Le jour du premier jour…

4-novembre-2009

LATTENTE

Le jour du premier jour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LE LIVRE

4-novembre-2009

235-Bougie temps qui passe_maxi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

teeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeemmmmmmmmpppppppppppppppppppppsssssssssss

Je suis à lire un livre

Les premières pages sont déjà fripées

Chaque jour j’en tourne une

Chaque jour elle me retourne

Je suis surpris, inquiet

Que va-t-il se passer ?

Parfois je suis déçu

Parfois emballé

Certains passages sont si bons

Mais d’autres si moches que je laisserais tomber…

Lentement le portrait se trace

Qui est le héros, qui est le lâche ?

Dieu ou diable, savant ou minable

Je tourne et tourne sans cesse les pages

Las, emporté, triste, gai ou sage

Tout est si compliqué

Ai-je sauté des passages ?

Je retourne en arrière

Pour reprendre les images…

Le héros, le héros, sans cesse voyage

Sur un calendrier en tournant les pages

C’est ma vie, une autre tranche lirai demain

Dans l’espoir de ne pas voir le mot « Fin »...


RITA

3-novembre-2009


C’est la faute à la vie si nous mourrons.

C’est comme une fenêtre : la lumière y entre, mais en cas de feu, c’est pour sortir. C’est pour ça que de temps en soir, je m’étends sur une plage blanche : j’ai le feu, mais je ne veux pas sortir. J’écris des plages et des plages… Rien que pour voir si un jour poussera un océan.

J’ai toujours trouvé injuste que «Dieu» ne nous ait pas permis de nous pratiquer un peu à mourir avant que ça ne se produise… Et si le temps existe, ce n’est que pour voir l’éternité passer…

Comme une fille trop belle…

Et Rita était belle. Si belle! Elle était simple comme une candeur qui jouait du rire.
S’il y avait une musique plus belle que celle de Rita, comme disait mon oncle, Dieu l’a gardée pour lui.

J’aimais faire l’amour à Rita dans une auto. On s’enroulait sans rouler. On ouvrait la fenêtre et les grillons avaient des orgasmes à nous écouter gémir.

C’était une auto grise figée au bout d’un champ.

La vie est un toujours «en cas de feu». Et tout est une fenêtre. Quand je faisais l’amour à Rita, j’avais le feu sans la douleur du feu. Elle faisait tellement de bruit avec son rire, que le feu fuyait. … Alors on était toujours deux braises sans que nos maisons brûlent.

Ce doit être ça l’amour : tout flamme mais rien ne brûle.

La pensée sans émotion, c’est comme un chat empaillé.

Et Rita, elle, ne pensait pas trop. Un vrai chat… Rita était dévotion. Elle ne vous prenait pas pour vous garder. Elle se gardait de vous prendre. Elle ne demandait pas la lune, elle l’était. Je ne lui ai jamais donnée de fleurs… Lui en donner ça aurait été la prendre et la prendre et tout lui redonner.

Qui donc dans ce monde offre des fleurs à une fleur?

C’est la faute de la vie si nous vivons.

J’évite d’être un chat empaillé, et je ronronne sur le matelas blanc dans le noir. Des feuillets. Comme des autos qui me mènent à cette auto au bout d’un champ.
J’écris pour entendre le rire de Rita.
On dit que l’Univers est né il y a de milliards d’années… Certes, une grande explosion. On l’a dit. Et c’est savant. Je me suis dit que Dieu a eu un orgasme et que nous vivions sur le cadavre d’un spermatozoïde qui a perdu la queue. Et ceux allumés dans l’Univers cherchent encore un vagin… Qui sait?

Et pour la question de fleurs, je vois bien que nous ne sommes que des annuelles. Il faut se replanter à chaque année.

Une auto au fond des bois. Une banquette pour le festin…

Rita-bobo. Rita becquer bobo. Rita la tendresse. Rita la délicatesse.

C’est pour ça que j’arrive à dormir. Si la journée n’a pas été bonne, je me fais un bon matelas dans une auto au fond d’un champ. Car Rita n’est plus là. Je sais qu’elle me cherche dans un trou noir quelque part. Sans auto, sans rien.

Je pense que Rita avait raison. Pourtant sans feuillets…. Et sans mots…

Aimer vraiment n’a pas de mots.

Aimer est un rire qu’on écoute.


LES PAPILLONS

1-novembre-2009

Avec tous tes pas d’ange
Ces cils d’ailes
Tu volais vers moi
D’un jeu de lumières croisées
Entre l’ampoule des soirs d’été
Et les murs des ciels arrêtés
Les papillons que nous fûmes
Eusse déjà toujours été
Si ce n’était la peur
Si ce n’était le temps

Tu es partie, avant la nuit
Je me souviens encore
De ta chair rouille
De tes yeux frileux
Et moi qui jouais distant
Et toi qui criait ma fouille
J’aurais aimé croquer tes dents
De par tes lèvres pour aller voir
Si nos soirs valaient nos veillées

On s’aimait tant, sans pouvoir s’aimer
On s’aimait tant, j’aurais aimé…

Aujourd’hui, il me reste toujours
La brûlure de tes yeux
Sur mes ailes fatiguées

On s’aimait tant
On s’aimait tant
Pourquoi ne pas s’être aimés?


Les printemps incertains

27-octobre-2009

printemps incertains

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Il y avait le vent qui jouait avec la neige

Comme un enfant

Comme un enfant

Et les hommes qui jouaient avec le temps

Comme des enfants

Comme des enfants

Plus j’allais à pas d’ans, à pas de chair, mieux je voyais ce qui était hors temps. Les flaques, le brin d’herbe jauni qui tremblote. Comme s’il me poussait des yeux à mesure qu’avançait la noirceur, à mesure de la mort des fleurs.

C’était en octobre. Les feuilles s’étaient jetées en bas des arbres pour mourir en s’enterrant. La nuit prenait tranquillement la longueur des douleurs. Vous savez, ces temps longs où on ne dort que d’un œil pendant qu’on s’inquiète de l’autre…

Il y avait la pluie et les parapluies

Il y avait les vents et les paravents

Les femmes distinguées s’en allaient droite pour ne pas tomber. Et les pauvres regardaient les plancher des trottoirs, agenouillés.

C’était triste comme un film en noir et bleu.

Je pédalais, avalant les paysages. Et je mangeais, des yeux, la vie. Les petites rivières aux bords souillés. Les nuages décoiffés. Tout brouillon dans le ciel affolé. Et les fourmis humaines s’affairant…

Aimer le jour comme le dernier jour.

Aimer la nuit, comme la nuit dernière. Dans la douleur des toujours éphémères.

Un peu avant l’hiver, ou le blanc enterre les couleurs des yeux intérieurs.

De peur, oui de peur, que je revienne jamais un printemps.

Gaëtan Pelletier

octobre 2009-10-26


PARLER À UNE FLEUR

17-octobre-2009

J’ai voulu parler à une fleur
Elle ne m’a pas répondu
Je l’ai crue morte…

Mais sa vie était un parfum.

J’ai voulu parler à un arbre
Il ne m’a pas répondu
Je l’ai cru mort…

Mais sa vie était une sève.

J’ai parlé à bien des humains
Certains m’ont répondu
Je les ai cru vivants…

Mais ils étaient…

Gaëtan Pelletier
28 mai, 2000


La fonte des âmes

15-octobre-2009
Visions célestes . E.Bousquet

Visions célestes . E.Bousquet

En parcourant le net à la recherche d’images, je suis arrivé sur le site d’un peintre… Absolument magnifique. Entre le cosmos et l’humain…

http://www.e-bousquet.com/Galeries

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FONTES DES AMES 2

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LES CORPS SOUS LES FLEURS

15-octobre-2009

Quand on est simples
Quand on a le coeur au bord des yeux
Quand on a l’âme qui sort de partout
Tout peut arriver…

Quand on est un temple
Quand de lumière on est fabriqués
Quand la tendresse nous fait frissonner
Tout peut arriver…

Alors, ils arrivent alors de partout
Les rois couronnés des zéros
Armés de chiffres, alliés des fous
Allant aux guerres pour décimer
L’enfant, la femme, le vieillard

La paix qu’on tue ne revient jamais
Et quand elle revient, elle a des airs
De guerre, de guerre et de guerre
Qui saigne le tendre et la lumière
Alors, ils reviennent de partout
Les âmes noires qui cherchent des nègres
Pour déchiffrer les terres de leur orgueil
Ils vendraient leur mère et leur Terre
Œil pour œil et chars de fer

Quand on est doux, sans valeur marchande
Ceux-là vous envahissent et vous hantent
Dans cette église bleue, ronde, pour un territoire
On tue tout ce qui vit pour un or noir

Quand on est simples
Quand on a le coeur au bord des yeux
Quand on a l’âme qui sort de partout
Dans un jardin plus petit que la faim
Tout peut arriver…

Alors, les voilà partout, labourant
Sans semer, sinon que la mort
Dans des tombes béantes
Enfouissant les corps et les fleurs

Gaëtan Pelletier
Kamouraska
28 décembre 2000


LA MOMIFICATION

14-octobre-2009

Vivre sans vivre..

Sans danger..

Sans risques

Un conte en banque. Un chalet. Une BMW et des REER.

Paisibles comme des momies de châteaux.

Beaux bourgeois.

Beaux grivois.

Festifs comme un lampion de chair.

Consumer, consommer.

Dont move anyway

You’re dead before to be alive..

Come un beau happiness

Les occidentaux  sont des habitants de cimetière.

Déreligionsés.

Sans âmes…

Pareils aux sables des déserts.

Il n’y pousse que du noir

Pour les faire se mouvoir

Dans leurs  déplacements d’acier.

Dont move !

Dont move !

You could die !

Die on die !

Everyone wants to be

Un gazon sans pissenlits

Acolores, endormis

Ô momie blues !


LE LIT

13-octobre-2009

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Un tombeau provisoire
Où l’on meure un peu
Pratique d’un soir
D’un paradis peureux

On y dort, on y prie
Avant la croisière
Claqués des paupières
Dans cette barque bénie

On y fait l’amour
On y perd son temps
On y fait pousser des enfants
Cette maison de vagues et de divagues
Ce logis à paille de nid

Et dans la barque rectangulaire
Chacun y va de sa croisière
C’est là où l’on lit, où l’on délie
Ces livres-chandelles, camp de nuit

C’est une berceuse chaumière
Tressées, aux toits de couettes
Un long voyage griffé d’éclairs
Pour les jours de nos défaites

Au matin, tout un champ fricassé
D’une bataille déjà oubliée
Entre la chair et le mystère :
Entre le demain et l’hier

Un lit, rien qu’un lit
Entrée ou sortie?
Comme la vie, tout comme la mort
Sait-on où l’on va quand on dort?

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11 septembre 1999