Archives de la Catégorie La route vers soi

La route vers soi, 7: Les “intelligences infinies”

Au moment de votre naissance, vous arrivez sur Terre avec deux formes d’intelligences : l’intelligente « consciente », en partie représenté par les capacités mécaniques du cerveau, et l’inconsciente – ou intuitive- qui est une sorte pouvant tout saisir. Elle vous nourrit sans que vous le sachiez. En fait, elle forme une sorte de lien invisible avec l’entièreté du cosmos, sans toutefois tout contenir, puisque tout est en mouvement.

Cette « intelligence » permet à ceux qui choisissent de vivre une vie simple « d’amasser » autant de connaissances que les prétendus savants qui décortiquent la vie avec les morceaux choisis qu’ils ont. Pour ces savants, ce  qui leur est invisible les préoccupe peu.

Mais personne ne part d’ici « ignare » au sens de connaissances. La vraie « religion » est d’être simplement attentif à cette « ailleurs » oublié qui risquent d’enterrer certains sous la seule existence matérielle.

Ils nomment cette intelligence, logique. C’est celle qui racle la surface, comme on épluche une pomme, avec les 5 sens et une capacité d’abstraction souvent qualifiée de géniale.

Entre les deux se trouvent certaines créatures humaines qui ont un équilibre entre les deux et réussissent à faire passer de « ce côté » des bribes de l’intelligence intuitive en créant de nouvelles connaissances « ici ». Dans tous les domaines, nous avons assisté, depuis la naissance de l’Humanité à cette forme de connaissance de plus en plus cultivée. Ce fait est dû à plusieurs facteurs : une certitude de compréhension par la saisie de certains mécanismes de la Vie et l’ère dite scientifique. La science applaudit ses découvertes et ses inventions. Elle rejette parfois l’autre forme d’intelligence sous des prétextes de « preuves » ou la qualifie  d’ésotérique. Pourtant, les découvertes – nommées souvent et à tort inventions – sont toutes issues de la source qui les nourrit.

Toute forme de foi est peut être un facteur paralysant pour plusieurs. Elle l’est quand on s’attache à la structure fixe des religions.

L’Univers ne présente pas de structures fixes même dans des dimensions qui nous échappent.

***

L’intelligence dite du cœur,  est une forme d’intelligence ouverte car liée au tout, donc qui relie  chacun des humains, des créatures, bref, de la nature entière dans la vision cosmique.

Tout est lié.

Dieu est partout. Nous sommes des dieux. Et la déité anime toute forme de vie.

C’est là la même formule présenté d’une manière différente.

L’évolution personnelle est basée sur la connaissance et l’amour. Pour connaître, il faut s’ouvrir. Et cette ouverture doit être permanente, prête à accepter des changements, mieux, à les cultiver pour progresser.

Il faut entrer dans le royaume des cieux avec les yeux d’un enfant. Cette phrase a un sens profond : la totale ouverture à l’aventure de la Vie.

Pour cerner un peu la notion d’intelligence, disons que l’intelligence « matérielle » , parfois confondue avec celle de la logique se rapproche de la photo.

L’autre est comme le cinéma…

Chacun attrape les images qu’il a…

Et certains y restent emprisonnés.

Nous aborderons dans le prochain chapitre les dangers et la fonctionnalité de ces intelligences imbriquées.

Le grand danger de la coagulation… par la foi.

P.S. : Les intelligences multiples découvertes récemment en pédagogie  ne sont qu’un brouillon des jeux différent et innombrables, « encagées » en quelques domaines. Bref, du ficelé de bribes arrachées ici et là, étalées. Cette reconnaissance des intelligences multiples n’est qu’un tronc de celles qui peuvent exister. Mais étant donné qu’elles ne sont jamais fixes, personne ne pourra définir entièrement l’intelligence d’un être humain. La combinaison des formes d’intelligences – en pièces et ajoutées au bouillonnement continu – en fait une impossibilité de figer dans un moment ou dans une structure immuable l’intelligence humaine.

Gaëtan Pelletier

Mars 2012

La route vers soi (6) : l’erreur de la bipartition

La plus grande erreur de l’humanité – à travers ses habitants, outre les tribus demeurées près de la nature – est d’avoir scindé, coupé, divisé le UN du TOUT.

Le tous les temps, les Hommes se sont battus, massacrés,  pour leurs croyances, leurs foi, leur certitude qui n’était en fait qu’illusions. Il est écrit quelque part qu’on ne peut nommer Dieu. Ni imposer une image de celui-ci, ni imposer sa vision des choses. Le commencement de la sagesse est celui où l’on cesse d’être enfermé dans une idée, un culte, en la déclarant « vérité ».

Un montage savant scientifique n’est pas une vérité : c’est une cellule de vérité qui mènera à d’autres vérités toutes aussi chimériques.

 

Dieu est partout.

Parvenus au sommet de leur vision, les sages s’adonnant à une méditation qui délivre l’esprit de toutes les chaînes, aboutissent  à la conclusion par un élargissent de l’esprit, mais davantage par une re-liaison esprit-matière- spiritualité, une vision harmonieuse et sans dualité.

Tout est Dieu.

Nous ne sommes pas différents du « monde ». Ni de la matière : roche, arbre, animal.

Le corps et l’esprit- la logique, l’intelligence « matérielle » est une nécessité d’intégration à ce monde nouveau aux fins de création et d’intégration  Hélas! cet état impératif enterre en quelque sorte la partie inconsciente qui est agissante sans toutefois que l’humain en soit conscient. (1)

Si tout est Dieu, nous somme une partie de ce Dieu, l’enfant, en quelque sorte…  Nous bénéficions tous de cette capacité endormie.

La problématique moderne est qu’on n’enseigne plus ce « chapitre » du moi. La seule école était la nature et le seul moyen d’éveil ou de réveil est l’intuition.

L’une des plus belles missions de nos vies consiste  à découvrir ce dieu en soi et à le partager. La vision du monde, l’apparente différence des choses, des êtres, disparaît alors.

Tous les conflits naissent de cette vision étrécie.  De ces fantasmes découpés, certifiés, « prouvés ».

En s’écartant de la nature, nous avons délaissé le plus grand enseignant de l’Humanité. Car toutes les pièces visibles et invisibles, cachées ou parfois apparentes, en évolution sont le résultat d’un même mode opératoire : C’est l’inconscient du TOUT qui crée par des moyens matériels en

La vision moderne de l’Homme est de posséder.

Acquérir est un but.

Être est un but : acquérir.

Alors, tout enseignement est tourné vers la technique de l’avoir.

Les religions servent alors à détourner son sens profond vers un sens secondaire.

N’être attaché à rien, ni à aucune idée, mène à tous les possibles chemins. Plus encore, à des défrichements de routes, d’idées, bref, de créations.

***

Quelle est donc notre seule et unique mission en cette vie? Relier ce dieu perdu en  soi. Un filament. Un message à peine audible mais nécessaire.

Se re-trouver.

Les civilisations modernes se sont écartées de ce moyen de construire un monde meilleur.

On ne construit un monde meilleur qu’en ne construisant une personne humaine meilleure.

Dans cette vie, nous nous retrouvons dans le même état qu’un enfant d’un an qui découvre les objets, les couleurs, en explorateur de ce monde.

À un an, il a déjà « sa vérité » : tout ce dont il découvre, rassemble, est un Univers. Son univers « est » l’Univers.

 

Les adultes bâtissent des systèmes, des religions – ou bien s’éloignent du message originel – pour s’en servir à des fins personnelles,  de contrôle pour une satisfaction d’égo une autre foi « matérielle » sans consistance.  

Toute vie est une prise de conscience profonde en provenance de l’inconscient,  bien minime dans  son écoulement, à peine audible, mais ô combien importante : c’est la source. La seule qui nous livre l’inconnu, des bribes de cette totalité toujours en mouvement, insaisissables.

L’aventure humaine.

La création – du moins celle dans laquelle nous vivons – est l’œuvre d’une intelligence jouant sur deux plans, l’un étant concret, l’autre abstrait, nébuleux, mais c’est dans celui-ci que se trouve le potentiel de créativité hérité de la parcelle divine que nous sommes.

La route vers soi commence là où il a découverte de son unicité, de ses capacités héritées « du plus grand ».

Les combattants d’idées, de systèmes, de luttes – dont ils sont fiers -, sont à l’opposé du sens profond de la Vie.

L’abandon et l’écoute sont davantage « vérité » que les luttes d’idéologies qui ont massacré des peuples et continuent encore dans ses plans d’action maléfiques.

L’erreur de la division est d’oublier que nous devons nous re-lier au Dieu en nous. C’est-à-dire, à l’infini.

Le fini n’est que la fin d’un mouvement.

Toute recherche « humaine » est de tenter d’enfermer un peu dans un coffre la grandeur de l’Univers, du caché, de l’insondable, de l’inaudible.

Nous travaillons avec 5 sens.

Ils ont été créés pour cette vie…

Ils ont aussi la limite de cette vie.

Le reste est orgueil et malhabileté.

________

(1)   Je reviendrai plus tard sur ce sujet.

 

 

Gaëtan Pelletier, 23 Janvier 2012  

 

La route vers soi (5): naissance et mort

La vie est une longue guérison de l’âme au point d’y perdre son corps.
Quand on regarde un enfant qui vient de naître, la seule chose qui nous vient à l’esprit est l’amour. On ne se demande pas comment il fonctionne, on n’a pas envie de le démembrer pour savoir comment il fonctionne. Tout est rapport entre lui et la mère, au début, comme tout est rapport entre la mère et le monde. C’est le passage entre le monde d’où il vient, car il ne peut provenir de nulle part, et celui de son entrée ici. En ce  sens, la mère est cette vierge qui donne naissance non seulement à l’enfant mais à son accueil avec amour.
Le reste lui appartient. Car peu importe ce qu’on lui donne, il a en lui son bagage de visions du monde créées, teintées d’une quelconque foi.
C’est la profondeur de l’empreinte qui va tracer son parcours. C’est celle de l’oublie également. Encore  et encore celle de l’incompréhension totale fixée à la seule matière, ou bien rivée à un entre-deux voilé.
Les éveillés sont dans le doute très tôt. D’autres sont dans les croyances figées comme la pierre. D’aucuns se sculpteront un âme-être souple pour perpétuer leur  pouvoir de création.  
Le corps est fenêtré. L’âme également. C’est tout là l’épreuve entre le dieu né et le diable malhabile matérialisé.
Ce qu’il apprendra dans sa vie dépendra d’une affluence d’attitudes issues de son éducation et de son savoir, ainsi que de la chaleur de l’empreinte qui pourra disparaître pendant les quelques années de son séjour sur Terre.
Le doute est ouverture.
La croyance est fermeture.
Tout dépendra de son doute et de sa souplesse.
De la naissance à la mort, on peut évoluer ou régresser. Car la force centrifuge des organisations, des sociétés – si elle est utile sur le plan pratique terrestre- menée que trop souvent par le mental, la « raison », givrée sur le matérialisme, dans sa puissance intérieure, seulement charnelle, ne mènera qu’à une domesticité comme on en trouve dans les pays totalitaire, mais existante également – de manière plus sournoise et maligne – dans les dites sociétés « démocratiques ».
La matière s’occupe de la matière.
C’est une nécessité vitale d’ici. Sur ce plan.
Inhabile , tel est le terme exact.
Inhabile à gérer cet état d’entre-deux : soi celui de la puissance créatrice de tout être et de sa nécessité d’une certaine malléabilité.
C’est ainsi que de la naissance à la mort, toute histoire d’un humain est une histoire de chute.
Peu y échappent.
La mort n’est pas une fin. La mort est un moyen de terminer une séquence pour en reprendre une autre. On brûle son corps pour reprendre une autre séquence, si nécessaire, ou bien volontaire.
L’état du monde n’est pas le mal, ce n’est que le résultat de l’incompréhension totale de la soudure brisée entre un monde et un autre.
Il n’y a pas de « dieu » extérieur, il n’y a que celui oublié en soi.
La seule mort qui nous guette est celle de l’amour.
La mère est le premier nid et le premier rappel avant d’être ce qu’on est.
Le reste risque d’être un oubli prolongé et avorté.
Tout être finit par se mettre au monde.
Virgule.
Car  ce monde n’est jamais une phrase terminée…
***
Gaëtan Pelletier, 2 janvier 2012

La route vers soi (4) : le croisé des âmes

On ne sait ce qu’on cherche… Jusqu’à ce que nous trouve que ce que nous cherchions était  futile. Futile pour certains, douteux pour les autres.  Car une vie nous ramène parfois aux amusoires libres. Aux petits détails en apparence insignifiants,  comme ceux auxquels s’attardent les  enfants. Ces enfants qui s’arrêtent sur une herbe verte qui danse au vent.

Les émerveillés.

On passe une grande partie de sa vie, en guerre contre tout, en guerre contre plusieurs, sans savoir que l’on est en guerre contre soi. Comme après un long repas à gober de la complexité.

Voilà la  simplicité nous appelle,   parfois, comme un petit ruisselet où chaque goutte est un tracé de chapelet. Tout être est une prière qui cherche son chemin. Comme une herbe verte, un brin dansant au moindre souffle du vent. Enfant.

La tranquillité.

Elle arrive un jour, après les grands  volcans. On a appris à aimer  le tumulte! Voilà qu’on se retourne vers la candeur toute berçante de ne rien attendre. De ne rien faire. D’être seulement… Décompliqué.

C’est là, en vous, et l’autre en vous…

Il n’y a pas de hasard…

Il y a ceux qui pensent conduire leur vie et ceux qui croient que la vie les amène tranquillement vers autre chose. On ne peut pas être quelque « chose » de stagnant sans ce passage à une vision de la mouvance.

Le cerveau a les yeux trop petits pour nos êtres. On pense être nourris  de ce que nous bâtissons. C’est la Vie qui nous bâtit. Dans un mouvement intérieur. Dans un invisible qui nous échappe. Comme si la goutte de la rivière, emportée, est incapable de voir les courants et le grand dessin des rapides qui se tricotent par la douleur due à la friction des pierres. Et pourtant, c’est ce qui en fait la beauté.

Et si chaque âme avait une mission? Et quand elle l’a accomplie, elle renoue lentement avec ce qui l’a amenée ici. Elle fait la retrouvaille tranquille d’un monde qualifié « d’autre »…

La matière est l’ombre d’une projection.

La douleur est comme un ciseau de sculpteur. Et la peur, le mouvement…

Nous sommes simplement malhabiles dans l’art de vivre. Et de moins en moins habile quand nous délaissons la part importante en nous pour nous centrer simplement sur la mécanique de la matière.

En fait, nous ne sommes ni l’un ni l’autre, ici.

Un mélange.

Gaëtan Pelletier

La route vers soi: 3. La douceur

La douceur est comme une grâce  de l’âme,   capable d’exprimer son amour, capable de regarder sans broncher toutes les douleurs  et tous les ratés de l’humanité. Y compris les siens…

 Elle cherche la stabilité, comme la  rivière cherche la mer…

Après de longs parcours… Après des luttes de tumultes, s’aiguisant  aux berges de pierres. Elle sait rester et grandir dans sa constance.

 On peut aimer et s’attendrir sur une chose, mais ce n’est pas la chose qui nous parle d’amour, c’est la relation entre la chose et soi.

L’infini est caché sous toutes les empreintes de l’expression de la Vie. À nous de la découvrir.

Chaque moment est un pas. Et pas un pas ne mène nulle part…

Il faut simplement avoir la volonté de marcher. Parfois sans comprendre…

Demain est toujours un autre savoir.

Toute beauté retrouvée ne parle que d’amour, dont l’embryon est la douceur.

La douceur  abandon. Elle ouvre les yeux  sans   cligner. Il y a ceux qui savent  regarder. Il y a les autres qui voient l’échange entre les êtres et les beautés de l’univers, parfois cachée dans la détresse et la méchanceté.

Ceux qui ont peur.

Peur de soi, au fond…

Chercher la beauté, c’est chercher un peu de soi. Peu importe le chemin. La seule route qui mène à soi est celle que l’on trace. Mais toute notre histoire est contenue dans celle des autres. Et celle des autres est un atome de ce que nous sommes.  

Nous ne découvrons pas la beauté, nous la créons à tout moment : elle est là, et de par notre ouverture à l’ensemble, et cessant d’être un pour le seul « un »,  on se découvre à la magie de la création. Seule raison d’être en ce monde. L’humain est un aventurier de l’existence. La partie émergente de son être est sculptée pour ce monde matériel. En même temps qu’elle y est enterrée.

Nous sommes tous aveugles à la grandeur de nos êtres. 

On  voit bien que les yeux fermés.

Même si c’est peu…

On ne voit bien qu’avec les yeux du cœur.

Mais dans tout cœur se trouve le brouillard de l’enveloppe.  

La douceur qui se prononce  est le nid de l’amour.  Celle qui se tait, peut être le chardon qu’on nourrit  à la tige de nos êtres. Et tous le font… La fibre d’existence est fragile. Et certains se veulent  si forts qu’ils en brisent leur propre substance.

Qui se détruit un peu, même dans l’erreur, détruit un peu du tout des autres…

Personne n’est responsable de sa faiblesse. Mais celui qui possède de pouvoir a le pouvoir de briser davantage.

La  douceur est un  soupir qui s’arête et  se recueille. La douceur est comme une prière, silencieuse, à lèvres lentes, intérieure. Un murmure de la Vie.

Et le rire en est la fête. Un rire sans bruit, comme une visite du bonheur. Dans cet espace-temps, ce bonheur n’est que passager,  insaisissable. Tout notre être est une rechercher à le fixer. Comment fixer ce qui danse?

Comme un désir vorace qu’on nourrit de tout. En manque de clarté, on se contente d’ombres….

Certains meurent de faim, d’autres, inassouvis, de nourriture intérieure.

C’est par grains de sable qu’on peut percevoir l’étendu de la plage.

Les cœurs fermés sont les tombeaux de tous les autres.

Et c’est là le grand drame de la Vie : le séparable est la brisure nécessaire.

Pour un temps…

La Vie, ici, est de recoudre la manteau déchiré de l’éternité et du temps.

La douceur n’attend rien. On  meurt à attendre, on vit à ne rien attendre.  On vit par ce qui nous arrive, non par ce que nous désirons ce qui nous arrive.  

Aimer n’est pas un choix. C’est la conjugaison de verbes que nous sommes. Chacun est un mot, une syllabe. Un chant. Une phrase.

Dans la différence qui nous marque, dans la haine qui parfois nous démarque. Dans la réunion qui souvent nous touche.

La douceur est le  moule de tous les moules.

Un creuset.  

Sans elle, il n’y a pas de marche véritable vers soi.

Marcher vers soi, c’est avancer vers les autres…

Les autres, soi… Tout est inséparable.

Celui qui finit par connaître la plage, découvre enfin l’air humide de l’océan.

La chair n’est que le dépôt d’une vie, faite de sable, de rugosités, et de bruits des vagues provenant de l’intuition.

Être attentif… C’est tout. Méditatif.

La douceur est la souplesse toujours à se modeler pour se recevoir et faire des autres des hôtes.

 *****************************

Joyeux Noël!

Toute vie est de naître et de ressusciter à tous les jours. Ne serais-ce qu’une virgule de changement.

Gaëtan Pelletier, 22 décembre 2011

La route vers soi: DEUX. La révolte de la pelure d’oignon

Qu’est-ce que je cherche en écrivant? Qu’est-ce que vous cherchez en lisant? La même chose que moi: vous. Pendant longtemps j’ai cueilli des vérités éparpillées dans les livres. J’ai fouiné. Comme si des morceaux de moi que je n’arrivais pas à trouver en moi étaient dans les autres. Et en ramassant tous les morceaux je cherchais à me rapiécer, à me reconstruire après avoir été détruit par cent milles philosophies éparses. Mais j’ai l’âme qui crie. Elle a faim. Faim de rien. Faim de tout. Elle a surtout faim d’elle… Alors elle n’a pas besoin de tous ces appareils. C’est une âme venue regarder les arbres et les ciels étoilés. Elle ne trouve plus que des lumières si denses la nuit qu’elle ne voit plus les étoiles. Les étoiles sont les fibres d’une couette que cherche l’âme. Et toute l’histoire de l’humanité, abritée dans des cavernes, sortant pour uriner et voir les étoiles. Une couverture céleste. Un drap de noir et de blanc. Un drap de la vie et de la mort. Un drap vivant, scintillant.

Ce n’est pas ma faute: je préfère manger une salade aux pissenlits que de travailler un été durant à faire pousser des tomates. C’est snob. Manger du serpent? Les grands chefs de la télé nous font de belles recettes. Je suis snob: je cherche ce qu’il y a de mieux pour moi. Il n’y a probablement rien de plus snob et stupide que la «grande cuisine». Aller chercher ailleurs un plaisir que les autres cherchent  ailleurs. Si l’autre vivait ailleurs il vivrait ici… Alors il n’aurait plus besoin de chercher.

Je ne vois pas la différence entre les autos qui passent sur le pont conduisant à New York et les fourmis qui s’enfilent dans un couloir. Chacun croit à sa liberté, mais chacun est berné. Le syndrome du soldat…Les grands chefs, les généraux de la mondialisation sont étonnés: vous ne voulez pas de leurs vues, ni de leur vie, soit disant la meilleure. Alors ils usent de toutes les tricheries pour vous ramener dans le rang. Il est normal de se révolter. On vous dira marginal, outsider, asocial, ou «résistant au changement». Pourquoi résister? Parce que vous savez au fond de vous qu’il y a une grande bêtise organisée de camouflée. Mais vous ne la voyez pas. Elle est comme un tank camouflé sous un filet vert dans une forêt verte. La forêt du voisin est toujours plus verte que la vôtre.

Essayez d’en sortir. Essayer de ne pas être un oignon planté dans un carré. Démolis, démolissez-vous! Ne soyez plus la fonte de chair dans un moule.

N’utilisez pas la force de votre cerveau. J’ai vu un banc d’hirondelles voler. C’est fou ce qu’ils peuvent réussir à se rendre là où ils veulent malgré les vents fous. S’ils se mettaient à calculer leur trajectoire avec un ordinateur, ils ne feraient pas un demi-kilomètre. On les enverrait au bulletin de midi dans la grande famille des accidentés.

Ça c’est l’intelligence. La vraie. Le vendeur, lui, n’a que celle des formules. Il réussit… Parce qu’en partant vous êtes le monde que vous bâtissez…Et le monde que vous croyez bâtir a été déjà planifié par le vendeur du temple bleu. Mais il faut faire plus: continuer d’être. Car en étant vous bâtissez plus, dans votre simplicité, que ceux qui détruisent ce que vous bâtissez de par les fausses guerres en utilisant votre argent, vos sueurs, vos énergies, vos amours.

Chair et âme.

Comme si vous n’étiez rien.

C’est là la grande illusion.

La société croit que l’oignon a réussi, et que plus elle est grosse, elle est importante.

Vous savez, dans cette vie, chacun participe. Chacun est une peau d’oignon.

Vous vous mettez à genoux devant les « grands »?  En vérité, ils sont issus de la simple peau d’oignon que vous êtes et que sans vous ils ne seraient rien.

Comme si le grand chêne crachait sur la graine qui l’a fait grandir.

Imposant? Oui!

À cause de la graine…  

22 juin 2001

Gaëtan Pelletier

La route vers soi: UN

Hier est né d’avant-hier. Hier est mort. Mais pas tout à fait. Car en nous est la somme de tous les hier. Et tout ce qu’ils contiennent peuvent revenir comme des fantômes.

Aujourd’hui est fait de tous ces tressages des hier. C’est l’habit du solide, du tangible.

Aujourd’hui c’est créer à partir de tout ce qui a été et regarder ce qui reste de tous ces sauts du temps.

Aujourd’hui est une image.

Arriveront les demain, toujours préparatoires.

À travers ce temps, à travers les jours, à travers le martèlement des messages, à travers les vues arrêtés, pour se mouvoir, avancer, il faut marcher sur tout ce qui est mort. Le temps est un escalier. Les autres, leur savoir, leur vie, notre histoire commune fait en sorte qu’il stabilise par une sorte de gravitation vers le solide et l’organisation nécessaire, nos vies.

Ceux qui vivent sans passion se laissent bercer comme des enfants. Et ils restent des enfants. Ceux qui vivent sans douter restent la pierre, l’inerte, le paralysé.

On dort sur une foi. 

On ne s’éveille que par le doute qui délaisse cette foi pour retrouver un peu d’une vérité mal connue, un angle, une certaine vision. Car tout ce qui a été créé l’a été pour être recréé.

À partir de là, il n’est rien à chercher, ni à diamanter ce qui a existé. Solide, beau, immortel, mais peu malléable. Figé à jamais. Comme un leurre de vérité.

On peut rester les autres ou devenir soi.

C’est l’aventure risquée que peu choisissent. Ce n’est pas se départir de tout, mais s’éloigner un peu pour en avoir une réelle vision. Tout cela reste en soi, agit en soi, mais ne doit pas mouvoir ce « soi ».

L’être apprend en imitant.

Toute création, particulièrement celle qui mène à la route nouvelle que nous sommes, doit prendre conscience de ce jeu.

Cesser de jouer est le commencement d’une certaine « sagesse ».

À partir de là, c’est comme apprendre à danser sur une corde raide.

On regrettera les hier, on remettra au lendemain. Tout est fait pour souffler sur l’équilibriste.

C’est la raison pour laquelle la plupart d’entre nous choisissons les terrains solides de ce qui est fixe et sûr.

La peur tue la plus belle aventure du passage en ce monde.

Nous marchons tous sur des cimetières.

Le secret est de ne pas l’habiter avant de mourir…

 

Gaëtan Pelletier

8 décembre 2011