LE LIVRE
4-novembre-2009
teeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeemmmmmmmmpppppppppppppppppppppsssssssssss
Je suis à lire un livre
Les premières pages sont déjà fripées
Chaque jour j’en tourne une
Chaque jour elle me retourne
Je suis surpris, inquiet
Que va-t-il se passer ?
Parfois je suis déçu
Parfois emballé
Certains passages sont si bons
Mais d’autres si moches que je laisserais tomber…
Lentement le portrait se trace
Qui est le héros, qui est le lâche ?
Dieu ou diable, savant ou minable
Je tourne et tourne sans cesse les pages
Las, emporté, triste, gai ou sage
Tout est si compliqué
Ai-je sauté des passages ?
Je retourne en arrière
Pour reprendre les images…
Le héros, le héros, sans cesse voyage
Sur un calendrier en tournant les pages
C’est ma vie, une autre tranche lirai demain
Dans l’espoir de ne pas voir le mot « Fin »...
RITA
3-novembre-2009C’est la faute à la vie si nous mourrons.
C’est comme une fenêtre : la lumière y entre, mais en cas de feu, c’est pour sortir. C’est pour ça que de temps en soir, je m’étends sur une plage blanche : j’ai le feu, mais je ne veux pas sortir. J’écris des plages et des plages… Rien que pour voir si un jour poussera un océan.
J’ai toujours trouvé injuste que «Dieu» ne nous ait pas permis de nous pratiquer un peu à mourir avant que ça ne se produise… Et si le temps existe, ce n’est que pour voir l’éternité passer…
Comme une fille trop belle…
Et Rita était belle. Si belle! Elle était simple comme une candeur qui jouait du rire.
S’il y avait une musique plus belle que celle de Rita, comme disait mon oncle, Dieu l’a gardée pour lui.
J’aimais faire l’amour à Rita dans une auto. On s’enroulait sans rouler. On ouvrait la fenêtre et les grillons avaient des orgasmes à nous écouter gémir.
C’était une auto grise figée au bout d’un champ.
La vie est un toujours «en cas de feu». Et tout est une fenêtre. Quand je faisais l’amour à Rita, j’avais le feu sans la douleur du feu. Elle faisait tellement de bruit avec son rire, que le feu fuyait. … Alors on était toujours deux braises sans que nos maisons brûlent.
Ce doit être ça l’amour : tout flamme mais rien ne brûle.
La pensée sans émotion, c’est comme un chat empaillé.
Et Rita, elle, ne pensait pas trop. Un vrai chat… Rita était dévotion. Elle ne vous prenait pas pour vous garder. Elle se gardait de vous prendre. Elle ne demandait pas la lune, elle l’était. Je ne lui ai jamais donnée de fleurs… Lui en donner ça aurait été la prendre et la prendre et tout lui redonner.
Qui donc dans ce monde offre des fleurs à une fleur?
C’est la faute de la vie si nous vivons.
J’évite d’être un chat empaillé, et je ronronne sur le matelas blanc dans le noir. Des feuillets. Comme des autos qui me mènent à cette auto au bout d’un champ.
J’écris pour entendre le rire de Rita.
On dit que l’Univers est né il y a de milliards d’années… Certes, une grande explosion. On l’a dit. Et c’est savant. Je me suis dit que Dieu a eu un orgasme et que nous vivions sur le cadavre d’un spermatozoïde qui a perdu la queue. Et ceux allumés dans l’Univers cherchent encore un vagin… Qui sait?
Et pour la question de fleurs, je vois bien que nous ne sommes que des annuelles. Il faut se replanter à chaque année.
Une auto au fond des bois. Une banquette pour le festin…
Rita-bobo. Rita becquer bobo. Rita la tendresse. Rita la délicatesse.
C’est pour ça que j’arrive à dormir. Si la journée n’a pas été bonne, je me fais un bon matelas dans une auto au fond d’un champ. Car Rita n’est plus là. Je sais qu’elle me cherche dans un trou noir quelque part. Sans auto, sans rien.
Je pense que Rita avait raison. Pourtant sans feuillets…. Et sans mots…
Aimer vraiment n’a pas de mots.
Aimer est un rire qu’on écoute.
LES PAPILLONS
1-novembre-2009Avec tous tes pas d’ange
Ces cils d’ailes
Tu volais vers moi
D’un jeu de lumières croisées
Entre l’ampoule des soirs d’été
Et les murs des ciels arrêtés
Les papillons que nous fûmes
Eusse déjà toujours été
Si ce n’était la peur
Si ce n’était le temps
Tu es partie, avant la nuit
Je me souviens encore
De ta chair rouille
De tes yeux frileux
Et moi qui jouais distant
Et toi qui criait ma fouille
J’aurais aimé croquer tes dents
De par tes lèvres pour aller voir
Si nos soirs valaient nos veillées
On s’aimait tant, sans pouvoir s’aimer
On s’aimait tant, j’aurais aimé…
Aujourd’hui, il me reste toujours
La brûlure de tes yeux
Sur mes ailes fatiguées
On s’aimait tant
On s’aimait tant
Pourquoi ne pas s’être aimés?
Les printemps incertains
27-octobre-2009
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Il y avait le vent qui jouait avec la neige
Comme un enfant
Comme un enfant
Et les hommes qui jouaient avec le temps
Comme des enfants
Comme des enfants
Plus j’allais à pas d’ans, à pas de chair, mieux je voyais ce qui était hors temps. Les flaques, le brin d’herbe jauni qui tremblote. Comme s’il me poussait des yeux à mesure qu’avançait la noirceur, à mesure de la mort des fleurs.
C’était en octobre. Les feuilles s’étaient jetées en bas des arbres pour mourir en s’enterrant. La nuit prenait tranquillement la longueur des douleurs. Vous savez, ces temps longs où on ne dort que d’un œil pendant qu’on s’inquiète de l’autre…
Il y avait la pluie et les parapluies
Il y avait les vents et les paravents
Les femmes distinguées s’en allaient droite pour ne pas tomber. Et les pauvres regardaient les plancher des trottoirs, agenouillés.
C’était triste comme un film en noir et bleu.
Je pédalais, avalant les paysages. Et je mangeais, des yeux, la vie. Les petites rivières aux bords souillés. Les nuages décoiffés. Tout brouillon dans le ciel affolé. Et les fourmis humaines s’affairant…
Aimer le jour comme le dernier jour.
Aimer la nuit, comme la nuit dernière. Dans la douleur des toujours éphémères.
Un peu avant l’hiver, ou le blanc enterre les couleurs des yeux intérieurs.
De peur, oui de peur, que je revienne jamais un printemps.
Gaëtan Pelletier
octobre 2009-10-26
PARLER À UNE FLEUR
17-octobre-2009J’ai voulu parler à une fleur
Elle ne m’a pas répondu
Je l’ai crue morte…
Mais sa vie était un parfum.
J’ai voulu parler à un arbre
Il ne m’a pas répondu
Je l’ai cru mort…
Mais sa vie était une sève.
J’ai parlé à bien des humains
Certains m’ont répondu
Je les ai cru vivants…
Mais ils étaient…
Gaëtan Pelletier
28 mai, 2000
La fonte des âmes
15-octobre-2009En parcourant le net à la recherche d’images, je suis arrivé sur le site d’un peintre… Absolument magnifique. Entre le cosmos et l’humain…
http://www.e-bousquet.com/Galeries
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LES CORPS SOUS LES FLEURS
15-octobre-2009Quand on est simples
Quand on a le coeur au bord des yeux
Quand on a l’âme qui sort de partout
Tout peut arriver…
Quand on est un temple
Quand de lumière on est fabriqués
Quand la tendresse nous fait frissonner
Tout peut arriver…
Alors, ils arrivent alors de partout
Les rois couronnés des zéros
Armés de chiffres, alliés des fous
Allant aux guerres pour décimer
L’enfant, la femme, le vieillard
La paix qu’on tue ne revient jamais
Et quand elle revient, elle a des airs
De guerre, de guerre et de guerre
Qui saigne le tendre et la lumière
Alors, ils reviennent de partout
Les âmes noires qui cherchent des nègres
Pour déchiffrer les terres de leur orgueil
Ils vendraient leur mère et leur Terre
Œil pour œil et chars de fer
Quand on est doux, sans valeur marchande
Ceux-là vous envahissent et vous hantent
Dans cette église bleue, ronde, pour un territoire
On tue tout ce qui vit pour un or noir
Quand on est simples
Quand on a le coeur au bord des yeux
Quand on a l’âme qui sort de partout
Dans un jardin plus petit que la faim
Tout peut arriver…
Alors, les voilà partout, labourant
Sans semer, sinon que la mort
Dans des tombes béantes
Enfouissant les corps et les fleurs
Gaëtan Pelletier
Kamouraska
28 décembre 2000
LA MOMIFICATION
14-octobre-2009
Vivre sans vivre..
Sans danger..
Sans risques
Un conte en banque. Un chalet. Une BMW et des REER.
Paisibles comme des momies de châteaux.
Beaux bourgeois.
Beaux grivois.
Festifs comme un lampion de chair.
Consumer, consommer.
Dont move anyway
You’re dead before to be alive..
Come un beau happiness
Les occidentaux sont des habitants de cimetière.
Déreligionsés.
Sans âmes…
Pareils aux sables des déserts.
Il n’y pousse que du noir
Pour les faire se mouvoir
Dans leurs déplacements d’acier.
Dont move !
Dont move !
You could die !
Die on die !
Everyone wants to be
Un gazon sans pissenlits
Acolores, endormis
Ô momie blues !
LE LIT
13-octobre-2009_
Un tombeau provisoire
Où l’on meure un peu
Pratique d’un soir
D’un paradis peureux
On y dort, on y prie
Avant la croisière
Claqués des paupières
Dans cette barque bénie
On y fait l’amour
On y perd son temps
On y fait pousser des enfants
Cette maison de vagues et de divagues
Ce logis à paille de nid
Et dans la barque rectangulaire
Chacun y va de sa croisière
C’est là où l’on lit, où l’on délie
Ces livres-chandelles, camp de nuit
C’est une berceuse chaumière
Tressées, aux toits de couettes
Un long voyage griffé d’éclairs
Pour les jours de nos défaites
Au matin, tout un champ fricassé
D’une bataille déjà oubliée
Entre la chair et le mystère :
Entre le demain et l’hier
Un lit, rien qu’un lit
Entrée ou sortie?
Comme la vie, tout comme la mort
Sait-on où l’on va quand on dort?
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11 septembre 1999


Publié par gaetanpelletier 
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