
Par MESTENGO
Les mules rouges du Pape sont vraiment mignonnes. Elles me rappellent les «Ruby Red Slippers» magiques de Dorothy dans The Wizard of Oz…
Les déguisements, les objets, les rituels et les coutumes, qu’ils soient de nature socioculturelle ou religieuse, font partie de la vie matérielle et servent à démarquer et à identifier.
L’extérieur reflète l’intérieur. Le déguisement exprime ce que nous croyons être ou devoir être.
Sur terre, c’est l’Halloween à l’année longue!
En effet, tous les codes vestimentaires (1) sont permis, des plus simples aux plus sophistiquées en passant par les plus ridicules. Mis à part la cagoule, qu’on devrait réserver aux températures de moins 20° Celsius et aux vols de banque, où est le problème?
Qu’est-ce qu’on s’en balance des gréements, la plupart du temps choisis par souci de conformisme, d’appartenance ou en réaction à ces deux éléments.
De la même manière, ce ne sont pas tant les races et les ethnies elles-mêmes qui éveillent l’animosité, que certaines coutumes outrageusement barbares, cruelles ou arriérées.
Mais là où le bât blesse vraiment, c’est lorsqu’une faction, drapée dans son bon droit, entend imposer à autrui ses dogmes, ses rituels, ses codes vestimentaires, ses objets de culte et autres. Voilà une tout autre histoire.
Le contrôle politico-religieux, ce sépulcre de croyances, prescriptions, doctrines et superstitions de conception humaine, reste le dénominateur commun derrière ces vains et récurrents débats autour de la laïcité et des religions, ou de la foi et de l’athéisme.
«Une croyance est l’œuvre de notre esprit. Elle est humaine et nous la croyons Dieu», disait Fustel de Coulanges (1830-1889). Ce dernier, dans son ouvrage «La Cité antique», mettait en lumière les rapports entre la propriété et les institutions politico-religieuses. Selon lui, «les anciens ne connaissaient ni la liberté de la vie privée, ni la liberté de l’éducation, ni la liberté religieuse. La personne humaine comptait pour bien peu de chose vis-à-vis des autorités presque divines de l’Église et de l’État.»
En va-t-il autrement aujourd’hui?
Allons-y de quelques définitions utiles…
Religion : reconnaissance par l’homme d’un pouvoir ou d’un principe supérieur de qui dépend sa destinée et à qui obéissance et respect sont dus; attitude morale qui résulte de cette croyance, en conformité avec un modèle social, et qui peut constituer une règle de vie – incluant assez souvent des rituels, des objets de culte et des codes vestimentaires spécifiques
Politique : relatif à l’organisation et à l’exercice du pouvoir dans une société organisée, au gouvernement de l’État
Croyance : une croyance est une chose qui nous tient à cœur parce que nous pensons qu’elle est vraie; les croyances sont généralement acquises par gavage de cerveau parental*, socioculturel, politique, religieux, médiatique, etc.
(* La quantité d’impressions qui s’accumulent en nous est imposante. Les psychologues spécialistes du comportement ont estimé que les signaux verbaux acquis grâce à nos parents dans notre tendre enfance, qui continuent à défiler dans nos têtes comme des bandes magnétiques usagées, correspondent à eux seuls à plus de 25 000 heures de pur conditionnement. ~ Deepak Chopra)
Doctrine : ensemble de notions qu’on affirme être vraies et par lesquelles on prétend fournir une interprétation des faits, orienter ou diriger l’action
Dogme : point de doctrine établi ou regardé comme une vérité fondamentale, incontestable – dans une religion, une école philosophique, etc.
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Pour illustrer le propos, voici une allégorie tripative de Steve Bhaerman au sujet de nos DOGmes qu’il compare à des chiens fidèles.
TENEZ VOS DOGMES EN LAISSE!
(Watch out for those DOGmas!; Duck Soup for the Soul – traduction/adaptation perso)
Les humains ont entretenu des dogmes depuis l’aube des temps, et c’est tout à fait compréhensible. Comme il est réconfortant de se blottir contre dogme douillet et poilu par une nuit d’angoisse. Ou de l’emmener au parc pour chasser d’autres dogmes ou japper après des étrangers. Certains amoureux des dogmes les adoptent comme gardiens. N’est-il pas rassurant d’avoir un dogme de garde qui fait décamper nos horribles peurs? N’est-il pas fantastique d’avoir un dogme fidèle qui nous attend à la maison après une dure journée de travail?
De nos jours on trouve une grande variété de dogmes. Certains propriétaires aiment les gros dogmes stupides. D’autres préfèrent les petits dogmes jappeurs et irritants – mais quoi, il faut bien s’occuper des mal-aimés!
Oui, le dogme est vraiment le meilleur ami de l’homme.
Certains pourraient dirent : «Pourquoi ne pas laisser les dogmes dormir tranquilles!» Mais, avez-vous pensé aux dogmes qui aboient à toute heure du jour et de la nuit? Ou aux dogmes qui courent partout et festoient dans nos bacs à ordures? Pire encore, que faire des dogmes fanatiques qui mordent? Je sais, je sais. Vous vous dites probablement : «Ce n’est pas mon dogme qui a causé tout ce désordre, c’est celui du voisin». En effet, il y a des gens qui lâchent étourdiment leurs dogmes ou les promènent sans laisse. Voilà pourquoi il est si important d’entraîner votre dogme de façon appropriée.
C’est une réalité de la vie, certains dogmes ont les dents longues et acérées, et une fois acculés contre un mur, ils craquent et attaquent. Donc, si vous êtes propriétaire d’un dogme, il est de votre responsabilité de le garder «au pied». Autre réalité de la vie : les dogmes vieillissent et deviennent malades. Peut-être que vous avez passé des années à prendre soin d’un dogme maintenant âgé et souffrant, et que malheureusement, il est temps de le faire endormir. Bien sûr, c’est triste d’abandonner un vieux dogme fidèle. C’est pourquoi je vous suggère de l’apprécier pleinement tandis qu’il est vivant et enjoué.
En passant, avez-vous remarqué à quel point les propriétaires ressemblent étrangement à leurs dogmes?
Ceci étant dit, c’est correct d’adopter des dogmes. Néanmoins, vous devriez les surveiller scrupuleusement si vous ne voulez pas qu’ils souillent la pelouse de vos voisins.
En conclusion, j’aimerais juste vous rappeler qu’au jour du NON-JUGEMENT, tous nos dogmes disparaîtront spontanément et n’embêteront plus jamais personne. Garanti!
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(1) Parmi les codes vestimentaires/identitaires, au chapitre des coiffes, on a de quoi se régaler : cagoules, boudins, perruques, voiles, plumes, crêtes, tiares, couronnes, etc. La crête charrie une symbolique assez unique – le coq a la réputation d’être dominant, batailleur et arrogant – les chefs militaires de la légion romaine et les Amérindiens portaient des parures crêtées; les dignitaires spirituels tibétains en portent aussi, et les punks se taillent des crinières de coq à même leur chevelure comme les Iroquois. Assez décoiffant ma foi…