Archives du Tag: Âme

L’hiver! Calvaire d’hiver…

L'oiseau qui annonce le printemps. J'ai croisé le croasseur...

Passer l’hiver au Québec, c’est comme aller à la guerre : on en sort avec des séquelles. On est à plat comme des batteries de moto… On se « plogue » à toutes les recettes de survie vendues sur le net.

On souffre d’iglootite. On devient accroc aux comprimés de vitamine D. C’est comme si un gros camion blanc nous était   passé dessous.

L’Homme n’est pas fait pour vivre enfermé. Surtout avec la femme en dedans… Dans ce blanc et toutes ces formes acolores, il y a Hollywood. On a le moral usé comme un cordage de bateau qui s’est frotté à tous les quais.

Ah! Que la neige a neigé

Ma vitre est un jardin de givre

Ah! Que les vitres de mon char j’ai gratté

Le dez me coule, mes doigts de gel ivres

Mon moteur est un ours, qui veut hiberner

Dans un nid de bancs de neige à la dérive

Ah! Que la deige a deigé

J’ai le dez qui saigne sur tous mes livres

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire: Où vis-je? Où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.

 

Tous les vivants vivent gelés

Mon corps est blanc : je vis, je vège

Where is the fucking vegetation?

I am  the Iceland in  caleçon

Merci Émile,

Vaut mieux s’adonner au country.

Émile après mille je m’ennuie

Ours après ours sur la route

Tu ne peux pas savoir comme j’peux t’haìr

Bon! J’ai trafiqué un peu la chanson de Willy Lamothe. Peu importe…

Émile ou Willy, rien n’y fait.

Sauf se sauver en auto pour faire le bilan de la neige fondue. Prendre l’air du large … et des photos.

On aime bien photographier la lente destruction du monstre blanc.

Avec ma caméra à 59.95$. C’est comme jouer du Beethoven avec un Ukulélé. George Harrison en  avait toujours un dans ses bagages…

CLIQUEZ  SUR LES PHOTOS.

Les chutes ont l'air de souffrir du même symptômes que les élèves de l'école: la résistance au changement.

La "pastille" ...

De l'autre côté du pont...

Le travail de l'eau...

Un camion sous le viaduc... Et un type pas vite...

Great! Dans quelques semaines, on ne verra plus le vert de la pancarte.

La Côte des Duval. Un peu à gauche, écriture Maya sur l'asphalte annonçant 2012.

Il n'y a pas plus tenace qu'un arbre... Surtout les jeunes...

Je traverse un pont, m'arrête devant une rivière en devenir...

D'où l'expression ... Se regarder dans une glace.

L'église est une aiguille plantée dans le Saint-Laurent. Ce bateau vers l'au-delà... Tous les orgueils du monde sont noyés dans la grandeur de l'infini. N'en déplaise à certains...

retour à la maison. Je m'asseois le dos au garage et je fixe le banc de neige. Il y pousse un arbre...

 

La bible des salauds

C’est moi, dieu

Le grand artiste des chiffriers

Qui tient ta vie par un filet bien tressé

Ma finesse est aiguisé comme un pieux pieu

Avec ton sang je ferai couler des guerres

A longueur du rond de la Terre

J’achèterai tes jardins

Tous les jardins par ta faim

Les arbres, les oiseaux, les singes, les taureaux

Des fleurs, des arbrisseaux, biomasse

Et toute ta crasse

Chair à canon

Chair à paille

Dans ta chaumière au fond des terres

De par la salive des banquiers

Des politiciens cyclopes

L’œil rivé à leur nombril

J’arracherai tes ongles et  tes os

Par la faim de la faim

Aux fins de mes fins

Doucement, comme un souffle coupé

Par l’étranglement savamment orchestré

Il y eut un soir, il y eut un matin

Et j’ai pensé faire du sol déjà le ventre de ta mort

Je vis sous des acronymes

Chevalier noir des apocalypses des jours

Sniper affiné, l’élégance des vautours

Me rend anonyme

C’est l’enfer du grand feu du fil de l’Histoire

Que je tresse heureux, te nourrissant d’histoires

Aux fins heureuses tricotées de tes malheurs

Que je vends  de mots doux et de papiers vaudou

Gaëtan Pelletier

21 janvier 2010

Lettre à un regard

Bonjour regard,

J’ai toujours aimé les regards… On dirait que c’est un fragment d’un dieu éclaté… Il y a tellement de lumière que j’ai honte parfois d’être triste… Au fond, il n’y a rien pour être triste… J’ai tout, ou presque…

Sauf ton regard…

Je voyais comme ça quand j’étais enfant… Je regardais le ciel, les plantes, les insectes, l’eau, le mica, les chats, les souris.  J’étais tous les regards…

On dirait que la vie m’a parfois mis des capuchons sur les yeux.

J’aimais tant la Terre, tant la Vie, et j’avais une soif énorme de savoir la lumière des autres.

Mais les autres, on dirait, quand ils ont tout, n’ont plus faim de rien…

Surtout pas des autres.

On ne peut voir Dieu qu’à travers les yeux des tout petits dieux… Les enfants. Ou les adultes restés enfants…

Tout ça pour dire que j’ai vu un regard aujourd’hui.

Un peu comme le tien.

Pas de capuchons sur la lumière.

Franc comme un vent du Sud… Tout chaud, comme un humain sorti du four de la Vie.

C’était tellement beau que je suis arrivé à la maison comme si elle m’avait donné une autre paire d’yeux. Et ses cils comme des battements d’ailes…

Je voyais double… Et je volais..

Je vis avec plusieurs yeux, plusieurs regards. Et quand j’en rencontre, je les prends dans mes yeux, à lumière ouverte.

Je sais… Je dois être cinglé… Qui donc dans sa vie a écrit une lettre à un regard? Personne, probablement… C’est juste qu’ils ne savent pas à qui écrire. Ni comment l’écrire…

Même s’il n’y avait pas de mots pour le dire, ni de lettres pour l’écrire, ça ne changerait rien.

Peut-être…

On peut le garder, s’en imprégner, mais jamais capables de le dire pour qu’il reste.

Alors, je me suis dit qu’en le disant aux autres qu’ils allaient ouvrir les yeux…

Comme ça, on ne sera pas seuls à se regarder et à se dire qu’on ne se voit pas. On se voit, mais personne ne sait lire les regards, on dirait.

C’est trop loin dans le temps, un regard.

C’est un clin d’œil d’éternité.

Et quand c’est celui d’un enfant – et qu’on voit ce qu’on fait aux enfants – on se dit qu’il ne faut pas laisser les enfants dans les mains de certains adultes.

Pas tous.

Je sais que tu peux voir un frisson… Avec des yeux. Profites-en!

Beaucoup trop ont oublié.

Bon! Je te laisse.

Je vais aller fermer les yeux pour la nuit.

Pour mieux voir demain.

Les yeux, ça s’aiguise dans le noir.

Tu ne sais pas pourquoi?

Parce que c’est de la lumière cachée.

Gaëtan Pelletier

Janvier 2010

Les parlements Jell-O

Parlement d’Ottawa et de Québec

Les Canadiens raffolent des délicieux produits Jell-O depuis plus de 90 ans. Les poudings instantanés, les poudres pour gelée et les coupes prêtes à servir Jell-O constituent en tout temps un dessert ou un goûter exquis offerts en plusieurs saveurs et variétés.

Jell-O est à l’image de son temps. En effet, les membres de votre famille peuvent encore se régaler des délicieux desserts de leur enfance, mais ils ont également à leur disposition une gamme élargie de produits qui inclut des choix de desserts plus sains. Dans les prochaines pages, vous découvrirez comment Jell-O a évolué avec le temps.

La gélatine cravatée

En visionnant le film The Young Victoria, on y apprend, entre autres, que les parlementaires sont des gamins blancs de la tête ( ou teint du chevelu) mais souffrant d’un juvenillisme prolongé. Et que rien n’a changé…

Et quand ils cherchent à se défendre, on fait appel à papa-avocat. Celui qui prolonge tout en accrochant les sociétés avec son souci de virgules et son crochet de pirate planté dans son nombril.

L’avocat est la gélatine des États. Et pour bien « prendre », ils se mettent à plusieurs.

Ces autolâtres, dans un accident d’auto, ont la même fonction que le coussin gonflable : plus on lui donne de l’argent, plus il est efficace. Plus il est gonflé, plus il y a d’air, plus il nous fabrique du « moins ».

Efficace en quoi?

Il sauve des têtes…

Se7ven years in Québec

Comme le film : luxure, colère, paresse, envie, orgueil, avarice, gourmandise.

C’est le règne de des politico-bavards, le plus souvent avocats, qui se sauvent après les grandes causes : la leur.

Sep ans et tous les péchés. Mais faut-il condamner Sir John James Charest?

Fonction publique : augmentation de 16 %.

6,000,000,000$ « d’aide aux industries ». Sans trop savoir où vont les programmes, que sont les programmes, à part la culture en serres de l’asphalte.

Tout le monde dort sur un matelas clouté…

La confrérie des faux-frères

Normalement, dans une démocratie, les élus sont au service du peuple puisqu’ils gèrent ses biens, son patrimoine, etc.

Tous politiciens confondus, combien d’entre eux deviennent des ennemis de l’État une fois élus?

Morale et éthique prennent le trou du nombril pendant que la population sue corps et âmes pour essayer de tenir à bout de bras un pays.

Du côté du château Jell-0, on gratine ses zamis. C’est le lot des sociétés dites développées.

On peut bien se passer de religion, se sculpter une laïcité accommodante, mais nul État ne peut se passer d’une certaine morale ou éthique.

En ce sens, les politiciens sont devenus des ennemis de l’État. Et leur défense est que le citoyen est un ennemi pour l’État : il fume, il mange trop, il ne dépense pas assez, il est vieillissant, etc. La morale des avocats en soutane. Le citoyen est responsable (sic) des déboires de son pays…

Peu importe pour qui on vote… Retournons 15 ans en arrière, 20 ans.

Qui donc a vidé le Québec de ses forêts?

Qui donc a permis que le sol québécois – les terres arables- puisse  être « vendable » à n’importe qui? Les chinois sont ici pour acheter des terres et des porcheries. Qu’ils achètent le parlement…

Globalisation. Néolibéralisme.

Nommez si vous voulez. Le mot, le vrai,  est corruption. QC comme dans Québec Corruption Inc.

Trop de Rambo et pas assez de Robin des Bois.

FTQ ou CSN, avons-nous affaire à une industrie de démolition?

Tous nos avoirs collectifs nous glissent sous le pied comme un tapis tiré par une bande de psychopathes à « névralgie contrôlée ».

Démocratie?

P.S. : Je suggère une marche sur le parlement de Québec l’automne prochain. Une marche de citoyens. 200,000 à ne rien faire sur alentour de ce nid de pierres. Les oiseaux sont trop bien plumés pour ce que nous avons à offrir. Je dis 200,000. Comme toujours, il en manquera 50%. 100,000 autour d’un feu de « quand? », c’est assez pour faire frissonner un peu ces gens « à notre service ». Une fois le processus enclenché, qui sait si on n’y prendra pas goût. Faut-il attendre qu’ils bougent vraiment?

Non.

Si on ne fait rien, ils ne feront rien.

Et pour une bonne représentation du Québec, habillez-vous de tout ce que vous avez de plus pauvre. Du linge à ramoner… La cheminée en a « bien de besoin » comme dirait Kevin Parent.

Le sport extrême des frissons du monde…

Le frisson des églises intérieures

Photo: Gaëtan Pelletier

Cliquez, pour vous grandir…

********************************************************************************

Le revenir à la vie ….

Comme çà, en ski de fond, en bel après-midi…

Comme la vie. Sans trop savoir ce qui va et qui ne va pas. L’âme est une antenne qui capte, et le résultat n’est jamais prévu.

Chercher la lumière dans la vie, et la retrouver tout au bout…

L’église devant le soleil. Quand la mort nous fait croire qu’après l’horizon, il n’y a plus rien.

C’est fou ce que nous mourons chaque jour à ne pas regarder la vie.

Nous avons les yeux de ceux qui ont des chiens pour guides. Et à chaque instant, emportés par nos rêves les plus fous, les plus plastiques, les moins vrais, nous nous endormons.

Nos yeux de l’esprit nous mentent.

Et nous les croyons.

Alors, il faut s’arrêter un peu.

Chaque image arrêtée est comme une prière dans le grand vide de nos vies.

Les oreilles sont faites pour les bruits de ces vies. Mais nos âmes — parfois enterrées sous nos amas de chairs — nous font oublier que la Vie est une Roue et que la difficulté de voir se situe en nous. Un grand manège affolé….

Et c’est comme çà, à chaque matin, que je vais chercher mon petit pain d’âme. Ou par les soirs. Peu importe. Il faut à chacun sa petite nourriture de tranquillité, de paix.

Le sport extrême de la vie, c’est arriver à un moment où l’éternité n’a plus d’importance dans sa recherche. Car elle est… Aussi simple, aussi solide, aussi puissante que l’aile fragile d’un papillon.

Aussi colorée…

Que cherchez-vous?

Il faut apprendre à se laisser trouver.

Toute solution n’est qu’un problème de plus quand on la cherche avec trop d’agitation.

La paix est un boire qui nous « désoiffe ».

L’excitation, un grand désert de sable qui nous étouffe.

J’irai.

J’irai encore demain, cueillir des yeux, du souffle, des odeurs, les infimes fleurs qui font un chant.

Laissez-vous prier à ce qui est…

Ce que vous avez n’est qu’une tuerie de frissons.

Et qui sait si celui-ci n’est pas ne serais-ce que la simple fibre de l’aile du papillon?

Apprendre à voler les deux pieds sur Terre…

Dr Jill Bolte Taylor

On peut saisir le monde de différentes manières. Mais on peut également essayer de comprendre comment nous fonctionnons -ici, sur Terre – êtres de chair. Et savoir qu’il y a quelque chose de plus profond que cet éternel combat contre les autres, contre soi, contre ses “poussées” d’envie, de colère…Ainsi que du reste…

Nous donnons chaque jour – dans un monde de plus en plus matérialiste – énormément à nos corps, nos ambitions, notre ego…

C’est une nourriture qui finit par nous empoisonner et nous faire perdre sans doute la partie la plus importante de notre être.

GP

_____________________________________________________________

Victime d’un grave accident vasculaire cérébral le 10 décembre 1996, la neurobiologiste Jill Bolt Taylor recommença ses conférences six mois plus tard, après une longue convalescence aux côtés de sa mère.

Jill Bolte Taylor, neurobiologiste renommée, est passée de l’autre côté du voile. Son accident vasculaire cérébral, qu’elle a suivi consciente, lui a permis une nouvelle approche de la vie qu’elle raconte dans «Voyage au-delà de mon cerveau» (Éditions J.-C. Lattès). Phénoménal succès de librairie aux États-Unis, aujourd’hui en vente en France.

Pour une chance, c’est une fameuse chance ! «Combien de chercheurs en neurosciences ont l’opportunité de vivre par eux-mêmes un accident vasculaire cérébral ?» Jill Bolte Taylor exulte. Elle a deux ou trois messages à faire passer, et les vingt-deux langues dans lesquelles son livre est traduit, son passage aux États-Unis dans le show d’Oprah Winfrey et le projet de film pour lequel Jodie Foster est déjà partante ne lui semblent pas de trop. Parce que des bonnes nouvelles, il y en a. Déjà celle-ci, et c’est une neuro-anatomiste qui le dit : «L’hémisphère droit de notre cerveau est programmé pour le bonheur, la paix, la compassion.» Et celle-ci encore : «Le circuit neuronal de la colère est mobilisé durant exactement une minute et demi, après quoi la tension retombe. Libre à nous de ne pas donner suite.» Et cette autre : «La plasticité des neurones donne à chacun la possibilité de “virer à droite” et de choisir la paix et l’amour plutôt que l’affrontement.» Il ne s’agit pas là d’une déclaration de foi politique, mais d’un constat scientifique rendu possible il y a environ neuf ans, lorsque la neurobiologie s’est rendu compte que les transmetteurs du cerveau étaient en constant renouvellement.

Une synapse n’y retrouverait pas ses petits. Quel rapport avec le grave accident vasculaire cérébral (AVC) dont fut victime Jill il y a douze ans ? Comment une longue et pénible convalescence qui l’a obligée à un corps à corps de tous les instants avec son hémisphère gauche a-t-elle pu rendre le professeur de l’Université de l’Indiana et porte-parole de la Banque des cerveaux de Harvard quasiment bouddhiste ? Nous avons ici le fruit d’un long cheminement entre souffrance et émerveillement. C’est le 10 décembre 1996, à 7 heures du matin, que la scientifique s’est réveillée avec une terrible douleur derrière l’œil gauche. Une bonne douche et il n’y paraîtra plus, s’est-elle dit. Oui, mais cette grande admiratrice du cerveau sentait que les cinquante milliers de milliards de cellules constituant son corps ne répondaient plus. Ses mouvements étaient saccadés, les sons déformés, l’équilibre lui manquait. Puis elle perdit peu à peu la perception en trois dimensions. Puis les informations qui étaient sa vie : s’habiller, aller au travail. Mais où se trouve ce travail ? Et comment conduit-on une voiture ? Tout cela en tentant d’analyser ce qui était en train de lui arriver. Plus tard, elle sut que son cortex moteur était atteint lorsque son bras droit refusa tout office. Mais nulle peur : en même temps, une douce euphorie la gagnait. Ce n’est qu’au terme d’un effort surhumain et au milieu d’un écroulement de neurones – son hémisphère gauche était en pleine hémorragie, mais elle l’ignorait encore – qu’elle comprit l’urgence d’appeler des secours. Mais les chiffres n’avaient plus de signification pour elle. Elle chercha, toujours en luttant contre le sentiment de béatitude qui l’envahissait, un nom qu’elle connaissait bien. Dans un éclair, elle comprit qu’elle avait un AVC. Elle compose comme un enfant le numéro de son bureau à la Banque des cerveaux. Son ami, le Dr Vincent, est au bout du fil. Jill essaie alors de bredouiller quelque chose. Mais c’est un borborygme qui sort. «Mince, on dirait un chien qui aboie», songe-t-elle, réalisant que le centre de la parole est atteint.

Le Dr Vincent comprend quand même. Quand on la transporte enfin à l’hôpital, chaque geste la fait sombrer dans un épuisement qui l’emporte dans le sommeil. Mais alors là, quelle merveille ! «Mon énergie spirituelle flottait en suspension autour de moi, telle une baleine géante dans un océan d’euphorie muette.» L’anatomiste aurait diagnostiqué : perte du cerveau gauche, qui baignait dans son sang, et donc report de toutes les sensations à travers le crible du cerveau droit.

Mais elle n’en était pas là. Commença une longue convalescence avec sa mère, qui comprenait le besoin frénétique de sa fille de dormir. Entre deux sommes, séances de rééducation. Se dresser sur son séant, tenter de comprendre ce qu’on vous dit, retrouver les mots disparus. Puis ce fut le tour des lettres. Jill dut réapprendre à lire. À conduire. À réussir un puzzle. À monter des escaliers…

Au fur et à mesure que sa vie se remettait en place – elle recommença ses conférences six mois après l’AVC – le Dr Bolte Taylor réalisa qu’elle avait une nouvelle mission à mener auprès de tout individu doté d’un cerveau : «Si mon odyssée intérieure m’a appris une chose, c’est que la quiétude est à notre portée. Il nous suffit, pour y parvenir, de faire taire la voix de notre hémisphère gauche dominant.» Cette voix compte, bavarde, évalue, suppute. Elle est capable de vous souffler les pires idées : découragement, fureur, peur. Elle nous structure aussi par le langage, la raison, la connaissance. Comment utilise-t-on alors son hémisphère droit ? Nul manuel ne nous a jamais appris le bonheur par mobilisation latéralisée de la matière grise. Jill Bolte Taylor suggère des pistes : la méditation, la création artistique, la prière.

Le Figaro, 2008

La vidéo est assez bouleversante…  http://www.dailymotion.com/video/x8agq2_jill-bolte-taylor-soustitre-francai_tech