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On l’ignore et l’on n’en veut rien savoir. Le tiers-monde nous ennuie. Il demande beaucoup et il n’a rien à offrir. C’est le paillasson sur lequel on s’est essuyé les pieds et qu’on met aux ordures. Sur une planète près de chez-vous… PJCA
Le «tourisme de la misère», que les anglophones désignent sous le terme de «slum tourism» (tourisme de bidonville), est une des niches émergentes du tourisme international et semble promis à un bel avenir. André Désiront, La Presse
La cire d’Icare
Les wall-streeters, et autres financiers, attendent, que la flèche des bourses – ces représentants de ces amoureux de l’argent, sans âmes – se relève.
La fin du monde, pour un Occidental «moyen», c’est la fin de sa liberté 55 qu’on a vendu pendant des années : le rêve de s’asseoir un peu, avant d’aller dormir et disparaître dans la matière. Sauf que pour ses besoins, elle veut étirer votre retraite jusqu’à 70 ans. Vous avez le temps de mourir au travail…
L’Occident n’a plus foi en rien… Ni en Jésus, ni en Allah, ni aux financiers. L’Occidental vient de perdre son dernier dieu : Le vendeur du temple bleu.
S’il n’a plus la foi, il reste la loi…
Car il faut quelque chose pour souder une communauté, un peuple. Sinon, c’est le désarroi, l’égoïsme à outrance, et la fin de l’humanisme qui mènera à la fin de l’Humanité.
L’Homme n’est pas un loup solitaire.
Plus de lois : plus de soudure.
Notre Icare, vient de voir ses ailes se fondre à l’approche du soleil.
Sir Icare, ce Seigneur des plateaux, perdu dans ses châteaux, se croit invincible, il est possible qu’il le soit. Il vole…
Benoît, mais tordu du cerveau, il a pris soin de s’assurer d’avoir des formules de rechanges pour la colle des ses ailes.
En attendant, le monde croule sous la misère, les petites guerres et les grandes. Celles qui n’apparaissent qu’au journal télévisé.
Dire qu’on vous avertit avant que les images sont cruelles!
Quand une bombe frappe votre maison et que votre enfant est brûlé vif par une bombe, vous n’avez pas besoin d’être averti que l’image sera cruelle.
C’est la différence entre le réel et le virtuel dont nous sommes assommés et à la fois anesthésiés.
Le skieur et l’économiste
Si vous demandez à un skieur alpin le secret de sa réussite, il vous fera plaisir de vous dire tous les trucs qui l’ont mené à sa victoire.
Un skieur alpin, pour être champion, doit partir du haut de la colline et se rendre en bas à une vitesse…record.
Jamais il n’ira se vanter d’avoir chuté.
Il n’explique pas sa chute. Il explique ses victoires.
C’est un champion dans l’art de vous analyser les chutes boursières. Il ne fait que ça…
Greenspan :
Louant sa grande expérience, les médias l’ont appelé « l’économiste des économistes », ou le « maestros. Il a cependant été mis en cause pour avoir laissé fortement augmenter la masse monétaire par une politique de taux d’intérêt très bas, ce qui est un des facteurs de l’émergence de la crise des surprimes.
Les maestros de la finance se croient grands. Ils le sont de par leur pouvoir d’analyse. On ne leur demande pas de nous expliquer, on leur demande d’être les artisans de la richesse et de nous enseigner à la conserver et à la partager.
À quoi sert tout ce savoir de techniciens vantards bravache et bluffeur?
Quand on demande à un ingénieur de construire une voiture, on ne lui demande pas de se servir de son savoir pour expliquer la forme d’une carcasse d’une voiture accidentée.
What’s the use? Comme disent les américains.
Les munitions mènent aux munitions.
On s’interroge sur la raison de la pauvreté, de la misère et, surtout, de la FAIM, dans le monde. On se demande ce qui s’est passé pendant un demi-siècle de «succès économiques» qui devaient gommer un brin cet univers insensé et barbare.
Partout en Inde et autour, une pauvreté abjecte. La solidarité est disparue et la corruption est PARTOUT. On vit la désillusion et la perte de confiance en toute solution. Ils sont 1,5 milliard dans la région. Les grandes provinces de l’Inde on une population qui dépasse celles des plus populeux pays africain ou du Brésil. Ils sont 15 millions à Bombay, 14 à Calcutta, 7 ou 8 millions dans des villes comme Hyderabad ou Bangalore, dont une bonne part des Québécois ne savent même pas qu’elles existent.
Ce n’est là qu’une partie du problème dont l’immensité est affolante.
L’Afrique est aux prises avec la guerre et la pauvreté depuis longtemps.
Le pauvre, par ricochet, est censément la plus grande ressource des dirigeants quasi invisibles qui ont rosé leur or pour le rendre moins visible.
Les pays riches eux, produisent des armes. Ils les produisent pour – nous dit-on – nous protéger du mal. Ce qu’était le communisme avant la chute du mur de Berlin. Depuis qu’il s’est «converti» à la religion du néo-libéralisme, son œuvre est une réussite totale.
Nul besoin de contester le «système». Dans la grande foire de Moscou, la ville où le coût de la vie est le plus cher au monde, l’apparence est sous un effet d’excitation et de stroboscopie.
L’Homme saoul ne compte pas ses consommations.
La richesse sert au pouvoir. Le pouvoir produit des armes. Les pays qui «mènent» la planète vendent des armes.
L’arme des pays riches est l’économiste. Ses munitions : les politiciens.
Il conduit l’État à la réussite – apparente ou non – mais à tout le moins à l’efficacité.
Le reste de «machine de guerre» est confié aux soldats lessivés mentalement – qui accomplissent toujours des «tâches propres».
C’est ce à quoi on l’a formé.
Cependant, la vanité de l’économiste restera toujours qu’il se croit maître du bateau. En vérité, il n’est qu’une balle dans le canon de son propre pays.
Plus un tueur produit du progrès sous forme d’argent ou autres, techniques, postes d’intervention, plus il est gratifié.
Les gages des tueurs sont inversement proportionnels à la capacité de prise de conscience des tueurs.
Lui aussi n’est qu’un soldat. Sauf qu’il se fait octroyer souvent une médaille.
Comme les chiens.
Dans cette chaîne, tous les «revendeurs» sont nourris de titres, car s’il est une exploitation qui fait l’unanimité chez les humains c’est celle de nourrir le grand puits de son égo avide et de sa vanité qui cherche à multiplier ses miroirs.
C’est ainsi que les armes, à bas prix, transigent à travers les trafiquants d’armes et les petits pays pauvres.
On a vite compris que les misères se battent entre elles.
Et quand ils ne veulent pas se battre, on leur enlève ce qu’ils ont de plus réel dans leur quotidien : La terre.
L’arme du paysan : la terre et le tracteur
Dans les années 80, je travaillais pour une compagnie d’alimentation. Afin de concurrencer ses compétiteurs, la compagnie acheta des terres en Amérique du Sud. Le coût étant moindre que celles des pays «développés», et la main-œuvre à bon marché.
Vous auriez dû voir la fierté des «tueurs à gages» de seconde main vendus – et totalement ignorants – à ces beaux principes : le développement de l’entreprise en apparence privée.
Le jour où je mis le nez dans l’organigramme d’une grappe de petites compagnies sous-jacentes, je découvris que la concurrence n’était pas «réelle» car lesdits concurrents avaient des actions dans chacune d’entre elles. J’ai remonté la filière au plus loin que je pus pour découvrir finalement qu’il n’existait pas de véritable concurrence.
Camouflées comme des «snipers». Maints noms, maintes manières de faire, se protégeant mutuellement sous ce concept de portefeuille diversifié.
Depuis, le «concept» a fait des progrès (sic). On ne cherche plus les terres pour cultiver de la laitue, mais du biocarburant.
Les vendeurs d’armes achètent les seules armes que possèdent les gens simples : leur terre.
Les touristes à 1080p. La full HD
Qu’on nous vende le Slumdog Millionnaire comme un grand film est assez aberrant. On nous emmène, sous forme de feuilleton, à une visite de bidonville ou «l’habitant» se sort de la misère par un jeu télévisé.
Dans la réalité, le, ou les héros, sont retournés à leur bidonville…Malgré le salaire, nous dit-on, bien payé.
Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l’émission Qui veut gagner des millions ? Il n’est plus qu’à une question de la victoire lorsque la police l’arrête sur un soupçon de tricherie.
Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d’où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu’il a perdue.
Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d’une émission de télévision ? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante. Synopsis, Allo Ciné
Les «fabricants» de films se prennent-ils pour Jésus ?
Non, ils s’auto-congratulent et s’oscarisent mutuellement. Le nombril mène au nombril.
On n’avance pas vite…
La barbarie des tueurs à gages, version 1943
Je vous livre un passage d’un livre : Le livre de Stella, le témoignage d’une rescapée de la liste de Schindler. Je pourrais prendre n’importe lequel passage, car à chaque page, c’est la barbarie des tueurs à gages habitués à tuer, avec toute la liberté de leur mission. Celui-ci est en apparence anodin :
Un orchestre composé de juifs du camp qui jouent lors des «fêtes» des dirigeants. Cachés derrière un paravent, épuisés, on s’amuse à les réveiller en leur lançant de la bière.
Wilus nous raconta qu’une fois, quelqu’un lui avait lancé un morceau d’anguille dans la figure et qu’il avait réussi à ouvrir la bouche au bon moment et à avaler le délicieux morceau. Après cela, Göth et ses invités se firent un plaisir de leur donner à manger de cette façon. Les Rosner finirent par atteindre une certaine perfection dans cette technique; ils attrapaient les morceaux à la façon des chiens. (p119, France Loisirs).
On ne tue plus avec un luger, on est à ce point lassés du jeu qu’on préfère jouer avec la proie.
Le plus triste : c’est à ça que jouent les financiers de ce monde. Ils ont des exécutants pour les guerres de chairs et d’autres pour les guerres d’âmes.
La soudure à froid
Une fois les petits pays déchiquetés, les citoyens divisés, le règne des nouveaux conquérants arrive.
La faiblesse des pays n’est plus leur force d’armement, mais leur faiblesse de soudure sociale. Et cette soudure est souvent vendue par les dirigeants par le biais «d’agents de changes» venus d’ailleurs.
Ces derniers temps, j’ai visionné la trilogie de Pagnol. De vieux films datant des années 30.
La soudure à la chaleur.
Le coin de pays.
Pourtant, je n’habite pas la France.
Mais j’habite la chaleur.
Celle des humains.
Et tant qu’on nous aura divisés dans celle-ci, le monde aura beau se bijouter de cellulaires, la vraie communication n’existera plus.
Nous serons victimes de ces faux Icares chimiques.
Il n’est qu’une seule colle : l’amour et le respect.
Et il faudra que naisse une nouvelle race : celle d’une couleur de peau qui n’aura plus d’importance, pourvu que nous reprenions le contrôle de nos écoutes intérieures.
C’est pour cette raison qu’il faut écouter les artistes : ils n’ont pas de soldats ni de tueurs à former. Ils ont compris que la beauté de la vie se situe dans la simplicité et la tendresse.
Pourtant, que la montagne est belle
Comment, peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver
Jean Ferrat
Délivrons-nous du faux trône que l’on veut nous vendre.
Il fait de nous des tueurs à gages.
Même dans l’indifférence…
P.S. :L’image est de : JUJU
Et je tiens à le remercier pour cette superbe et éloquente photo.