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La « réalité » à la manière Ikea

Image : Udner Blogspot

La réalité, c’est ce qui continue à s’imposer à vous quand vous cessez d’y croire.

Philip K. Dick

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J’jusqu’alors, se croyant éperonné par l’action, il ne s’était accordé que des accointances sensuelles qui laissaient la tête libre. Mais maintenant il lui fallait connaître les subtilités du cœur qui après tout aiguisent l’esprit.
P. Drieu La Rochelle, Rêveuse bourgeoisie, 1939, p. 205.

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« Affordable solutions for better living »

Slogan Ikea

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Ikea a fait fortune en donnant à chacun les pièces et les plans pour « bâtir » ses propres meubles. Tournevis fournis, dans bien des cas. Au point ou la formule, aujourd’hui, est si répandue qu’il est difficile d’acheter une bibliothèque sans avoir à la monter nous-mêmes…

En tant qu’individus, nous sommes tous un peu Ikea…

Je ne cherche pas à définir une « réalité cosmique », mais plutôt à nous questionner sur notre perception de la réalité de nos sociétés, et du grand vent des intellectuels, dont les gaz, après un bon repas du bric-à-brac,  prend l’ascenseur et s’en va ballonner le cerveau.

Et c’est comme ça depuis près d’un demi-siècle puisque l’on n’a pas produit que des choux, des ordinateurs, ou des armes sophistiquées… C’est comme ça depuis que l’on a distribué à tout le monde des morceaux des « savoirs ».  Ce qui a permis à monsieur et madame tout le monde de se monter un beau meuble de « connaissances » qui, un peu attisé par la somme des pièces, des visses, et des plans tout faits, de se tracer « une idée »… De la vie, de l’Univers, des sociétés, des « grands »…

On a des opinions « rationnelles » sur tout…

Rationnelles…

Leurre et drame…

Les piranhas gris et le perce-oreille

Si vous vous jetez dans l’eau d’un site pour commenter ou pour écrire,  souvenez-vous des scènes de films dans lesquelles les piranhas dévorent un humain en quelques minutes.

Ces piranhas du net se nourrissent de toutes les eaux qui polluent maintenant la « connaissance humaine » sur la toile.  À se demander ce qu’elle a d’humain – cette connaissance – si elle ne sert pas à l’humain?

Une autre accointance entre la civilisation nombriliste du « Me, Myself and Die » (sic).

On ne meure qu’une fois. Les fabricants de déluges foisonnent, mais peu  d’élus  pour fabriquer des arches.

Les « destructeurs » d’humanité ne sont pas bien nombreux… Mais ils disposent d’un pouvoir dangereux : l’argent. Ils peuvent donc se payer deux variétés de la race humaine : les pauvres et les vaniteux. Comme dirait l’anglophile : The big piece of cake…

En fait, nous voilà à l’ère de la méthode du perce-oreille :

Contrairement aux grands animaux et aux humains qui produisent généralement peu de rejetons mais leur prodiguent ensuite des soins, les insectes optent presque tous pour une stratégie différente qui consiste à produire davantage de descendants, mais à ne pas investir d’énergie pour s’en occuper. Infestation.ca.

Réalité et perception : la Tour de Babel

Cette histoire est parfois vue comme une tentative de réponse des hommes au mystère apparent de l’existence de plusieurs langues, mais est aussi le véhicule d’un enseignement d’ordre moral : elle illustre les dangers de vouloir se placer à l’égal de Dieu, de le défier par notre recherche de la connaissance, mais aussi la nécessité qu’a l’humanité de se parler, de se comprendre pour réaliser de grands projets, ainsi que le risque de voir échouer ces projets quand chaque groupe de spécialistes se met à parler le seul jargon de sa discipline. Ce récit peut aussi être vu comme une métaphore du malentendu humain; où contrairement aux animaux, les êtres humains ne se comprennent pas par des signes univoques, mais bien par l’équivocité du signifiant. Tour de Babel

Après avoir passé une journée pédagogique – la meilleure, sans doute, de ma « carrière »-  nous sommes sortis tous ébranlés par cette expérience qui consistait,  à partir d’un texte ou d’une image, à donner notre version de ce que nous pouvions percevoir. Et les mettre en commun…

Pénible.

Les plus secoués furent les mathématiciens. Sans doute parce que plus on verse dans la rationalité, plus les résultats sont certains et concrets, voire vérifiables.

Et là, ils étaient perdus…

Le syndrome de la porte fermée…

Il est évident que l’on peut tout comprendre dans un système où on a choisi les pièces pour procéder à un montage et se  bricoler un résultat.

Le danger des gens dits « intelligents » est qu’ils finissent par croire – tient,  une foi n’est pas coutume – que tout peut être compris.

Devant un candidat souffrant du syndrome, j’ai rétorqué, un jour :

- Quand tu ne comprends pas, tu acceptes.

- Qu’est-ce que tu veux dire par là?

Il n’avait pas compris.

Je voulais simplement signifier que toute connaissance est une série de gommages d’ignorances passagères. Mais plus encore : tout n’est pas saisissable.

Pour moi – c’est une conception personnelle – un être intelligent  c’est quelqu’un qui a une poignée d’eau dans la main et un océan d’ignorance devant lui. Son érudition consiste en la prise de conscience de la vastitude de cet infini et à constater avec une certaine fierté ce qu’il a pu cueillir dans sa vie. Avec une certaine humilité…

Surtout devant une « poignée » de mains sèches…

Amour et acceptation

Déjà qu’avec le mot « amour », on devient confus : attirance affective et principe d’union universelle.

C’est là ou se piègent le plus aisément les adeptes dudit « rationnel ».

Pas d’ouverture. Pas de ventilation.

Exaltés, frénésiques, (sic), fiévreux.

Il n’y a qu’une potion : le doute.

Le doute est la congélation des notions ou des idées. C’est la raison pour laquelle vous vous retrouvez parfois devant une sorte de pierre morte…

On n’évolue pas sans ce doute nécessaire pour parfaire son « idée », sa vision.

Sans lui, nous sommes morts.

Bref, évoluer.

Et que faire de l’amour quand il n’y a ni attirance affective ni union universelle? C’est qu’il n’existe pas de volonté ni de compréhension- ni désir de comprendre ou d’accepter dans cette dormance d’esprit solide.

Une pierre en dormance, mais solide dans sa rationalité. Si dans la chanson country le cowboy fait le tour de la montagne, les dépeceurs d’idées en sont que des bouchers pour la race humaine, et ils font sans cesse le tour de leur nombril.

Belle chanson!

Sainte-Anne-de Beaupré

Il y a eu un reportage, ce soir sur la Basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, où des milliers pèlerins,  venus de tous les coins du monde hurlaient leur foi devant les caméras.

Risible!

Les « rationnels » ne comprennent pas. Et ils n’acceptent pas… Ils n’acceptent pas le ridicule qu’ils voient.

C’est qu’ils sont victimes de la méthode Ikea qui consiste à ne vivre que dans un montage Ikea.

Ils appellent cela la foi…

Qui peut juger de la démarche d’un humain? Qu’a-t-il de si singulier et hautain ce« j’ai raison » devant un tel phénomène?

Posez-vous la question…

Un intellecto-ikea… Ça sert à quoi?

Il n’y a pas de morceaux ou de pièces en dehors de son « achat » …

Dieu en trois personnes

On en arrache des neurones… Ouach! Ça écorche l’ego, au point d’éviter la question.

Mais nous vivons avec chacun notre  Dieu,  et nous sommes toujours dans une bouillie qui nous stérilise.

Il y a trois paliers :

  1. La connaissance pour soi, de notre développement spirituel, par notre singularité Non partageable.
  2. L’élaboration d’une vision de la Vie dans une tentative de se situer dans l’Univers en tant qu’unicité, tout cela barbouillé d’émotions, de craintes, d’effroi face à la survie après la vie… Semi-partageable.
  3. La volonté d’être participatif à un « bonheur océan » avec sa petite poignée d’eau.

Obligatoirement partageable.

Finalement, notre amateur de meubles Ikea est pire que celui du meuble Dieu en trois personnes. Il a foi en son système rationnel…

Alors, il mène  une guerre de religions terroristes avec deux personnes : lui et son nombril.

L’athéisme est une foi.

Elle est sans doute née d’un montage de formules rationnelles « choisies ».

D’où l’expression revue et corrigée : mauvaise foi.

C’est juste qu’avec sa poignée d’eau il croit détenir l’océan.

Il est dommage que l’on mélange religion et société.

Dans le doute, il vaut mieux faire abstinence d’une certitude morte que d’un doute mouvant.

Les piranhas ne savent pas d’où provient l’eau dans laquelle ils nagent. Ils ignorent également qu’ils sont le produit de cette eau.

Ce serait une belle histoire que de raconter celle de la goutte orgueilleuse. Car une fois l’océan éteint, dans quoi vivront-ils?

Gaëtan Pelletier

Robinson Crusoé en HD

numerique

Le discours politique est destiné à donner
aux mensonges l’accent de la vérité, à rendre
le meurtre respectable et à donner l’apparence
de la solidarité à un simple courant d’air.
George Orwell
 
Robinsonnade
Récit d’aventures s’inspirant de celles de Robinson Crusoé.

La première fois que je suis passé devant un téléviseur HD, j’ai été ébloui : un film de série B  avec Mark Wahlberg au volant d’une auto … On  pouvait distinguer  les mouches  écrabouillées  sur le pare-brise.

Le numérique a bouleversé nos vies. Pourtant, je regarde toujours de vieux films en noir et blanc des années 40 et 50.  Nostalgie? Non. Simples et beaux. Comme la vie : avec ses imperfections.   Le paradis perdu de la simplicité.  Un quelque chose que je n’arrivais pas à saisir entièrement,  qui est lié à nos vies, nos routines, notre monde «moderne» et ses misères à travers tout ce qui est fallacieux.

J’ai l’impression que plusieurs sont  comme des poupées vaudou épinglées  de partout, cherchant tout vient tout ce mal de vivre. Et payant des «autres» pour le trouver…

Je   me questionne sur les drames sociaux de ces parents qui tuent leurs enfants et se suicident par la suite.  Je suis aussi aux aguets de ces petits tueurs en série qui entrent dans les écoles et tirent partout.

Quelle est donc la cause de ces «brisures», de ces éclatements, ou folies passagères dans un monde où «tout est sous contrôle»?

Et m’est venue une question bête. Il y a-t-il eu des tueurs d’enfants dans les communautés amérindiennes avant le 20ième siècle?

Pas à ma connaissance.

On fabrique de l’irréel.

L’ère du numérique

Dans une chronique de La Presse, Marc-André Lussier pose la question  Le Blu-Ray. On commence par où?

Raph 1001 est un pro. Il nous donne une leçon de ce trompe-l’œil cloqué.

Au cinéma, même encore aujourd’hui, la grande majorité des films sont tournés sur support film 35mm. Même The Dark Knight, Le seigneur des anneaux ou Terminator Salvation. Pourquoi ? Parce que la pellicule, de par sa nature physique, organique et chimique reste toujours la meilleure façon de reproduire le réel par sa finesse, sa fiabilité des couleurs et sa capacité à rendre les détails les plus fin…

Maintenant, pour transférer l’information du film au support numérique, il faut passer par un scanner, disons un Arriscan, machine fabriquée par la compagnie Arri. On peut scanner le film en HD (1920×1080 pixels) en 2K (2048×1556) ou 4K (4096×2664).(…)

Donc, un négatif en bon état de conservation de Metropolis de Fritz Lang tourné en noir et blanc en 1927 contient plus de détails et de subtilités que The Curious Case of Benjamin Button de David Fincher tourné numériquement.(…).

La technique consiste à arracher point par point une image et la  tenter de la rendre «naturelle» sous format numérique.

Si ce n’était là que technique d’amusement, ce serait sans intérêt. À part le fait, qu’on veut vous soudoyer de l’argent et vous éblouir. Car le numérique est sans doute, pour l’œil, parfois plus «beau» que la réalité. La plupart des fabricants ont mis l’accent sur la brillance plutôt que sur les nuances, me confiait un vendeur.

Dans notre salon, ça ne fait pas grande différence. Dans la vie, c’est tout autre chose…

Les Las Vegas du grand désert de l’âme humaine

L’humain, c’est comme le lait : ça peut se mettre en poudre. Il suffit de l’assécher d’une partie de ce qu’il est, de  lui inculquer et de cultiver l’idée qu’«on est un». Dessoudé, désolidarisé, mais fier… Diviser pour régner n’a jamais été autant d’actualité. Si on fait la somme de tout ce que l’on vend – gadgets, idées – il ne subsiste qu’un facteur commun : l’égosystème.

Mais les îles n’existent pas sans eaux…

Une fois en poudre, comme les grains de sable du désert, dans cette «solidité solidaire égotique», le citoyen n’a plus qu’un nom : Narcisse. Il n’a plus d’eau pour se mirer, quoique  bien assis dans son fauteuil capitonné de matérialisme, il se croit solide. Mais il est aride. L’aridité n’a pas de souplesse, donc pas de labours possible. Donc pas de cultures. Donc pas d’arbres, donc pas de fruits.

Un monde de cactus.

De l’ignorance pure au savoir contrôlé

Le 20ième siècle des sociétés occidentales – devenues riches – était une sorte de Tiers-Monde : la connaissance appartenait à une élite riche ou on vous la payait si vous acceptiez de devenir prêtre. Demandez à vos parents, vos grands-parents… Avant les années 60, ils vivaient des matières premières de leur pays, bûcherons,  petits agriculteurs, mécaniciens autodidactes, etc., dans une période où il y avait plus de plombiers que de philosophes. Pour régner, on a gardé le peuple dans l’ignorance.

Puis arriva le Noël des campeurs et les cadeaux empoisonnés.

Eh! Oui! À partir des années 60, les technologies, et ce, dans tous les domaines, devinrent compliquées. Il fallait donc du «savoir» pour développer les sociétés. Ce n’est pas la «bonté» qui a fait en sorte que l’on a dû  créer un système scolaire «démocratique». C’est la concurrence qui avait compris que pour rivaliser avec les autres pays en développement, il fallait une main d’œuvre ajustée aux besoins nouveaux.

En ouvrant les valves aux «savoirs», il fallait – pour ne pas éveiller les soupçons – ouvrir celles dites des sciences humaines. Une fois héliumisé de ce nouveau repas de l’esprit, notre citoyen, passant du crapaud au bœuf, se mit à «penser par lui-même».

L’œuf ou la poule? Qui donc peut avoir une idée s’il ne s’est pas nourri d’idées?

Qui donc peut affirmer que les écoles disent la vérité?

C’est là que les problèmes commencent… Et ce n’était pas prévu…

La soudure à chaud a fait place à la soudure à froid.

Pour refaire le continent de toutes ces îles, il fallait un appareillage sophistiqué pour la solidifier, l’unifier.

Une société n’est pas constituée de Robinson Crusoé.  Car nous sommes tous un peu victime  du robinsonnade : dans cette ère de connaissances fractales les autres sont devenus les sauvages du «moi».

Robinson Crusoé

Étant donné que l’abus du moi risquait  de chambarder, voire détruire cette société, il fallait  la refaire d’une façon technique et artificielle.

Car la liberté mène aux abus, et les abus mènent à de nouveaux métiers pour les corriger.

Si les usines à onguents étaient en bourse, ce serait le pétrole gélatineux blanc le plus convoité.

L’armée des intervenants

Les gros mangent trop. Les buveurs, eux, ne boivent pas trop : car l’État vit du commerce du vin et de la bière. On achète trop de billets de loto.  Les gens ne bougent pas assez.  Les gens travaillent trop. Stress, vitesse, détresse.

Mais le «trop» n’est jamais assez pour les exploiteurs de «trop». Au fond, on aime bien donner des  coups de jambettes à un unijambiste… On ajoute le «comment». On veut vous montrer à vivre selon des normes d’un individu en offrande à un pays.

Et partout, dans les pays, poussent ces  «preachers» de la nouvelle religion de la perfection dans un monde hypocrite et criblé de vendeurs pour les correctifs de ce «trop»… ou de cette «mauvaise manière de faire ou d’être».  Que l’on vend toujours…  Des   Nicolas Flamel de l’ère moderne… Une nouvelle alchimie où la peur est transformée en or. L’angoisse aussi, et la chair peut se refaire au botox.

Un peu brisé?

Alors, on numérise : on multiplie les organismes, les intervenants, les études, les analyses, et une infinitude de fonctionnaires devenus soldats de la numérisation ; on essaie de faire  le portrait d’une société malade pour la soigner ensuite. Tout est découpé, fragmenté en «pixels» pour en refaire l’image.

Rien que le mot «intervenant» fait penser au goudron qui sert à souder les fissures de l’asphalte. Les rapports humains consomment des «intervenants». Sous toutes les formes : des avocats, des psychologues, des conseillers, syndicats, etc.  Tout passe par un tiers pour essayer de souder nos rapports avec les autres, et même ceux avec un moi qui louche.

Citoyen : personne devenue nuisible au développement d’une société (sic)

À force de découpage, nous avons perdu cette vision d’ensemble. Nous  avons aussi perdu de vrais liens. Là où ça se gâte, c’est au moment de s’investir dans le travail : les rapports entre travailleurs et  patrons sont livrés à des organismes, intervenants qui sont là pour régler les différends sans trop d’efficacité. Car le savoir n’est pas uniquement linéaire, il a appris à apprendre. Il a donc appris à mimer et à intégrer par des connaissances transversales le beau rôle des pouvoirés.

On s’en tient à son rôle. Et le rôle aime bien la paye attribuée à son «poste» et l’éclat s’y attenant.  Et on se tient à distance … L’armure par excellence.

L’impression qui demeure dans l’âme du citoyen  – par tous ces analyseurs et décrypté de société – est celle que l’individu est devenu nuisible à la société. Et il l’est d’une certaine manière : car on a créé une guerre petits pouvoirés et citoyens simples, une lutte intestine qui gèle tout avancement. Les grands pouvoirés ont mainmise sur les petits qui leur servent de valets.  Les deux de pique se prennent pour des as. Mission accomplie…

Après l’image défaite – mais nécessaire – il faut bien la numériser par un arsenal de moyens synthétiques. Ça ne fonctionne pas? C’est à cause du citoyen… Les citoyens se battent entre eux et ils se battent aussi contre l’état. Mais, soyez sans crainte, les chats sont dégriffés.

Les génies sont sortis de leur bouteille…

Ça prend un spécialiste en fabrication de bateaux miniatures pour le remonter pièce par pièce dans sa bouteille.

Comme sur un écran HD, on vit par la brillance… Et par petits «points» éparpillés dans une toile à numéros.  Il n’y a pas plus synthétique que les adeptes de la religion de la perfection.  On est devenus des pantoufles en phentex sans le savoir… On s’est fait tricoter un monde synthétique et on marche dedans.  Sur un plancher de bois verni. Car le vernis est plus important que le plancher.

La culture de la complexité

Les mots amour, compassion, tendresse sont impossibles  à numériser. Quand je regarde mes chats, je n’ai pas envie de les découper en morceaux pour savoir comment ils fonctionnent. Car, en fait, ils ne fonctionnent que dans une relation d’amour qui reste mystérieuse entre eux et nous.

C’est  ça la vie.

Finalement, cette ère matérialiste, d’egos divisés, ressoudés par un arsenal  de moyens techniques et une prolifération de structures    nous éloignent  des relations vraies et naturelles.

Les bouchers du numérique n’auront jamais assez de viande à découper.

Nous vivons dans une société où chacun est plongé dans un coma en attendant de trouver un remède à un certain bonheur perdu.

Quelqu’un est revenu d’un pays pauvre, un jour, et m’a dit :« Bizarre, les gens sont pauvres,  mais ils sourient et on l’air heureux».

Il me vient toujours à l’esprit cette phrase sur la vie de Goethe : «La mère de Goethe cultivait la joie».

Mais que cultive-t-on aujourd’hui?

De la techno-rapiéciste-complexité…

À tel point que les gens simples sont regardés de travers comme des lépreux, des ignares, des trisomiques inconscients.

Et pour «plagier» Yan Barcelo , on ne voit plus l’autre à travers une certaine inspiration et spontanéité…mais une idée.

Je vous laisse sur une réflexion de PJCA dans son billet L’industrie 2 :

Il ne faut pas penser que le citoyen moderne a plus de pouvoir parce qu’il vit en « démocratie », mais être bien conscients que nous allons vers plus de démocratie parce que nous avons plus de pouvoir et que ce pouvoir repose avant tout sur notre participation au processus productif.

Les idées, elles aussi, sont productives. Pourvu que l’on ne soit pas «pixelisés» dans nos égos, mais participatifs à l’ensemble de l’écran de nos vies en société.

Et c’est à se demander si le plus dangereux des terroristes n’est pas celui qui vous vend l’idée, chaque jour, que vous êtes «quelqu’un» qui peut mater tous les sauvages d’alentour.

La grande magie de la cérébralisation est là  pour  nous  faire oublier que nous sommes  également  des êtres d’émotion…

Survivre au déluge

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  • Tout deuxpattes est un ennemi.
  • Tout quatrepattes ou tout volatile est un ami.
  • Nul animal ne portera de vêtements.
  • Nul animal ne dormira dans un lit.
  • Nul animal ne boira d’alcool.
  • Nul animal ne tuera un autre animal.
  • Tous les animaux sont égaux.

George Orwell La ferme des animaux

Vous déjeunez  à la peur. Vous n’ouvrez plus vos fenêtre pour entendre les oiseaux chanter : vous ouvrez la radio, la télé, et là commence le cauchemar de la journée. Pas de mammouth, pas de lions, pas de dinosaures. Mais trois ou quatre mauvaises nouvelles qui s’additionnent aux mauvaises nouvelles d’hier. De sorte, qu’au bout de la journée, vous êtes crispés comme un biscuit soda dans son emballage de plastique.

De sorte qu’au bout de quelques années vous êtes à bout sans le savoir. De sorte que vous courez chez le médecin pour vous soulager succinctement.

On ne vous remonte pas pour votre bonheur, on vous requinque pour le boulot.

Être malade est une désobéissance civile… qui coûte cher.

Goebbels était astucieux comme chef de propagande. Mais sa progéniture est plutôt alarmante.  Affinée et alliée à une nouvelle image : la réussite «pour vous».

À se demander, toutefois, si les intentions sont aussi «chastes» que  le blanc des pubs de papier-cul.

L’industrie de la catastrophe

C’est bien l’industrie qui marche le mieux dans notre monde actuel : on ne fabrique pas les catastrophes,  mais on  cultive celles qui passent par la  méthode hydroponique. Il n’y a plus rien de solide dans une culture d’égos,  d’ambitions, de rêves démesurés. Une île, un palmier.  Un égo, un insulaire.

On est passé du 15 minutes de gloire à la Warhol pour du  15 secondes. On s’acclimate à tout…

La recette des états qui divisent un à un. Le roi a organisé son royaume de façon à ce qu’il n’y ait plus de véritable rassemblement, voire de peuple «réel». Car la culture de l’égo fait en sorte que le «chacun pour soi», la réussite individuelle a pris toute la place.

VOUS POUVEZ ÊTRE QUELQU’UN. Même si vous vous acclamez athée, vous croyez au moins au petit dieu que vous êtes. C’est un slogan subversif bien dissimulé.

L’être humain est devenu une bête qui cherche désespérément une arche : il n’y  plus rien de solide. On dirait qu’on n’a pas eu le temps de construire l’arche. Alors tout l monde s’arrache les morceaux d’épaves qui flottent.

L’industrie de l’égo et du Hop-Go

De temps en temps, c’est moi qui fais le marché. Je cherchais un biscuit : le Hop-Go. J’ai dû demander à un commis qui m’a dirigé vers un présentoir. J’ai fait la remarque à celui-ci de cette folie de changer les formes d’un même produit, ou d’ajouter des éphémères, car ils essaient des produis et au bout de six mois, c’est un autre qui prend la place. On cultive de la couleur-présentation.

Je me suis senti citoyen-biscuit : couleur-présentation. On se dit vert, mais on jette les travailleurs qui ne performent pas, comme les biscuits…

À se demander si le produit de consommation n’est pas ce nous?

 

Une sorte de psycho néolibéralisme : un moi qui sert un nous flou.  Car le moule des sociétés est de plus en plus mouvant, de moins en moins  fixe.

Si vous prenez rendez vous avec la «sécurité», vous avez de grandes chances de le rater.

C’est ce que vous craignez le plus : la peur de l’eau. Car, en fait, la culture hydroponique des États vous divise au point de ne plus voir la source, la rivière, l’océan. Elle façonne des  anxiétés : vous redoutez  de perdre  votre unicité. Vous craignez d’être simplet. Très commun. Même s’il n’existe pas, humainement, d’être commun, on en a tout simplement créé un modèle de looser : un pauvre dans un pays riche est un looser.

Et la réussite de ce slogan passe par un salaire qui vous permet l’achat d’un lopin de terre, d’une imitation de château et de toute la kyrielle de produits griffés, en passant par cet art de bouffer de la sautelle grillée avec un vin de  couleur appropriée.

Ce sont vos armoiries.

L’industrie de la contrefaçon

L’art est une façon de s’adresser à l’émotion, aux sens, à l’intellect.( Art) .   Le  génie de Yehudi _Menuhin est remarquable. Virtuose du violon  et grand humaniste… C’est l’art du beau… L’art du bon. L’art d’être… Une philosophie liée à l’existence, à une profondeur que l’on frôle car elle existe au-delà de nos sens bruts.

Ce qui n’est pas le cas des pasticheurs qui calquent les finesses des artisans de l’art aux fins de  des desseins quasi criminels.

Alors, pour vous embarquer dans l’arche des noyés, on a dégrossi la brutalité des États totalitaires. On vous l’a savonné jusqu’au lisse, jusqu’au parfumé : tout glisse, tout baigne… Du moins dans les apparences. Car en réalité on a tout simplement sablé et poli la vieille méthode   du sucre brun au sucre blanc…

On ne brûle plus les orteils, on ne vous casse plus le bras… On utilise une méthode de d’intimidation par un  procédé infantile :   pas de sel, pas de sucre.

«Si vous ne vous faites pas vacciner, vous serez privés de salaire». L’État s’adressant aux infirmières.

« Vous serez responsables de la maladie, voire de la mort de vos proches».

Dans un contexte «social», on nomme cela de la violence psychologique. Dans un contexte étatique on nomme cela «bienfait de collectivité».

Diviser pour la collectivité! On n’a pas fait mieux depuis le bouton à quatre trous… On se croirait dans le roman d’Orwell La ferme des animaux tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres.

L’industrie de la peur

La peur a un effet très fort sur les foules et ainsi est utilisée afin de contrôler les foules et les peuples. Dans les systèmes totalitaires ou dans l’esclavage traditionnel, l’objet de la peur est clairement identifié, il s’agit d’une menace de punition ou de mort en cas de désobéissance. Dans les systèmes dits démocratiques où une telle menace n’est pas explicite, il importe plus de contrôler ce que pensent les gens, en déformant les informations des médias et avec des menaces plus abstraites ou même virtuelles. La peur, Wiki.

La peur est une propagande qui mène à un état de tension qui finit par ne pas correspondre à l’image partagée d’une société riche. J’ai bien dit image, ce qui ne signifie pas réalité. La peur du magicien. Il ne scie pas que les femmes en deux, mais la société…

Vous êtes le chapeau haut de forme… Et le lapin qui y est enfermé. Car en vous offrant la possibilité d’un «quelqu’un» on veut en même temps vous le noyer dans un «nous» d’un groupe de nous qui sont trop égaux.

L’industrie de la «perfection»

Dans un monde qui a peur de la malbouffe, mais qui ne se soucie guère des milliers d’enfants qui meurent de faim dans le monde, vous êtes le repus, et on vous le rappelle à chaque instant.

L’industrie de la perfection passe par celui de la culpabilité. Dans un monde où la richesse apparente est abondante, on vous refile la facture des échecs.

Le réflexe à l’échec est d’en faire plus…

Il n’y a pas que la goebbelisation , il y a également l’industrie de la fabrication des «poupées» Goebbels ( Le GI Joe à cravate) : à force de vivre dans ce cocon, la chenille veut en faire plus, «s’en sortir», voler, pour avertir sa progéniture.

C’est le nouveau péché originel des sociétés.

Vous êtes nés looser mais vous pouvez vous rattraper.

En plus vous polluez! Vite, un cours de pollution dans  les écoles. Mais c’est le grand silence du côté des hyper-pollueurs : vous recyclez vos verres de Tim Horton’s pendant qu’en France on roule à 58 usines nucléaires.

L’american dream n’est pas seulement de vivre dans une société riche, c’est d’enrichir la société riche par la puissance de votre égo bien dompté : le lion est dans une cage, même dans  un cirque.

Pour vous «laver» de ce péché, vous vous mettez au travail au point de manger debout.  Le progrès à des voies impénétrables… On vient de vous priver de l’invention de la table… Créée en 1694…

Vous entrez alors dans une ère de schizophrénie toute nouvelle : à force de nourrir votre unicité et cet océan de société, vous vous rendez malade en vous vidant de votre énergie et nager dans une eau de dettes qui monte toujours.

Dette d’argent, dette d’énergie, dette d’incompréhension.

Car la propagande est une entreprise volontairement embrumée.

Vous n’y comprenez rien, mais vous essayez de flotter.

L’industrie   des cultures

On vous a monté un bateau. Vous êtes tout content. On vous appelle sur votre cellulaire. Mais la file est longue…  Vous êtes le «choisi» ou la «choisie». En fait vous êtes les choisis… Encore plus ravis…  La vie est une sorte de Star Académie pour ceux qui chantent «vrai» dans un monde faux.

L’Humanité a toujours eu des sauveteurs qui créent les déluges mais vous vendent les bateaux.  Et la peur vous place en file d’attente. Il pleut, l’eau monte, vous ne savez pas nager.

L’Histoire de l’humanité fourmille de d’élus qui ont souvent créés les déluges. Maintenant on en crée d’avantage pour l’industrie de la peur et la vente de bateaux sous toutes les formes possibles : argent, gloire, sécurité, etc.

Nous vivons de plus en plus dans un monde qui souffre de la maladie de Parkinson : tremblements de chair, tremblements d’âmes, frissons, courbatures….  Dans une sorte de mal de mer constant. Tout nous glisse en dessous des pieds. Tout prend l’eau.

Épilogue

C’est un peu compliqué toute cette histoire. Je voudrais bien la simplifier en disant,  qu’au fond,  se fier à Noé pour nous sauver est une vieille histoire. Mais on la gaufrée un peu en donnant à chacun l’illusion qu’il peut être un Noé. Finalement, plus personne ne distingue les sauveurs des animaux. Et que finalement, si on embarque les animaux par couples, c’est tout simplement pour perpétuer le déluge.

Et les humains félicitent les cochons pour leur réussite : les bêtes de la Ferme des Animaux arrivent à produire plus de travail que les leurs, sans rechigner, avec pourtant des rations alimentaires des plus réduites. Et quand la jument Douce demande à l’âne Benjamin de lui lire les commandements inscrits sur le mur, il lui dit qu’il n’en reste plus qu’un seul :

Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres. La ferme des animaux, Wiki

Et pour briser ce vieux récit, il vaut peut-être mieux apprendre à nager que d’attendre les Arches qui poussent partout.

Comme apprendre à penser un peu au lieu de se laisser penser un peu.

L’être humain étant constitué d’au moins 70% d’eau, il n’est pas étonnant qu’il ait peur de l’eau.

Le déluges_20091017

 

Une journée à Gaia, écovillage argentin

Par Sophie Chapelle

Mener une vie « soutenable » : c’est le choix fait par les habitants de l’écovillage de Gaia, en Argentine. Respecter la biodiversité, inventer des échanges économiques alternatifs, créer l’autosuffisance énergétique, repenser l’architecture… Les membres de la communauté de Gaia expérimentent une vie différente, fondée sur une simplicité volontaire. Reportage.

À la descente du bus ce dimanche-là, les rues de Navarro sont quasi-désertes. Au bout de quelques minutes, un remis – un taxi argentin – apparaît sur la route. À l’évocation du nom de Gaia, le chauffeur ne demande pas plus de précisions et nous embarque sur un chemin de pampa. Dans cette ville de 9.000 habitants située à 120 kilomètres de Buenos Aires, tout le monde connaît l’écovillage Gaia. Il y a 14 ans, les membres de l’association du même nom ont acheté un terrain d’une vingtaine d’hectares à sept kilomètres de Navarro. « Ceux qui connaissent Gaia étaient assez circonspects au début, se souvient le chauffeur de taxi, mais maintenant ils se disent que s’ils veulent vivre différemment, c’est un choix, et ils le respectent. »

Au bout d’une piste non goudronnée, une clôture signale la fin d’une zone entièrement dédiée aux automobilistes et le début du sentier qui mène à l’écovillage. Après avoir pénétré une forêt verdoyante, on traverse des clairières richement plantées d’arbres fruitiers. Un peu plus tard, Gustavo Ramírez, l’un des fondateurs de l’association, précisera qu’ils cultivent au cœur des 3,5 hectares de forêt, 850 arbres fruitiers de 40 variétés différentes. À l’orée du bois, des habitations à la beauté singulière se découpent ; les murs en pisé de ces maisons affichent les couleurs brunes de la terre cuite.

Militer activement pour le changement

La démarche assurée, Silvia Balado vient à notre rencontre. Thérapeute, elle vit ici depuis le début du projet, qu’elle a initié avec Gustavo, son compagnon. Pour elle, « Gaia est une proposition de vie soutenable mise en pratique, une manière de militer activement pour le changement de monde dont nous rêvons ». Une expérience ouverte à l’ensemble des personnes désireuses d’apprendre, de rechercher et de vivre d’une façon différente. Attablées autour d’un menu maison avec tartes salées et salade du jardin, plus d’une quinzaine de personnes sont venues pour quelques heures renouer avec « l’alternative authentique et réelle ». Le dimanche est l’une des deux journées réservées aux visites guidées.

Le reste du temps, les douze habitants permanents de Gaïa partagent ce centre de vie et d’apprentissage avec ceux venus participer aux cours et ateliers. D’une durée de deux jours à une semaine, ces formations payantes, principales sources de revenu de la communauté, vont de la permaculture (pratiques agricoles pérennes) à la construction naturelle, en passant par les énergies renouvelables et la cuisine bio, et même… la vie communautaire ! « Nous nous organisons comme une communauté égalitaire, explique Gustavo, mais ce type d’organisation sociale, avec ses relations interpersonnelles, la résolution des conflits et la prise de décisions, est un défi quotidien. » S’il prône notamment « une économie communautaire », Gustavo reconnaît qu’« il y a aussi des personnes qui conservent leurs économies personnelles ».

Une vie monastique ?

Jusqu’à présent, Gustavo et Silvia ont vu de nombreuses personnes désireuses de s’installer à Gaia sur le long terme qui sont finalement reparties au bout de quelques semaines. « Vivre à Gaia requiert beaucoup de travail sur soi et de dévouement, la vie ici est parfois perçue comme celle d’un éco-monastère, » admet Silvia en souriant. Renoncer à ses biens privés pour aller vers un travail commun, au profit de chacun, relève encore du défi pour beaucoup.

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La cinquantaine, Monica a décidé de venir s’installer dans l’écovillage en janvier dernier. Depuis 2005, elle venait régulièrement passer quelques jours dans ce lieu « par goût pour la nature, mais pas forcément pour l’écologie », tient-elle à préciser. Elle se dit heureuse d’avoir fait ce choix même si elle reconnaît qu’il n’est pas dénué de contradictions. Travaillant à Buenos Aires, elle fait chaque jour plus de 200 km en voiture. Dans les prochaines semaines, Monica n’écarte pas l’idée de vivre quatre jours à Buenos Aires et trois jours dans la communauté. Son compagnon qui l’a rejoint pour le week-end considère la vie à Gaïa « comme un changement radical encore plus difficile à assumer lorsque l’on vieillit ».

Autosuffisance énergétique

Mais pour Gustavo, ce changement relève non plus d’un idéalisme utopique mais d’« une urgence environnementale ». Avec force et patience, il a construit avec les habitants de Gaia, mais aussi avec l’appui des volontaires et stagiaires, un espace harmonieux et d’une grande beauté où coexistent habitat et réserve de biodiversité. 92% de l’électricité est produite par des éoliennes domestiques, le reste provient de panneaux photovoltaïques. Au moyen de fours solaires paraboliques et de collecteurs solaires, les habitants de Gaia utilisent cette énergie pour cuisiner végétarien.

Dans l’espace « agroforestier », 650 variétés de céréales, légumes et plantes médicinales sont maintenues et cultivées, estime Gustavo. Qu’il parle d’activité économique, d’habitat ou d’organisation sociale, Gustavo revient toujours à l’idée de permaculture. Pour lui, nul besoin de labour, de pesticides ou d’engrais chimiques. « Il nous faut concevoir l’écosystème comme un cycle continu, sans déchet, et c’est la raison pour laquelle nous copions le plus possible la nature dans ce système agroforestier. Notre seul investisseur est la « pachamama », la terre-mère, qui donne tout en échange d’intérêts nuls. »

Des bâtiments à l’architecture durable

L’architecture des bâtiments a aussi été pensée pour ne générer aucun coût ni pollution. Ainsi, prend-elle en compte les différentes inclinaisons du sol pour que les logements soient frais en été et chauds en hiver. Des ouvertures orientées côté nord, un auvent qui permet le passage des rayons du soleil en hiver et les retient en été quand le soleil est plus haut dans le ciel. Et pour préserver une banque de semences dans l’un des bâtiments, une température de 18°C à l’intérieur toute l’année, même lorsque l’on atteint les 35°C en extérieur. Une différence thermique également permise par la cire d’abeille, les imperméabilisants naturels et les pigments foncés intégrés aux étages en pisé qui absorbent la chaleur.

Dans les coins des maisons aux courbes délicates, du bois, des branches, du verre coloré et de l’argile en relief composent la texture des murs. Sur le toit, un mélange de pâturage sec et d’argile assurent l’isolation. À l’intérieur, le choix des toilettes sèches apparaît comme une évidence. L’urine quotidienne, diluée en eau, est utilisée pour arroser, et les excréments solides, une fois transformés en humus, sont incorporés au jardin et au système agroforestier. Parmi les dernières réalisations, un lieu de vie en commun a été construit : « cela évite que chaque maison ait son propre système de chauffage, de machine à laver et de traitement des eaux usées », décrit Gustavo.

Simplicité volontaire

Loin des pressions du consumérisme, Gustavo prétend vivre dans l’abondance. Mais les habitants de Gaia ne cherchent pas l’autosuffisance, continuant par exemple à acheter une partie de leurs aliments. Sur ce point, Silvia est sans appel : l’autosuffisance à 100% constitue un leurre. Elle implique une vie de simplicité absolue. « L’enjeu n’est pas l’autosuffisance mais la soutenabilité, qui inclut l’échange et la considération que d’autres personnes produisent des choses que l’on ne peut pas faire, », explique-t-elle. La différence est claire entre austérité et simplicité volontaire, dans laquelle elle se reconnaît complètement : « c’est apprendre que les nécessités de base sont très simples et qu’elles sont l’essence du bonheur et de l’abondance. En se dépouillant des besoins que le système nous met dans la tête et qui ne sont ni vrais ni authentiques, on se rend compte que l’on peut être heureux avec très peu. »

Gaia a sa propre école et maintient des liens étroits avec une école pédagogique alternative à quelques kilomètres. « Plus que leur enseigner, nous accompagnons les enfants dans leurs découvertes », affirme Silvia. Elle est convaincue qu’il est plus facile pour les enfants de vivre ainsi « parce qu’ils sont purs et pas encore traversés par le système ». « Face à la folie de la société capitaliste, nous construisons un nouveau type de société, renchérit Gustavo. Gaia est une sorte d’université où se concentrent la recherche, la vie et l’enseignement dans un espace-temps, pour générer la base d’un nouveau paradigme en harmonie avec la planète. »

Venu de la Plata, une ville à plus de 130 kilomètres de Navarro, Mariano s’apprête à repartir de Gaia avec plus de questions qu’à son arrivée. Accompagné par sa femme et ses deux enfants, il ressentait le besoin de venir dans cet écovillage pour assouvir une recherche intérieure : « cela fait plus d’un demi-siècle que l’on nous forme en nous déconnectant totalement de la terre. C’est difficile de rompre avec ce système mais c’est possible ». S’enfonçant avec sa famille dans la forêt, Mariano réfléchit à devenir « socio », membre de l’association Gaia, afin de s’établir dans l’écovillage. Et de voir si lui et sa famille, une fois cooptés par les membres de l’association, seront capables de franchir le pas.

Sophie Chapelle

Photos : Sophie Chapelle et association Gaia

http://www.bastamag.net/article1370.html

L’aquarelle noyée

Or le projet de règlement semble taillé sur mesure pour la mise en oeuvre de l’entente intervenue l’automne dernier entre la ministre et six écoles privées juives orthodoxes, des écoles illégales en ce sens qu’elles ne respectent pas le régime pédagogique en ne dispensant pas tous les cours requis. Dans une lettre dont Le Devoir a obtenu copie et qui est adressée à Mme Courchesne, les six écoles soulignent qu’elles dispenseront «des cours dans les matières visées au régime pédagogique le dimanche». Datée du 29 septembre dernier, cette lettre faisait suite à une rencontre qui avait eu lieu le 14 septembre entre la ministre et les représentants des écoles. Le «ministère partage [leur] point de vue à l’effet que des cours peuvent être dispensés le dimanche malgré l’article 19 du régime pédagogique, compte tenu des exigences imposées par la religion des personnes fréquentant nos établissements», peut-on lire.   Le Devoir

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Ce n’est pas grave que Madame Courchesne joue au rubicube en tortillant  le régime pédagogique. Mais c’est comme ça que se désintègrent les choses, mais surtout les êtres,  au fil des ans.

Ce n’est pas grave que l’on ouvre les magasins le dimanche. Cette « loi » a fait disparaître au moins 70 % des petits commerces de la région en dérivant les revenus vers les grandes surfaces. Monopole. Toujours monopole. Et c’est laïc! Et c’est le hic! Et que les familles soient déchiquetées au nom de l’avoir. Si, au moins, c’était le nôtre…

Ce n’est pas grave que des psychotiques sans âmes sont à des postes ou «  administrer »  est un mot plus grand et plus important que celui « d’humain. »

Ce n’est pas grave qu’ils soient payés au rendement… Que l’étudiant est depuis 20 ans devenu un « Client ».

Ce n’est pas grave que des gens viennent chez- nous, veulent vivre comme chez-eux, et nous montrent comment et où placer les meubles de nos maisons.

Ce n’est pas grave que l’on entretienne une poupée-fétiche représentante de la reine à 775,000$ par an.

Ce n’est pas grave que dans la construction les coûts de l’asphalte et du reste est de 30% de plus, pris dans les poches des contribuables. Les parties de golf cellulaires est un nouveau sport aux olympiques de la filouterie et du crime beige.

Ce n’est pas grave que l’on soit reçu en anglais à Montréal dans un magasin.

Ce n’est pas grave que certains syndicats ont l’air plus intéressés aux placements de leur cagnotte qu’à défendre un employé lointain.

Ce n’est pas grave que nos médecins partent. Ils ont les moyens de faire chanter le  « gouvernement ». Ce que n’a pas le petit employé qui les sert à l’épicerie.

Ce n’est pas grave que la seule religion qui nous reste est d’être à genoux devant des étrangers.

Ce n’est pas grave que l’on ait donné à des américains tous les arbres du Québec. Par les  coupes à blanc du sauvagisme néo-libéralisme. L’horreur boréale…

Ce n’est pas grave que l’on fasse un peu de lobbyisme. En autant que ça ne se sache pas.

La loi du silence, pareille à celle de la mafia… La loi du mensonge tout pieux, tout délicat… Du bout des lèvres…

Ce n’est pas grave que l’on perdre un petit 40$ milliards à la caisse de dépôt dans une « tempête parfaite ». Seuls des génies de la finance trouvent brillant d’acheter des dettes et les titriser. Le pays est un casino, et les joueurs roulent sur nos roulettes et notre argent.

Ce n’est pas grave que l’on instaure des taxes provisoires… Le provisoire n’est qu’un mot qui se cache derrière la permanence.

Ce n’est pas grave que des gens, à Ottawa, sont engagés pour contrôler l’information.

Ce n’est pas grave que le tiers des enseignants abandonnent après quelques années. C’est presqu’autant que les décrocheurs que l’on veut « raccrocher. »

Ce n’est pas grave qu’au Québec soit le champion du suicide. Même si on se tue à le dire…

Rien n’est grave.

Mais c’est comme ça que ma gouttière trouée a lentement détruit, par pourriture, le plancher du patio, rongé le coin de la maison, et permis  à l’eau de s’infiltrer jusqu’à la cave.

C’est comme ça que l’on perd le plancher d’une maison nommée Québec, d’une tradition, d’une couleur, et que la beauté des gens simples s’engouffre dans la souffrance, peu à peu.

Puis on leur dit que le désarroi vient d’eux.

C’est comme ça que l’on gomme un pays.

Tout le monde s’efface…

Un pays d’aquarelle, de filigrane, tout fragile encore…

Votons pour l’eau…

Du navet au NAVET

Un paysan et sa femme décident, à l’approche du printemps, de semer pois, carottes, pommes de terre, haricots et navets. La pluie, accueillie avec joie, permet une bonne germination.

Mais au moment de la récolte, après un bel été ensoleillé, un navet géant résiste à l’arrachage. Le paysan et sa femme vont alors faire appel, un à un, à tous les animaux de leur ferme ; ainsi la vache, les deux cochons, les trois chats, les quatre poules, les cinq oies, les six canaris secouent le navet, tantôt à petits coups, tantôt violemment… mais le navet ne bouge toujours pas.

La vieille femme a alors l’idée d’appeler à l’aide une petite souris affamée et tous ensemble se remettent à tirer et à s’arc-bouter de toutes leurs forces : le navet géant jaillit alors du sol, faisant tomber à la renverse toute la compagnie qui éclate de rire et se régale le soir même d’une bonne soupe… au navet.

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Du navet au NAVET

Camus a peut-être préservé le monde, mais la génération de mes parents l’a refait en oubliant l’histoire. Mon père me dirait t’as eu de la chance, « t’as pas eu des patates pour ta fête et des oranges pour Noël comme dans mon temps. » Pas très réconfortant. La génération de mes parents, qui apparemment se battait contre la censure de l’église. J’ai lu « Le libraire », c’est vrai ce qu’on y lit ? J’ai de la misère à le croire. Est-ce que les gens, après s’être débarrassé de la censure de l’église se sont dit « nous sommes libres, laissons aller les choses ? » Minuit moins cinq, sur l’horloge du facisme mondial

Sylvain Racine

Le plus énorme cul-de-sac…

Je suis né en 1947. J’ai eu quelques bébelles pour ma fête, mais j’ai connu ma grand-mère qui elle a eu des oranges pour Noël.

C’est une bénédiction pour l’évolution intérieure. La misère et sa réaction positive nous emmènent bien plus loin que les problèmes sociaux. Bien plus loin…

C’était le temps où la planète avait la grandeur de l’Univers… Et le village, la grandeur d’un pays.  Comme ces paysans de l’Amérique latine, du Bengladesh… en mode survie.

On n’a pas toujours eu le luxe de penser, de réfléchir. Et encore, j’en connais qui l’ont eu et qui l’on « gaspillé »… De fait, les gens qui savent voir – avec un esprit grand ouvert – sont rares.

C’est un énorme cul-de-sac, d’une immensitude à faire frémir.

Le 9/11

L’ordre mondial

Les complotistes… les vrais, pas ceux qui dénoncent.

Le contrôle de l’argent

Le contrôle des foules

Le grand pouvoir qui détruit…

Le grand cul-de-sac arrive : au moment où les terres ne seront plus des terres pour se nourrir, mais des terres possédées par des gens de pouvoir.

La vie simple

Ce n’est pas dans l’ordre des choses ni, pour ainsi dire, de se lever chaque matin pour combattre le mal. Celui qui a maillé tout ce monde complexe, falsifié l’être humain, déshumanisé, robotisé… Il l’a construit comme on construit des esclaves dans une arnaque devenue mondiale.

Au temps de l’esclavage des noirs, on sait aujourd’hui que des noirs ont vendu ou ont aidé les blancs à prendre ces êtres sans âmes  pour en faire des bêtes.

Mais à quoi donc aspire notre humain?

À rien d’autre qu’à vivre… À travailler, à fonder une famille. Il ne veut pas nécessairement être « grand », il veut seulement vivre. Vivre avant que la mort vienne le chercher.

Et c’est là qu’il n’a plus le temps de se mettre à être un soldat qui lutte à démantibuler tout ce montage terrifiant que l’on voit. Mais pour le voir, il faut avoir le ventre plein. Et l’esprit libre. Ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde.

En ce sens, vivre de patates et de tous les légumes-racine est quasiment un moindre mal. Le mal et la faim actuelle sont issus de poisons insérés dans le psychisme et le charnel.

L’âme a mal…

Avant c’était la chair et la peur de l’enfer.

Mais elle a mal… Ce qui ajoute à la douleur du corps qui vient en vieillissant.

Car la misère humaine n’est pas qu’une misère sociale : c’est également une misère intérieure. Chaque être est unique, mais personne n’est égal à l’autre dans la force, la vision. Ce n’est pas une question d’intelligence non plus. Nous sommes à l’heure de cette intelligence de « cerveaux ».

Mais il y a celle des émotions qui sont une force prodigieuse quant à la compréhension de ce monde, de son « moi », de son rôle, de ses capacités…

Saisir.

Les gens simples sont victimes de cette pauvreté de l’intellect boursoufflé comme un crapaud qui veut devenir bœuf.

Qui sait si ce ne sont pas eux les vrais « intelligents »?

Les moutons au banc des accusés

Si le monde va mal, c’est la faute des moutons.

C’est là le grand raisonnement des intellectuels qui se rendent compte tout à coup que la Terre tourne autour du soleil.

Pourquoi le mouton se défendrait-il contre les loups?

La responsabilité de la détérioration du monde va à ceux qui sont au pouvoir autant dans le domaine politique, de la santé, ou des organisations géantes qui se veulent planétaire. Mais ce sont des fauves au discours savonneux qui n’ont jamais rien à se reprocher. De fait, ce sont des moutons OGM greffés au pouvoir.

Quand le mal fait l’amour à ceux qui ont un certain contrôle sur les gens, de là pousse une flopée de Satans.

Si l’on faisait un grand tour de l’Histoire pour savoir qui a inventé les « conspirations », je doute que nous en trouvions les racines. Pourtant, un certain Shakespeare avait trouvé la clef des conspirations et le mal de vivre des simples et des « élus » aux grands projets.

Porter jugement sur l’ignorance c’est déjà une forme de haine et une incompréhension profonde de la nature humaine. Ainsi que de l’Histoire… La vraie. Celle qui inclut l’élément humain, le chaînon faible…

S’il y a des « troupeaux » d’ignorants, il y a également des troupeaux de savants, gorgés de leurs savoirs qu’ils croient HUMANISTES.

Or, il n’en n’est rien. Parce qu’ils ignorent souvent ce qu’ils sont.

Du navet au chou-fleur nappé

Il est écrit dans la Bible : « Respecte père et mère ». Ce n’est pas qu’une phrase naïve et dogmatique, c’est une compréhension profonde des choses.

Une fois le ventre plein, une certaine génération s’est mise au travail pour remplir autre chose… Le cerveau.

Ce fut-là l’erreur. Elle a cultivé des cerveaux sans cultiver des âmes. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés avec des monocéphales, unijambistes, qui boitent… Leur savoir est issu d’une race de calculateurs avides. Et ils ont cru que l’on pourrait être encore plus heureux en possédant le savoir. Car le savoir menait au rang. Et tout cela était lié à la richesse.

D’où la naissance de rejetons encore pire… Le snobinard.

Et lorsqu’il est nombriliste : il apprend sans rien donner. Plus encore, il aime voler le savoir de l’autre, s’en accaparer.

Pour le pouvoir.

Et pour la grosse queue de paon.

Le rejeton des mangeurs de navets et de fèves au lard a donc donné naissance à une race d’insipides.

C’est bien ce que voulait finalement notre « créateur » social : une créature hybride, guère dangereuse, seulement à cultiver son nombril.

Ce n’est pas parce que l’on sait des choses que l’on sait les aligner, en soustraire les subtilités, et comprendre vraiment ce qui se passe en ce monde.

Non.

On a créé une race d’abeilles qui mangent le miel des gens simples mais qui se permettent de les juger.

C’est entre deux pages d’Histoire… Entre ceux qui s’échangent du savoir inutile.

Comme dirait Pierre JC Allard… On peut alors se livrer au luxe de la poésie.

Ce que je faisais avant.

Ou de la musique…

C’est à se demander si la commande ne vient pas de « haut » : ceux qui gouvernent et qui se font des esclaves des artistes. Et les artistes qui souvent perdent leur fromage comme le corbeau perché sur un arbre.

L’Histoire est un mélange de faits et de vécus. Mais, avant tout, il y a la vie… Organiser, créer des systèmes n’est pas un exercice intellectuel.

C’est un exercice et une action pour la vie…

C’est elle qui devrait être la poésie…

Falardeau Scissorhands

Source: Wikipedia

Source: Wikipedia

“- Serre-moi, lui dit-elle tout bas. - Je ne peux pas”‘,
répond Edward, ne sachant quoi faire de ses mains
tranchantes. (…)Ces ciseaux sont ironiquement ce
qui coupe Edward du monde extérieur et ce qui le
blesse corps et âme. Edward aux mains d’argent

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Né à Montréal le 28 décembre 1946, Pierre Falardeau fréquentera le Collège de Montréal, rue Sherbrooke; à la vieille maison des Sulpiciens, il fait la connaissance de Julien Poulin qui restera son ami et complice jusqu’à la fin. Sportif, le jeune Falardeau s’adonne à la pratique du football et s’initie brièvement à la boxe qu’il a découverte grâce à Ernest Hemingway qu’il préférera toujours à Musset, comme il sera plus « allumé » par les muralistes mexicains, chantres de la révolution, que par les romantiques français. « Moé, les pots de fleurs… » Cyberpresse, Daniel Lemay

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Si Pierre Falardeau était aussi gentil, charmant, humain, chaleureux que le disent ses proches, amis, collaborateurs, défenseurs, pourquoi choisissait-il alors de montrer en public cette personnalité cinglante, hargneuse, vulgaire? Par provocation? Je pense davantage que c’était par mépris. Commentaire sur le blog de Patrick Lagacé: FALARDEAU, TOUT EST LÀ

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Falardeau le propre

Falardau était un homme cultivé et propre. Intelligent. Sensible. Bien habillé  même… Dans ses jeunes années…

Il suffit de le regarder vider ses tripes dans certaines conférences. Le propre de Falardeau, c’est de s’être rendu compte à un certain moment que le propre ne peut pas combattre le propre. Sinon, on reste – où on s’intègre dans un système sale – pour nettoyer la crasse d’un club de «Beavers»  de la racaille élitiste. Et il a vite saisi que c’est cette racaille qui perdure un monde où l’on contrôle tout : les humains, les groupes, les petites nations. On ne mange pas que du cochon : on l’élève et on s’en sert pour engraisser ses avoirs et sa snobinardise au grand banquet romain anglo-saxon, et bien d’autres…

Car la culture, et son contrôle, fabriquent aussi des monstres ineptes, des enfants comme on sculpte de la pâte à modeler. Puis un peuple en entier… Comme on élève des poulets…

Dans son «Kentucky Boy ,  Pea Soup» (Patrick Lagacé, Extrait)

Patrick Lagacé  dit que tout est là… Il a sans doute raison : tout est là. Mais sans vraiment en comprendre le sens profond.   Car j’imagine  Falardeau en train de regarder ce qu’il a filmé, écouter le  dialogue que trop réaliste d’un enfant gras, mal léché,  porcelet, et pour emprunter son langage : «un mongol issu d’une culture qui n’a pas de culture» .  C’est l’Amérique (USA) de demain. C’est également la démonstration criante d’une race qui n’a plus aucune référence culturelle. Délavée, décolorée, risquant de s’éteindre. Une braise dans un bain de cendres froides…

Il n’y a pas plus bel échantillon d’Elvis Gratton… Ce garçon, c’est Elvis Gratton qui, pour s’en sortir, fera sa réussite au «Think Big» : le business. Un garage, mais un gros…

Tout est là, parce que c’est le pivot de l’œuvre du cinéaste. Mais c’est aussi le changement d’attitude.

Falardeau princesse se transforme en crapaud…

Tout est là n’est pas l’œuvre de Falardeau. J’ai remarqué qu’on a encensé – depuis son décès – son œuvre cinématographique, mais on l’a démarquée de l’homme.

Or, rien n’est plus faux. L’œuvre artistique de Falardeau ne vaut rien sans l’homme. Son «Pea Soup» aurait pu être tourné par un amateur qu’il  serait passé inaperçu. Ses Elvis Gratton  ( avec une coquille sur le net, suite à son décès : Elvis Grattin) ne seraient rien sans le soutien du pamphlétaire, n’en déplaise à ceux qui en ont mangé un peu gras de son langage ordurier.

La tendance des commentaires est la suivante : «Nous partageons les mêmes idées, mais nous ne sommes pas d’accord sur la façon de les exprimer».

C’est la manière la plus hypocrite de dire qu’il était un indépendantiste, qu’on en voulait, mais qu’on n’en voulait pas.  Et tous les indépendantistes sont les bienvenus au club «beaver» des indépendantistes.

Falardeau grand cinéaste ? Oui. Le Party (1989), Le Steak (1992), Octobre (1994) et 15 février 1839 (2001).

Rien pour amuser la galerie. La dénonciation d’une dureté extrême, de la survie du gars qui a mangé du poulet Kentucky, et deux fresques politiques…

Après, le club «Beaver» et ses valets ont voulu étouffer le Falardeau trop sérieux, et trop vrai…

Falardeau le sale

Edward Scissorhands n’est pas un garcon ordinaire.
Création d’un inventeur, il a recu un coeur pour aimer,
un cerveau pour comprendre. Mais son concepteur
est mort avant d’avoir pu terminer son œuvre
et Edward se retrouve avec des lames de métal
et des instruments tranchants en guise de doigts.
Allociné

À travers cette démarche, Falardeau s’est muni d’un costume extérieur de personnalité cinglante, hargneuse, vulgaire. Pas de fini…Comme Edward.

Un cerveau, du cœur, mais pour de doigté… Au contraire d’Edward, on dirait que les lames poussent à mesure qu’il avance dans la vie.

Et si on aimait Falardeau c’est qu’il était d’une authenticité âpre à l’encontre de ceux qui noient leur gin dans l’eau. Il n’y a pas de compromis. La tiédeur est un mélange de chaud et de froid. Et ce mélange a donné au Québec – et à toutes les autres cultures – l’exploitation coloniale féroce qui a anéanti bien des peuples, des cultures.

Et c’est malheureusement ce qu’elle continue de faire.

Au-delà du Québec, du  canadien français, il y a bien plus chez Falardeau qu’un seul peuple. L’ethnologue voit plus loin, mais il voit d’abord ici.

S’il a flagellé les haut-placés de l’ordre exploitante, tempêté dans ses écrits, il a fini par écorcher les valets, les agresser, les  blâmer, les calomnier, les  discréditer, etc.

Ce que le commentateur du blogue de Patrick Lagacé n’a pas compris, c’est que Falardeau – à l’encontre des faux combattants – ne se fabriquait pas une personnalité de combattant : il était le Le Steak (1992).

La survie est saignante… Comme à la guerre. La tendresse est saignante : comme dans 15 février 1839 (2001), une douleur rappelée dans un long mouvement de caméra, de visages, de silences.

Ce que les gens n’ont pas vu de Falardeau c’est le combattant à la manière des anciens : l’épée, l’arc, la flèche. Et le couteau pour le ventre…

Ce que le «monde ordinaire» a compris de Falardeau c’est qu’il était un boxeur amoché, avec une vieille douleur de  238 ans .

La leur. Et encore plus… C’est celle qui se perpétue depuis le «début des temps».

Ce que Falardeau livrait vraiment,  c’est son combat contre toute forme de colonialisme.

On en a gardé le souvenir d’un combattant de l’indépendance du Québec.  Et un salaud…   Falardeau poignardait les journalistes pour leur rôle et non pas pour «la personne».

Il ne faisait pas la différence. Ce fut là  sa grande erreur de «marketing» : les tripes brûlantes n’ont jamais pu saisir et accepter la tiédeur et le compromis.

Les siennes étaient un volcan en feu.

Le propre n’est qu’une apparence qui crée de la réelle saleté.

Il fallait un peu de cette saloperie de Falardeau pour discréditer la saleté cachée.

C’est un salaud, à n’en pas douter. Il haïssait les journalistes pour leur «désinformation» et les traitait de «vendus» et de toutes les injures à en gagner un prix qu’on court. Son rêve avait été d’être journaliste… Il l’a avoué. Mais qui donc veut de deux paires de ciseaux? Il faut bien une main douce et docile pour manier l’autre.

Sa notion de «désinformation» n’est pas trop nuancée : c’était celle qui ne convenait pas à son vieux discours…

Mais il eut, à la fin, raison… Si on peut dire… Falardeau fumait dans les studios de télévision pour  défier….  On a plusieurs fois annoncé sa mort due à un cancer du poumon… Or, un document du CHUM, datant d’aujourd’hui ( 28 septembre 2009), précise que Falardeau est décédé d’un cancer du rein métatastique. Lucie Dufresne, Communication SCHUM

On est toujours content que les gens meurent de leur non-conformisme.

Et que les moutons noirs meurent en noir.  Ce qui donne «raison» aux «blancs» de ce monde pour contrôler la connaissance, le savoir, dans un conformisme de porc béat et bien habillé.

Non, tout n’est pas là, tout est ici. ( Le temps des bouffons).

Quinze minutes de filmographie, 15 minutes à railler   des glorieux. Et tout ça, dans une langue sale de narration.

Dans le ring, le «steak» boxait avec des ciseaux. C’était sa façon de renvoyer la saleté qu’il voyait dans les sociétés.

Moé,  les pots de fleurs.

C’est bien là ce qui le définissait le mieux : une roseraie pamphlétaires qui n’a produit que quelques roses et une de nombreuse épines.  Des lames naturelles, des ciseaux, mais l’aura d’une fleur barbouillée.

La moufette à l’aura de rose.

Salut! Stie d’sale!

On t’aimait parce que tu n’avais pas que des mains… Tu avais appris, et l’avait bien dit : «C’est parce que tu es à genoux qu’ils sont grands».

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Quelques falardises, au hasard :

Jacques Hébert, socialiste à voiture de sport; Rabinovitch, président de Radio-Vichy; Monseigneur Steven Guilbault; le Père Hubert Reeves; le Cardinal Bernard Voyer; les Cowboys mélangés; l’autre mongol à barbiche, Suzuki, Kawasaki, Yamamoto ou quelque chose du genre venu à Montréal nous faire la morale in English only; les collabos de Gesca; l’unifolié, un pavillon de complaisance ; les intellectuels à gages de Paul Desmarais; les Japonais, à Montréal, nous polluent la vue et le cerveau; Jacques Godbout fait le jars à la radio de Christiane Charrette; Boom Desjardins, une jolie tête de ruminant domestiqué; la grosse Nathalie à junior qui n’est pas sans rappeler Soeur Marie de la Transpiration des Saints Pieds de Jésus; Lysiane Gagnon, une pitoyable blondasse; la colorée gouverneure générale et la grande tarte à Lafond; mon ami Dieudonné; Patrick Lagacé, le blagueur de La Presse (suivi d’une violente bordée d’insultes impubliables car diffamatoires); le professeur Lauzon, de la marde de gauche; la grosse Bazzo; René-Homier Roy et son parterre de mémés-sur-le-retour-d’âge; Odile Tremblay, une petite gueule pincée de Madame-bien-élevée-de-la-Haute-Ville; Robert Lévesque, le pape de la critique insignifiante pour enfants de choeur attardés; Amir Kadhir et son houdinisme idéologique; Françoise David et son catalogue de bons sentiments; alouette…

DIDIER FESSOU, LE SOLEIL, PIERRE?FALARDEAU. Rien n’est plus précieux que la liberté et l’indépendance, vlb éditeur, 264 pages