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Dialogues d’acariens

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Il était une fois deux acariens qui, le ventre plein, essayaient  de comprendre le monde dans lequel ils vivaient.

-    Notre repas vient de se lever pour aller travailler.

-    Ouais! Ils travaillent tellement ces temps-ci que leur peau tombe en lambeaux. La nourriture chute du ciel. Il ne reste plus qu’à ramasser. Plus le temps passe, plus il y a de nourriture… J’ignore de quoi ils se nourrissent,  mais on parle de carcasses d’animaux morts…

-    Ils viennent d’ouvrir le soleil…

-    Les rideaux de la chambre?

-    Je ne sais pas trop ce que c’est… C’est une théorie de notre confrère qui habite à l’autre bout du matelas.  Il prétend qu’il y a de la vie après la lumière…

-    Ridicule!

-    Penses-tu qu’il existe une vie en dehors du matelas?

-    Probablement! Mais notre nourriture est trop occupée à travailler : elle ne pense plus. Elle arrive, elle ferme les yeux et s’endort. D’ailleurs, je trouve qu’elle a un goût étrange depuis quelques vies.

-    Si on regarde dans la lumière, qu’est ce qu’il peut y avoir?

-    J’imagine qu’il ya d’autres matelas, d’autres acariens, d’autres mondes…

-    Des mondes-maison?

-    Oui.

-    Ce n’est pas sérieux?

-    C’est ce que m’a raconté un acarien. Un jour il était pris dans un orifice de notre masse de nourriture et la masse regardait un astre par la fenêtre. Comme si, loin, très loin, le monde serait infini…

-    Ça n’a aucun sens.

-    Ce n’est rien. J’ai un ami qui a inventé une lunette qui grossit.

-    Et?

-    Il a vu un monstre volant.

-    Beurk!

-    Notre nourriture l’a tué, je dirais détruite avec un manche de métal muni d’une palette jaune. Ça volait… C’était jaune, avec des stries et ça menait tout un vacarme.

-    Voyons! Voler, tu veux dire n’avoir rien sur quoi marcher….

-    Rien! Enfin, il y aurait une substance inconnue, plus légère que le matelas…

-    Je n’y crois pas…

-    Ben mon ami, le scientifique, m’a dit que c’est le carburant de notre nourriture. Ils en avalent toujours, ils ne cessent d’en avaler. C’est comme une nourriture invisible qui les fait vivre…

-    Je ne sais pas si tu es allé faire un tour sur la bouche le matin… Ça pue.

-    Il y a une nourriture qui fait tellement de pellicules que j’en ai fait une indigestion.

-    J’ai entendu dire qu’il y a une mode en ce moment : on fait venir la nourriture de la chevelure pour la transporter à des milliers de millimètres.

-    Sérieux?

-    Très sérieux. On appelle ça la globalisation. J’ai découvert toute une mine dans un orifice. Le problème est qu’il y a des bruits qui entrent, et c’est visqueux. En plus, temps en temps, on y enfonce un truc bizarre qui déloge toute la nourriture de la nourriture.

-    On pourrait faire fortune avec ça.

-    Ouais! Je sais. 90% des acariens ne connaissent rien de cet orifice.

-    Nous allons dire de ne pas y aller, c’est trop dangereux.

-    Bonne idée! On leur dira que ça n’existe pas. Et quand la nourriture sera partie en vacances, on leur vendra de ces résidus engrangés. Mieux encore, on leur fera croire que plus ça vient de loin, meilleur c’est…

-    C’est honnête?

-    T’as qu’à rien dire… J’ai d’ailleurs avertis certains de ne pas aller à certains endroits du matelas, sinon, ils risquaient de tomber en bas du monde…

-      T’es génial…

-    Comme ça on les contrôlera…

-    Et qu’est ce qu’on fera avec tout cet avoir?

-    Une fois qu’ils seront pauvres, on n’aura plus qu’à jouir de la vie. On leur dira où aller chercher la nourriture… Ils nous l’apporteront…

-    Pourquoi?

-    Parce que c’est nous qui savons où elle se trouve. Il y a des moments dans la semaine où il n’y a presque pas de nourriture. Je ne sais pas trop ce qu’ils font ces nourritures. Mais ils nous quittent… Il y a une sorte de mur, là-bas, au loin : Wall Street.  Alors on reste là, presque affamés… Mais si on connaît les cycles, on pourra les mettre dans un endroit, les garder, et vendre à grand prix.

-    Mais ceux qui vivent sur ce coussin noir qui ne sert à rien, sauf à décorer le monde… On va les laisser mourir?

-    Ils sont si naïfs qu’ils croient que le coussin est le monde, alors que c’est le matelas. Le matelas est divisé en multiples carrés : les pays. Tout le monde croit que les coutures sont les limites de leur pays.

-    Mais on pourrait leur dire qu’il existe un monde plus grand qu’un coussin?

-    S’ils en  savent trop, nous risquons de perdre notre confort. Et, surtout, notre pouvoir sur le matelas. C’est ça savoir être bien : c’est garder les autres dans l’ignorance. D’ailleurs, il en est plusieurs qui habitent loin de la nourriture et à qui j’ai acheté leur carré. Étant donné qu’ils sont enfermés dans les carrés, ils sont déjà divisés. Le monde est rond, mais le pouvoir est carré.

-    Comment on fera?

-    On leur donnera des médailles et des récompenses. Tu connais l’orgueil des acariens… On n’a qu’à leur donner un peu de gloire… On leur dira que s’ils n’obéissent pas, ils seront privés de la nourriture. Puis, étant donné qu’il commence à avoir trop d’acariens, la nourriture qui couche sur le matelas commence à être insuffisante. Plus de nourriture.

-    Sans nourriture?

-    Non. Juste une médaille représentant un honneur. Il suffit de les connaître et de bien enrober notre message. Si on leur dit que le ramassage de la nourriture est la chose la plus important au monde, ils le croiront. Mais on n’est pas obligés de leur donner de la vraie nourriture. On trafique de petits mélanges… Style: Masanté…

-    Si certains découvrent notre subterfuge?

-    C’est simple, on contrôle leur savoir.

-    Comment?

-    En leur disant ce qu’il faut savoir. Comme c’est nous qui contrôle  leur faim, nous leur diront comment sortir de leur faim.

-    Comment?

-    Le moyen est simple : plus ils travailleront à ramasser la nourriture, plus ils seront riches… Comme nous… Comment pourraient-ils deviner notre combine? C’est ainsi que nous procédons. Alors ils se diront qu’en procédant comme nous ils deviendront comme nous.

-    Pour revenir aux coussins décoratifs…Il y a présentement une guerre entre le clan du cousin noir et celui du coussin blanc…

-    C’est normal : moins on possède, moins on est dans le confort. Alors au lieu de leur donner du savoir, nous allons créer une famine. Quand les acariens ont le ventre creux ils ne sont pas intéressés au  savoir, ils sont intéressés à manger. Et tout leur esprit est pris dans ce piège, dans cet enfermoir… »Le ventre vide est le plus grand avaloir de l’esprit… Tu es bien naïf!

-    Naïf?

-    C’est comme ça qu’on crée la richesse.

-    Mais c’est nous qui en profitons?

-    Ouais! Mais il y a des malins qui pensent comme moi…

-    Et la guerre des coussins?

-    Ah! J’ai engagé un fabricant d’armes. Il a trouvé le moyen de récupérer toutes les pinces des acariens morts…

-    Ça donne quoi?

-    J’ai pensé à tout : j’ai donné assez de connaissances à un acarien qui a travaillé sur le  moyen de greffer ces pinces sur d’autres acariens… De sorte qu’ils pourront se défendre mieux… Puis j’ai créé d’autres compagnies, dans presque chaque carré du matelas en leur disant qu’il fallait s’armer pour défendre leur carré.

-    Et ils se défendent mieux?

-    Disons qu’ils se tuent mieux…

-    Mais s’ils se tuent mieux nous allons perdre nos clients.

Il éclata de rire.

-    Je leur ai dit que pour progresser il fallait augmenter leur population afin d’avoir plus de cueilleurs et de soldats. Alors ils sont certains qu’en augmentant le nombre d’individus ils finiront par vivre mieux. Et leur productivité… On appelle cela, la croissance économique… Il suffit de trafiquer un peu les chiffres….

- Rien que ça?

- Non. Diviser leurs croyances… Étant donné qu’ils sont ignorants de ce qu’ils appellent « dieu », celui qui est en eux, il faut monter un système en leur faisant croire qu’il est à l’extérieur d’eux.

- Je ne comprends pas trop…

- C’est assez simple : celui qui  est la nourriture va cesser de produire  un jour.

Mais d’autres nourritures viendront, d’autres matelas. Alors si on pique leur curiosité en leur disant que la nourriture est fabriqué par une super créature qui créée toutes les nourritures, il faudra lui donner un nom. Ou en inventer un… Plus on créera de noms, plus ils vont se diviser pour affirmer « leur vérité ». Plus on aura de « vérités », plus on vendra des pinces. Plus on dira que la nourriture risque de nous quitter un jour, plus ils croiront que la vie a une fin. On pourra inventer des noms : Henri, Sébastien, Jésus, Céline, Wing-Wang, etc.

-          Tu es un génie.

-          Ah! Ça!…

-          Regarde à la fenêtre, la lumière vient de s’ouvrir.

Au moment où il se retourna, il lui flanqua une pince d’acariens dans le dos. L’autre se retourna, l’œil vitreux, et esquissa une grimace.

-          Je t’ai donné le secret… Pourquoi m’as-tu trahi?

-          Je ne suis pas dupe… En tuant ceux qui ont le secret, on multiplie par dix l’ignorance des acariens. Et la pince que tu as dans le dos vient du labeur de ceux qui ne savent rien. Il faut être peu pour être riches… En plus, tu étais devenu un dieu pour eux…Ils croyaient en toi…

L’acarien s’écroula, se mit à cracher du sang et se sentit aspiré par la fenêtre.

-          Pourquoi?

-          Pour que maintenant, ils croient en moi… Certains commençaient à ne pas être dupes de ton « secret »… Ainsi va le monde des acariens…  Celui qui tue le porteur de secrets éventrés,  a l’apparence d’un créateur…

C’est comme ça depuis le début du matelas…

On perpétue tous le même système… C’est l’apparence qui compte. Et les grands mots qu’on transmet avec orgueil comme tu l’as fait… On meurt tous d’orgueils et de miroirs. J’ai donc promis à ceux qui me suivraient d’avoir un peu de ce monde en multipliant les faux savants comme toi.

J’avais bien compris la formule : créer de faux petits rois. Quant à ceux qui ont faim, ils ont faim de rois. Et plus ils ont faim, plus ils veulent des rois.

Suffit de changer le nom des rois.

Voyons! Le roi est mort, vive le roi!

Ce jour-là, des milliards d’acariens parcoururent les rues pour fêter leur victoire en jetant la statue du tyran et en transmettant l’image de son cadavre à travers tous les médias.

Pour la délivrance, l’acarien fit faire une sculpture de la pince qui avait transpercé le tyran.

Chaque enfant reçut en cadeau, dans les semaines qui suivirent, une pince d’acarien qu’ils pendirent au coup et qui devint signe de délivrance.

Et chaque acarien reçut en cadeau la recette pour se prémunir contre les méchants acariens.

« Se payer » Assange et calomnier une révolution

John PILGER


La Haute Cour de Londres décidera bientôt si Julian Assange devra être extradé vers la Suède pour répondre d’une accusation de crime sexuel. A l’audition d’appel qui s’est tenue au mois de Juillet, Ben Emmerson, avocat de la défense, a qualifié toute cette saga de « folie ». Le procureur suédois avait annulé le mandat d’arrêt initial, en précisant qu’il n’y avait pas d’affaire. Les deux femmes impliquées ont avoué leur consentement. Sur de telles bases, aucun crime n’aurait été commis en Grande-Bretagne.

Cependant, ce n’est pas le système judiciaire suédois qui représente « un grave danger » pour Assange, disent ses avocats, mais un mesure judiciaire connue sous le nom de « Temporary Surrender » (remise ou délivrance temporaire – NdT) qui permettrait de l’envoyer depuis la Suède vers les Etats-Unis, secrètement et rapidement. Le fondateur et rédacteur de Wikileaks, qui a publié la plus grande fuite de documents officiels de toute l’histoire, offrant ainsi un aperçu unique sur les guerres rapaces et les mensonges racontés par les gouvernements, se retrouvera probablement dans un trou infâme assez similaire au cachot de « torture » où se trouve actuellement le soldat Bradley Manning, accusé d’être un lanceur d’alerte. Manning n’a pas encore été jugé, encore moins condamné. Et pourtant, le 21 avril, le Président Barack Obama l’a déclaré coupable par un dédaigneux « il a violé la loi ».

C’est cette justice kafkaïenne qui attend Assange, que la Suède décide ou non de l’inculper. Au mois de décembre dernier, le quotidien The Independent a révélé que les Etats-Unis et la Suède avaient déjà entamé les pourparlers pour son extradition. Dans le même temps, un grand jury secret – une relique du 18ème siècle qui a été abandonnée depuis longtemps en Grande-Bretagne – s’est réunie en secret tout près de Washington, dans un coin de la Virginie qui héberge le siège de la CIA et de la plupart des services de sécurité des Etats-Unis (ce qui signifie que les membres du jury sont employés ou dépendent des services en question – NdT). Le grand jury, m’a confié un éminent expert en droit, a été arrangé et rappelle ces jurys dans les états du Sud qui étaient composés exclusivement de blancs et qui condamnaient systématiquement les noirs. On dit que l’inculpation sous scellé est déjà prête. Sous la constitution des Etats-Unis, qui garantit la liberté d’expression, Assange serait protégé. Dans la course à la présidence, Obama, lui-même un avocat en droit constitutionnel, a dit « les lanceurs d’alerte font partie d’une démocratie saine et doivent être protégés des représailles ». Mais tout a changé depuis qu’il a poursuivi la « guerre contre le terrorisme » de George W. Bush. Selon la chaîne NBC, le problème pour son administration pour « se payer » Assange et écraser Wikileaks est que les enquêteurs de l’armée n’ont découvert aucune collusion ou contact entre lui et Manning. Il n’y a pas de crime, il faut donc en concocter une, probablement quelque chose en rapport avec l’absurde accusation du Vice-président Joe Biden qui a qualifié Assange de « terroriste hi-tech ».

Même si Assange gagne son appel devant la Haute Cour à Londres, il risque une extradition directe vers les Etats-Unis. Dans le passé, les officiels US ont déjà émis des mandats d’extradition à la conclusion d’une affaire en cours. Comme son appareil militaire prédateur, l’appareil judiciaire des Etats-Unis ne reconnaît que peu de frontières. Comme les souffrances de Bradley Manning le démontrent, tout comme la récente exécution de Troy Davis et les prisonniers oubliés de Guantanamo, une majeure partie du système judiciaire US est corrompu, pour ne pas dire sans foi ni loi.

Dans une lettre adressée au gouvernement australien, le plus célèbre avocat des droits de l’homme, Gareth Peirce, qui défend Assange, a écrit : « Eu égard à l’étendue des débats publics souvent basés sur des postulats totalement faux… il est très difficile de réussir à préserver toute présomption d’innocence. M. Assange a désormais au-dessus de sa tête non pas une mais deux épées de Damoclès, celle d’une extradition éventuelle vers deux juridictions différentes pour deux accusations dont aucune ne constitue un crime dans son pays, et celle d’un risque d’atteinte à son intégrité physique dans une ambiance très politisée. »

Ces faits, ainsi que l’éventualité d’un grotesque déni de justice, ont été noyés par la campagne bruyante contre le fondateur de Wikileaks. Des attaques personnelles, mesquines, perfides et inhumaines ont été lancées contre un homme qui n’a pas encore été inculpé et qui a pourtant été arrêté, isolé et placé en résidence surveillée – des conditions qui n’ont même pas été appliquées récemment à un homme qui risque l’extradition pour le meurtre de sa femme.

Des livres ont été publiés, des contrats pour des films signés et des carrières médiatiques lancées sur la présomption qu’il représente une cible facile et qu’il est trop pauvre pour riposter devant la justice. Des gens ont gagné de l’argent, souvent beaucoup d’argent, alors que Wikileaks lutte pour se survie. Le 16 juin, l’éditeur de Conongate Books, Jamie Byng, lorsqu’Assange lui a demandé si la rumeur de la publication d’une autobiographie non-autorisée était fondée, lui a répondu, « Non, absolument pas. Ce n’est pas le cas… Julian, ne vous en faites pas. Mon désir le plus profond est de publier un grand livre avec lequel vous serez satisfait. » Le 22 septembre, Canongate a publié ce qu’elle a appelé « l’autobiographie non autorisée » d’Assange sans la permission ni la connaissance de l’auteur. Il s’agissait du premier jet d’un manuscrit incomplet et non corrigé. « Ils pensaient que j’allais en prison, ce qui les aurait contrariés, » m’a-t-il dit. « C’est comme si j’étais devenu un bien de consommation et une cible pour le premier opportuniste venu. »

Le rédacteur en chef du Guardian, Alan Rusbridger, a qualifié les révélations de Wikileaks d’ « un des plus grandes scoops journalistiques de ces 30 dernières années ». En fait, il s’agit là pour lui d’une opération d’auto-promotion pour justifier l’augmentation prix de vente du Guardian. Mais le scoop appartient à Assange, pas au Guardian. Comparez l’attitude du journal envers Assange avec leur soutien ouvert au journaliste menacé de poursuites pour violation de la loi Officiel Secrets Act pour avoir révélé le Hackergate. Des éditoriaux et des premières pages ont relayé des messages émouvants de solidarité y compris avec le Sunday Times de Murdoch. Le 29 septembre, Carl Bernstein fut amené par avion à Londres pour comparer tout cela avec sa propre triomphe du Watergate. Hélas, l’icône n’a vraiment prononcé le discours attendu. « Il est important de ne pas être injuste avec Murdoch, » a-t-il dit, parce qu’ « il est le patron de médias le plus visionnaire de notre époque » qui a « diffusé les Simpsons  » et ainsi « montré qu’il comprenait le consommateur d’information ».

Le contraste de traitement avec un véritable pionnier d’une révolution dans le journalisme, qui a osé s’en prendre aux Etats-Unis pour montrer comment fonctionnent les grandes puissances, est révélateur. L’hostilité du Guardian est distillé aux lecteurs qui éprouvent des difficultés à interpréter le phénomène de Wikileaks et d’avoir des préjudices envers son fondateur. David Leigh, le chef des « enquêtes » au Guardian, a déclaré à des étudiants en journalisme à City University qu’Assange était « un monstre de Frankenstein » qui « ne se lavait pas souvent  » et qu’il était « plutôt dérangé ». Lorsqu’un étudiant interloqué lui a demande pourquoi il disait ça, Leigh a répondu « Parce qu’il ne comprend pas les critères du journalisme conventionnel. Lui et ses proches ont un mépris profond pour ce qu’ils appellent les grands médias (mainstream media) ». Selon Leigh, ces « critères » étaient illustrés par Bill Keller lorsque ce dernier, en tant que rédacteur du New York Times, a co-publié les révélations de Wikileaks avec le Guardian. Keller, a dit Leigh, était « un journaliste très consciencieux » qui avait affaire à « une sorte de pirate informatique crasseux de Melbourne ».

Au mois de novembre dernier, un Keller « très consciencieux » s’est vanté à la BBC d’avoir remis tous les documents de Wikileaks à la Maison Blanche pour que le gouvernement puisse les approuver et les censurer. Au moment des préparatifs de la guerre contre l’Irak, le New York Times a publié une série d’articles désormais célèbres et inspirés par la CIA et affirmant l’existence des armes de destruction massive. Voilà les « critères » qui ont rendu tant de gens cyniques envers les soi-disant grands médias.

Leigh est allé jusqu’à moquer le risque de voir Assange, une fois extradé vers les Etats-Unis, porter « un survêtement orange ». C’étaient des choses « que lui et son avocat répètent pour alimenter sa paranoïa ». Une « paranoïa » partagée par le Cour Européenne des Droits de l’Homme qui a gelé les extraditions pour raisons de « sécurité nationale » de la Grande-Bretagne vers les Etats-Unis car les extradés risquent d’être mis en isolement extrême pendant de longues périodes, ce qui constitue une forme de torture et un traitement inhumain.

J’ai demandé à Leigh pourquoi lui et le Guardian sont systématiquement hostiles envers Assange depuis qu’ils que leurs chemins se sont séparés. Il a répondu, « Là où vous voyez, de façon tendancieuse, une attitude hostile, d’autres pourraient voir tout simplement de l’objectivité bien informée. »

Il est difficile de trouver de l’objectivité bien informée dans le livre du Guardian sur Assange, chèrement vendu à Hollywood, où Assange est décrit sans raison comme « un fêlé » et « impitoyable ». Dans le livre, Leigh révéla le mot de passe secret qu’Assange avait communiqué au journal. Ce mot de passe était censé protéger un fichier informatique contenant les câbles des ambassades US et sa divulgation a déclenché un enchainement d’évènements qui ont provoqué la publication en ligne de la totalité des documents. Le Guardian nie « absolument » toute responsabilité dans cette publication. Pour quelle raison alors ont-ils divulgué le mot de passe ?

Les révélations du Hackgate du Guardian constituent un tour de force journalistique ; l’empire Murdoch pourrait se désintégrer à la suite. Mais, avec ou sans Murdoch, un consensus médiatique, de la BBC au (tabloïd) The Sun, se perpétue au sein d’une classe politique corrompue et va-t-en guerre. Le crime d’Assange est d’avoir menacé ce consensus entre ceux qui fixent les « critères » en matière d’information et des idées politiques et dont l’autorité en tant que commissaires politiques est remise en cause par la révolution de l’Internet.

L’ancien journaliste du Guardian et lauréat Jonathan Cook a une expérience dans les deux mondes. « Les médias, du moins ceux censés être de gauche, » écrit-il, « devraient se réjouir devant cette révolution… Mais la plupart tentent de la récupérer, la dompter ou la subvertir pour discréditer et ridiculiser les hérauts d’une nouvelle ère… Une partie (de la campagne contre Assange) reflète clairement un conflit de personnalités et d’égos, mais on dirait aussi que la querelle trouve sa source dans un combat idéologique plus profond qui touche au contrôle de l’information dans un avenir proche, contrôle que les gardiens actuels veulent préserver. »

John Pilger

http://www.johnpilger.com/articles/the-getting-of-assange-an…

Traduction « quand celui qui s’échine (sur Internet) se réveillera, Le Monde tremblera » par VD avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

Ma guerre contre Vital Hiban

Shakespeare n’a jamais existé. Toutes ses pièces ont été écrites par un inconnu qui portait le même nom que lui.

Alphonse Allais
Les gratte-ciel sont les tabernacles de la réussite financière, aussi agréable au Dieu des Puritains qu’une prière. Comme une flèche de cathédrale, ils tendent vers le ciel d’un élan à la fois mystique et économique.

Paul Morand ( 1929)

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Récit virtuel d’une réalité non authentifiée.

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Chapitre 1

Je me demandais d’où venait ce nom, ne sachant pas qu’il y avait des Hiban au Québec. Je sais qu’il y a des Cétoute, avec parfois des prénoms bizarres. Celle que j’ai trouvée sur Facebook se nomme Maculaine.

Chapitre 1

Ça a commencé par un simple vol de bouteille vide. Ça vaut dix dollars. J’en ai racheté une autre. Mais deux jours plus tard, on a vidé les tomates de mon potager.

Alors, je suis parti en guerre. Tout allait bien avant que cet « étranger » arrive. Du moins, la vie était normale : on parlait de météo et de l’arrivée des bleuets du Lac-Saint-Jean .

« Étranger », est une expression : il avait la peau foncée  comme s’il avait emmagasiné 10,000 ans de soleil et une grosse barbe. Au départ, j’en avais déduit que nous avions des affinités : les rasoirs jetables.

Chapitre 2

Ça s’est poursuivi avec le vol de ma tondeuse à gazon. Neuve. Automotrice. Jaune. 623.36$.

J’ai décidé alors de faire affaire avec une Compagnie qui vendait des systèmes de surveillance. On m’en a installé un pour 3,200$. On disait que c’était infaillible. Mais il ne se passa pas trois jours avant qu’on ne me vole ma Volsk. La compagnie d’assurance refusa de me dédommager prétextant que les portières n’étaient sûrement pas verrouillées. On avait retrouvé la voiture dans un ravin, complètement bousillée, mais sans bris de vitre.

J’ai engagé une petite firme d’avocats. Au bout de deux semaines, on me réclama 8,232.93 pour une série de recherches et de lettres dites « rapports ».

Avec mes 632.24$ de revenus par semaine, je commençais à être essoufflé du portefeuille. La firme d’avocats, trois jeunots, me conseilla de poursuivre la compagnie de systèmes de surveillance.

Ce que je fis.

Je reçus par la suite une poursuite en diffamation par la compagnie pour 600,000$ pour diffamation.

Chapitre 3

Je n’arrivais plus à dormir, surveillant mes biens nuit et jour, si bien que je m’endormais sur mon bureau au travail. J’ai eu droit à une rencontre avec mon superviseur…

J’ai dû consulter. Mon assurance ne couvrant pas les psy, j’ai dû débourser 90$ la séance.

-          Il vous en faut deux par semaine pendant deux mois.

Ce que je fis.

Je dormais d’un œil et je payais de l’autre. Rien n’y fit : mon garage fut défoncé et je perdis ma tronçonneuse et une vieille moto de collection qui valait dans les 35,000$. Au moment de la réclamation, trois spécialistes de serrures firent un rapport sur l’état de la serrure en me déclarant « négligeant ».

La facture s’éleva à 2224.78$

J’ai déboursé – suite aux conseils du trio « d’inspecteurs » – 436$ pour une nouvelle serrure qualifiée de « cadillac » des serrures.

Le jour suivant, tout mon attirail de camping fut volé.

J’ai fait une réclamation à ma compagnie d’assurance, mais on prétexta que la fenêtre ne répondait pas aux nouvelles normes de sécurité.

Mon trio d’avocats me conseilla de poursuivre le fabricant de fenêtres. J’étais assez satisfait, car la le fabricant m’envoya deux types qui remplacèrent la fenêtre. C’était un vendredi p.m. et ils se mirent à boire  de la  bière avant de terminer leur journée, assis dans mon hamac, et l’autre dans la piscine.

Quand ils partirent, le chlorinateur avait disparu, ainsi que deux pelles, une chaise, et une scie ronde.

Heureusement, ils ne se soucièrent guère des bouteilles vides: ce qui me rapporta 40 cents.

Chapitre 4

Découragé, j’ai acheté un berger allemand qui avait été entraîné en Afghanistan pour détecter des mines. Il passait son temps dans les armoires, sortant tous les chaudrons et les amenant dehors.

Il les entassait sur le rebord de la route. Croyant que c’était à donner, des passants ramassèrent tous les chaudrons. En plus, ce sale chien détectait des les McDo à des centaines de kilomètres. Il ne mangeait jamais, sauf des Big Mac. Le plus proche McDo étant à 30 kilomètres, vu le prix de l’essence, il me coûtait environ 120$ par semaine pour le nourrir.

J’étais à bout de souffle et de patience avec ce canin débile, bien racé, le poil blond et les yeux bleus… Du moins, c’est ce que je voyais…

Alors, par un beau soir de canicules, pendant que je surveillais ma bière tout en la buvant, j’ai décidé d’enterrer Hitler.

J’ignorais que la dame qui habitait à deux rues s’occupait à temps plein d’une cause qui lui était chère : la cruauté envers les animaux.

Trois jours plus tard elle,  qui saluait toujours Hitler en passant,  n’avait plus le même visage lumineux. Il y avait des nuages dans sa pupille…

Une escouade de sympathisants vinrent fouiller ma cour en piochant ici et là pour découvrir les restes du chien. Le potager y  passa…

Je fus condamné à payer une amende de 600$ et le juge, l’arme à l’œil, me donna pour peine l’élevage de trois chiots bergers allemand. Ils grugèrent tout ce qu’il y avait de non comestible dans la maison : les divans, les rideaux, les vêtements, la literie, etc.

J’ai eu alors envie d’enterrer les trois chiots. Mais quand ils commencèrent à me lécher et à coucher avec moi, je me suis pris d’affection. Et je ne reçus pas de factures…

 

Chapitre 5

Après des mois de lutte, j’ai été obligé de prendre une autre hypothèque sur ma maison. Heureusement qu’on m’aida en finançant les 10,000$ que je devais débourser sans que j’en sache trop la raison.

Ma carte de crédit fut majorée de 5000$. Je m’en servis pour engager un gardien de nuit d’un parking d’hôpital. J’ai acheté pour 5000$ de clôture et j’ai fait poser une grille d’entrée avec un code secret.

Mes trois chiots étaient déjà devenus un peu plus massifs : Bernanke, Lagarde, et Déesse K, se promenaient tout nu sur le territoire.

Avec l’argent de l’hypothèque, j’ai décidé de me procurer une arme de poing. C’était tellement compliqué et coûteux que je suis allé à Montréal m’en procurer une. Au magasin, elle coûtait 799$. En parcourant les rues, je m’en suis procuré une pour 200$ avec 10 boîtes de balles, et le « vendeur », qui se mariait le lendemain, me donna trois grenades et une caisse de whisky.

Je revins à la maison et fut accusé de vente illégale d’alcool. On m’avait arrêté sur l’autoroute à cause d’une ampoule brûlée d’un feu arrière. Heureusement, j’avais caché le pistolet dans une  poupée gonflable que je comptais faire flotter dans la piscine.

Elle était assise près de moi au moment de mon arrestation.

Déesse K2 ne disait pas un mot :  elle était charmante.

Chapitre 6

Le téléphone sonna et mon comptable m’avertit que j’étais ruiné. À moins de m’entendre avec mon gérant de banque. ..

Je pris donc  un rendez-vous.

C’était un type assez grand, le teint bronzé, barbu, l’air affable.

Il m’a donné une poignée de main avec un grand sourire.

Et quand je me suis assis, j’ai vu son nom sur une petite tablette noire :

Vital Hiban

P.S : Je vis encore avec les trois chiens. Et ce sont eux qui me nourrissent….

Comme je ne suis abonné à aucun journal, ils ne m’apportent que les factures qui s’entassent dans le sac posé en face de la tente où je vis.

 

Lucien Bouchard explique aux québécois les avantages du gaz de schiste

 

L’industrie du gaz de schiste change de porte-parole. L’ancien premier ministre du Québec Lucien Bouchard prendra les rênes de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ).

Les membres du conseil d’administration de l’Association ont entériné cette décision mardi matin. Lucien Bouchard entrera officiellement en fonction le 21 février prochain comme président du C.A. de l’APGQ en succédant à André Caillé, dont le mandat était arrivé à terme.

M. Caillé demeurera membre du conseil d’administration et du comité exécutif.

Lucien Bouchard espère convaincre les Québécois de la nécessité d’aller de l’avant avec l’exploitation du gaz de schiste.

Je vois la découverte au Québec de volumes importants de gaz naturel comme un atout très important pour notre développement économique et le financement des missions de notre État.

— Lucien Bouchard, ex-premier ministre du Québec RC


L’effet acarien

J’ai tout, tout, tout

Comme un tas de merde d’acier en dessous

Germain Desprez

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Je réfléchis à ce que je pourrais mettre encore et encore  en dessous pour être heureux.

Le beau-frère est arrivé ce matin. Nous avons parlé longtemps. Il m’a dit que son réfrigérateur datait de 1941. Il fonctionne encore…

Ce qui fait 69 ans. Soit son âge…

Quand je pense qu’hier, je suis allé acheter un lave-vaisselle et que la vendeuse m’a dit qu’il allait durer dix ans.

Si j’ai bien compris, dans 10 ans, on aura tellement améliorer les appareils qu’ils dureront le temps de leur garantie : un an.

Imaginez toute cette nouvelle production, ces créations d’emplois, cette richesse. Il faudra change à tous les ans.

Par chance qu’on a ces compagnies qui produisent autant.

On pourrait mourir de faim….

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FEMME;

—    As-tu entendu parler des acariens?

HOMME

—    Ceux des matelas? … Il paraît qu’au bout de vingt ans à force de nous manger, le matelas est deux fois plus lourd..

FEMME

—    Pourquoi?

HOMME

—    Ils excrémentent tellement que le matelas a presqu’autant de caca que de tissus.

FEMME

—   Tu veux dire que l’on dort sur de la merde…

HOMME :

—    Exactement…

FEMME;

—    IL FAUT CHANGER LE MATELAS…

HOMME :

—    Il faut aussi changer de planète… Dans quelques décennies, il y aura plus de caca… Tellement de caca, qu’il n’est pas sûr que la planète continuera de tourner dans l’espace… Elle pourrait se déplacer, dériver de son orbite, et ce serait la fin du monde…

FEMME :

—    Pourrais-tu sortir le sac de vidanges?

HOMME :

—    Yes, madame.

Il était tard dans la soirée. J’avais mis un haut-parleur qui crachait des chants de grillons. Car il n’y en n’a plus dans la nature. C’était beau comme avant… Avant quoi? Je ne sais trop…

J’avais passé une heure avec un programme qui m’indiquait comment calculer le poids du sac, le pays, la région, la rue, etc. Tout ça pour placer le sac au bon endroit afin de préserver l’équilibre de la Terre.

C’est là que je me suis posé la question…

Comment ils font, dans les pays dits sous développés, pour placer leurs vidanges?

—    Ces gens-là sont en train détruire la planète…

FEMME :

—    Qu’est-ce que tu dis?

HOMME :

— Rien, je réfléchissais tout haut… Comme un bon « shitoyen »….

L’INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DE LA FINANCE

J’essayais de comprendre le message que nous recevons de tous azimuts concernant la crise financière : On nous dit de nous attendre au pire; on nous dit de consommer pour l’éviter, on nous dit de freiner nos ardeurs concernant le crédit.

Il semble  que l’un tire sur la culotte à droite l’autre à gauche tout en nous criant de marcher droit.

Et si le réservoir était plein?

C’est peut-être ça le frein à disque qui ralentit le carrosse :  on a cessé de consommer un peu de ce superflus. Une fois l’essentiel acheté et pas trop endetté le consommateur a-t-il le goût de se lancer dans la dentelle?

Ce que nos politiciens ainsi que  nos financiers ne comprennent pas – ou veulent ignorer- c’est qu’ils ont créé une bulle et il faut la laisser se dégonfler. Et la vitesse de dégonflement est en deçà de la vitesse du rafistolage désiré.

Le trou

Un nid de poule de la dimension d’un terrain de football.

La poule

Ce n’est certes pas ce chef d’entreprise gratifié d’une prime de dizaines de millions qui n’ira pas s’acheter un écran plasma HD 1080 P, un nouveau récepteur et un nouvel abonnement pour HD.  Mais le salarié moyen réussit à peine à vivre avec une certaine rigueur, voire à survivre dans un monde où un «kit» de possessions est consacrée comme  une norme. N’a-t-il pas remis en question cette norme?

La victime du nid  poule n’était peut-être pas aussi niaise que l’évaluateur harvardien….

L’équilibre

La crise financière, pour l’instant, en est une d’équilibre à refaire.  Il faudra des mois, ou bien quelques années avant de dégonfler ce faux avoir de la célèbre subprime, cette forme de prêts à taux élevés ( pour éviter et compenser les risques )  basée sur l’ambition démesurée ( ou l’inconscience) des financiers.

Le pari de la subprime n’était pas celui du consommateur. Celui-ci se voyait sans doute «rassuré» par le prêteur. Et le prêteur connaissait les risques. Mais le «savant» prêteur les étalait. Le prêteur avait pour garantie une marge de manœuvre dans un taux élevé.

Un jour on s’est retrouvés avec un tas de crétins possesseurs de châteaux mais pas au courant du phénomène «château de cartes».

Taux d’intérêt fixes et bas pour deux ans… La carotte..

On a les moyens… Deux ans.

Plouf!

Quand le magicien en perd son lapin…

Et qu’offre-t-on au consommateur pour «reprendre du service»? C’est à dire se remettre à dépenser de façon à satisfaire une demande de biens superflus pour satisfaire la détresse des attardés du magot?

Parce qu’est bien ça qu’on lui demande : continuer de consommer…autant.

Sinon plus. Parce qu’en réalité, il faudrait se mettre à dépenser encore plus pour payer les bavures des cravatés griffés.

Résultat : le magicien qui rate son tour du chapeau ne trouve plus les lapins pour courir après l’endettement. Aucun intérêt. Une fois la mèche vendue, n’importe qui peut le faire. Alors pourquoi payer pour le show?

Malhabile, il ne vaut plus grand chose.

Son show est en faillite, emportant le magicien et, hélas, le lapin.

Taux  et  tard… Les financiers sont devenus des vendeurs d’autos…

Avec la réputation qu’on leur connaît…

En 2000, nous avons acheté une voiture d’une couleur si singulière qu’il n’y en avait que dix dans la belle Province.

On en a trouvé dix dans un village de 4000 âmes.

Le mensonge était coloré.

Mais à grande échelle, le mensonge finit par n’avoir que ce mélange de toutes les couleurs : le brun.

Hot-dog fine cuisine?

La recette des financiers, on la connaît : des taux moins élevés pour relancer l’économie.

La recette était déjà là au moment de la crise immobilière. Si les taux avaient été élevés – en général –  la recette pourrait fonctionner. Mais nous nous retrouvons  au plancher.

Le plancher des taux  reste un plancher.

Plus bas qu’un plancher, on appelle ça un sous-sol. Avez-vous déjà vu une banque dans un sous-sol? Sous-sol= 0 revenus.

Même si les taux étaient à zéro – ce qui est impossible, à moins qu’on vous mente en gonflant le prix, ce qui n’est pas à écarter – c’est non viable.

Sauf pour les autos…

Sauf que pour les autos, certains ont été poursuivis pour une probable tentative de camouflage de taux dans les prix des voitures.

On s’est tous fait cuisiner : la table était trop grande pour le nombre de convives.

La gageure

La gageure du monde de la finance était celle-ci : le consommateur est avide, malléable pas trop «intelligent», du moins d’un monde en apparence compliqué : celui de la finance

Le consommateur est avide : on n’a qu’à lui planter des rangées d’autos pour le faire saliver.

Le vendeur a-t-il cru qu’il pouvait faire pousser des consommateurs? Où des revenus?

Non, rouler un bout de temps et changer de château.

Moïse et sa tablette d’argent

Alors notre nouveau Moïse se montre en HD avec sa tablette pour nous sermonner avec ses dix commandements.

  1. Tu emprunteras  sans t’endetter. Je suis le Seigneur, ton dieu.
  2. Tu consommeras sans jeter.
  3. Tu consommeras notre cinéma avec un écran géant HD et en allant au cinéma.
  4. Tu garderas ta voiture  longtemps mais tu en achèteras  une autre, car les «spéciaux» arrivent.
  5. Tu feras l’achat d’une maison sans dépenser plus que le quart de ton salaire.
  6. Tu te procureras deux  tondeuses pour le prix d’une. ( Plus on a de tondeuses, plus le gazon pousse vite)
  7. Tu iras magasiner  le 2 janvier après avoir tout dépensé entre le 15 et le 25 décembre de l’année précédente. ( C’est du Bachand, ça, le courbé wallmartien, sans égards aux travailleurs). Voyons! M. Bachand, si le peuple est du beurre d’arachide, même si vous grossissez le pot, ça ne fait pas plus de beurre d’arachide.
  8. Tu investiras des milliards pour trois mois… Pour un développement durable.
  9. Tu nous laisseras jeter ton argent dans les grosse Cies. Car, elles, en t’employant, évitent le chômage. ( Il faudrait le creuser ce commandement).
  10. Tu n’assassineras point tes points Air Miles, mais ne voyage pas trop, ça pollue. ( Sauf pour la gouvernance-générale).

Bon!

Mes commandements sont brouillons, je l’avoue. Mais quand on travaille avec du brouillage… on récolte du brouillon.

Conte gouttes

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Il était une fois une rivière qui buvait l’eau du ciel pour faire nager les poissons. Et des gouttes infimes naissaient les ruisselets branchus qui s’évasaient dans les forêts.

Et les poissons nageaient.

Il était une fois un poète qui buvait les lueurs des yeux des humains pour émouvoir les âmes. Et des émotions s’éveillaient d’autres émotions qui s’évasaient sur la Terre et au Ciel.

Et les êtres vivaient.

Il était une fois un nourrisson qui se nourrissait au compte goutte. Si frêle, si petit. Après avoir nagé pendant neuf mois dans le ventre d’une mère.

Et il écrirait qu’à chacun était une vie.

Il était une fois un océan si grand que personne n’aurait imaginé qu’il était né du ciel et de gouttes.

Et tout compte fait…

Tout compte…

Gaëtan Pelletier
18 août, 2000