16, à 9h30 au crématorium de Cornebarrieu.

http://www.legrandsoir.info/

Le craquelin vert

Inutile de se faire suer à grands coups de travail, l’humain craquelin est né… Il est séché et enfermé dans les banques. Ne reste plus que la poésie pour refaire le monde, mais un par un…

L’étourdi, l’agenouillé, dans le grand manège terrestre, est désormais une paille à goinfre avec un emballage-pays.

« Mangez-en tous, car ceci est mon quart »

Les trois quarts de vos êtres sont à la nation mystérieusement avalés par la grosse machine à faire des sous pour des sous. Sans dessous-dessous… Déshabillé de l’âme. Enfourné bien tendrement… Religieusé à la carrière et l’argent.

La peur, la très grande peur de tout perdre. Quand on rêve à tout, on a peur de perdre le « tout possible » vendu.

Il y a les acharnés qui gagnent en mangeant de l’humain ont bonne conscience.

Croire en Hollande, croire en mon ami le plus « cher », Monsieur Harper, et tous les  copier-coller de la race flamboyante qui est passée en tous les pays du monde, trouvez donc un authentique. Et non pas un fabricant passager de citoyens qui croit que l’avenir est d’être un moyen-âgeux  arriéré qui croit encore que la politique peut changer la Vie.

Croire, et investir sa personne en un système est une forme d’alcoolisme caché: l’autre est la bouteille qui vous sculptera.

Et c’est ainsi, et guère mieux, que les analystes se fendent l’ego en deux pour « essayer de comprendre le monde ». Alors, ils vous l’expliquent. Et vous comprenez. Alors, vous vous nourrissez du sein de ce savant, par le dos de la mamelle.

C’est pas parce qu’on est intelligent qu’on n’est pas crétin. La preuve est que la masse de crétins habiles de l’esprit est en train d’avaler, de conduire, disant instruire, nos vies.

Les citoyens sont maintenant les petits chaperons rouges livrés au musclé servant de l’économie sabordée par l’invisible.

Un chat aurait neuf vies… Cette théorie a été hélas mise en pratique par les gens de Wall-Street et de leur descendance encore meilleure.

Le monstre de la finance, en voulant se pourvoir de disciple, a mis au monde pire que lui.

Dépassé.

Auschwitz , c’est une cendre parmi les cendres cachotées de l’Histoire.

La pointe de l’Iceberg a maintenant la taille d’une aiguille.

Alors, les curés du Net qui se livrent à de grandes analyses, perdent leur temps et le vôtre.

La troisième guerre mondiale est économique.

Et nous sommes dans le grand train qui conduit nulle part…

Car nous n’y sommes jamais allés. C’est là toute la trouvaille des fabricants; cacher.

***

C’était un délicieux programme de Télé-Gaz et d’Internet-Schiste. L’exploitation de l’humain par fracturation-fractation.

2018: naissance du biscuit.

Et débandade des intellectuels cervicaux, âmées jusqu’aux mots.

Gaëtan Pelletier

3 septembre 2013

Le biscuit silencieux 

Blog d’Alexandre Latsa: Guerre de l’information: vers la bataille des blogueurs?

Alexandre Latsa

Alexandre Latsa

Récemment une nouvelle a fait du bruit dans la presse française: le Kremlin aurait décidé d’engager des blogueurs en Russie pour contrer l’opposition sur les réseaux sociaux et aussi afin de contrôler et canaliser certaines discussions sur Internet. Pour beaucoup de lecteurs une telle nouvelle devrait vraisemblablement signifier le contrôle accru du pouvoir russe sur Internet (le Runet) mais aussi une façon d’étouffer l’opposition dans le seul terrain médiatique qui lui reste: Internet.

Pourtant cette nouvelle n’en est pas vraiment une.

On sait depuis plusieurs années que les réseaux sociaux jouent un rôle essentiel dans la mobilisation mais aussi la manipulation des masses et même le déclenchement et l’exécution de révolutions pacifiques, surtout dans les pays ou la population est connectée. On a parlé de révolution Twitter en Moldavie en 2009 tant l’instantanéité des publications et des appels à manifestations étaient remarquables. Plus tard, il sera prouvé que moins d’une centaine d’activistes Twitter étaient derrière cette révolution Moldave, activistes qui se sont mystérieusement retirés de Twitter après les évènements.

Même scénario lors des révolutions dans les pays arabes (comme on peut le voir ici oula) ou encore par exemple en Iran. Twitter et Facebook jouent le rôle de nouveaux médias dans lesquels toute information peut, si elle est correctement distribuée, créer le Buzz et faire le tour de la planète internet, même sans avoir été vérifiée. Si les réseaux sociaux sont en train de remplacer la télévision pour la communication et l’information, les bloggeurs, eux, sont devenus les présentateurs de ces nouveaux médias, remplaçant au passage les journalistes des agences de presse privées ou étatiques.

La volonté des autorités russes d’encadrer les discussions sur Internet est due au fait que la Russie a récemment fait l’expérience de ces fausses informations, informations qui ont porté atteinte à l’équilibre du pays, notamment sur des sujets sensibles en Russie comme la corruption mais aussi et surtout le nationalisme. On se souvient des faux messages mais vraies provocations qui ont abreuvé internet durant fin 2010 pour appeler à l’affrontement intercommunautaire à Moscou, ou encore plus récemment des provocations organisées toujours sur Internet visant à aggraver la perception de la situation à Pougatchev (messages faisant croire que l’armée était intervenue dans la ville) suite au meurtre d’un résident de la ville. Ces provocations ont été volontairementorganisées par des activistes travaillant pour des ONGs étrangères qui ont ainsi mené en quelque sorte une cyber-guerre locale et reprises par certains blogueurs professionnels comme Alexey Navalny ou des opposants politiques comme le député Gudkov.

Fin 2008 un sommet a eu lieu à New-York, animé notamment par le très influent Jared Cohen, cadre de Google et conseiller du département d’état américain. Le sommet a donné naissance à une organisation dédiée à l’aide aux jeunes activistes d’Amérique latine, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie dans leur usage des médias sociaux. Le sommet a abouti à la création d’une plate-forme en ligne dédiée au cyber-activisme et à la cyber-dissidence. Le site comprend même en page d’accueil un tutoriel vidéo anti-censure.

Début 2010, l’Otan a réalisé un exercice de manœuvres virtuelles sous l’égide duCCDCOE, basé à Tallinn (Estonie). Cette organisation regroupe déjà l’Allemagne, l’Italie, la Slovaquie, l’Espagne, les Etats-Unis et les trois pays Baltes. La localisation de ce centre de cyber-guerres dans la capitale ou ont eu lieu les émeutes de 2009 (opposants russes contre estoniens) avait beaucoup préoccupé Moscou. On se souvient que ces incidents de 2009 en Estonie  avaient été accompagnés d’une solide guerre de l’information.

Le mois dernier, le vice ministre  russe Dimitri Rogozine a donné une conférenceexpliquant que les réseaux sociaux étaient devenus l’un des éléments clefs de la Cyber guerre en cours et que le département d’état américain s’en servait pour analyser les tendances et ficher les individus par leurs « Like » sur Facebook notamment mais aussi par leurs comportements sur les réseaux sociaux.

L’utilisation des blogueurs pour orienter les débats, promouvoir des idées ou diffuser de l’information n’est donc pas une technique nouvelle, C’est une technique qui est déjà utilisée par beaucoup de pays dans  la guerre de l’information au sein de ces réseaux sociaux.

En Israël par exemple, peu après la fin de l’opération Plomb durci (raids de l’armée israélienne sur Gaza en décembre 2008) l’état a créé une armada d’internautes, payés pour donner une meilleure image de leur pays et répondre sans relâche aux opinions hostiles à Israël, via des réactions et commentaires postés sur les sites internet, les forums, les blogs, et autres réseaux sociaux comme Twitter et Facebook.

L’agitation internet qui a frappé l’Arabie saoudite lors du printemps arabe a été efficacement contenue puisque le royaume a mis en place sa propre armée de blogueurs professionnels pour organiser une contre-agitation et une contre propagande massive.

Plus récemment c’est l’Union Européenne qui a créé de véritables patrouilles de blogueurs afin de traquer méthodiquement des conversations avant les élections européennes de juin 2014 et pour lutter contre l’Euroscepticisme croissant au sein des 28 états de l’Union.

Le pouvoir russe, qui vient de rendre public sa stratégie pour lutter contre la cyber-anarchie affirme lui sa volonté de lutter contre l’utilisation du web en tant qu’ »arme informationnelle employée pour des raisons politico-militaires, terroristes ou criminelles » ainsi que pour des tentatives « d’ingérences dans les affaires intérieures des autres États« .

La Russie ne fait donc que rentrer dans ce processus essentiel pour mener la bataille de l’information à laquelle aujourd’hui, au cœur d’une cyber-guerre désormais globalisée, aucun pays ne peut échapper.

L’opinion exprimée dans cet article ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction, l’auteur étant extérieur à RIA Novosti.

Alexandre Latsa est un journaliste français qui vit en Russie et anime le site DISSONANCE, destiné à donner un « autre regard sur la Russie ».

http://fr.rian.ru/blogs/20130807/198950995.html

Le syndrome Das Boot : je te flotte, tu me coules

Das Boot

Dans le port de La Rochelle, à l’automne 1941, la flotte sous-marine allemande se prépare à appareiller dans la liesse générale. Officiers et matelots fêtent leur départ, mais le commandant de l’U-96 reste calme, en retrait, dans l’appréhension du combat. Le capitaine Philip Thomsen, ivre, et qui fête sa dernière décoration, vient parler dans un micro. Il commence par tenir des propos acides sur le chancelier Hitler, puis, sentant qu’il est allé trop loin dans sa critique, se met à « salir » Churchill par le biais d’une pirouette. Das Boot

Le Net, c’est la fraternité…

C’est comme partout dans nos vies : des liches-culs, des génies, des zartistes, des gens honnêtes, mais des sous-mariniers capitaine qui coulent des bateaux.

Les chantres de la fraternité mielleuse y taillent leur place  et s’enfuient. Pie encore, ils restent.

Plusieurs luttent contre le courant mondialiste des victoires du coulage   de l’Europe, de l’anti-américanisme dénoncé, c’est une société de voleurs de banques, de pays, etc. Mais en dessous, les grands pourfendeurs ne sont souvent pas mieux : ils agissent comme eux.

Si l’individualisme caractériel et empoisonné de nos sociétés a vu le jour de par une culture bien « populaire » – incluant le système d’éducation goebelien, les marteaux pilons de l’USA, sa débilité propagée sur toute la planète, nous vivons tous sous le joug d’une action subconsciente. De là, l’apparition du missionnaire-dieu, qui joue avec des pions de chair et d’âmes. Les deux étant soudés…

Le net est loin d’être propre…

« Aujourd’hui, certains évoquent le « descenseur social » pour exprimer la précarisation généralisée que connaît notre société. Mais, quitte à filer la métaphore, celle qui nous paraîtrait la plus adéquate à la situation que nous vivons serait celle d’un ascenseur en apesanteur, dont le logiciel serait devenu fou et qui serait capable de vous propulser au dernier étage comme de plonger à la cave, sans aucun moyen de contrôle. » lacauselitteraire.fr

La faute de l’abbé Mouret ( Zola )

« Voyez-vous, lorsqu’on vit tout seul, on finit par voir les choses d’une drôle de façon. Les arbres ne sont plus des arbres, la terre prend des airs de personne vivante, les pierres vous racontent des histoires. Des bêtises, enfin. Je sais des secrets qui vous renverseraient. »

« Albine riait sur le seuil du vestibule. Elle avait une jupe orange, avec un grand fichu rouge attaché derrière la taille, ce qui lui donnait un air de bohémienne endimanchée. Et elle continuait à rire, la tête renversée, la gorge toute gonflée de gaieté, heureuse de ses fleurs, des fleurs sauvages tressées dans ses cheveux blonds, nouées à son cou, à son corsage, à ses bras minces, nus et dorés. Elle était comme un grand bouquet d’une odeur forte. »

« J’embrasse l’arbre, l’arbre vous envoie mes baisers. (…) Je suis grande comme les arbres, toutes les feuilles qui tombent sont des baisers. » Extrait

Les missionnaires sont nombreux, mais ils coulent parfois dans l’hypocrisie – ce petit sous-marin de l’âme – pour en fin de compte tenter de détruire tout ce qui flotte. Le bateau est confondu au bateau. On ne sait plus qui est sous l’eau ou sur l’eau.

À qui donc se fier?

Aujourd’hui, lire LA FAUTE DE L’ABBÉ MOURET est bien ennuyant : Zola peut écrire 40 pages sur la course des deux amants dans un domaine en fleurs.

Mais le MELS du Québec songe à couper court aux romans en les rétrécissant à leur plus famélique histoire. On songe à les résumer… La patience n’a plus de patience… Elle s’est perdue dans la vitesse des texto et autres gadgets à doigtés charmants : c’est la magie moderne. Les miroirs des civilisés qui sont avalés par la techno.

Le bon, la brute et le truand

Gageons que sans nous en rendre compte, nous sommes tous devenus « western ». Le Net est rempli de cowboys. Ils se tricotent des lassos de savoirs et essaient de vous piéger.

L’intello-cowboy.

Le vacher par excellence.

Alors, comme ça, insidieusement, nous sommes sans doute devenus un peu trop « lonesome cowboy ». Solitaire, marginal, affirmé, solidaire mais …dans son coin. Participatif dans l’immobilité.

L’Art a au moins l’avantage des écrits surfacés, vite pondus comme si tout le monde était aux trousses de tout le monde.

Boîte à piège, parfois, où la technique dépasse les rapports harmonieux.

Alors, le manipulateur de techniques devient le « plus savant », le « plus sage », coulé dans sa machine.

Fondu.

L’humain consommé

Le Net risque de n’être qu’un objet parmi tant d’autres pour la révolution…personnelle. Les pontifes du Net sont que trop souvent des utilisateurs de citoyens en mal d’être, qui participent sans le savoir à une lutte qui peut s’avérer  inutile.

Les luttes fratricides viennent de naître en format électronique.

Alors, peut-être qu’aller s’enfermer au fond des bois et écrire sur  de l’écorce de bouleau n’est pas si « individualiste ». Il y a là un beau monastère, dodu de chants d’oiseaux, de mystère, de silence.

Personne ne risque d’être surveillé par les États-Unis.

Il doit bien y avoir 2 millions d’articles sur la surveillance étasunienne? Mais il y aura un autre scandale pour 2 autres millions d’articles à

Dans un monde d’hypocrisie et d’honnêteté, on ne sait plus si les bateaux sont en surface ou serpentent sous ce grand océan électronique.

Parfois, on ne sait plus pour « quoi » on se bat, ni pour « qui ».

La cause n’a souvent plus d’importance.

Toujours le jeu de la foule admirant la lutte du lion contre les brebis dans l’arène. Les brebis n’ont pas choisi leur rôle. Ils ont cru en leur rôle.

Dans la grande fraternité du net, comme ailleurs, c’est toujours le même combat : le bateau et le sous-marins en sont que les représentations subconscientes de notre pouvoir. En fait, le cerveau humain est un Das Boot qui s’ignore.

C’est le dilemme du « je te flotte, tu me coules ».

Le Net est une mer virtuelle.

Il en est qui se trompent de cible. Idéologie et foi.

La connaissance humaine est résumée dans les œuvres littéraires. Sauf qu’on préfère répéter.

Comme disait un écrivain québécois : « Tout a été dit, mais pas par MOI ».

Bref, il arrive parfois, que trop souvent, à vouloir lutter contre les ombres, les grands cachés imbéciles se coulent entre eux.

Et tout le monde consomme de vieux plats.

Je n’y échappe pas…

Il n’y a pas que la nourriture qui soit fast-food.

Ce que nous gobons tous, en lisant, risque d’être mauvais pour la santé mentale de certains.

Comme disait un ami : « Let go ».

La « saveur » de certains sites est si douteuse qu’on ne sait plus si c’est pour vous faire flotter, vous couler, ou simplement vous laisser dériver…

Éditions Virgule

©Gaëtan Pelletier

14 juillet 2013

Tout peut être reproduit en partie ou en entier, en indiquant honnêtement la provenance de l’article.

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